Influence de la nutrition du hêtre (Fagus sylvatica L.)
sur
la sensibilité
auchancre
provoqué par Nectria ditissima Tul.
R. PERRIN
on de Recherche
J.
GARBAYEsur la Flore path
LN.R.A., Station de Recherches sur la Flore
pathogène
dans le sol Centre de Recherches de Dijon, 17, rue Sully, F 21034 Dijort Cedex*LN.R.A., Station de Recherches sur les Sols forestiers et la Fertilisation Centre de Recherches forestière.B’ de Nancy,
Cliai 7 i l )eiiotix,
F 54280 SeichainpsRésumé
Des
plants
de hêtres sont élevés sur tourbefertilisée,
dans laquelle on fait varier ladisposition
en élémentsN, P,
K,Ca,
Mg, S.Après
8 à 9 moisd’élevage,
les hêtres sontinoculés artificiellement avec Nectria ditissima, agent du chancre du hêtre. Une mesure
mensuelle du développement
longitudinal
de la nécrose permet de suivre sa progressionavec le temps. La nécrose s’étend
rapidement
de novembre à mars (phase d’invasion)puis
régresse lorsque le phénomène de cicatrisation intervient(phase
de résistance active). La variation durégime
nutritif induit une forte variabilité de la taille des plants, mais l’extension de la nécrose estindépendante
du diamètre duplant.
Un excès ou une carence en azote ou en
phosphore
accroissent nettement la sensi- bilité del’écorce,
tandis que les variations de l’alimentationpotassique
restent sans effet.La relation entre la
gravité
de la nécrose(appréciée
par sondéveloppement longitudinal)
et la teneur des différents éléments dans l’écorce met en évidence
l’importance
du calciumet du
magnésium.
La sensibilité de l’écorce est d’autantplus
grande que la teneur en calcium ou en magnésium est plus faible. Cette étude révèle que la nutrition exerce unegrande influence sur la sensibilité du hêtre au chancre et montre l’avantage tiré d’une nutrition équilibrée sur la sensibilité du hêtre à un agent d’altération de son écorce.
Enfin l’influence de la nutrition apporte une
explication
aux variations de l’état sanitaire des régénérations naturelles selon les conditions stationnellcs, enparticulier
enhêtraie calcicole.
1. Introduction
Jusqu’à
unepériode récente,
la fertilisation forestière était cantonnée à sonusage en
pépinière ;
elle estdepuis
unevingtaine d’années, pratiquée
en forêt oùelle constitue un événement
susceptible
de modifier considérablement et brutalement laréceptivité
desplantes
auxparasites.
En horticulture ou enagronomie
où leurutilisation est
ancienne,
l’effet des fertilisants est mieux connu. Un excès d’azote(S
TAHEL
, 1946)
ou depotasse (M OORE
&B E rrrrETT, 1952) favorise
la formation des chancres chez lepommier.
Enrègle générale (H ARE , 1966)
de fortes doses d’azote accroissent la sensibilité desplantes
auxparasites obligatoires
etfacultatifs,
et de hauts niveaux de
potassium
et dephosphore
tendent au contraire à l’abaisser.Mais cette
règle
souffre de nombreusesexceptions.
En ce
domaine,
les études forestières sont aussi abondantes que contradictoires.Dans certains cas, le travail du sol et la fertilisation améliorent la résistance écolo-
gique.
Lesdommages
causés aupin sylvestre
par leLophodermium pinastri
sontdiminués de moitié dans les
placeaux
fertilisés avecN, P,
K(Z OTTL
&J UNG , 1964) ;
un
apport
deN, P, K, Ca, Mg
diminue notablement la nécrose de l’écorce dupeuplier
due à
CFzondroplea populeu (BaruEt., 1969).
