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Miss M. R. Hiltz
*
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Jtt_3iA90UU^ OHM
• é-
t'AMOUR QUÊTEUR,
COMÉDIE
EN DEUX ACTES, EN PROSE,
Par
J\j[.DE BEAUNOIR.
s
»
i ."
.*
»-5 A f A R I S
,V
^uE«ftau
dela'PetiteBibliothèque
desThéaireÇj lue des $4-0iilins, butte S.Roch
:,n^. ii.M. DCC. LXXXV.
L'AMOUR QUETEUR;
CHANSON.
J'vpiTER un jour, en fureur, Avcit banni l'Amour sur rerre;
Gourmand
etne sachant rien faire.Ilse mit Fierc Quêteur.
D'un
Personnage respectable,Avec l'habit, il prit le ton:
Frère
Amour
en capuchon, Bit,Ne
pouvoir qu'êtreaimable. Bis»Voilà le pauvre
Cupidon
Courant lemonde
à l'aventure.Le Dieu qui soumet la nature
,
Est réduit à l'abandon.
A
la ported'un Monastère,11 arrive bien fatigue:
Faites-moi la charité! BU.
Je suisdans la misère. Bis.
Aux
cris du petit séducteurUne Nonne
vint à la porte;VoyantCupidon de la sorte, I.a pitié gagna soncœur.
Pour vous délasserde la route, 74onfrcre, entrez dans la inilson...,
aij
Prenezmo! par
m?n
cord.on, BiféMa
soeur, je n'y vois goutte.Ba,
Sans y penser, lapauvre Agnès
Met
le loup dans la bergerieiEt son innocence chérie
Va
s'envoler pour jamais.Frère
Amour
a tant d'éloquence Qu'ilparvient à la convertir.Lui f?\t aimerleplaisir, Bir.
En prêchant pénitence. £;/, Voilà le petit Capidon,
Courantdecellule en cellule,
A
sœur Brigirte . Asoeur Ursule,
Il va présentant son tronc.
De
toutes il reçoit l'aumôneiEt pour le
Dimanche
suivant.Chaque Konnc
du Couvent Bis»Le
recommande
au Prône. B:rL'Amour
en froc étoit charmant;Mais il n'croitpas moins volage:
Je vais achever
mon
voya;:e,
Leur dit-il,
dun
ton dolent.Ah
! queltourmentIah!quelsupplice• Vous nous quittez, périt frippon1Laissez-nous votre cordon.... Bis.
hii SGCuc,Dieu vous béaisse ! Bis,
!îî
AVERTISSEMENT.
^'est
d'après cetteChanson charmante, dont on ne
connoît point l'Auteur,que
j'aiconçu
et exécutécettebagatelle.Le
Public adaignélare*cevoir avec
bonté
, et la voir avec plaisir. J'aidû
, sansdoute
, ce succès à lamanière
aussineuve que
vraiedont
plusieurs rôles, et princi-palement
celui deMadame Barbara
, ont été lendus.Comblé
desencouragemens que
lePuMic
vouloit bien
me donner
, jeme
serois contentéde
sesapplaudissemens
réitérés, et jamais je n'auroisoséme
livrer augrand
jourde l'impres- sion , s'ilne
m'étoittombé
entre lesmains une Comédie
, portantle m-êmietitreque
lamienne
,etreprésentéeet
imprimée
àRouen.
Comme
j'ai craintque
l'onne confondît
cesdeux
Pièces, jeme
suis trouvé forcé ,malgré moi
, à faireimprimer
lamienne
, et à ladonner
au Public,en réclamant son indulgence
et ses bontéspour une
bluette,dont
l'à-propos afaitle principal mérite.a iij
JV
NOTE
DES REDACTEURS.
JL/A Chanson
quia fourni le Sujetde
cettepe- titeComédie
, etque
l'Auteur aimprimé
au-devant
,nous
dispense de ledétaillerdavantageici.
On
sent assez qu'il a été obligé de fairequelques changeincns
aufonds
et d'y ajouterbeaucoup, pour
seconformer aux conrenances
Théâtrales;mais
ilasuivi lamême marche
, eten
amis
toutes les principales idéesen
action.JUGEMENS ET ANECDOTES
SUR
L'AMOUR QUÊTEUR.
Jamais
Pièce n'eut surlesThéâtres
desBou-
levards
un
succès plus brillant. Elle attiraau
Spectacle desGrands Danseurs du Roi
, et laCour
et laVille.Tout ceux
qui avoient chanté laChanson
voulurent voir la Pièce , et l'ondonna
des élogesàson Auteur
,pour
lamanière
adroite avec laquelle il présenroitun
sujet aussi libre, sans laisser passeraucune
expression ca-"pable de
choquer
labonne Compagnie
, qu'il attiroit àun
Spectacleou
elle n'avoitgueres cou-tume
de se montrer.La manière dont
plusieursdes rôlesde
cettePièce
furentjoués,contribua encoreà sonsuccès.Madame
Nicolet ,épouse du
Directeurdes Grands Danseurs du Roi
, rendit supérieure-ment
lerôlede Madame Barbara
, la Maîtressevj
JUGExMENS ET ANECDOTES.
*de
Pension.La Demoiselle
Forest,
que
lePu-
blic voif tousles ;Ours, avec
un nouveau
plaisir, surleTlieatredes Variéiéi ,annonça
sontalentdans
lerôled'Agnès
, l'une des trois principales Pension:! ires deMadame
Barbara, c* le joua avecune
ir.génuiîe originale.Celui
de Brigitte futrempli avecbeaucoup
definesseet degaieté, pnrlaDemoiselle
Rivière, et celuid'Ursule,
avec sensibilité, par laDemoiselle La
France.Enfin
rien de tout ce qui pouvoir fiire réussir cette Pièce ne futnégligé : les décorationset lecostume
plurentgénéralement. L'Auteur
, qui d'abord voulut garderl'anonyme
, reçut le len-demain
de la prer.iicre représentation ces versenvoyés
àMadame
Kicnlct , patM. Bodasse.
