Communications orales
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T06-CO1-1
E´tude pluridisciplinaire d’un nouveau mode de collecte des ordures me´nage`res sans ripeur
A. Szyjka*, P. Bruneteau, Y. Jarzuel, E. Le Corre, R. Petitfour ACMS, Suresnes, France
* Auteur correspondant.
Objectifs.– Un seul salarie´ conduit une benne semi-automatise´e, munie d’un bras articule´. Il s’arreˆte devant les conteneurs, actionne le bras articule´ au moyen d’un joystick et d’un e´cran de controˆle, depuis sa cabine. Le but de l’e´tude est d’e´valuer les contraintes posturales et gestuelles des conducteurs de ces bennes a` chargement late´ral (BCL) et de proposer des pistes d’ame´lioration.
Me´thode.–
– observation du poste de conducteur de BCL et participation a`
plusieurs collectes ;
– analyse du ve´cu des conditions de travail des salarie´s par question- naire anonyme standardise´ ;
– enregistrement des vibrations de cabine ;
– observations vide´os et enregistrements simultane´s des postures de travail et des efforts musculaires (logiciel Captiv).
Re´sultats.– Les postures de travail sont contraignantes : en rotation vers la droite lors de la manipulation du bras articule´, en gardant le bassin dans l’axe pour manœuvrer les pe´dales.
Les gestes a` re´aliser ne´cessitent une grande dexte´rite´ et une excel- lente coordination : en l’absence d’incident, 16 actions sont effectue´es au joystick en moins de 20 secondes.
La charge mentale de travail est e´leve´e : prise d’informations parfois difficile (angles morts, zone d’ombre, e´blouissement), saisie du conte- neur dans un environnement en mouvement, risque d’accidents (mate´riel ou humain), rythme rapide (400 a` 700 conteneurs par poste), stress ressenti par un grand nombre de conducteurs.
Les conducteurs se plaignent de douleurs de l’e´paule et du bras droit (75 %), de rachialgies (69 %), de ce´phale´es (50 %) et de douleurs de la hanche droite (50 %).
Les douleurs de la nuque sont ve´cues comme les plus pe´nibles (7,5/
10 sur l’e´chelle de BORG).
Le niveau des vibrations mesure´ dans la cabine (0,39 m2/s) est infe´rieur au seuil de´clenchant l’action de pre´vention re´glementaire (0,5 m2/s).
Les mesures des contractions musculaires par EMG et des angles articulaires par goniome´tries montrent des niveaux acceptables.
Cependant, l’observation des conducteurs et le ve´cu des salarie´s re´ve`lent la complexite´ des taˆches a` effectuer sur un rythme tre`s rapide : la dure´e moyenne d’un cycle de mobilisation du bras articule´
est infe´rieure a` 11 secondes ; la phase la plus longue dure moins de 3 secondes ; la moitie´ des 9 phases durent moins de 1 seconde.
La vigilance est maximum en permanence, les seuls moments « de repos » sont les de´placements de la benne d’un lieu de collecte a`
l’autre.
Conclusion.– Ce qui e´tait un travail peu qualifie´ a` forte charge physique est devenu un poste a` charge mentale e´leve´e. Les pistes d’ame´lioration sont notamment : la re´duction des plages de travail, l’optimisation du positionnement des conteneurs et le signalement pro-actif des incidents de circulation.
T06-CO1-2
E´valuation de l’implantation d’un programme pilote de retour au travail pour des salarie´s atteints de troubles musculosquelettiques du membre supe´rieur
J.-B. Fassiera,*, J. Lapierreb, M. Soulatzkyc, A.-M. Pillonb
aHospices civils de Lyon, Lyon, France ;bSMIEVE, Vienne, France ;
cMetrazif, Voiron, France
* Auteur correspondant.
Contexte.– Les troubles musculosquelettiques du membre supe´rieur (TMS-MS) sont une cause fre´quente de restriction d’aptitude, voire de licenciement pour inaptitude. Dans ce contexte, un programme pilote a e´te´ e´labore´ par des me´decins du travail de la re´gion Rhoˆne-Alpes dans le cadre du plan re´gional de sante´ au travail. Le programme
« RTP » de retour the´rapeutique au poste de travail est inspire´ du mode`le de Sherbrooke et du programme PREVICAP e´labore´s au Que´bec. Il a pour but un retour progressif du salarie´ a` son poste en be´ne´ficiant d’ame´nagements ergonomiques et d’une re´e´ducation adapte´e. Il comprend la prise en charge par une e´quipe pluridisci- plinaire et une intervention d’ergonomie au poste de travail.
Objectif.– Le but de cette e´tude est d’analyser l’influence du contexte d’implantation sur la mise en œuvre des activite´s pre´vues par le programme RTP et d’e´valuer les effets du programme a` la fin de la prise en charge sur la sante´ des salarie´s et leur statut d’emploi.
