C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
T UDOR G ANEA
Sur quelques invariants numériques du type d’homotopie
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 9, n
o2 (1967), p. 181-241
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1967__9_2_181_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1967, tous droits réservés.
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181
SUR QUELQUES INVARIANTS NUMERIQUES DU TYPE D’HOMOTOPIE*)
par Tudor GANEA
CAHIERS DE TOPOLOGIE ET GEOMETRIE DIFFERENTIELLE
INTRODUCTION.
Le but de ce travail est de
présenter
un ensemble de résultatsconcernant la
catégorie,
au sens de L. Lusternik et L.Schnirelmann,
etcertains autres invariants
qui s’y
rattachent.La
catégorie
d’un espacetopologique
arbitraire X, 1désignée
par cat X, est leplus petit
desentiers k >
0 pourlesquels
il existe des ou-verts
U=
contractibles dans X et tels que X ==Uo tJ U t ~ ... t~ Uk ;
si detels entiers n’existent pas, on pose cat X = oo . Sous une forme
légèrement différente,
i.e. en recouvrant Xpar k (au
lieu dek + 1 )
sous-ensembles fermés(au
lieud’ouverts),
cette notion a été introduite en vued’applica-
tions à la
géométrie
différentielle et au calcul desvariations :
Lusterniket Schnirelmann 1)
[ 26 ]
ont, eneffet, prouvé qu’une
fonction réelle diffé- rentiable définie sur une variété close différentiable X a au moins(1
+ catX) points critiques.
Ce théorème est,chronologiquement,
un despremiers
résultats
qui
relient lespropriétés topologiques
et lespropriétés
différen-tiables des variétés. En même temps, Lusternik et Schnirelmann ont aussi
prouvé quelques
théorèmesgénéraux,
purementtopologiques,
concernant lacatégorie
et, par des méthodes tout à faitparticulières,
ils ontcalculé
lacatégorie
de certaines variétés comme le tore etl’espace projectif
à ndimensions. En
1941,
R.H. Fox[ 13 ]
aentrepris
uneétude systématique
de la
catégorie,
aupoint
de vue purementtopologique,
en introduisant pourtout
n ? 1
lacatégorie
n - dimensionnellecatn X
d’un espacetopologique
X.1~ Les
numéros entre crochets renvoient à la bibliographie placée à la fin du travail.*) Thèse
de Doctorat d’Etat soutenue à Paris le 12 Juin 1962.Le travail
présent
est divisé en troischapitres.
Dans le
premier
on sepréoccupe
d’abord des bornessupérieures
etinférieures de la
catégorie
engénéral.
Il estclassique
que, tout au moins si X est unpolyèdre,
on a catX ~
dim X . Ce résultat a été amélioré par Grossman[
20] qui
aprouvé
que, si X est(n-.l )- connexe,
on acat X ~
dimX /n .
D’autre part, Eckmann et Hilton
[ 11 ]
ontprouvé
que, si X estsimplement
connexe et n’a
que k
groupesd’homologie
nonnuls,
alorscat X k .
Onprouve ici un lemme concernant les cofibrations
qui, appliqué
à la filtra- tion de X par sessquelettes,
fournit une nouvelle démonstration du résul-tat de Grossman et
qui, appliqué
à la filtration de X par sessous-polyèdres
normaux
[ 22;
30]
fournit unegénéralisation
du résultat de Eckmann-Hilton:si X est
( n-1 ) - connexe ( n > 2 )
et si l’ensemble des entiersq >
0 tels queHq( X ) ~ 0
est contenu dans la réunion de k intervalles linéairesfermés,
chacun delongueur n - 2 , alors cat X k ;
en outre, si le dernier grouped’homologie
de X estlibre,
le dernier intervalle peut avoir la lon- gueur n-1 . La borne inférieureclassique V-Zon!, X
catX ,
oùV-Zon!,
Xdésigne
le nombre maximum de classes decohomologie
de dimension > 0 à cupproduit
nonnul,
est retrouvée comme corollaire de certains résultats du deuxièmechapitre.
La suite dupremier chapitre
est consacrée à l’étude de l’influence du groupe fondamental sur lacatégorie.
Soient X et Y deuxespaces et
f 1 : 7T 1 ( X ) .... 7Ti Y )
unhomomorphisme
du groupe fondamental de X dans celui de Y; selon un théorèmeclassique
dû à Hurewicz[ 25 J ,
si dim
X ~
n et si7Ti ( Y ) ~
0 pour 2 in-1 ,
il existe uneapplication
continue
f ;
.. X -~ Yqui
induitl’homomorphisme f ~ .
Nous prouvons que, dans ceténoncé,
on peutremplacer
la condition dim X n par la conditioncat I X ~ n ,
oùcat 1 X désigne
lacatégorie
1 - dimensionnelle au sens de Fox[ 13 J ,
et que, en un certain sens, on obtient ainsi le meilleur résultatpossible.
