II. - ORIGINE DU CYCLE
SPERMATOGÉNÉTIQUE
ÉTUDE
DESGÉNÉRATIONS
SPEHMATOGONIALESR. ORTAVANT
Nous avons défini le
cycle spermatogénétique
comme l’ensembledes processus
compris
entrel’apparition
de laspermatogonie-souche
etl’élimination dans la lumière des tubes séminifères des
spermatozoïdes
issus de celles-ci. Toute étude sur la durée du
cycle spemnatogénétique
ne pourra donc être abordée
qu’après
avoir fixél’origine
decelui-ci,
cequi
revient à déterminer le mode de renouvellement des cellulesgerminales
souches.
A. - HISTORIQUE 1
0
Les
spermatogonies.
Définition et classification.I,e
premier
auteur ayant utilisé le terme despermatogonie
est 1°oNLA VALETTE SAINT-GEORGES
( 1 8 7 6) qui
l’a défini comme leplus jeune
stade des cellules
spermatiques.
Mais VoN 1,A VALLETTE SAINT-GEORGESdonne ce nom aux cellules ramifiées de Sertoli
qu’il
considère comme lesancêtres des
spermatogemmes (spermatides)
et non aux cellulesgenni-
natives de Sertoli
(z8 7 q.) qui, d’après lui,
sont des cellules folliculairesne
prenant
paspart
à la formation desspermatozoïdes. Néanmoins,
à sasuite,
le terme despermatogonie
a été conservé par laplupart
des auteurset
appliqué,
non aux cellules ramifiées deSertoli,
mais aux autres cel-lules de la couche
pariétale.
I,es
premières
idées saines émises surl’origine
des cellulesgerminales
mâles se trouvent dans les travaux de S!RTOm
( 1 8 74 ),
RENSON(i88a)
et surtout BROWN
( 1 885).
Ce dernier auteurprécise l’origine
ducycle
endécrivant les «
spore-cells
» à noyauxgrands, pâles, homogènes
en appa-rence, à chromatine
disposée
en réseau fin : ce sont les cellules d’où déri- vent toutes les autres cellules du tubeséminifère,
sauf les cellules de sup-port (cellules
deSertoli).
BkxD.!( 1 88 7 )
confirme les travaux de Bkov!·w, mais c’est surtout REGAUD(igoi) qui apporte
de nouveaux éléments àla solution de ce
problème.
REGAUDdistingue
deuxcatégories
de sperma-togonies :
- les
spermatogonies poussiéreuses (spores-cells
deB ROWN ,
cellulesaa de
B ENDA ),
pauvres encytoplasme,
à noyau semé degrains
très fins.- les
spermatogonies
croùtelleusesprovenant
de la division despré-
cédentes. REGAUD est le
premier
auteur à décrire d’unefaçon précise
lesspermatogonies
croûtelleuses que les auteursprécédents
confondaientavec les très
jeunes spermatocytes
de Zerordre, produits
de leur division.Ce sont des cellules dont la membrane nucléaire est
épaissie,
à chromatinerépartie
en croîitelles minces sous la membrane.Presque
en mêmetemps,
SCHOENFELD(igoi),
chez leTaureau,
décri-vait sa « cellule
iiidilfférciite
»,volumineuse,
à noyau arrondi oulégère-
ment
ellipsoïde, possédant
un gros nucléoleplasmatique en
son centre. I,esgranulations chromatiques réparties
autour du nucléole donnent au noyau unaspect poussiéreux. C’est, d’après
cet auteur, la cellule souche desspermatogonies
et il est lepremier
à donner unegénéalogie
à peuprès
correcte des cellulesgerminales
mâles.Enfin,
enigi8,
ALLEN propose uneterminologie
différente pour lesspermatogonies :
il les classe enspermatogonies A
et enspermatogonies
7!.La
spermatogonie
Acorrespond
à la «spore-cell
o de BROWN, à la sper-matogonie poussiéreuse
de REGAUD, à la cellule indifférente de SCHOEN- FELD; les
spermatogonies
detype
Bcorrespondent
auxspermatogonies
croûtelleuses de R!G!un. En
réalité,
ALLEN( 191 8)
dans sesdescrip-
tions ne semble pas avoir différencié les
jeunes spermatocytes
des sper-matogonies
B.Depuis, beaucoup d’auteurs,
dont RoosW -RurrG! et GIESEI,( 1950 )
et CI.ERlYIONl’ et 1,El3LOND
( 1953 )
ont utilisé laterminologie préconisée
par ALLEN
( 191 S),
Ct,nkwo!rT et 14EBI,OND( 1953 )
yajoutant cependant
une
catégorie
despermatogonies
intermédiaires.On
peut
donc actuellement définir lesspermatogonies
comme l’en-semble des cellules
germinales
dit tubeséminifère précédant la première génération
despermatocytes de premier
ordre.2° Le renuuvellement des
spermatogonies.
