• Aucun résultat trouvé

Efficacité de la méthode de jardinage en forêt feuillue

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "Efficacité de la méthode de jardinage en forêt feuillue"

Copied!
12
0
0

Texte intégral

(1)

Réservé aux membres et partenaires de FPInnovations Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

NON

Introduction

Au cours des dernières années, le programme de recherche de FPInnovations a permis de développer des solutions de rechange à la coupe à blanc qui répondent à des objectifs sylvicoles sophistiqués à un coût raisonnable. Parmi ces méthodes, la coupe de jardinage 1-2-3 a été conçue par FPInnovations pour permettre des opérations de jardinage par pied d’arbre en vertu du concept de « foresterie à couvert continu », qui se caractérise par des interven- tions périodiques dans les peuplements (Meek et Cormier, 2004). Pour réussir à maintenir un peuplement inéquienne, il faut respecter trois critères : 1) la récolte

des arbres matures peu vigoureux, 2) un dégagement important des cimes pour permettre une croissance accélérée des tiges intermédiaires résiduelles et 3) des conditions convenant à la régénération d’espèces tolérantes ou semi-tolérantes à l’ombre. La méthode 1-2-3 a été conçue en fonction de ces objectifs.

Dans le cadre de l’Initiative sur les feuillus de FPInnovations (FPInnovations, 2011), la méthode a été adaptée et appliquée à des peuplements feuillus où les exigences avant récolte du jardinage traditionnel n’étaient pas satisfaites. Après des essais préliminaires réalisés à l’automne 2009, FPInnovations a collaboré, en Nouvelle-Écosse, avec Northern Pulp Nova Scotia Corporation

Efficacité de la méthode de jardinage 1-2-3 en forêt feuillue

Mots clés

Coupe de jardinage, processus de sélection des tiges, forêt feuillue, productivité, Initiative sur les feuillus, coûts de récolte

Résumé

La coupe de jardinage 1-2-3 a d’abord été conçue comme solution sylvicole pratique et peu coûteuse pour une gestion efficace de peuplements résineux. Dans le cadre de l’Initiative sur les feuillus de FPInnovations, deux essais opérationnels ont été réalisés dans des peuplements à prédominance d’érable à sucre pour mesurer l’efficacité de la méthode 1-2-3 en forêt feuillue. Dans les deux essais, les opérateurs d’abatteuse- groupeuse ont été en mesure d’appliquer rapidement, après une brève période de formation, les règles de la méthode pour ce qui est de la disposition des sentiers et de la sélection des tiges. Si l’on compare les caractéristiques et la composition des peuplements avant et après traitement, ainsi que la vigueur des tiges, le dégagement des cimes et les conditions de croissance, on constate que la méthode peut améliorer la qualité globale du peuplement. Ce système de récolte a également donné lieu à une productivité machine élevée à un coût concurrentiel. Bien que seule une mise en application à grande échelle puisse réellement en révéler le plein potentiel, les résultats des deux essais permettent de croire que la méthode de jardinage 1-2-3 convient bien à la récolte de forêts feuillues.

Contenu

Introduction ... 1 Système et équipement de récolte ... 2 Description de la méthode de jardinage 1-2-3 ... 2 Résultats et

discussion ... 5 Conclusions ... 10 Mise en application ...11 Remerciements ... 12 Références ... 12

Auteurs

Philippe Meek et Dave Lepage

(2)

2 Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

et Port Hawkesbury Paper (PHP, NewPage au moment de l’étude), pour tester et mettre en application la méthode 1-2-3 à l’aide d’un système en bois tronçonnés à trois machines. Les deux principaux objectifs de ces essais étaient les suivants :

1) voir comment la méthode de jardinage pouvait améliorer le peuplement et 2) évaluer la productivité et le rapport

coût-efficacité de la méthode.

Système et

équipement de récolte

Les deux essais ont été effectués selon un système de récolte en bois tronçonnés à trois machines : une abatteuse-groupeuse, une façonneuse et un porteur. La figure 1 illustre l’abatteuse-groupeuse et la façonneuse au travail dans le bloc de Northern Pulp. Aux deux endroits, on a choisi des peuplements à prédom- inance d’érable à sucre pour les essais. Les blocs de Northern Pulp et de Port-Hawkesbury Paper étaient situés dans les comtés de Colchester et d’Antigonish respectivement.