Il est à remarquer que la dimension d’un espace n’est pas uninvariant de son type
d’homotopie
alors que sacatégorie
1 - dimensionnelleen est un. Cette version purement
homotopique
duthéorème
de Hurewicz apermis
àEilenberg
et à l’auteur[ 12 J
de déterminer lacatégorie
d’un es-pace
asphérique
en fonction de son groupe fondamental. On expose cesrésultats à la fin du
premier chapitre
et l’on en dérive laconséquence
sui-vante : si X est une variété close de dimension n telle que
7T 1(x) 4
0pour
2 ~
in-1 ,
alors cat X = n . Ce dernier résultat contient comme casparticulier
tous les calculs decatégorie
des variétés effectués par Luster- nik et Schnirelmann.G.W. Whitehead a
remarqué
lepremier
la relationqui
existe entrela
catégorie
d’un espace X et la classe denilpotence
de certains groupes associés defaçon
naturelle à X : il aprouvé [ 42 ]
que la classe denilpo-
tence du groupe des classes
d’homotopie d’applications
continues de Xdans le
H - espace
Yest ~
cat X . Ce résultat a étépréciséet
amélioré par I. Berstein et l’auteur dans[
3] .
Dans le secondchapitre
duprésent
tra-vail on expose une série de résultats dont la
plupart
ont été obtenus en collaboration avec I. Berstein[ 3 ; 4 ]
et Hilton-Peterson[ 19 ] .
Soit X unespace muni de
point-base
etsoit D. X
son espace de lacets. Ce dernierest muni d’une structure de H - espace
qui
permet, tout comme en théorie des groupes, de définir pourtout k ? 1
uneapplication
commutatoriellecpk : ~ X X ... X ~ X -~ ~ X
depoids k ;
on définit la classe denilpotence
de, Qx
et l’ondésigne
par nilX leplus petit
des entiersk 2:.
0 tels que~k ~- i ~’ Q
·Dualement,
au sens de Eckmann-Hilton[ 10 ] ,
lasuspension 1 X
est munie d’une structure deH" espace qui
permet la définitiond’ap- plications
co-commutatorielles~7 :SX-~SxV...VSX
de toutpoids
k ? 1 ;
on définit la classe deconilpotence de 1 X
et l’ondésigne
parconil X le
plus petit
desentiers k ? 0 tel,s que ~ k + i ’1 ~ .
Ce sont làdeux nouveaux invariants
numériques
du typed’homotopie,
dont l’introduc- tion se trouvejustifiée
par les deux relations suivantes :nil X - sup nil ~ (~~ Y, X )
etconil X = sup nil ~ ( X , ~ Y ),
où
’~ ( A , B ) désigne
l’ensemble des classesd’homotopie
baséed’appli-
cations continues A -.~ B et est muni d’une structure de groupe si A est une
suspension
ou B un espace delacets,
où nil 7Tdésigne
la classe denilpotence
du groupe 7T et où Y parcourt tous les espacestopologiques.
On étudie certaines
propriétés
de ces deux invariants et l’on prouve, parexemple,
les relations suivantes :~-/o~X:ico~7X~c~X
etW-/o~Xi~7Xicoc~X,
1où
W - lon~ X désigne
le nombre maximum d’éléments des groupes d’homo-topie
de X àproduit
de Whitehead non nul et où cocat X est la duale de lacatégorie
deLusternik-Schnirelmann;
remarquons que, dans le cadre de la dualité deEckmann - Hilton,
leproduit
de Whitehead est le dual du cup-produit.
On sait quel’espace
des lacets d’un espacepossédant
une multi-plication
continue avec élément neutrehomotopique
esthomotopiquement
commutatif; réciproquement, Sugawara [ 39 J
a démontré récemment que, si~ q ( X ) = 0
pourq n
et pourq ~ 3 n - 2
etsi QX
esthomotopiquement commutatif,
alors Xpossède
unemultiplication
continue avec élémentneutre
homotopique.
Unexemple [ 3 , § 3 ; 10 J correspondant
au cas n ce 2montre que le résultat de
Sugawara
est le meilleurpossible.
Le dual d’un espace àmultiplication
continue avec élément neutrehomotopique
étant unespace de
catégorie :£ 1 ,
on dualise le théorème deSugawara
en prouvantque, si X est
( n-1 ) -
connexe, dimX ~
3 n-2 etsi ¡
X esthomotopique-
ment
commutative,
alorscat X ~
1 . Ce dernier résultat est le casparticu-
lier
correspondant
à k = 2 d’un théorèmeplus général :
Si X est( n-1 ) -
connexe, si conil X
k-.1 ,
et sidim X ~ ( k
+1 ) n-2,
alors catXk- 1.
