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Miss M. R. Hiltz. * ^:^ Jtt_3

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Academic year: 2022

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(1)
(2)

/

Miss M. R. Hiltz

*

^:^

Jtt_3

(3)
(4)

iA90UU^ OHM

é-

(5)

t'AMOUR QUÊTEUR,

COMÉDIE

EN DEUX ACTES, EN PROSE,

Par

J\j[.

DE BEAUNOIR.

s

»

i ."

.*

»-5 A f A R I S

,

V

^uE«ftau

dela'Petite

Bibliothèque

desThéaireÇj lue des $4-0iilins, butte S.

Roch

:,n^. ii.

M. DCC. LXXXV.

(6)
(7)

L'AMOUR QUETEUR;

CHANSON.

J'vpiTER un jour, en fureur, Avcit banni l'Amour sur rerre;

Gourmand

etne sachant rien faire.

Ilse mit Fierc Quêteur.

D'un

Personnage respectable,

Avec l'habit, il prit le ton:

Frère

Amour

en capuchon, Bit,

Ne

pouvoir qu'êtreaimable. Bis»

Voilà le pauvre

Cupidon

Courant le

monde

à l'aventure.

Le Dieu qui soumet la nature

,

Est réduit à l'abandon.

A

la ported'un Monastère,

11 arrive bien fatigue:

Faites-moi la charité! BU.

Je suisdans la misère. Bis.

Aux

cris du petit séducteur

Une Nonne

vint à la porte;

VoyantCupidon de la sorte, I.a pitié gagna soncœur.

Pour vous délasserde la route, 74onfrcre, entrez dans la inilson...,

aij

(8)

Prenezmo! par

m?n

cord.on, Bifé

Ma

soeur, je n'y vois goutte.

Ba,

Sans y penser, lapauvre Agnès

Met

le loup dans la bergeriei

Et son innocence chérie

Va

s'envoler pour jamais.

Frère

Amour

a tant d'éloquence Qu'ilparvient à la convertir.

Lui f?\t aimerleplaisir, Bir.

En prêchant pénitence. £;/, Voilà le petit Capidon,

Courantdecellule en cellule,

A

sœur Brigirte . Asoeur Ursule

,

Il va présentant son tronc.

De

toutes il reçoit l'aumônei

Et pour le

Dimanche

suivant.

Chaque Konnc

du Couvent Bis»

Le

recommande

au Prône. B:r

L'Amour

en froc étoit charmant;

Mais il n'croitpas moins volage:

Je vais achever

mon

voya;:e

,

Leur dit-il,

dun

ton dolent.

Ah

! queltourmentIah!quelsupplice Vous nous quittez, périt frippon1

Laissez-nous votre cordon.... Bis.

hii SGCuc,Dieu vous béaisse ! Bis,

(9)

!îî

AVERTISSEMENT.

^'est

d'après cette

Chanson charmante, dont on ne

connoît point l'Auteur,

que

j'ai

conçu

et exécutécettebagatelle.

Le

Public adaignélare*

cevoir avec

bonté

, et la voir avec plaisir. J'ai

, sans

doute

, ce succès à la

manière

aussi

neuve que

vraie

dont

plusieurs rôles, et princi-

palement

celui de

Madame Barbara

, ont été lendus.

Comblé

des

encouragemens que

le

PuMic

vouloit bien

me donner

, je

me

serois contenté

de

ses

applaudissemens

réitérés, et jamais je n'auroisosé

me

livrer au

grand

jourde l'impres- sion , s'il

ne

m'étoit

tombé

entre les

mains une Comédie

, portantle m-êmietitre

que

la

mienne

,

etreprésentéeet

imprimée

à

Rouen.

Comme

j'ai craint

que

l'on

ne confondît

ces

deux

Pièces, je

me

suis trouvé forcé ,

malgré moi

, à faire

imprimer

la

mienne

, et à la

donner

au Public,

en réclamant son indulgence

et ses bontés

pour une

bluette,

dont

l'à-propos afaitle principal mérite.

a iij

(10)

JV

NOTE

DES REDACTEURS.

JL/A Chanson

quia fourni le Sujet

de

cettepe- tite

Comédie

, et

que

l'Auteur a

imprimé

au-

devant

,

nous

dispense de ledétaillerdavantage

ici.

On

sent assez qu'il a été obligé de faire

quelques changeincns

au

fonds

et d'y ajouter

beaucoup, pour

se

conformer aux conrenances

Théâtrales;

mais

ilasuivi la

même marche

, et

en

a

mis

toutes les principales idées

en

action.

(11)

JUGEMENS ET ANECDOTES

SUR

L'AMOUR QUÊTEUR.

Jamais

Pièce n'eut surles

Théâtres

des

Bou-

levards

un

succès plus brillant. Elle attira

au

Spectacle des

Grands Danseurs du Roi

, et la

Cour

et laVille.

Tout ceux

qui avoient chanté la

Chanson

voulurent voir la Pièce , et l'on

donna

des élogesà

son Auteur

,

pour

la

manière

adroite avec laquelle il présenroit

un

sujet aussi libre, sans laisser passer

aucune

expression ca-"

pable de

choquer

la

bonne Compagnie

, qu'il attiroit à

un

Spectacle

ou

elle n'avoitgueres cou-

tume

de se montrer.

La manière dont

plusieursdes rôles

de

cette

Pièce

furentjoués,contribua encoreà sonsuccès.

Madame

Nicolet ,

épouse du

Directeur

des Grands Danseurs du Roi

, rendit supérieure-

ment

lerôle

de Madame Barbara

, la Maîtresse

(12)

vj

JUGExMENS ET ANECDOTES.

*

de

Pension.

La Demoiselle

Forest

,

que

le

Pu-

blic voif tousles ;Ours, avec

un nouveau

plaisir, surleTlieatredes Variéiéi ,

annonça

sontalent

dans

lerôle

d'Agnès

, l'une des trois principales Pension:! ires de

Madame

Barbara, c* le joua avec

une

ir.génuiîe originale.