«
Qui quetusoisdontlaplumeIcgcrc«
Chez Nicolet attiretout Paris,5îTii nousfais voir au lieu d'un Monastère
« De Mahonet
le charmant paradis.SICertes,Monsieurl'Aurc-.!' c'estas-eibienl'entendre, iiVoulant d'un nouvel ordreêtre lefondateur,
>•>D'avoir im:îginé de prendre,
aïEt V(înuspour Abbcssc,etl'Amour pourQuêteur.
«
^L
dePcaunoir
a dîpuis aloutéquelques
JUGEMENS ET ANECDOTES,
vijVaudevilles
très agréables à cette petiteCo- médie
, qui fut jouée de cettenouvellemanière dans une
Fête,donnée
àMONSIEUR
,peut
célébrer sa convalescence.On
l'a jouéeune seconde
fois ,de
cettemanière, chez Monsei- gneur
leComte
d'Artois, àMaisons,
etune
troisième sur leThéâtre
des Tuileries , àune
Eètedonnée
parM.
le Prince deGtiémenée.
Cette Piècefîtle plus
grand
plaisir, ainsi ar- rangée; et à ces représentations particulières« ce furentMesdemoiselles Guiraard
,Dorival
etLafont
,de l'Opéra, qui remplirent, lapremière, lerôled'Agnès
,laseconde
, celuidel'Amour
, et la troisième celui d'Ursule3M. Du Gazon
et
Mademoiselle
Olivier , delaComédie Fran-
çoise, jouèrent, lepremier, celuideMadame
Barbara
, et l'autreceluide Brigitte.Quelque
flatteusesque
pussent êtrepour M.
de Beaunoir
toutes ces diverses circonstances ,il ne se
montra
dans aucune.Les
Princesigno- rèrentmême
jusqu'àsonnom
, ettémoignèrent
leur satisfaction à tout autreque
lui : de sortetju'ilauroit
pu
dire, avec Virgile :Sec vos, non yohis, &c.
Tli)
JUGEMENS ET ANECDOTES.
Ilne faut pas
confondre
cetteComédie
avec'une
autremêlée
de Vaudevilles , sur lemême
sujetet sous le
même
titre, qui parutimprimée
àpeu
prèsdanslemême tems
, etque
sonAu-
teur, après l'avoir fait jouer à
Rouen
,donna aux
petitsComédiens du
Bois deBoulogne. Le
fonds
detouteslesdeux
estabsolument
lemême,
etles scènes de celle
du
Bois deBoulogne
sont toutes calquées surlesscènes decelledesGrands
Danseurs du Roi
;mais on ne
peut refuser à celle-ci ledroitd'aînesse et le mérite de l'origi- nalité etde lasupériorité , à tous égards.L^AMOUR QUETEUR
,
COMÉDIE
EN DEUX ACTES
,EN PROSE,
Par m. de BEAUNOIR;
Représentée
,pour
lapremière fois
ja Taris,
sur
leThéâtre des Grands Danseurs du
Roi
,au mois de Septembre 1777.
PERSONNAGES.
L'AMOUR.
MERCURE,
Madame BARBARA,
Maîtresse de Tension.URSULE,
^ ^
,l~^
'^..V
Pensionnaires deMadame
Barbara,Troupe
di jeunis Pensionkaires.L
G N
Ès, )iRIGITTE
,y lOSETTE
,3
La Scène
sepasse dans un Fduxhourg de
Paris,
L'AMOUR QUÊTEUR
,
COMÉDIE.
ACTE PREMIER.
(Le Théâtre repre'sente une rue ; sur la droite est une maison,dont toutes lesfenêtres sont grille'es
)
SCENE PREMIERE.
L'AMOUR, MERCURE,
entrant chacun d'un, côté opposé.Mercure.
J/Ene
me
trompepas, c'estcefripond'Amour!
L'Amour.
C'estcecoquindeMercure!
Mercure.
Eh
!bon
jour, frcre.L'Amour.
Soislebien rencontré. Par quel hasardsurlaterre?
Mercure,
Par le
même
hasard que toi.A
ij4 L'AMOUR QUÊTEUR,
L'A M
O UR.Comment
îM
ERc u Rr.Comme
toi, je suisbanni de l'Olympe.L'
A M
o uR.Et la cause de ton bannissement?
M
ER cu Rï.Toutesimple. Lorsque, lassédetesfredainesetdete»
espiègleries, le SeigneurJupiter t'eutchassdduCiel,il
renouaavecsachcrc dpouse. la bonne
Dame, comme
tusais, estacariâtreetrancuneuseendiable; ellem'en vouloit, depuis long-tems, de toutes mes complai- sances pour son mari, et
mon
exil a drc lapremicrc condition duraccommodement
desdeuxtristesépoux,L'
A M
oVR.Tu
n'en es pasextraordinairement fâché?Mercure.
Je t'en réponds! Depuis tonbannissement tout cjt
d'un tristeetd'unemonotoniedans l'Olympeà pcrir!
C'est la prude etsaje Minervequipréside àta place:
juge delagattc qu'elle inspireiJupiterbâillemajestueu- sementauprèsde satendre dpouse; Neptunes'est retiré sous seseaux,plus glacé qu'elles;lajeuneAuroreveut en vain réchauffer son vieil époux, et ta belle
ma- man
est réduite à souffler les forges de son vilain mari.L'
A M
of R.Mon
exilnesera pas long. Maisquecomptes-tufaire lut ce pauvr« globe?COMÉDIE.
yMercure.
