NOTE
UTILISATION DIGESTIVE DE L’AMIDON DU MAÏS
CHEZ LE RUMINANT
P. THIVEND
M. JOURNET
Station de Recherches sur
l’Élevage
des Ruminants,Centre de Recherches de
Clermont-Ferrand,
63 -Saint-Genès-Champanelle
Institut national de la Recherche
agronomique
La
digestion
de l’amidon du maïs dans l’intestin du Ruminant a faitl’objet
d’unpetit
nombrede travaux récents
(K ARR ,
LITTLE etMI TCHELL , 19 66; W R I GH T,
GRAINGER etM ARCO , I9 66 ; 0
RSKOV
,
FRASER etK AY , 19 6 9 ).
Ces différents auteurs ont montréqu’une quantité importante
d’amidon
pouvait échapper
aux fermentations du rumen et êtredigérée
enmajeure partie
dansl’intestin
grêle. Cependant,
aucuneexpérience
n’a été effectuée pour étudier ladigestion
de l’ami-don du maïs simultanément dans le rumen et dans l’intestin. C’est
l’objet
de ce travailqui
faitpartie
de l’étude que nous avonsentreprise
pour comparer ladigestion
de l’amidon desprincipales
céréales
qui
sont utilisées dans l’alimentation du ruminant(T HIVEND
etJ OURNET , I9 68).
Deux boeufs fistulisés ont été utilisés. L’un
( 470 kg)
étaitporteur
d’une canule du rumen et d’une canule duduodénum ;
l’autre( 5 8 0 kg)
étaitporteur
d’une canule du duodénum. Nous avonsfait varier le
rapport foin/aliment
concentré de la ration dans lesproportions
suivantes : ioo-o,puis
75-25, 50-50, 25-75 et o-ioo, sanschanger
laquantité
de matière sècheingérée qui
corres-pondait
à celle du foin offert lors de lapremière période.
Laquantité
d’amidoningéré
a ainsivarié de 1 o0o à 300o
g/jour
environ. L’aliment concentré( 19 , 3
p. Ioo de matièresazotées,
5!,z p. 100d’amidon dans la matièresèche)
contenait7!,8p.
Ioode maïs, Io,4p. 100de tourteau d’arachide et Io,q p. 100de tourteau desoja ;
il étaitprésenté
sous formebroyée
etagglomérée.
Le
fourrage
était un foin de luzerne( 19 , 4
p. 100de matières azotées dans la matièresèche)
sousforme normale.
Les aliments ont été distribués
simultanément,
en deux repaségaux, à 5 h 30 et à 17 h 30 .
Les animaux ont reçu les
cinq régimes
au cours decinq périodes
successivescomprenant
chacunedeux semaines
d’adaptation
et deux semaines de mesure. Nous avons étudié pourchaque régime,
la
digestibilité
de l’amidon et des autres constituants de laration,
lesproduits
terminaux de ladigestion
dans le rumen(acides
grasvolatils,
acidelactique),
les activitésamylolytiques
in vitroet
cellulolytiques
in vivo dujus
de rumen. Surchaque animal,
nous avons effectué une fois parpériode,
et entre deux repasconsécutifs, pendant
Izheures,
desprélèvements
discontinus( 3
mntoutes les 15
mn)
par l’intermédiaire de la canule du duodénum. Apartir
de cesprélèvements,
nous avons
préparé
des échantillons(un
parheure)
surlesquels
nous avons dosé l’amidon(T HI -
VEND,
MERCIER, GUILBOT, IC)65).
La
quantité journalière
de matière sècheingérée
a été sensiblement la mêmependant
lesquatre premières périodes.
Enrevanche,
elle a diminué d’environ 40 p. 100lorsque
les animaux ont reçuuniquement
l’alimentconcentré,
cequi
limite lasignification
de certains résultats(diges-
tibilité,
transit de l’amidon au niveau duduodénum)
obtenus au cours de cettepériode.