Celui

de Brigitte futrempli avec

beaucoup

definesseet degaieté, pnrla

Demoiselle

Rivière, et celui

d'Ursule,

avec sensibilité, par la

Demoiselle La

France.

Enfin

rien de tout ce qui pouvoir fiire réussir cette Pièce ne futnégligé : les décorationset le

costume

plurent

généralement. L'Auteur

, qui d'abord voulut garder

l'anonyme

, reçut le len-

demain

de la prer.iicre représentation ces vers

envoyés

à

Madame

Kicnlct , pat

M. Bodasse.

«

Qui quetusoisdontlaplumeIcgcrc

«

Chez Nicolet attiretout Paris,

Tii nousfais voir au lieu d'un Monastère

« De Mahonet

le charmant paradis.

SICertes,Monsieurl'Aurc-.!' c'estas-eibienl'entendre, iiVoulant d'un nouvel ordreêtre lefondateur,

>•>D'avoir im:îginé de prendre,

Et V(înuspour Abbcssc,etl'Amour pourQuêteur.

«

^L

de

Pcaunoir

a dîpuis alouté

quelques

(13)

JUGEMENS ET ANECDOTES,

vij

Vaudevilles

très agréables à cette petite

Co- médie

, qui fut jouée de cettenouvelle

manière dans une

Fête,

donnée

à

MONSIEUR

,

peut

célébrer sa convalescence.

On

l'a jouée

une seconde

fois ,

de

cette

manière, chez Monsei- gneur

le

Comte

d'Artois, à

Maisons,

et

une

troisième sur le

Théâtre

des Tuileries , à

une

Eète

donnée

par

M.

le Prince de

Gtiémenée.

Cette Piècefîtle plus

grand

plaisir, ainsi ar- rangée; et à ces représentations particulières« ce furent

Mesdemoiselles Guiraard

,

Dorival

et

Lafont

,de l'Opéra, qui remplirent, lapremière, lerôle

d'Agnès

,la

seconde

, celuide

l'Amour

, et la troisième celui d'Ursule3

M. Du Gazon

et

Mademoiselle

Olivier , dela

Comédie Fran-

çoise, jouèrent, lepremier, celuide

Madame

Barbara

, et l'autreceluide Brigitte.

Quelque

flatteuses

que

pussent être

pour M.

de Beaunoir

toutes ces diverses circonstances ,

il ne se

montra

dans aucune.

Les

Princesigno- rèrent

même

jusqu'àson

nom

, et

témoignèrent

leur satisfaction à tout autre

que

lui : de sorte

tju'ilauroit

pu

dire, avec Virgile :

Sec vos, non yohis, &c.

(14)

Tli)

JUGEMENS ET ANECDOTES.

Ilne faut pas

confondre

cette

Comédie

avec'

une

autre

mêlée

de Vaudevilles , sur le

même

sujetet sous le

même

titre, qui parut

imprimée

à

peu

prèsdansle

même tems

, et

que

son

Au-

teur, après l'avoir fait jouer à

Rouen

,

donna aux

petits

Comédiens du

Bois de

Boulogne. Le

fonds

detoutesles

deux

est

absolument

le

même,

etles scènes de celle

du

Bois de

Boulogne

sont toutes calquées surlesscènes decelledes

Grands

Danseurs du Roi

;

mais on ne

peut refuser à celle-ci ledroitd'aînesse et le mérite de l'origi- nalité etde lasupériorité , à tous égards.

(15)

L^AMOUR QUETEUR

,

COMÉDIE

EN DEUX ACTES

,

EN PROSE,

Par m. de BEAUNOIR;

Représentée

,

pour

la

première fois

j

a Taris,

sur

le

Théâtre des Grands Danseurs du

Roi

,

au mois de Septembre 1777.

(16)

PERSONNAGES.

L'AMOUR.

MERCURE,

Madame BARBARA,

Maîtresse de Tension.

URSULE,

^ ^

,l~

^

'^..

V

Pensionnaires de

Madame

Barbara,

Troupe

di jeunis Pensionkaires.

L

G N

Ès, )

iRIGITTE

,

y lOSETTE

,

3

La Scène

se

passe dans un Fduxhourg de

Paris,

(17)

L'AMOUR QUÊTEUR

,

COMÉDIE.

ACTE PREMIER.

(Le Théâtre repre'sente une rue ; sur la droite est une maison,dont toutes lesfenêtres sont grille'es

)

SCENE PREMIERE.

L'AMOUR, MERCURE,

entrant chacun d'un, côté opposé.

Mercure.

J/Ene

me

trompepas, c'estcefripon

d'Amour!

L'Amour.

C'estcecoquindeMercure!

Mercure.

Eh

!

bon

jour, frcre.

L'Amour.

Soislebien rencontré. Par quel hasardsurlaterre?

Mercure,

Par le

même

hasard que toi.

A

ij

(18)

4 L'AMOUR QUÊTEUR,

L'A M

O UR.

Comment

î

M

ERc u Rr.

Comme

toi, je suisbanni de l'Olympe.

L'

A M

o uR.

Et la cause de ton bannissement?

M

ER cu Rï.

Toutesimple. Lorsque, lassédetesfredainesetdete»

espiègleries, le SeigneurJupiter t'eutchassdduCiel,il

renouaavecsachcrc dpouse. la bonne

Dame, comme

tusais, estacariâtreetrancuneuseendiable; ellem'en vouloit, depuis long-tems, de toutes mes complai- sances pour son mari, et

mon

exil a drc lapremicrc condition du

raccommodement

desdeuxtristesépoux,

L'

A M

oVR.

Tu

n'en es pasextraordinairement fâché?

Mercure.

Je t'en réponds! Depuis tonbannissement tout cjt

d'un tristeetd'unemonotoniedans l'Olympeà pcrir!

C'est la prude etsaje Minervequipréside àta place:

juge delagattc qu'elle inspireiJupiterbâillemajestueu- sementauprèsde satendre dpouse; Neptunes'est retiré sous seseaux,plus glacé qu'elles;lajeuneAuroreveut en vain réchauffer son vieil époux, et ta belle

ma- man

est réduite à souffler les forges de son vilain mari.