Je suis,
comme
tu sais, à deuxmains. Jen'ymnn-
querai pas d'occupation. En quittant l'Olympe, j'ai
demandé
à l'iutus des Lettres derecommandation au- prèsdeplusieursTraitans. Si jepuisobtenirunecaisse,
jevivrai honnctem.cntetpaisiblement : Mercurepeut, jecrois, sansdéroger, devenir Financier?
L'Amour.
Certainement.
Mercure.
Et toi,
où
vas-tu de ce pas ?L'Amour.
Je resteici.
Mercure.
Comment
! dansun
Fauxbourg?L'Amour.
Oui; jesuisenguerre.... Vois-tu cette maisonî
Mercure.
C'est, sansdoute, cellede quelque jaloux, carje
k
vois hérissée degrilles?
L'Amour.
Kon.
Mercure.
C'estdonc une prison?
L'Amour.
Encore moins.
Mercure.
Qu'est-ce donc ?
Aîî]
4 L'AMOUR QUhTEUIl,
L*
A M
OUR.Un
colombier qui renferme de jeunes tourteicllej, charmantes autant qu'innocentes.M ER
CT3»i.Explique-toi p!'« clairement.
L'
A M
o uR.Je bloque' cette maison d'éducation : e'.Ie est ha- bitéeparunevieilleMaîtresse qui garde de jeunespen- sionnaires, entre lesquelleson en compte troisdesciie à dix-sept ans, bc'.les
comme
lejour.1a rose quirient des'épanouiramoinsdefraîcheur et d'éclat; ce son;ces roses que je veuxcueillir.
M
ERCURs.Toujours le même.... Mais dis-moi> quel costume compte-tu prendre i
L'
A M
O U R.Lemien, sans doute?
Mercure.
Le tienî
L'Amour,
Enest-il de plusintéressant?
Mercure.
Pauvre
Amour
îilfauttepardonner, tu ne conoo\pluslesusages; mais apprendsque, s'il t'arrirede pa- roître ainsi,
ou
de tenommer
seulement, c'est faiide toi. Imagine-toi,
mon
cher frère, que tu n'es plus reçu dans ce qu'on appelle labonne com-
pagnie; tonnom
seul donne des vapeurs, Si tu veuxréussir, cache-toibien sous un des habits
da
Caprice.COMÉDIE.
7I,'
A M
O UR.Sousundes habitsduCapiicc, dis-tu? Quoi!ce
Wca
volage,inconséquent, dontlesfaveurssontdes offenses, quitraîne aprèslui souventleremords, et toujours le me'pris?....
Mï
Rcu
RE.tst le Dieu qu'adorent les ïrançois. 11a détruittes
Temples, et reçoitaujourd'hui l'encens queles
Mor-
telsbrûloicntautrefois surtes Autels; profitedoncde
mon
conseil, et ne te montre quesous leslivréesde tonplus cruel ennemi.L*A M
o t;R^Et quel estson habit f.ivori?
M
ER cu RK.Il en a mille pour un. Vrai Camélcon, ilpaioît le
même
joursous vingt foimes différentes.On
le voit, le matin, en simple habit d'uniforme, à la toilette d'une jeune coquette , pailer combats , chevaux,courses, batailles, et noueren
mcmc-tems un
ruban,ou
placer unemouche
assassine. Le soir, auxgenoux
d'uneprude, il parleconstanceetdiscrétion,engras- seyant, sous lafigure intéressanted'unAbbé
musqué.Veut-il s'introduire cheï la précieuse?il prendle ton etl'air empesé d'unfroid Robin. Faut-ilplaire àcette savante, qui, sans rien savoir, parle de tout, juge tout, et dont les arrêts sont irrévocables? plus né- gligé dans sa parure,il vient, d'unpas deHéros de Théâtre, lui débiter, d'un ton emphatique, lesmille et unefadeurs. Mais l'habit souslequelil n'a jamais
9
L'AMOUR QUETEUR,
trouve decruelles, aveclequelilsoumetlesbeautésles
'
plus rébelles, estceluideFinancier.
L'
A M
o uR.J'ai toujours trouvé tes conseils exccllens; sers-moi donc de Mentor et deguide.
Mercure.
Ehlbien, suis-moi; tu n'auraspas sujet de t'en re-
pentir. (Jb sortent. )
SCENE II.
MAdame BARBARA
,URSULE, AGNÈS
,BRIGITTE
,ROSETTE
,Troupe
de jeunesPensionnaires.
Madame Barbara.
A,
.LLONs , Mesdemoiselles, rcntrei; il se fait déjà tard, et la promenade a étéplus longue qu'à l'ordi- naire.{Les plusjeunes Pensionnairesrentrent.)[A
Ursule.)Qu'avex-vous donc dans la poche de votre tablier» Ursule?
U
R$UL
E.Bien,
Madame.
Madame Barbara.
Comment!
rien?.... Voyons, voyons. [Ellefouille dansIdpoche d'Ursule, etytrouveunRoman.)Oh
!Ciel!un Roman
,un Roman
, Mademoiselle? Voilàdonc i quoi vous vous occupez, à lire desRomans
! Vous ne savezdoncpas querien n'estplus dangereux quecette lecture, et pourlecauret
pour l'esprit, et qu'ilfiau-COMEDIE.
9 droit brûler tous ceux qui lescomposent>comme
des empoisonneurs publics?U
Rs uL r.Il estcependant bien intéressant.
Madame Barbara.
Taisez-vous....Si vousvoulez vous orner l'espritet Vous formerle cccur, lisezleMiroir du
Monde
, lesDé~
hces de la Retraite.,,. Voilà ce qu'on appelle de bons Livres, et
non
pas des Romans.... Allez ; quecela ne vousarrive plus.Ursule,
Kon
,Madame.
Madame Barbara.
Rentrez. {Ursule rentre. )
[A
Brigitte.)Un
instant.Mademoiselle Brigitte ,
un
instant : que vois-je là dans votre bavette?Brigitte.
