L E B ARBIER
Arithmétique. Note sur la recherche des logarithmes des grands nombres
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 20 (1829-1830), p. 366-371
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car on en tirerait
Il y
aurait
encore une multitude de choses à dire sur cesujet ;
mais nous pourrons y revenir dans une autre occasion.
ARITHMÉTIQUE.
Note sur la recherche des logarithmes des grands nombres ;
Par M. LE B A R B I E R.
DANS
les tableslogarithmiques
dont on fait communément usage, leslogarithmes
sont calculés avec uneapproximation
telle que les différences deslogarithmes
consécutifs sont sensiblement constantesce
qui permet
d obtenir leslogarithmes
desgrands nombres ,
avecle même
degré d’approximation ,
par lesimple emploi
desparties proportionnelles.
Mais il n’en -est
plus
ainsilorsqu’on
a besoin de calculer les lo-garithmes
avec ungrand
nombre dedécimales ;
les tablesqui
don-nent ces sortes de
logarithmes
ne sont paspoussées asstzioin
pour que les différencesconsécutives y
soient constantes ; il faut doncalors ,
dansles-interpolations
faire usage des divers ordres de dif-férences,
cequi
doit nécessairement eutrahier deslongueurs
et unecomplication qu’on
peut désirer d’éviter. Tel est aussi le but queuoub. nous proposons dans la note
qu’on
va lire.367
Soit A un nombre entier
de n+I chiffres,
excédant les limi-tes des
tables,
et dont on se propose d’obtenir lelogarithme
avecle même
degré d’approximation qu’offrent
ces table,. On sait que d’abord lacaractéristique
de celogarithme
sera n, et que sa par- tiedécimale
sera la même que celle dulogarithme de A 10n; tout
se réduit donc à calculer la
partie
décimale dulogarithme
de cedornier nombre.
Soit
développée
la fractionA 10n
en fractioncontinue ;
soientcalculées les réduites successives
qui
naissent de sondéveloppement jusqu’à
celle dont le numérateur excédera les limites des tables ex-clusivement; soient a- et a’ b’
les deuxqui
laprécèdent
immédia-tement ; on cherchera les
logarithmes
de ces deuxfractions ,
aux-quels
on donnera n pourcaractéristique;
et tous les chiffres déci-maux communs à ces deux
logarithmes pourront
être admis commeexacts dans le
logarithme
de A.Supposons,
parexemple , qu’avec
les tables deCallet ,
àvingt
chiffres
décimaux , qui
ne s’étende quejusqu’à
1 200, on ait be-soin du
logarithme
de58321 ;
ondéveloppera
d’abord5,8321
enfraction
continue,
cequi
donnerad’où résulteront les réduites consécutives.
Nous
prendrons
donc ici les deux réduites consécutives764 131 , 799 137,
dont nous chercherons les
logarithmes
ainsiqu’il
suit :logarithmes qui
ne s’accordant encore que dans lescinq premiers
chiffres
décimaux ;
mais nous verrons bientôt cequ’il
fautfaire
pour aller
plus
avant.Lorsque
lesréduites,
dont les deux termes excèdent les limitesdes
tables,
sont telles que ces termes sontdécomposables
en facteursqui
ne les excèdent pas, onpeut prendre
deux réduites consécutivesplus éloignées,
et on obtient ainsi uneplus grande approximation.
Ainsi,
dans le casprésent,
comme2362 405=
21181 405, on pourraprendre
cette réduite avec la dernière desprécédentes.
En calcu-lant son
logarithme ,
on trouve369
DES GRANDS
ce
qui
ne nous donneraittoujours
quecinq
chiffres décimaux exactsdu
logarithme de 5,8321.
Retournons
présentement
au casgénéral
etsoit a b
la derniérerddaite ,
dont les termes, ou dumoins
aucun de leurs facteurspremiers
n’excèdent les limites des tables. Soitposé
il en résultera
Il est facile
de
voir que x sera unequantité
fortpetite ,
car savaleur
peut
être écrite comme il suit:or , on sait que
d’uu résulte
et comme on a’aussi -
en aura, à
plus
fortraison ,
370
Cela
posé ,
laformule (I)
donnec’est-à-dire,
M étant le module des tables pour
lesquelles
on calcule.Or,
x
étant,
ainsi que nous venons de levoir
, une fortpetite
quan-tité,
un ou deux termes de la série suffiront leplus
souvent pour obtenir une valeur fortapprochée
deLog.A.
Par exemple ,
dans le cas que nousavons considéré
tout àl’heure,
2362
en
prenant 2362 405 pour a b
on aurac’est-à-dire-,
d’où
il est aisé de voir quex 3
x3multiplié par 2M, qui
est moin-dre que
l’unité,
et réduit en décitnales aura au moinsvingt
zérosentre ta
virgule
et lepremier
chiffresignificatif ,
de sortequ’on
peutse
dépenser d’y avoir égard,
et écriresimplement
or, an a
ce
qui
donne37I
DES
GRANDS
or , nous avons trouve tout à l’heure
nous aurons donc exactement à
vingt
chaires décimaux(*) Voici encore un moyen assez simple
qui
peut êtreemployé
dans biendes cas. Soit p un très-grand nombre
premier
dont on veut obtenir le loga- rithme ; ce nombre est la demi-somme des deux nombres p+I et p2013I. Or,on sait que, lorsque deux nombres sont très-grands et très-peu différens, leut demi-somme diffère très-peu de la racine quarrée de leur produit ; de sonte qu’à Logp on pourra, sans erreur sensible substituer
Log.(p+I)+Log.(p2013I),
c’est-à-dire Log(p+I)+Log.(p-1) 2;
or, comme p+1 et p-1 ne sont pre-lniers ni l’un ni l’autre , il est fort
possible
qu’ils soient tous deux d.écom-posables
en facteurs qui n’excédent point les litnites des tables ; et alorson pourra, sans difficulté, obtenir le logarithme de p.
Pour connaître à quelle erreur on s’expose , en
employant
ceprocédé, on
remarquera que
d’où l’on voit que l’erreur sera d’autant moindre que p sera
pins grande
et qu’on pourra compter sur un nombre de chiffres décimaux double du nombre des chiffresde p.
Dans le cas de
l’exemple
du texte , on aurace qui donnera sensiblement
que l’on calculera ’comme il suit :