Dans d’autres cas la fertilisation est sourced’aggravation
de l’état sanitaire. Lechâtaignier
se montreplus
sensible àl’Endothia
parasitica
à la suited’application
de fertilisantsphosphorés
etpotassiques
et Pinus elliotii manifeste une sensibilité accrue au Cronartium ribicola consécutive à un
apport d’engrais N, P,
K dont lesconséquences
fâcheusesdépassent largement
le
gain
de croissance de l’arbre(H ESTER BERG
&JoczcENSeN, 1972).
Les résultats sont difficilement
comparables compte
tenu des nombreuses varia- tions dans les caractèresédaphiques, climatiques
et dans la nature du matérielvégétal.
Ils ne
permettent
pasd’apprécier
le véritable rôle des élémentsmajeurs
àl’égard
d’une maladie. Il
apparaît cependant qu’une
nutritiondéséquilibrée, qu’elle
soitexcessive ou
insuffisante,
afréquemment
pour laplante
desconséquences
fâcheusesplus
ou moinsmarquées
selon les éléments en cause.La
plante
hôtepossède
unpotentiel
défensifqui
mobilise une résistance bio-chimique
au niveau cellulaire. La mise en oeuvre et l’intensité de cepotentiel dépendent
engrande partie
de la nutrition. Lacompréhension
de cesphénomènes
passe nécessairement par une
approche expérimentale.
Chez le hêtre une des maladies lesplus dommageables
est due à Nectria ditissimaqui produit
une altération de l’écorce limitée par des bourrelets cicatriciels aboutissant à un faciès de chancre( P
E tzmrr, 1974).
Cette maladie affecteprincipalement
lesrégénérations
naturelles.Sa
gravité dépend
des conditions stationnelles et peutatteindre,
parplace,
la presque totalité destiges
au stade fourré(P ERRIN
&VERNIER, 1979).
Le chancre du hêtrehypothèque gravement
laqualité potentielle
des hêtraies dès leurplus jeune âge.
Lagravité
de cette maladie varie de manière considérable avec les conditions station- nelles. VERNIER(1979)
montre que la nutritionapparaît
comme un des facteurs stationnelsqui
contribue leplus
à cettevariation, remarquant
que le chancre estrare dans les stations calcicoles.
Disposant
d’une méthode d’inoculation artificielle fiable etreproductible,
nousnous proposons d’étudier
expérimentalement
la sensibilité du hêtre au chancre enfonction des conditions de nutrition.
2. Matériel et méthodes 2.1. Matériel
végétal
Des faines d’une même provenance
(forêt
deSouilly, Meuse, sujette
à de fortesattaques naturelles)
ont été semées auxprintemps
1977 et 1978 sur tourbe fertiliséeen
pots plastiques (17 1)
afin d’obtenir au moins 4plants
parrécipient. Chaque
traitement
comprend
20plants répartis
en 5pots.
2.2. ll!lodalités et
dispositif expérimental
Une
première expérience
conduite sur 2 ans(1977-1978) comporte
13 traite- ments, variantes d’une formule de fertilisationappelée
dose 1(LE TACON, 1974),
soit pour 1 m! de tourbe :
75 g de N
(226
g d’ammonitrate à 30 p.100),
75 g de
P 2 0 5 (167
gsuperphosphate triple
à 45 p.100),
75 g de
K z 0 (150
g de sulfate depotasse
à 50 p.100),
1
kg
de calcairemagnésien (18-22
p. 100MgO),
80 g d’un
mélange d’oligoéléments.
La variation
séparée
des éléments K et S d’unepart
et Ca etMg
d’autrepart
est obtenue à
partir
de chlorures de ces éléments.A
partir
de cette dose de base(dose 1)
constituant le témoinT,
un des élémentsa été soit
supprimé
totalement(- N, - P, - K, - Ca, - Mg, - S)
soit saquantité
a été doublée
(2 N,
2P,
2K,
2Ca,
2Mg,
2S),
les autres éléments demeurant in-changés.