Description de la méthode

de jardinage 1-2-3

Comme son nom le laisse entendre, la méthode 1-2-3 comporte trois étapes : 1) appliquer un modèle répétitif de sentiers,

de zones de jardinage et de zones laissées intactes permettant une rotation de quatre interventions dans le peuplement, 2 établir des directives simples pour la

sélection des tiges en fonction du produit visé, de l’intensité du dégagement et de la gestion de la vigueur et

3) faire un suivi constant des travaux en transmettant régulièrement des commen- taires aux opérateurs des machines.

Réseau de sentiers

Le réseau de sentiers dans les blocs étudiés comprenait des sentiers de 5 m de largeur espacés de 30 m. La largeur des sentiers et les zones de jardinage ont été

Figure 1.

Abatteuse-groupeuse et ébrancheuse- tronçonneuse dans deux sentiers du bloc de Northern Pulp.

(3)

3

Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

établies pour convenir aux spécifications normales des équipements de récolte : la largeur hors-tout d’une abatteuse-groupeuse varie de 2,5 à 3,4 m et la portée de sa flèche peut atteindre 7,5 m. On a d’abord demandé aux opérateurs de couper à blanc un sentier rectiligne de 5 m de largeur qui conviendrait aux deux autres machines (en brun foncé à la figure 2). De chaque côté du sentier, on a procédé à la coupe de 50 % du volume des arbres sur pied selon des directives précises dans des zones de jardinage de 5 m de largeur (en beige à la figure 2). Étant donné la largeur combinée du sentier (5 m) et des deux zones de jardinage (2 x 5 m), on a laissé une zone intacte de 15 m le long de chaque zone de jardinage (en vert foncé à la figure 2). Le long des sentiers, des paires de tiges forment des repères (cimes en jaune). Ces arbres « repères » sont choisis par l’opérateur parce qu’ils sont distants d’environ 5 m et ils sont laissés sur pied comme structure pour aider à maintenir une largeur de sentier appropriée.

La seconde intervention recréera la même disposition de sentiers et de zones de jardinage dans la zone de 15 m laissée intacte au premier passage (figure 3). Les deux dernières interventions cibleront finalement les zones entre les deux premiers ensembles de sentiers. L’intervalle de temps entre deux passages correspond au quart de la rotation nécessaire pour produire un arbre mature et dépend des produits de bois visés, des essences et des conditions de croissance. Décaler systématiquement la position des zones pour récolter les peuple- ments régénérés permet de respecter le concept de « couvert forestier perpétuel » en laissant se développer quatre cohortes d’arbres.

Figure 2.

Méthode de coupe de jardinage par pied d’arbre 1-2-3 (première intervention).

5m 5m 5m 5m 5m 5m

50% 0% 100%

Sentier de débardage Zones de sélection partielle

Prélèvement

1

2

3

4

0

25

50

75

5m 5m 5m 5m 5m 5m 5m 5m 5m

Période (année) Intervention

no Figure 3.

Emplacement des sentiers et des zones de prélèvement partiel pour les quatre interventions au cours d’une rotation.

(4)

4 Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage Avantage

Directives pour la sélection des tiges

La seconde partie de la méthode 1-2-3 fait référence aux directives pour la sélection des tiges. Ces directives sont établies par les superviseurs des opérations lors d’une évaluation préliminaire des peuplements, de façon à tenir compte des enjeux sylvicoles locaux et à faciliter leur application par les opérateurs. Elles doivent fournir des moyens pour contrôler l’intensité du prélèvement et la gestion de la vigueur à partir de la cabine d’une machine. C’est pourquoi on fait habituellement appel à un simple dénombre- ment des tiges (p. ex., enlever une tige sur trois ou sur quatre) et à une classification opérationnelle de la vigueur des arbres. En tenant compte des résultats de l’inventaire prétraitement, le dénombrement des tiges vise une récolte de 50 % du volume dans les deux zones de sélection adjacentes au sentier. Un tel prélèvement dans ces zones donne un taux de prélèvement global de

33 % dans le peuplement, y compris les sentiers et les zones intactes. On utilise les classes de dimension et / ou de vigueur pour déterminer les tiges à prélever en priorité. Par exemple, on pourrait demander à l’opérateur de compter trois tiges dans la zone de jardinage et de couper la plus grosse. Par expérience, le taux de prélève- ment dans les zones de jardinage varie généralement de 40 % à 60 %. Toutefois, si la gamme des diamètres est très large, comme c’est souvent le cas dans un peuple- ment de feuillus tolérants, prélever une tige sur quatre serait plus approprié pour atteindre la cible de 50 %.

