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Physiologie du ligament de Bertin · BabordNum

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(1)

FACULTÉ

DE

MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1897-1898 *8

PHYSIOLOGIE

DU

LIGAMENT DE lILIiTD

ooo

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue publiquement

le 8 Décembre 1897

PAR

Etienne-Joseph-Victor B A R. E» E

à Nice (Alpes-Maritimes), le 28 Juillet 1874

Élève du Service de Santé de la.Marine Ancien Aide d'Anatomie

Prosecteur adjoint â la Faculté de Médecine de Bordeaux

Examinateurs de la Thèse :

MM. BOUCHARD professeur Président.

JOLYET professeur....I PRINCETEAU agrégé ? Juges.

CANNIEU agrégé )

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur

les

diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI PAUL CASSIGNOL

91 RUE PORTE-DIJKAUX 91 1997

(2)

Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. PITRES Doyen.

PROFESSEURS MM. MICE...

AZAM..

DUPIJY.

Professeurs honoraives.

MM.

~

, PICOT

Cliniqueinterne PITRES

rl. . , \ DEMONS.

Clinique externe

j

LANElj0NGUE.

Pathologie interne... N.

Pathologie et théra¬

peutique générales. YERGELY.

Thérapeutique ARNOZAN.

Médecine opératoire. MASSE.

Clinique d'accouche¬

ments MOUSSOUS.

Anatomie pathologi¬

que COYNE.

Anatomie BOUCHARD.

Anatomie générale et

histologie VIAULT.

AGREGES FA

SECTION DE MÉDECINE(Patholog MM. MESNARD.

CASSAET.

AUCHIA.

Physiologie Hygiène Médecine légale Physique

Chimie

Histoire naturelle . ..

Pharmacie

Matière médicale....

Médecine expérimen¬

tale

Clinique ophtalmolo¬

gique

Clinique des maladies chirurgicalesdes en¬

fants

Clinique gynécologique EXERCICE :

ie interneet Médecine légale.) MM. SABRAZÈS.

LE DANTEC.

MM.

JOLYET.

LAYET.

MORACHK.

BERGONIÉ.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

DE NABI AS.

FERRÉ.

BADAL.

P1ECHAUD.

BOURSIER.

SECTIONDE CHIRURGIE ET ACCOUCHEMENTS (MM. YILLAR.

Pathologieexterne/ BINAUD.

(

BRAQUEHAYE

Accouchements. \MM. RIVIERE.

;) CHAMBRELENT

Anatomie.

SECTIONDESSCIENCES ANATOMIQUESET PHYSIOLOGIQUES

)MM. PRINCETEAU | Physiologie MM. PAGHON.

I Histoire naturelle BEILLE.

CANN1EU.

SECTION DESSCIENCES PHYSIQUES

Physique MM. SIGALAS. | Pharmacie... M. BARTHE.

Chimie etl'oxicologie DENIGÉS. |

COURS» COUPVi FII FATAIRFS

Clinique interne des enfants MM. MOUSSOUS.

Clinique des maladies cutanéeset syphilitiques.

Clinique des maladies des voiesurinaires.

Maladies dularynx, des oreillesetdunez.

Maladies mentales Pathologieexterne Accouchements Chimie

Le Secrétaire de la Faculté:

DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

DENUCÉ.

RIVIÈRE.

DENIGES LEMA1RE.

Par délibération du 5 août1879, la Faculté aarrêté que les opinions émises dansles Thèsesqui luisont présentées doivent êtreconsidérées commepropres à leursauteurs, et qu'e lle n'entend leur donner ni approbationni improbation.

(3)
(4)

A MES ONCLES ET COUSIN

A MADAME FOUCARD ET HENRI

Respectsetreconnaissance.

A MES AMIS

(5)
(6)

jfe

A MONSIEUR LE DOCTEUR ANDRE MOUS SOUS

PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX PROFESSEUR DECLINIQUE MÉDICALE INFANTILE

OFFICIER D'ACADÉMIE

fk

(7)

A MONSIEUR LE DOCTEUR MASSE

PROFESSEUR DE MÉDECINE OPÉRATOIRE A LA FACULTÉ DEMÉDECINE

DE BORDEAUX

OFFICIERDE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

(8)

A MONSIEUR LE DOCTEUR PRINCETEAU

PROFESSEUR AGRÉGÉ A LA FACULTÉ DE MÉDECINEDE BORDEAUX CHEF DESTRAVAUX D'ANATOMIE

CHIRURGIEN DES HOPITAUX

OFFICIER D'ACADÉMIE

A MONSIEUR LE DOCTEUR CANNIEU

PROFESSEUR AGRÉGÉ A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX

(9)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR BOUCHARD

PROFESSEUR D'ANATOMIEA LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX MEMBRECORRESPONDANTDE I/ACADÉMIE DE MÉDECINE

OFFICIER DE LALÉGION D'HONNEUR

OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE COMMANDEURDE L'ORDRE DE CHARLES III D'ESPAGNE

COMMANDEUR DE L'ORDRE DE LA ROSE DU BRÉSIL. ETC., ETC.

J'ai l'honneur devous remercier des savantes leçons que vous avez bienvoulu me donner durant l'année que

j'ai passée à l'Institut anatomique, et de l'honneur que vous me faites en présidant la soutenance de ma thèse.

