• Aucun résultat trouvé

Disponible à / Available at permalink :

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Disponible à / Available at permalink :"

Copied!
254
0
0

Texte intégral

(1)

- - -

- - -

Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Coutsinas, N. (2008). Défenses crétoises: fortifications urbaines et défense du territoire en Crète aux époques classique et hellénistique (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres – Histoire, Arts et Archéologie, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/210510/18/50d13b39-47ed-4ca0-8f71-ddf42dfd781a.txt

(English version below)

Cette thèse de doctorat a été numérisée par l’Université libre de Bruxelles. L’auteur qui s’opposerait à sa mise en ligne dans DI-fusion est invité à prendre contact avec l’Université ([email protected]).

Dans le cas où une version électronique native de la thèse existe, l’Université ne peut garantir que la présente version numérisée soit identique à la version électronique native, ni qu’elle soit la version officielle définitive de la thèse.

DI-fusion, le Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles, recueille la production scientifique de l’Université, mise à disposition en libre accès autant que possible. Les œuvres accessibles dans DI-fusion sont protégées par la législation belge relative aux droits d'auteur et aux droits voisins. Toute personne peut, sans avoir à demander l’autorisation de l’auteur ou de l’ayant-droit, à des fins d’usage privé ou à des fins d’illustration de l’enseignement ou de recherche scientifique, dans la mesure justifiée par le but non lucratif poursuivi, lire, télécharger ou reproduire sur papier ou sur tout autre support, les articles ou des fragments d’autres œuvres, disponibles dans DI-fusion, pour autant que :

Le nom des auteurs, le titre et la référence bibliographique complète soient cités;

L’identifiant unique attribué aux métadonnées dans DI-fusion (permalink) soit indiqué;

Le contenu ne soit pas modifié.

L’œuvre ne peut être stockée dans une autre base de données dans le but d’y donner accès ; l’identifiant unique (permalink) indiqué ci-dessus doit toujours être utilisé pour donner accès à l’œuvre. Toute autre utilisation non mentionnée ci-dessus nécessite l’autorisation de l’auteur de l’œuvre ou de l’ayant droit.

--- English Version ---

This Ph.D. thesis has been digitized by Université libre de Bruxelles. The author who would disagree on its online availability in DI-fusion is invited to contact the University ([email protected]).

If a native electronic version of the thesis exists, the University can guarantee neither that the present digitized version is identical to the native electronic version, nor that it is the definitive official version of the thesis.

DI-fusion is the Institutional Repository of Université libre de Bruxelles; it collects the research output of the University, available on open access as much as possible. The works included in DI-fusion are protected by the Belgian legislation relating to authors’ rights and neighbouring rights.

Any user may, without prior permission from the authors or copyright owners, for private usage or for educational or scientific research purposes, to the extent justified by the non-profit activity, read, download or reproduce on paper or on any other media, the articles or fragments of other works, available in DI-fusion, provided:

The authors, title and full bibliographic details are credited in any copy;

The unique identifier (permalink) for the original metadata page in DI-fusion is indicated;

The content is not changed in any way.

It is not permitted to store the work in another database in order to provide access to it; the unique identifier (permalink) indicated above must always be used to provide access to the work. Any other use not mentioned above requires the authors’ or copyright owners’ permission.

(2)

Nadia COUTSINAS

DÉFENSES CRÉTOISES

FortiHcations urbaines et défense du territoire en Crète aux époques classique et hellénistique

V olume II : C atalogue

Thèse de doctorat de T Université

présentée en vue de l’obtention du grade académique de Docteur en Histoire, art et archéologie

Université Libre de Bruxelles (Paris I) & Didier VIVIERS (ULB)

00335S093

(3)

U niversité P aris I (Panthéon-Sorbonne) UFR d’Histoire de l’Art et d’Archéologie

U niversité L ibre de B ruxelles

Faculté de Philosophie et Lettres

Nadia COUTSINAS

DÉFENSES CRÉTOISES

Fortifications urbaines et défense du territoire en Crète aux époques classique et hellénistique

V olume II : C atalogue

\J - X

Thèse de doctorat de l’Université

présentée en vue de l’obtention du grade académique de Docteur en Histoire, art et archéologie

Sous la direction de : Alain SCHNAPP (Paris I) & Didier VIVIERS (ULB)

Soutenance ; 2008

(4)

CATALOGUE DES OUVRAGES DE DÉFENSE EN CRÈTE AUX ÉPOQUES CLASSIQUE ET HELLÉNISTIQUE

Ce catalogue comprend l’ensemble des ouvrages de défense crétois ayant été identifiés dans la bibliographie. Il n’est donc pas exhaustif et devrait être enrichi par les futures prospections. De manière arbitraire, les sites sont mentionnés d’est en ouest.

Concernant les dénominations ; le nom du village moderne est donné en premier, suivi de celui du lieu-dit où est situé l’ouvrage défensif, et non le contraire, comme cela se fait parfois et qui est une aberration étant donné le grand nombre de Kastri et Kephala qui ne peuvent qu’induire en erreur. Le nom du site antique a parfois été substitué à celui de l’ancien village. Afin de faciliter la compréhension de la bibliographie ancienne, il est néanmoins donné, suivi de la mention (anc.).

Enfin, est donné, lorsque celui-ci est connu, le nom de la cité antique correspondante, avec un point d’interrogation lorsque l’identification n’est pas unanimement acceptée^.

Les fiches descriptives suivent toutes le même plan : présentation régionale, présentation de la fortification dans son site (topographie du site, détermination du type de fortification, adaptation au terrain, dimensions générales), description de l’appareil (qui peut être soit générale à tout le site, soit adaptée à chaque élément), description particulière de chaque élément constitutif de la fortification, datation, bibliographie (les publications sont citées dans l’ordre chronologique de leur parution)^.

La plupart des sites fortifiés ont fait l’objet d’une observation personnelle sur le terrain, dont la date est mentionnée à la suite de la bibliographie.

Note : l’étude de terrain n’aurait jamais été possible sans la gentillesse des paysans et surtout des bergers crétois, mes guides, dont la profonde connaissance des montagnes, des vestiges et des lieux-dits est irremplaçable. La moyenne d’âge de mes interlocuteurs étant particulièrement élevée, il faut espérer que ce patrimoine ne se perde pas.

* Se reporter alors pour plus de détails au Catalogue des cités crétoises. Volume 1, Annexe.

^ Les références littéraires et épigraphiques pour chaque cités crétoises ont été commodément rassemblées par

N Pharaklas dans ime annexe in P

haraklas

1998, p. 184-201.

(5)

C

ataloguedesdéfenses

Les fortifications crétoises

2

(6)

Liste d’Est en Ouest :

1. Erimoupolis - Itanos 5

2. Territoire d’Itanos 29

3. Xerokampos, Pharmakokephalo - Ampelos 35

4. Xerokampos, Kastri-Ampelos ? 39

5. Koutsoulopetres, Kastri - Polichna 1 ? 43

6. Trypitos - Polichna 1 47

7. Sitia - Setaia 49

8. Liopetro - Petra 51

9. Mochlos 53

10. Azoria 59

11. Istro, Nisi Pandeleimon - Istron 61

12. Istro, Ginara 4 63

13. Messeleroi, Schinavria 11 - Oléros 65

14. Goulas (anc.) - Lato 67

15. Fortins de Lato 73

16. Flanc nord de l’Oxà 77

17. Kalos Lakkos, sommet de rOxà 81

18. Stis Pinès, Pyrgos 83

19. Hagios Antonios - Dréros 87

20. Limenas Chersonisou, Kastri - Chersonesos 91

21. Aphrati, Prophitis Ilias - Arkades ou Dattalla ? 93

22. Chondros, Roukouni Korphi 97

23. Keratokampos, Kastri 101

24. Makryteichos (anc.), Kephala - Cnossos 105

25. Prophi tis Ilias, Kani Kastelli (anc.) - Lykastos 11

26. Melidochori, Kastriotis - Hyrtaia 113

27. Prinias, Patela - Rhizenia 117

28. Hagioi Deka - Gortyne 121

29. Hagios loannis - Phaistos 131

30. Matala, Kastri - Matalon 137

31. Kommos, Vigies - Amyklaion ? 139

32. Axos - Axos 143

33. Archaia Elefthema, Prines - Eleuthema 145

34. Thronos, Kephala - Sybrita 153

35. Pantanassa, Kastri - Osmida ? 157

36. Pantanassa, Veni Korphi - Osmida ? 161

37. Goulediana, Onithe - Phalanna ? 163

38. Koxare, Ampelos - Kourtolia 167

(7)