Dans les deux essais, la classification de la vigueur élaborée par FPInnovations comprenait trois classes :

Q1: Tige sans défaut notable

Q2: Tige présentant un défaut notable sur une ou deux faces du tronc

Q3: Tige présentant un défaut notable sur au moins trois faces

Parcelle : 5m x 20m = 100 m2

5m

a a b

Figure. 4-Parcelle Échantillon

Figure 4. Forme et emplacement d’une parcelle échantillon dans la zone de jardinage. La largeur du sentier (a) et l’espacement entre les sentiers (b) sont aussi évalués.

(5)

5

Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage Avantage

de taille moyenne ont été récoltées. On a alors changé les directives pour favoriser la coupe du moins vigoureux de deux gros arbres (DHP ≥ 36 cm). On a ainsi accru la proportion de tiges Q1 et maintenu un couvert résiduel régulier tout en favorisant le dégagement des cimes.

Suivi

Pendant les opérations de récolte, les superviseurs doivent surveiller les effets des directives de traitement sur le peuplement en établissant des parcelles témoins après l’abattage. Dans les deux essais, des parcelles échantillons de 100 m2 (5 m x 20 m) ont été établies dans les zones de jardinage (figure 4). On a noté le nombre de tiges et de souches de chaque classe de DHP, classifié les arbres résiduels et comparé leur proportion avec les résultats prétraitement.

La largeur des sentiers et leur espacement ont aussi été évalués. Ces indicateurs servent à vérifier si l’opérateur suit les directives compte tenu de la tolérance appropriée;

on lui communique rapidement des commentaires pour ajuster l’intensité du prélèvement.

Résultats et discussion

État des peuplements et effets des traitements

Description des peuplements

Les caractéristiques des deux peuple- ments étudiés sont indiquées au tableau 1.

En moyenne, il y avait moins de tiges à Les « défauts notables » doivent tenir

compte des conditions locales et de la tolérance du marché. L’opérateur devait analyser les 6 m inférieurs de la tige et rechercher des défauts comme des fourches, des fentes, des chancres, des courbes ou des dommages généraux à l’arbre. L’équipe de supervision a dû dresser une liste des défauts majeurs à considérer pour montrer qu’on ne ciblait pas tous les arbres qui présentaient des défauts et qu’on ne recherchait pas des éléments rares du peuplement. Lorsque les opérateurs savent comment trier le tiers des arbres de moins bonne qualité, ils peuvent appliquer les directives.

Dans le cas des essais de Northern Pulp, il a été facile d’établir des lignes directrices pour la sélection des tiges, car la classe de petit diamètre à hauteur de poitrine (DHP = 10-22 cm) présentait la plus forte proportion de Q1 (46 %) de toutes les classes.

Enlever toutes les grosses tiges (≥ 40 cm) et la moitié des tiges de dimension moyenne (24-38 cm) présentant des défauts notables permettrait aux tiges vigoureuses, petites et moyennes, de se développer à un rythme accéléré. Les résultats des échantillonnages prétraitement ont indiqué que ces directives donneraient lieu à un taux de prélèvement de 50 %. Pour ce qui est de l’essai de PHP, les directives pour la sélection des tiges demandaient d’abord de « couper le plus gros de quatre arbres », en supposant que les gros arbres (de DHP ≥ 40 cm) seraient coupés. Toutefois, la grande variation de la présence de tiges de faible DHP dans le peuplement a fait que de nombreuses tiges

Northern Pulp PHP

Densité du peuplement (tige/ha) 468 766

Surface terrière (m²/ha) 17,6 24,0

Volume (m³/ha) 108,0 162

Volume moyen des tiges (m³/tige) 0,231 0,211

DHP moyen (cm) 21,9 20,0

Tiges de qualité 1 en proportion de la surface terrière (% m²/ha) 30 33

Tableau 1.