L'

A M

of R.

Mon

exilnesera pas long. Maisquecomptes-tufaire lut ce pauvr« globe?

(19)

COMÉDIE.

y

Mercure.

Je suis,

comme

tu sais, à deuxmains. Jen'y

mnn-

querai pas d'occupation. En quittant l'Olympe, j'ai

demandé

à l'iutus des Lettres derecommandation au- prèsdeplusieursTraitans. Si jepuisobtenirunecaisse

,

jevivrai honnctem.cntetpaisiblement : Mercurepeut, jecrois, sansdéroger, devenir Financier?

L'Amour.

Certainement.

Mercure.

Et toi,

vas-tu de ce pas ?

L'Amour.

Je resteici.

Mercure.

Comment

! dans

un

Fauxbourg?

L'Amour.

Oui; jesuisenguerre.... Vois-tu cette maisonî

Mercure.

C'est, sansdoute, cellede quelque jaloux, carje

k

vois hérissée degrilles?

L'Amour.

Kon.

Mercure.

C'estdonc une prison?

L'Amour.

Encore moins.

Mercure.

Qu'est-ce donc ?

Aîî]

(20)

4 L'AMOUR QUhTEUIl,

L*

A M

OUR.

Un

colombier qui renferme de jeunes tourteicllej, charmantes autant qu'innocentes.

M ER

CT3»i.

Explique-toi p!'« clairement.

L'

A M

o uR.

Je bloque' cette maison d'éducation : e'.Ie est ha- bitéeparunevieilleMaîtresse qui garde de jeunespen- sionnaires, entre lesquelleson en compte troisdesciie à dix-sept ans, bc'.les

comme

lejour.1a rose quirient des'épanouiramoinsdefraîcheur et d'éclat; ce son;

ces roses que je veuxcueillir.

M

ERCURs.

Toujours le même.... Mais dis-moi> quel costume compte-tu prendre i

L'

A M

O U R.

Lemien, sans doute?

Mercure.

Le tienî

L'Amour,

Enest-il de plusintéressant?

Mercure.

Pauvre

Amour

îilfauttepardonner, tu ne conoo\

pluslesusages; mais apprendsque, s'il t'arrirede pa- roître ainsi,

ou

de te

nommer

seulement, c'est faii

de toi. Imagine-toi,

mon

cher frère, que tu n'es plus reçu dans ce qu'on appelle la

bonne com-

pagnie; ton

nom

seul donne des vapeurs, Si tu veux

réussir, cache-toibien sous un des habits

da

Caprice.

(21)

COMÉDIE.

7

I,'

A M

O UR.

Sousundes habitsduCapiicc, dis-tu? Quoi!ce

Wca

volage,inconséquent, dontlesfaveurssontdes offenses, quitraîne aprèslui souventleremords, et toujours le me'pris?....

Rc

u

RE.

tst le Dieu qu'adorent les ïrançois. 11a détruittes

Temples, et reçoitaujourd'hui l'encens queles

Mor-

telsbrûloicntautrefois surtes Autels; profitedoncde

mon

conseil, et ne te montre quesous leslivréesde tonplus cruel ennemi.

L*A M

o t;R^

Et quel estson habit f.ivori?

M

ER cu RK.

Il en a mille pour un. Vrai Camélcon, ilpaioît le

même

joursous vingt foimes différentes.

On

le voit, le matin, en simple habit d'uniforme, à la toilette d'une jeune coquette , pailer combats , chevaux,

courses, batailles, et noueren

mcmc-tems un

ruban,

ou

placer une

mouche

assassine. Le soir, aux

genoux

d'uneprude, il parleconstanceetdiscrétion,engras- seyant, sous lafigure intéressanted'un

Abbé

musqué.

Veut-il s'introduire cheï la précieuse?il prendle ton etl'air empesé d'unfroid Robin. Faut-ilplaire àcette savante, qui, sans rien savoir, parle de tout, juge tout, et dont les arrêts sont irrévocables? plus né- gligé dans sa parure,il vient, d'unpas deHéros de Théâtre, lui débiter, d'un ton emphatique, lesmille et unefadeurs. Mais l'habit souslequelil n'a jamais

(22)

9

L'AMOUR QUETEUR,

trouve decruelles, aveclequelilsoumetlesbeautésles

'

plus rébelles, estceluideFinancier.

L'

A M

o uR.

J'ai toujours trouvé tes conseils exccllens; sers-moi donc de Mentor et deguide.

Mercure.

Ehlbien, suis-moi; tu n'auraspas sujet de t'en re-

pentir. (Jb sortent. )

SCENE II.

MAdame BARBARA

,

URSULE, AGNÈS

,

BRIGITTE

,

ROSETTE

,

Troupe

de jeunes

Pensionnaires.

Madame Barbara.

A,

.LLONs , Mesdemoiselles, rcntrei; il se fait déjà tard, et la promenade a étéplus longue qu'à l'ordi- naire.{Les plusjeunes Pensionnairesrentrent.)[

A

Ursule.)

Qu'avex-vous donc dans la poche de votre tablier» Ursule?

U

R$

UL

E.

Bien,

Madame.

Madame Barbara.

Comment!

rien?.... Voyons, voyons. [Ellefouille dansIdpoche d'Ursule, etytrouveunRoman.)

Oh

!Ciel!

un Roman

,

un Roman

, Mademoiselle? Voilàdonc i quoi vous vous occupez, à lire des

Romans

! Vous ne savezdoncpas querien n'estplus dangereux quecette lecture, et pourle

cauret

pour l'esprit, et qu'ilfiau-

(23)

COMEDIE.

9 droit brûler tous ceux qui lescomposent>

comme

des empoisonneurs publics?

U

Rs uL r.

Il estcependant bien intéressant.

Madame Barbara.

Taisez-vous....Si vousvoulez vous orner l'espritet Vous formerle cccur, lisezleMiroir du

Monde

, les

Dé~

hces de la Retraite.,,. Voilà ce qu'on appelle de bons Livres, et

non

pas des Romans.... Allez ; quecela ne vousarrive plus.