C

ataloguedesdéfenses

39. Kerames, Pyrgos et Kionia - Bionnos 169

40. Argyroupoli - Lappa 171

41. Anopolis - Anopolis 173

42. Tours d'Anopolis 175

43. Megala Choraphia, Palaiokastro (anc.) - Aptera 177

44. Sternes, Limni 183

45. Chania, Kasteli - Kydonia 187

46. Debla 191

47. Meskla - Keraia 193

48. Forts de Keraia 195

49. Rodovani, Kephala - Elyros 197

50. Temenia, Kastri - Hyrtakina 199

51. Kadros, Prophitis Ilias - Kantanos 201

52. Kontokynigi - Pelkis 203

53. Vlithias 205

54. Gianakiana et Spaniakos 209

55. Anhydroi, Kastraki 211

56. Palaiochora, Loutra 215

57. Epano Palaiokastro (anc.) - Polyrrhenia 217

58. Cap Koutri - Phalasama 221

59. Les « Kastri » de Pendlebury 229

60. Malia 231

61. Gavdos, Kephala 233

Table des illustrations 235

4

(8)

1. E rimoupolis - Itanos

tours isolées & enceintes

Depuis 1994, le site fait l’objet d’un programme d’exploration de la ville et de ses environs. La fouille du centre urbain a eu lieu principalement entre 1995 et 1999.

Parallèlement était effectuée une prospection du territoire qui s’est poursuivie jusqu’en 2005.

Les résultats préliminaires en sont publiés sur internet depuis novembre 2006 à l’adresse http://webefa.efa.gr/prospection-itanos/.

Sous la direction de l’École française d’Athènes et de rivaxixouTO MeCToyeiaKCOV S

tiouôoov

de Réthymnon (Crète), la recherche à Itanos est le fruit d’une collaboration internationale entre les universités de Paris I et Paris VIII, l’Université Libre de Bruxelles, ristituto Universitario Orientale di Napoli,

1. Itanos : l’acropole Est depuis la colline Sud

plusieurs laboratoires du CNRS ainsi que le noXuTEXveio KprÎTriç. Depuis 1999, la 24* Éphorie des antiquités préhistoriques et classiques de Crète orientale (KA’ EIIKA) est également associée au projet*.

2. Le flanc Ouest du rempart sur la colline Sud

(9)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

! BAl£

worou

The. De CANDIE

|«'/4'ftr t/'enu

BAIE ,B.P.WTi,

ASrCIKÎJSE ETERA?

1<!VW par JkR BROOKEK dr la Uhrme AncliJ«r

1B53.

VAXEj

3. Relevé archéologique et bathymétrique des baies d’Erimoupolis et de Vaï

6

(10)

4. Vue aérienne du site d’Itanos

Situation et site (éparchie de Sitia)

À la pointe extrême-orientale de la Crète, le Cap Sidero (Samonion dans l’Antiquité), au lieu-dit Erimoupolis, au nord de la baie de Grandes, la cité d’Itanos occupe une baie orientée vers l’est connue depuis l’Antiquité par les marins pour la protection qu’elle offre (fig. 1)2. À ce propos, le premier relevé de la baie dont nous disjxjsons a été effectué en 1853 par E. W. Brooker, de la Marine anglaise pour le dépôt des cartes et plans de la Marine (fig. 3).

Le site de la ville est constitué de deux

acropoles, l’une occidentale, de forme circulaire, et l’autre orientale, de forme allongée et d’orientation générale nord-ouest/

sud-est, en partie effondrée à l’est dans la mer (fig. 4, 5). Le site est délimité au nord et au sud par deux collines. Sur la colline Nord se trouve la nécropole, dont l’usage est attesté de l’époque archaïque à l’époque hellénistique^.

Entre les deux acropoles s’étend un quartier

d’habitation dont une partie a été fouillée, à

l’ouest de l’acropole Est'*. Au sud-ouest de cette

acropole se trouve la basilique paléochrétienne

(11)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

8

(12)

dite A (fig. 6)5, à laquelle fait face, de l’autre côté de la baie, la basilique B (lig. 7) et trois chapelles, situées au pied de la colline Sud (61 m d’altitude).

La fortification la plus impressionnante du site est sans conteste la grande enceinte située sur la colline Sud. Elle est le premier élément repérable quand on approche Itanos par l’unique route venant du sud (fig. 2). Outre les basiliques, T. A. B. Spratt ne manque pas de la mentionner :

« Over the Southern bay, the remains ofCyclopean walls of some extent are seen ascending the hills there, and they show the more ancient bounds of the City in that direction »^.

Mais les acropoles Est et Ouest portent également des vestiges d’ouvrages défensifs qu’il faut prendre en compte.

Matériaux de construction et carrières'^

Les pierres utilisées à Itanos sont de quatre types ; des calcaires gris et jaune-orangé, et les pierres appelées localement sideroptera et ammouda.

L’ensemble de la zone a pour substrat géologique la nappe des phyllites-quarzites dont les roches sont les schistes. Y sont intercalées des couches épaisses de calcaires cristallins dolomitisés, qui sont les calcaires gris utilisés pour certaines parties du rempart (fig. 8).

Associés à cette formation sont des ankérites, des dolomies cristallines ferrugineuses qui donnent les blocs jaunes-orangés du rempart.

6. La basilique A depuis le nord-est

7. Vue aérienne de la basilique B

8. Bloc de calcaire gris du flanc Ouest avec traces

d’extraction

(13)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

9. Détail d’un bloc de sideroptera de la basilique A avec bandeau d’anathyrose et traces d’outils

10. Détail de la carrière d’anunouda sur la plage de la nécropole

11. Détail du mur de terrasse de l’acropole ouest

L’enceinte utilise ces roches sur lesquelles elle est fondée.

Les monuments les plus prestigieux (le narthex de la basilique A, la grande tombe de la nécropole, le mur de soutènement de l’acropole Ouest) sont construits en sideroptera, un calcaire gris sombre très fin qui provient de carrières situées au nord de la presqu’île, à l’ouest du cap Sideros (fig. 9). Ces calcaires non métamorphiques appartiennent à la nappe de Tripolitza.

Enfin, les ammouda sont des calcaires détritiques (calcarénites) de plage qui peuvent être très récents et dont les carrières sont très dispersées. Il y en a notamment une au nord de la plage dite “de la nécropole” dont une partie est aujourd’hui immergée (fig. 10).

A. L’acropole occidentale

Sur le flanc Nord de l’acropole Ouest, un impressionnant mur de terrasse en appareil trapézoïdal isodome n’a pas manqué d’être mentionné par T. A. B. Spratt^ et L. Mariani^

(fig. 11, 12), et c’est, avec les basiliques et la fortification de la colline Sud, l’un des vestiges les plus marquants du site d’Itanos.

Mais une probable enceinte de la colline a laissé des traces plus subtiles. Sur le flanc Ouest de l’acropole Ouest se trouvait un mur d’orientation Nord-Sud. Un unique bloc d’ammouda est encore en place au pied de la

10

(14)

12. Le mur de terrasse au nord de l’acropole Ouest

colline au nord (fig. 13). Le reste du mur a disparu mais son tracé peut être suivi sur plusieurs mètres grâce au lit de pose des blocs qui a été creusé dans le rocher de fondation (fig. 14). Cet élément n’est pas rare dans les tracés d’enceinte lorsque le rocher affleure, sachant que pour des raisons évidentes de stabilité les constructeurs ont toujours cherché à fonder les fortifications sur la roche naturelle.

Faut-il donc y voir la trace d’une enceinte indépendante sur l’acropole Ouest ? Je penche pour cette hypothèse. 11 est vrai néanmoins que rien ne permet de supposer que le bloc d’ammouda situé dans l’alignement du tracé

« en négatif » soit réellement in situ et donc qu’il ait appartenu à ce mur. Faut-il plutôt y voir l’extension vers l’Ouest du mur de soutènement situé au Nord de l’acropole ? Je n’en suis pas très convaincue, d’autant plus que l’orientation générale de notre tracé diffère de celle des deux murs de retour de ce dernier.