Ah
!Madame
! c'est uneChanson
charmante; elle estintitulée: L'AmourQuêteur... Écoutez bien, jevais vousla chanter:«Jupiter
un
jour, en fureur,
»
Avoitbannil'Amour....»
Madame Barbara,
luimettantlamainsurlaloucheet se saisissantde la Chanson.Voulez vous voustaire?...Voulez-vousvoustaire?...
Est-ce qu'une Demoiselle, bien élevée, doit chanter de pareilles Chansons? Vous mériteriez!....
Que
ja vouj en trouve jamais, et vous verrez!..,.,o L'AMOUR QUETEUR,
Brigitte.
Ah
! vous pouvezlagarder,je la saisparcoeur.(ElU
renne,)
Madame Barbara.
L'impertinente1....
{A
Agtèi.)Voyom,
où en esivoue
ouvrage,Agnès?.... { jignisprùenit sonsacàou- vra^r d'euMadame
E'Uiara tireun hilboquet. ) Voili donc à quoi vous vousoccupcx?....Un
bilboquetI...»K'arcz-vous pas de honte? à votre âge1
Agnès.
Celam'amuse.
Madame Barbara.
Bel
amusement
, qu'on pardor.neroit à peine à un enfant 1 Allez , Mademoiselle, allez vous mettie i l'ouvrage.Agnès.
Vous faites un crime de tout. (Ellerentit. )
Madame Barbara.
Vous raisonnez,jeciois, grandesotte.'.... Rentrez, rentrez..,.
[A
Rcseue.) Toi, reste, Rosette.COMÉDIE.
III» Il
""'
I. I I u.
"
III II na
SCENE
I I I.Madame BARBARA, KOSETTB.
ROSETTE.
'uE voulci-vous,
Madame?
Madame Barbara.
Écoute, rosette. Je suisobligée d'allerfairedes
em-
plettes p<^iic toute»
mes
Pensionnaires , veille bien , pendantmon
absence, sur toutes ces friponnes-là;et, à
mon
retour, tume
diras tout ce qu'elles au- ront fait.Rosette.
Oui
,Madame.
Vous savez que je vous rapporte tout bien exactement?Madame Barbara.
Oui, mon
enfant... Tiens , voilà les clefs de la porte; tu les remettras à Agnès, et tu lui recom- manderas bien , dema
part, de n'ouvrir à personne qu'à moi. Entends-tu^Rosette.
Oui, Madame.... Vous penserez à
moi
en faisant vos emplettes.Madame Barbara.
Oui, oui; maisrentre, carje ne veuxpas
m'amu-
serlong-tems, et l'heure
me
presse.... Ferme bienla porte. (Rosette rentredanslumaison, etMadame
Barbara t'en VA à laville,)
11
L'AMOUR QUETEUR.
SCENE IV.
L'A
M O U R
> seul, en Juihit de Ptlerir,, et ayaatm
parùr
Madame
Barbara.B ON
, ToilàMadame
Barbara éloignée; profitonsde son absence, pour tâcher de nous introduire chex elle sous ce déguisement.... Frappo.^s à laporte.( Ilfr^ppi. )
SCENE V.
AGNÈS,
à travers iviefenénegrillée;L'AMOUR.
Agnès.
ui frappe?
Q L'Amour.
Un
pauvre Pèlerin,nwn
belAnge
,mourant
de faim et de fatigue, quidemande
la charité et l'hoj- pitaliK'.Agnès.
Je suis bien fâchée, Monsieur le l'clerin, nuis nous nelaissons jamaisentrer
d'hommes
ici.L'A M
o u R.Je n'autois cependant qu'à dire un seul
mot
,Ma-
demoiselle, et cette porte t'ouvriroitd'elle-même de- vant moi.AGNÈS.
COMEDIE. V}
Agnès.
Ah
iCiel î.,.. Vous êtes peut-être sorcier?L'Amour.
Rassurez-vous,
ma
belle enfant, rassurez-vous; \t n'ai ni l'intention, ni le pouvoirmcme
devousfaireaucun mal.
Agnès.
Vous ne mentez pas?
L'Amour.
Non....
Vous
voyez bien ce cordon quime
ceint les reins?Agnès.
Oui, Monsieur.
L'
A
M.ou R.Eh1 bien, lui seulfait toute
ma
sorcellerie,Agnès.
Comment
cela. Monsieur léPèlerin?L*
A M
o uR.Je n'aiqu'à en frapper
doucemcHt
troisou
quatre fois une porte, sur lechamp
elle s'ouvre d'elle-»même.
Agnès.
Voilà
un
merveilleux cordon !.... Mais, degracôlne vous en servez pas ici.
L'Amour.
Que
eraignez-vous?Agnès.
C'est
ma
semaine à garder la porté, fetsiMadame
Barbara trouvoit
un homme
dans sa maisonj eU*&'cn preadroit à,
moi
seule.,4 L'AMOUR QUETEUR,
L'
A M
O UR.Ne
craignci rien,mon
aimable Demoiselle > je mourrois 'plutôt de fatigue à votre porte, que de l'ouvrirmaigre vous.Agnès.
Je «eroisbien fâchée d'êtrela caujcJe votremort, L'
A M
o uR.Et vous l^ serex cependant, si vous persistez daiis votre refuscruel.... Je succombe à la fatigue.
Agnès.
Madame
Barbara ne peut pa* tarder à revenir : at- tendez-là-, vous lui ferez pitié, sans doute, et «^e vous fera entrer.L'Amour.
A-t-ellc
un
coeur plus tendre quele vôtreîAgnès.
Ok
i non,non.... Certainement, non, L'A M
o u R,Eh! bien, Mademoiselle, je le sens, avant qu'cUl soie deretour,je serai
mon
de faim etde fatigue.^
Agnès.