(10)

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(11)

Au mois de mars dernier, M. le professeur Bouchard

me faisait l'honneur d'appeler mon attention sur les articu¬

lations et la mécanique articulaire,,et il meconseillait d'ap¬

pliquer à de nouvelles régions la méthode

employée

sous sa direction par M. Dumur, dans l'étude de la supination et de la pronation.

Je fixais dans des tibias et- des fémurs des crayons ins- cripteurs,et me proposais d'abord d'étudierles mouvements d'adduction,d'abduction du pied, les mouvements de glisse¬

ment des os du tarse. Lesujet meparut vaste, et la méthode graphiquen'est pas toujours aussi facile que dans le cas de

M.Dumur.

Je cherchais plutôt à réduire mon sujet.

Dans l'économie, un ligament joue unrôleimportant dans la

mécanique

articulaire de la hanche: leligament deBertin.

Il intervient dans les mouvements d'extension de la cuisse

surle bassin, et, je prévoyaisdéjà queje serais entraîné à l'étude, qui pourrait être intéressante, de la station debout, de la marche, cas particulier de cette extension. Je fixais donc pour sujet de ma thèse inaugurale la

Physiologie

du li¬

gament de Bertin. Je remercie M. le professeur Bouchard des conseils qu'il m'a fait l'honneur de me donner dans les recherches quej'ai eu l'occasion de faire à l'Institutana-

tomique. Mais je le remercieraisurtout de m'avoir entretenu souvent d'anatomie, et d'avoir tenu souventmon esprit at¬

tentif auxfaits dont la valeur serait peut-être pour moi de¬

meurée dans l'obscurité.

(12)

12

Je remercie également M. le Directeur, directeur de l'Ecole

principale

du Service de Santéde la Marine, qui a

bien

voulu m'autoriser à rester un ande plus au milieu de mes maîtres de l'Ecole, de la Faculté et des Hôpitaux, et surtout

ceux qui m'ont fait médecin, bien plus que ne le feront

ja¬

mais les gros traités de pathologie.

Avant dequitter l'Ecole qu'il mesoit permis de témoigner

toute ma gratitude à M. Princeteau, professeur agrégé,

chef des travaux anatomiques, qui m'offre un an encore

d'hospitalité de son laboratoireet m'a toujours aidé deses

précieux conseils.

Que M. le

professeur

Masse, professeurde médecine opé¬

ratoire, reçoive l'assurance de notre gratitude pourl'ama¬

bilitéavec

laquelle

il a bien voulu mettre à notre disposition

les richesses desa bibliothèque.

Que M. le Dr Cannieu, professeur agrégé, soit encore assuré de ma vive reconnaissance, pour les encourage¬

ments au travail

qu'il

m'a prodigués, pendant mon

séjour

au laboratoire et la-sympathie qu'il m'a souvent témoignée.

Je remercie également M. le professeur André Mous-

sous, dans le service duquelj'ai eu l'honneur de passer un

anen qualité d'externe. M. Moussous n'a pas été seulement

un maître: à son savant enseignement médical, il a sujoin¬

dre la plus grande bienveillance et la meilleure affabilité.

Merci à M. le Dr Sellier, chef des travaux de physiologie,

à

M. Sambuc, Winckler, Roumaillac,

préparateurs,

des servi¬

ces qu'ilsont

bien voulu

me rendre dans la préparation

de

ma thèse.

(13)

PLAN DU TRAVAIL

Après

une description du ligament de Bertin qui nous occupe,

Nous étudions :

Dans un second chapitre, le rôle du ligament de Bertin dans l'extension de la cuisse sur le bassin ;

Dans un troisième, le rôle du ligament de Bertin dans la station debout symétrique;

Dans unquatrième, le rôle du ligament de Bertin dans la marche, cesdeuxattitudes n'étantque descasparticuliers de l'extension ;

Dans un cinquième, nous reproduirons les travaux de Bigelow et Tillaux, démontrantle rôle du ligament de Bertin dans la pathogénie des luxations de la hanche.

Suivent les conclusions.

(14)

«ai®

r

(15)

CHAPITRE PREMIER

Description anatomique.

Le ligamentde Bertin est un épaississementde la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche. Il est constitué par des faisceaux de tissu connectif densequis'insèrenten haut

au niveau de

l'épine iliaque

antérieure etinférieure et vont de là en s'irradiant se terminer sur la ligne intertrochanté- rienne antérieure. Cet éventail fibreux ilio-fémoral porte le

nom deligament de Bertin.

Toutefois Bertin décrit encore deuxportionsplus épaissies

de ce ligament :

L'une supérieure,

horizontale,

le faisceau ilio-prétro- chantérienqui vient s'attacher sur un tubercule situé en avant du grand trochanter, immédiatement en dedans de

l'empreinte

du petit fessier

(Poirier).

Son épaisseur peutêtre

de 1 centimètre;

2° Un faisceau vertical dont la dénomination mômede ilio- prétrochantinien indique suffisamment les insertions. Il est aussi résistant, aussi épaisque le premier faisceau.

