HAL Id: jpa-00208421
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Submitted on 1 Jan 1976
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Échos de phonons et transitions de phase
Ch. Frénois, J. Joffrin, A. Levelut
To cite this version:
Ch. Frénois, J. Joffrin, A. Levelut. Échos de phonons et transitions de phase. Journal de Physique,
1976, 37 (3), pp.275-278. �10.1051/jphys:01976003703027500�. �jpa-00208421�
ÉCHOS DE PHONONS ET TRANSITIONS DE PHASE (*)
Ch.
FRÉNOIS,
J. JOFFRIN et A. LEVELUT Laboratoire d’Ultrasons(**),
Université Pierre et MarieCurie,
Tour
13, 4, place Jussieu,,
75230 Paris Cedex05,
France(Reçu
le 9 octobre1975,
révisé le 19 novembre1975, accepti
le 20 novembre1975)
Résumé. 2014 Ces expériences montrent que la méthode des échos de
phonons appliquée
à despoudres
cristallines peut être utilisée pour examiner lespropriétés
critiques du matériau ; on a prisl’exemple
du K.D.P. et les résultats sont comparés à desexpériences
standardd’acoustique.
Abstract. 2014 The
experiments
described in this paper show that the phonon echo methodapplied
to crystalline
powders
is well suited to study criticalphenomena.
The case of K.D.P. isreported
andthe results are compared with those obtained by standard acoustical methods.
Classification
Physics Abstracts
7.260 - 7.488 - 8.780
1. Introduction. - La methode des echos de
pho-
nons consiste essentiellement a irradier un 6chantillon
avec deux
impulsions radioelectriques separees
parun intervalle de
temps
et a recevoir a l’instant 2 i(compte
apartir
de lapremiere impulsion)
unsignal (echo).
Parmi les informations que 1’onpeut
ainsiobtenir, figure
aupremier
rang le temps de vie desphonons
dans le cristal : c’est le temps de relaxationT2
de 1’6cho.Jusqu’d present,
les etudes ont surtoutporte
sur lephenomene lui-meme,
afin de1’expliquer [1]. Toutefois, quelques applications
ont ete examinees.On
peut
citerI’am6lioration,
par le renversement du vecteurd’onde,
des mesures ultrasonoreslorsqu’elles
sont
perturbees
soit par un manque deparall6lisme [2],
soit par une
inhomog6n6it6
de 1’echantillon[3].
De
meme,
1’etude dequelques
transitions dephase
a ete 6bauch6e
[4]. Enfin,
1’articleprecedent [5]
pr6sente
une etude des films d’helium conduite par cette methode.Les
experiences rapportees
dans cet article sontun essai d’etude
systematique
d’unchangement
dephase.
La transitionpara-ferro6lectrique
du K.D.P.(phosphate
di-acide depotassium)
a 6t6 choisie car, d’unepart
elle a ete bien etudiee par les methodes ultrasonores[6, 7]
cequi permet
descomparaisons aisees,
et d’autrepart,
le K.D.P. foumit des 6chos intenses.Mais ce materiau a
egalement
ete selectionne pour une autre raison. Eneffet,
lesexperiences
ultra-(*) Les recherches mentionn6es dans le present memoire ont
etc effectu6es a l’aide d’un contrat de la Direction des Recherches et Moyens d’Essais.
(**) Equipe de Recherche Associee au C.N.R.S.
sonores et une
experience
par echos dephonons [4]
donnent des resultats
qui
semblent etre enparfaite
contradiction : dans le
premier
cas, letemps
de vie desphonons
estabr6g6 pres
de latransition; dans
lesecond,
le temps de relaxationT2
estallonge.
11 ya donc une
question
fondamentale a r6soudre : les ultrasons et les echos dephonons
donnent-ils le meme type derenseignements ?
Lesexperiences presentees
ici
repondent
par 1’affirmative.Le choix du K.D.P. a les
consequences pratiques
suivantes. La transition ayant lieu aux environs de 120
K,
il est n6cessaired’operer
a bassefrequence (v
300MHz)
afin d’eviter une tropgrande
att6nua-tion par les
phonons thermiques.
Il est alors indis-pensable,
pour ne pas etregene
par lessignaux
pro- venant de la reflexion des ultrasons sur lesfaces, d’operer
avec des echantillonsdepolis
ou,mieux, fragmentes (poudres). D’ailleurs,
c’estprecisement
un des avantages de la methode des 6chos de
pho-
nons de ne pas
exiger
desmonocristaux,
contraire-ment aux methodes ultrasonores.
Les r6sultats obtenus concement la
phase
dehaute
temperature (paraélectrique).
On a ainsi 6tudi6 :le
comportement critique
du temps de relaxationT2(T)
et la variation de l’intensit6 des echosIO(T)
et les resultats sont
compares
a ceux obtenus par les methodes ultrasonores. Auprealable,
une etudenouvelle est
presentee :
ladependance
deT2
avecla
frequence. Enfin,
les avantages et les inconvenients de la methode sontpasses
en revue.2.