Le troisième
chapitre
est consacré à la définition et à l’étude despropriétés
de lacocatégorie,
la duale au sens de Eckmann-Hilton[
10]
dela
catégorie.
Vu que l’onignore
si la notion de recouvrement ouvert admetun
dual,
leproblème
de dualiser lacatégorie présente
certaines difficultés.Il a été abordé simultanément par Hilton
[ 22 ; 23 J
et par l’auteur[15].
Hilton définit une
cocatégorie semi-simpliciale qui apparaît, plus
oumoins,
comme duale de la définition de la
catégorie
donnée par G.W. Whitehead[ 40 ] ;
remarquons que l’on n’a pas encore trouvé la versionsemi-simpli-
ciale de la
catégorie.
Notredéfinition,
par contre, concerne directement les espacestopologiques
et dérive de la notion defibration; on
pose cocat X = 0 si et seulement si X estcontractible;
on posecocat X ~ k -t- 1
si et seule-185
ment s’il existe une fibration F -~ E 4> B telle que F domine X et cocat E k . Cette notion est strictement duale de la notion de
catégorie inductive,
obtenue en
remplaçant
le motfi,bration
par cofibration et en renversant lesflèches;
d’autre part on prouve que, tout au moins si X a le type d’homo-topie
d’unCW - complexe
connexe, lacatégorie
inductive estégale
à sacatégorie.
On acocat X 1
si et seulement si X est dominépar Dl X.
On prouve que cocat
YX
mincat X ,
cocatY 1 ,
oùYX désigne l’espace
des
applications
continues basées X - Y. En tuant lespremiers
ou der-niers groupes
d’homotopie
d’un espaceX,
1 on obtient de nouveaux espaces dont lacocatégorie
nedépasse
pas celle de X. Comme il a étédéjà dit,
on a
W - lon~ X ~ nil X ~
cocat X . On peutparfaitement
dualiser la bornesupérieure
de lacatégorie
donnée aupremier chapitre :
Si X est( n- 1 ).
connexe
( n y 2 )
et si l’ensemble desentiers q
tels que 7Tq ( X ) ~
0 estcontenu dans la réunion de k intervalles
linéaires, fermés,
chacun de lon-gueur
n- 2 ,
alors cocat X k . Il en résulte que, pourtout k >
1 ,il existeun espace
simplement
connexe X tel que cocat X = k . Lacocatégorie
d’unespace
asphérique
estégale
à la classe denilpotence
de son groupe fon- damental.Finalement,
on définit lacocatégorie
d’uneapplication
et l’ongénéralise
un théorème deSpanier-Whitehead [
37]
ainsiqu’une partie
d’unthéorème récent de Stasheff
[
38]
concernantl’application canonique
L’auteur désire
exprimer
ses très respectueux remerciements à Mes- sieurs les ProfesseursCartan,
Ehresmann et Favard pour avoir bien voulu accepter ce travail comme Thèse de Doctorat.1.
Lacatégorie de Lusternik-Schnirelmann.
On dit que le sous-ensemble A de
l’espace
X est contractile dans X s’il existe unehomotopie h :
A X i - X telle queh( a, 0 )
= apour tout a E A et que
h ( A X 1 )
soit unpoint. L’espace
X est localementcontractile si chacun de ses
points possède
unvoisinage
contractile dans X.L’espace
X estcontractile,
ou contractile ensoi,
s’il existeune
homotopie h :
X X 1 ~ X telle queh ( x , 0 )
= x pour tout x E X et que186
h ( X X 1 )
soit unpoint.
1.1.
DEFINITION. Lacatégorie
catX del’espace
X est leplus petit
desentiers k ? 0 pour lesquels
il existe des ouvertsUi
contractiles dans X tels que X =Uo
uU 1 U ... t~ Uk ; si de
tels entiers n’existentpas,
onpose
cat X = 00 .
La
catégorie
d’un espace contractile est doncégale
à0;
la caté-gorie
d’un espace compact localement contractile esttoujours finie;
unespace de
catégorie
finie est localement contractile.L’ordre du recouvrement
(Va)
del’espace
X est leplus grand
desentiers
n > 1 ,
finis ou non, pourlesquels
il existe au moins unpoint
x EXtel que la relation x E
Ua
soit vérifiée pour n valeurs de l’indice cx . Lerecouvrement
( V~ )
de X est un raffinement de( Ua)
si pourtout /3
ilexiste a tel que
V~
C(7~;
c’est un raffinementbarycentrique
si pour toutx E X il existe a tel que la réunion des
V /3 qui
contiennent x soit con- tenue dansUa .