Ursule,

Kon

,

Madame.

Madame Barbara.

Rentrez. {Ursule rentre. )

[A

Brigitte.)

Un

instant.

Mademoiselle Brigitte ,

un

instant : que vois-je dans votre bavette?

Brigitte.

Ah

!

Madame

! c'est une

Chanson

charmante; elle estintitulée: L'AmourQuêteur... Écoutez bien, jevais vousla chanter:

«Jupiter

un

jour, en fureur

,

»

Avoitbannil'Amour....

»

Madame Barbara,

luimettantlamainsurlaloucheet se saisissantde la Chanson.

Voulez vous voustaire?...Voulez-vousvoustaire?...

Est-ce qu'une Demoiselle, bien élevée, doit chanter de pareilles Chansons? Vous mériteriez!....

Que

ja vouj en trouve jamais, et vous verrez!..,.

(24)

,o L'AMOUR QUETEUR,

Brigitte.

Ah

! vous pouvezlagarder,je la saisparcoeur.(

ElU

renne,)

Madame Barbara.

L'impertinente1....

{A

Agtèi.)

Voyom,

où en esi

voue

ouvrage,Agnès?.... { jignisprùenit sonsacàou- vra^r d'eu

Madame

E'Uiara tireun hilboquet. ) Voili donc à quoi vous vousoccupcx?....

Un

bilboquetI...»

K'arcz-vous pas de honte? à votre âge1

Agnès.

Celam'amuse.

Madame Barbara.

Bel

amusement

, qu'on pardor.neroit à peine à un enfant 1 Allez , Mademoiselle, allez vous mettie i l'ouvrage.

Agnès.

Vous faites un crime de tout. (Ellerentit. )

Madame Barbara.

Vous raisonnez,jeciois, grandesotte.'.... Rentrez, rentrez..,.

[A

Rcseue.) Toi, reste, Rosette.

(25)

COMÉDIE.

II

I» Il

""'

I. I I u.

"

III II na

SCENE

I I I.

Madame BARBARA, KOSETTB.

ROSETTE.

'uE voulci-vous,

Madame?

Madame Barbara.

Écoute, rosette. Je suisobligée d'allerfairedes

em-

plettes p<^iic toute»

mes

Pensionnaires , veille bien , pendant

mon

absence, sur toutes ces friponnes-là;

et, à

mon

retour, tu

me

diras tout ce qu'elles au- ront fait.

Rosette.

Oui

,

Madame.

Vous savez que je vous rapporte tout bien exactement?

Madame Barbara.

Oui, mon

enfant... Tiens , voilà les clefs de la porte; tu les remettras à Agnès, et tu lui recom- manderas bien , de

ma

part, de n'ouvrir à personne qu'à moi. Entends-tu^

Rosette.

Oui, Madame.... Vous penserez à

moi

en faisant vos emplettes.

Madame Barbara.

Oui, oui; maisrentre, carje ne veuxpas

m'amu-

serlong-tems, et l'heure

me

presse.... Ferme bienla porte. (Rosette rentredanslumaison, et

Madame

Barbara t'en VA à laville,

)

(26)

11

L'AMOUR QUETEUR.

SCENE IV.

L'A

M O U R

> seul, en Juihit de Ptlerir,, et ayaat

m

parùr

Madame

Barbara.

B ON

, Toilà

Madame

Barbara éloignée; profitonsde son absence, pour tâcher de nous introduire chex elle sous ce déguisement.... Frappo.^s à laporte.

( Ilfr^ppi. )

SCENE V.

AGNÈS,

à travers iviefenénegrillée;

L'AMOUR.

Agnès.

ui frappe?

Q L'Amour.

Un

pauvre Pèlerin,

nwn

bel

Ange

,

mourant

de faim et de fatigue, qui

demande

la charité et l'hoj- pitaliK'.

Agnès.

Je suis bien fâchée, Monsieur le l'clerin, nuis nous nelaissons jamaisentrer

d'hommes

ici.

L'A M

o u R.

Je n'autois cependant qu'à dire un seul

mot

,

Ma-

demoiselle, et cette porte t'ouvriroitd'elle-même de- vant moi.

AGNÈS.

(27)

COMEDIE. V}

Agnès.

Ah

iCiel î.,.. Vous êtes peut-être sorcier?

L'Amour.

Rassurez-vous,

ma

belle enfant, rassurez-vous; \t n'ai ni l'intention, ni le pouvoir

mcme

devousfaire

aucun mal.

Agnès.

Vous ne mentez pas?

L'Amour.

Non....

Vous

voyez bien ce cordon qui

me

ceint les reins?

Agnès.

Oui, Monsieur.

L'

A

M.ou R.

Eh1 bien, lui seulfait toute

ma

sorcellerie,

Agnès.

Comment

cela. Monsieur Pèlerin?

L*

A M

o uR.

Je n'aiqu'à en frapper

doucemcHt

trois

ou

quatre fois une porte, sur le

champ

elle s'ouvre d'elle-»

même.

Agnès.

Voilà

un

merveilleux cordon !.... Mais, degracôl

ne vous en servez pas ici.

L'Amour.

Que

eraignez-vous?

Agnès.

C'est

ma

semaine à garder la porté, fetsi

Madame

Barbara trouvoit

un homme

dans sa maisonj eU*

&'cn preadroit à,

moi

seule.

(28)

,4 L'AMOUR QUETEUR,

L'

A M

O UR.

Ne

craignci rien,

mon

aimable Demoiselle > je mourrois 'plutôt de fatigue à votre porte, que de l'ouvrirmaigre vous.

Agnès.

Je «eroisbien fâchée d'êtrela caujcJe votremort, L'

A M

o uR.

Et vous l^ serex cependant, si vous persistez daiis votre refuscruel.... Je succombe à la fatigue.

Agnès.

Madame

Barbara ne peut pa* tarder à revenir : at- tendez-là-, vous lui ferez pitié, sans doute, et «^e vous fera entrer.

L'Amour.

A-t-ellc

un

coeur plus tendre quele vôtreî

Agnès.