Plusieurs théories ont été
proposées
pourexpliquer l’origine
et lerenouvellement des
spermatogonies
dans le tube séminifère adulte.La
plupart
des auteurs, nous l’avons vu, admettent l’existence de deuxcatégories
despermatogonies
aumoins,
mais lesspermatogonies
de
type
Bprenant
naissance àpartir
desspermatogonies
detype A,
leproblème
est donc limité à lagenèse
et au renouvellement desspertnato- gonies
A.LTne
première
théoriepostule
la transformation de cellules ou de débris cellulaires voisins. ROOSEN-RuNGE et GIESEI.( 1950 )
font allusion à cettepossibilité
mais la considèrent comme accessoire :l’origine
résidantdans de
petites
cellulesplates reposant
sur la membrane basale. Par contre, STROGa!rov:l( 195 2)
et ESDANIAN( 1953 )
considèrent comme seulesource de
spermatogonies,
les corpscytoplasmiques
résiduels de la sper-miogenèse (SïROG AN OVA)
ou lesparties apicales
des cellules de Sertoli(Ian_!nmrr).
Eneffet, d’après
ces deux auteurs, cesgouttes protoplas- miques
constituent lepoint
dedépart
des futuresspermatogonies :
dansla
phase protoplasmique,
constituée surtout par de l’acideribonucléique,
apparaît,
au centre, une autrephase
contenant de l’acidedésoxyribonu-
cléiqtte
dont laquantité
augmente peu à peu et forme un noyau.D’après
STROGANOVA
, ces transformations ne
peuvent
avoir lieu que dans le sensgoatte protoplasmique
versspermatogonie
et non dans le sens inverse.Mais la théorie la
plus répandue
admet que lesspermatogonies
serenouvellent elles-mêmes par mitose.
Ainsi,
ROLSHOVEN( 194 1,
1945,1051
),
admet quechaque
divisionspermatogoniale produit
deux cellules- fillesmorphologiquement
différentes : unespermatogonie
et un sperma- tocyte depremier
ordre. Larépétition
indéfinie de ces « divisions biva- lentes» produit
suffisamment despermatocytes
tout en maintenant le stock despermatogonies.
BROWN, BENDA,;!cm«t;xxr.,r,D,
VAN HOOF, DCESBERG
, RoosEN-RuNRE et
G I E S E I ,,
CLERMOKT et LEBLOND consi- dèrent que lesspermatogonies A,
en sedivisant,
donnent des cellulesqui
restent en réserve pour le
cycle suivant,
tandis que les autres se différen- cient enspermatogonies
B.Mais,
seuls CLERMOKT et 1,FBLOiND(zg5 3 ),
Cr.ERMON’1’(zg5 4 ),
semblentavoir étudié d’une
façon précise
ce renouvellement chez le Rat et le Hamster en déterminant exactement le nombre et laplace
des divisionsspermatogoniales
dans lecycle
del’épithélium
séminifère. Ces auteurs aboutissent à la théorie du « renou7’ellement de las!eymatogonie-soucTie
»,un certain nombre de
spermatogonies
restant en réserve àchaque cycle.