C'est là la

description

du ligament de Bertin, faite parBer¬

tin lui-même. Elle

estadmisepar

laplupart des anatomistes,

avec quelques nuances pourtant: Cruveilhier et

Sappey

ont appelé ligament de Bertin le seul faisceau vertical : mais cette dénomination ne

répond

pas à la

description

donnée plus haut. Ou bien encore, Bigelow, tandis que la portion de la capsule située entre les deux branches est relativement très mince, insiste

davantage

sur la

disposition

enY des

(16)

deux faisceaux,et à la

dénomination de ligament de Bertin

est substituée celle deligamenten Y

de Bigelow.

C'est là une description

brève du ligament de Bertin que

l'on trouvedans tousles traités classiques

cl'anatomie

:

quel¬

ques-uns

cependant

en

font

une

étude plus détaillée et plus

complète en

raison même du rôle important que nous lui ver¬

ronsjouer dans

la suite. Toutefois à

mon

tour, j appellerai

l'attention sur quelques

points plus spéciaux, qui passent

inaper;us

dans les

ouvrages

auxquels j'ai fait allusion plus

haut

(Poirier, Testut...).

AvecFerdinand Martin et Collineau

plaçons

une

articula¬

tion de la hanche dans une extension

modérée. Il est

un

fait

qui frappe

surtout

:

c'est l'enroulement spiroïde des fibres

du ligament

de Bertin

; on

voit

ces

faisceaux fibreux, tendus,

dirigés obliquement

de liant

en

bas, de. dedans en dehors,

croisant obliquement

la face antérieure du col du fémur,

qu'ils

entourent à la manière d'une spire. Cette dernière des¬

cription

du ligament de Bertin n'est qu'une répétition delà

première, mais elle est mise

sous

une autre forme.

En outre, avec M.

Bouchard, j'appelle l'attention

sur ces

faisceaux fibreux qui

partis, de la face postérieure de l'épine

iliaque

antérieure et inférieure, descendent sur la face pos¬

térieure du col, le contournent et

remontent

vers

la face

an¬

térieurepour

venir

se

terminer

un peu

en avant du point

d'où ils sont partis. Ensomme,

il

y a

là des faisceaux fibreux

décrivant un cercle presque

complet autour du col, passant

comme une sangle sous le

col, et quelques-uns d'entre

eux

viennent se continueren avant avec le

ligament de Bertin.

Enfin, dans les dissections que

j'ai faites moi-même de

ce ligament,

j'ai surtout remarqué les rapports de la face anté¬

rieure du faisceau vertical du ligament de

Bertin. Accolée à

lui, en avant, est

située la portion iliaque du muscle psoa-

iliaque. Et

il est

un

fait qui

passe

presque inaperçu clans les

ouvrages que nous avons en

mains, c'est l'insertion des

faisceaux musculaires les plus externes

de l'iliaque. C'est

ainsi que

toujours cette insertion

se

prolonge depuis le bord

(17)

17

interne de la crête iliaque jusque sur l'épine iliaque anté¬

rieure etinférieure; etque, souvent, trèssouvent, on voitcles faisceaux musculaires s'insérer sur la face inférieure de cetteépine, contourneren avant

le col

du fémur de la même façon que le faisceau

vertical du ligament de

Bertin. Leur bord interne seconfond avec le bord externedel'iliaque.Ces faisceauxmusculaires quelquefois

différenciés

en un muscle

ont reçule nom

d"Iliacus minor. Vlliacus minor

nous inté¬

resse, dans le sujet qui nous occupe au moins.

Cruveilhierl'avait déjàvu. Quaine et d'autres l'ontencore étudié et ils concluent que cemusclese retrouve dans la plu¬

part descas. Quoiqu'il ensoit, je crois quesi cemuscle ne se différencie pas quelquefois, il existe d'une façon constante quelques faisceaux de l'iliaque qui s'insèrentsurl'épine ilia¬

que antérieure et inférieure, et,j'ajoute encore, on voit con¬

tinuellement des fibres jnusculaires nombreuses venir s'in¬

sérersur le ligament de Bertin lui-même, dans saportion la plus

supérieure

au moins. En

résumé,

les faisceaux fibreux

verticaux du ligament de Bertin sont placés sous des fais¬

ceauxmusculaires verticaux du muscleiliaque, et quelques-

uns des seconds s'insèrent sur les premiers.

B.

(18)

mm

I

(19)

CHAPITRE II

Le

ligament

de Bertin dans l'extension.

Surune articulation de la

hanche, disséquée,

faisons mou¬

voir le fémursur lebassin. La « noix» articulairenous per¬

met des mouvements de

flexion, d'extension, d'abduction, d'adduction,

rotation, circumduction.

Le mouvement de

flexion,

nous le savons tous, est le mou¬

vement qui selimite par la rencontre de la face antérieure de la cuisseet du tronc. Ce mouvement se fait dans un plan

<[uenousfaisons passer par l'épine

iliaque

antérieure et su¬

périeure, le centre de la téte

fémorale,

l'extrémité

condy-

lienne du fémur.

D'une

façon

très

générale,

le mouvement d'extension est le mouvement inverse : et c'est un fait bien connu que, dans ce mouvement, la face antérieure de la capsule, je veux surtout parler du faisceau vertical du ligament de Bertin, se tend, se tord sur elle-même.