13. Mur en négatif de l’acropole Ouest : le bloc d’ammouda

14. Mur en négatif de l’acropole

Ouest : lit de pose dans le rocher

(15)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

15. Enceinte de l’acropole Est depuis le sud

16. Enceinte de l’acropole Est depuis l’ouest

17. La tour Nord de l’acropole Est depuis le sud

B. L’acropole orientale

1. L’enceinte de l’acropole orientale Au cours des fouilles de la basilique A, on a dégagé au sud-ouest de l’acropole Est plusieurs murs construits en larges blocs d’ammouda à joints vifs (fig. 15,16)Leur plan reconstitué forme un carré de 4,60 m de côté. Il s’agit très certainement d’une tour faisant partie d’une enceinte indépendante qui devait ceindre la colline. A.-J. Reinach en 1911 a effectué plusieurs sondages sur le site et a notamment mis au jour au sud de l’acropole orientale une porte qui pourrait appartenir à cette enceinte^^.

La perturbation stratigraphique du secteur ne permet malheureusement pas de préciser la chronologie de ces murs. L’appareil suggère une datation antérieure à l’époque romaine, mais rien de plus précis. Si le mur en négatif de l’acropole Ouest était bien une enceinte indépendante et était bien en blocs d’ammouda, les deux acropoles d’Itanos pourraient avoir été séparément encloses, peut-être à la même époque.

2. Les tours isolées

Sur l’acropole orientale se trouvent également deux petites structures carrées, à joints secs, construites en petits moellons de calcaire, sideropetra et ammouda. Elles sont placées au Nord (fig. 17) et au Sud (fig. 18) de l’acropole, chacune surplombant l’une des deux

12

(16)

baies qui l’encadrent. La tour Nord mesure 3,4 X 2,9 m et la tour Sud environ 4,2 m de côté. Il me semble qu’il s’agit là de tours de guet ayant pour fonction de surveiller l’approche maritime de la ville.

Il existe une troisième tour semblable, à l’ouest de l’acropole Ouest (fig. 19), le long de la route moderne menant au site, qui correspond probablement à la route antique menant à Itanos depuis le Sud. Elle est de dimensions similaires aux deux tours de l’acropole Est et mesure 3,2 x 2,9 m de côté.

Il apparaît ainsi qu’à une certaine période Itanos disposait d’un réseau défensif destiné à protéger l’approche maritime et terrestre de la ville. La technique de construction n’utilisant pas de mortier ni de briques, ces tours sont nécessairement antérieures à l’époque romaine.

Il est fort possible qu’elles datent de l’époque hellénistique, au moment où une garnison lagide s’est installé à Itanos, à la suite, entre autres, de menaces de la part d’une voisine, probablement Praisos. On peut imaginer alors une surveillance et une protection maximale de la ville contre toute approche extérieure.

C. L’enceinte de la colline Sud

1. Tracé

La fortification est conservée inégalement sur ses quatre côtés (fig. 5, 20). Le tracé irrégulier, grossièrement polygonal, suit les

18. La tour Sud de l’acropole Est depuis le sud

19. La tour à l’ouest de la ville depuis le nord

(17)

C

ataix

)

guedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

20. Vue aérienne de la colline Sud

pentes de la colline. Aux angles sont placées des tours. Il s’agit de l’une des rares enceintes crétoises dont le tracé puisse être suivi sur sa quasi totalité. Seule une ou deux assises sont généralement visibles, de sorte que la hauteur préservée dépend de la taille des blocs utilisés, de quelques centimètres à un mètre.

Le flanc Ouest, le mieux préservé, mesure 224 m de longueur (fig. 21). Il suit la pente de la colline jusqu’à la terrasse supérieure. Son tracé est d’abord droit, sur environ 170 m, puis décrit deux crémaillères, déterminant deux tronçons

de 28 m chacun, ouvertes au nord du côté de la pente. Il se termine par une tour carrée, que nous appellerons Sud-Ouest.

Le flanc Sud est situé sur la terrasse supérieure de la colline. Il monte légèrement vers l’est jusqu’au sommet de la colline où est placée la tour qui protège la jointure avec le flanc Est (la tour Sud-Est). Son tracé présente en son milieu un large décrochement vers le sud, déterminant deux parties de 120 m, à l’ouest, et 90 m, à l’est. La partie Ouest présente trois crémaillères, déterminant quatre tronçons, respectivement - d’ouest en est - de 23, 26, 30

14

(18)

et 30 m. Dans la partie Est, les deux tronçons mesurent respectivement 30 et 66 m. Toutes ces crémaillères sont ouvertes vers l’ouest.

Le flanc Est est le moins bien conservé. Son tracé peut être suivi non sans difficultés sur environ 180 m. Le rempart se dirige au nord- est vers la mer, jusqu’à une tour (Nord-Est), au- delà de laquelle nous perdons sa trace. Son tracé comporte deux crémaillères, déterminant deux tronçons, respectivement - du sud au nord - de 28 et 56 m. Paradoxalement, la crémaillère Nord présente un très faible ressaut vers l’extérieur et semble plus ouverte à l’ouest, vers l’intérieur de l’enceinte. Après 32 mètres vers le nord, le mur présente un léger changement de direction créant un angle vers l’est.

La situation au nord est plus complexe. On a d’abord imaginé que le mur - dont on perd la trace à l’ouest dans le bas de la pente - se px)ursuivait vers le nord, englobant la dépression située en contrebas de la colline ainsi que les deux acropoles, c’est-à-dire le centre urbain de la ville. Afin de vérifier cette hypothèse, un sondage a été implanté dans l’axe théorique du prolongement de la courtine dans la plaine^^

Aucune structure n’a été dégagée. En revanche, au bas de la colline Sud, un mur de même facture que le flanc occidental semble constituer le flanc Nord du rempart. Conservé seulement par intervalles, il est possible de le suivre sur environ 140 m. Son tracé est hautement hypothétique.

21. Le flanc Ouest de l’enceinte de la colline Sud depuis le sud et la plaine d’Itanos

22. Vue du flanc Ouest de l’enceinte depuis le sud

(19)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

23. Crémaillère Nord du flanc Ouest depuis le nord

24. Crémaillère Nord du flanc Ouest depuis le sud

25. L’appareil cyclopéen du flanc Ouest

Le tracé à crémaillères est une méthode de flanquement des courtines alternative aux tours (fig. 23, 24). L’utilisation des redans constitue une économie de temps et de moyens dans la construction d’une enceinte. Entre deux redans, la longueur des courtines est généralement de 20 à 30 m, ce qui correspond à la portée moyenne des armes de jet*^.

2. Les courtines

Les courtines sont construites selon la technique du double parement avec remplissage interne, constitué d’un mélange de terre et de petites pierres.

a) Les flancs Ouest et Nord

Les flancs Ouest et Nord sont directement fondés sur une roche calcaire jaune qui affleure et qui a servi de carrière pour leur construction (flg. 22). À l’est et à l’ouest du flanc Ouest, le rocher a été aplani et présente des marques d’extraction. Les gros blocs ont simplement été détachés du rocher et placés tels quels dans le rempart. Seul leur parement externe a été grossièrement taillé. L’appareil est donc très irrégulier et a été qualifié pour cette portion de l’enceinte de « cyclopéen », en raison de la dimension des blocs, bien que ce terme soit généralement utilisé pour les constructions protohistoriques (fig. 25)i^. L’élévation a entièrement disparu. Ces gros blocs forment la base de la fortification et sont probablement

16

(20)

encore en place parce qu’ils sont trop gros pour pouvoir être transportés, comme cela a été le cas pour les blocs des autres parties de l’enceinte, préservées uniquement au niveau du sol.

b) Les flancs Sud et Est

Les flancs Sud et Est présentent un aspect fort différent car ils sont construits en moellons (fig. 26, 27). Ceci s’explique peut-être par leur éloignement de la carrière, de petits blocs étant plus aisés à transporter. Cette fois, le calcaire jaune et gris a été utilisé en proportions égales. Sur une bande de plusieurs mètres le long de ces flancs, de très nombreux éclats de pierres laissent à penser que des tailles ont été effectuées sur place, soit lors de la constmction du rempart, soit ultérieurement, lors du remploi de ses blocs, retaillés alors en moellons plus petits. En effet, la fortification a probablement servi de carrière à l’époque romaine et/ou paléochrétienne. À l’est de la fortification, sur la pente de la colline qui descend vers la mer, on a repéré les vestiges d’une occupation tardive du site. Ces quelques habitats isolés, dont plusieurs sont directement accolés au rempart, et surtout les terrasses de culture qui leur sont associées, ont très probablement été construits avec les pierres de la fortification à l’époque romaine ou paléochrétienne^^.