Ainsi,
même chez le Rat, animal trèsétudié,
laquestion
du renouvel- lement desspermatogonies
n’a été résolue que récemment. Chez leBélier,
la seule étude sur cette
question
est celle de ScHO!!r!’!r.n(rgoz)
et, encore,les travaux de cet auteur
portent-ils
surtout sur le Taureau. Comme nousl’avons vu, SCHOENFELD admet l’existence d’une
cellule-souche,
la « cel- lule-indifférente », mais il neprécise
ni le nombre degénérations
despermatogonies précédant
la formation d’unegénération
despermatocytes,
ni les
phases
ducycle
del’épithélium
séminifère au coursdesquelles
ontlieu les divisions
spermatogoniales.
C’estpourquoi,
nous avons cherché àpréciser
ces différentspoints
sur nos Béliers Ile-de- France dans uneétude d’ensemble des
générations spermatogoniales
chez leBélier,
dontnous avons
déjà publié
certains résultats(O RTA B’ .B1B’1’,
Io54a).
B. -
ÉTUDE
DES SPERMATOGONIES CHEZ LEBÉLIER
1!
Étude morphologique
dessi)(!i-inatogoiiies.
Comme CU:RMON’1’ et LEBLOND
(zg5 3 )
chez le Rat, nous avons pu définir troiscatégories
despermatogonies
chez le Bélier.Les
spermatogonies A,
les moinsnombreuses, correspondent
auxcellules indifférentes de !cFiot.,w!r,D,
qui
les a fort bien décrites. Ce sont des cellules volumineuses, délimitées par unemembrane,
etplus
ou moinsaplaties
contre laparoi
du tube. Leur noyau estellipsoïde,
àgrand
axedirigé parallèlement
à laparoi
du tube. Au centre du noyau, se trouve uncorpuscule
de 1,5 à 2,5 u dediamètre,
se colorant au vert lumière. Ilprésente
degrandes analogies
avec le gros nucléole du noyau de Sertoliou
plasmosome (SïEVE N S, 1911 ) ;
ScHO!:v!’!r,nl’appelle chromoplaste.
Ainsi,
contrairement auxspermatogonies
detype
A du Rat, celles de Bélierpossèdent
un nucléoleimportant.
La chromatine estdispersée
enpetits grains
autour de ce grosnucléole,
et donne au noyau unaspect poussiéreux comparable
à celui desspermatogonies poussiéreuses
duRat.
Cependant,
il n’est pas rare de rencontrer desgranulations
chroma-tiques plus
volumineuses(fig. 17 ).
Lorsque
laspermatogonie
A seprépare
à ladivision,
le nucléole secharge
deplus
enplus
dechromatine,
lespoussières s’agglutinent
enplusieurs
« caillots »qui
sedisposent
ensuite sous la membrane nucléaire.Celle-ci
disparaît après désagrégation
du nucléole. Leplan
de division est presquetoujours perpendiculaire
à la membrane dutube,
sauf pourquel-
ques rares
exceptions,
de sorte que les cellules-filles restentappliquées
contre celle-ci
(fig. 1 8).
Cet
aspect
desspermatogonies
A sepréparant
à la division est trèsvoisin de celui des
spermatogonies
intermédiaires. Laprincipale
diffé-rence réside dans le fait que la taille des noyaux des
spermatogonies
detype
intermédiaire estplus
faible(fig. ig).
Les
spermatogonies
detype
Bprésentent
unaspect
bien différent : le noyau tend à devenirsphérique
dans les dernièresgénérations,
lesmasses de chromatine sont nombreuses et, un certain nombre d’entre elles sont attachées à la membrane
nucléaire,
cequi
donne à celle-ci unaspect pointillé.
Deplus,
autour de chacun des 2 ou 3petits
nucléoles un ré-seau de chromatine semble
s’organiser.
Pendant la
majeure partie
de leur évolution lesspermatogonies
pos- sèdent des noyaux à sectionelliptique ;
ce n’est que tout à fait vers la fin que ceux-ci tendent à devenirsphériques.