Le C. U. D. de la ration a
augmenté
avec lepourcentage
d’aliment concentré. Il estpassé
de6
4 ,
7
à79 ,6
pour la matièresèche,
de6 5 , 3
à8 1 , 4
pour la matièreorganique lorsque
lerapport foin/aliment
concentré variait de 100-0à 25-75. Le C. U. D. de la cellulose brute Weende alégè-
rement
augmenté
tant que lepourcentage
d’aliment concentré n’a pasdépassé
50 p. 100 ; il adiminué ensuite. Le C. U. D. des matières azotées a peu varié par suite de la constance de la teneur en azote de la ration au cours de
l’expérience.
L’amidon atoujours
été entièrementdigéré.
L’activité
amylolytique
et lacomposition
dumélange
d’acides gras volatils dujus
de rumenont été modifiées
(tabl. i) lorsqu’une partie
du foin( 25
p.100 )
a étéremplacée
par de l’alimentconcentré,
mais elles n’ont pas variélorsque
lerapport foin/aliment
concentré estpassé
de 75-25 à 25-75.Seule,
l’acidité totale dujus
de rumen aaugmenté
pour lerégime
25-!5. L’activité cellu-lolytique
a diminué au fur et à mesure que laquantité
d’amidoningéré augmentait.
Laproduc-
tion d’acide
lactique
atoujours
éténégligeable,
ycompris pendant
lapériode
au cours delaquelle
les animaux n’ont reçu que de l’aliment
concentré,
bien que les autresproduits
terminaux et les activités microbiennes du rumen aient été très modifiés.La
quantité
d’amidon entrant dans l’intestin a varié de14 8
g pour lerégime
!5-25 àg 6 3
g pour lerégime
25-75, cequi représente
unpourcentage important
de l’amidoningéré (de
y,7 à 33, 5
p.
ioo).
Nos résultats sont en accord avec les données deK ARR ,
LITTLE et MITCHELL( 19 66)
et confirment
l’importance
de ladigestion
intestinale de l’amidon du maïs cru.Lorsque
les animaux n’ont reçu que l’aliment concentré( 5 e période),
lapart
de l’amidondigéré
en dehors du rumen adiminué
( 1 8,8
p.100 ) probablement
à cause des faiblesquantités
d’aliment concentréingéré
etd’une
augmentation
dutemps
deséjour
de cet aliment dans le rumen.La
digestion
de l’amidon de maïs chez le Ruminant est donc très différente de celle de l’amidond’orge
que nous avons étudiéeprécédemment (TxtvEND
etJ OURNET , 19 68);
ellepeut
se carac- tériser de lafaçon
suivante :- Les
proportions
d’acides gras volatils dans le rumen ne sont pas modifiées tant que la quan- tité de maïs dans la ration n’est passupérieure
à 60 p. 100. Enrevanche,
les orientations fermen- taires varientlorsque
la ration contientplus
de 45 p. 100d’orge.
- Une
quantité importante
d’amidon de maïspeut échapper
aux fermentations du rumen et être transformée englucose
dans l’intestin alors que laquasi-totalité
de l’amidon del’orge
estdégradée
dans le rumen. Enconséquence,
le maïs,comparé
àl’orge,
doit favoriserl’engraissement
des bovins et des ovins
puisqu’il
estdigéré
pour unepart importante
sous forme deglucose, lequel
est mieux utilisé pour lalipogénèse
que les acides gras volatils(A RMSTRONG
et BLAXTER,19
6 1 ).
Reçu pour publication
enjanvier
1970.SUMMARY
UTILIZATION OF MAIZE STARCH BY RUMINANTS
Trials were done on two bullocks with cannulae in the rumen and duodenum.
Amylolytic
acti-vity
and volatilefatty
acidcomposition
of rumen fluid were not affected aslong
as theproportion
of maize in the diet did not exceed 60p. roo.
Cellulolytic activity
diminished as the ratio of concen- trate toroughage
increased. No lactic acid was formed on any diet. The amount of starch whichescaped
fermentation in the rumen rise fromY, 4 8
g(r 4 .8
p.ioo)
to9 6 3
g(33!5
p. loo of the intake ofstarch)
perday
when theproportion
of concentrate feed in the diet varied from 25 to !5 p. 100. Utilization of maize starchby
ruminants was very different from that ofbarley
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