HAL Id: jpa-00237105
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Submitted on 1 Jan 1875
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Sur les spectres de l’yttrium, de l’erbium, du didyme et du lanthane
Rob. Thalén
To cite this version:
Rob. Thalén. Sur les spectres de l’yttrium, de l’erbium, du didyme et du lanthane. J. Phys. Theor.
Appl., 1875, 4 (1), pp.33-38. �10.1051/jphystap:01875004003300�. �jpa-00237105�
SUR LES SPECTRES DE L’YTTRIUM, DE L’ERBIUM, DU DIDYME
ET DU LANTHANE, PAR M. ROB.
THALÉN,
Professeur à l’Université d’Upsal.
[Extrait par l’Auteur d’un travail intitulé : Um spelftra, till hôrande,~=ttriuln, erbium, etc. e j~ .
Le but
principal
de la recherche emquestion
fut decontrôler,
aumoyen de
l’analysespectrale,
s’il a étépossible
aux chimistes de sé- parer entre ceux les selsd’yttriuiii
et d erbium. et (eux de(lidvilie
et de lanthane.
Maigre
les efforts des chimistes lesplus habiles,
on 11C
peut
douter que laséparation
de ces corps ait étéjusqu’à présent très-imparfaite,
comme leprouvent
les travaux faits sur lesspectres
de ces substances parAngstrôm ( 2 ), -’1. Hoflllann (3),
ct par moi-même1 ’ ) .
Enclict, lcs spectres del’yttriuiii
etdel’erbluiii, (I’uiie
part,
et ceux du lanthane et dudidyme,
del’autre,
onttoujours présenté
certaines raies communes d’une llltC’llsltc assezgrande,
dont on a taché en vain
d expliquer COlllplétell1ent l’origine.
Onétait incertain de savoir à
quel
corps on devait les attribuer.Appar-
tenaient-elles a l’un ou à l’autre des corps
énumérés,
ou bienà
quelque
métalhypothétique,
commel’erbium,
dont l’existence n’est pas établie? Il était nécessaired’entreprendre
dcs recherchesnouvelles pour
pouvoir
décider laquestion.
Grâce aux travaux étendus ct
approfondis
que vient de fairesur ces métaux lB1. Clèvc
( ~), professeur
de chimic a l’Universitéd’Upsal, j’ai
pu recevoir par lui desquantités
suffisantes des com-posés
de ces corps pour étudier de now eau lcursspectres.
Lapureté
des
produits chimiques préparés
par lui fut sans doute leplus
par- faitepossible, puisqu’il
aemployé
les mêmesproduits
a ses détcr-minations des
poids atomiques
des métaux. C’est éBidemment àcause de cette
pureté
quej’ai
réussi u trouver non-seulement le corpsauquel appartiennent
cn réalité les raies commune, dont t i 1 Bient d’êtrequestion, mais
aussi âobtenir,
pour les dniérents corps,un
plus grand
nonibre de raiesqu antérieurement.
Le tableau sui- (’ ~ ÎL. T otmus~uys ~huclmlaierls Hundlirl~ur, liand 1 ~, ti,, 1; Sto(klioliti, ~; 3.(~) I~ur7~crrttllirt~rzr t·ic! de S~utrc~i~lrls·.!~ïltllr for’s7-.. ~(Illelte, p. 1 )’~; ~tockhulm, I8GJ.
(’~ .lbl~crrrdlrzrr~orl clrr R. ~’rc=rmc..lt~r~~l. ~l~ r- If , , ,_ l~. _~~~ç~; li~rlitt, t5’? ~.
l~uc~u _lc’tn Reg. Sor. ~~‘’c. 1 fosctl., sur. Ill. N 1. 11.