Ok

i non,non.... Certainement, non, L'

A M

o u R,

Eh! bien, Mademoiselle, je le sens, avant qu'cUl soie deretour,je serai

mon

de faim etde fatigue.

^

Agnès.

Suremencî

L'

A M

ou R.

sûrement.... Si vous avez lacruauté de

me

refuser, vous allez

me

voir expirer surle pas de votre poae.

Agnès.

Ah

! ne mourez pas, Monsieurle Fclerin, ne

mou-

rez pas; j'aime

mieux

m'exposcr à toute la colère de

Madame

Barbara.

(29)

COMÉDIE.

15

l'Amour.

Les Dieux vous en récompenseront....(

A

part. )Je la tiens!

Agnès,

sortantde la maisan,

Venez, MonsieurlePèlerin,venez.

L'

A M

o VR.

Que

je vous aid'obligation!

AGNÈS.

Si

Madame

Barbara le savoit, je seroisperdue.

L'Amour.

Ne

craignez rien ,

ma

belle enfant, ne craignez rien ; je

me

tiendraicaché bien exactement

vous voudrez , et demain, à la pointe

du

jour, je

m'en

irai.

Agnès.

Venez donc.

L'

A M

o

u

R.

Prenei-moipar

mon

cordon,

ma

chère Demoiselle;

car jen'y vois pas trop clair.

AGNÈS.

Venez, {^gnès, enhésitant, prend l'Amour par s0%

cordon, tt l'introduit dans la maison dont elle refermela

£Orte.

)

Fin du premier Acte,

Bij

(30)

la

L'AMOUR QUÊTEUR,

*

i.

_r\

ACTE II.

{Le The'itrere-prïsente la Classe de

Madame

Barbara.

Cx

voit, sur lesdeux atles, lesportes des chambresd'Ur- sule_, de Brigitteetd'Agnès. )

SCENE PREMIERE.

Madame BARBARA

,

URSULE

,

AGNÈS

,

BRIGITTE

,

ROSETTE, Troupe

de jeunes

Pensionnaires,

assises;

L'AMOUR

, cache' sous la table dt

Madame

Barbara.

Madame Barbara.

L

AïssEi-LAvosouvrages, Mesdemoiselles, etécou- tez-moi bien attentivement.... Vos parens vous ont confiées à

mes

soins, etvous devez bénirlejourheu- reux

vous êtes entrées chez moi,

comme

dans

un

asylc sûr,

un

port calme et tranquille. Tremblez.

tt)Utes d'en sortir, pour rentrer dans le

monde

! Vous ne le connoisscz pas

comme

moi-, c'est un gouffre , c'est

un

abîme

l'innocence, sans cesse attaquée, périt et disparoît en

un

jour. Tous les ho.nmcs y sont volages, ingrats, parjures, perfides. Gc sont dc«

monstres qui n'en veulent qu'à notrehonneur.

(31)

C O

iM

K D

l

E.

17

AGNÈS.

Etqu'est-cequec'estquenotre >ionneur,

Madame

?

Madame Barbara.

lasotte, avecsa

demande

.'....Notrehonneurc'est...

c'estcequenous avonsdepluscherau

monde.

...c'est la vertu.. , Les

hommes

cherchent continuellement à nous la faireperdrepour se

mocquer

ensuite denousj carunefille,ouiaperdu savertu, devientlariséede tout le

monde.

Agnès.

Et

comment

voit-onqu'unefilleaperdusavertu?

Madame Barbara.

Celasevoitparsaconduite....Pour vous accoutumer de

bonne

heureàlaconserverprécieusement, écoutez- moi.{Leur montrantàtoutesunpaquetd'auneauxde yene^) Vous voyezcesanneauxdeverre?

Agnès.

Oui,

Madame.

Madame Barbara.

Ilssont bienfiagiles-,l'honneurl'estmillefoisdavan- tage. Je vaisdoncvousdonner àchacune

un

deces an- neaux. Conservez-les bien précieusement:neles

donnez

àpersonne-, empêchezniê;r.equ'onn'y touche. Je

me

lesferai représenter tous les jours, etrelie quiaura le

malheurdele casser oude ledonner, doit s'attendre \ toute

ma

colère....Ilse faitdé/a tard:rangeonslaCIasse.

Hetirez-vouschacunedans votrechambre. Couchez-vous tranquilicraçnt,et, sur-tout,coujervcz bienprccieuse-

B

ii;

(32)

ïS

L'AMOUR QUÊTEUR,

ment

lesanneaux quejeviens de vousdonner....

Bob-

soir;bonsoir.

( Ursule,^gnèsC-Brigitte entrentchacune dansleur chnm''>rei fiîadame Barbaraseretire,d'un autrecûté,ayec lesplus jeunes Pensionnaires.)

SCENE II.

L'AMOUR,

se:il,sortantde dessonslatalle.

E:

,Tsur-tourconscrvcTbien précicusemcntlcs annei'iT queje viensde vousdonner....

Madame

Barbara,

Ma- dame

Barbara, j'csperebienvousen escamoterplusd'un1

près

avoir,dansvotre jeunesse,abusé de

mes

faveurs

,

faitbrûler millefoisl'encens sur

mes

Autels,goùrc tou- tes lesdouceursquejeprocure, vousvouiezbriser

mon

Sceptreetrenverser

mon

Empire; ddpitccdevoir l'âge, eneffaçantvoschaimes, éloignervosg.ilans,vouschcr- chciàvousvengerdes outrages

du

temssurcesjeunes Beautésconfie'esàvossoins,etvous prétendezsoustraire leurstendrc;cœursàmonpouvoir.... Eh!bien,ehibicn, faisons assautdepuissance, etvoyonsquidenou-;deux s'enrendra maître.... Prenonsavecchacuneleton qui convient à son caractère.... Voilà laporte d'Ursule;

c'est laplusraisonnable, et c'est par clic que jevcu.t commencer.... Frappons doucement..,,{A\ecsentiment.) Ursule,

ma

chère Ursule\

(33)

COMEDIE.

SCENE III.

URSULE,

L'

A M O U

R.