Caractéristiques tirées de l’inventaire prétraitement des peuplements

(6)

6 Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

l’hectare dans le peuplement chez Northern Pulp, mais elles étaient plus grosses que les tiges du peuplement chez PHP. Il s’agissait de peuplements inéquiennes comptant un grand nombre de petites tiges qui n’étaient pas distribuées uniformément.

Taux de prélèvement et amélioration des peuplements

Dans l’étude de Northern Pulp, 80 % des gros arbres et 38 % des arbres de taille moyenne ont été abattus dans les zones de jardinage, ce qui indique que l’opérateur respectait les cibles prévues par les directives.

La taille moyenne des arbres récoltés était 32,7 % plus élevée que la moyenne avant coupe. D’un point de vue économique, c’est là l’un des principaux avantages de la méthode. Non seulement les gros arbres fournissent généralement un panier de produits de plus grande valeur, mais ils contribuent aussi à limiter les coûts de la récolte, qui s’approchent alors des coûts de la coupe à blanc traditionnelle.

Avant le traitement, 41 % des tiges ont obtenu une cote Q1, tandis que cette proportion est passée à 45 % après le traite- ment, ce qui indique que l’opérateur a été capable d’éviter de récolter beaucoup d’arbres d’avenir. Dans les zones de sélection, la proportion de Q1 a augmenté pour s’établir à 60 %, ce qui démontre l’aspect d’amélioration du peuplement de la méthode 1-2-3. Pendant les essais, aucune cible d’augmentation de la qualité n’avait été établie, mais on pourrait facilement l’intégrer à la procédure de surveil- lance de la qualité du traitement.

Dans l’essai de Port Hawkesbury, une réduction de 27 % de la densité des tiges représentait un prélèvement de 33 % du volume par hectare. De plus, le volume moyen des tiges récoltées était de 0,262 m³, soit 24 % plus élevé que le volume moyen par tige de ce peuplement (0,211 m³/tige). On sait que la productivité des machines profitera de cet accroissement.

La proportion des tiges classées Q1 en termes de surface terrière (m2/ha) avant et après la récolte est passée de 33 % à 38 %, ce qui indique que la méthode 1-2-3 a bien réussi à guider l’opérateur pour qu’il coupe d’abord des arbres présentant des défauts.

Toutes ces observations montrent que la méthode 1-2-3 permet de contrôler le prélève- ment des arbres sans avoir à marquer les tiges ou les sentiers.

Changement des conditions de croissance dans les peuplements résiduels

Dans l’essai de PHP, on a mesuré le dégagement des cimes comme indica- teur des conditions de croissance. Cette variable a été évaluée à l’aide d’un système à cinq classes selon lequel chaque arbre compte entre zéro et quatre voisins dont la cime lui fait compétition. Avant le traite- ment, on considérait que le couvert était fermé puisque les 2/3 de la surface terrière étaient composés d’arbres dont l’indice de compétition des cimes était de 4/4. Après traitement, la proportion des arbres dont l’indice de compétition des cimes était de 4/4 est passée à 38 %. Ces conditions

Tableau 2.

Description des peuplements avant et après traitement

Northern Pulp PHP

Avant Après %1 Récolté Avant Après %1 Récolté

Densité (tiges/ha) 731 551 -25 180 766 559 -27 207

Volume (m3/ha) 165 111 -33 54 162 108 -33 54

Volume moyen (m3/tige) 0,225 0,202 -10 0,298 0,211 0,192 -9 0,262

Proportion de Q1 412 452 +4 342 333 383 +5 203

1 Pourcentage récolté par rapport à la valeur avant traitement 2 % tiges/ha

3 % m²/ha

(7)

7

Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

de croissance améliorées ont été obtenues malgré le fait que l’abattage était concentré dans seulement 50 % de la superficie du peuplement. Après traitement, 23 % de la surface terrière des arbres cotés Q1 avaient perdu au moins une tige compéti- trice et 11 % avaient perdu au moins deux voisines compétitrices. La méthode de jardinage 1-2-3 a donc démontré sa capacité à améliorer particulièrement les conditions de croissance des meilleurs arbres du couvert en combinant une analyse de la vigueur et du dégagement des cimes.