On écritdim X ~ n (dimension
au sens deLebesgue)si
tout recouvrement ouvert de X admet un raffinement d’ordre n + 1 . Le résultat suivant a été mainte fois
prouvé
sous deshypothèses plus
restrictives :1.2.
THEOREME. Si X estparacompact
et localementcontractile, cat X ~
dim X .
D E M O N S T R A T I ON .
D’après [9],
il existe un recouvrement ouvert( V ~ )
de
X, plus
finqu’un
recouvrement de X par des ouverts contractiles dans X,qui
est à la fois localement fini et d’ordre n + 1 . Il suffit àprésent
de lui
appliquer
le résultatsuivant [ 14 ,
Lemme2 ] :
Î .3.
L E M M E. SoitV = ( V ~ ) ~ E L
un recouvrement ouvert, localementfini,
d’urdre ú)
( ~ (0),
del’espace
normalX. U
admet unra f finement barycen-
Co
trique
ouvert~,
d’ordre c~, et X = ~=IU X~
J avec desX~
J° ouverts à com-~usunt~·s contenues,
chacune,
dans unV ~ .
I) E M U N ~’I’ l? A ’t’ 1 U N . Soit
(W L
un recouvrement ouvert de X tel queil§ c V~, .
Pour toutÀ EL,
définissons par récurrence une suite d’ouvertsW j~
telle que187
Soit 2
l’ensemble desparties
finies nonvides J
deL ,
etdésignons
par1 j 1
le nombre d’ éléments deJ . Evidemment,
la famille( W j~) ~ E L est
localement finie pour tout
n ?
1 , donc les ensembles. 1 Il
sont ouverts. Pour tout x
E X ,
soitP ( x )
l’ensemble desentiers j ? 1
tels que x E
wjÀ
pour aumoins j
valeurs deX ;
on alEP ( x )
car( W j~)
est un recouvrement de .
X;
en outre,P ( x )
est finipuisque 0
est ponc- tuellement fini. Soit m = maxP ( x );
on a donc xE W~
pour tous les~.
d’un
certain j e 2 avec 1] 1 ==
m ;si ~c,t, ~ J et K = J U ~ ~.c, ~ , donc K ~ -
m + 1 -
la relationx E W"z
entraîneraitx E n ~ W~ + 1 ~ ~. E K ~ ,
cequi
contredit la définition de m . Il en résulte que x
E G ¡’
1 cequi
prouve que6 = (Gr), p
est un recouvrement de X. Soit x E X et choisissonsJ.k EL
j j ~~-’ _.
tel que
x E W 1.
Si GJ3x. alorsx ~ V ~ W ~ J ~ ~ ~~ J ~ ; donc, puisque
x E W 1 C W ~ J ~
’ on aJ.k E ]
etG J C W ( J ~ C V .
ceci prouveque 9
esten effet un raffinement
barycentrique
de0. Remarquons
àprésent
que, si] =1= K
maisI J ~ - I K ~ - n ,
alorsG GK == 0;
eneffet, ~ 6G, ~ GK
et
À. ~ / -
K entraînent x EWn W~,
cequi
est absurde. Si ce oo , on aG J - ~
pourJ ~ >
ce;donc, d’après
la remarqueprécédente,
la relationx
E G J
n’a lieu que pour tout auplus co parties J de î. Finalement,
l’ensemble
X j = ~j ~ G J ~ ~ J ~ 1 = j ~ 1
est réunion d’ ouvertsG J , disjoints
deuxi j G~
à
deux,
contenus chacun dans unV À
et X =tj
X j .j =- 1 J
Nous étudierons à
présent quelques propriétés homotopiques
de lacatégorie. Rappelons
quel’espace
Y dominel’espace
X s’ il existe desapplications f :
.’ X - Y et g : .’ Y -~ X telles que lacomposition g o f
soithomotope
àl’application identique
de X( ~ o f ^’ 1 x ) ; si,
en outre,ont dit que X et Y ont le même type
d’homotopie
et quef , ~
sont deséquivalences homotopiques.
Si V est un ouvert contractile dans Y,-1
f ( V )
est un ouvert contractile dans X donc :188
1.4.
PROPOSITION. Si Y domineX , cat X ~ cat Y ;
si X et Y ont lemême
type d’ homotopie,
cat X = cat Y.Les bornes
supérieures
lesplus pratiques
pour le calcul de la caté-gorie
semblent être données par les énoncés suivants :1.5.
THEOREME. Soit X un CW -complexe ( p- 1 ~ -
connexe( p > 2)
telque Hr( X )
soit libreet Hq( X ) =
0pour q >
r. Alors cat Xr/ p . 1.6.
THEOREME. Soit X unCW - complexe ( p- 1 ) - connexe ( p ? 2)
etsoit E l’ ensemble des entiers q > 0 tels que
Hq( X ) ~ 0 .