Une seconde
expérience
réalisée en 1978-1979 faitappel
à une fertilisation de baseéquivalente
à 2 fois la dose1,
et fait intervenir une variationplus graduelle
pour les élémentsN, P,
K. Pour chacun de ces éléments on réalise 4 traitements caracté- risés par unequantité
définie relativement à la dose 1( X 4,
X1,
X1/2,
X1/4) ;
les autres éléments étant
apportés
selon la fertilisation de base. Aux 12 modalités ainsi obtenuess’ajoute
le traitementT,
ou les éléments sontapportés
selon la ferti- lisation de base. Au terme de cetteexpérience l’analyse chimique
de l’écorce(non nécrosée)
a été effectuée (teneurs totales en azote,phosphore, potassium,
calciumet
magnésium).
2.3. Inoculation
arti f ïcielle
Expression et
mesure de lagravité
de la maladieAu terme d’une saison de
végétation
les hêtres sont inoculés dès que lefeuillage
marcescent
perd
sa coloration verte, etaprès
unepériode
d’alimentationhydrique réduite,
conditionsoptimales
pour l’initiation du chancre à Nectria di!’sst’nM(Vv. R -
NIER,
1978).
2.31. Méthode d’inoculation
artificiette
Après
désinfectionsuperficielle
de l’écorce à l’alcool à90 ° ,
une blessure estréalisée à l’aide d’une lancette de Bensaude à l’entre-noeud immédiatement
supérieur
aux traces
cotylédonaires.
Le traumatismeproduit
est ainsiparfaitement
contrôlé etreproductible.
En fixant la taille de la blessure(longueur
etprofondeur)
on diminueconsidérablement la variation induite par les différences de réalisation de cette blessure. L’inoculum est
apporté
sous formemycélienne (portion
de culture deN. ditissima sur malt agar
prélevée
àl’emporte-pièce
9 mm au front de croissanced’une souche isolée en forêt de
Souilly, Meuse) placé
au contact de lapartie
lésée. Pour l’entretien d’une ambiance humide favorable au
développement
du para-site,
on superpose à l’inoculum un coton imbibé d’eau stérile. Le tout est maintenu etprotégé
par une bande deparafilm.
Une inoculation est réalisée en novembre 1977 et 1978 sur
chaque plant
d’untraitement.
Cinq
d’entre eux subissent enplus
une blessure témoin(absence
dechampignon).
Après
6 à 8jours
entre 10 et 20 &dquo;C, on retire l’ensembleprotection
et inoculum.Les
plants
sont maintenus en serre horsgel pendant l’hiver,
conditions favorables à l’initiation de lanécrose, puis
sont transférés enpépinière
début mars.2.32.
Acquisition
des donnéesChaque plant
donne lieu à une mesure de hauteurtotale,
et du diamètre desa
tige
aupoint d’inoculation,
lejour
même de l’inoculation. L’évolution ultérieure de la nécrose corticale estappréciée
par la mesure mensuelle de sondéveloppement
dans le sens vertical
(L)
et horizontal (P =portion
decirconférence) pendant
unesaison de
végétation.
Enforêt,
le chancre évoluechaque
année selon uncycle
annueldébutant par une extension
pendant
le reposvégétatif, interrompue
par la cicatri- sationpendant
la saison devégétation.
Le chancre s’étend sous forme de ridesconcentriques correspondant
à larépétition
d’une évolution annuelle. On admet que l’influence de la nutritionpuisse
s’exercer de la même manière au cours dechaque
évolution annuelle.La
comparaison
des différents traitements faitappel
àl’analyse
de variance à 1 ou 2 facteurs contrôlés. à la méthode du tcorrigé
de Bonferoni (1&dquo;’expérience)
ou le test U de Mann et
Whitney (2&dquo; expérience).
3. Résultats
La nutrition
peut
exercer une double influence sur la sensibilité du hêtre auchancre. Elle
peut,
d’unepart
modifier directement laréceptivité
propre del’écorce,
et d’autre
part agir
indirectement par la taille et lavigueur
duplant.