Suremencî
L'
A M
ou R.sûrement.... Si vous avez lacruauté de
me
refuser, vous allezme
voir expirer surle pas de votre poae.Agnès.
Ah
! ne mourez pas, Monsieurle Fclerin, nemou-
rez pas; j'aime
mieux
m'exposcr à toute la colère deMadame
Barbara.COMÉDIE.
15l'Amour.
Les Dieux vous en récompenseront....(
A
part. )Je la tiens!Agnès,
sortantde la maisan,Venez, MonsieurlePèlerin,venez.
L'
A M
o VR.Que
je vous aid'obligation!AGNÈS.
Si
Madame
Barbara le savoit, je seroisperdue.L'Amour.
Ne
craignez rien ,ma
belle enfant, ne craignez rien ; jeme
tiendraicaché bien exactementoù
vous voudrez , et demain, à la pointedu
jour, jem'en
irai.
Agnès.
Venez donc.
L'
A M
ou
R.Prenei-moipar
mon
cordon,ma
chère Demoiselle;car jen'y vois pas trop clair.
AGNÈS.
Venez, {^gnès, enhésitant, prend l'Amour par s0%
cordon, tt l'introduit dans la maison dont elle refermela
£Orte.
)
Fin du premier Acte,
Bij
la
L'AMOUR QUÊTEUR,
*
i._r\
ACTE II.
{Le The'itrere-prïsente la Classe de
Madame
Barbara.Cx
voit, sur lesdeux atles, lesportes des chambresd'Ur- sule_, de Brigitteetd'Agnès. )
SCENE PREMIERE.
Madame BARBARA
,URSULE
,AGNÈS
,BRIGITTE
,ROSETTE, Troupe
de jeunesPensionnaires,
assises;
L'AMOUR
, cache' sous la table dtMadame
Barbara.
Madame Barbara.
L
AïssEi-LAvosouvrages, Mesdemoiselles, etécou- tez-moi bien attentivement.... Vos parens vous ont confiées àmes
soins, etvous devez bénirlejourheu- reuxoù
vous êtes entrées chez moi,comme
dansun
asylc sûr,un
port calme et tranquille. Tremblez.tt)Utes d'en sortir, pour rentrer dans le
monde
! Vous ne le connoisscz pascomme
moi-, c'est un gouffre , c'estun
abîmeoù
l'innocence, sans cesse attaquée, périt et disparoît enun
jour. Tous les ho.nmcs y sont volages, ingrats, parjures, perfides. Gc sont dc«monstres qui n'en veulent qu'à notrehonneur.
C O
iMK D
lE.
17AGNÈS.
•Etqu'est-cequec'estquenotre >ionneur,
Madame
?Madame Barbara.
lasotte, avecsa
demande
.'....Notrehonneurc'est...c'estcequenous avonsdepluscherau
monde.
...c'est la vertu.. , Leshommes
cherchent continuellement à nous la faireperdrepour semocquer
ensuite denousj carunefille,ouiaperdu savertu, devientlariséede tout lemonde.
Agnès.
Et
comment
voit-onqu'unefilleaperdusavertu?Madame Barbara.
Celasevoitparsaconduite....Pour vous accoutumer de
bonne
heureàlaconserverprécieusement, écoutez- moi.{Leur montrantàtoutesunpaquetd'auneauxde yene^) Vous voyezcesanneauxdeverre?Agnès.
Oui,
Madame.
Madame Barbara.
Ilssont bienfiagiles-,l'honneurl'estmillefoisdavan- tage. Je vaisdoncvousdonner àchacune
un
deces an- neaux. Conservez-les bien précieusement:nelesdonnez
àpersonne-, empêchezniê;r.equ'onn'y touche. Jeme
lesferai représenter tous les jours, etrelie quiaura le
malheurdele casser oude ledonner, doit s'attendre \ toute
ma
colère....Ilse faitdé/a tard:rangeonslaCIasse.Hetirez-vouschacunedans votrechambre. Couchez-vous tranquilicraçnt,et, sur-tout,coujervcz bienprccieuse-
B
ii;ïS
L'AMOUR QUÊTEUR,
ment
lesanneaux quejeviens de vousdonner....Bob-
soir;bonsoir.
( Ursule,^gnèsC-Brigitte entrentchacune dansleur chnm''>rei fiîadame Barbaraseretire,d'un autrecûté,ayec lesplus jeunes Pensionnaires.)
SCENE II.
L'AMOUR,
se:il,sortantde dessonslatalle.E:
,Tsur-tourconscrvcTbien précicusemcntlcs annei'iT queje viensde vousdonner....Madame
Barbara,Ma- dame
Barbara, j'csperebienvousen escamoterplusd'un1près
avoir,dansvotre jeunesse,abusé demes
faveurs,
faitbrûler millefoisl'encens sur
mes
Autels,goùrc tou- tes lesdouceursquejeprocure, vousvouiezbrisermon
Sceptreetrenverser
mon
Empire; ddpitccdevoir l'âge, eneffaçantvoschaimes, éloignervosg.ilans,vouschcr- chciàvousvengerdes outragesdu
temssurcesjeunes Beautésconfie'esàvossoins,etvous prétendezsoustraire leurstendrc;cœursàmonpouvoir.... Eh!bien,ehibicn, faisons assautdepuissance, etvoyonsquidenou-;deux s'enrendra maître.... Prenonsavecchacuneleton qui convient à son caractère.... Voilà laporte d'Ursule;c'est laplusraisonnable, et c'est par clic que jevcu.t commencer.... Frappons doucement..,,{A\ecsentiment.) Ursule,
ma
chère Ursule\COMEDIE.
SCENE III.