Si E est con-tenu dans la réunion de k intervalles linéaires
fermés,
chacun delongueur p - 2,
alors cat Xk;
siHr( X )
estlibre,
où r = mtzx E, le dernier in-tervalle peut avoir la
longueur p-1 .
Le
premier
de ces énoncés est essentiellement dû à Grossman[ 20 J .
Le second[ 17 J 1 généralise
un résultat de Eckmann-Hilton[11]
concernant le cas p = 2 . Aucun de ces énoncés n’est un cas
particulier
del’autre; cependant,
les deux résultent enappliquant
le même lemme à deux filtrations différentes ducomplexe
X . En outre, comme il a été fait dans[ 17 J ,
onpourrait remplacer
lesymbole
cat X parCat X ,
où Cat X ksignifie
que X a le typed’homotopie
d’ un CW -complexe simplicial qui est
réunion de k + 1
sous- complexes
self-contractiles; évidemment,
cat XCat X . Le théorème 1. 5 ainsi amélioré
généralise
laproposition
1. 9qui suit,
et l’amélioration n’est pas purement formelle :cat X ~ 1
si et seule-ment si X est dominé par une
suspension,
Cat X 1 si et seulement si Xa le type d’
homotopie
d’ unesuspension,
et Berstein- Hilton[ 5 J
ont exhibéun
complexe
fini Xqui
n’esthomotopiquement équivalent
à aucune sus-pension
bien que cat X = 1 .Afin de démontrer les énoncés 1. 5 et
1. 6 ,
soient K et A deuxe ce
espaces et h : .’ K ~ A une
application.
Ondésigne
par K -~ cK - SK la suite obtenue enplongeant grâce
à l’inclusion 8l’espace
K comme basedans le cône CK et en identifiant ensuite
grâce
àl’application canonique
o- cette base à un
point
afin d’ obtenir lasuspension
SK . Le côneCh
del’ application h
ré sulte du« mapping- cylindre »
Z de h en identifiant le189
e r
sous- ensemble K de Z à un
point;
on a la suite A -~Ch ~
SK dans la-quelle e plonge
A defaçon
évidente dansCh
et ’T identifie à unpoint
le sous- ensemble A de
Ch .
Il estgéométriquement
évident que1.7.
PROPOSITION.catCh ~
1 + cat A .Pour la
catégorie ( au
sensd’Eilenberg-
MacLanet )
des espaces àpoints- base,
le lemme suivant a été obtenuindépendamment
par Hilton[24]
et 1’ aut eur[17] .
1. $.
L E MME. Soit( X , A )
une CW -paire
avec l ’ inclusion a, : A - X, et soient P et 7~ : X - Pl’espace quotient
etl’application canonique
obtenusen
identifiant
à unpoint
le sous- ensemble A de X .Supposons
que A soit(
m-1 ) ~
connexe( m > 2 ) ,
que P soit( n-1 ) -
connexe( n ? 2 ) ,
queH + 1 ( P)
n m- soit libre et queHq( P )
q-= 0 siq > n ~- m .
S’il existe unCW -
complexe
K et uneéquivalence homotopique f :
" SK -~ P , alors ilexiste une
application
h : " K - A et deuxéquivalences homotopiques g
etf
1, avecf
1~ f,
telles que lediagramme
soit
commutatif.
DEMONSTRATION. Introduisons le
diagramme
où
avec pour tout avec
F
= p ^1 ( * )
avec* = rj o a. ( A ) ,
et où e est l’inclusion. On ar o j
=1 X
et j o v ’’~
1 Y . En outre,p o j
= 7~,p =: ~7? o r,
et la secondeligne
estune fibration. En
remplaçant
s’il le fautf par
une autreapplication qui
luisoit
homotope,
etpuisque
P est connexe par arcs, on peut admettre quef o ~ o ~ ( K ) _ * . Puisque
CK estcontractile, l’application f o o-
esthomotope
à uneapplication
constante et lapropriété
de relèvement deshomotopies
fournit uneapplication §
telleque p 0 ’tj; == fo
cr . Soient i etc~ les applications
induitespar j et § respectivement.
Dans le
diagramme
commutatifp q
est unisomorphisme
pourtout q >
1 .D’après [6,
théorèmeII] , 7~’
et
donc /’ est
unmonomorphisme
pourq n + m - 1
et unépimorphisme
pour
q ~ n -I- m-1 .
Il résulte du « lemme descinq »
que i qest un mono-
morphisme
pourq n + m-2
et unépimorphisme pour q n + m-2 .
