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Texte intégral

(1)

ASP CNRS - ORSTOM

RESEAUX MARCHANDS, ACCUMULATIONS, ESPACES ECONOMIQUES TRANSFRONTALIERS

RAPPORT 4

ORGANISATION SOCIALE ET STRATEGIES ECONOMIQUES DES RESEAUX MARCHANDS TRANSFRONTALIERS

Pascal LABAZEE

CNRS

15, quai Anatole France 75006 PARIS

ORSTOM

213, rue LaFayette

75010 PARIS Décerrbre1001

(2)

Rapport ASP Orstom-CNRS:

" Réseaux marchands, accumulations. espaces économiques transfrontaliers "

ORGANISATION SOCIALE ET STRATEGIES ECONOMIQUES DES RiSEAUX MARCHANDS fRAh5FRVNTALIERS.

Le cas des échanges entre le Mali. le Burk~na Faso et le Nord de lb Côte d'Ivoire.

Pascal LABAZEE Socio-économiste ORSTOM

Département SUD - UR 5E Novembre 1991

Rapport ASP Orstom-CNRS:

" Réseaux marchands, accumulations. espaces économiques transfrontaliers "

ORGANISATION SOCIALE ET STRATEGIES ECONOMIQUES DES RiSEAUX MARCHANDS fRAh5FRVNTALIERS.

Le cas des échanges entre le Mali. le Burk~na Faso et le Nord de lb Côte d'Ivoire.

Pascal LABAZEE Socio-économiste ORSTOM

Département SUD - UR 5E Novembre 1991

(3)

l'ESPACE O' ECHANGES TRANSFRONTALIERS SIKASSO - BOBO-DIOULASSO - KORHOGO

Marché urbain de respace tl"échanges Marché de regroupementl Evacuation Marché de collecte1Entrepot

limite cfEtat

Aire de peuplement Senouto Axe bitumé'

Axe non bitumé

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Odienné Bougounl __- _ _

l'ESPACE O' ECHANGES TRANSFRONTALIERS SIKASSO - BOBO-DIOULASSO - KORHOGO

Marché urbain de respace tl"échanges Marché de regroupementl Evacuation Marché de collecte1Entrepot

limite cfEtat

Aire de peuplement Senouto Axe bitumé'

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(4)

Rapport ASP Orstom-CNRS:

.. Réseaux marchands, accumulations, espaces économiques transfrontaliers ..

ORGANISATION SOCIALE ET STRATEGIES ECONOMIQUES DES RESEAUX MARCHANDS TRANSFRONTALIERS.

Le cas des échanges entre le Mali. le Burkina Faso et le Nord de la Côte d'Ivoire.

L'étude des échanges commerciaux à l'intérieur d'une ai- re englobant les région~ limitl'ophes de Korhogo (Nol'd de la Côte d'Ivoire), de Sika~so (Sud du Mali) et de Bobo-Dioulasso (Sud-Ouest du Burkina Fa~o), con~titue l'un de~ volets du programme .. Réseaux marchands, accumulations, espaces écono- miques transfrontaliers .. (1) dont le but est de rendre compte de la structuration. des logiques sociales et des dynamismes économiques de~ ré~eaux marchand~ qui opirent à l'échelle internationale, voire inter-continentale. Elle s'inscrit par ailleurs dans le prolongement de la recherche" Réseaux com- merciaux et dynamisme économique d'une ville secondaire du Nord de la Côte d'Ivoire (2), engagée depuis Octobre 1989 dans la région de Korhogo, dont l'objectif consiste à étudier les effets de l'activité marchande régionale sur l'emploi, les investissements et les revenus urbains. La démarche repose sur la confrontation d'obsel'vation~ collectées à différentes échelles le traitement de données macro-économiques régiona- les, l'étude de~ marchis fronlaliers, l'établi~sement de

(1) ASP CNRS/Orstom Sciences sociales, 1989 (2) Programma Ors tom, Département SUD, UR 5E.

Rapport ASP Orstom-CNRS:

.. Réseaux marchands, accumulations, espaces économiques transfrontaliers ..

ORGANISATION SOCIALE ET STRATEGIES ECONOMIQUES DES RESEAUX MARCHANDS TRANSFRONTALIERS.

Le cas des échanges entre le Mali. le Burkina Faso et le Nord de la Côte d'Ivoire.

L'étude des échanges commerciaux à l'intérieur d'une ai- re englobant les région~ limitl'ophes de Korhogo (Nol'd de la Côte d'Ivoire), de Sika~so (Sud du Mali) et de Bobo-Dioulasso (Sud-Ouest du Burkina Fa~o), con~titue l'un de~ volets du programme .. Réseaux marchands, accumulations, espaces écono- miques transfrontaliers .. (1) dont le but est de rendre compte de la structuration. des logiques sociales et des dynamismes économiques de~ ré~eaux marchand~ qui opirent à l'échelle internationale, voire inter-continentale. Elle s'inscrit par ailleurs dans le prolongement de la recherche" Réseaux com- merciaux et dynamisme économique d'une ville secondaire du Nord de la Côte d'Ivoire (2), engagée depuis Octobre 1989 dans la région de Korhogo, dont l'objectif consiste à étudier les effets de l'activité marchande régionale sur l'emploi, les investissements et les revenus urbains. La démarche repose sur la confrontation d'obsel'vation~ collectées à différentes échelles le traitement de données macro-économiques régiona- les, l'étude de~ marchis fronlaliers, l'établi~sement de

(1) ASP CNRS/Orstom Sciences sociales, 1989 (2) Programma Ors tom, Département SUD, UR 5E.

(5)

monographies de reseaux commerciaux spatialement dispersés mais unis par di .... ers opécateurs de liaison, enfin le suivi de quelques agent~ situés à des niveaux différents de la hie- rarchie marchande, forment les quatl'e niveaux d'observation retenus destinés à s'éclairer mutuellement. L'analyse des mou- vements commerciaux lransfl'ontaliers, des marges et prix de commercialisation pratiqués par quelques filiéres mobilise les i n~ t ru men t~ e l COli cep t s é con0 mi que s . Tou te foi s , l a de maJ'che sociologique est aussi ~ollicitée: elle permet de réintégrer dans l'approche compLable des coût~. des illve~Li.~sements et des profits engendrés par les stl'atégies süc.iüles que les agents déploi.ent dans des champs divers - confes~iollnel, poli- tique. territorial. familial - et qu'une analyse strictement économique tend à exclure,

Paradoxalement. c'est dans la variété des produits et des circuits d'échange, dans la divel'sité des agents parti- cipant de manière permanente ou saisonnlere aux transactions, que réside la principale difficulté d'une mise en ordJ'e des flux et circuits marchands unissant le Nord ivoirien aux périphéries frontalières voi~iues du Mali et du Burkina Faso.

Tout se passe comme si les flux non contrôlés tiraient un re- gain de vi taU. té de la dégrada tion des condi tions de vie enre- gistrée par les trois pays. au cours de la décennie passée.

D'une part. la contJ'action du revenu et de la consomma- tion par 1ête. 'ntervenue dans r;?~ Etats à des rv1.hloes variés, stimule les circuits de commecce qui approvi.sionnent les mar- chés au moindre coût. Les différences de rég-lelilentation doua- nJ.e r e vis an t à pl'0 té gel' 1es i n d u~ tri e s de LI' ans fol' ru a t ion e t d'import-substitu1.ion textile. cycle. minoterie. sucre et

confi~erie, etc. à orienter la pJ'oduction agricole vers les débouchés intérieurs, a limiter les déficits des paiement courants - biens d'équipement ménager ou de cOllsommation de luxe -. ou encore à procurer des recettes fiscales - matériaux de cons tJ'uctiOJl, cola pal' exemple - as~urenl d~~ormai~ d'une rente rapidement réalï'sable, les régions frontalières devenant des pôles de cousommatiou et de transit des pl'oduits d'importation. De ce point de vue. la baisse nette des tran- sactions enJ'egistrées entre ces Etats (3) résulte à la fois d'une polarisation croissante des économies sous-régionales sur l'extérieur (4) et d'un tJ'ansfert d'activités au profit des circuits non enregistrés. Mais le commerce non contrôlé n'est pas seulement ajusté au glissement général de la demande vers des produits de moindre prix" (51. Il permet aussi de serrer" les revenus des fonctionnaires chargés du contrôle commeréial - ceux-ci participent activement au parta- ge de la l'eu te f l'on ta1 iè re - de SOJ' te que 1 e comme l'ce c lan-

(3) Cf. Annexe ~ où sont présentés les principaux postes des échanges officiels entre Côte d'Ivoire, Mali et Burkina Faso.