Ursule.

ui

m'appelle d'une voixsitendre?...

Ah

!Ciel! uu

homme

!

L'

A M

ouR.

Rassurez-vous,charmanteUrsule,rassurez-vous,et

ne m'exposezpas, parunecrainte indiscrète, àtoutela colèrede MadanncBarbara; jehasarde tout pourvous voît.

Ursule.

Etque

me

voulez -vous?

L'

A M

ouR.

Ursule, née avecun

cœur

tendre,nesentez-vous

donc

pasqu'il abesoin d'aimer?

Ursule.

Ah

!pourquoivenez-voustroubler

ma

tranquillité?

Qui doncctes-vous?

L'

A M

uR, Votreamant.

Ursule.

Mon amant

?

L'

A M

ouR.

Mais l'amantleplustendreet lepluspassionné, qui ventvousadorer toute savie. qui brûlepourvous de J'amourleplus violent.

(34)

10 L'AMOUR QUÊTEUR,

Ursule.

Jenesaisj'en suis...Quelfeu, jusqu'alorsinconnu, vousfaitespasserdans

mon

sein.

L'Amour.

Vousêtes faiterour aimer; livrez-vous àl'amour.

Ursule.

Maisquidoncêtes vous?

comment

ctes-vousici?quel estvotredessein?

L'Amour.

Jedemeure ici près, je vous ai vuequelquefois àla

promenade

, et jen'aipu vousvoir sansvousadorer.

A

l'aidedece cordon, parlavertnduquel rienne m'esc impossible, je

me

suisintroduiticisansêtrereconnu de personne, et je viens àvos yeux vous jurer

un amout

éternel, ou mourit à vos pieds, si je voustrouve in- sensible.

U

RsuL I.

Ah

!vous nemourrezpas!

L'

Am

o uR.

Achevez

mon

bonheur Dites-

moi

que vous n'aimez....

Ursule.

Kc

levoyez-vouspasdans mes yeuxJ

L'Amour.

Charmante

UrsuleI

Ursule.

H^Ias!

Madame

Barbiraditquetousles

homme«

sont faux,volages, parjures.

L'Amour.

Quivousvoitnepeutpluschanger.

(35)

C O M É D

I

E.

URSULE.

Vous

SCreJ.doncconstant? L'\

M

o u R.

En pouvcx-vousdouter?Maisvous, Ursule,mais vous, m'aimcrez-voustoujours?

Ursule.

Toujours.

L'AMOUR.

11

m'en

fautunepreuve.

Ursule.

Et quellepreuve en voulcx-vous?

L'A MO UR.

Vous

me

la refuserez,peut-être

î

Ursule.

Non

,jevouslepromets.

L'A.

M

ouR.

Madame

Barbaravientdevous donnerui\petitanneao deverre?

Ursule.

Eh! bien?

L'

A M

o uR.

Me

lerefuserez-vous?

Ursule.

Ah,

Ciel1que

me

deirandcz-vous? L'

A M

o ur.

Bienpeude chose.

U

R s uLs, .. :

Non

,vousêtestrop exigeant.

(36)

»t L'AMOUR QUÊTEUR,

L'Amour.

Je vois bienque vous nem'aimcx pas Adieu

,

Mademoiselle, adieu.

U

Rs u LE.

Oïlallez-vousdonc?

I,*

Amour.

Mourir, loindevous,dedouleur etdedésespoir»

Ursule.

Que

vousêtescruel!

L'Amour,

Vous

me

refusez?

Ursule.

Mais

L'Amour.

Vos

Compagnes

ne serontpeut-êtrepassidifficiles.

U

R s u LE.

Vousallez lesleurdemander?

L'Amour,

Oui, Mademoiselle, et cellequi

me

donnerasonan- neau, seracellequej'aimerai.

Ursule.

Madame

Barbara m'avoit tant

recommande

de le

•ardcri

L'Amour,

Et vous aimez mieux lui obiirque de m'obligcr

,

cruellei

Ursule.

Ah; quevous connoissez peu

mon

cœur,... Ecoutez!

jel'avoisserrébienprécieusement,jene comp'oispajle

(37)

COMEDIE. îj

perdresi-tôt;mais,puisqu'ilvousfaittantdcplaisir, je Tais\ouslechercher.

L'Amour.

Que

jevous aimerai!

Ur

sU LE.

Ne

vous dloignexpas,jereviensdansl'instant.

(Ellerentredanssachambre,)

L'A M OUR.

Allez,jevousatrensavecimpnticnce....

SCENE IV.

L'A M O U

Pv, seul.

Ir.T d'une deprise...Courage 1neperdonspa?detems;

etpendantquel'innocenteestalléechercherson anneau, attaquons-enviteuneseconde.... {Gaiement.)Brigittel chaînanteBrigitte!

SCENE V.

BRIGITTE, L'AMOUR.

Brigitte.

M,

E voilà ,

me

voilà....

Ah

!ah! c'est un

hommeî L'Amour.

Oui, charmanteBrigitte!Mais, de grâce! ne faites pointdebruit,oujeseroisperdu.

(38)

U L'AMOUR QUÊTEVR,

Brigitte,

Vousavezraison;mais quivous

amène

ici?qu'yfaites^

vous? que

me

voulez-vous?

L'Amour.

J'y suispour vous seule,etje viens, soas ce dcgui- semcnt, vousdéclarer

mon

amour.

Brigitte.

Vousêtesdonc

amoureux

demoi?

L'Amour.

Oui, cliarmantcBrigitte.

Brigitte.

J'ensuischarmée, carily along-tcmsquejedcsirois avoir un

amoureux

: je crois que c'esttortdrôle; et autantvous qu'unautre.

l'Amour.

Ce

n'estpastout, BrigitteisivousTouleiquejevous aime,il fautm'aimeraussi.

Brigitte.

Celaestabsolumentnécessaire?

L'

A m

ouR.

Absolument.

On

n'aime pas long-tems sans cspoit deretour.

Brigitte.

Eh

ibien, je vousaimerai, moi.

L'Amour.

Jene

me

contentepasde paroles.