(5~ ~illan~ till li..S’c’. I ~torrsf ..11 fzcl. Hczncll., l~ami i, n- $ j 18;2.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:01875004003300
34
Ya~1t
indique
les nombres trouvés dans les déterminations faitesen 1868 et en
1873 :
-1 ,. Il, , .Voici le résultat obtenu par cette recherche. Les raies com-
iiiunes,
qui
seprésentaient
autrefois dans lesspectrcs
del’yttrium
et de
l’ erbiun1, proviennent
del’yttrium,
dont lespectre
se carac- térise parplusieurs
raies très-intenses et faciles à reconnaître.L’erbium,
aucontraire,
donne untrès-petit
nombre de raies carac-téristiques,
niais se discerne néanmoins par ses raies de tous lesautres corps;
quant
aux raies communes, trouvées autrefois dans lesspectres
dudidyme
et dulanthane,
c’est au dernier corpsqu’on
en doit attribuer la
plupart.
Du reste, les raies de ces deux métauxétant très-nolmbreuses se
distinguent
en ce que celles du lanthanesont d’une clarté
extraordinaire,
tandis que celles dudidyme
sepré-
sentent sous un
aspect
un peunébuleux;
la cause en est, évidem-ment a ce que la
plupart
de ces dernières sont excessivement milces.J’ai
donné,
dans le tableauI,
leslongueurs
d’onde des raiesprin- cipales.
Laplanche ci-jointe reproduit
lesspectres
desquatre
mé-taux étudiés.
Pour
pouvoir
montrer l’exactitude obtenue dans ces détermina- tions deslongueurs
d’onde des raiesspectrales,
il Ille fautindiquer
en
quelques
mots la manièred’opérer
dontje
me suis servi.J’ai
enregistré
deux fois laposition
des raies brillantes rap-portée
à celle des raies duspectre solaire,
et en faisant usage de l’Atlas bien connud’3Lngstrüin : j’ai
trouvé immédiatement leurlongueur
d’onde.Cependant, lorsque
les raies brillantes sont fai-bles,
cequi
est orclinairelnent le cas, on ne lesaperçoit
pas du tout sur le fond très-intense duspectre solaire;
parsuite,
la méthodeordinaire, qui
consiste à 111trodLlll’l’ SiUlultanénlel1t dans lechamp
de la lunette les deux
spectres,
savoir lespectre
solairc et celui de l’édncelleélectrique, placés
l’un au-dessus del’autre,
ne serapas
applicable.
Dans des caspareils, je
fusobligé
de modifier unpeu ma rnanière
d’opérer,
et voici enquoi
elle consistait.(t) Haies communes.
TABLEAU 1.
~on,~ meu~~s
d’onde des raiesprincIpales.
(Par le nombre i j’indique les raies les plus fortes, et par 6 les plus faibles.)
SUITE Dii TABLEAU 1.
Après
avoirsupprime
la lumière du Soleil parl’interposition
d’un écran entre la fente du
spectroscope
et leporte-lumière, je
fiscoïncider le fil du réticule avec la raie brillante de l’étincelle
élec-
trique ; puis,
en introduisant le faisceausolaire, je
déterminai laposition qu’occupa
le filparmi
les raies obscures deFraunhofer,
et, de cettemanière,
lalongueur
d’onde de 1 a raie brillante fût connue ;mais comme le fil a
toujours
unelargeur appréciable, il ~
a sou-vent
quelque
difficultés à lepointer
exactement sur les faibles raies lumineuses dont on veut déterminer lalongueur
d’onde. D’unautre
côté,
enregardant
lespectre solaire,
on observe ordinaire-ment dans le
voisinage
des fils du réticule ungrand
nombre deraies d’interférence très-fines
qui
troublent lapartie
duspectre
qu’on
a besoin de voir nettement, et ces raiesempêchcnt
ainsi dedistinguer
clairement les raies lesplus
fines deFraunhofer,
entrelesquelles
se trouvecompris
accidentellement le fil ou la croisée du réticule. C’est à cause de ces circonstances quej’emploie depuis
37
plusieurs années,
au lieu 4’uii réticuleordinaire,
un fil de verre très-fin, étiré enpointe qui
seprolonge ~ustlu’au
milieu lluchamp
de la lunette. A l’aide de cette
disposition,
oIl surmonte pl’l’:,¡uetoutes les
difficultés ;
car ainsi onpeut
mettre uou-seulemeut le fil deverre au prolongement juste
de la raie brillante,quelque
faiblequ elle soit,
mais en outre,puisqu’on
voit alors c’m détail toutes les raiesobscures du
spectre solaire,
onpeut
aussi déterminer aN ceprécis-
sion la
positioll
du fil.Le
spectroscopc employé
était formé de sixprismes
enflint,
dont chacun av ait un
angle
de réfractionégal
à 60degrés,
et l’in-stru111el1t était celui
qui
m’a sel" i daiis I11CS recherches anté- rieures( 1 ~.