Me´thodes.– Des me´thodes mixtes (qualitatives et quantitatives) ont e´te´
utilise´es. Des entrevues et des groupes de discussion ont e´te´ conduits avec des salarie´s pris en charge et les acteurs du projet. Des question- naires ont e´te´ remplis par les salarie´s en de´but et en fin de programme.
Re´sultats.– Il y a eu au total 15 salarie´s inclus d’un aˆge moyen de 47,5 ans avec un sex-ratio (H/F) de 0,36. Ils e´taient issus majoritai- rement de la me´tallurgie et de la grande distribution. Il s’agissait de personnes faiblement qualifie´es. Tous les salarie´s avaient des dou- leurs chroniques d’intensite´ e´leve´e et de localisations multiples. Neuf salarie´s sur 15 ont be´ne´ficie´ de l’intervention d’ergonomie dans l’entreprise. Tous les salarie´s participants ont termine´ le programme et tous en ont e´te´ satisfaits. Plusieurs barrie`res a` l’implantation du programme ont e´te´ identifie´es : la faible participation de certains acteurs ; le manque de communication autour du programme ; l’insuffisance de support logistique et me´thodologique.
Discussion.– Les re´sultats de cette e´valuation de´montrent que ce type de prise en charge de´veloppe´ au Que´bec peut eˆtre adapte´ et implante´
dans le contexte franc¸ais. Cependant, la faible participation de certains acteurs et les difficulte´s de recrutement des salarie´s dans le programme impliquent de discuter plusieurs e´le´ments qui restent en suspens.
Pre´vention des troubles musculo-squelettiques
Conclusion.– Il est possible de de´velopper et d’implanter des pro- grammes de pre´vention secondaire et tertiaire des TMS-MS visant le retour au travail et le maintien dans l’emploi. Cependant, les diffi- culte´s de ce type d’approche ne doivent pas eˆtre sous-estime´es.
T06-CO1-3
Pre´vention durable des TMS chez des fossoyeurs de la Ville de Paris
M. Van Triera,*, P. Simonetb, G. Fernandezb, A. Savescuc, C. Gaudezc
aVille de Paris, Paris, France ;bCRTD EA 4132, Paris, France ;cINRS, Nancy, France
* Auteur correspondant.
Le service de sante´ au travail de la Ville de Paris a entrepris une de´marche pluridisciplinaire de pre´vention durable des TMS chez des fossoyeurs en associant a` ce projet l’e´quipe clinique de l’activite´ du centre de recherche sur le travail et le de´veloppement (CRTD – EA 4132) et une e´quipe de biome´canique de l’INRS. En janvier 2008, le rapport remis a` la direction ge´ne´rale du travail sur la pre´vention durable des TMS (coordination : F. Daniellou) e´tablissait que la participation active des ope´rateurs est une condition ne´cessaire de la pe´rennite´ des dispositifs de pre´vention. Nous avons donc tout fait de`s l’origine et durant les 3 anne´es de cette action pour que les fossoyeurs en deviennent les acteurs.
L’e´quipe me´dicale a utilise´ son tiers-temps a` observer pendant plu- sieurs mois les postes de travail des fossoyeurs, initiant les dialogues professionnels entre eux sur le lieu meˆme du travail. Par ailleurs, 76 fossoyeurs ont e´te´ examine´s a` deux reprises sur une pe´riode de 12 a`
24 mois. L’examen clinique comparatif du rachis lombaire et des membres supe´rieurs a respecte´ les crite`res SALTSA.
Le psychologue du travail apre`s observations des activite´s des fossoyeurs dans 2 cimetie`res parisiens a travaille´ avec un groupe d’agents volon- taires afin d’organiser des controverses professionnelles entre eux. Pour cela, il a mene´, sur la base d’images vide´o enregistre´es au cours de leur activite´, des entretiens en auto-confrontation simple et croise´e. Les fossoyeurs se sont ainsi compare´s les uns aux autres et sont parvenus, apre`s plusieurs mois, a` enrichir la gamme de leurs gestes professionnels, en analysant particulie`rement celui du « jete´ arrie`re ». Graˆce a` ces controverses professionnelles, le groupe de fossoyeurs a pu exercer sa fonction de ressource psychologique pour l’activite´ individuelle.
Afin d’augmenter la connaissance du geste de « jete´ arrie`re », l’e´quipe de biome´canique a identifie´, a` partir de l’analyse des donne´es EMG enregistre´es sur 8 fossoyeurs, les jete´s les plus et les moins sollici- tants. La vide´o de ces jete´s a e´te´ pre´sente´e aux fossoyeurs, ce qui a suscite´ de nouvelles controverses entre eux et permis d’enrichir la gamme de gestes possibles.