Et un moment arrive où l'extension n'est plus possible. C'est letude de l'étendue de cemouvement qui fera

l'objet

de ce

chapitre, c'est-à-dire quej'essaierai de voir si c'est bien le

ligament deBertin qui limite l'excursion du fémur sur le bassin : c'est là

l'opinion,

nousle savons,

généralementadop-

tée. Mais nous pourrons nous rendre compte d'abord de l'étendue même de cette extension.

Plusieursauteurs sesont efforcésde déterminer en degrés

(20)

20 -

Parc parcouru par

le fémur dans son extension sur le

bassin.

Les résultats numériques

donnés varient considérable¬

ment.

Les frères Weber, dont

l'opinion doit être sérieusement

discutée, avantd'être

rejetée, à

cause

môme de la précision

qu'ils ont

apportée à toutes leurs expériences, les frères We¬

ber,dis-je, donnent au

mouvement d'extension une étendue

de 86°.

Henke

reprend les expériences de Weber, et avec lui l'é¬

tendue de l'extension arrive à 130°.

Ce chiffreest admis par

Bouchard, Testut, Poirier. Masse,

dans d33

expériences qu'il

a

faites

en

1879-80, le porte même

à 135°.

J'ai mesurémoi-même cette extension et, sans

pouvoir af¬

firmer que mes

résultats sont irréprochables, j'exposerai ce

que

j'ai observé moi-même.

Un cadavre estcouché sur un plan

horizontal;

un

style ^

inscripteur

(un crayon) est fixé solidement

sur

la face ex¬

terne du

condyle.

A ce

niveau, la

peau

est enlevée

sur une

a; *

étendue de 4 centimètres carrés afin de

n'exercer

aucune

pression

sur

le

crayon.

En

me

tenant autant que possible \t

dansun même plan,j'ai

décrit deux fois la courbe représen¬

tée dans la figure I.

(Voir fig. I.)

Dans ce mouvement,j'ai apporté tous mes

soins à

ce que le fémur nedécrive aucune rotation sur son axe

longitudi¬

nal. Je m'explique: au

début de l'expérience, les deux faces

latérales interneet externe des condyles

étaient verticales

: ellesdoivent demeurer verticales durant toute

l'excursion.

Dans

unepremière expérience, la jambe continuait la cuisse.

Dansla secondej'avais pratiqué une

désarticulation du

ge-

nou, par

conséquent laissé la rotule (ce détail

a son

impor¬

tance à cause même de la fixation de

l'aponévrose

de la

cuisse auxailerons, aux

condyles), dans la seconde, dis-je,

j'avais devant

moi les condyles et je pouvais empêcher faci- -Û

v

lement toute rotation du fémursur son axe.

(21)

La courbeobtenue est étudiée avec Laide de M. Wincklpr, préparateur

de physique médicale; elle est manifestement

une circonférence, de 39 cent. 1/2 de rayon peu

importe.

Mais elle est une circonférence, ce

qui

ne

saurait

nous

éton¬

ner, du reste.

Le même cadavre est placé sur le

bord de la table, de telle

sorte que les deux membres

inférieurs la dépassent, mais (je

ne saurais trop insister sur ce

point) les membres inférieurs

sontbien toujours dans le même plan

horizontal.

L'extension de la cuisse sur le

bassin est poussée à son

maximum pendant que

quelques précautions sont prises.

D'abord, lebassin estsolidement tenu au

niveau de

sa

crête

iliaque. En second lieu, toute

rotation du fémur

sur son axe longitudinal est

impossible.

Lacourbe obtenue mesure un arc de cercle de 125°.

Pour moi donc, la longueurde

l'extension de la cuisse

sur

le bassin est de 125°.

Etavant d'aller plus loin, je

signale lej fait suivant

:

si je

permets au fémurde tournersur son axe,

mouvement qui

porte le petit trochanter vers

le bassin, relâche

par con¬

séquentle ligament de Bertin ou

le

psoas, comme

l'on

vou¬

dra pour le moment, aussitôt

l'étendue de l'extension

aug¬

mente et atteint le chiffre de 135°.

Mais cette rotation du fémur sur son axe, avait déjà été

vue (Masse, Attitude des

membres).

Dans

l'extension, le

membre inférieur exécute un léger mouvement de

rotation

suivant son axe, qui porte la pointe

du pied

en

dehors, le

petit trochanter en

avant, le grand trochanter

en

arrière.

Etje vais me permettre

d'insister

sur

cette rotation du

fémur sur son axe longitudinal, parce

qu'elle

nous

explique

la variété des résultats obtenus.

En effet, si l'on permet au

fémur de tourner

sur

lui-

même, si l'on permet par

conséquent

au

petit trochanter de

se porter enavant, ou

bien même,

au

ligament de Bertin

(faisceau vertical)

de

se

relâcher, l'extension '

va

bien plus

loin, bien au delà de 125°,

elle

va

jusqu'à 135°.

(22)

22

En d'autres termes, qu'il me soit permis, pour la commo¬

dité de

l'étude,

d'établir un parallèle ici entre le mécanisme de l'articulation temporo-maxillaire et celle de l'extensionde l'articulationcoxo-fémorale. Dans le premier cas

(Traité

de Beauniset

Bouchard), il

y a lieu de

distinguer

deux temps

dans les mouvements d'élévation et d'abaissement de la ma-

J

choire inférieure :

1° Le

fibro-cartilage

de l'articulation se porte enavant,en¬

traînantavec lui le condyle.