Puis-que i ,
comme j ,
est une inclusion on obtientpour
D’autre
Part> H q K > °t H q + i SK > 2t H q + i P > donc, d’après
noshypo-
thèses et la formule des coefficients
universels,
pour tout 1
D’après
un casparticulier
du théorème dePontrjagin-
Postnikov[ 7, § 10] ,
que l’on peut d’ ailleurs prouver en construisant comme dans
[ 1 ] (sans
coefficients locaux dans( 3 ) car ~ 1 ( F ) = 0 ! )
une section dans un certainfibré,
il résulte de( 2 )
et( 3 ) qu’il
existe desapplications
( 4 ) h : K ~ A et c~t . K -~ F
telles quec~o = cp et cp 1 = i o h .
Puisque
lapaire ( CK , K )
a lapropriété
d’extension deshomotopies,
ilexiste une
homotopie Ji t :
.’ CK -~ Y telleque ~ 0 == f et f t o ~ = e o cpt .
*D’après ( 4 )
il vientDéfinissons à
présent
unehomotopie dt
" CK - P en posantsi si
Puisque dt
0 F-( K ) _ * ,
par passage auquotient
on obtient unehomotopie
ft:
.- SK-~Ptelle que fto~=dt,
d’oùPuisque 0- ( CK ) = SK
etf 0 o ~ = p o ~ = f o ~
il résulte quef o = f,
donc
f 1 ^~ f . Interprétons Ch
commequotient
del’espace
somme CK uAobtenu en y
identifiant ~ ( k )
eth ( k )
pour tout k E K . On peut alors définir uneapplication g :
.’Ch -~
X en posant1
A = a et g1
CK =ro ~ l’
ceci est loisible
d’après ( s )
et,d’après ( ~ ) , l’ application ~
ainsidéfinie rend le
diagramme ( 1 )
commutatif.Evidemment, 7T 1 ( X ) = 0
et,d’après [ 32 ,
p.319 ] ,
on aainsi ~ 1 ( C-’ -~ ) = 0 . D’après
le «lemme descinq >> , ~
induit desisomorphismes
de ,.uupesd’homologie
etpuisque Ch
a le type
d’homotopie
d’un CW - complexe(choisir pour h
uneapplication cellulaire ! ) , ~
est en effet uneéquivalence homotopique,
et le lemmeest démontré.
Il est facile à prouver, et bien connu si
dim X ~ 2 p-1 ,
que1.9.
PROPOSITION. Si Xes t un CW - com p l exe ( p - 1 ) - conn ex e ( p > 2 )
tel que
H 2 p ~1( X )
soit libre etH q( X )
= 0 siq > 2 p ,
alors Xa le type d’homotopie
de lasuspension
d’un CW -complexe.
Passons enfin à la
DEMONSTRATION DU THEOREME 1. 5 . On peut admettre que le
squelette
de dimension
p-1
de X est réduit à unpoint.
Sir p ,
le ré sultat esttrivial.
Supposons
doncr > p
et soit A lesquelette
de dimension r- p deX ;
soit Pl’espace quotient
obtenu de X en identifiant A . à unpoint.
Ona
77~ CA~O si qp, Hr-p(A)
estlibre, ec~~/U=Osi~> r-p.
°On peut donc admettre comme
hypothèse
de récurrence que cat A( r- p) ~ p .
En posant n = max ( p , r-p+l), Ona7Tq(P)=O si q n , Hn + p _ z(P)
est
libre, et Hq( P ) - 0
siq > n + p . Puisque n -I- p-~1 2 n-1 , d’après
la
proposition
1.9 , P
a le typed’homotopie
de lasuspension d’ un
CW-complexe
K .D’après
le lemme 1. 8 il existe uneapplication h :
" K - Atelle que X ait le type
d’homotopie
deCh donc, d’après
laproposition 1.7,
on aDEMONSTRATION DU THEOREME 1. G . Si
k = Z ,
l’énoncé résulte de laproposition
1.9,
car lasuspension
d’un CW -complexe
esttoujours
decatégorie ~ 1 . Supposo’ns donc k ?
2 etsoient J i
les k intervalles dont la réunion contient l’ensemble E =q
>0 ~ ~ ~X~~O}.
Avec r = max Eon peut supposer que r
~y,.
SoitF = E - J k
et s = max F ; ona s > 2 .
D’aprè s [30]
il existe un CW -complexe simplement
connexe A et uneapplication
~x : " A - X tels quea *
Hq ( A ) 2g H q( X ) pour q s
etHq( A ) =
0 pourq >
s . Sanschanger
le typed’homotopie
de X, on peut supposer que a est uneinclusion;
soit alors Pl’espace quotient
obtenuen identifiant à un
point
lesous- complexe A
de X. On a 7Tq ( A ) = 0
siq p
eton peut donc admettre comme
hypothèse
de récurrence quecat A k-1 .