TARI FAII 1
3.1. Extension du chancre au cours du
temps
Les 2 critères choisis
(L,
ouP)
décrivent l’extension du chancre de manière très semblable. Les résultatsprésentés
dans le tableau 1 sontexprimés
à l’aide de la variable Lqui présente
laplus
forteamplitude,
reflétant ledéveloppement préfé-
rentiel du chancre dans le sens de la
tige.
L’évolution
temporelle
du chancre !e réalise selon 2phases
successives dis- tinctes :- une
rapide
extension duchampignon
dans les tissus de l’hôte alors en reposvégétatif (L,
àL I ),
L’absence de réaction active de l’hôte à l’invasion des tissus corticaux caractérise cettephase
ditephase d’invasion ;
- un
arrêt, puis
unerégression
de la nécrosemarquant
une réaction active de l’hôte en coïncidence avec le débourrementvégétatif
desplants (échelonné
entrele
2/78
et4/78).
C’est laphase
dite de résistance active.3.2.
Influence
du diamètre duplant
sur l’extension du clrancreQuarante-deux
plants supplémentaires
élevés sur tourbe fertilisée(traitement
témoincomplet)
recouvrant unelarge
gamme de diamètre au collet(2
à6,5 mm)
ont été inoculés.
Les résultats rassemblés dans le tableau 2
indiquent
que l’extensionlongitudinale
de la nécrose est
indépendante
du diamètre duplant.
Toutefois la taille du
plan
interfère sur la sensibilité du hêtre au chancre en mai 1978 doncuniquement
enphase
de cicatrisation. La cicatrisations’opère
avecdifficulté sur les
plants
de faible diamètre. L’extension de la nécrosedépend
essen-tiellement de la sensibilité de l’écorce au cours des 5
premiers
mois.3.3.
Influence
de Ici rzutriticztz sur l’extension du chancre(1’° expérience)
La
comparaison
de l’influence des différents élémentspeut
être faite àpartir
de l’évolution du chancre retracée à l’aide de
diagrammes (fig. 1).
La hiérarchie établie au cours des
premiers
mois connaît peu de bouleversements par la suite. Au terme de laphase
d’invasion 2 traitements sedistinguent
des autres.Les hêtres
privés
dephosphore
et d’azote montrent une sensibilité accrue à N. ditis- sitzza. Il en est demême,
dans une moindre mesure, des hêtresdéveloppés
sur unmilieu
dépourvu
demagnésium.
Le défaut dephosphore
entraîne uneaugmentation
de la sensibilité de l’écorce
qui
se manifeste dès le début de l’évolution de la nécrose.Au cours de la
phase
de résistance active la réduction de la taille de la nécrose connaît de substantielles variations. La cicatrisations’opère
très difficilementlorsqu’en particulier
lemagnésium,
lephosphore
ou l’azote font défaut. Par contre la cicatri- sation est très active chez les hêtres ayant bénéficié d’une nutrition enrichie encalcium et en azote.
Malgré
les différences trèsmarquées,
seuls les traitements 2 Ca et 2 N sontsignificativement
différents du traitement- Mg
en raison d’une forte variabilité. Celle-ciexprime
le fait que la cicatrisation s’est effectuéepréférentielle-
ment sur certains
plants
oblitérant totalement lechancre,
alorsqu’elle
reste sans effetsur les autres.
3.4.
trzfluetzce
desclifféretzt 5
éléments(2’ expérience)
L’expérience
faisant intervenir une variationgraduelle
des élémentsmajeurs permet
d’enpréciser
l’influence propre. Les résultats sontprésentés
à la date où les différences sont lesplus marquées,
etintègrent
laphase
d’invasion et le début de laphase
de résistance active.3.41.
Influence
de la nuirition azotéeLes résultats
qui
fontl’objet
dudiagramme
de lafigure
2indiquent qu’un
excès ou une carence en azote par
rapport
à la fertilisation de base accroissent la sensibilité du hêtre au chancre. C’est toutefois l’excès d’azotequi
a l’effet leplus prononcé.
