Formes terrestres de Jussies –
Fiche AFB/ONEMA – AGROCAMPUS OUEST
Professeur Jacques HAURY
& Docteure Dominique BARLOY
UMR Ecologie et Santé des Ecosystèmes – équipe EPIX
[email protected] [email protected]
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Introduction
• 1 - Les deux espèces
• 2 - Où sont-elles présentes ?
• 3 - Quelles adaptations au milieu terrestre ?
• 4 - Les solutions actuelles de gestion
• 5 - Les perspectives de recherche ?
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1 - Les deux espèces
Ludwigia grandiflora subsp. hexapetala
Fleurs de 4 à 5 cm, pilosité repérable, feuilles assez aiguës Stipules en triangle, aigües, noires
Ludwigia peploides subsp. montevidensis
Fleurs plus petites, moindre pilosité, feuilles plus arrondies et souvent luisantes
Stipules arrondies vertes ou brunes
10n = 80
2n = 16
Allogame
(croisement de 2 populations)
Autogame
(reproduction sur le même pied
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2 – Etat des connaissances sur la distribution des Jussies en France et sur la présence de formes terrestres
21 – Les sources de données
* nationales : CBN et autres sources
* régionales
22 – Les résultats de nos enquêtes / 2 espèces et formes terrestres
Quelques questions sur l’exactitude et la précision de
ces distributions
4Distribution de L. grandiflora en France en novembre 2016 (Tela Botanica (1))
Distribution de L. peploides en France en novembre 2016 (Tela Botanica (1))
Recensements des réseaux d’observateurs – Conservatoires Botaniques Nationaux
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22 - Distribution pas forcément de synthèse et qu’en est-il des formes terrestres ?
Géolocalisation des sites ayant répondu à l'enquête (géolocalisation 2015/2016/2017) (A. Lorrain – ArcGIS)
391 envois 2017
120 réponses
Taux de
réponse = 30%
Enquête nationale
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Quelques questions sur l’exactitude et la précision de ces distributions
• Pas forcément de recensement systématique (même si inventaires communaux des CBN)
• On ne connaît pas la localisation exacte ni l’importance des populations
• Les milieux colonisés sont-ils fermés (étangs) ou ouverts (marais alluviaux) ?
• Quelle colonisation / habitats potentiellement favorables ?
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3 – Adaptations au milieu terrestre : production, phénoplasticité et
génétique
31 – Biomasses comparées et adaptations morphologiques
32 – Phénoplasticité et adaptation : analyse des morphotypes terrestres
et aquatiques
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31 – Biomasses comparées et adaptations morphologiques
• Analyse sur les quatre campagnes, les principales variables sont significatives
– Site (Pc<2.2e-16), campagne (Pc<2.2e-16) et régime hydrique (Pc<2.2e-16)
– Les interactions entre variables (site et campagne (Pc<2.2e-16) ; campagne et régime hydrique (Pc=1.6e-7))
Il est donc à ce stade difficile de mettre en évidence des tendances globales.
• Biomasses maximales importantes (Nézyl terrestre 5450 gMS/m² ; Apigné aquatique 5130 gMS/m²)
Evolution des biomasses du Nézyl et comparaison avec Apigné (campagne 4) - 2011 (avec erreur-standards)
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Campagne 1 Campagne 2 Campagne 3 Campagne 4 Campagne 4
Nézyl Apigné
Biomasse (g/m2)
Terrestre Aquatique
Evolution des biomasses de Mazerolles 2011 - terrestre (avec erreur-standards)
0 1000 2000 3000 4000 5000 6000
Campagne 1 Campagne 2 Campagne 3 Campagne 4
Biomasse (g/m2)
Terrestre
Campagnes : (1) Avril – Mai, (2) Juin-Juillet, (3) Août et (4) Octobre
• Analyse de la structure (juin)
Plus de 11 caractéristiques structurales mettant en avant des différences entre les formes terrestre et aquatique
Caractérisation des différentes réponses morphologiques au régime hydrique
A gauche : Jussie sur prairie (Nézyl, A. Druel) ; A droite : Jussie en fossé (Etang de Trunvel, Y. Paulet)
10 cm 50 cm
Forme terrestre en « buisson » Forme aquatique
Jussie terrestre / forme prairiale Jussie aquatique
Analyse de la structure (glm)
– 11 variables décrivant le régime hydrique – 7 variables décrivant l’espèce
– la jussie sur prairie (terrestre)
• tiges et ramifications plus courtes
• moins de ramifications primaires
• plus de ramifications secondaires.
forme « buisson » Haury et al., 2015
Tableau 2. Caractérisation des variables issues de la phénométrie (Moyenne ± écart-type)
Sur fond blanc, les variables explicatives non significatives
Variable testée
Espèce (G ou P) Type de site (A ou T) Modèle (P peploides
T terrestre) Ludwigia
grandiflora
Ludwigia peploides
Proba
Critique Aquatique Terrestre Proba Critique
Longueur de la tige principale
118,2
±89,2
128,0
±19,4 0,26 180,0 ± 66,1
61,3 ±
25,8 <2.10-16 180-119T Taille moyenne
des ramifications I
8,5
±5,2
9,5
±5,3 0,33 11,9 ±
5,1
5,6 ±
2,9 <2.10-16 11,9-6,3T Nombre de
ramifications II
0,7
±1,9
0,0
±0,0 8,8.10-7 0,2 ±0,8 0,9 ±
2,2 0,005
Exp (-1,2- 17P+1,1T)
Adaptation de la Jussie à grandes fleurs Ludwigia grandiflora Aux conditions terrestres
(1) Ecology of Invasive Species (EIB) UMR Ecology and health Ecosystems
Agrocampus Ouest CFR Rennes
Sfécologie-2016, International Conference of Ecological Sciences, Marseille – 24-27 Octobre 2016
BARLOY D.