URSULE,
L'A M O U
R.Ursule.
ui
m'appelle d'une voixsitendre?...Ah
!Ciel! uuhomme
!L'
A M
ouR.Rassurez-vous,charmanteUrsule,rassurez-vous,et
ne m'exposezpas, parunecrainte indiscrète, àtoutela colèrede MadanncBarbara; jehasarde tout pourvous voît.
Ursule.
Etque
me
voulez -vous?L'
A M
ouR.Ursule, née avecun
cœur
tendre,nesentez-vousdonc
pasqu'il abesoin d'aimer?Ursule.
Ah
!pourquoivenez-voustroublerma
tranquillité?Qui doncctes-vous?
L'
A M
uR, Votreamant.Ursule.
Mon amant
?L'
A M
ouR.Mais l'amantleplustendreet lepluspassionné, qui ventvousadorer toute savie. qui brûlepourvous de J'amourleplus violent.
10 L'AMOUR QUÊTEUR,
Ursule.
Jenesaisoùj'en suis...Quelfeu, jusqu'alorsinconnu, vousfaitespasserdans
mon
sein.L'Amour.
Vousêtes faiterour aimer; livrez-vous àl'amour.
Ursule.
Maisquidoncêtes vous?
comment
ctes-vousici?quel estvotredessein?L'Amour.
Jedemeure ici près, je vous ai vuequelquefois àla
promenade
, et jen'aipu vousvoir sansvousadorer.A
l'aidedece cordon, parlavertnduquel rienne m'esc impossible, je
me
suisintroduiticisansêtrereconnu de personne, et je viens àvos yeux vous jurerun amout
éternel, ou mourit à vos pieds, si je voustrouve in- sensible.
U
RsuL I.Ah
!vous nemourrezpas!L'
Am
o uR.Achevez
mon
bonheur Dites-moi
que vous n'aimez....Ursule.
Kc
levoyez-vouspasdans mes yeuxJL'Amour.
Charmante
UrsuleIUrsule.
H^Ias!
Madame
Barbiraditquetousleshomme«
sont faux,volages, parjures.L'Amour.
Quivousvoitnepeutpluschanger.
C O M É D
IE.
*»URSULE.
Vous
SCreJ.doncconstant? L'\M
o u R.En pouvcx-vousdouter?Maisvous, Ursule,mais vous, m'aimcrez-voustoujours?
Ursule.
Toujours.
L'AMOUR.
11
m'en
fautunepreuve.Ursule.
Et quellepreuve en voulcx-vous?
L'A MO UR.
Vous
me
la refuserez,peut-êtreî
Ursule.
Non
,jevouslepromets.L'A.
M
ouR.Madame
Barbaravientdevous donnerui\petitanneao deverre?Ursule.
Eh! bien?
L'
A M
o uR.Me
lerefuserez-vous?Ursule.
Ah,
Ciel1queme
deirandcz-vous? L'A M
o ur.Bienpeude chose.
U
R s uLs, .. :Non
,vousêtestrop exigeant.»t L'AMOUR QUÊTEUR,
L'Amour.
Je vois bienque vous nem'aimcx pas Adieu
,
Mademoiselle, adieu.
U
Rs u LE.Oïlallez-vousdonc?
I,*
Amour.
Mourir, loindevous,dedouleur etdedésespoir»
Ursule.
Que
vousêtescruel!L'Amour,
Vous
me
refusez?Ursule.
Mais
L'Amour.
Vos
Compagnes
ne serontpeut-êtrepassidifficiles.U
R s u LE.Vousallez lesleurdemander?
L'Amour,
Oui, Mademoiselle, et cellequi
me
donnerasonan- neau, seracellequej'aimerai.Ursule.
Madame
Barbara m'avoit tantrecommande
de le•ardcri
L'Amour,
Et vous aimez mieux lui obiirque de m'obligcr
,
cruellei
Ursule.
Ah; quevous connoissez peu
mon
cœur,... Ecoutez!jel'avoisserrébienprécieusement,jene comp'oispajle
COMEDIE. îj
perdresi-tôt;mais,puisqu'ilvousfaittantdcplaisir, je Tais\ouslechercher.L'Amour.
Que
jevous aimerai!Ur
sU LE.Ne
vous dloignexpas,jereviensdansl'instant.(Ellerentredanssachambre,)
L'A M OUR.
Allez,jevousatrensavecimpnticnce....
SCENE IV.
L'A M O U
Pv, seul.Ir.T d'une deprise...Courage 1neperdonspa?detems;
etpendantquel'innocenteestalléechercherson anneau, attaquons-enviteuneseconde.... {Gaiement.)Brigittel chaînanteBrigitte!
SCENE V.
BRIGITTE, L'AMOUR.
Brigitte.
M,
E voilà ,me
voilà....Ah
!ah! c'est unhommeî L'Amour.
Oui, charmanteBrigitte!Mais, de grâce! ne faites pointdebruit,oujeseroisperdu.
U L'AMOUR QUÊTEVR,
Brigitte,
Vousavezraison;mais quivous
amène
ici?qu'yfaites^vous? que
me
voulez-vous?L'Amour.
J'y suispour vous seule,etje viens, soas ce dcgui- semcnt, vousdéclarer
mon
amour.Brigitte.
Vousêtesdonc
amoureux
demoi?L'Amour.
Oui, cliarmantcBrigitte.
Brigitte.
J'ensuischarmée, carily along-tcmsquejedcsirois avoir un
amoureux
: je crois que c'esttortdrôle; et autantvous qu'unautre.l'Amour.
Ce
n'estpastout, BrigitteisivousTouleiquejevous aime,il fautm'aimeraussi.Brigitte.
Celaestabsolumentnécessaire?
L'
A m
ouR.Absolument.
On
n'aime pas long-tems sans cspoit deretour.Brigitte.
Eh
ibien, je vousaimerai, moi.L'Amour.
Jene
me
contentepasde paroles.Brigitte.
Vousavezraison.