3.42.
Influence
de Ict nutritionphosphorée
Le
diagramme
de lafigure
3 établi àpartir
des mesures effectuées enjuin
1979révèle
qu’une
carence ouplus
encore un excès enphosphore
favorisent ledévelop-
pement
du chancre.Les traitements indicés d’une même lettre ne sont pas
significativement
différents auseuil de 5 p. 100 - t
corrigé
Bonferoni.Treatments with the same letter were not
statistically different
at the 5 l’. 100 level using Bonferoni tes-t.Les traitements indicés d’une même lettre ne sont pas
significativement
différentsau seuil de 5 p. 100. Test U Mann et Whitney.
Treatznents with the sanie letter were not stmistically
A’/!f/!!
at the 5 l’. 100 leirl using U test M!!/: and Whitney.Les traitements indicés d’une même lettre ne sont pas significativement différents au
seuil de 5 p. 100. Test U Mann et Whitney.
Treatment, B
’ with ifie saine letter 11’ere taot .s’fa<Mf/ca//y clifferent at the 5 fi. 100 level ll
sing U te.st Malin and Whitney-
3.43.
Influence
de la nutritionpotassique (fig. 4)
Il n’est
jamais possible
dedistinguer
une différencesignificative
de sensibilité chez les hêtresayant
bénéficié de fertilisationspotassiques
variées. Toutefois la nécrose a tendance à êtreplus
étendue en situation de carence.Les traitements indicés d’une même lettre ne sont pas
significativement
différents auseuil de 5 p. 100. Test U de Mann and Whitney.
Treatments with the same letter were not statistically different at the 5 fi. 100 level il!iiig U test Mann afi<1 Whitney.
3.5. Relation entre la
gravité
de la maladie et la tenectr des éléments dans l’écorceL’examen des variations de la taille de la nécrose en fonction de la teneur d’un élément dans l’écorce montre :
- une étroite liaison avec la nutrition
calcique
etmagnésienne.
Le coefficient de corrélation linéaire entre lalongueur
du chancre(mai 1979)
et la teneur de l’écorceen calcium et
magnésium
est très élevé- - 0,85
et- 0,78 respectivement (fig. 5)
-. Plus l’écorce est riche en ceséléments,
moins la nécrose s’étend. Deplus
on améliore considérablement le coefficient de corrélation dans le cas du calcium(0,947)
en éliminant les traitements associés à la variation de l’élément K(antago-
nisme
K/Ca).
Par la variation de la fertilisation en élémentsmajeurs N, P, K,
on induit des modifications dans la nutritioncalcique qui
retentissent sur la sensibilité du hêtre au chancre bien quel’expérience précédente
n’ait pas abouti à une diffé-rence
significative
entre - Ca et 2Ca ;
- la relation
précédente
nes’applique
pas auxplants
du traitementcomplet
et
équilibré,
enparticulier
dans la relation entre lagravité
de la nécrose et la teneur en calcium de l’écorce(fig.
5a). Malgré
une teneurréduite,
la nécrose observée est peudéveloppée.
Ce résultat traduitl’importance
del’équilibre
dans la nutrition desplantes
et leur sensibilité auxparasites corticaux ;
- aucune liaison évidente
n’apparaît
avec les autres éléments étudiés.4.
Discussion,
conclusionCette étude a révélé que la nutrition exerce une
grande
influence sur la sensi-bilité du hêtre au chancre dû à Neclria ditissima. L’azote et le
phosphore
sont les2 éléments
qui agissent
leplus
nettement sur la sensibilité del’écorce, qui paraît
indifférente aux variations d’alimentationpotassique.
La sensibilité de l’écorce est accrue aussi bien dans le cas d’un excès que d’une carence de ces 2 éléments. Deux autres éléments Ca etMg,
affectent considérablement la sensibilité du hêtre au chancre. Celle-ci est d’autantplus
élevée que la teneur de l’écorce en calcium et enmagnésium
estplus
basse. L’activitépathogène
du N. ditissima provoque des altérations du métabolisme de l’hôte aboutissant à desdépenses supplémentaires d’énergie.