2e

temps,

le

condyle

roulesur le

fibro-cartilage.

De même, dans ce mouvement d'extension du fémursurle

bassin, je

distingue

deux temps :

Dans un premier, le fémur s'écarte du bassin

jusqu'à

125°:

s'arrêtele mouvementd'extension.Mais, que l'on permette

au fémur de tourner sur son axe, l'extension va plus

loin;

le

petit

trochanter,

solidement rattaché au

bassin,

ne saurait , «

s'en écarter

davantage.

Est-ce àdire quedans le mouvement d'extension la rota- tion du fémur sur son axe ne se produise pas en même

g*.

temps? Je n'ai point la prétention de nier le fait, au con¬

traire,je serais plutôt porté àcroire que « les mouvements d'extension et deflexion se combinent avecdes mouvements derotation du fémursur son axe ». Tout aussi bien que dans l'articulation

temporo-maxillaire,

les deux mouvements ont lieu simultanément.

Mais poursuivons nos expériences sur le cadavre. Ce der¬

nier est toujours placé sur le bord du plan

horizontal,

avec

les mêmes précautions signalées plus haut. Passant par le grand

trochanter,

une incision transversale de la peau, l'a¬

ponévrose,

le tenseur dufascia lata, est pratiquée. L'exten- ^ sion était de 125° : elle est possible

jusqu'à 128°-129°,

c'est-à-

dire qu'elle est à peine augmentée.

Je sectionne le couturier, le droit antérieur, et en¬

fin le psoas; et j'essaie de voir si, le psoas étant sectionné, l'étendue de l'extension sera augmentée. Et

j'ap¬

pliquais

là toute monattention, afin

d'essayer

de voir si les

y

(23)

frères Weber avaient eu raison d'écrire que : « les mus¬

cles fléchisseurs, passivement étendus, arrêtent les mou¬

vements d'extension, bien avant la limite imposée par les ligaments. »

Sans rotation du fémur sur son axe, le psoas sectionné,

l'étendue de l'extension a atteint le chiffre de 136°.

Si, d'autre part, je permettais au petit trochanter de s'éle¬

ver autant qu'il le voudrait, tout en augmentant l'extension de la cuissejusqu'à 136°, la section du psoas était sans effet.

Ces quelques expériences m'ont suggéré quelques ré¬

flexions : il y a unepremière cause d'erreur à signaler, ce me semble. Lorsque mon cadavre repose sur un plan liori- fontal, ne faudrait-il tenir aucun compte de la diminution même qui doit se produire sûrement des courbures ? la colonnevertébrale par son propre poids, par le poids des viscères,ne doit-elle pas diminuer sa courbure? le psoas par conséquent ne doit-il pas aussi se raccourcir?etenfin, puis¬

que le fémur tourne sur son axe, le psoas, lui-même, ne doit-il pas se relâcher autantqu'il le voudra?

Etje crois que lemoment est venude se rappeler queles

fibres les plus externes du psoas,cellesmême quicorrespon¬

dentà Viliacus minor, sontdirectement accoléesau ligament de Bertin et queje serais toutdisposéà croire, qu'au point de

vue de l'extension, l'un et l'autre sontbien disposés pour ne pas permettre qu'elle se fasse au delà de 135°approxima¬

tivement.

Au muscle, organe actif, de ramener rapidement, ainsi que nous le verrons plus loin, en flexion le fémur dans la marche, lorsquece dernier sera à sa limite d'extension. Au

ligament, organe

passif,

d'empêcher que l'extension ne se fasse au delà.

Revenons à notre expérience sur [le cadavre. L'extension

est à 136°. Avec le scalpel, je débride la capsule. Les fais¬

ceaux fibreuxdu ligament de Bertin crient sousle couteau;

eten les coupant, on voit combien grande est leur tension.

Lacapsule ouverte, l'extensionva facilement à 147°.

(24)

Pour terminer cette série d'expériences, nous pratiquons enfin une section du

ligament

de Bertin, sur le même cadavre, sur le membre opposé, et avec les mêmes précau¬

tions. Une incision de la peau est faite en dehors de l'artère,

sur le bord internedu psoas; lemembre est fléchi, la capsule coupée transversalement. L'extension mesurée est de 136°.

Que pouvons-nous conclure de cette expérience?

On est seulement autorisé, je crois, à formuler le fait sui¬

vant : le tendon du psoas aservi à ce moment-là de ligament d'arrêt, et nous avons le même résultat que dans

l'expé¬

rience où nous avions sectionné ou non le psoas, tandis que le ligament de Bertin existait encore.

Du role du faisceau transversal du ligament de Bertin.

Jusqu'icinous nenous sommes occupé que du faisceauver¬

tical duligament de Bertin. Nous avons

essayé

de voir aussi le rôle du faisceau transversal, et de voir dans quelles con¬

ditions il limite le mouvement de rotation en arrière du fémur.

Cette étudesera brève : je présente deux courbes absolu¬

ment démonstratives

(fig.

2) : un style

inscripteur,

coudé à angle droit, est fixé dans le grand trochanter; j'opère une rotation du fémur sur son axe longitudinal et j'obtiens la courbe AB, arcde circonférence, répondant à un angle de 71°. La corde AB est de11 centimètres.