L'A M
O V Pi Jeviux despreuvcsiBrigittb,
COMEDIE. 4f B
RIG
ITTE.Et quellespreuves voulez-voik?
L'Amour.
Ce que vous avez de plus précieux.
Brigitte.
Ma
foiijen'airiendeplusprécieuxàvousdonnet...qu'unpetitanneaudeverre, quevient de
me
confiesMadame
Barbara. Il n'y a pasune heurequeje l'ai ,et j'ai déjà pensé le casser vingt fois:j'aime encore
mieux
quevouslegardiez que moi. Levoulez-vous?L'Amour.
Très-volontiers.
Brigitte.
Eh!bien,attesdez-moi, jevaisle chercher.
L'Amour.
Ne
soyez pas long-tems.Brigitte.
Non
, non. Sans adieu,mon
amoureux.(Elle rentrs dans sa chambre.)L'Amour.
Etdedeux... Attaquons vite la troisième.... [,Ingi' nuement. ) Agnèsi aimable Agnès!«,,.
lu L'AMOUR QUÊTEUR,
SCENE VI.
AGNÈS, L'AMOUR.
A
G N is.Xa.H
IC'estvoiis,MonsieurlePèlerin;queme
voulez- vous?L'Amour.
C'est trop long-tems
me
contraindre, AgnesI ap- prenezquejene suis pas cequeje parois àvos yeux:je vous adore1 et je
me
suis ainsi déguisépourm'in- troduireicii voyez enmoi
votreamant.A
GK
ts.Mon amant
!...Et qu'est-ce qu'unamant?
L'
A M
o VR.C'estun
homme
sensible, quinevoitque la beauté qu'iladoîc, qui nevieque pour elle, at quimet
son étudeetson boiihcurâ lui plaire.AGNÈS.
Et
quand
illui plaît?L'
A M
oU R.îlestle plusheureuxdes
hommes!
Agnès.
Vousêtes doncleplusheureux
da hommes,
catvousme
plaisez beaucoup.L'Amour.
Agnes, quece tendreaveum'encjianteî
COMEDIE. ty
Agnès.
Jevousdis la vciitc J'aime beaucouptoutes
mes
compagnes;maisjeneressenspoui aucunelesentiment nouveau que vous m'inspire?,.L'Amour.
Vous voulezdoncbien de
moi
pourvotreamant
?Agnès.
Oh
!oui...L'Amour,
Ecoutez, Agnès;
on
nedoit rien refuser àsonamant,Agnès.
Je ne veuxaussivous rienrefuîcr.
L'Amour.
Eh
1bien ,donnez-moi... votre anneau?Agnès.
Mon
anneau?L'
A M
o uR, Jevousen conjureiAgnès.
Etqu'en voulez-vous faire?
L'
A M
ouR.le gardertoute
ma
vie.Agnès.
Jelegarderai aussi-bien quevous.
L'Amour.
Il
me
scroit si précieuxîAgnès.
A
quoipourroit-ilvoussei"vir?L
'A
>t ou
R.Il
me
scroitun
gage toujours prc'sent de votreC
ij«s L'AMOUR QUÊTEUR,
amour
pourmoi
; ilme
ptouvcroit combien vous m'aimez.Agnès.
Vous le prouvcroit-il plus que
ma
parole? Je crois bien à la vôtre:me
voyc7 -vousvous rien demander?L'Amour.
Ah! vous pouvez tout exiger:
mon
sang>ma
vie ,tout està vous.
Agnès.
Et.,. . et.. .. votre corJon?
I '
A M
o u R, le lui présentant.Il est à vous.
Agnès,
l'examinant.Ah
!... gardez-!e.L'Amour.
th! bien, Agnes... cet anneau?
Agnès.
Oh
! non.Madame
Barbaram'a
trop défendu de ledonner à personne.
L'
A M
o ur.Quoi
.'... vousme
refusez?Agnès.
Il lefaut.
L'
A M
o u».Vous nem'a:mcz doncpas?
Agnès.
Je crois quesi.
L'
A M
o u R.Itvousne voulezpas
me
donnercetanneau?<
COMEDIE. î^
Agnès.
Non...mais... [Le luimorunmt. ) I.Cvoili, L'
A M
O UR.Ehi bien?
Agnès.
Ne
pouvcz-rouspasme
le prendre?L'
A M
oV R
,prenant l'anneau.Vous
êtescharmante!SCENE VII.
URSUI.r, HKIGITTE, AGNÈS, L'AMOUR, Ursule,
entrent avec embarras.JL E
N
E z .. . J'auroisdû
mieux vous le'sister:voilàmon
anneau,cruelimaisjevousledonne
en pleurant.L'Amour.
Pouvcz-vousêtrefâchée d'obliger votre
amant?
Brigitte
, accourant.Tiens,
mon amoureux
, tiens, voilàmon
anneau»L'
A M
o uR.II fêta l'non bonheur.
Agnès.
Elles vous donnent chacuneleuranneau?
L'Amour.
Oui.
Ursule.
Que
vois-je? vousavez l'anneau deBrigitte et celui d'Agnès?CiiJ
30 L'AMOUR QUETEUR,
L'Amour.
Oui.
Brigitte.
Letourest
bon
, lefriponanostrois anneaux!U
R s c LE.
Ingratlvous
me
trompiezdonc?Agnès.
Vouslesaimezdoncaussil
L'
A M
o V R.Vous êtes toutesles trois charmantes; pourquoine vous aimerois-jc pas touteslestrois?
Brigitte.
J'y consens volontiers, moi; maisà charge deic-
vanche.
AGNÈS.
Faites
comme
vous voudiez Mais pourquoi ne in'aimez-vouspas seule:Ursule.
Vousêtes
un
perfide:rendez-moimon
anneau.L'Amour.
Soyezaussi raisonnablequ'elles.