Les principaux re´sultats sont :
– une tendance a` la diminution du nombre de TMS et notamment des lombalgies ;
– l’inte´gration d’un dispositif durable de pre´vention dans l’organisa- tion de travail ;
– l’appropriation et le de´veloppement par les fossoyeurs de ce dis- positif comme moyen de pre´venir les TMS.
T06-CO1-4
Les postes « cadre vert » ou comment le travail peut aider le lombalgique a` rester actif
J.-P. Meyer
INRS, Vandœuvre-Le`s-Nancy, France
La pre´vention des lombalgies marque le pas. La ne´cessaire pre´vention classique ne permet plus de re´duire sensiblement la dure´e, la fre´- quence et la gravite´ des lombalgies dont la chronicite´ devient une
pre´occupation majeure. Or, pour une re´cupe´ration optimale des patients lombalgiques, rester actif et limiter le repos apre`s un e´pisode lombalgique sont des acquis dans tous les consensus cliniques. Il s’agit, sous certaines conditions de soins, d’apprendre a` ge´rer les crises et d’e´viter le passage a` la chronicite´.
Dans ce contexte, l’activite´ professionnelle a un roˆle a` jouer et le travail peut/doit permettre au lombalgique de bouger de fac¸on adapte´e. L’INRS propose aux entreprises de baˆtir des postes « cadre vert » dont les conditions suppriment les contraintes physiques et psychosociales les plus ne´fastes pour le dos. Ces postes sont une re´ponse du versant professionnel aux exigences des consensus de soins de´veloppe´s depuis 15 ans. Le travail est une ne´cessite´ e´cono- mique et un e´le´ment important d’affirmation de soi et d’existence sociale et un outil majeur de remise en confiance pour pre´venir la lombalgie chronique. Ainsi, permettre au lombalgique de ne pas quitter l’entreprise ou la quitter le moins possible fait partie du traitement de la lombalgie. L’entreprise peut, en de´veloppant des postes « cadre vert », favoriser l’activite´ du lombalgique et participer a`
son traitement. Le « cadre vert » liste des limites de contraintes (manutention manuelle, efforts, travail physique, exposition aux vibrations, chutes, contraintes de temps) et de conditions d’accueil du lombalgique (progressivite´, e´coute, e´valuation. . .) applicables pen- dant une dure´e pre´de´termine´e. Les conditions et la mise en place de ces postes ont rec¸u l’accord des partenaires sociaux et sont de´crites dans un document officiel. Ces conditions doivent exister dans l’entreprise meˆme si le poste n’est pas occupe´ en continu pour pouvoir eˆtre propose´es instantane´ment au lombalgique. Pour jouer pleine- ment son roˆle de support the´rapeutique, les me´decins traitants devront eˆtre informe´s, par le me´decin du travail, de la possibilite´
de « cadre vert » dans l’entreprise de leur patient. Cette information permettra aux me´decins traitants de prendre en compte la compo- sante professionnelle dans le suivi de leurs patients. Par cette de´mar- che de relation privile´gie´e entre l’entreprise, les soignants et les salarie´s, il est possible de voir diminuer la part des pathologies chroniques.
Enfin, la mise en place de poste « cadre vert » demandera a` l’entreprise une re´flexion ge´ne´rale sur la sante´ au travail. Cette de´marche va inciter et aider l’entreprise a` rendre plus efficace la pre´vention dite primaire des lombalgies et l’amener a` de´passer le seul cadre des lombalgies.
T06-CO1-5
Actions de prise en charge de salarie´s et de pre´vention des TMS : deux exemples d’un service de sante´ au travail
A. Desarmenien*, P. Bidron Sante´ au travail 72, Le Mans, France
* Auteur correspondant.
Du fait de l’augmentation constante du nombre de TMS, de la pluralite´ des formes d’atteintes et de pathologies, et en raison de la dimension plurifactorielle de ce risque, les services de sante´ au travail sont tenus de de´velopper tout un panel d’actions.
Ainsi les e´quipes me´dicales et techniques du service sante´ au travail 72 ont mis en place diffe´rentes de´marches de pre´vention et de suivi me´dical et ce a` plusieurs niveaux. Deux actions sont particulie`rement a` retenir du fait de leur dimension plus innovante et de leur approche pluridisciplinaire : Action TMS 72, de´marche ST-MS (sante´ au travail – membre supe´rieur).