(4) La part des débouchés maliens et burkinabé dans les exportations ivoiriennes passe de 7,2% eu 1981 à 5,4% en 1986 et 5,1% en 1990 (8 mois); celle de l'approvisionnement ivoi- rien réalisé au Mali et Burkina l'estant inférieure à 1% sur la période.

(5) G. DURUFLE, Karthala, 1988,

.. L'ajustement structurel en Afrique"

p. 121,

Paris . monographies de reseaux commerciaux spatialement dispersés mais unis par di .... ers opécateurs de liaison, enfin le suivi de quelques agent~ situés à des niveaux différents de la hie- rarchie marchande, forment les quatl'e niveaux d'observation retenus destinés à s'éclairer mutuellement. L'analyse des mou- vements commerciaux lransfl'ontaliers, des marges et prix de commercialisation pratiqués par quelques filiéres mobilise les i n~ t ru men t~ e l COli cep t s é con0 mi que s . Tou te foi s , l a de maJ'che sociologique est aussi ~ollicitée: elle permet de réintégrer dans l'approche compLable des coût~. des illve~Li.~sements et des profits engendrés par les stl'atégies süc.iüles que les agents déploi.ent dans des champs divers - confes~iollnel, poli- tique. territorial. familial - et qu'une analyse strictement économique tend à exclure,

Paradoxalement. c'est dans la variété des produits et des circuits d'échange, dans la divel'sité des agents parti- cipant de manière permanente ou saisonnlere aux transactions, que réside la principale difficulté d'une mise en ordJ'e des flux et circuits marchands unissant le Nord ivoirien aux périphéries frontalières voi~iues du Mali et du Burkina Faso.

Tout se passe comme si les flux non contrôlés tiraient un re- gain de vi taU. té de la dégrada tion des condi tions de vie enre- gistrée par les trois pays. au cours de la décennie passée.

D'une part. la contJ'action du revenu et de la consomma- tion par 1ête. 'ntervenue dans r;?~ Etats à des rv1.hloes variés, stimule les circuits de commecce qui approvi.sionnent les mar- chés au moindre coût. Les différences de rég-lelilentation doua- nJ.e r e vis an t à pl'0 té gel' 1es i n d u~ tri e s de LI' ans fol' ru a t ion e t d'import-substitu1.ion textile. cycle. minoterie. sucre et

confi~erie, etc. à orienter la pJ'oduction agricole vers les débouchés intérieurs, a limiter les déficits des paiement courants - biens d'équipement ménager ou de cOllsommation de luxe -. ou encore à procurer des recettes fiscales - matériaux de cons tJ'uctiOJl, cola pal' exemple - as~urenl d~~ormai~ d'une rente rapidement réalï'sable, les régions frontalières devenant des pôles de cousommatiou et de transit des pl'oduits d'importation. De ce point de vue. la baisse nette des tran- sactions enJ'egistrées entre ces Etats (3) résulte à la fois d'une polarisation croissante des économies sous-régionales sur l'extérieur (4) et d'un tJ'ansfert d'activités au profit des circuits non enregistrés. Mais le commerce non contrôlé n'est pas seulement ajusté au glissement général de la demande vers des produits de moindre prix" (51. Il permet aussi de serrer" les revenus des fonctionnaires chargés du contrôle commeréial - ceux-ci participent activement au parta- ge de la l'eu te f l'on ta1 iè re - de SOJ' te que 1 e comme l'ce c lan-

(3) Cf. Annexe ~ où sont présentés les principaux postes des échanges officiels entre Côte d'Ivoire, Mali et Burkina Faso.

(4) La part des débouchés maliens et burkinabé dans les exportations ivoiriennes passe de 7,2% eu 1981 à 5,4% en 1986 et 5,1% en 1990 (8 mois); celle de l'approvisionnement ivoi- rien réalisé au Mali et Burkina l'estant inférieure à 1% sur la période.

(5) G. DURUFLE, Karthala, 1988,

.. L'ajustement structurel en Afrique"

p. 121,

Paris .

(6)

destin contribue au financement des alliances entre l'Etat et

le~ mt!mbl'es de son admlni~tratlon, dan~ une pél'iode dt!

réduc{ion des dépenses publiques. Notons 'enfin que les mouve-

ment~ non enregi.strés red1'e~sent le soldt! de la balance des transactions commerciales réelles des pays sahéliens. Sur la p é r l0d e I 9 ( 9 - 19~4 . l l s l'e p rt!~en ter a.ien t a.in s i 31. 3% des exportations cumulées du Burkina Faso, contre 16,9% de ses i mp0 r t a t ion s , f a l san t pas s e r l e t a u x de couvel' t ure sur 1e s transactions globales à 43% contre 35% sur les seules t l'a n sac t i 0 Il~ enl'e gis t rée s ( 6 ) .

D'autre part, la contraction des revenus et des emplois dlst1'ibués pal' le secteur" moderne" multiplie le nombre des prétendants à l'exercice d'unt! activlté comme1'ciale (7). De nouveaux a~ents investissent la sphère marchande à l'èchelon local. l'égional et transfrontalier, diversifiant ainsi les circuits d'approvisionnement. et modifiant le volume et les conditions du partage dt! la rente frontalière. Les aventures individuelles, ou faiblement institutionnalisées dans un ré- seau de dépendances sociale~ et spatiales, ne peuvent en effet tirer de la contrebande qu'une partie de la rente frontaliére.

Privés d'un 1'éseau permant!nt de distl'lbution. répondant aux segments subalternes et faiblement rémunéra~~urs de la demande, pressès de réaliser le fond~ engagé. le~ agents iso- lés doivent se contenter d'un revenu modeste à la revente (8).

Par ailleurs. la petite entreprise conl!'ebandiére. s'appuyant sur un systéme restreint d'informations et de relations.

sexpose b. un pal'tage dèfavol'able de la l'el!ce ave-.: les auto- rités répressives, et

a

une rémunération aléatoire du capital inves ti. Aussi. la sphé1'e basse du comme1'ce transfrontaller n'accueille-t-elle que ce iaçun occasionl.elle l,OJnlire a exclus des sy~témes productifs villageoi~ et urbains. et cela dans le cadre de parcours professionnels où les expériences se multi- plient et les changemel1t~ d'état ~·a.:cél~l'enL,

On pourrait, en première approximation. distinguer dans l'espace transfrontalier les opérat.ion~ relevant d'ulle d.vnami- que de reproduction des communautés villageoises, où l'échange de surplu~ agrièoles - mils, maïs, fonio, igname, haricots, pois de terre, condiments, etc. revêt un caractère accidentel t!t s'effectue sans angendrer de spécialisation des activités productives ni de professionnalisation de l'acte marchand; et les opérations qu'animent, en vue d'une accumu- lation rentière, des réseaux de commerce fortement structurés.

(6) A partir de: Commission nationale de la balance commercia- le, Commerce extérieur et balance commerciale ",.;;;....;;;..;;::.=..::....::....::....::;----'::.=....:....;:....:;...:::....::....:.:."----"-...:....-....::...;;....:....;~....::...;;...,;;.-;=....;;...;;--"-.;;;...~ Ouagadou- gou, Ministère du commarce et de l'approvisionnement du peuple, 1989.

(7) Cf. l'ètude de Y.-A. FAURE, .. Le monde des entreprises en Côte d'Ivoire" Abidjan, Orstom, 1988.