Quelques rappels
sur lespropriitis
du K.D.P. -Le K.D.P. est un cristal
qui presente
deuxphases.
La
phase
de hautetemperature,
desymetrie 42m,
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01976003703027500
276
est
paraelectrique
etpiezoelectrique.
Laphase
debasse
temperature,
desymetrie
mm2, est ferro-6lectrique.
Latemperature
de transition estTc L--
122 K.Lorsque
latemperature
est abaisseevers
Tc,
on observe 1’annulation de la constanteelastique C66
relative au mode de deformation E6’Cet amollissement est du au
couplage
avec un modepolaire
dont lafrequence
est telle queavec
En
plus
de la vitesse du son du mode de cisaille- ment mentionn6plus haut,
un certain nombre degrandeurs
ont un comportementpathologique.
Onpeut citer la constante
dielectrique,
les constantespiezoelectriques,
les coefficients decouplage
elec-trom6canique
et 1’attenuation de certaines ondes ultrasonores. Cette dernierepropriete
a ete etudieeprincipalement
par Garland et al.[6, 7, 8].
Enfin,
il fautsignaler
une desparticularit6s
desexperiences qui
sontrapportees
ici. Si on admetune valeur de la vitesse moyenne du son
on calcule que, pour les
frequences
utilisees(v -
100MHz),
lalongueur
d’onde desphonons
est A - 40 03BC. Or les dimensions des
grains
de lapoudre
utilisee sontjustement
de cet ordre-la(10 03BC
d 5003BC).
Cette situation est donc diff6rentede celle d’une
precedente
etude faite a 1 GHz ouon
avait A « d [9].
En
particulier,
la notion dephonon
avecpolarisa-
tion et vecteur d’onde definis a
perdu
toutesignifica- tion ;
on doit lui substituer celle de mode de vibra-tion ;
lephenomene
d’6cho n’en subsiste pas moins.,3. Variation de
T2
avec lafrequence.
- Les résul-tats
experimentaux
sur ladependance
deT2
avec lafrequence
sontsimples :
l’inverse dutemps
de relaxa- tion est la somme d’une constante et d’un termeproportionnel
au carre de lafrequence (Fig. 1).
C’est-a-dire :
Ce resultat
qualitatif s’explique
ais6ment. Eneffet, parmi
les processus derelaxation,
dont les effets sont additifs surF2,
certains sontindependants
de lafr6quence.
Ce sont les pertes par conversionpi6zo- 6lectrique,
par conversion de modes61astiques
etpar emission de
phonons
vers le milieu ext6rieur[9] ; toutefois,
ce dernier processus n’intervient pas icicar les
experiences
sont faites dans le vide. Les pro-cessus
qui dependent
de lafrequence
donnent unecontribution
proportionnelle a v2 :
attenuation cri-tique [8]
et attenuation par lesphonons thermiques
dans cette gamme de
temperature.
FIG. 1. - Inverse du temps de relaxation en fonction du carr6 de la
fr6quence. Les points exp6rimentaux s’alignent sur des droites r2 = a + bv2. Quand on approche de la temperature de transition
Tc = 121,65 K, les effets critiques, qui sont en v2, augmentent.
Cependant,
les coefficients a et bdependent
de latemp6rature : a
et b augmententlorsqu’on approche
de la transition
(Fig. 1).
Pourb,
la raison est claire : c’est1’augmentation
de la contributioncritique qui
en est
responsable. Pour a,
les diff6rents processusdependent
de maniereplus
ou moinscompliquee,
de la vitesse des
phonons
des modesacoustiques.
Or l’une d’elles
change
6norm6ment a la transition[10].
C’est
peut-etre
la1’explication
de la variation observee.4. Effets
critiques
surT2.
- Auvoisinage
de latemperature
de transitionTc,
le temps de relaxationT2
est consid6rablement raccourci. Cefait, qui
nedevrait pas
surprendre,
m6ritecependant
d’etre sou-lign6.
11 contredit en effet les resultats .6tonnants obtenus parPopov
et Krainik[4]
dans une gamme defrequence
apeine plus
basse(de
2 a 70MHz)
et ou ces auteurs ont vu un
allongement
deT2.
Un de nos resultats est montre sur la
figure
2. Au-dessus de 130
K, T2
est sensiblement constantjusqu’a
FIG. 2. - Temps de relaxation T2 en fonction de la temperature.
La transition de phase se manifeste par un raccourcissement de T2.
au moins 150
K;
dans lasuite,
cette valeur seradesignee
parT2’ (plateau).
En dessous de 130K, T2
diminue et devient si court auvoisinage
de latransition que 1’6cho
disparait completement.