Soit n =
min E n JK ;
alors1T q (P) = 0 pour q n , Hf( P ) ,’~ Hr( X )et
Hq( P ) = 0
siq > r. Puisque r~72+~-~2y2--?,
il résulte de la pro-position 1. 9
que P a le typed’homotopie
de lasuspension
d’un CU’-complexe
K et,d’après
le lemme1. 8 ,
il existe uneapplication
h : K -~ A telle que X ait le typed’homotopie
deCh .
*D’après
laproposition
1. 7 ona donc
Rappelons
àprésent
la borne inférieureclassique
de lacatégorie:
1.10.
THEOREME. Si cat X= k-1,
si R est un ann eaucommutati f,
etsi u
~ ~*(’X/
J’R )
avecdim ui > 0 ,
>alors u I
U ... Uuk -
0 .DEMONSTRATION. Soient
U 1 , ..., Uk
des ouverts contractiles dans Xet
qui
recouvrent X.Puisque Um
est contractile dansX,
dans la suiteon a
i *
772 = 0 en dimensionspositives,
~- ’ doncx/ = 7*(~ )
mpour un certainvm EH*(X, Um; R~.
On a~u...u~~~X.UL~;R~O.
doncoù j désigne
l’inclusionX -~ ( X , U u m ).
Une autre démonstration résulte desthéorèmes
2.17 et 2.19
du deuxièmechapitre.
On se propose d’étudier à
présent quelques
relations entre la caté-gorie
et le groupe fondamental d’un espace. Les résultats intermédiaires que nous prouverons peuventservir, parfois,
à résoudre certainsproblèmes
concernant les N
applications équivariantes d’espaces
àopérateurs.
Soit
( X, f )
un revêtement del’espace
X au sens de[8] :
par-
définition X est donc un espace connexe et localement connexe,
f
est uneN
application
continue de X surX,
et toutpoint
de Xpossède
unvoisinage
,...
U «revêtu par
( X, f ) >> ,
i. e. tel que chacune des composantes connexes de-1
f ( U )
soittopologiquement appliquée
parf
surU ;
il enrésulte
facile-ment que
f
est unhoméomorphisme local,
donc que X aussi est connexe-
et localement connexe.
Désignons [ 14 J
parcat ( X , f )
leplus petit
desentiers k.2:.
0 tels que Xpuisse
être recouvertpar k
+ 1 ouverts à com-,...
posantes revêtues par
(X, 1 );
si de tels entiers n’existent pas, on pose,... ,...
cat ( X , f ) _ ~ .
D’autre part,désignons
parG ( X , f )
le groupe des homéo-- -
morphismes f
de X sur X tels quef o ~ = f ;
on prouve facilement que,N
si
~1
etç 2
deG ( X , f )
coincident - en unpoint,
alors~1 = ~2 ;
finale-ment, on dit que le revêtement
( X , f )
de X estrégulier
si pour toutepaire
,... ,...
de
points ac 1
1 etac 2
2 de X telle quef ( x 1 ) - f ( x 2 ) il existe ç E G( X, f)
, 2 -
tel
que ~ ( x N 1 )
=x N 2 .
Soient àprésent ( X, f )
et( Y, ~ )
des revêtements de X etY ,
et soit q : X - Y uneapplication
continue. On dit que cp peut,... - ,...
être « relevée » s’ il existe
ép: X ~
Y telle que g0 ~ =
qof ;
si( Y, ~ )
estrégulier,
tout autre relèvementde ~
a la forme 7~0 ép,
où 7~ parcourtH N N
G ( Y, ~ ) ,
et q induit une classed’homomorphismes G ( X , f ) -~ G ( Y , ~ )
194
qui
diffèrent l’un de l’autre par desautomorphismes
intérieurs deG( Y, g):
- ~
il
suffit,
eneffet,
d’ associer àtout ~
E G( X , f ) l’élément TI
E G( Y , ~ )
tel que -q o
~Q == ~ o ~ , où §
est l’un des relèvementsde
- -
1.11.
PROPOSITION. Soient(X, f)
et( Y, ~)
des revêtementsréguliers
des
espaces
connexes, localement connexes, X et Y . Si c~ : X -~ Ypeut
N fw
être relevée et induit un
monomorphi sme
deG ( X , f )
dansG( Y , ~ ) ,
,.. -
alors cat
(
X ,f ) ~
cat( Y , ~ ) .
D E M O N ST R A T ION .
Supposon s
que les composantes connexes de l’ ouvert- -
V C Y soient revêtues par
g)
et soit U une composante connexe def ( U ),
où U est une composante connexe de cp(V ) . D’après [ 8 ,
p. 42]
on a
f ( U )
= U etf
est continue et ouverte. Pour prouver quef
est uni-- -
valente sur
U , soient x 1
et~~ 2
de U tels queI( x 1)
=f ( x 2 ) ;
soitaussi E G ( X , 1)
tel que~( ac I )
=âc 2 .