(8) Pour les agents engagés dans des réseaux fortement struc- turés, ces aventurier(e)s, nombreux dan~ le commerce de tis- sus, pièces détachées, biens d'équipement non durables . . . gâ- tent les affaires" puisqu'ils font prt!ssion sur la rentabili- té des opérations et accaparent une partie de la rente fronta- liè1'e, alor~ que les investissaRlents relatiounel~ réalisés pal' ces réseaux ont précisément pour but de la maximiser,

destin contribue au financement des alliances entre l'Etat et

le~ mt!mbl'es de son admlni~tratlon, dan~ une pél'iode dt!

réduc{ion des dépenses publiques. Notons 'enfin que les mouve-

ment~ non enregi.strés red1'e~sent le soldt! de la balance des transactions commerciales réelles des pays sahéliens. Sur la p é r l0d e I 9 ( 9 - 19~4 . l l s l'e p rt!~en ter a.ien t a.in s i 31. 3% des exportations cumulées du Burkina Faso, contre 16,9% de ses i mp0 r t a t ion s , f a l san t pas s e r l e t a u x de couvel' t ure sur 1e s transactions globales à 43% contre 35% sur les seules t l'a n sac t i 0 Il~ enl'e gis t rée s ( 6 ) .

D'autre part, la contraction des revenus et des emplois dlst1'ibués pal' le secteur" moderne" multiplie le nombre des prétendants à l'exercice d'unt! activlté comme1'ciale (7). De nouveaux a~ents investissent la sphère marchande à l'èchelon local. l'égional et transfrontalier, diversifiant ainsi les circuits d'approvisionnement. et modifiant le volume et les conditions du partage dt! la rente frontalière. Les aventures individuelles, ou faiblement institutionnalisées dans un ré- seau de dépendances sociale~ et spatiales, ne peuvent en effet tirer de la contrebande qu'une partie de la rente frontaliére.

Privés d'un 1'éseau permant!nt de distl'lbution. répondant aux segments subalternes et faiblement rémunéra~~urs de la demande, pressès de réaliser le fond~ engagé. le~ agents iso- lés doivent se contenter d'un revenu modeste à la revente (8).

Par ailleurs. la petite entreprise conl!'ebandiére. s'appuyant sur un systéme restreint d'informations et de relations.

sexpose b. un pal'tage dèfavol'able de la l'el!ce ave-.: les auto- rités répressives, et

a

une rémunération aléatoire du capital inves ti. Aussi. la sphé1'e basse du comme1'ce transfrontaller n'accueille-t-elle que ce iaçun occasionl.elle l,OJnlire a exclus des sy~témes productifs villageoi~ et urbains. et cela dans le cadre de parcours professionnels où les expériences se multi- plient et les changemel1t~ d'état ~·a.:cél~l'enL,

On pourrait, en première approximation. distinguer dans l'espace transfrontalier les opérat.ion~ relevant d'ulle d.vnami- que de reproduction des communautés villageoises, où l'échange de surplu~ agrièoles - mils, maïs, fonio, igname, haricots, pois de terre, condiments, etc. revêt un caractère accidentel t!t s'effectue sans angendrer de spécialisation des activités productives ni de professionnalisation de l'acte marchand; et les opérations qu'animent, en vue d'une accumu- lation rentière, des réseaux de commerce fortement structurés.

(6) A partir de: Commission nationale de la balance commercia- le, Commerce extérieur et balance commerciale ",.;;;....;;;..;;::.=..::....::....::....::;----'::.=....:....;:....:;...:::....::....:.:."----"-...:....-....::...;;....:....;~....::...;;...,;;.-;=....;;...;;--"-.;;;...~ Ouagadou- gou, Ministère du commarce et de l'approvisionnement du peuple, 1989.

(7) Cf. l'ètude de Y.-A. FAURE, .. Le monde des entreprises en Côte d'Ivoire" Abidjan, Orstom, 1988.

(8) Pour les agents engagés dans des réseaux fortement struc- turés, ces aventurier(e)s, nombreux dan~ le commerce de tis- sus, pièces détachées, biens d'équipement non durables . . . gâ- tent les affaires" puisqu'ils font prt!ssion sur la rentabili- té des opérations et accaparent une partie de la rente fronta- liè1'e, alor~ que les investissaRlents relatiounel~ réalisés pal' ces réseaux ont précisément pour but de la maximiser,

(7)

Toutefois. le cli.vage entre des échanges capillaires - re- lativement indifférents à la segmentation de l'espace po- l..i t..ique Senufo ..in tervenue dès les années 1870 (9). au pal' tage colonial puis à la constitution des Etats indépendants-.

auxquels les populat..ions Senufo participent occasi.onnellement par le biais des .. marchés de voisinage" (JO). et un commerce au long cours. héritier des systèmes d'échange précoloniaux.

où la recherche du bénéf..ice repose SUI' une .. organisation ap- propriée pour agir dans l'espace et le temps (11). n'est

d~sorma.is que partjellement opér'atoire la sphère des tran- sactions internes aux périphéries frontalières. qui avait

relati~'ement bien rés..isté aux sollici.tat..ions de l'admill..istra- tion coloniale (12), a progressivement été intégrée dans l'ac- tiv..ité marchande lorsque les organ..ismes d'encadrement et de vulgarisation des cultures de rapport ont modifié les systèmes de product..iol1 et. partant, les attitudes et stl'atégies écono- miques des ruraux en regard du marché (13).

Politiques étatiques. différenciations régionales

Des marchés de voisinage aux marchés transfrontaliers.

A partir des années 1960. l'action des différentes so- ciétés d'encadrement intervenant dans le Nord de la Côte

(9) Cf. L. ROUSSEL . . . Région de Korhogo. Rapport sociologique Abidjan. SEDES. Ministère des finances. des affaires économiques et du plan. Vol.2, pp, 7-13; et OUATTARA T .. " Les Tiembara de Korhogo, des origines à Péléforo Gbon Coulibaly.

", Paris, Thèse. 1977.

(l0) CLla typologie de K. POLANYI," La grande transforma- tion. Aux origines politiques et économiques de notre temps.

", Paris. Gall..imard. 1983, p. 96.

(11) C. MEILLASSOUX. Introduction, africain depuis le XIXo siècle en Oxford U.P., 1971. p. 30~

" L'évolution du commerce Afrique de l'Ouest.

(12) Elle s'en trouvait parfois stimulée. par exemple au cours des années 1920 et 1940, lorsque les contlngents ft trop élevés de riz prélevés par l'administration dans le Cercle de Korhogo. obligèrent les paysans à troquer avec leurs voisins du Soudan et de Haute Côte d'Ivoire" une partie de leur stock de mil ". Cf. P. de GENTILLE . . . Rapport d'inspection du Cercle de Korhogo f t , Abidjan, ANCI, V.19.7(2783).

(13) Cf. X. LE ROY. " L'introduction des cultures de rapport dans l'agriculture vivrière Sénoufo ". Paris. Orstom. 1983.

pp. 32-44.

Toutefois. le cli.vage entre des échanges capillaires - re- lativement indifférents à la segmentation de l'espace po- l..i t..ique Senufo ..in tervenue dès les années 1870 (9). au pal' tage colonial puis à la constitution des Etats indépendants-.

auxquels les populat..ions Senufo participent occasi.onnellement par le biais des .. marchés de voisinage" (JO). et un commerce au long cours. héritier des systèmes d'échange précoloniaux.

où la recherche du bénéf..ice repose SUI' une .. organisation ap- propriée pour agir dans l'espace et le temps (11). n'est

d~sorma.is que partjellement opér'atoire la sphère des tran- sactions internes aux périphéries frontalières. qui avait

relati~'ement bien rés..isté aux sollici.tat..ions de l'admill..istra- tion coloniale (12), a progressivement été intégrée dans l'ac- tiv..ité marchande lorsque les organ..ismes d'encadrement et de vulgarisation des cultures de rapport ont modifié les systèmes de product..iol1 et. partant, les attitudes et stl'atégies écono- miques des ruraux en regard du marché (13).