Une section du faisceau transversal du ligament de Bertin est faite : la courbe obtenue C D est

beaucoup

plus étendue; mais elle ne paraît pas être une portion de cercle; cette corde CD ferait partie plutôt d'uneellipsedont les deux foyers seraient très rapprochés. Je m'explique difficilement le pourquoi de cette courbe. Quoi qu'il en soit, rapportant la

mesure de cetarc en degrés à une circonférence dont le

(25)

centre serait les deux foyers confondus,

j'obtiens101°; la

corde sustendant l'arc est de 19 centimètres. De là, nous sommesautorisé à conclure, malgré la petite difficulté que j'ai rencontrée dans cette expérience, que

la rotation

en arrière du fémur sur son axe longitudinal est bien limitée

par le faisceau horizontal du ligament de

Bertin.

Ces conclusions sont bien une réponse au

problème

que

nous nous sommes

posé

: physiologie ou

rôle du ligament de

Bertin.

(26)

J

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1

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1

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*

(27)

CHAPITREIII

Le

ligament

de Berlin dans l'attitude debout.

Dans l'attitude debout symétrique le corps est en contact

avec le sol par la plante des pieds qui constitue le polygone

de sustentation, les bras appliqués le long du tronc, l'œil di¬

rigé à l'horizon.

Si nous examinons les forces qui interviennent dans la station debout pour maintenir le corps en équilibre, nous trouvons que ces forcesdoivent empêcher le corps formé de segments articulés de tourner autour de quatre axes, pas¬

santl'un vers l'articulation occipito-atloïdienne, le second par les articulations coxo-fémorales, le troisièmepar les ar¬

ticulations du genou, lequatrièmepar les articulations tibio- tarsiennes.

Comment cette attitude peut-elle être conservée?Comment

sefait-il que ces segments articulaires, essentiellement mo¬

biles les uns sur les autres, tête, tronc, cuisses, jambes, 11e tournent pas l'un sur l'autre ?

C'est là le problème de la station debout que se sont posé les Weber, Giraud-Teulon, Nicolas, Richer, et tous les phy¬

siologistes qui sesont occupés demécanique animale.

Dans le sujet qui nous occupe, notre problèmeest bienplus

limité et nous nous efforçons uniquement de répondre à la question suivante :

La tête étant en équilibre sur le tronc, les bras pendants, accolés à cedernier,ainsi quedans l'attitude debout, quelles

(28)

sont les forces qui

maintiennent le segment supérieur du

corps, têteet tronc, en

équilibre

sur

les fémurs ?

Le

problème paraît être

un

des plus élémentaires de phy¬

siologie. On croirait

pouvoir le résoudre de la même façon

qu'en

mécanique

on

étudie les conditions d'équilibre d'un

corpsfixé en un

point situé au-dessous de

son

centre de

gravité.

Les deux

problèmes

se

ressemblent

;

mais le nôtre

secom¬

plique et, pour

tenter

une

solution,

nous

répondrons à deux

questions :

La ligne de gravité

dans l'attitude debout, celle qui

con¬

tient le centre de gravité de

la

tête,

du

tronc,

des bras,

passe- t-elleen avant, enarrière ou par les

articulations coxo-fémo-

rales elles-mêmes ?

Le ligament de Bertin, qui

relie le tronc

aux

cuisses,

em-

pêche-t-il le

tronc

de basculer

en

arrière dans le

cas

où la

lignede gravité

passerait

en

arrière des deux supports.

Répondant à la première question

que

je

me

suis proposée,

j'examine plus

attentivement les conditions d'équilibre du

tronc sur les fémurs.

Dansl'attitude debout, la tête, le tronc, les membres

supé¬

rieurs forment un tout rigide ayant soncentre

de gravité à

lui, et qui n'est point

celui du

corps

de l'homme. Et j'avais pensé

tout

d'abord

essayer

de déterminer

sa

situation ap¬

proximative.

Mais M. Bergonié ne nous

le dit-il

pas

dans*

son

cours?

Rien n'estplus variable que

la position, même de

ce

point.

Al'étatnormal, plusieurs conditions

le déplacent (Nicolas).

C'est d'abord l'état devacuité ou de

plénitude des viscères

abdominaux, de l'estomac enparticulier.

Il

en

est de même

de l'utérus. Dans les trois ou quatre

premiers mois de la

grossesse, il occupe

la concavité du bassin; mais plus tard

il

dépasse

le

pubis, distend l'abdomen, fait proéminer

sa paroi

antérieure. Il déplace alors le centre de gravité et le

porte en avant

d'une quantité notable. Dans le port des far¬

deaux surle ventre, sur lesépaules, le dosou

les hanches, le

(29)

déplacement est plus considérable même; mais ce dernier

cas n'est déjà plus

celui de l'attitude debout, ainsi que nous

l'avons définie.

Il est doncétabli que

rien n'est moins fixe que le centre de

gravité

;

tout

ce que nous

pouvons dire c'est, avec Weber,

qu'il est

approximativement dans un plan horizontal pas¬

sant par

la base de l'appendice xiphoïde. Mais si cette déter¬

mination du centre de gravité

paraît très difficile à laire, et

puisque,

alors même

que

je serais arrivé à la faire, elle

n'était d'aucun recours pour

moi, j'ai

cru

devoir tourner la

difficulté. Les travaux de

Richer

me

furent de la plus grande

utilité.