Brigitte.

Vousavezraison.

L'A M

O V Pi Jeviux despreuvcsi

Brigittb,

(39)

COMEDIE. 4f B

R

IG

ITTE.

Et quellespreuves voulez-voik?

L'Amour.

Ce que vous avez de plus précieux.

Brigitte.

Ma

foiijen'airiendeplusprécieuxàvousdonnet...

qu'unpetitanneaudeverre, quevient de

me

confies

Madame

Barbara. Il n'y a pasune heurequeje l'ai ,

et j'ai déjà pensé le casser vingt fois:j'aime encore

mieux

quevouslegardiez que moi. Levoulez-vous?

L'Amour.

Très-volontiers.

Brigitte.

Eh!bien,attesdez-moi, jevaisle chercher.

L'Amour.

Ne

soyez pas long-tems.

Brigitte.

Non

, non. Sans adieu,

mon

amoureux.(Elle rentrs dans sa chambre.)

L'Amour.

Etdedeux... Attaquons vite la troisième.... [,Ingi' nuement. ) Agnèsi aimable Agnès!«,,.

(40)

lu L'AMOUR QUÊTEUR,

SCENE VI.

AGNÈS, L'AMOUR.

A

G N is.

Xa.H

IC'estvoiis,MonsieurlePèlerin;que

me

voulez- vous?

L'Amour.

C'est trop long-tems

me

contraindre, AgnesI ap- prenezquejene suis pas cequeje parois àvos yeux:

je vous adore1 et je

me

suis ainsi déguisépourm'in- troduireicii voyez en

moi

votreamant.

A

G

K

ts.

Mon amant

!...Et qu'est-ce qu'un

amant?

L'

A M

o VR.

C'estun

homme

sensible, quinevoitque la beauté qu'iladoîc, qui nevieque pour elle, at qui

met

son étudeetson boiihcurâ lui plaire.

AGNÈS.

Et

quand

illui plaît?

L'

A M

oU R.

îlestle plusheureuxdes

hommes!

Agnès.

Vousêtes doncleplusheureux

da hommes,

catvous

me

plaisez beaucoup.

L'Amour.

Agnes, quece tendreaveum'encjianteî

(41)

COMEDIE. ty

Agnès.

Jevousdis la vciitc J'aime beaucouptoutes

mes

compagnes;maisjeneressenspoui aucunelesentiment nouveau que vous m'inspire?,.

L'Amour.

Vous voulezdoncbien de

moi

pourvotre

amant

?

Agnès.

Oh

!oui...

L'Amour,

Ecoutez, Agnès;

on

nedoit rien refuser àsonamant,

Agnès.

Je ne veuxaussivous rienrefuîcr.

L'Amour.

Eh

1bien ,donnez-moi... votre anneau?

Agnès.

Mon

anneau?

L'

A M

o uR, Jevousen conjurei

Agnès.

Etqu'en voulez-vous faire?

L'

A M

ouR.

le gardertoute

ma

vie.

Agnès.

Jelegarderai aussi-bien quevous.

L'Amour.

Il

me

scroit si précieuxî

Agnès.

A

quoipourroit-ilvoussei"vir?

L

'

A

>t o

u

R.

Il

me

scroit

un

gage toujours prc'sent de votre

C

ij

(42)

«s L'AMOUR QUÊTEUR,

amour

pour

moi

; il

me

ptouvcroit combien vous m'aimez.

Agnès.

Vous le prouvcroit-il plus que

ma

parole? Je crois bien à la vôtre:

me

voyc7 -vousvous rien demander?

L'Amour.

Ah! vous pouvez tout exiger:

mon

sang>

ma

vie ,

tout està vous.

Agnès.

Et.,. . et.. .. votre corJon?

I '

A M

o u R, le lui présentant.

Il est à vous.

Agnès,

l'examinant.

Ah

!... gardez-!e.

L'Amour.

th! bien, Agnes... cet anneau?

Agnès.

Oh

! non.

Madame

Barbara

m'a

trop défendu de le

donner à personne.

L'

A M

o ur.

Quoi

.'... vous

me

refusez?

Agnès.

Il lefaut.

L'

A M

o u».

Vous nem'a:mcz doncpas?

Agnès.

Je crois quesi.

L'

A M

o u R.

Itvousne voulezpas

me

donnercetanneau?

<

(43)

COMEDIE. î^

Agnès.

Non...mais... [Le luimorunmt. ) I.Cvoili, L'

A M

O UR.

Ehi bien?

Agnès.

Ne

pouvcz-rouspas

me

le prendre?

L'

A M

o

V R

,prenant l'anneau.

Vous

êtescharmante!

SCENE VII.

URSUI.r, HKIGITTE, AGNÈS, L'AMOUR, Ursule,

entrent avec embarras.

JL E

N

E z .. . J'aurois

mieux vous le'sister:voilà

mon

anneau,cruelimaisjevousle

donne

en pleurant.

L'Amour.

Pouvcz-vousêtrefâchée d'obliger votre

amant?

Brigitte

, accourant.

Tiens,

mon amoureux

, tiens, voilà

mon

anneau»

L'

A M

o uR.

II fêta l'non bonheur.

Agnès.

Elles vous donnent chacuneleuranneau?

L'Amour.

Oui.

Ursule.

Que

vois-je? vousavez l'anneau deBrigitte et celui d'Agnès?

CiiJ

(44)

30 L'AMOUR QUETEUR,

L'Amour.

Oui.

Brigitte.

Letourest

bon

, lefriponanostrois anneaux!

U

R s c LE

.

Ingratlvous

me

trompiezdonc?

Agnès.

Vouslesaimezdoncaussil

L'

A M

o V R.

Vous êtes toutesles trois charmantes; pourquoine vous aimerois-jc pas touteslestrois?

Brigitte.

J'y consens volontiers, moi; maisà charge deic-

vanche.

AGNÈS.

Faites

comme

vous voudiez Mais pourquoi ne in'aimez-vouspas seule:

Ursule.

Vousêtes

un

perfide:rendez-moi

mon

anneau.

L'Amour.