Politiques étatiques. différenciations régionales

Des marchés de voisinage aux marchés transfrontaliers.

A partir des années 1960. l'action des différentes so- ciétés d'encadrement intervenant dans le Nord de la Côte

(9) Cf. L. ROUSSEL . . . Région de Korhogo. Rapport sociologique Abidjan. SEDES. Ministère des finances. des affaires économiques et du plan. Vol.2, pp, 7-13; et OUATTARA T .. " Les Tiembara de Korhogo, des origines à Péléforo Gbon Coulibaly.

", Paris, Thèse. 1977.

(l0) CLla typologie de K. POLANYI," La grande transforma- tion. Aux origines politiques et économiques de notre temps.

", Paris. Gall..imard. 1983, p. 96.

(11) C. MEILLASSOUX. Introduction, africain depuis le XIXo siècle en Oxford U.P., 1971. p. 30~

" L'évolution du commerce Afrique de l'Ouest.

(12) Elle s'en trouvait parfois stimulée. par exemple au cours des années 1920 et 1940, lorsque les contlngents ft trop élevés de riz prélevés par l'administration dans le Cercle de Korhogo. obligèrent les paysans à troquer avec leurs voisins du Soudan et de Haute Côte d'Ivoire" une partie de leur stock de mil ". Cf. P. de GENTILLE . . . Rapport d'inspection du Cercle de Korhogo f t , Abidjan, ANCI, V.19.7(2783).

(13) Cf. X. LE ROY. " L'introduction des cultures de rapport dans l'agriculture vivrière Sénoufo ". Paris. Orstom. 1983.

pp. 32-44.

(8)

d'Ivoire. le Sud du Mali et le Sud-Ouest du Burkina Faso a

conver~é vers la diffusion de la culture cotonniére, au moyen de" paquets technologiques ". de calendriers et àe systémes de production globalement comparables. de sorte que le modèle cultural imposé par le::; Compagnies des tex- tiles recoupe un ensemble de régions contiguës où" l ' i - dentité senufo domine (14). Cependant, au développement uniforme de la culture cotonnière répondent des modifica- t ion s sen s i b les. e t ré g ion ale men t d i f f él'en c i é es. des pro- ductions vivriéres au cours de la décennie 1970. Dans le .:iûp:3.l'tement de Kcrhogo, le clouè:'lement des superficies con- sacrées au riz et le triplement de la production, entre 1965 et 1985. sont interv\:!nus parallèlement à l'essol' de la culture du coton, Le mil et le sorgho. qui occupaient une place de choix dans l'alimentation du paysan senoufo (15) et pouvaient être occasionnellement exportés vers le Soudan et la Haute-Volta. ne figurent plus aujoul'd'hui, dans l'organisation de::; tel'roirs, que comme vivriers résiduels. Le bassin de production de l'igname tend par ailleurs à se déplacer vers le Sud (16).

de sorte qu'une agriculture bipolaire se dessine, reposant d'une part sur le coton qui fournit aux exploitants le revenu principal, d'autre part sur le riz, produit de consomma t ion \:! t de l'evenus compl émen ta i re. Dé sor mai s, la reproduction des unités domestiques passe principalement par l'arbitl'age entre consommation et mise en mal'ché du paddy - le rapporô, f'ntre le riz aclletè et. consomme en milieu villageois s'étaolit à 45~ a101'5 ql".il e~t

inférieur à 10% pour le maïs, le mil et l'~gname ( l i ) - , la décision de vendre dépendant moins du volant de::;

depenses ~nco~pressibles auxqu~~5 les mena~~~ C0:~en~

faire face. que d'une ::;tl'atégie qui pl'end en compte le prix d'enlèvement effectivement pratiqué et les débouchés

01 l el' LS par les Cil'cui ts commerciaux (.i.8). Le cas Jes

(14) Sur la convergence entre" identité culturelle et modèle cultural" dans les rigions de Sikasso et Korhogo. on se réfé- rera à J. -L. AMSELLE, " Logiques métisses. Anthr~pologie de l'identité en Afrique et ailleurs Paris. Payot, 1990, pp.

209-228,

(15) C. SINALY, " Le paysan Senoufo" Abidjan. Nouvelles édi- tions africaines, 1978. p. 148.

(16) Voir en Annex\:! 1 l'évolution des surfaces consacl'ée::; aux différentes cultures entre 1963 et 1984. Une étude plus détaillée est proposée' dans P. LABAZEE " Producteurs et marchands du département de Korhogo face aux évolutions de la politique rizicole ivoirienne ", Abidjan, Orstom, doc. de tra- vai 1 nO3. 1991,

(17) Direction de la statistique, " Enquête permanente auprès des ménages. Résultats définitifs (1985) ", Abidjan, Ministère du Plan. 1986, pp, 111-112.

(lB) Cf, X. LE ROY, " Effondrement des ventes de riz dans un village de la sous-préfecture de Boundiali: 1975-1981" in:

" Les cultures vivrières, élément stratégique du développement agricole ivoirien ", Abidjan. Cires. pp. 169-173.

d'Ivoire. le Sud du Mali et le Sud-Ouest du Burkina Faso a

conver~é vers la diffusion de la culture cotonniére, au moyen de" paquets technologiques ". de calendriers et de systémes de production globalement comparables. de sorte que le modèle cultural imposé par le::; Compagnies des tex- tiles recoupe un ensemble de régions contiguës où" l ' i - dentité senufo domine (14). Cependant, au développement uniforme de la culture cotonnière répondent des modifica- t ion s sen s i b les. e t ré g ion ale men t d i f f él'en c i é es. des pro- ductions vivriéres au cours de la décennie 1970. Dans le .:iûp:3.l'tement de Kcrhogo, le clouè:'lement des superficies con- sacrées au riz et le triplement de la production, entre 1965 et 1985. sont interv\:!nus parallèlement à l'essol' de la culture du coton, Le mil et le sorgho. qui occupaient une place de choix dans l'alimentation du paysan senoufo (15) et pouvaient être occasionnellement exportés vers le Soudan et la Haute-Volta. ne figurent plus aujoul'd'hui, dans l'organisation de::; tel'roirs, que comme vivriers résiduels. Le bassin de production de l'igname tend par ailleurs à se déplacer vers le Sud (16).

de sorte qu'une agriculture bipolaire se dessine, reposant d'une part sur le coton qui fournit aux exploitants le revenu principal, d'autre part sur le riz, produit de consomma t ion \:! t de l'evenus compl émen ta i re. Dé sor mai s, la reproduction des unités domestiques passe principalement par l'arbitl'age entre consommation et mise en mal'ché du paddy - le rapporô, f'ntre le riz acl,etè et. consomme en milieu villageois s'étaolit à 45~ a101'5 ql".il e~t

inférieur à 10% pour le maïs, le mil et l'~gname ( l i ) - , la décision de vendre dépendant moins du volant de::;

depenses ~nco~pressibles auxqu~~5 les mena~~~ C0:~en~

faire face. que d'une ::;tl'atégie qui pl'end en compte le prix d'enlèvement effectivement pratiqué et les débouchés

01 l el' LS par les Cil'cui ts commerciaux (.i.8). Le cas Jes

(14) Sur la convergence entre" identité culturelle et modèle cultural" dans les rigions de Sikasso et Korhogo. on se réfé- rera à J. -L. AMSELLE, " Logiques métisses. Anthr~pologie de l'identité en Afrique et ailleurs Paris. Payot, 1990, pp.

209-228,

(15) C. SINALY, " Le paysan Senoufo" Abidjan. Nouvelles édi- tions africaines, 1978. p. 148.

(16) Volr en Annex\:! 1 l'évolution des surfaces consacl'ée::; aux différentes cultures entre 1963 et 1984. Une étude plus détaillée est proposée' dans P. LABAZEE " Producteurs et marchands du département de Korhogo face aux évolutions de la politique rizicole ivoirienne ", Abldjan, Orstom, doc. de tra- vai 1 nO3. 1991,

(17) Direction de la statistique, " Enquête permanente auprès des ménages. Résultats définitifs (1985) ", Abidjan, Ministère du Plan. 1986, pp, 111-112.