Action TMS 72.– Elle est mene´e en collaboration avec l’ARACT, la CRAM, l’inspection du travail et constitue un projet de pre´vention durable des TMS :
– pre´vention car il s’agit pour les entreprises, avec l’appui de consul- tant externe en ergonomie, d’identifier les facteurs de risques, d’e´la-
borer et de mettre en place des actions de re´duction de ces facteurs de risques et d’ame´lioration des conditions de travail ;
– durable car, dans l’entreprise, la de´marche de pre´vention se de´ploie sur 5 ans et que l’intervention des consultants vise a` des transferts de compe´tences, d’outils et de me´thodologie vers les acteurs de l’entre- prise (salarie´s, CHSCT, encadrement, direction. . .). Cette action concerne actuellement 3 entreprises de tailles et de secteurs diffe´- rents, 2 autres entreprises devant prochainement inte´grer le pro- gramme. Elle est pilote´e par un ergonome et un me´decin et implique les diffe´rents acteurs du service et des entreprises.
ST-MS.– S’inspirant du mode`le de Sherbrooke, cette prise en charge des salarie´s souffrant de TMS combine une prise en charge dans un centre de re´e´ducation et des interventions sur le poste de travail.
Le salarie´ adresse´ par le me´decin du travail ou le me´decin traitant be´ne´ficie d’une consultation pluridisciplinaire : me´decin de re´e´duca- tion, me´decin du travail, kine´sithe´rapeute, ergothe´rapeute, ergonome et psychologue du travail. Si le salarie´ est retenu dans le dispositif en fonction de crite`res me´dicaux et de caracte´ristiques de la situation de travail, il est pris en charge par le centre de re´e´ducation pour 4 semaines avec diffe´rents soins et ateliers. En amont et en aval des rencontres et des interventions de pre´vention et d’ame´nagement des situations de travail en entreprise ont lieu.
Ces actions structure´es viennent en comple´ment d’autres modes d’interventions des acteurs du service et permettent d’apporter leur aide aux entreprises dans la maıˆtrise du risque TMS. Ces 2 projets be´ne´ficieront d’une e´valuation de leur efficacite´ en vue de les ge´ne´- raliser.
T06-CO1-6
Hernie discale ope´re´e (HDO), quels sont les secteurs et professions a` cibler dans les campagnes de pre´vention ?
N. Fouqueta,*, C. Hab, Y. Roquelaurec, E. bordd, N. Surerd, A. Leclerce, M. Goldbergb, E. Imbernonb
aDe´partement sante´ travail, INVS – LEEST, Angers, France ;
bde´partement sante´ travail, INVS, Saint-Maurice, France ;claboratoire d’ergonomie et d’e´pide´miologie en sante´ au travail, unite´ associe´e INVS, UPRES EA 4336, universite´ d’Angers, Angers, France ;dCHU de Nantes, Nantes, France ;eInserm U687, Villejuif, France
* Auteur correspondant.
Objectif.– Confirmer l’association entre HDO et activite´ profession- nelle et e´valuer la contribution de celle-ci dans la survenue de cette pathologie.
Me´thodes.– Une surveillance e´pide´miologique de la HDO en popula- tion ge´ne´rale a e´te´ expe´rimente´e dans le principal centre de chirurgie rachidienne de Loire-Atlantique.
Du 1erjanvier 2002 au 31 de´cembre 2003, 272 patients, aˆge´s de 20 a`
59 ans et habitant la Loire-Atlantique, ont e´te´ ope´re´s d’une HDO dans ce centre. Un auto-questionnaire postal leur a e´te´ envoye´ afin de recueillir l’historique professionnel et me´dical.
Le risque relatif ajuste´ sur l’aˆge a permis d’estimer l’association entre HDO et activite´ professionnelle. La contribution des facteurs profes- sionnels (secteur d’activite´ et profession) a` la HDO a e´te´ quantifie´e par :
– la fraction de risque attribuable dans la population (Frap) aux facteurs professionnels qui repre´sente la proportion de cas observe´s dans la population qui serait e´vite´e si ces facteurs ne pre´sentaient pas d’exce`s de risque ;
– la fraction de risque attribuable chez les expose´s (Frae) qui repre´- sente la proportion de cas observe´s chez les sujets expose´s a` ces facteurs professionnels qui serait e´vite´e si ces facteurs ne pre´sen- taient pas d’exce`s de risque.
Re´sultats.– Parmi les 146 re´pondants, 80 % exerc¸aient une activite´
professionnelle l’anne´e de l’ope´ration.
Les secteurs d’activite´ associe´s a` un sur-risque de HDO e´taient la construction, le commerce de de´tail, les transports et la sante´-action sociale chez les hommes ; le commerce de de´tail, la sante´-action sociale et l’hoˆtellerie-restauration chez les femmes. Les Frap et Frae maximales e´taient associe´es a` l’hoˆtellerie-restauration chez les fem- mes (respectivement, 19 % et 90 %).