* Ona ~ 0 ép( x 1 )
g0 (jJ( 2 )
et~p ( U)
est contenu dans une composante connexe W del’ ensemble ~ ~’I(W) ,
-où W
désigne
la composante connexe de Vqui
contientcp ( U ) .
Sur W-
l’application g
est univalente parhypothèse,
donc1£élément
deG ( Y, g)
qui correspond à e
estl’application identique
de Y .Puisque
cp induitun
monomorphisme,
ilvient f
= 1 , doncx 2 = x 1.
Nous utiliserons
plus
loin la version « dimensionnelle) suivante du théorème de Hurewicz[ 25 ,
p.219 ] :
~ 1.12.
LEMME. Soit K un CW -complexe simplicial
connexe et Y unespace
connexe, localement connexe. Soient
( K , f )
et(Y, g)
des revêtementsréguliers
de K et Y. Si~.( Y) =
0 pour0
idim K,
tout homomor-phisme ~ : G( K, f ) -~ G( Y, ~)
est induitpar
uneapplication
continueY: K - Y.
DEMONSTRATION.
Soit Y
l’ensemble despaires ( H , ~ )
telles que :( i )
H est un sous-complexe
de K ,,.. - 1 -
( ii )
y est uneapplication
continue def ( H )
dansY ,
-i
’
-
( iii )
la relation 77 o(jJ = ~ o ~
a lieu surf ( H )
pourtout E G(K, f)
et TI =
~(~)-
~ ~
Posons
f~.T)~fL,~)
si H C Let ~ prolonge ép.
Soit àprésent
~ ( H ~ , ?B)! 1
unepartie
totalement ordonnéede ?. Alors, H = U H À est
unsous-complexe
de K etl’ application ép,
définie parép 1 ï ~’( H ~) _ ~p ~ ,
-1 ~. ,
vérifie la condition
( iii )
surf ( H ) .
Pour prouverque !?
est continue sur-1 ~ -1
f ( H ),
remarquons d’abord uecr
est évidemment continuesur f fer)
pour~ -i tout
simplexe
fermé 0- de H . Considérons ensuite unepartie G C f ( H )
- -1 -1
telle que
G fi f fer)
soit ouvert dansf fer)
pour tout cr de H . Soient~ ~ ~ ~ ~
a
E G , U unvoisinage
ouvertde â
surlequel f
estunivalente,
W = U fi G~ ~ -1 -1
et
W = f ( W ) . Alors W n f ( o-)
est ouvert dansf ( cr )
et W r1 0- l’est dans tout 0- de H ; vu latopologie
faible deK ,
il en résulte que W est~ ~ ~ -1
ouvert dans H .
Puisque f
est univalente surU ,
on aW = uni (W)
ce~ -1 ,. ,."
qui
prouve que W est ouvert dansf ( H ),
et la relationa
E W C G montre-
_ -1
que G l’ est
aussi,
cequi
prouve la continuité decp
surf ( H ) .
Il en ré-sulte
que ?
est un ensemble ordonné inductifqui, d’ après
le lemme deZorn,
admet un élément maximalfM,~).SiM=~K,
il existe unsimplexe
_ -1
cr de K tel que M
U 0- =4=
M . Fixons une composanteconnex~ 7
def (0-);
- -1 _
alors, T~ f ( M ) et T
sonthoméomorphes
parf
à 0- fi M et 0-.Puisque
~
~ r’1 M est un
sous-complexe
de cr et que1Ti( Y )
= 0 pour0 ~
idim cr ,
la restriction
de fl à ? ~ f ..1 ( M )
admet unprolongement
continu~o sur
-1 ^’
Pour toute composante
ô
def fer)
ilexiste ~ ~ G ( K , f ) unique
tel quecJ- _ ~( T) ;
soit’~’~ _ ~ ( ~) ,
et posons( x ) _ ’~ o p o ~ -~( x )
pour tout; 6cr. L’application ~
ainsi définie est continue sur toute composante de-1 -1
f (0-),
donc surf fer)
dont les composantes sont relativement ouvertes( 8 ,
p. 40 - 61]
car 0- est localement connexe. Soit N = M U 0- ,et
alors
( N , v ) E ~ et ( N , v ) ‘,~$ ( M , %.~, )
cequi
contredit la maximalité de( M , ~c. ) . Puisque ?=)=0 (prendre (0-, ) E ~ avec p constante),
on a~ "1
M = K et il ne reste
qu’à
poser cp = go ~0f.
A
présent,
soit .~’ un espace connexe et localement connexe, etsoit
( Ua)aE A
un recouvrement de X telque U.
soit ouvert, nonvide,
etconnexe pour tout a. E A . Le nerf N de
( Ua )
est lecomplexe simplicial
dont A est l’ensemble des sommets et dont les n -