(lB) Cf, X. LE ROY, " Effondrement des ventes de riz dans un village de la sous-préfecture de Boundiali: 1975-1981" in:

" Les cultures vivrières, élément stratégique du développement agricole ivoirien ", Abidjan. Cires. pp. 169-173.

(9)

producteurs Senufo des cercles de Sikasso et Kadiolo.

in~~rés dans le projet .. Mali Sud" élebol'é par la Compa- gnie mal.ienne des textiles (CMDT). est à mains égarùs com- parable: la concomitance des progressions du coton et du maïs. céréale sy~tématiquement introduite dans la rotation culturale à partir de 1975. qui a lon~temps bénéficie d'un prix d'achat garanti et d'un débouché SÛl'. confère à ce vivrier le rôle de seconde culture de rente permettant l'excédent cèréalier régional (19). Le maïs repré- senterait près de 40% de la production céréaliére de ces deux cerc18s. soit l'équivalent de, volumes de sor~ho et de mil récoltés au cours de la campagne 1990/1991 (20), En revanche, la riziculture. faiblement encadrée. contribue pour une part décroissante à la production céréalière régionale (21); son caractère subalterne dans le calen- drier cultural perceptible dès que le coton et les v i vriers s p écu1a tif s o n t pl' i s i e u l' es sor en fa i t désormais une activité principalement féminine. animant des couran t s cl' échange s l oeaux mode~te~ , La produc t i on de tubercules - patate douce, manioc et igname - du bassin de Loulouni, est de m~me faiblement commel'cialisée. On retrouverait, avec quelques nuances pourtant. les grands traits de ces transformations dans le Sud-Ouest burkinabé.

o~ le développement du coton a accompagné une forte augmentation de la pl'oduction alimentail'e qui a contribué, pour près de 30%. au doublement des ressources nationales cel'éaliél'es au COUl'S de~ dix derniél'es années (22). La concentration de l·encadrement. des ressources techniques (; t du cl'éai t l'ural dans les centres de pl'oduc tion de la Volta Noire et des Hauts-Bassins a mené vers la forillation d'un excédent vivrie1' régional. sans pourtanc que s'affirme. avec la même vigueur que dans le Sud du Mali ou le Nord ivoirien. une spécialisation de la production alimentaire si l'on excepte J 'a1,'é d'implantation de la Socié té sucrière de la Comoé. o~ les l'uraux on t délaissé la culture du riz au profit de la coupe des cannes à sucre

(23) • le dynamisme de l ' agl'icul ture régionale repose en

(19) G. BELLONCLE. " Associations villageoises et développe- ment rural équilibré dans le projet Mali Sud Bamako, CMDT.

Avril 1990. p. 8.

(20) Cellule évaluation. "Superficie. production. rendement des cultures. Cercles de Sikasso et Kadiolo ". Sikasso. CMDT.

Mai 1991.

(21) Les volumes de la production encadrée des deux cercles se stabilisent autour de 10 000 tonnes entre 1985/86 et 1990/91.

Cf. D.R. Sikasso. " Bilan de production. Campagnes 1981/1990 ..

Sikasso. CMDT. Mal 1990.

(22) Cf. INSD, Annuaire statistique du Burkina Faso"

Ouagadougou. Ministère du Plan et de la Coopération, 1990. p.

129.

(23) Selon T. Thiombiano. " Firmes transnationales et systèmes alimentaires en Afrique ". Revue du CEDRES nO XXII, 1988. pp.

77-80. l'indice de production du riz (base 100 en 1975/76) dans l'Office régional de BanIora s'établit à 60 en 1981/82.

producteurs Senufo des cercles de Sikasso et Kadiolo.

in~~rés dans le projet .. Mali Sud" élebol'é par la Compa- gnie mal.ienne des textiles (CMDT). est à mains égarùs com- parable: la concomitance des progressions du coton et du maïs. céréale sy~tématiquement introduite dans la rotation culturale à partir de 1975. qui a lon~temps bénéficie d'un prix d'achat garanti et d'un débouché SÛl'. confère à ce vivrier le rôle de seconde culture de rente permettant l'excédent cèréalier régional (19). Le maïs repré- senterait près de 40% de la production céréaliére de ces deux cerc18s. soit l'équivalent de, volumes de sor~ho et de mil récoltés au cours de la campagne 1990/1991 (20), En revanche, la riziculture. faiblement encadrée. contribue pour une part décroissante à la production céréalière régionale (21); son caractère subalterne dans le calen- drier cultural perceptible dès que le coton et les v i vriers s p écu1a tif s o n t pl' i s i e u l' es sor en fa i t désormais une activité principalement féminine. animant des couran t s cl' échange s l oeaux mode~te~ , La produc t i on de tubercules - patate douce, manioc et igname - du bassin de Loulouni, est de m~me faiblement commel'cialisée. On retrouverait, avec quelques nuances pourtant. les grands traits de ces transformations dans le Sud-Ouest burkinabé.

o~ le développement du coton a accompagné une forte augmentation de la pl'oduction alimentail'e qui a contribué, pour près de 30%. au doublement des ressources nationales cel'éaliél'es au COUl'S de~ dix derniél'es années (22). La concentration de l·encadrement. des ressources techniques (; t du cl'éai t l'ural dans les centres de pl'oduc tion de la Volta Noire et des Hauts-Bassins a mené vers la forillation d'un excédent vivrie1' régional. sans pourtanc que s'affirme. avec la même vigueur que dans le Sud du Mali ou le Nord ivoirien. une spécialisation de la production alimentaire si l'on excepte J 'a1,'é d'implantation de la Socié té sucrière de la Comoé. o~ les l'uraux on t délaissé la culture du riz au profit de la coupe des cannes à sucre

(23) • le dynamisme de l ' agl'icul ture régionale repose en

(19) G. BELLONCLE, " Associations villageoises et développe- ment rural équilibré dans le projet Mali Sud Bamako, CMDT.

Avril 1990, p. 8.

(20) Cellule évaluation, "Superficie, production, rendement des cultures, Cercles de Sikasso et Kadiolo ". Sikasso. CMDT.

Mai 1991.

(21) Les volumes de la production encadrée des deux cercles se stabilisent autour de 10 000 tonnes entre 1985/86 et 1990/91.

Cf. D.R. Sikasso, " Bilan de production. Campagnes 1981/1990 ..

Sikasso. CMDT. Mal 1990.

(22) Cf. INSD, Annuaire statistique du Burkina Faso"

Ouagadougou. Ministère du Plan et de la Coopération, 1990. p.

129.

(23) Selon T. Thiombiano. " Firmes transnationales et systèmes alimentaires en Afrique ", Revue du CEDRES nO XXII, 1988. pp.

77-80. l'indice de production du riz (base 100 en 1975/76) dans l'Office régional de BanIora s'établit à 60 en 1981/82.

(10)

effet sur le mouvement historique d'expansion colonjsation ,des terres par les pa,vsans mossi (2~), et pal' là même sur l'importation dans le Sud-Ouest des techniques et des reSSOUI'ces alimentaire~ du Centre burkinabé. La valorisation des terres neuves tend d'abord à assurer l'autoconsommation des migrants, et sembla ainsi échapper à la sphére des échanges marchands, Il reste que lorsque la sécurité alimentaire est assurée. les Mossi entreprennent de nouveaux défrichements ( . . . ) pour la culture du coton et pour dégager des surplus commercialisables afin de s'équiper (25). et qu'ils participent activement à la vitalisation des filiéres régionales et inter-régionales de commercialisation des produits vivriers. Ainsi. en 1990, les exportateurs Mossi contrôlaient à 100% l'évacuation légale de mil germé depuis Bobo-Dioulasso vers le marché ivoirien: à 89%

l'exportation du niebe: et à 52% celle des fruits et légu- mes (26). De même. les grossistes et intermédiaires Mossi dominent désormais l'axe commercial unissant Banfora aux quatre principaux villages frontaliers fréquentés par les commel'can ts de Ouangolodougou, Ferkessedougou a t Korhogo

127 ) .