26. Le flanc Sud de l’enceinte

27. Autre vue du flanc Sud depuis la tour Sud-

Ouest

(21)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

28. La tour Sud-Ouest depuis l’ouest

29. Le bloc d’angle Sud-Ouest de la tour Sud-Ouest

3. Les tours

a) Les tours Sud-Ouest et Sud-Est

LestoursSud-OuestetSud-Estneressemblent en rien, par leur appareil et le matériau utilisé, aux murs de courtine. Ce sont des tours de plan grossièrement carré, la première mesurant 6,5 x 5,5 m et la seconde 5 x 5 m.

Les tours Sud-Ouest et Sud-Est sont construites en moellons de calcaire gris à veines blanches soigneusement appareillés (fig. 28, 33). Le parement des blocs est sommairement taillé, la face postérieure simplement dégrossie, en revanche, les faces de joints ainsi que les lits de pose et d’attente sont piquetés à la pointe. Un bloc d’angle avec ciselure est encore en place à l’angle sud-ouest de la tour Sud-Ouest (fig. 29).

L’une des carrières qui a servi à la construction des tours a été découverte à 50 m au sud de cette tour. Y ont été trouvés des blocs avec ciselure d’angle identiques à ceux trouvés dans la tour ou aux alentours de celle-ci.

La tour Sud-Ouest est le seul point de la fortification d’Itanos à avoir fait l’objet d’une fouille (fig. 30)1^. Trois sondages ont été implantés ; le premier à l’ouest à l’extérieur de la fortification et de la tour, le deuxième à l’intérieur de la tour, dans son angle nord-ouest, le troisième à l’intérieur de la fortification, dans son angle sud-ouest. Ces sondages ont permis de confirmer que la tour était directement fondée sur le rocher et structurellement liaisonnée à 30. Plan de la tour Sud-Ouest et indication des

sondages effectués

18

(22)

la courtine Ouest du rempart. À l’intérieur, un remblai de terre jaune argileuse représente soit le remplissage de la tour (ce qui est la structure courante avant l’apparition de l’artillerie de siège), soit l’effondrement d’une éventuelle élévation en briques crues. Cependant, aucun élément ne permet d’étendre cette dernière hypothèse à l’ensemble du rempart.

Par leur appareil et le matériau utilisé, les deux tours Sud contrastent avec le reste de la fortification. Faut-il y voir un choix esthétique, un choix pratique (la carrière de calcaire gris est la plus proche des tours), ou la marque d’une phase de construction postérieure à celle des courtines ? Il me semble qu’il faut éliminer les deux premières hypothèses. Si la proximité de la carrière de calcaire gris était la seule raison, pourquoi alors ne pas avoir utilisé ce matériau pour l’ensemble du flanc Sud ? Il me semble qu’il faut plutôt privilégier la dernière hypothèse. Les tours Sud-Est et Sud-Ouest ont sans aucun doute été construites en même temps. Or, la première est clairement accolée (fig. 34) alors que la seconde est liaisonnée au rempart. C’est que cet angle de l’enceinte a

31. La tour Sud-Ouest (à droite) et l’extrémité Nord du flanc Ouest de l’enceinte depuis l’ouest

32. Détail de l’appareil de la tour Sud-Ouest depuis l’ouest

33. La tour Sud-Est depuis l’ouest

34. L’angle Nord-Ouest de la tour Sud-Est

avec le flanc Sud de l’enceinte

(23)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

35. La tour Nord-Est depuis le sud

36. La tour Nord-Est, en surplomb de la mer

37. La tour Nord-Ouest depuis le nord

probablement été reconstruit au même moment que la tour. En effet, les huit derniers mètres du flanc Ouest vers la tour ne sont pas construits en blocs cyclopéens de calcaire jaune mais avec le même matériau et le même appareil que la tour Sud-Ouest, ce qui ne peut pas être un simple hasard (fig. 31). Faut-il considérer que dans une première phase l’enceinte ne présentait pas de tours aux angles ? ou que celles-ci ayant été détruites, lors d’un assaut, il a été nécessaire à un moment de les reconstruire ? La question reste ouverte.

b) La tour Nord-Est

Enfin, la tour Nord-Est est construite en gros blocs de calcaire gris (fig. 35, 36). Vers le nord, le tracé de l’enceinte n’est plus visible. On peut logiquement supposer que la tour était située à un angle et qu’à partir de celle-ci le mur se dirigeait vers le bas de la pente au nord-ouest.

c) La tour Nord-Ouesti^

Une quatrième tour se distingue en tous points des trois autres (fig. 37). Placée à l’intérieur de l’enceinte, elle n’est pas accolée au mur de courtine. Ses dimensions (en mètres) sont ; 3,4 (nord) x 3,7 (ouest) x 3,6 (sud). Le côté Est n’est pas conservé.

Située à moins de dix mètres en contrebas de la crémaillère nord du flanc Ouest, sa construction semble avoir été dictée par une urgence nécessitant un renforcement de cette

20

(24)

portion du rempart. Il faut peut-être lier cet épisode à la tranchée - large d’une dizaine de mètres - qui existe, le long de la moitié nord du flanc ouest, dans l’intérieur de l’enceinte, d’où ont pu être extraits des matériaux de construction du rempart*^. Une tranchée-carrière à l’intérieur même de l’enceinte ne peut s’expliquer que dans des circonstances ne permettant pas l’approvisionnement en matériau à l’extérieur ou en moins dans un endroit plus éloigné du mur de courtine, en effet, elle crée ainsi un obstacle mal venu pour les défenseurs. Il est fort possible que lors d’une attaque il ait fallu rapidement renforcer cette portion du rempart.

4. L’intérieur de l’enceinte

À l’intérieur de la fortification, aucun vestige de maisons n’est visible. Cela laisse à penser que la ville ne s’étendait pas sur la colline Sud et que l’enceinte n’englobait pas le centre urbain.

Cela n’exclut cependant pas la présence d’un habitat plus lâche.

Dans l’angle Sud-Est, ont été repérés les restes très mal conservés d’une construction quadrangulaire (38 x 32 x 42 x 36 m). Il s’agit d’une sorte d’enceinte dans l’enceinte, contenant elle-même un bâtiment ( 10 x 6 m), éléments qui font fortement penser à une forteresse, destinée à une garnison permanente (fig. 38, 39).

Au bas de lacolline, il semble y avoir une autre construction^^. On distingue parfaitement un mur de direction nord-sud constitué de gros blocs

38. Bâtiment central du « phrourion » depuis le sud

39. L’angle Nord-Est du bâtiment central du

« phrourion » depuis le nord

(25)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

40. Mur nord-sud du bâtiment au bas de la colline Sud

41. Vue aérienne du décrochement Sud

rectangulaires de calcaire jaune soigneusement taillés (fig. 40). La construction semble bien plus soignée que celle de l’enceinte. Il pourrait s’agir d’un bâtiment destiné à protéger le côté Nord de la colline et à surveiller un probable accès depuis la plaine. Il se trouve d’ailleurs à quelques mètres à l’est de la poteme^o.

5. Les accès : routes et portes

a) Les portes

Le large décrochement du flanc Sud de la fortification pourrait marquer l’emplacement d’un accès (fig. 41, 42). Bien que les portes soient généralement protégées par des tours ou des bastions, un simple décrochement peut suffire à la défense de l’entrée^^. C’est le choix qui a été fait à Itanos. L’entrée devait se trouver sur la portion ouest du flanc Sud. En effet, les attaquants cherchant à pénétrer dans l’enceinte présentent ainsi nécessairement au mur en décrochement leur côté droit, le plus vulnérable puisqu’il n’est pas protégé par leur bouclier. C’est pourquoi ces décrochements sont généralement situés à droite de l’entrée22.

De plus, à l’ouest de ce décrochement central, à environ six mètres du redan occidental le plus proche, accolé à la fortification, part un mur de construction très médiocre, constitué de gros blocs bruts de calcaire gris, dont une seule assise est conservée. Il se dirige vers le sud, d’abord en ligne droite (avec un léger

22

(26)

changement de direction vers l’est après son premier tiers), avant d’effectuer un premier décrochement vers l’est puis un second, ce qui l’amène à rejoindre le rempart méridional au niveau du départ de son tronçon Est. Ce dispositif semble très proche d’une sorte de sas.