Réseaux de sentiers

Respecter le réseau de sentiers établi est essentiel pour réussir l’application de la méthode 1-2-3. La capacité de l’opérateur à respecter la largeur et l’espacement des sentiers a été évaluée dans les parcelles témoins au cours des deux essais. Dans l’étude de Northern Pulp et de PHP, la largeur moyenne des sentiers était de 5,0 et 5,1 m respectivement et elle n’a jamais ou presque jamais dépassé 6 m.

Cela démontre que les opérateurs ont

été en mesure de respecter la largeur et l’espacement des sentiers ciblés à l’aide de l’approche des « arbres repères » proposée par FPInnovations (Meek, 2006). L’espacement entre les sentiers était en moyenne de 30,8 et 28,7 m et s’établissait entre 26 et 34 m dans 84 % et 85 % des cas respectivement pour chaque essai. L’un des opérateurs utilisait un système de navigation GPS (système FPDat mis au point par FPInnovations) alors que l’autre devait évaluer l’espacement visuellement. Comme outil de formation, un rubanage initial des sentiers a aidé les opérateurs à évaluer le bon espacement.

Productivité et coût Abattage

Pour le cas de Northern Pulp, l’abattage a été réalisé avec une abatteuse-groupeuse Tigercat 860C. La productivité était bonne dans les zones de coupe à blanc et de coupe de jardinage, ce qui indique que l’opérateur a compris rapidement les règles de la méthode 1-2-3 (tableau 3). La baisse de 15 % de la productivité (m³/ HMP) s’explique surtout par l’augmentation du

Northern Pulp PHP

Paramètres de l’activité Coupe à blanc Jardinage Jardinage 1 Jardinage 2

Durée de l’étude (HMP) 2,1 5,3 7,7 7,4

Volume moyen par tige (m3) 0,310 0,296 0,343 0,274

Productivité (tige/HMP) 202 182 167 184

Productivité (m3/HMP) 62,6 53,9 57,9 50,4

Taux horaire1 ($/HMP) 120 120 121 121

Coût d’abattage ($/m3) 1,92 2,22 2,08 2,40

Éléments du cycle de travail

Distribution des temps

Déplacement (%) 14 27 39 40

Débroussaillement (%) 10 16 14 11

Coupe (%) 43 37 29 22

Déplacement pour grouper (%) 0 2 2 1

Arrangement des billes (%) 0 0 1 1

Groupage (%) 27 12 9 19

Délais opérationnels ajustées (%) 6 6 6 6

1 Taux couvrant l’ensemble des coûts directs d’opération de la machine

Tableau 3.

Productivité et coût de l’abatteuse-groupeuse dans les essais de la méthode de jardinage 1-2-3

(8)

8 Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

temps de déplacement associée à la méthode de jardinage. Comme l’opérateur doit avoir une bonne visibilité quand il doit décider des arbres à couper, il lui faut plus de temps pour débroussailler. La tige moyenne récoltée était 4 % plus petite dans la coupe de jardinage que dans la coupe à blanc, surtout en raison du nombre moins grand de gros résineux disponibles dans les zones de jardinage. Beaucoup des gros arbres moins vigoureux (Q3) laissés sur pied par la coupe à blanc ont été coupés lors de la partie jardinage de la récolte. L’augmentation calculée de 18 % des coûts d’abattage est similaire à l’augmentation observée dans d’autres études de cas.

Chez PHP, les résultats des observa- tions de la récolte ont été recueillis lors de la première et de la seconde semaine d’application de la méthode. Le volume moyen des arbres récoltés était de 20 % inférieur la deuxième semaine (tableau 3), ce qui a réduit le volume par HMP de 13 % malgré le fait que la productivité par tige a augmenté de 10 %. Cela montre que

l’opérateur était déjà productif au cours des premières journées où il a utilisé la nouvelle méthode 1-2-3. Globalement, les coûts furent très concurrentiels. La distri- bution détaillée des temps de chacun des éléments du cycle de travail indique que la méthode 1-2-3 était plus efficace que le jardinage conventionnel par pied d’arbre.

Dans les études antérieures dans la vallée de l’Outaouais (Meek, 1997), les arbres avaient été martelés et ceci causait plus de déplacements de la machine à partir du sentier principal.