Cn doit consij~r~r 4Je lE~ m3rchès de vois1nage où les échanges. orien tés vel'S la consomma tion dome~t.l.que et l' éva- cU5.tion de surplus o("casi onnf>ls, préserVlüent" !~<:o~~~}o~

des groupes sociaux en dépit des contraintes induites par l'existence de la frontière (28), ont aujourd'hui changé de nature. D0S politiques étatiques différenciées. ch~cune adap- tée à une stratégie économique - notamment alimentaire - na- tionale, ont conduit les trois régions où le peuplement Senufo est dominant vers une l'elative spécialisation de leur produc- tion vivriére. Le fonds d'entretien du travail engagé dans les activités cotonniéres s'ordonne autour d'un volant limité

(24) CF, M.

Paris, Ors tom,

BENOIT, 1982,

" Oiseaux de mil. Les Mossi du Bwamu "

(25) B. TALLET, .. Espaces ethniques et migrations. Comment gé- rer le mouvement?" Politique africaine nO 20. 1985. p. 72.

(26) A partir de .. Liste des exportateurs des produits du cru, 1990 ", Bobo-Dioulasso, Direction du commerce, Mai 1991.

(27) Notamment à Niangoloko, Fourkoura, etc., où le commerce autochtone est faiblement représenté. Des observations sembla- bles ont été faites, sur les marchés frontaliers de la provin- ce duPoni, par 1. DRABO. " Echanges régionaux, commerce fron- talier et sécurité alimentaire les échanges Burkina Faso- Côte d'Ivoire - Ghana ", Paris, INRA/UNB/IRAM, 1989.

(28) Club du Sahel-CILSS. " Echanges régionaux. commerce fron- talier et sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest ". Paris, INRA-UNB-IRAM. 1988. p. 33,

effet sur le mouvement historique d'expansion colonjsation ,des terres par les pa,vsans mossi (2~), et pa!' là même sur l'importation dans le Sud-Ouest des techniques et des ressou!'ces alimentaire~ du Centre burkinabé. La valorisation des terres neuves tend d'abord à assurer l'autoconsommation des migrants, et sembla ainsi échapper à la sphére des échanges marchands, Il reste que lorsque la sécurité alimentaire est assurée. les Mossi entreprennent de nouveaux défrichements ( . . . ) pour la culture du coton et pour dégager des surplus commercialisables afin de s'équiper (25). et qu'ils participent activement à la vitalisation des filiéres régionales et inter-régionales de commercialisation des produits vivriers. Ainsi. en 1990, les exportateurs Mossi contrôlaient à 100% l'évacuation légale de mil germé depuis Bobo-Dioulasso vers le marché ivoirien: à 89%

l'exportation du niebe: et à 52% celle des fruits et légu- mes (26). De même. les grossistes et intermédiaires Mossi dominent désormais l'axe commercial unissant Banfora aux quatre principaux villages frontaliers fréquentés par les comme!'can ts de Ouangolodougou, Ferkessedougou a t Korhogo

127 ) .

Cn doit consij~r~r 4Je lE~ m3rchès de vois1nage où les échanges. orien tés ve!'s la consomma tion dome~t.l.que et l' éva- cU5.tion de surplus o("casi onnf>ls, préserVlüent" !~<:o~~~}o~

des groupes sociaux en dépit des contraintes induites par l'existence de la frontière (28), ont aujourd'hui changé de nature. D0S politiques étatiques différenciées. ch~cune adap- tée à une stratégie économique - notamment alimentaire - na- tionale, ont conduit les trois régions où le peuplement Senufo est dominant vers une !'elative spécialisation de leur produc- tion vivriére. Le fonds d'entretien du travail engagé dans les activités cotonniéres s'ordonne autour d'un volant limité

(24) CF, M.

Paris, Ors tom,

BENOIT, 1982,

" Oiseaux de mil. Les Mossi du Bwamu "

(25) B. TALLET, .. Espaces ethniques et migrations. Comment gé- rer le mouvement?" Politique africaine nO 20. 1985. p. 72.

(26) A partir de .. Liste des exportateurs des produits du cru, 1990 ", Bobo-Dioulasso, Direction du commerce, Mai 1991.

(27) Notamment à Niangoloko, Fourkoura, etc., où le commerce autochtone est faiblement représenté. Des observations sembla- bles ont été faites, sur les marchés frontaliers de la provin- ce duPoni, par 1. DRABO. " Echanges régionaux, commerce fron- talier et sécurité alimentaire les échanges Burkina Faso- Côte d'Ivoire - Ghana ", Paris, INRA/UNB/IRAM, 1989.

(28) Club du Sahel-CILSS. " Echanges régionaux. commerce fron- talier et sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest ". Paris, INRA-UNB-IRAM. 1988. p. 33,

(11)

de céreales et de tubercules cultivées au Mali. en Côte d'I- v0 il'e ~ t dan sun e ln0 iIld rem~sur~ au Bu r k i na Fas0 , do11LIa cul-

t~re est susceptible de dégager un e~cédent. Ainsi. le dépar- tement de Korhogo a disposé d'un surplus rizicol~ structurel pendant les dix dernières années, celui-ci pouvant être gros- sièrement évalué d 24000 tonn~s pour l'anllée 1986 (29); de même. les disponibilités céréaliéres des cercles de Sikasso et Loulouni excédent la consommation alimentaire locale (30),

tandis que la quasi-totalité de la production des céréales commercialisées au Burkina Faso trouve son origine dans les

~xcédents de l'Ouest et du Sud-Ouest (31).

D'une relation entre producteul's Senufo, faite d'échan- ges occasionnels contribuant à la reproduction des unités do- mestiques. on est passé à des relations commerciales - où la vocation de marchandises" des produits de savane se trouve pleinement réalisée (32) -. unissant des régions dotées d'ex- cédents différents. au moyen de s.vstèmes commerciaux spécial- isés qui disposent d'intermédiaires et de correspondants de part et d'autre des frontières.

Réseaux marchands, stratégies d'arbitrage et de captation de la rente flcntalière.

Les réseaux de commerce sont au coeur des arbitrages enll'e l'apPl'o\'i::;ionnement national des régions déficitaires.

et la satisfaction d'un marché extérieur dont les systemes de produc t i on s~ sonl t l'ans formés pl us l'api dement que les modè l es de consommation.

L'exemple des échanges entre la zone de Sikasso et le Nord ivolt'ien illustre l'ém~rg~nce d'une circuletion mal'- chande fortement spéculative. qui se nourrit des différen- ci a tions de l ' espace économiqu~ rég i ona l. P~ndant la cam-

(29) Cf. l'évaluation présentée en Annexe 2. Malgré un revenu monétaire faible. l'hypothèse d'une dégradation de la situa- tion alimentaire en savane ivoirienne ne semble pas vérifiée.

cf. D. REQUIER-DESJARDINS, " L'alimentation en Afrique. Manger ce qu'on peut produire ", Paris, Karthala, 1989, pp. 77-78.

(30) Pour la campagne 1990/1991. elle s'établirait à 134500 tonnes - l~ sorgho et le mais en représentent l~s 2/3 - soit une production brute de 317 kgs par habitant.

( 31>

Faso ris,

Cf.

J.EGG, D.MARTINET.

ln " Connaissance du AMIRA nO 54, 1988.

" Le marché céréalier du Burkina marché céréalier au Sahel ". Pa-

(32) P. COUTY . . . La structure des économies de savane africai- ne ", Orstom. C.Sc.Hum V(21. 1968. p, ~3.

de céreales et de tubercules cultivées au Mali. en Côte d'I- v0 il'e ~ t dan sun e ln0 iIld rem~sur~ au Bu r k i na Fas0 , do11LIa cul-

t~re est susceptible de dégager un e~cédent. Ainsi. le dépar- tement de Korhogo a disposé d'un surplus rizicol~ structurel pendant les dix dernières années, celui-ci pouvant être gros- sIèrement évalué d 24000 tonn~s pour l'anllée 1986 (29); de même. les disponibilités céréaliéres des cercles de Sikasso et Loulouni excédent la consommation alimentaIre locale (30),

tandis que la quasi-totalité de la production des céréales commercialisées au Burkina Faso trouve son origine dans les

~xcédents de l'Ouest et du Sud-Ouest (31).