Soyezaussi raisonnablequ'elles.

Ursule.

Elles ne connoissent pasl'amour

comme

moi.Allez» je vous aimois de

bonne

foi; je reux être aimée de

mcme.

I

1

(45)

COMEDIE.

?1

SCENE VIII.

R05ETTE, L'AMOUR, URSULE,

liRIGITTE,

AGNÈS.

Rosette.

iaH:

ah!...quevois-je?

Un homme

ici !

un homme

aveccesDemoiselles!.,. {Appellant.)

Madame

Barbara!

Madame

Barbara !

SCENE IX.

Madame BARBARA, les Précédens.

Madame Barbara.

El

,H! bien... quoi!qu'est-ce?

Ursule.

Kous sommes

perdues!

Madame Barbara.

Ah

I ciel!

un homme

!

un homme

!

Brigitte,

la contrefaisant.

Eh

î oui!

un homme

!etquinousaprisnosanneaux

à toutes les trois.

Madame Barbara.,

Vos anncsux! vos anneaux!... Qu'entcnds-je!.. . ,

ï-efirer-vous, malheureuses! retirez-vous,et craignez tout de

ma

juste colère!

( TouKsles Pensionnaires se mirent. )

(46)

31

L'AMOUR QUÊTEUR,

SCENE X.

E'

L'AMOUR, Madame U A R

B

A R

A.

Madame Barbara.

*T vous. Monsieurle drôle, que faircs-vousici?..»

Ah

Ijevaisvous fairepunir dela

bonne

manière.

L'A M

OOR.

Arrêtez,

Madame

Baibara, arrêter; vous ne con- roissez pasencore tout

mon

crime: l'amour, ilestvrai

,

m'a

conduit ici; mais ce n'est pas de ces morveuses dont jesuisamoureux.

Madame Barbara.

Et dequidonc?

L*

A

>r ou R.

De

vousseule.

Madame Barbara,

àpan.

Ah

!s'ildisoit vrail

L'Amour.

C'est vous seule, oui,vous seuleque je chcrchois ici; c'est pour vous seule que je

m'y

suisintroduit, à l'aidede ce coidon magii]ue qui m'en a ouvert la porte,etc'est àvos pieds queje vcu.wivreoumourir.

(Iltombe à ffspieds.)

Madame

Ra rbaRa.

Eh; bien,

me

voilà toute dcconcert<5e... .

Ah!

rc- Icvcz-vous donc , relevez-vous donc; vous êtes trop dangereuxI

L'

A M

o UR.

Non

,jemeurs ivos piedsjsi tous m'êtescruellei

(47)

COMÉDIE.

Î5

Madame Barbara.

Ah!

vivez, vivez,, etqui poiuroitvous résister? L'

A M

o u R,

Vous

m'aimez donc?

Madame Barbara.

Eh

J oui, dont bien j'enrageI

L'

A M

o u R, ironiquement.

Que mon

triompheest glorieux!

Madame Barbara.

Jevous adore:restez dans

ma

maison; établissez-y votr« demeure, régnez-y en souverain ,

comme

vous régnezsur

mon

cœur.

L'Amour.

Quim'issurerade votre

amour

?

Madame Barbara.

A mon

âge,

me

prenez-vous pourune trompeuse?

L'

A M

ouR.

Non

;maisj'aimelespreuves.

Madame Barbara.

Ah!

que vous êtesexigeant. Ménagçz-moi, Jevous

prie.

L'Amour.

Ecoutez -moi. VosPensionnaires m'ont

donné

leurî anneaux; etvous?

Madame Barbara.

Oh

!

moî

,je n'aiplusdeces joujoux d'enfans; que puis-jevous offriràlaplace?

L'

A M

ou R.

Donnez

-moi.,., votre martinet.

(48)

î4

L'AMOUR QUi^TEUP.,

Madame Barbara.

Mon

martinet!

L'Amour.

Oui.

Madame Barbara.

EtquedironttoutesmesPensionnaires,en

me

voyant sansmartinet?

L'

A M

ou r.

Kous

leslaisseronsdire.

Madame Barbara,

le luidonnant.

Prenezledonc,levoiI.i.

SCENE XI.

URSULE, BRIGITTE, AGNèS,

R O

S B

T TE, Toutes

les 1'evsionsair£s ,

L'AMOUR, Madame BARBARA.

Brigitte,

àlatêtedetoutes Us Pensionnaires, riant.

A

.H!ah! ah!....

Madame Barbara.

Jesuisperdue!voilà toutesmes Pensionnaires.

Brigitte.

Fort bien,

Madame

Barbara, fortbien! n'avez-votis pas dehonte,àvotre âge?. .

Ah

1ah!ah!ahl...é

Madame Barbara.

Taisez vous, impudentes: et retirez-vous.

Brigitte.

Kous

ne voulonspas.

Madame Barbara.

Avez

-vousoublidquejesuisvotreM.^îtrcsse.

(49)

C O M E D

I

E.

Ursule.

Nous

ne connoissonsplusde Maîtreici, queceluiqui tientlemartinet.

Agnès

, àl'Amour.

Oui , nous vous reconnoissons pour notre Maître et nctreconducteur; nousne voulons obéir qu'àvous

seul.

Madame Barbara,

àl'Amour.

Je serai

moi-même

votre premièreesclave; restez k jamais avec nous.

L'

A M

ouR.

J'yconsens de tout

mon

cœur.

SCENE XII

et

dernière.

MERCURE, LES PRÉCÉDENS.

Mercure.

A,

.LTE-LA,Seigneur

Amour! Ton

exil estfini.Jupiter,

àlaprièredetouslesDieux,nousrappelledans l'Olympe, Ilfaut yremontersurle

champ.

Madame Barbara,

àl'Amour.

Qu'entens-je?quoi!vousêtesl'Amour?

L'A

M

o u R, sedécouvrant.

Oui,

Madame.

... J'avois choisivotremaison

poury

établir

ma

demeure. Jupiter enordonne autrement, il fautluiobéir,et jepars.

Madame Barbara.

QuoiIvousnoujquittez

, petitFriponî

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