Onpeut
facilement constaterce
phénomène par l’examen
du tableau VIII, où sont étudiées les variations durapport des
diamètres des sections transversales des noyaux desspermatogonies,
a étant le diamètreparallèle
à laparoi
propre, et b le diamètreperpendiculaire
à celle-ci.Le
rapport
des deux diamètresperpendiculaires
estégal
en moyenne à 1,3 8.
Il est intéressant de noter que, chezl’Homme,
Roos!x-Ru!rG!et BARi<ow
(zg 53 )
ont trouvé unrapport
voisin sur les noyaux desgrandes spermatogonies.
Les variations de ce chiffre moyen, d’un stade à un autre, ne sont pas
significatives.
Demême,
larépartition
desfréquences
de ce rapport dans les différents stades varie peu, bienqu’aux
stades 3et 4
on note unelégère augmentation
del’allongement
des noyaux. On peut donc compa-rer la taille des noyaux des différentes
générations spermatogoniales
enétudiant les variations du diamètre moyen
a 2 !’, estimation plus précise
que celle du volume
nucléaire,
car la 3e dimension du noyau étant incon- nue, l’erreur commise sur le volume nucléaire estimportante (R ATHER ,
i 95
z ; MICKLEWRIGHT et autres,
1953).
2°
Évolution
desspermatogonies
au cours ducycle
del’épithélium
aéminif ère.
c!)
Définition des populations spermatogoniales. - On rencontre exclusivement desspermatogonies
A au stade z. Lapopulation
de sper-matogonies,
à cestade,
esthomogène
comme onpeut
le constater par l’examen du tableau X et de lafigure
21, et le démontrer par le calculstatistique : !’
=5,48 ;
v =8 ;
P = 0,70.Nous sommes donc en
présence
d’une seulegénération
de sperma-togonies
et c’estprécisément
lapremière génération :
lagénération
debase. En
effet,
le calcul du nombre moyen despermatogonies
dans unesection transversale de tube séminifère montre
(tableau IX)
que le nombre de base despermatogonies
A est 2,3 etqu’on
le rencontre auxstades 5 , 6,
7, 8 et i.
Une
première
division seproduit
au stade 2 ; on remarque eneffet,
à ce
stade,
un certain nombre defigures
de divisionsspermatogoniales
qui
se traduisent sur lapopulation
de noyauxspermatogoniaux
par uneaugmentation
de lafréquence
des noyaux àpetit
diamètre(tableau X, fig. 22).
Ces noyaux de
plus petite
taille nepeuvent provenir
que de la divi- sion desspermatogonies
A du stade z. pénombre moyen despermatogonies
A s’est d’ailleurs
légèrement
accru sans atteindre le double du nombre de base du stade r(tableau IX).
Cette division
spermatogoniale
donne naissance à une deuxièmegénération
despermatogonies
Aqui
se caractérise au stade 3 par l’obten- tion d’une nouvellepopulation
nucléairehomogène (tableau X) : !2
= 5,5!!’1 =
8 ;
P =0 , 70 ).
Le nombre moyen despermatogonies
à ce stade estapproximativement
le double du nombre de base.Au stade 4, on obtient à nouveau une
population
nucléairehétérogène (tableau
X :Z2
=1 6,6 ;
’1 =6 ;
P =o,oi),
et desfigures
de divisionsspermatogoniales
sont visibles dans les tubes séminifères à ce stade. Ces divisions affectent la deuxièmegénération
despermatogonies A,
carac- térisée au stade 3(fig.
22 et24).
Or, au stade 5, on remarque la
présence
de deuxcatégories
distinctesde
spermatogonies :
desspermatogonies
A et desspermatogonies
intermé-diaires évoluant vers le
type
B. Ces deuxpopulations
despermatogonies
sont l’une et l’autre
homogènes :
ellesreprésentent
donc leproduit
desdivisions que nous avons observées au stade .I.