D'une relation entre producteul's Senufo, faite d'échan- ges occasionnels contribuant à la reproduction des unités do- mestiques. on est passé à des relations commerciales - où la vocation de marchandises" des produits de savane se trouve pleinement réalisée (32) -. unissant des régions dotées d'ex- cédents différents. au moyen de s.vstèmes commerciaux spécIal- isés qui disposent d'intermédiaires et de correspondants de part et d'autre des frontières.

Réseaux marchands, stratégies d'arbitrage et de captation de la rente flcntalière.

Les réseaux de commerce sont au coeur des arbitrages enll'e l'apPl'o\'i::;ionnement national des régions déficitaires.

et la satisfaction d'un marché extérieur dont les systemes de produc tl on s~ sonl t l'ans formés pl us l'apI dement que les modè l es de consommation.

L'exemple des échanges entre la zone de Sikasso et le Nord ivolt'Ien illustre l'ém~rg~nce d'une circuletion mal'- chande fortement spéculative. qui se nourrit des différen- ci a tions de l ' espace économiqu~ rég i ona l. P~ndant la cam-

(29) Cf. l'évaluation présentée en Annexe 2. Malgré un revenu monétaire faible. l'hypothèse d'une dégradatIon de la situa- tion alimentaire en savane ivoirienne ne semble pas vérifiée.

cf. D. REQUIER-DESJARDINS, " L'alimentation en Afrique. Manger ce qu'on peut produire ", Paris, Karthala, 1989, pp. 77-78.

(30) Pour la campagne 1990/1991. elle s'établirait à 134500 tonnes - l~ sorgho et le mais en représentent l~s 2/3 - soit une production brute de 317 kgs par habitant.

( 31>

Faso ris,

Cf.

J.EGG, D.MARTINET.

ln " Connaissance du AMIRA nO 54, 1988.

" Le marché céréalier du Burkina marché céréalier au Sahel ". Pa-

(32) P. COUTY . . . La structure des économies de savane africai- ne ", Orstom. C.Sc.Hum V(21. 1968. p, ~3.

(12)

pagne 1989/1990. les Quatre principaux crossistes en cérêales de Sikasso ont préfinancé. sur fonds propres et cridits bancaires (33), leur réseau' de collecte de mil exerçant dans les Cercles de Sikasso, noutiala et Loulou- ni. De Novembre â Mars. l'enlêvement auprès des produc- teurs a été réalisé â un prix d'achat moyen d'environ 38 FCfA par kilo (34): la campagne de collecte est particu- liêrement longue, les recettes cotonnières permettant auX cultivateurs d'attendre un relèvement substantiel du prix regional du mil avant de mettl'e en marché leul' récolte (35). Le déstockage du produit a commencé en A- vril. dés qu~ les prix â la consommation â Slkasso et Bamako permettaient de récupérer les frais de commerciali- sation et d'optimiser la marge: la periode cuincidait avec une forte demande sur les marchés de norhogo et des sous-préfec tures du départemen t. Tou tetais. l ' ftrbi trage entre marché intérieur et debouché ivoirien ne pouvait ré- sulter du seul différentiel de prix entre Bamako et la région de Korhogo (36) les volumes nécessaire$ ~ la satisfaction de la demande korhogola.ise. notamment urbai- ne. sont somme toute limités. de sorte qu'un approvision- nement massif risquerait de réduire la rente frontalière.

Aussi la décision d'exporter dépendait-elle de la capacité globale d'absorption des trois grands mal'chés de consom- mation ivoiriens. Ces grossistes sont en effet en relation avec leurs correspondants d'Abidjan. Bouaké et Korhogo. la somme des informations recueillies les ay~nt conduit â une

<.1i'P1" ,;; '-i a ~.i on ct ' è n.:; e m~ 1e s (;r I ' 0 Pile' ; un;' ~é d ' t=;"p.)f' te.~. ~ t

sur la destination probable du mil. Le méme systéme d'in- fOl'mation fut sollicité au cours du parcours rOI.dier. le l';'",u de rL.-ente pvuvôni. ê~re ID("Idif:e E: fon(:"1.101. u.?s varietions de prix eUl'egistrés SUI' les marchés .i ...oiriens.

(33) Les préfinancements que le Programme de restructuration du marché céréaliel' (PRMC) 'ont mis â la disposition d'un nom- bre restreint de commerçants privés et de ûroupp.ments d'inté- rit économique ~GIE) de Slkasso et Kadiolo en 1988/1989.

n'ont pas été. reconduits l'annee suivante.

(34) Moyenne des relevés de prix effectués sur les marchés de collecte de la récion. Cf. Listing" Evolution des prix D la production des céréales ". Bamako. OPAM-SIM. Juin 1991.

(35) Cf. P, PHAELINAS, •• La commercialisation des céréales au Mali: comportement des agents économiques privés et régulation du marché H , Orstom. C.Sc.Hum (), 1991, p.

(36) Soit les prix suivants d'Avril D Octobre 1990

AVR

MAI JUN

JUL

AOU SEP OCT

Sikasso 73 74 80 89 95 99 105

Bamako 77 77 82 96 99 112 117

Korhogo 125 125 129 133 150 149 151

Sources: Listing" Evolution des prix à la consommation des céréales H , Bamako. OPAM-SIM. Juin 1991: .. Relevé des prix de détail, marché de Korhogo ". Korhogo, OCPV. 1991.

pagne 1989/1990. les Quatre principaux crossistes en cérêales de Sikasso ont préfinancé. sur fonds propres et cridits bancaires (33), leur réseau' de collecte de mil exerçant dans les Cercles de Sikasso, noutiala et Loulou- ni. De Novembre â Mars. l'enlèvement auprès des produc- teurs a été réalisé â un prix d'achat moyen d'environ 38 FCfA par kilo (34): la campagne de collecte est particu- lièrement longue, les recettes cotonnières permettant auX cultivateurs d'attendre un relèvement substantiel du prix regional du mil avant de mettl'e en marché leul' récolte (35). Le déstockage du produit a commencé en A- vril. dés qu~ les prix â la consommation â Slkasso et Bamako permettaient de récupérer les frais de commerciali- sation et d'optimiser la marge: la periode cuincidait avec une forte demande sur les marchés de norhogo et des sous-préfec tures du départemen t. Tou tetais. l ' ftrbi trage entre marché intérieur et debouché ivoirien ne pouvait ré- sulter du seul différentiel de prix entre Bamako et la région de Korhogo (36) les volumes nécessaire$ ~ la satisfaction de la demande korhogola.ise. notamment urbai- ne. sont somme toute limités. de sorte qu'un approvision- nement massif risquerait de réduire la rente frontalière.

Aussi la décision d'exporter dépendait-elle de la capacité globale d'absorption des trois grands mal'chés de consom- mation ivoiriens. Ces grossistes sont en effet en relation avec leurs correspondants d'Abidjan. Bouaké et Korhogo. la somme des informations recueillies les ay~nt conduit â une

<.1i'P1" ,;; '-i a ~.i on ct ' è n.:; e m~ 1e s (;r I ' 0 Pile' ; un;' ~é d ' t=;"p.)f' te.~. ~ t

sur la destination probable du mil. Le méme systéme d'in- fOl'mation fut sollicité au cours du parcours rOI.dier. le l';'",u de rL.-ente pvuvôni. ê~re ID("Idif:e E: fon(:"1.101. u.?s varietions de prix eUl'egistrés SUI' les marchés .i ...oiriens.

(33) Les préfinancements que le Programme de restructuration du marché céréaliel' (PRMC) 'ont mis â la disposition d'un nom- bre restreint de commerçants privés et de ûroupp.ments d'inté- rit économique ~GIE) de Slkasso et Kadiolo en 1988/1989.

n'ont pas été. reconduits l'annee suivante.