Façonnage

Pour l’essai de Northern Pulp, le façonnage a été fait avec un porteur Tigercat équipé d’une tête Hornet. La productivité mesurée de 15 m³/HMP était beaucoup plus faible que ce qu’on supposerait pour une coupe à blanc avec un même volume moyen par tige (tableau 4). Cela s’explique en partie par l’effort consenti par l’opérateur pour maximiser le rendement en fibre, ce qui produisait un volume insuffisant compte

Tableau 4.

Productivité et coût de la façonneuse dans les essais de la méthode de jardinage 1-2-3

Northern Pulp PHP

Paramètres de l’activité Jardinage Demi-lune Jardinage 1

Durée de l’étude (HMP) 2,5 0,9 3,4

Volume moyen par bille (m3) 0,106 0,154 0,075

Volume moyen par tige (m3) 0,316 0,471 0,33

Productivité (tige/HMP) 49,2 91,6 59,8

Productivité en volume (m3/HMP) 15,5 43,2 19,7

Coût d’exploitation direct1 ($/HMP) 130 130 130

Coût de façonnage ($/m3) 8,37 3,01 (4,402) 6,59

Éléments du cycle de travail

Distribution des temps

Déplacement (%) 10% 14% 10%

Chargement (%) 14% 28% 22%

Arrangement de la pile (%) 5% 0% 1%

Façonnage (%) 65% 52% 61%

Délais opérationnels ajustés3 (%) 6% 6% 6%

1 Coût incluant le coût opérationnel direct

2 Avec une hypothèse de volume par tige comparable au jardinage

(9)

9

Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

tenu de l’effort. Un autre facteur négatif était l’utilisation d’une tête de façonnage à plaque de butée fortement encombranteen plus de l’important surplomb arrière la machine.

Il fallait prendre particulièrement soin d’éviter d’endommager les arbres adjacents et les arbres repères. Un autre modèle de travail (en demi-lune) permettant la coupe à blanc dans la zone de sélection a été briève- ment mis à l’essai avant la fin de l’étude et a semblé atténuer certaines difficultés associées aux manœuvres de la tête de façonnage.

Globalement, on peut s’attendre à ce que le coût de façonnage de 8,61 $/m³ diminue à mesure que les opérateurs prennent de l’expérience. Toutefois, ce type de tête sera probablement un facteur limitant pour les améliorations futures. La machine n’a pas été observée dans des opérations de coupe à blanc au cours de cet essai, mais la demi-lune peut servir de référence. Après ajustement pour la dimension plus grande des arbres, le coût du façonnage pour la coupe à blanc a été estimé à 4,36 $/m³.

Lors de la première semaine de l’étude chez PHP, on a constaté que la distribution détaillée des temps des éléments du cycle de

travail réalisé par la Tigercat 845B n’était pas différente de celle qui est associée à d’autres types de coupe partielle où les arbres sont choisis individuellement. La productivité et les coûts estimés d’abattage et de façonnage étaient normaux.

Débardage

Chez Northern Pulp, bien que le débardage ait été étudié pendant quelques cycles, les chargements n’étaient pas complets et les estimations de la productivité n’étaient pas significatives compte tenu des distances de déplacement et des courts temps de charge- ment et de déchargement. Les observations chez PHP ont été beaucoup plus concluantes.

Le volume moyen par cycle observé était de 11,2 m3/voyage (tableau 5). Les distances de débardage ont été ajustées pour refléter la productivité sur une distance moyenne de 150 m, les distances variant généralement entre 0 et 300 m. La productivité était de 16,2 m³/HMP et le coût estimé, de 7,40 $/

m³. Les cycles observés comportaient surtout des billes à pâte et le chargement était efficace compte tenu de la taille des piles près du sentier.

Tableau 5.