Mais,
le nombre total despermatogonies (tableau IX)
à cestade,
au lieu d’être le double de celuicompté
au stade 3, n’estégal qu’aux 3 / 2
de celui-ci :1/2 représente
lesspermatogonies
A et2/2
lesspermatogonies
intermédiaires. Pourexpli-
quer ce
fait,
on estobligé
d’admettre que laz/2
seulement desspermato- gonies
A du stade 3 se sont divisées pour donner naissance aux sperma-togonies intermédiaires,
alors que l’autre moitié est restée au repos et constitue le stock despermatogonies
A que l’on trouve au stade 5. Le diamètre nucléaire moyen de ces dernières n’est d’ailleurs passignifica-
tivement différent de celui des
spermatogonies
A du stade 3, alors que celui desspermatogonies
intermédiaires est nettement inférieur(tableau XI).
Au stade
6,
lesspermatogonies
Bprovenant
de la transformation desspermatogonies intermédiaires,
se divisent à leur tour. Cette divisionest mise en évidence par les mêmes
techniques
que lesprécédentes.
Onobtient ainsi la
quatrième génération
despermatogonies
rencontrées austade 7.
Les cellules de cette
génération
se divisent à la fin du stade 7 et au début du stade 8 pour donner naissance à lacinquième
et dernièregéné-
ration de
spermatogonies
trouvées à lapériphérie
des sections transver- sales des tubes séminifères au stade 8.Enfin,
au début du stade i, la der- nière divisionspermatogoniale permet
d’obtenir une nouvellegénération
de
spermatocytes primaires (tableaux
IX etX).
Ces dernières divisions sont caractérisées par la
synchronisation
desfigures mitotiques,
presque toutes les cellules se divisant en mêmetemps.
Il en résulte la formation de o groupes
homogènes
de cellulesisogéniques
»!CI,!RMONT, zg5 4 ) :
tous lesspermatocytes
depremier
ordre d’une mêmegénération
se trouvent au même stade. Cettesynchronisation
n’existepas pour les trois
premières divisions, l’homogénéité
des noyaux d’une mêmegénération
n’est alors réalisée quelorsque
ceux-ci ont terminéleur croissance
(stades
1, 3,5).
b)
Evolution de la taille nucléaire des spermatogonies au cours de la spermatogenèse. - L’étude de l’évolution des tailles nucléaires des sper-matogonies
fournitquelques précisions supplémentaires.
Du stade 3 austade 7 on constate que la taille des noyaux des
spermatogonies
A nevarie pas : nous sommes donc en
présence
de cellules à l’état de repos, de« cellules dormantes »
(C LERl VI OK1’
et 1,EBLO-!’!1),z 953 ), puis,
aux stades 8et i, la taille de ces noyaux
augmente brusquement (tableau XI), prépa-
ration à la
caryocinèse.
Par suite des divisionssuccessives,
la taille moyenne des noyaux desspermatogonies
va constamment en diminuantjusqu’au jeune spermatocyte
au stadepréleptotèiie,
cequi indique
clairement lesens de l’évolution de la cellule-mère aux cellules-filles. Il est à remarquer
qu’après chaque
division le noyau des cellules-filles subit unelégère
crois-sance, définie par un coefficient de
croissance, qui
luipermet d’acquérir
un volume
supérieur
à la moitié du volume nucléaire de lacellule-mère ;
mais cette croissance est insuffisante pour
permettre
au noyau d’attein- dre le volume initial(tableau XII).
I,e coefficient de croissance des
noyaux-fils
est en moyenneégal
à1
,54. Ce chiffre est peu
différent,
bien quelégèrement supérieur
au coeffi-cient
théorique indiqué
par RoosEN-RuNGE et BARr,ow( 1953 )
pour lacellule
spermatogoniale humaine : ( !2,
c’est-à-dire 1,41. Il estégalement
très voisin de celui observé par ScHREiBER
( 1949 )
sur lesspermatogonies
de
Serpent.
Cette croissance nucléaire des
spermatogonies après chaque
divisionest très inférieure à celle subie par les
spermatocytes primaires, puisque
le volume final des noyaux de ces cellules est
égal
àplus
de trois fois celui des noyaux desjeunes spermatocytes.