A ce titre ladisponibilité
enphosphore
et à un niveau moindre en calcium(activateur
desphosphatases)
intervient defaçon
fondamentale dans la faculté de l’hôte às’opposer
auparasite.
Au cours de laphase
de résistanceactive,
l’hôte doitaccomplir
unesynthèse protéique
accrue nécessitant un surcroîtd’énergie
et unefourniture
supplémentaire
d’azote et demagnésium
cofacteur de nombreuses réactionsenzymatiques.
La variation de la
gravité
de la maladie en forêt(P ERRIN
&VERNIER,
1979) s’ac- corde avec cesrésultats,
bienqu’en
forêt des excès d’alimentation azotée nepuissent
atteindre les
proportions
del’expérience.
De même les variations dedisponibilité
en
phosphore
n’ont pas un rentissement trèsmarqué
sur lagravité
de la maladie.Dans ce dernier cas c’est sans doute la
mycorhization qui
atténue sensiblement l’influence de l’élément P sur lagravité
de la maladie enforêt,
alors que les racines des hêtres soumis àl’expérience
sont pas ou très peumycorhizées.
Mais la coïncidence entre l’état sanitaire des
régénérations
naturelles et l’in- fluence de la nutrition estparticulièrement flagrante
vis-à-vis du calcium.Les stations où la
proportion
detiges
atteintes est laplus
faiblecorrespondent
aux sols les
plus
calcaires. VIGOUROUX( 1981 )
constateégalement
que la bactériosc dupêcher
estplus
grave sur sols calcaires. Cette liaisonsuggère
l’intervention de l’ion Ca2+ dans la réalisation de liaisonsparticulières
avec lescomposés pectiques,
en formant notamment des
pectates réputés
moins accessibles aux activités enzyma-tiques
deschampignons.
La liaison entre la sensibilité d’un tissuvégétal
à un agentpathogène
et sa teneur en Ca=’+ a étérapportée
à de nombreusesreprises
dansle cas de maladies très différentes
(Sxou, 1979).
Le bénéfice tiré d’une nutrition
équilibrée apparaît
nettement dans cette étudeet confirme le caractère
optimal
de la fertilisationproposée
parD ELRAN ,
GaatsnY!& LE TACON
(1975).
Outrel’avantage
considérable obtenu sur la croissance desplants,
elle minimise la sensibilité du hêtre àl’agent
du chancre Nectria ditissima.Summary
Influerzce of
the nutrition on the Nectria ditissima cankersensibility of
beech(Fagus sylvatica L.)
Beech
seedlings
have been raised on fertilizedlight
peat with variations inN, P,
K,Ca, Mg
and Ssupplies. Eight
to 9 months old beeches have been wound inoculated with Nectriaditissima,
cause of beech canker. Time evolution of the necrosis has been followedby
amonthly
assessment of it’s vertical extent. The necrose spread rapidly between November and March (invading period) then decreases as soon as healing over occurs(active resistance
period).
Variations in nutritivesupplies
induce ahigh variability
inseedlings size,
but no relation can be found between necrose’s extent andseedling
diameter.
N or P excess or
deficiency
increase barksensibility,
whereas K variations do not affect it. Therelationship
between the necroseseverity
(expressedby
it’s vertical extent) and the mineral contents of the bark reveals theimportance
of calcium andmagnesium.
Bark
sensibility
is moreespecially higher
as it’s calcium andmagnesium
contents arelower. The nutrition has a great influence on the canker
sensibility
of beech. Moreover awell balanced fertilization reduces the bark
sensibility.
Variation in disease
severity
with stand conditions in forest can receive agood explanation
because of the nutritioninfluence, specially
in calcareous beech stands.Requ le
20sepierrzbre
1983.Reçu le
20septetrtbre
1983.Accepté le 11 janvier
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