Les professions pre´sentant un exce`s de risque significatif e´taient, chez les hommes, les chauffeurs, les ouvriers non qualifie´s de type indus- triel et les ouvriers qualifie´s industriels et artisanaux et, chez les femmes, les employe´es civiles de la fonction publique, les professions interme´diaires d’entreprise et de la sante´ et du travail social, les employe´es de commerce et des services directs aux particuliers.
Conclusion.– Cette expe´rimentation s’est re´ve´le´e positive, notam- ment par la qualite´ de remplissage de la carrie`re professionnelle dans l’auto-questionnaire.
Elle fournit de nouvelles donne´es sur le risque de HDO attribuable a`
l’activite´ professionnelle ; le tiers des HDO chez les femmes et encore plus chez les hommes pourraient the´oriquement eˆtre e´vite´es par la mise en place de programmes de pre´vention efficients.
L’extension de cette e´tude a` l’ensemble des centres chirurgicaux de la re´gion est en cours et permettra de pre´ciser les re´sultats a` des niveaux plus de´taille´s des secteurs et des professions.
T06-CO2-1
E´valuation du dispositif re´gional de formation-action a`
la pre´vention des TMS
J. Albouya,*, P. Laurb, I. Mary-Cherayb
aDRTEFP, Orle´ans, France ;bARACT, Orle´ans, France
* Auteur correspondant.
Depuis 2003, un dispositif re´gional de formation-action a` la pre´ven- tion des TMS, conc¸u et anime´ dans le cadre d’un partenariat, par la DRTEFP, la CRAM et l’ARACT, est ope´rationnel en re´gion Centre, en collaboration avec les services de sante´ au travail.
Un retour d’expe´riences a e´te´ re´alise´ a` l’issue de six ans de mise en œuvre (2003–2008), aupre`s des participants ainsi qu’aupre`s des me´decins du travail des entreprises concerne´es.
La formation-action s’adresse aux salarie´s des entreprises de plus de 50 salarie´s dans lesquelles ont e´te´ reconnues plusieurs maladies professionnelles (n= 57) les cinq dernie`res anne´es.
L’objectif ge´ne´ral consiste a` ope´rer un transfert de compe´tences vers chaque stagiaire, appele´ a` devenir « chef de projet TMS » au sein de son entreprise. Chaque session, re´alise´e en interprofessionnel, regroupe au maximum 15 participants. La formation est constitue´e des trois modules non conse´cutifs, afin de permettre une e´laboration progressive du projet.
Sept sessions ont e´te´ re´alise´es regroupant 102 participants et 54 entre- prises, soit 23 % des entreprises cible. Cinquante pour cent des entreprises emploient moins de 250 salarie´s. Les participants occu- pent des fonctions diverses, avec une forte participation des services techniques.
L’e´valuation a` court terme a montre´ la satisfaction et l’impact de ces formations-action avec la mise en place d’actions concre`tes par 77 % des stagiaires. Quatre-vingt-dix pour cent des re´pondants conside`- rent que la formation re´pondait aux objectifs annonce´s. Soixante- dix pour cent pensent ne´anmoins ne´cessaire un appui post-forma- tion.
Une e´valuation a` moyen terme et a` distance a e´te´ re´alise´e a` l’aide d’un questionnaire adresse´ a` « deux familles de cible » : l’ensemble des participants depuis 2003 et les me´decins du travail qui suivaient en 2009 les entreprises concerne´es.
Le taux de re´ponse a e´te´ respectivement de 56 % et de 80 %.
La mise en place d’actions effectives de pre´vention est de 90 % pour les salarie´s et de 64 % pour les me´decins du travail, 50 % des actions
ont une dure´e permanente et concernent la transformation des conditions de travail, la structuration et la conduite du projet de pre´vention, ainsi que la connaissance de l’exposition aux TMS.
Les me´decins interroge´s ont fait part de l’impact positif de ce type de formation action permettant de re´duire le risque de TMS et de les aider a` faire passer un message de pre´vention.
En conclusion, meˆme si le nombre d’entreprises touche´es est modeste, une telle formation, qui re´unit plusieurs partenaires, permet de susciter des actions de pre´vention dans les entreprises et est utile pour e´laborer et conduire en interne un projet de pre´vention.
T06-CO2-2
Pre´vention des troubles musculosquelettiques aupre`s des aides-soignants dans les e´tablissements
d’he´bergement de personnes aˆge´es de´pendantes
J. Vidala,*, C. Dartusb, A.-F. Auterb, D. Benouaichb, P. Benedettib, E. Haehlingb, F. Harmandonb, C. Muratetb, E. Puechb, M.-P. Masb
aASTI, Toulouse, France ;bAMST, Toulouse, France
* Auteur correspondant.