Par contre, on ne constate évidem-ment aucune croissance des noyaux
après
chacune des deux divisions de maturation desspermatocytes :
le volume nucléaire des cellules-filles est très voisin de la moitié du volume nucléaire de la cellule-mère.C. - DISCUSSION
I,es résultats que nous venons
d’exposer permettent
de nous faireune
opinion
sur le mode de renouvellement desspermatogonies
et l’ori-gine
ducycle spermatogénétique
chez le Bélier.Ils ne confirment pas la théorie de STroGarrova
( 1952 )
et de !sDa-rrmrr
( 1953 ) postulant
que lesspermatogonies prennent
naissance àpartir
des débris
cellulaires,
résidus de laspermiogenèse.
DALED(19,!i), puis
D:!orsT et Ci<KRMONT
(z9!j)
ont suivi l’évolution des « corps résiduels »chargés
d’acideribonucléique qui
sont éliminés en fin despermiogenèse.
La fraction de
ceux-ci,
non entraînée dans la lumière du tubeséminifère,
s’enfonce
jusqu’au
niveau des noyaux de Sertoli.Là,
les corps résiduelsse vacuolisent et semblent être résorbés au contact des noyaux de Ser- toli. Mais à aucun moment De!,!D ne
parle
del’apparition
de l’acidedésoxyribonucléique
au sein de cesgouttes
d’acideribonucléique
pour donner naissance à desspermatogonies.
Nous avons bienobservé,
comme S’rROGanov! et comme ESDANIAN des gouttesprotoplasmiques
où l’acidedésoxyribonucléique apparaît diffus,
ou engouttelettes denses,
surtoutaux stades 3 et .!, mais cela coïncidait
toujours
avec desfigures
dedégé-
nérescence de
spermatogonies
ou de spermatocytes depremier
ordre austade
zygotène. D’ailleurs,
niSTKOOaxov!,
ni ESDAKIAN n’ont observéla
phase
finale de transformation de ces gouttes avec noyau central enspermatogonies.
Deplus,
ils ne donnent aucun chiffre pour montrer que le nombre de cellules néoforméescorrespond
au nombre desspermatogo-
nies trouvées aux différents stades de laspermatogenèse.
La théorie des « mitoses bivalentes » de ROLSHOVEN
(zg 4 r-Ig 45 -Ig S I)
est
viciée,
ainsi que l’ont fait remarquer CLERMONT et I,!,Bt,orrD(ig5 3 ),
par la classification comme
spermatogonies,
de cellulesqui
sont, enréalité,
de
jeunes spermatocytes
se trouvant encore lelong
de la membrane. La seule divisionproduisant
deux cellules-filles différentes est lapremière
division
spermatogoniale
donnant naissance à unespermatogonie
A « dor-mante o et à une autre
spermatogonie
Aqui
se divise peuaprès.
Encore est-ilimpossible,
du moinsmorphologiquement,
dedistinguer
ces deuxcellules.
Nos résultats
permettent
au contraire degénéraliser
au Bélier lathéorie du « renouvellement de la cellule-souche » de CLERMONT et I,!-
BLOND
( 1953 ).
Il y aapparition périodique
d’une cellule-souchequi
sesépare
dès le stade 4 des autresspermatogonies produisant
des sperma- tocytesaprès
4 divisionsmitotiques.
Cettespermatogonie
ne subitpas de mitose
jusqu’au
stade i suivant où elle fonctionne commecellule-souche pour la série des divisions successives
qui permettront
d’obtenir une nouvellegénération
despermatocytes
depremier
ordre(fig! 34)!
On constate aisément que, chez le
Bélier,
laspermatogonie
souche sedétache des autres
spermatogonies
dès lapremière
mitose et nonaprès
la
deuxième,
comme chez le Rat ou le Hamster(C L E RMONT
et LEBLo;-;D, I953 !Ct.!IZMONT, I954 ).
Ceci entraîne laproduction
de 16spermatocytes
depremier
ordre au lieu de 24 : l’efficacité de laspermatogenèse
est doncplus
faible chez le Bélier que chez le Rat ou le Hamster. Il existe cepen- dant desespèces
où l’efficacité est encoreplus
réduitepuisque,
chez leSinge,
une cellule soucheproduit
seulement 4spermatocytes (C LEKMONT
et
L EBLO ND, 1953).