II pourrait s’agir d’une avant-cour de protection de l’accès à la fortification^. Cependant, étant donné sa conservation plus que médiocre et en l’absence de fouilles, il est difficile de déterminer quel est le lien exact de ce dispositif avec le rempart et quelle est sa chronologie. Il n’est pas nécessairement contemporain de son usage comme ouvrage défensif.

Enfin, il est à noter qu’une inscription du milieu du iii® siècle mentionne une porte d’Itanos :

éôo^exaï PouXaî xai xai 8KKÀ,T|CT(ai. iapov xépevoç îôpuaacSai xov Tiapdôiaov xov Tcpoç xai TTuXxxi PaaiX.écoç flxo^paiou xai PaaiX,{CTaaç- Bepevixaç xàç xto Pa0iAi(oç nxoX,e|xa{cû Kai yxtvaxKÔç. ©uoei ôè à Tio^iç Kttx’ èviauxov xoîç yeveSXioiç PaaiXcî ITxoXÆpaicûi Kcà PaaiXiaaai BepeviKtti Ktti ôpopov CTUvxeXiaovxi.^^

Il s’agit d’un texte détaillant les dispositions pri ses parla ci té d ’ I tanos afin d ’ honorer Ptolémée III Évergète et son épouse Bérénice II. Il prévoit un sacrifice annuel à la date anniversaire du roi, l’organisation d’un concours de course, ainsi que la consécration en enceinte sacrée du

« jardin proche de la porte ».

42. Les rares blocs du mur qui ferme le décrochement Sud. On distingue à l’arrière plan le flanc Sud

43. Vue aérieime du flanc Ouest de l’enceinte

(27)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

44. Poterne du flanc Nord depuis le nord

45. Le chemin protégé au sud de la tour Sud-Est vu depuis le nord

b) La poterne

En contrebas de la colline Sud, à l’endroit de son avancée maximale vers le nord, se trouve ce qui est probablement une poterne (fig. 44)^5. H s’agit d’un escalier d’un peu plus d’un mètre de large dont trois marches sont identifiables.

c) Les routes

Deux routes menant au rempart ont été repérées : l’une longe la courtine occidentale, en contrebas, l’autre part du flanc Sud du rempart^^ en direction de l’ouest, et passe au pied de l’éminence sur laquelle s’élevait la tour sud-ouest, endroit à partir duquel on perd sa trace. 11 n’a pas été possible de déterminer si ces deux routes étaient reliées.

De plus, au sud de la tour Sud-Est débute ce qui semble être un chemin protégé, délimité de part et d’autre par des pierres dressées (fig. 45).

Situé sur la crête de la colline Sud, il se dirige vers la vallée de Vaï.

6. Datation

Les éléments permettant une datation de cette enceinte sont limités et très peu précis.

Précisons ici avant tout qu’aucune chronologie précise ne peut être déduite de l’appareil - à pierres brutes ou à moellons pour les courtines et polygonal fruste pour les tours - , ni non plus de l’usage de la ciselure d’angle.

Cet élément purement technique, apparu à la

24

(28)

fin du V' siècle et servant à assurer l’alignement vertical des blocs, ne peut en aucun cas être utilisé comme critère de datation^"?.

Au cours de la prospection de la colline Sud on a ramassé des tessons hellénistiques à vernis noir ainsi qu’un fragment de cratère en cloche attique du iv' siècle.

Au cours de la fouille de la tour Sud-Ouest, quelques tessons ont été mis au jour (fig. 46).

Une étude préliminaire semble indiquer qu’ils datent de la fin de l’époque classique et du début de l’époque hellénistique. Mais il y a également des tessons romains dans le lot. De fait la stratigraphie ne permet pas d’établir un lien précis avec la fortification et par conséquent la céramique ne constitue pas un indice définitif.

Restent les indices structurels. Il a été noté que la tour Sud-Est était accolée au rempart.

Cette autonomie structurelle est conseillée par Philon de Byzance^ et devient de plus en plus courante à partir du iv® siècle. Elle consiste à désolidariser les structures des tours et des courtines, de sorte que la destruction des unes n’entraîne pas automatiquement celle des autres. Auparavant, ce type de problème était peu à craindre car il n’existait pas de machine d’artillerie capable de mettre en danger la solidité des enceintes. Mais la question des tours à Itanos est problématique et elles ne peuvent être utilisées pour dater l’ensemble de la fortification.

L’élément de datation le plus sûr est le tracé

à crémaillères (fig. 43). En effet, il semble généralement accepté que celui-ci apparaît environ au milieu du iv' siècle av. J.-C.^^.

Pour Y. Garlan, les crémaillères ayant pour but de se substituer aux tours de flanquement ne sont utilisées qu’entre 360 et 240 av. J.-C, avec une évolution en type « bastionné » à partir du dernier quart du iv' siècle en raison du développement de l’artillerie de siège^°. Cette chronologie se rapproche de celle établie par R E. Winter, qui donne la période 375 à 250 av.

J.-C.31

Tous ces éléments impliquent une datation grossièrement comprise entre le milieu du

IV' siècle et le milieu du iii' siècle, sans qu’il soit possible d’être plus précis. Les tours semblent appartenir à une seconde phase de construction par rapport aux courtines.

S

pratt

1865, I p. 192-199, 235-238 ; M

ariant

1895, p. 312-318; P

enduebury

et alii 1932-1933, p. 97-98 ; G

allet de

S

anterre

1951, D. J. Blackman, PECS, p. 420-421 ; G

uy

1994 ; K

alpaxis

et alii 1995, p. 730- 731 ; G

reco

et alii 1996, p. 949 ; G

reco

et alii 1998, p. 597-599.

Collaboration à la fouille du site puis à la prospection du

territoire depuis 1995.

(29)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

46. La céramique provenant de la fouille de la tour Sud-Ouest

26

(30)

* Pour une brève présentation de l’histoire des fouilles précédentes sur le site d’Itanos, voir K

auaxis

et

alu 1995, p. 717.

2 G

uy

2007, p. 2-6.

^ G

reco

et alu 1997, p. 818 ; G

reco

et alii 2000, p. 549-555.

C

arando

, X

anthopoulou

2006.

^ K

alpaxis

et alii 1995, p. 720-728.

^ S

pratt

1865,1 p. 194.

^ Je remercie Max Guy pour la leçon de géologie.

® S

pratt

1865,1 p. 195.

^ M

ariant

1895, p. 314-315.

G

reco

et alii 1999, p. 518.

Il R

einach

1911, p. 397. Cette porte n’est plus visible actuellement

1^ G

reco

et alii 1996, p. 949.

1^ M

artin

1974, p. 196.

1^ Voir Chapitre II, p.

1^ La céramique récoltée lors de la prospection est en cours d’étude.

1^ G

reco

et alii 1998, p. 597-598.

1^ Je remercie Alain Schnapp pour avoir remarqué en septembre 2006 cette tour qui avait jusque là échappé à tout le monde.

18 Voir G

uy

1994.

1^ Je remercie Max Guy pour m’avoir fait découvrir le bas de la colhne Sud. Voir G

uy

1994.

^ Voir infra.

^1 WiNTER 1971a, p. 210 ;A

dam

1992, p. 14-18 et 25, fig. 1.15

WiNTER 1971a, p. 210.

23 A

dam

1982, p. 90.

24 R

einach

1911, p. 391-400 ; IC HI, iv, 4.

23 Une fois de plus, tous mes remerciements vont à Max Guy.

2^ Ce qui vient conforter l’hypothèse de la porte d’accès à la fortification à cet endroit

22 Voir Chapitre II, p. 207-208.

28 A 62-63,1. 22-28 ; G

arlan

1974, p. 362.

29 M

artin

1947-48, p. 137-138.

30 G

arlan

1974, p. 248.

31 WiNTER 1971b, p. 423-424.

47. Vue vers le nord depuis le sommet de la colline Sud

(31)

C

ataloguedesdéfenses

- 1. Erimoupolis - Itanos

48. L’acropole Est depuis le sud

28

(32)

2. T erritoire d ’I tanos tours isolées

La prospection du territoire d’Itanos a permis d’identifier un certain nombre de sites défensifs ou d’observation que nous allons présenter ici (fig. l)i. Leur fonction de surveillance est uniquement déduite de leur situation dominante offrant de larges vues dégagées en plusieurs points du territoire.