Objectif.– Dans le secteur sanitaire et me´dicosocial, les troubles musculosquelettiques (TMS) contribuent fortement a` la pe´nibilite´
du travail et expliquent souvent un fort taux d’absente´isme et un turn-over du personnel, avec les conse´quences que l’on connaıˆt sur l’organisation et la prise en charge des re´sidents mais aussi sur le personnel soignant (restrictions me´dicales d’aptitude, douleurs et pathologies pouvant conduire a` des situations de handicap).
Compte tenu de l’augmentation et du de´veloppement continu de cette pathologie professionnelle et des conse´quences a` la fois pour les e´tablissements et les salarie´s, les me´decins du travail de l’AMST, en collaboration avec un ergonome de l’ASTI, ont souhaite´ mener une action de pre´vention des TMS au sein de quatre e´tablissements d’he´bergement pour personnes aˆge´es de´pendantes (EHPAD) de la re´gion toulousaine.
Me´thode.– L’action s’est organise´e en 3 e´tapes : pre´paration de l’action (e´laboration de grille de recueil par l’ergonome, rencontre ergonome–
me´decin du travail et chef d’e´tablissement), observation de 12 postes de travail couvrant les diffe´rentes plages horaires de chaque e´ta- blissement, restitution et re´daction d’un document de pre´vention des TMS.
Re´sultats.– Le travail des AS se caracte´rise par une grande varie´te´
d’activite´s qui sont a` la fois riches et complexes puisqu’elles font appel a` de multiples compe´tences en termes d’organisation, de technicite´ et de relationnel que ce soit au sein de l’e´quipe et entre professionnels mais aussi vis-a`-vis des re´sidents, alors meˆme que les AS sont souvent peu diploˆme´s.
Les AS ont un rythme de travail soutenu et doivent s’adapter au rythme de vie des re´sidents, ce qui demande une re´activite´ impor- tante et une gestion d’ale´as en continu (e´pide´mie, chute d’un re´si- dent, absence de colle`gue) avec des temps de re´cupe´ration effectifs plus courts et une tension qui s’installe.
Au cours de ces activite´s, les AS se retrouvent alors confronte´s a` un ensemble de facteurs de risque de TMS qui trouvent leur origine a` la fois dans l’organisation du travail, les e´quipements et leur utilisation mais aussi la configuration des locaux et le degre´ de de´pendance des re´sidents.
Conclusion.– L’action a permis de de´gager 7 fiches the´matiques rassemblant des pistes d’action qui mettent en e´vidence la ne´cessite´
d’agir de fac¸on globale pour pre´venir durablement les TMS que ce soit dans l’organisation et la gestion du temps de travail, la concep- tion et l’achat du mate´riel et des e´quipements, le syste`me de collaboration, la formation dispense´e aux salarie´s et l’accueil des nouveaux entrants.
T06-CO2-3
Du constat a` l’action : pre´vention des TMS dans le secteur de la proprete´
J. Albouya,*, A. Chalonsb, J. Guglielminab, G. Lerbutc
aDRTEFP, Orle´ans, France ;bAIPST 18, Bourges, France ;cCTIP, Lille, France
* Auteur correspondant.
Suite aux constatations me´dicales re´alise´es en 2006 par des me´decins du travail du Cher et a` partir de la synthe`se de ces pathologies saisies en informatique qui mettait en avant le secteur de la proprete´ comme gros pourvoyeur de troubles musculosquelettique, des actions de pre´vention concerte´es et pluridisciplinaires sur ce risque ont e´te´ mises en place, d’abord localement puis e´tendues au niveau national.
Me´thodologie.–
– le constat : en 2006, une e´tude statistique re´alise´e a` partir des donne´es inscrites dans les dossiers me´dicaux des salarie´s travaillant dans le secteur de la proprete´ a montre´ que 32 % des salarie´s du secteur pre´sentaient des TMS et que pour 12,6 % d’entre eux avaient e´te´ e´mises des restrictions d’aptitude ;
– les pre´venteurs re´gionaux et la branche professionnelle se sont mobilise´s face a` ce constat. La cre´ation d’un comite´ de pilotage re´gional comprenant des personnels du SST (me´decins et IPRP), des repre´sen- tants de la CRAM, de l’ARACT, de la branche professionnelle ainsi que le MIRTMO a permis d’e´laborer collectivement les suites a` donner ; – le comite´ a commandite´ une e´tude ergonomique re´alise´e par l’ergonome du SST et le technicien-ergonome du Centre technique international de la proprete´. Le rapport a permis au groupe d’e´laborer un plan d’action pre´cis et concret ;
– paralle`lement la DRTEFP commanditait un rapport de recherche sociologique sur les voies possibles d’ame´lioration des conditions de travail dans ce secteur, notamment en lien avec les donneurs d’ordre.