Tout d'abord, il est un fait

évident, c'est que si la ligne

dite de gravité,

qui contient

ce

centre, passait en avant du

point

d'appui du tronc

sur

la tête des fémurs dans l'attitude

debout, lesegment

supérieur du

corps

tendrait toujours à

basculer en avant, à moins que

les grands fessiers ne vien¬

nent

perpétuellement redresser le tronc. Or, Richer fait re¬

marqueravec

justesse

que,

dans l'attitude debout, les mus¬

cles fessiers sont toujours

relâchés. C'est là

un

fait que tout

le monde peut

constater

:

il est d'une banalité telle et d'une

observation si facile que je

crois devoir

me

dispenser de

développements.

Ce serait donc à tort que l'on aurait écrit

quele

rôle des fessiers dans l'attitude debout était démon¬

tré par

l'anatomie comparée;

on

trouve, en effet, qu'ils sont

d'autant plus

développés dans la série animale, que l'espèce

chez laquelle 011

les examine

a

plus de propension à se tenir

dansla station verticale

(singes anthropomorphes, kangu-

roos, ours),

tandis qu'ils sont d'une importance secondaire

chez les

quadrupèdes conservant toujours leur position hori¬

zontale. Dans la marche, ils seront

évidemment de la plus

grande

importance, et c'est à

propos

de la marche des bipè¬

des que cetteremarque

devait être faite, c'est donc unique¬

ment la marche qui

nécessite le développement des fessiers

inactifs et mous dans l'attitudedebout.

Nous avons déjà une

première raison, et de haute valeur,

(30)

30

qui nous porte à croire que la ligne de gravité passe en arrière de l'articulation coxo-fémorale. Il en est une

seconde.

Richer, encore, a pu déterminer la ligne de gravité par un

procédé très précis. Cette ligne est évidemment dans le plan

médian du corps. Pour déterminer le plan vertico-latéral,

voici comment ilprocède :

« Un sujet, préalablementchaussé de sandales à semelles de bois parfaitement planes, se tient debouten équilibre sur la surface de section d'une planche verticale de 1 centimètre d'épaisseuretdisposéetransversalement par rapport

à

lui.

Un fil à plomb est installé à demeure surle côté du sujet, de manièrequ'il rencontre la section de la planche. Enfin, l'ob¬

servateur se place

à

unecertaine distance sur le prolonge¬

mentde cette même planche et voit ainsi le sujet en expé¬

rience de profil, traversé parla verticale du fil à plomb. Le sujet est alors invité à se tenir en équilibre sur les deux pieds, en prenant contact avec la planche par différents points de la longueur delà semelle, de la pointe au talon.

Chaque foisque

l'équilibre

est établi, une photographieest faite, l'objectifse trouvant dans le plan vertico-latéral qui contient la plancheet le fil à plomb. Le sujet est ensuite

photographié

dans la station debout, à la même place, mais reposant alorssur unelarge surfaceparfaitementhorizontale.

» Le centre de gravité, dans tous ces cas, est contenu dans leplan vertico-latéral, je puis diresur la ligne du fil à plomb placé sur lesparois latérales du corps. Au moyen des pho¬

tographies,

le point d'intersection de ces lignes me donne la position du centre de gravité,que l'on reporte ensuite sur le sujet reposant surla large surface horizontale. »

De l'examen de ces

photographies,

Richer conclut que, dansla stationdroite, la ligne degravitépassebien enavant de l'articulation tibio-tarsienne,dansunplanvertico-transversal situé en avant de l'apophyse du cinquième métatarsien. En haut,cette ligne passe enavant dumoignondel'épauleet tra¬

verse le pavillonde l'oreille vers son milieu.

(31)

* r

31

Jesuspends un

cadavre

par

les épaules; je place

sa

tête

verticalement, afin quele

sujet regarde

en

avant de lui, ho¬

rizontalement : je le suspens au moyen

de

ce

même

appa¬

reilqui sert dans nos

services de chirurgie à confectionner

le corset deSayres.

Puis, je laisse

peu

à

peu

descendre

mon cadavre

jusqu'à

ce que

les pieds arrivent

au

contact du sol.

Par comparaison avec un

sujet vivant placé dans l'attitude

debout, je modifie par

tâtonnements la situation de

mon cadavre. Finalement, il estsuspendu etrepose

cependant

sur le sol. Au moyen d'un

fil à plomb, je place la ligne de Riclier

;

au niveau dela hanche, j'enfonce de longs

clous dans les

chairs. J'aiconstatéque la ligne

de gravité passait à deux

centimètres en arrière dupoint culminant

de la cavité coty-

loïde, le bassin placé dans

l'attitude debout (fig. 3).

Or, si le tronc est en équilibre sur les

fémurs, c'est

au

ni¬

veaudu point culminant de la

cavité cotyloïde forcément

quele segment

supérieur appuie

sur

les fémurs.

Sur le vivant de même, j'ai vu toujours la ligne

de gravité

passer en

arrière

du

grand trochanter, dans la fossette rétro-

trochantérienne. Le bord postérieur du

grand trochanter

est-il lui-même en arrière du point de l'articulation coxo- fémoralequi seul nous

intéresse?

Par

comparaison

avec

le

cadavre je crois pouvoir affirmer que la ligne

de gravité

passe en

arrière.