(1), GENITONI J.
(1), BILLET K.
(1)and RENAULT D.
(2)(2) ) University of Rennes 1 - UMR CNRS 6553 Ecobio - 35042
Rennes Cedex France
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32 – Phénoplasticité et adaptation : analyse des
morphotypes terrestres et aquatiques
Introduction
* Ludwigia grandiflora est une invasive aquatique
Aquatic condition
Terrestrial condition
Problème et Question de recherche
Qui envahit
Notamment les prairies humides inondables
Sfécologie-2016, International Conference of Ecological Sciences, Marseille – 24-27 Octobre 2016
Question : est-ce que l’adaptation de L. grandiflora aux conditions terrestres induit des modifications morphologiques et/ou métaboliques.
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Impact du stress sur les variations morphologiques
Plan factoriel des individus (PCA) / variables des morphotyped
* Difference entre morphotypes terrestres et aquatiques :
s
Toutes les variables morphologiques et de biomasses sont plus élevées dans le morphotype terrestre qu’aquatique,
indépendamment des conditions écologiques
Biomasses aériennes
Biomasses racinaires
Sfécologie-2016, International Conference of Ecological Sciences, Marseille – 24-27 Octobre 2016 T
T A
A T
A
5 T
A
Transplantations croisées
Tous les résultats convergent pour montrer que les conditions terrestres sont perçues comme stressantes pour les deux morphotypes.
CONCLUSION
Mais seul le morphotype terrestre semble capable d’ajuster son métabolisme en réponse au stress et
de maintenir une croissance efficace.
Sfécologie-2016, International Conference of Ecological Sciences, Marseille – 24-27 Octobre 2016
Pour confirmer ce résultat, une analyse transcriptomique différentielle sera menée perspectives de recherche
Les differences de comportement entre les morphotypes aquatique et terrestre révèlent-elles (ou non) l’émergence d’un nouveau morphotype avec de nouvelles capacités adaptatives ?
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4 – Gestion
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41 – Gestions pratiquées 42 – Expérimentations
43 – Gestion par le sel
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0% 1% 1% 3%
3%
4%
7%
7%
17%
17%
40%
Action de déprimage (pâturage des regains)
Broyage Rotavator
Pâturage + Fauche Autres travaux du sol Pâturage
Fauche Autres
Arrachage précoce (Récolte boutures) Arrachage mécanique
Arrachage manuel
Réponse à la question « Quelles actions avez-vous mené (ou mènerez-vous) contre la propagation de la forme terrestre de Jussie ? » (choix multiples, n=72)
51 – Les gestions pratiquées en France sur
les formes terrestres de Jussie
Tests Restauration prairiale / Mazerolles
Tirot 2012
52 – Différentes expérimentations réalisées de 2001 à 2015
Des fauches répétées + pâturage races
Rustiques tapis graminéen dominant mais Jussie toujours présente (forme prostrée)
GESTION DIRECTE : EPANDAGE DE SAUMURE OU DE SEL GESTION INDIRECTE : SALINISATION DES RESEAUX
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53 - Suivis expérimentaux des gestions pratiquées par le sel
cf pacte Jussie
Canal Priory - Caloyau août 2014
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53 - Suivis expérimentaux des gestions pratiquées par le sel
cf pacte Jussie en Brière
Canal Priory - Caloyau août 2015
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Canal Priory - Caloyau août 2016
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Bilan 2014/2015
Réduction des peuplements de jussie et de myriophylle du Brésil sur tous les sites [taux de colonisations à la reprise de 7% dans les secteurs fortement colonisés et 1% dans les secteurs faiblement colonisés pour respectivement 90% et 3% au début 2014], avec une éradication potentielle sur certains sites aval peu colonisés (Lavenac).
Intensification de l’efficacité 2015 par rapport à 2014 : envois plus précoces, salinisation plus forte et possible effet cumulatif de la gestion. confirmation en 20016 et 2017
Début de la recolonisation par d’autres espèces aquatiques, adaptées à la salinisation du milieu (Zannichellia palustris, Myriophyllum spicatum et Ranunculus sp.).
2-Evolution espèces envahissantes / flore locale
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5 – Perspectives de recherche (réponse favorable Feder – Novembre 2017)
51 – Mieux connaître la distribution des Jussies : Micro- répartition de terrain, télédétection, usages des prairies
et modélisation des pertes en fonction du % de recouvrement de Jussie / Effets climat et niveau d’eau 52 – Reproduction sexuée et génétique des populations : existences d’hybrides ? Rôle de la reproduction sexuée dans la structure génétique des populations en place ?
Restauration de la fertilité ?
53 – Biologie des prairies et conduite des troupeaux, recensement des ennemis dans les populations en place, recherche bibliographique sur la lutte biologique
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Conclusion générale … transition
• Une gestion territorialisée en fonction des enjeux
• Une veille et une surveillance généralisée : tout point d’eau ou zone humide peut être colonisé !
• Stratégie européenne / stratégie nationale / stratégie locale Listes
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Perspectives
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Naturalistes Gestionnaires Intérêts écologiques
Eleveurs
Chambre d’Agriculture Intérêts économiques
Scientifiques Pêcheurs Chasseurs Intérêts
patrimoniaux
Habitants Association
locales
Municipalités
Impact négatif
Eco-sociosystème (zone humide)
Conditions
hydrogéomorphologiques
Existence d’une référence commune
Concertation possible autour de cet objet commun ?
(Beuret et al., 2006)