Ursule.
Elles ne connoissent pasl'amour
comme
moi.Allez» je vous aimois debonne
foi; je reux être aimée demcme.
I
1
COMEDIE.
?1SCENE VIII.
R05ETTE, L'AMOUR, URSULE,
liRIGITTE,AGNÈS.
Rosette.
iaH:
ah!...quevois-je?Un homme
ici !un homme
aveccesDemoiselles!.,. {Appellant.)
Madame
Barbara!Madame
Barbara !SCENE IX.
Madame BARBARA, les Précédens.
Madame Barbara.
El
,H! bien... quoi!qu'est-ce?Ursule.
Kous sommes
perdues!Madame Barbara.
Ah
I ciel!un homme
!un homme
!Brigitte,
la contrefaisant.Eh
î oui!un homme
!etquinousaprisnosanneauxà toutes les trois.
Madame Barbara.,
Vos anncsux! vos anneaux!... Qu'entcnds-je!.. . ,
ï-efirer-vous, malheureuses! retirez-vous,et craignez tout de
ma
juste colère!( TouKsles Pensionnaires se mirent. )
31
L'AMOUR QUÊTEUR,
SCENE X.
E'
L'AMOUR, Madame U A R
BA R
A.Madame Barbara.
*T vous. Monsieurle drôle, que faircs-vousici?..»
Ah
Ijevaisvous fairepunir delabonne
manière.L'A M
OOR.Arrêtez,
Madame
Baibara, arrêter; vous ne con- roissez pasencore toutmon
crime: l'amour, ilestvrai,
m'a
conduit ici; mais ce n'est pas de ces morveuses dont jesuisamoureux.Madame Barbara.
Et dequidonc?
L*
A
>r ou R.De
vousseule.Madame Barbara,
àpan.Ah
!s'ildisoit vrailL'Amour.
C'est vous seule, oui,vous seuleque je chcrchois ici; c'est pour vous seule que je
m'y
suisintroduit, à l'aidede ce coidon magii]ue qui m'en a ouvert la porte,etc'est àvos pieds queje vcu.wivreoumourir.(Iltombe à ffspieds.)
Madame
Ra rbaRa.Eh; bien,
me
voilà toute dcconcert<5e... .Ah!
rc- Icvcz-vous donc , relevez-vous donc; vous êtes trop dangereuxIL'
A M
o UR.Non
,jemeurs ivos piedsjsi tous m'êtescruelleiCOMÉDIE.
Î5Madame Barbara.
Ah!
vivez, vivez,, etqui poiuroitvous résister? L'A M
o u R,Vous
m'aimez donc?Madame Barbara.
Eh
J oui, dont bien j'enrageIL'
A M
o u R, ironiquement.Que mon
triompheest glorieux!Madame Barbara.
Jevous adore:restez dans
ma
maison; établissez-y votr« demeure, régnez-y en souverain ,comme
vous régnezsurmon
cœur.L'Amour.
Quim'issurerade votre
amour
?Madame Barbara.
A mon
âge,me
prenez-vous pourune trompeuse?L'
A M
ouR.Non
;maisj'aimelespreuves.Madame Barbara.
Ah!
que vous êtesexigeant. Ménagçz-moi, Jevousprie.
L'Amour.
Ecoutez -moi. VosPensionnaires m'ont
donné
leurî anneaux; etvous?Madame Barbara.
Oh
!moî
,je n'aiplusdeces joujoux d'enfans; que puis-jevous offriràlaplace?L'
A M
ou R.Donnez
-moi.,., votre martinet.î4
L'AMOUR QUi^TEUP.,
Madame Barbara.
Mon
martinet!L'Amour.
Oui.
Madame Barbara.
EtquedironttoutesmesPensionnaires,en
me
voyant sansmartinet?L'
A M
ou r.Kous
leslaisseronsdire.Madame Barbara,
le luidonnant.Prenezledonc,levoiI.i.
SCENE XI.
URSULE, BRIGITTE, AGNèS,
R O
S BT TE, Toutes
les 1'evsionsair£s ,L'AMOUR, Madame BARBARA.
Brigitte,
àlatêtedetoutes Us Pensionnaires, riant.A
.H!ah! ah!....Madame Barbara.
Jesuisperdue!voilà toutesmes Pensionnaires.
Brigitte.
Fort bien,
Madame
Barbara, fortbien! n'avez-votis pas dehonte,àvotre âge?. .Ah
1ah!ah!ahl...éMadame Barbara.
Taisez vous, impudentes: et retirez-vous.
Brigitte.
Kous
ne voulonspas.Madame Barbara.
Avez
-vousoublidquejesuisvotreM.^îtrcsse.C O M E D
IE.
5ÇUrsule.
Nous
ne connoissonsplusde Maîtreici, queceluiqui tientlemartinet.Agnès
, àl'Amour.Oui , nous vous reconnoissons pour notre Maître et nctreconducteur; nousne voulons obéir qu'àvous
seul.
Madame Barbara,
àl'Amour.Je serai
moi-même
votre premièreesclave; restez k jamais avec nous.L'
A M
ouR.J'yconsens de tout
mon
cœur.SCENE XII
etdernière.
MERCURE, LES PRÉCÉDENS.
Mercure.
A,
.LTE-LA,SeigneurAmour! Ton
exil estfini.Jupiter,àlaprièredetouslesDieux,nousrappelledans l'Olympe, Ilfaut yremontersurle
champ.
Madame Barbara,
àl'Amour.Qu'entens-je?quoi!vousêtesl'Amour?
L'A
M
o u R, sedécouvrant.Oui,
Madame.
... J'avois choisivotremaisonpoury
établir
ma
demeure. Jupiter enordonne autrement, il fautluiobéir,et jepars.Madame Barbara.
QuoiIvousnoujquittez
, petitFriponî