Productivité et coût des porteurs dans les essais de la méthode de jardinage 1-2-3 PHP

Paramètres de l’activité Jardinage 1

Voyages 9

Durée de l’étude (HMP) 6,2

Distance moyenne de débardage (m) 150

Volume moyen par cycle (m3) 11,2

Productivité en volume (m3/HMP) 16,2

Coût d’exploitation direct ($/HMP) 120

Coût du débardage ($/m3) 7,40

Éléments du cycle de travail

Distribution des temps

Déplacement à vide (%) 6

Manœuvre (%) 5

Chargement (%) 36

Mouvement en charge (%) 11

Déplacement en charge (%) 9

Déchargement (%) 28

Délais opérationnels (%) 5

(10)

10 Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

Selon des observations antérieures et en supposant des coûts de débardage compara- bles, les coûts directs totaux d’utilisation de la méthode de jardinage 1-2-3 chez Northern Pulp et PHP ont été évalués à 19,46 $/m³ et 17,87 $/m³ respectivement (y compris une marge de profit de 10 % pour l’entrepreneur). Ces coûts reflètent le fait que l’étude a été faite tôt dans la période de mise en application et ils devraient diminuer une fois les opérateurs plus expérimentés.

Selon les résultats de l’étude, nous estimons que la différence de coût entre la coupe à blanc et la coupe de jardinage 1-2-3 serait d’environ 7 $ à 11 $/m³ dans les conditions de l’étude. Cette différence hypothétique est significative et suppose que les arbres récoltés sont de taille moyenne similaire pour les deux méthodes de coupe.

Une hypothèse plus réaliste serait de s’attendre à ce que la taille moyenne des arbres récoltés dans la coupe à blanc soit plus faible que celle des arbres de la coupe de jardinage, ce qui réduirait la différence de coût entre les deux types de traitement.

Conclusions

La méthode de jardinage 1-2-3 a été conçue pour faciliter sa mise en application sur le terrain par des opérateurs de machin- erie qui visent la production. Un avantage important de cette méthode est sa convivi- alité pour les opérateurs, qui découle d’une disposition de sentiers facile à suivre, de directives simples pour la sélection des tiges et du suivi facile des progrès. Les deux études ont montré que les opérateurs peuvent suivre des règles de base dès le premier essai. De plus, la méthode semble atteindre l’objectif de maintenir des coûts assez raisonnables;

la différence de coût devrait diminuer à mesure que les opérateurs prennent de l’expérience. Bien que des directives différ- entes aient été établies pour les deux sites, les essais ont montré que la méthode peut améliorer les conditions de croissance du peuplement résiduel. Les coûts et les effets sur les peuplements peuvent varier selon les conditions, mais les deux essais ont montré que la méthode de jardinage 1-2-3 était viable dans l’aménagement de forêts de feuillus tolérants. La mise en application et l’observation dans une plus vaste gamme de conditions de peuplement permettraient de documenter le plein potentiel de la méthode à grande échelle.

(11)

11

Vol. 14 No. 2 Novembre 2013

Avantage

Figure 5.

Données GPS telles que rapportées par l’unité FPDat installée sur l’abatteuse- groupeuse pendant les essais avec PHP.

Mise en application

La méthode de jardinage 1-2-3 a été conçue pour être appliquée facilement et rapidement sur le terrain et pour s’adapter à tous les systèmes de récolte ou de machin- erie utilisés. La réussite de la méthode dépend de plusieurs facteurs :

1) Constance de la largeur des sentiers, des zones de sélection et des zones intactes par l’utilisation du système

« d’arbres repères » de FPInnovations et de la navigation GPS (ou d’un prémar- quage des sentiers) conformément à la disposition proposée aux figures 2 et 3.

L’allocation des différentes machines et le suivi des activités sont plus faciles à effectuer à l’aide d’une carte (figure 5) du réseau de sentiers progressif;

2) Directives pertinentes pour la sélection des tiges, pouvant être comprises par les opérateurs et qui ne nécessitent pas de marquage, grâce à l’utilisation de critères préétablis de DHP et de vigueur basés sur une évaluation préliminaire du peuplement dans des parcelles distribuées au hasard;

3) Directives souples pour le choix des tiges, établies conjointement par les opérateurs et les gestionnaires en vue d’une amélioration de la qualité globale du peuplement en fonction du produit final visé et des questions locales de densité, de vigueur et de régénération (un critère visuel particulier de vigueur doit être inclus dans les directives préétablies);

Légende

Mètres 0 300 600

FPInterfaceMC FPComMC FPDatMC FPTrakMC

FPSuiteMC

(12)

FPInnovations

Région Est

570, boul. Saint-Jean Pointe-Claire, QC, H9R 3J9 514 630–4100

514 694–4351

[email protected]

Région Ouest 2601 East Mall Vancouver, BC, V6T 1Z4 604 224-3221 604 228–0999

[email protected]

Mise en garde

Ce rapport est publié uniquement à titre d’information à l’intention des membres de FPInnovations. Il ne doit pas être considéré comme une approbation par FPInnovations d’un produit ou d’un service à l’exclusion d’autres qui pourraient être adéquats.