Leur datation est le plus souvent très vague (« époque gréco-romaine »), notamment en raison d’une absence de tessons datants ou tout simplement d’une absence de tessons. Il n’est donc pas possible de savoir si tous ces sites faisaient peutie d’un même système de protection de la cité. Néanmoins c’est une possibilité à ne pas écarter.

1. Les sites défensifs historiques identifiés sur le territoire d’Itanos

(33)

C

ataloguedesdéfenses

- 2. Territoire dTtanos

2. Alatopatela 7

3. Alatopatela 8

4. Alatopatela 8 - détail

Alatopatela 7

Au sommet de la colline Sud-Ouest d’Alatopatela, immédiatement à l’ouest d’un grand mur de crête, se trouve une structure extrêmement mal conservée d’apparence quadrangulaire (fig. 2). Seuls les soubassements du mur Est, à double parement, sont encore visibles.

Sa situation dominante dans trois directions (Sud, Est et Nord) et son exposition incommode pour un habitat - en raison des vents violents - laissent penser à une fonction d’observation, voire de défense.

Le site semble avoir été utilisé aux époques protohistorique et gréco-romaine.

Alatopatela 8

À la pointe Nord-Ouest de la colline Sud- Ouest d’Alatopatela, dominant une pente rmde plongeant vers la mer au Nord, à l’Ouest et au Sud-Ouest, se trouve un bâtiment de plan irrégulier, presque rectangulaire, adossé à la dernière éminence du rocher (fig. 3, 4).

N’est conservée que la première assise d’un mur à double parement (large de 0,60 m) qui suit la plus haute courbe de niveau. L’état de destruction et la végétation n’autorisent pas une lecture plus précise.

Sa situation exceptionnelle, dominant toute la péninsule d’Itanos (à l’Est), la baie de Magatzès (au Nord) et l’ensemble du golfe de Sitia (à l’Ouest), en fait un poste d’observation

30

(34)

remarquable.

Le site semble avoir été utilisé à l’époque gréco-romaine.

Gyalies 118

Sur le versant oriental de la plus haute colline de Gyalies se trouve une structure quadrangulaire (10 x 8 m) divisée en deux pièces par un mur de refend (fig. 5, 6). Les murs, d’une épaisseur d’environ 0,40 m, sont faits de moellons soigneusement appareillés. La structure est intégrée à un système de plusieurs enclos couvrcuit une surface de quelques 3 500 m^

La colline de Gyalies domine à la fois l’ensemble la plaine centrale, de Palaikastro à Itanos, à l’ouest, ainsi que la mer, à l’est. En raison de sa position, l’édifice pourrait avoir eu une fonction de surveillance du territoire. Ce pourrait donc être une tour de guet. Cependant, il faut noter que la structure est protégée des vents dominants de l’ouest et que le sommet de la colline lui barre l’horizon, à moins qu’il n’ait comporté un étage.

Le site semble avoir été en usage à l’époque gréco-romaine.

Soros 74

Le plateau sommital de la colline de Soros (fig. 7) est occupé par un très grand enclos divisé en deux parties inégales. Dans l’angle Nord-Est de la partie Nord-Est se trouve une

5. Plan de la tour et des enclos de Gyalies 118

6. Gyalies 118 - détail

7. La colline de Soros depuis le Sud

(35)

C

ataloguedesdéfenses

- 2. Territoire dTtanos

petite construction quadrangulaire (2 x 2 m) qui domine la plaine et qui pourrait être une tour de surveillance (fig. 8).

Des murs de terrasse qui s’étagent sur les pentes Nord et Ouest de la colline pourraient être en relation avec cet établissement sommital.

Il semble s’agir d’un habitat isolé et de ses dépendances agricoles.

Le site a été occupé aux époques archaïque, classique et hellénistique.

TVapezes 154

Dans l’ensellement des deux collines hautes de Trapèzes, les vestiges d’une structure circulaire sont visibles sur le versant Nord (fig. 9). Les murs, épais d’environ 1 m, sont faits de petits moellons.

Elle offre une vue dégagée sur toute la plaine vers Itanos au sud-est et sur la baie de Magatzès, au sud-ouest. Il pourrait s’agir d’une petite tour de surveillance.

La chronologie du site est indéterminée.

Travouni 155

Sur la falaise de Travouni, surplombant au nord la ville d’Itanos, une anfractuosité naturelle du rocher a été fermée au sud par un mur, ménageant un espace clos d’environ 5 m (fig. 10)^

Ce point domine la baie d’Itanos et, au-delà, toute la côte orientale de la péninsule jusqu’au Cap Plaka, ce qui laisse penser à une fonction 8. La possible tour de guet au sommet de Soros

9. Trapèzes 154

10. Travouni 155

32

(36)

de surveillance du littoral (fig. 11).

La chronologie du site est malheureusement indéterminée, en raison de l’absence totale de matériel. Il est néanmoins séduisant d’imaginer un usage durant l’occupation grecque de la ville d’itanos, dont elle permet une surveillance directe. Sa seule situation implique un rapport avec la ville située immédiatement en contrebas.

11. Vue sur Itanos et Vaï jusqu’au Cap Plaka depuis Travouni 155

Vaï131

Sur la crête longeant la côte au sud de Vaï, se trouve une structure quadrangulaire dominant à la fois les hauteurs de Stéphanès à l’ouest et la côte à l’est. Il s’agit d’un bâtiment (17 x 10 m), divisé en deux pièces, construit en murs à doubles parements (d’une épaisseur d’environ 0,60 m) faits de moellons assez soigneusement appareillés (fig. 12, 13). Dans le mur Sud sont placés deux blocs de champ correspondant probablement à une ouverture (0,60 m). Aucun matériel n’a pu être repéré, ce qui semble infirmer l’hypothèse d’un habitat permanent, tout comme son exposition aux vents violents.

La situation de cette structure est particulièrement favorable à l’observation du territoire et de la côte orientale et elle pourrait avoir eu rôle de surveillance.

La chronologie du site est indéterminée.

12. Vaï 131

(37)

C

ataloguedesdéfenses

- 2. Territoire dTtanos

14. La baie de Karoumes

16. Le fortin de Karoumes

Karoumes

Karoumes est le nom d’une baie située au sud du Cap Plaka (fig. 14,15). Elle ne se trouve pas dans la zone d’étude de la prospection d’itanos mais la rivière Chochlakies dont elle constitue le débouché pourrait être le Sedamnos antique, marquant la frontière Sud du territoire de la cité d’Itanos^.

Sur le flanc Sud de la vallée, peu avant son embouchure sur le golfe de Karoumes, un poste de garde minoen a été signalé par de nombreux voyageurs (fig. 16). Le site a continué à être occupé jusqu’à l’époque romaine. Une prospection récente a identifié une utilisation comme sanctuaire à l’époque archaïque, comme installation de pêcheurs à l’époque hellénistique et comme base navale à l’époque romaine. Sa position stratégique, contrôlant l’entrée de la vallée, n’exclut pas un usage militaire durant toutes les phases d’occupation.

S

pratt

1865, I, p. 234 ; M

ariani

1895, p. 298 ; P

endlebury

1939, p. 377 ; F

aure

1%2, p. 38 ; C

hryssoulaki

, V

okotopoulos

1993, p. 73 (fig. 3), 75- 76 ; V

okotopoulos

2000.

^ Le auméiD de chaque site est précédé du nom de la zone où il se trouve.

^ Voir la question de la frontière dTtanos, Chapitre I, p. 131-133.

34

(38)

3. X erokampos , P harmakokephalo - Ampelos

enceinte urbaine

Situation et site (éparchie de Sitia)

Il s’agit d’une cité maritime, sur la côte Sud- Est de la Crète, au sud du site minoen de Zakros.

Le site a été identifié avec la cité d’Ampelos*.

La ville est située sur une petite colline au sommet plan à la base d’une bande de terre qui forme une sorte de presqu’île (fig. 1). Le site convient à une activité commerciale (ou de piraterie) car il a accès à deux plages plates sur lesquelles les bateaux sont aisément tramés.