’Mais,
aussi bien chez le Bélier que chez le Rat,l’origine
ducycle spermatogénétique
estbeaucoup plus éloignée qu’on
ne l’admettaitjus- qu’à présent (RoOSE N -RuN GE
etG IESEL , 1950 ).
Il faut reconnaître cepen- dant que SCHOENFELD(igoi)
avaitapproché
de trèsprès
cetteorigine.
Il admettait en effet que la cellule-souche
prenait
naissance au stade 5 alors que nous trouvonsqu’elle
est formée dès le stade 2. En outre les sper- matozoides issus de cette cellule-souche ne sont éliminés dans la lumière des tubes séminifèresqu’après
le déroulement de 5cycles
successifs del’épithélium
séminifère.III. - LES AUTRES
ÉLÉMENTS
CELLULAIRES DU CYCLESPERMATOGÉNÉTIQUE
Nous avons déterminé
l’origine
ducycle spermatogénétique
et l’évo-lution des différentes
générations
despermatogonies
au cours de cecycle.
Il est
important
de suivreégalement
les transformations des autres cel- lulesgerminales jusqu’à
la fin ducycle spermatogénétique,
c’est-à-direjusqu’à
l’élimination desspermatozoïdes
dans la lumière des tubes sémi- nifères. Les modifications subies par ces cellules ne sont pasindépendantes
les unes des autres, mais elles sont étroitement liées et servent à définir les différents stades du
cycle
del’épithélium
séminifère.A. - LES SPERMATOCYTES 1
0
Les
spermatocytes
de 1!r ordre.Les
spermatocytes
de 1erordre, produits
de la division de la 2egéné-
ration de
spermatogonies
detype
B,représentent
les cellulesgerminales qui
subissent la divisionméiotique.
Immédiatement
après
leurnaissance,
les noyaux desspermatocytes présentent
unegrande
ressemblance avec les noyaux des cellules mères, aussi ont-ils été souvent confondus avec lesspermatogonies
dutype
B(V
ON !BN!R, 1 888;
I!ENHOSSEK,I 8 9 8; A LLEN , Ic!IB).
Roos!N-RU!·G!et GIESEL
( 1950 )
les ontqualifiés
de «prespermatocytes
», mais commele fait remarquer CI,!RUIONT
( I g 53 ),
il estpréférable
de ne donnerqu’un
seul nom à des cellules
appartenant
à une mêmegénération.
1 /
évolution des
spermatocytes
a été bien décrite chez le Rat par 1,ENHOSSF-l-,(1898),
REGAUD(190I-1909),
DUESBERG(1908),
VAN HOOI·(I9I2),
ALLEN( 191 8),
et par tous ceuxqui
se sont intéressés àl’aspect cytogénétique,
domaine extrêmement vaste que nous n’aborderons pas ici. Lesspermatocytes
de Taureaudéjà
décrits par SCHOENFEl!D( l g 01 )
ont été étudiés à nouveau par KNUDSEN
( I95 q).
Par contre lesspermato-
cytes de Bélier ont été peu observés : seul SCHOENFELDs’y
réfère detemps
à autre dans son travail sur le Taureau.
Dans notre étude sur la
spermatogenèse
duBélier,
nous avons cons-taté, qu’à
leur naissance(stade
i ducycle
del’épithélium séminifère),
lesnoyaux des
spermatocytes primaires présentent
des scutelles de chroma- tineréparties
sous la membrane nucléaire cequi,
en dehors de leur tailleplus petite,
les rend très semblables auxspermatogonies
B. C’est ce stadenucléaire que nous nommerons stade
préleptotène. Cependant,
dès la findu stade I du
cycle
del’épithélium séminifère,
de fins filaments de chro- matineapparaissent
dans les noyaux desspermatocytes primaires
et, aucours des stades 2 et 3 les chromosomes se rassemblent dans une
partie
du noyau en un véritable «
bouquet
» donnantl’impression
que le reste du noyau est vide. Nous trouvons donc des noyaux au stadeleptotène
au cours de cette fraction du
cycle
del’épithélium
séminifère. De la fin du stade 3jusqu’au stade les
chromosomes s’associent 2 à 2, caractéri- sant ainsi le stadezygotène.