Plan d’action.–
– une formation de formateurs a e´te´ re´alise´e. L’objectif e´tait d’inte´- grer la proble´matique de pre´vention des TMS dans les stages techni- ques et manage´riaux re´alise´s par le centre de formation de la branche : l’INHI ;
– un guide technique a` destination des fournisseurs a e´te´ re´dige´ pour les sensibiliser au choix des mate´riels dans la proble´matique TMS ; – des plaquettes d’information spe´cifiques sur la pre´vention dans le secteur tertiaire ont e´te´ publie´es ;
– la fe´de´ration de la proprete´ au niveau national relaie l’action locale, en s’appropriant la proble´matique TMS et en initiant des actions concre`tes aussi bien de nature ergonomique qu’organisationnelle.
Re´sultats.– Ce travail montre comment a` partir de l’alerte donne´e par les me´decins du travail, et graˆce a` la mobilisation de tous les acteurs de pre´vention ainsi que des branches professionnelles, on peut mettre en place des actions pre´cises et concre`tes pour la pre´vention des TMS.
T06-CO2-4
De la pre´vention des TMS au management de la sante´
au travail dans l’entreprise
E. Tayara,*, C. Davidb, M. Vielb
aARACT des Pays de Loire, Beaucouze´, France ;bMSA de Maine et Loire, Angers, France
* Auteur correspondant.
Un projet de´partemental de pre´vention durable des TMS
Actuellement, la pre´vention des TMS reste difficile a` mettre en place pour les entreprises comme pour les pre´venteurs. Face a` ce constat et afin de trouver des re´ponses pertinentes sur le terrain, un projet de´partemental de pre´vention des TMS est ne´ en 2003 a` l’initiative de l’ARACT des Pays de Loire et du SMIA.
Il a pour finalite´ d’aider les entreprises a` surmonter les difficulte´s rencontre´es pour mettre en place des projets efficaces et pe´rennes. Il re´unit 6 entreprises volontaires dans un engagement pour 5 ans.
Parmi celles-ci, une entreprise agro-alimentaire relevant du re´gime MSA entreprend la de´marche accompagne´e par le me´decin du travail et le conseiller en pre´vention.
Les grandes lignes de cette intervention sont de´finies par le projet de´partemental : comite´ de pilotage, groupes de travail avec les ope´rateurs concerne´s et accompagnement par des consultants prive´s.
Le ressort essentiel du projet est de re´unir des acteurs pour e´changer sur la compre´hension des situations de travail.
Les re´sultats sur la pe´riode 2005–2009.
Des relations qui changent.
De nouvelles relations sociales s’installent entre colle`gues, techni- ciens et encadrants graˆce a` cette possibilite´ offerte d’e´changer des points de vue.
Un processus de de´cision qui se transforme.
Le groupe de travail produit son analyse sur la situation proble`me et pre´sente des propositions de solutions au comite´ de pilotage. Ceci pre´pare l’arbitrage du de´cideur.
Des changements techniques pour diminuer la pe´nibilite´.
Parmi ceux-ci, un investissement important est re´alise´ avec la cre´ation d’une passerelle mobile sur la chaıˆne d’abattage.
Les enseignements de la de´marche.
Une pratique fonde´e sur la coope´ration des acteurs.
Ce projet a pris forme graˆce a` la rencontre de quatre e´le´ments majeurs :
– des dirigeants sensibilise´s a` la pre´vention depuis plusieurs anne´es ; – un projet structure´ propose´ par l’ARACT ;
– l’intervention de consultants dans une approche globale de la sante´
au travail ;
– un accompagnement strate´gique entre pre´venteur et me´decin au sein de la MSA.
Une comple´mentarite´ entre les organismes de pre´vention.
La MSA seule peut accompagner dans la dure´e une entreprise mais ne peut pas offrir le cadre et les moyens du projet de´partemental.
L’ARACT peut e´laborer un tel projet et favoriser l’implication de diffe´- rents partenaires mais ne peut pas suivre une entreprise sur le long terme.
Une e´volution des roˆles pour le conseiller de pre´vention et le me´decin du travail.
Le conseiller de pre´vention et le me´decin du travail ont observe´ un de´placement de leur roˆle habituel d’expert en sante´ au travail vers celui d’intervenant du changement.
T06-CO2-5
Pre´vention des troubles musculosquelettiques dans les services d’aide a` la personne en Charente-Maritime, une action pluridisciplinaire et partenariale
J.-L. Pommiera,*, C. Brillouetb, M.-L. Cle´ment-Pastureaub, A. Clerfeuilleb, C. Gazeauc, J.-P. Joffred, A. Mansarta, D. Pecourte, W. Vitekf
aDRTEFP Poitou-Charentes, Poitiers, France ;bASTS, Jonzac, France ;
cinspection du travail, Saintes, France ;dAPAS, Rochefort, France ;
eCRAMCO, Limoges, France ;finspection du travail, La Rochelle, France
* Auteur correspondant.