Il servait de port à Praisos, qui l’a probablement annexé au iii® siècle^. De plus, il servait également de port aux établissements hellénistiques de Lamnoni et Katelionas, deux bassins situés entre Ziros et Epano Zakros, dont on sait qu’ils ont été réoccupés à partir du III' siècle^.

Tracé

Le site a été en partie détruit par les labourages car le champs était cultivé jusque dans les années 1940 et les pierres ont été disposées en tas sur les bords.

1. La baie de Xerokampos et l’emplacement du site

de Pharmakokephalo, identifié avec Ampelos

(39)

C

ataloguedesdéfenses

- 3. Xerokampos, Pharmakokephalo - Ampelos

3. Portion du flanc Nord depuis l’ouest

Les fouilles de 1984-1985 ont dégagé une partie des habitations au nord-est de la cité, celles de 1986 ont permis d’étudier l’enceinte, de tracé grossièrement rectangulaire (fig. 2).

L’enceinte n’est conservée que sur les côtés Ouest et Nord, ainsi qu’une petite portion au sud-est. Il ne reste rien du côté Sud, peut-être à cause d’un effondrement de terrain, mais un certain nombre d’habitants de la région a assuré au fouilleur se souvenir d’un mur de ce côté.

À l’exception du côté Ouest où il mesure jusqu’à 1 m de hauteur, le mur n’est conservé qu’au niveau de ses fondations car il a été aplani pour cultiver la terre. De plus, les pierres ont servi de matériau de construction pour les maisons modernes.

Description

Le côté Nord, le plus long, mesure 157 m de longueur, le côté Ouest, entièrement conservé, 79 m et il ne reste à l’est que 22 m. La largeur du mur est de 2 m, mais il atteint parfois 2,50 m à l’ouest (fig. 3,5).

Des blocs de calcaires taillés ne se retrouvent que par endroits, probablement là où il existait des portes d’accès : aux quatre angles et au centre du mur Nord (difficiles à localiser en raison de l’état de conservation général).

Perpendiculairement au mur Ouest, dans la partie interne de l’enceinte, ont été conservés un certain nombre de murs, entre lesquels l’espace avait été bouché par des pierres et de

36

(40)

la terre, formant une surface en pente, sorte de contreforts primitifs destinés à stabiliser la construction (fig. 4).

Carrière

La pierre utilisée est un calcaire tendre {ammoudd) provenant de carrières de la région.

Deux carrières ont été localisées au nord et au sud de la plaine et au sud de Pharmakokephalo à Mazda Ammos. Les traces d’instruments encore visibles laissent deviner que des blocs d’une taille imposante ont été extraits et qu’ils ont été utilisés dans la construction de la cité hellénistique.

4. Les contreforts du flanc Ouest - vue depuis le nord

Datation

Il s’agit d’une cité classique et hellénistique.

Dans la zone des maisons situées le plus au nord ont été mises au jour un certain nombre de monnaies datant du v' siècle av. J.-C. Plus au sud, la datation veirie entre le iv® et le i" siècle av. J.-C.

Le bâtiment B, au nord, présente une disposition intéressante, déjà observée dans le complexe Sud de Mochlos : il ne possède pas de mur Nord et est directement accolé à l’enceinte, ce qui implique qu’il a été construit après le rempart de la cité, qu’il peut contribuer à dater.

5. L’épaisseur du flanc Ouest de l’enceinte - vue

depuis le nord

(41)

C

ataloguedesdéfenses

- 3. Xerokampos, Pharmakokephalo - Ampelos

S

pratt

1865, I, p. 238-239 ; P

endlebury

et cdii 1935, p. 99-100 ; S

anders

1982, p. 137 ; P

apadakis

1984 ; P

apadahs

1985a ; P

apadakis

1986a ; P

apadakis

1986b.

Site visité en Septembre 2000, Septembre 2004, Juillet 2005, Septembre 2006.

1 S

pratt

1865, I p. 238-239 ; F

aure

1959, p. 194 ; S

anders

1982, p. 137.

^ IC ni, p. 2 ; S

pyridakis

1970, p. 32.

3 B

ranigan

1998, p. 87-88.

6. La petite église d’Hagios Nikolaos sur le site d’Ampelos

38

(42)

4. X erokampos , K astri - Ampelos ?i

enceinte urbaine

Situation et site (éparchie de Sitia)

Sur la côte Sud-Est de la Crète, au sud du site minoen de Zakros. Le lieu-dit Kastri est situé dans la partie Sud de la baie de Xerokampos (fig. 1). Il s’agit d’une colline au sommet plat et aux bords abrupts, accessible uniquement par le Nord (fig. 2, 3).

1. La baie de Xerokampos et les deux sites

2. Vue aérieime de la colline de Kastri à Xerokampos

3. La colline de Kastri à Xerokampos, vue du sud-est

(43)

C

atauxîuedesdéfenses

- 4. Xerokampos, Kastri - Ampelos ?

Description

Le site a été visité par A. Evans en 1896.

Il y a vu un mur protégeant les points les plus accessibles du plateau supérieur et une tour en appareil primitif (« primitive masonry ») sur le point culminant (fig. 4, 5). Il ne donne aucune indication chronologique.

Le côté Nord de la colline est protégé par un mur de gros blocs irréguliers de calcaire gris de 1,80 m de largeur, utilisant au besoin le rocher naturel (fig. 6). En contrebas, vers l’ouest, un autre mur, moins large, constitué de moellons irréguliers, protège la ville (fig. 8, 9). Sur le plateau, de nombreux autres murs sont visibles, vestiges de maisons rectangulaires (fig. 7). Au sommet, se trouve un bâtiment (signalé par A. Evans), peut-être un fortin dont un piédroit est encore dressé.

Par ailleurs, les points faibles pzu- lesquels l’accès pourrait se faire sont renforcés d’un mur de protection.

Datation

Le mur de protection au nord semble tardif, peut-être hellénistique (d’après une communication personnelle de K. Nowicki à A. Brown^).

N. Schlager date le site fortifié du troisième quart du I" millénaire av. J.-C., soit de 1 ’époque classique. Selon lui, le site de Kastri a été occupé au moins à deux périodes : au Néolithique 4. Fortin au nord du Kastri et mur Nord-Ouest

5. Piédroit du fortin au nord du Kastri

6. Le grand mur fermant le site au nord

40

(44)

final puis à (partir de?) l’époque archaïque.

L. Vokotopoulos date la première occupation du site du Néolithique final ou du début du Minoen ancien.

Une visite personnelle a permis de repérer de rares tessons archaïques et de nombreux tessons classiques et hellénistiques.

Identification

Le site semble avoir été densément occupé.

Il est difficile d’imaginer son utilisation. Si l’on accepte la datation de l’époque hellénistique, est-il raisonnable d’imaginer une cité si proche de celle d’Ampelos ? Je ne pense pas qu’il faille remettre en question l’identification de la ville hellénistique située sur la presqu’île de Pharmakokephalo avec la cité d’Ampelos.

N. Schlager estime que d’une façon ou d’une autre les deux sites sont probablement liés.

Serait-ce alors une enceinte de refuge pour les habitants de cette dernière ? Il semblerait que ce soit là une cité dédoublée, installée d’une part sur une colline défensive et d’autre part sur un site côtier abordable. Kastri, qui a probablement été occupé en premier, a ensuite pu servir d’acropole et de site de refuge aux habitants de l’Ampelos d’en bas^.

E

vans

1896, p. 459-460 ; P

endlebury

1939a, p. 298 ; W

ronka

1959, p. 532 ; S

cmlager

1991, p. 23-25, pl. 27- 28 ; V

okotopoulos

2000 ; B

rown

2001, p. 338.

Site visité en Septembre 2001, Septembre 2006.

7. Le plateau de la ville basse, au nord

8. Mur de protection au sud-est de la ville basse

9. Autre section du mur de protection de la ville

basse

(45)

C

ataloguedesdéfenses

- 4. Xerokampos, Kastri - Ampelos ?

1 Merci à Max Guy et à son petit-fils Olivier pour avoir attiré notre attention sur ce site méconnu qui mériterait au moins ime étude approfondie si ce n’est une fouille.

Dans la bibliographie, il est fait référence au site sous le nom de Kastri, ce que nous utiliserons id. Néanmoins, lors d’une visite personnelle en septembre 2006, une habitante du village que j’interrogeais m’a dit que cette colhne était appelée Paranoma. Les questions de toponymie étant complexes en Crète, je le signale à tout hasard.