Pour
exploiter
ces resultatsexperimentaux,
on6crit l’inverse du temps de relaxation sous la forme :
La
quantite qu’il
est ais6 de confronter a la theorie est :En
effet,
on peut montrer[7]
que le temps de vie 0 desphonons
du mode ded6formation 86
est tel que :i est le temps de relaxation des fluctuations du para- mètre d’ordre a tension
elastique
constante. On a,de plus :
et on sait que
CP66
n’a pas decomportement
anormalen fonction de la
temperature.
On en deduit :Les valeurs
numeriques
sont :d’ou
Les resultats
experimentaux (Fig. 3) peuvent
effec- tivement etrerepresentes
par une loi :ou l’on a admis que
Tc - To
=4,3
K[10].
Lavaleur de
Tc
trouvee est121,65
K. Sachant que l’incertitude sur la mesure absolue de T est de ±0,2 K,
on voit que cette valeur est
compatible
avec celledonnee par Garland et al.
(121,8 K) [6].
Le coefficient K est une fonction d6croissante
FIG. 3. - Variation de T2cit en fonction de la temperature. La courbe repr6sente la valeur theorique ajust6e avec M = 2.
de d. Pour une
poudre
de dimensionscomprises
entre 20 et 25 g, on a M =
2,0 (pour T2
mesureen
03BCs).
La
dependance
entemperature
est bien celle attendue. Mais l’ordre degrandeur
n’est pas correct : lesphonons qui
contribuent a 1’echo ont untemps
de viecritique plus long,
depres
de deux ordres degrandeurs,
que celui des ultrasons du mode acousti- que 86 de memefr6quence.
Cela tient a la conversion modes-modes : a
chaque
choc sur les
parois
desgrains,
une onde donne nais-sance a trois autres ondes. Par ce processus, les
pho-
nons
produisant
1’6cho ne passentqu’une
faiblepartie
de leur temps sous la forme E6 ; c’est la raison de leur faible attenuationapparente.
Ladependance
de M en d est une indication dans ce sens.
5. Intensite de 1’6cho. - La determination du
temps
de relaxationT2
necessite la mesure de l’intensit6 de 1’6cho1(2 rt)
pour diff6rents intervalles 1:. On peutextrappler
vers les temps tres courts et deduire l’intensit6 a1’origine Io
de 1’6choLa variation de
Io
a ete mesuree en fonction de latemperature :
elle croit de mani6re monotone d’envi-ron 12 dB entre 135 K et 123 K
(Fig. 4).
L’intensit6 de 1’6cho est fonction du coefficientpi6zo6lectrique
aqui
intervient dans laproduction
et la detection desphonons,
et ducoefficient P qui
decrit le renver-sement du sens de
propagation
des ondes. Ils sont d6finis par :278
FIG. 4. - Intensit6 Io de 1’6cho mesur6e en dB en fonction de la
temperature.
En
fait, plutot
que par a, c’est par le coefficientelectromecanique k 2 = CX2/C8o 8r qu’est
mesuree la conversion entre1’energie 6lectromagn6tique
et 1’6ner-gie elastique.
On a donc :Io - k4 B2.
On sait que des coefficients tels que a
[11, 12, 13]
et fl [14] peuvent
avoir uncomportement critique.
nest difficile d’estimer ici leurs contributions res-
pectives
a la variation de10. II
n’en demeure pasmoins, qu’au voisinage
deTc,
l’intensité de 1’6cho estaugmentee
meme siT2
est raccourci. 11 est utile de savoir cela pour lesapplications.
6. Conclusion. - Afin de tester l’utilisation de la methode des echos de
phonons
a 1’etude des transi-tions de
phase,
nous avonspris 1’exemple
de latransition du K.D.P.
Du cote
positif,
il y a la demonstration que, d’unepart,
la methode est tres sensible aux transitions dephase
dont les effets sont biencouples
auxphonons (transitions ferroelectriques, ferro6lastiques
ou struc-turales)
et cela meme si l’on nepossede
que de minus- cules cristaux du materiau et que, d’autrepart,
les informations ainsi obtenues sont de meme nature que celles foumies par lesexperiences
ultrasonores.Les resultats ant6rieurs
[4]
demeurent encoreinexpli- ques.
Du cote
negatif,
l’inconv6nient leplus
notable est1’aspect global
de la m6thode : d’unepart, l’impossi-
bilite de
separer
les roles des differents modes dephonons
ducristal,
d’autrepart,
la difficulte dedistinguer
les effets de 1’attenuation et des variations de vitesse.Au vu des resultats
precedents,
il est doncpermis d’employer
la methode des echos dephonons
pour aborder 1’6tude dechangements
dephases presentant
de
grandes
difficultes enacoustique
traditionnelle : cristauxqui
se cassent a la transition(A.D.P., BaTi03)
ou cristaux de trop faibles dimensions.
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