Contexte.– Ce secteur d’activite´, qui se de´veloppe fortement, est ge´ne´rateur de nombreux risques professionnels au premier rang des- quels figurent les TMS. Les statistiques e´tablies par la Caisse re´gionale d’assurance maladie du Centre-Ouest (CRAMCO) refle`tent partielle- ment leur importance et leur e´volution. Dans ce contexte, il apparaıˆt que l’approche de la pre´vention des TMS doit s’inte´grer dans une
de´marche plus large de pre´vention base´e sur l’e´valuation des risques professionnels.
Le projet d’action.– En 2007 il est de´cide´, lors d’une re´union de coordination regroupant les diffe´rents acteurs de´partementaux de la pre´vention, d’engager sur ce secteur une action conjointe associant le service assurance risques professionnels de la CRAMCO, les services de sante´ au travail et l’inspection du travail.
L’objectif est d’initier la mise en place, dans chaque e´tablissement, d’une de´marche de pre´vention base´e sur l’e´valuation des risques professionnels.
Le de´roulement de l’action s’articule autour de quatre axes : la mesure du proble`me, base´e sur les statistiques de la CRAMCO, un e´tat des lieux des proble`mes de sante´ et de travail des salarie´s au moyen d’un questionnaire propose´ par les me´decins du travail, un e´tat des lieux de l’approche des risques professionnels par les employeurs au moyen d’un questionnaire adresse´ aux entreprises ; l’organisation de re´u- nions d’information et d’e´changes avec les directions et repre´sentants du personnel ainsi que des structures collectives pouvant s’inscrire dans cette de´marche (associations, syndicats, conseil ge´ne´ral, DDASS. . .) ; formation de personnes relais par le biais d’un stage de formation a` la pre´vention des risques professionnels anime´ par la CRAMCO ; le suivi et l’accompagnement des e´tablissements dans leur de´marche de pre´vention.
Re´sultats.– La cible de l’action repre´sente 68 e´tablissements et 2375 salarie´s pour les maisons de retraites (MR) et e´tablissements d’he´bergement de personnes aˆge´es de´pendantes (EHPAD), 46 e´tablis- sements et 1300 salarie´s pour l’aide a` domicile (AD).
Les re´unions d’information ont concerne´ pre`s de la moitie´ des e´ta- blissements d’he´bergement et pre`s de 40 % des structures d’aide a`
domicile, la formation respectivement 54 % et 50 %. Le questionnaire salarie´ (370 re´ponses) a pre´cise´ les atteintes articulaires s’accompa- gnant de geˆne dans le travail et les facteurs associe´s.
Conclusion.– Il ressort de cette action l’inte´reˆt d’une approche globale de la pre´vention des TMS, d’une action pluridisciplinaire et partena- riale dans laquelle les me´decins du travail et IPRP peuvent jouer un roˆle primordial dans le respect de leurs missions.
T06-CO2-6
Enqueˆte sur la repre´sentation des TMS aupre`s des dirigeants et salarie´s des entreprises artisanales du BTP
J. Messina
BTP Sante´ Pre´vention Centre Est, Villeurbanne, France
BTP Sante´ Pre´vention est une association qui fe´de`re 12 services de sante´
au travail du BTP en Rhoˆne-Alpes et qui a pour mission l’organisation d’actions collectives a` destination des entreprises artisanales.
Dans le BTP, les TMS repre´sentent un enjeu majeur humain essentiel en meˆme temps qu’un de´fi pour le de´veloppement de la branche professionnelle. Les solutions de pre´vention sont souvent connues par les salarie´s et les dirigeants, et sont pourtant, paradoxalement, peu applique´es. Devant cette incohe´rence, il nous a paru essentiel de mieux comprendre les raisons de cet e´tat de fait, qui de´pendent souvent essentiellement des repre´sentations, afin de mieux les contourner. C’est pourquoi, nous avons engage´ une enqueˆte de masse destine´e aux salarie´s et dirigeants des entreprises artisanales qui nous a permis de recueillir 1300 re´ponses. L’analyse de ces question- naires ouvre des perspectives d’actions de pre´vention tre`s inte´res- santes et ge´ne´ralement peu de´veloppe´es en meˆme temps qu’elle repe`re des populations cibles et supports.
Ce sont ces re´sultats d’enqueˆte que nous proposons de pre´senter qui ouvrent de nouvelles voies d’investigation ainsi que des fac¸ons diffe´rentes d’aborder cette proble´matique majeure de la sante´ au travail aujourd’hui.