En résumé, nousvenons de voir: premièrementque, dans

l'attitude debout, les fessiers sont relâchés; deuxièmement,

que la ligne

de

gravité, déterminée par

Richer,

passe en ar¬

rière de l'articulation coxo-fémorale.

Delà, nous sommes autorisé à conclureque, en aucun cas, la ligne de gravité ne passe en avant. La lignede gravité

ne passant pas en avant de l'articulation coxo-fémorale, passe donc en

arrière,

ou bien encore, elle peut passer par le point même delà cavité

cotyloïde, où

le bassin dans l'atti¬

tudedeboutappuie surle fémur.

Si lalignede gravité passait par l'axe même de la cavité cotyloïde,

l'équilibre

qui est déjà instable, comme nous

(32)

32

l'avons

déjà

vu, le serait au plus haut point, et perpétuelle¬

ment le tronc tendrait à basculer en avant ou en arrière bien plus

fréquemment

encore qu'il ne le fait. Ce ne sont pas là des raisons, il est vrai, mais une

simple

remarque.

La

ligne de

gravité passe en arrière de l'articulation côxo-

fémorale,

j'en ai donné plus liaut la preuve.

Rielier l'a écrit : « Il est bien établi par l'examen du nu, que, dans la station droite bien

équilibrée,

les muscles fes¬

sierssont dans le relâchementle pluscomplet. Nous devons

en conclure quec'est en arrière de l'axe transversal qui join¬

drait le centre des deux articulations coxo-fémorales que passe la ligne de gravité du tronc, et que c'est en avant qu'il

nous faut chercherle

contre-poids.

»

Les frèresWeberdonnentdeschiffres : «La ligne de gravité passe un peu en arrière du centre degravitédelà tête, un peu au-devant de la colonne cervicaleetdorsale, croise cette der¬

nière vers la douzième vertèbre de cette région, descend un peu en arrière du centre de rotation de l'articulationcoxo-

fémorale,

etc. »

Cette opinion est partagée par Wundt

(traduction

de Bou¬

chard).

Poirier

l'accepte

dans son Trajtéd'anatomiô.

Je ne paraîtrai pas

trop

hardi en me permettant mainte¬

nant d'affirmer que la ligne de gravité passe enarrière de l'articulation coxo-fémorale. C'est la solution du

premier problèmequeje me posais au début de cechapitre.

Le bassin et le tronc qui est au-dessus de lui peuvent donc être assimilés à untreuilsuspendu à sestourillons. Uneforce agit continuellementen arrière decespointsde fixationpour les faire basculerenarrière. Commentpeuvent-ils demeurer

en

équilibre?

Quellessontles forcesquiempêchent cette rota¬

tion, font

contre-poids

ausegment supérieur du corps? C'est là le second problème quenous avons poséplus haut et dont l'énoncé devait être rappelé ici, afin que la suite des rai¬

sonnements y soit nettementexposée.

Plusieurs théoriesont été mises en avantpour

expliquer

la

persistance

de

l'équilibre

du tronc sur les fémurs. Les uns

(33)

33

ont voulu donner aux muscles le rôle

prépondérant; c'est la

théoriemusculaire; les autres ont fait jouer aux ligaments

un rôle capital.

Mais cette division en théorie ligamenteuse, théorie mus¬

culaire me

paraît peut-être

un peu

exagérée. J'ai

sous mes yeux

les opinions de Weber, Giraud-Teulon, Nicolas et d'au¬

tres anatomistes et physiologistes. Aucun

de

ces auteurs ne se posela question nettement

ni

ne

la

résout. La

plupart

écrivent : « Le bassin est en équilibre instable sur les fé¬

murs. S'il bascule en avant, les fessiers le ramènent en

arrière; s'il

bascule

en

arrière, le

psoas

le ramène

en

avant.

Ce sont là des faits évidents au sujet desquels aucune dis¬

cussion ne s'estpointélevée.

La question est

plus délicate desavoir si dans l'attitude

debout, c'est le psoas oule ligament de Bertin qui

empêche

le tronc debasculer enarrière.

La plus ancienne

théorie

émise

à

ce

sujet,

la

théorie

mus¬

culaire, remonte à Fabrice d'Aquapendente. Elle admet que le redressement des divers segmentsducorpsdans

l'attitude

deboutne peut être maintenu que par la contraction inces¬

sante des groupes musculaires antagonistes;

le

psoas,

dans

le cas qui nous occupe, tendrait donc à ramener en avant le

troncqui tend à basculer en

arrière.

La théorie ligamenteuse mécanique des frères Weber est celle qui est admise au contrairepar la plupart des physio¬

logistes. Weber, cité par Nicolas

(Attitude de Vhomme,

Paris 1882), a

écrit

: « Les muscles limitent les mouvements avant que les ligaments aient atteint leur extrême disten¬

sion.

Mais Weber a écrit encore, àpropos de l'articulation de la

hanche: « La distension des ligaments de l'articulation de la hanchejoueunrôle capital dans l'attitude debout, de telle sorte

qùe

l'extension serait

maintenue

en

dehors

de toute

extension musculaire par la seule force dela pesanteur agis¬

sant en sens opposé des

ligaments distendus

». Cette opinion

est celle de Riclier, admise par Poirier L'attitude debout

B. 3

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