L’illcandescence desproduits chimiques
a eu lieu aumoyen de
l’appareil
d’induction deRuhmkoru, grand modèle,
etcomme électrodes ont servi des fils d’alumine ou de
platine.
Lessolutions salines consistaient en combinaisons de chlorure. Il m’a donc fallu éliminer les raies de
l’air,
celles des électrodes et du chlore. Pour faire l’élilnination des raies du dernier corps,je
niesuis servi d’abord de l’index de lI. lVatts
(2~,
où se trouvent lesdéterminations de
Plücher; mais, ayant
trouvé cnsuitc que les nombres donnés diffèrent notablement des valeursvraics, j’ai
dé-terlniné de nouveau, au moyen d’un tube de
Geissler,
contenant seu-lement du chlore et de
1 hydrogène,
leslongueurs
d’onde de cesraies. Pour faire
mieux uigerla grandeur
actuelle de cesdiHëren.ces, je
citeici quelques exemples particuliers.
rr ABLEAU II. .
(’) Déterminations des longueurs d J onde des raies meotalli~~uc~s (_Yova A da R. Soc.
Sc. Cpsal., vol. VI); Spectre d’absorption dc l(l vapeur d’iode eK. l’et. ~1~. Hurtdl.,
Band 8, n° :i; Stockholm, 18(p).
0 Index of Spectra, by W. Marshall 1~~-atts; London, iS,2.
Comme il était désirable de savoir s’il y avait des coïncidences réelles entre les raies voisines des
spectres
des différentes mé- taux, parexemple
celles del’yttriuln
et del’erbium, j’ai
en-trepris
des recherchesspéciales
à cebut ;
et,quoique j’aie
enre-gistré
les raies de ces métaux avec leplus grand
soinpossible,
il mefaut dire
qu’il
seprésentait
néanmoinsquelques
raiesqui
nie pa- raissaient coïncider exactement.Remarquons cependant
que leur nombre esttrès-limité,
etqu’elles
ne sont pasidentiques
avec lesraies communes mentionnées ci-dessus.
Puisque
dans les deuxspectres
ces raies so nt très-dii~’érentes parrapport
à leurintemsité,
et en outre que les raies lesplus
caractéris-tiques
duspectre
d’un corpsmanquent
tout à fait dans celui del’autre,
on ne pourraexpliquer
ces coïncidences ni par desimpu-
retés mutuelles des deux corps en
question,
ni par celles des corpsétrangers,
dont on COIlnalt maintenant les raiesprincipales.
Je suisdonc
porté
à croire que ces coïncidences sont tout à faitapparentes
et
qu’elles dépendent uniquement
de ce que, bien que ladispersion
fùt
produite
par sixprismes
enflint,
lepouvoir dispersif
du spec-troscope
n’a pas été assezgrand
pour ces déterminations sub- tiles.Veut-on savoir combien
peuvent
être voisines les raies des diffé-rents corps,
.je
vais citerquelques exemples :
Rien ne
s’oppose
à ce que la différence enlongueur
d’onde desraies voisines
puisse
être encoreplus petite
queo, 5
del’unité choisie, olI1Bl,OOOOOOI,
et c’est celaqui,
il mesemble,
a eu lieu enréalité dans le cas dont il
s’agit
ici.Quoi qu’il
ensoit,
les tableaux donnéssufliront. je crois,
àdistinguer parfaitement
les métauxmentionnés l’un de l’autre.