This publication is also available in English.

© Copyright FPInnovations 2013.

Imprimé au Canada sur du papier recyclé fabriqué par une compagnie membre de FPInnovations.

Poste-Publications #40008395 ISSN 2290-2325

4) Volume moyen d’arbres récoltés plus élevé par peuplement et productivité en volume accrue comparativement à la coupe à blanc ou à la coupe de jardinage traditionnelle avec marquage préalable selon des directives précises.

5) La méthode 1-2-3 nécessite aussi un processus de surveillance qui permet aux superviseurs immédiats de détecter rapidement tout écart par rapport à la disposition des sentiers ou au choix des arbres présentant des défauts. Un système de contrôle faisant appel à des parcelles post-traitement a été défini par Meek (2006). Il utilise des variables descriptives qui peuvent être estimées officiellement à des fins de vérifica- tion ou simplement pour fournir de nombreux commentaires aux opérateurs d’abatteuses-groupeuses. Comme les conditions forestières changent continu- ellement d’un bloc à l’autre ou dans un même bloc, le processus proposé permet d’apporter des ajustements constants et fait en sorte que la qualité du traitement soit maintenue.

Remerciements

Les auteurs aimeraient remercier les membres des équipes d’opérations forestières pour leur patience pendant les essais ainsi que les superviseurs des opérations qui ont permis à FPInnovations de mettre à l’essai cette variante de la méthode 1-2-3.

Dans le cadre de l’Initiative sur les feuillus de FPInnovations, ce projet a été financé en partie par le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse et par le programme des Technologies transforma- trices de Ressources naturelles Canada.

Références

Meek. P. (1997) Mechanized selection cutting in hardwoods with a Timbco T-445.

FPInnovations – Opérations forestières, Pointe-Claire (QC), Note technique FT-265, 12 p.

Meek, P., 2006. Essais de différents agencements de sentiers adaptés à la coupe progressive. FPInnovations – Opérations forestières, Pointe-Claire (QC), Rapport Avantage 7(8), 8 p.

Meek, P., Cormier, D., 2004. Études de premières interventions d’un système de coupes progressives . Inst. can. de rech. en génie for. (FERIC), Pointe-Claire (QC), Rapport Avantage 5(43), 10 p.

FPInnovations, 2011. Revue des activités 2010-2011. Bâtir l’avenir sur l’innovation.

Aujourd’hui. Une réussite à la fois. p. 23-24

Références

Documents relatifs

ainsi, pour l’ensemble des charges fixes annuelles et pour chaque matériel, un taux global moyen est retenu dans les calculs intégrant les taux d’amortisse- ment,

11 797 kg (le cas des autobus est particulier : les autobus sont considérés comme des VC s’ils ont une capacité de plus de 10 passagers quel que soit leur poids), tandis qu’un

Les indicateurs de fiabilité des coûts, publiés dans les référentiels de coûts propres à chaque année, sont utilisés pour sélectionner les années constitutives du

CHOUX - FLEURS : (1) Semer sur couche, en pépinière, repiquer ensuite sous châssis et planter en pleine terre, à bonne exposition, en mars-avril (récolte : juillet-août).. Variétés

Dans un premier temps" on doit marquer individuellement les arbres à couper afin de dégager les sujets les plus prometteurs ou plus petits# C’est l’étape qu’on appelle

Le premier mesurage a été effectué immédiatement (ou tout au plus quelques mois) après la coupe et la préparation de terrain. Il a permis d’évaluer les effets de la

Dans le cas d'une entreprise purement commerciale [5] , le coût de production est égal au coût d'achat. Le coût

Mais charges directes et indirectes sont des notions différentes des notions de charges variables et fixes.. Par exemple le salaire d'un employé qui travaille sur un seul produit