(34) Moyenne des relevés de prix effectués sur les marchés de collecte de la récion. Cf. Listing" Evolution des prix D la production des céréales ". Bamako. OPAM-SIM. Juin 1991.

(35) Cf. P, PHAELINAS, •• La commercialisation des céréales au Mali: comportement des agents économiques privés et régulation du marché H , Orstom. C.Sc.Hum (), 1991, p.

(36) Soit les prix suivants d'Avril D Octobre 1990

AVR

MAI JUN

JUL

AOU SEP OCT

Sikasso 73 74 80 89 95 99 105

Bamako 77 77 82 96 99 112 117

Korhogo 125 125 129 133 150 149 151

Sources: Listing" Evolution des prix à la consommation des céréales H , Bamako. OPAM-SIM. Juin 1991: .. Relevé des prix de détail, marché de Korhogo ". Korhogo, OCPV. 1991.

(13)

",

et des possibilites de frit de retour. Ces quatre commerçants Sikassois auront ainsi ~vacue 5200 tonnes de mil au cours de l'annee 1990 (37). A la campagne ~uivante.

'ces mêmes commerçants arbitreront eil faveur du marche na- tional en raison d'une forte hausse de5 prix à Bamaho et dan s 1e Nor d du Mal i (38). e t de 1tl con CUI'l 'e u ce du DIi 1 ghaneen sur les marchés de Côte d'Ivoire,

Il'availlant SUI' ressources propl'es, emprunts bancfti- res ou avances faites par quelques grossistes bamakois (39), les reseaux du commerce cérel'llier', rionL les centr'es de décision sont situes à Sikasso et Koutiala, arbitrent entre les marches en fonction des seules pel'spectives de taux de marge et de vitesse probable de rotation du ca- pit a l qu' ils en~'age nt. Dès 10 r s . les f lux de v i VI'i el's dépendent moins de la dynamique propre aux marches natio- naux. que d'un système de prise de decision dont elle est une composante parmi d'autres. L'autonomisation du circuit cerealier génère parfois une succession de mouvements croisés fortement speculatifs. inseres entre la collecte et la consommation finale, Ainsi. au cours de la campagne 1990/1991. une partie du mais collecté entre Octobre et Decembre par le reseau de K.M .. grossiste de Sikasso. a étè cédée en Mars et Avril à ses correspondants de horhogo et Ferkessedougou, pressés de constituer un stock en vue d'une envolee probable des prix de consommation qui inter- vieut habiLuellement en Juin. L'opération laissait b. l'ex-

portat~ur une marge nette d'env1ron 10 FCfA pal' kilo (40), Tou t e f0 .i s . h . Al . ùevai t l'a che ter dè ::. Mai un \'0 1ume comparable de mais auprè5 des mêmes correspondants. la l'are té au Pl'odui L SUI' le mal'cLé de Bamako rendan c l ' opera- tion avantageu~e (41). Alors qu' en àéout de campagne. les commercants korhogolais s'apPI'ov.isionnaient en maïs SUI' les roal'chés àf. haàiolo. Ze~oua, Loulou:1i et hadiana. en fin de campagne. ce furenL les acheteurs de Kadiolo et

(37) Données collectées à Sika5so. Juin 1991, La ventilation pal' marché final n'a pU être reconstituée que pour T.E .. prin- cipal exportateur au cours de l'année: 2220 tonnes expédiées à Korbogo (16%). Bouaké (18%). Grand Bassam (7%) el Abidjan

( 59% ) ,

(38) Base 100 en Avril 1990. les prix du mil s'établissaient à 142 à Sikasso et 161 à Bamako.

(39) Cr. J.-L. AYSELLE. D. BAGAYOKO . . . Les échanges fronta- liers entre le Mali et les pays limitrophes ", in .. Politiques nationales et réseaux marchands transnationaux INRA-UNB- UNAB, Paris. 1988, p. 67.

(40) Le maïs acheté 35 FCFA le kilo immédiatement aprè~ la ré- colte. fut l'evendu eu gros eu Côte d'lvoil'e à 62 FCFA. On peut évaluer les frais de transport. de stockage et de manutention à 16 FCFA. venant en déduction de la marge bl'ute.

(41) Cf. SIM." Rapport mensuel. Avril 1991 Bamako.OPAM/

SIM. Mai 1991. qui signale dès cette date la pénurie de maïs à Bamako et SUl' les mal'chés de l'Ouest du MaIl.

",

et des possibilites de frit de retour. Ces quatre commerçants Sikassois auront ainsi ~vacue 5200 tonnes de mil au cours de l'annee 1990 (37). A la campagne ~uivante.

'ces mêmes commerçants arbitreront eil faveur du marche na- tional en raison d'une forte hausse de5 prix à Bamaho et dan s 1e Nor d du Mal i (38). e t de 1tl con CUI'l 'e u ce du DIi 1 ghaneen sur les marchés de Côte d'Ivoire,

Il'availlant SUI' ressources propl'es, emprunts bancfti- res ou avances faites par quelques grossistes bamakois

(39), les reseaux du commerce cérel'llier', rionL les centr'es

de décision sont situes à Sikasso et Koutiala, arbitrent entre les marches en fonction des seules pel'spectives de taux de marge et de vitesse probable de rotation du ca- pit a l qu' ils en~'age nt. Dès 10 r s . les f lux de v i VI'i el's dépendent moins de la dynamique propre aux marches natio- naux. que d'un système de prise de decision dont elle est une composante parmi d'autres. L'autonomisation du circuit cerealier génère parfois une succession de mouvements croisés fortement speculatifs. inseres entre la collecte et la consommation finale, Ainsi. au cours de la campagne 1990/1991. une partie du mais collecté entre Octobre et Decembre par le reseau de

K.M ..

grossiste de Sikasso. a étè cédée en Mars et Avril à ses correspondants de horhogo et Ferkessedougou, pressés de constituer un stock en vue d'une envolee probable des prix de consommation qui inter- vieut habiLuellement en Juin. L'opération laissait b. l'ex-

portat~ur une marge nette d'env1ron 10 FCfA pal' kilo (40), Tou tef 0 .is . h . Al . ùevai t l'a che tel' dè ::. Mai un \'0 1ume comparable de mais auprè5 des mêmes correspondants. la l'are té

au

Pl'odui L SUI' le mal'cLé de Bamako rendan c l ' opera- tion avantageu~e (41). Alors qu' en àéout de campagne. les commercants korhogolais s'apPI'ov.isionnaient en maïs SUI' les roal'chés àf. haàiolo. Ze~oua, Loulou:1i et hadiana. en fin de campagne. ce furenL les acheteurs de Kadiolo et

(37) Données collectées à Sika5so. Juin 1991, La ventilation pal' marché final n'a pU être reconstituée que pour T.E .. prin- cipal exportateur au cours de l'année: 2220 tonnes expédiées à Korbogo (16%). Bouaké (18%). Grand Bassam (7%) el Abidjan

( 59% ) ,

(38) Base 100 en Avril 1990. les prix du mil s'établissaient à 142 à Sikasso et 161 à Bamako.

(39) Cr. J.-L. AYSELLE. D. BAGAYOKO . . . Les échanges fronta- liers entre le Mali et les pays limitrophes ", in .. Politiques nationales et réseaux marchands transnationaux INRA-UNB- UNAB, Paris. 1988, p. 67.

(40) Le maïs acheté 35 FCFA le kilo immédiatement aprè~ la ré- colte. fut l'evendu eu gros eu Côte d'lvoil'e à 62 FCFA. On peut évaluer les frais de transport. de stockage et de manutention à 16 FCFA. venant en déduction de la marge bl'ute.

(41) Cf. SIM." Rapport mensuel. Avril 1991 Bamako.OPAM/

SIM. Mai 1991. qui signale dès cette date la pénurie de maïs à Bamako et sur les mal'chés de l'Ouest du MaIl.

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