^ B

rown

2001, p. 338.

^ Voir le développement dans le Chapitre 111, p. 262- 264.

10. Le site d’Ampelos (à l’extrême gauche de l’image, au nord du Pharmakokephalo) et la colline de Kastri (à droite)

42

(46)

5. K outsoulopetres , K astri - Polichna 1 ?

enceinte urbaine

Situation et site (éparchie de Sitia)

Au sud-est de Sitia, le hameau de Koutsoulopetres est proche du village de Roussa Ekklissia, dont le nom est parfois également utilisé pour désigner le siteh La colline de Kastri occupe une position stratégique qui permet de dominer toute la baie de Sitia et le nord-ouest de la pointe orientale de la Crète. Elle est située à 3,5 km de Trypitos (fig. 6).

11 s’agit d’une colline dont l’ouest est bordé par une falaise abrupte (fig. 1, 2). L’accès ne peut se faire que par l’est, et c’est là que se trouve la fortification. Le terrain ceint par le mur n’est pas très régulier et plutôt vallonné.

1. La colline de Kastri à Koutsoulopetres depuis le Nord

Tracé

La colline est protégée vers le nord et l’est par une enceinte fortifiée, renforcée par huit tours rectangulaires, que l’on peut suivre sur presque tout son parcours.

Les constructions ne sont conservées qu’au niveau du sol. Le tracé est difficile à suivre en raison de la végétation très dense. Le mur comporte 7 angles, dont deux représentent une

2. Vue aérienne de la colline de Kastri

(47)

C

ataloguedesdéfenses

- 5. Koutsoulopetres, Kastri - Polichna 1 ?

3. Un angle de l’enceinte : structure double du mur

4. L’une des tours Sud-Est de l’enceinte depuis le nord

5. Élévation d’une section Sud-Est de l’enceinte

crémaillère (fig. 3). Alors que les courtines sont toutes rectilignes, le tracé s’infléchit légèrement au nord, formant une courbe, probablement afin de suivre les irrégularités du terrain.

L’enceinte se trouve à la limite du bord abrupt de la colline, qu’elle utilise notamment à l’ouest, l’incorporant à son tracé, ce qui crée une double protection, naturelle et artificielle.

Le côté Sud a été entièrement dégagé : il mesure 254 m de long. À l’est ont été dégagés 129 m et à l’ouest 47 m.

Description

Appareil : Les pierres utilisées sont de plusieurs types donnant une allure d’hétérogénéité à l’ensemble (notamment par la multiplicité des couleurs) (fig. 5).

Par le mode de construction, cette enceinte se rapproche en tous points de celle de Gortyne^.

Les murs, formés de moellons, sont constitués de deux parements larges d’I m, dont l’espace intermédiaire est rempli de petites pierres. Le parement intérieur ne peut pas être suivi tout le long du tracé dégagé. Une portion personnellement mesurée était large de 2,50 m. Cependant, N. Papadakis précise que la largeur totale est de 4 m. Il est possible qu’il s’agisse de la portion, plus large, où le blocage à l’intérieur du mur est renforcé de murets perpendiculaires^.

44

(48)

a) Les tours

Les tours, toutes rectangulaires, sont placées à l’extérieur de l’enceinte. Trois d’entre elles, les plus larges, ont pour rôle de renforcer un emgle. Les autres sont placées le long du tracé (fig.4).

b) Occupation de l’enceinte

À1 ’ intérieur de 1 ’ enceinte, ont été distinguées des citernes et des structures d’habitation. Elles étaient recouvertes par une végétation dense lors de mes deux visites mais le site a été nettoyé depuis par le service archéologique.

* Au lieu-dit Anoixi près de Roussa Ekklissia, ont été découvertes des plaques votives provenant probablement d’un sanctuaire archaïque : voir P

laton

1954, p. 511 ; P

apadakis

1989, p. 105.

^ Voir infra « 28. Hagioi Deka, Prophitis Ilias - Gortyne ».

3 VoirWiNTER 1971a,p. 135 : à l’époque hellénistique, l’intérieur des murs de fortification est souvent systématiquement compartimenté par ime série de murs transversaux.

Platon, KretChron VII (1954), p. 512.

Datation

L’acropole avait été repérée dans les années 1950, et considérée comme datant de la période grecque'*. La prospection de surface a permis de ramasser un petit nombre de tessons céramique archaïques et hellénistiques. A également été trouvé un petit bloc de calcaire (0,28 x 0,28 x 0,12 m) portant une inscription de trois lignes que les lettres permettent de dater de l’époque romaine.

C’est donc une acropole qui a été occupée de l’époque archaïque à l’époque romaine.

SCH79 (1955), « Chronique de fouille en 1954 », p. 307- 309 ; F

aure

1960, p. 193 ; P

apadakis

1986b.

Site visité en Février 2001, Juin 2004.

(49)

C

ataloguedesdéfenses

- 5. Koutsoulopetres, Kastri - Polichna 1 ?

6. Vue vers Trypitos et Sitia depuis le Kastri

46

(50)

6. T rypitos - Polichna 1

enceinte urbaine : mur de protection d’une presqu’île

Situation et site (éparchie de Sitia)

Petit promontoire orienté nord-sud situé à 3 km à l’est de l’actuelle ville de Sitia (fig. 1,

4).

Description

Les fouilles ont mis au jour les restes d’une cité hellénistique, protégée au sud par un imposant mur de fortification isolant la presqu’île. Le mur, d’une largeur d’1,80 m est constitué de moellons irréguliers, de pierres variées (fig. 2).

Contre le mur, au nord, se trouvent une série de pièces et bâtiments auxiliaires que le fouilleur, N. Papadakis, interprète comme des installations militaires.

À l’est du promontoire, se trouve une cale à bateau hellénistique - la seule retrouvée en Crète - située dans l’axe de la fortification, qui s’infléchit afin de l’inclure (fig. 3).

1. La baie de Sitia et l’emplacement de Trypitos

2. Détail de l’enceinte de Trypitos

(51)

C

ataloguedesdéfenses

- 6. Trypitos - Polichna 1

3. L’enceinte de Trypitos descendant vers le neorion

Datation

La fouille a permis de dater le site de l’époque hellénistique, notamment en raison de la découverte de nombreuses monnaies de cette époque. Ce sont également les monnaies qui ont permis d’identifier la cité. Lors de la fouille du site, le grand nombre de monnaies portant les lettres 110 ont laissé penser à N. Papadakis qu’il s’agissait de la production d’une cité autonome, située à cet emplacement.

P

apadakis

1988a ; P

apadakis

1988b ; P

apadakis

1989, p. 120-121 ; F

aure

1993, p. 67-68 ; P

apadakis

1994, p. 746-747 ; P

apadakis

1995 ; B

aka

2003, p. 534-538 ; P

erlman

2004a, p. 1181-1182.

Site visité en Septembre 2004.

4. Vue vers Sitia depuis Trypitos

48

Références

Documents relatifs

Le début de journée sera instable avec de la neige dès 300 mètres d'altitude pourquoi pas plus bas sous de bonne intensité, notamment sur le Limousin et Cantal voir l'Est du

Mais pour continuer à agir au quotidien, il est nécessaire de se rendre compte de temps en temps qu’au Nord et au Sud, des acteurs de la société civile travaillent

Petit déjeuner et départ pour la visite du Jardin Majorelle, le jardin comprend plus de 300 espèces de plantes des cinq continents, vous serez charmé par ce jardin coloré avec

A partir de trente (30) jours du départ, les frais d&amp;apos;'annulation sont calculés suivant le tableau ci-dessous (sauf conditions d&amp;apos;'annulation spécifiques de

Sylvie Aprile (IRHIS, Université de Lille), Exilées et migrantes dans les mobilités transatlantiques Virginie Chaillou-Atrous (CRHIA, Université de Nantes), L'immigration des

Tandis que certaines mobilités touristiques peuvent être assimilés à des mobilités migratoires (retraités, polyrésidentialité), l’installation de ressortissants

Option F du CAPA-SH : Enseignants spécialisés chargés de l’enseignement et de l’aide pédagogique auprès des élèves des établissements et sections d’enseignement général et

La répartition par sexe montre que : chez la femme, le taux brut d’incidence de cancers est de 162,9 pour 100 000 habitants, avec un taux standardisé de 195,4 pour 100