A ce moment, les chromosomes se fissurent etsemblent,
de cefait, plus épais
définissant des noyaux au stadepachy-
tène
qui persistent jusqu’au
début ducycle
del’épithélium
séminifèresuivant, puis
fontplace
à des noyaux au stadediplotène.
Laprophase méiotique
se termine alors à la fin du stade 3,puisque,
pardéfinition,
la
métaphase méiotique
sert de critère pour déterminer le début du stade 4.2
0Les
spcrmatof ’ ytcs
du 2e ordre.Les
spermatocytes
de 2eordre, qui
résultent de la division des sper- matocytes de jeordre,
furent découverts par Vorr Ei3NER( 1 888)
d’oùle nom de « cellules de VON EBNER «
qui
leur fut attribué par un certain nombred’histologistes.
Chez leBélier,
le noyau desspermatocytes
de 2e ordre estrond ;
son volume( 200
u3)est
exactement la moitié de celui desspermatocytes
de jeordre,
et,après fixation,
il montre un certain nombrede « caillots
» hétérochromati d ues ( 5
à6),
réunis par un réseau assez lâche de filamentschromatiques.
Trèsrapidement
ces noyaux vont se diviser et donner naissance auxspermatides.
1 /
évolution des
spermatocytes
de Bélier est ainsi très semblable à celle desspermatocytes
de Rat. Alors que la durée de vie desspermatocytes
de 2eordrereprésente
3 à q. p. 100ducycle
del’épithélium séminifère,
soitenviron
o,(>
p. 100 ducycle spermatogénétique,
celle desspermatocytes
de 1er ordre est extrêmement
longue
et demande environ 1,5cycles
del’épithélium séminifère,
soitplus
de 3o p. 100ducycle spermatogénétique.
Ainsi,
dans tous les stades ducycle
del’épithélium
séminifère antérieursau stade 4, on rencontrera deux
générations
despermatocytes
de WTordre,
alors que les stadespostérieurs
seront caractérisés par laprésence
d’uneseule
génération
despermatocytes
de 1erordre, puisque
l’autregénération,
la
plus âgée,
a subi les divisions de maturation pour donner naissance auxspermatides.
B. - LES SPERMATIDES 1
0
Historique.
Les
spermatides
sont donc les cellules résultant de la 2e division de maturation desspermatocytes.
Leurs structures nucléaires etcytoplas-
miques
subissent un ensemble de transformationsappelées spermiogenèse.
I,’évolution des
spermatides
a retenubeaucoup plus
l’attention des chercheurs que ne l’avait fait celle desspermatogonies.
Des revues surcette
question
ont été faites récemment par CRESSON( 1951 )
et par CLER-MONT
( 1953 )
d’unefaçon
extrêmementcomplète.
C’est la raison pourlaquelle
nous limiterons notre étude à certainsaspects
de laspermio- genèse.
a)
Le noyau des spermatides. - I,’étude de l’évolution du noyau desspermatides présente
ungrand intérêt,
non seulement pour fixerl’origine
des anomalies dans les têtes des
spermatozoïdes éjaculés,
maisaussi,
comme nous le verrons
plus loin,
pour déterminer certaines constantes d’activitéspermatogénétique
du testicule.Cependant
cette étude n’a étéeffectuée d’une
façon systématique
que parquelques
auteurs. Ainsi DUES-BERG
(igo8),
LEBLOND et C!,!RMO:!T(zg52),
et surtout DAOUST et CLER-MONT
( 1955 )
ont bienanalysé
l’évolution du noyau desspermatides
deRat. Ces derniers auteurs ont trouvé en
particulier
uneaugmentation
de coloration de l’acide
désoxyribonucléique lorsque
les noyaux desspermatides s’allongent.
KH!rr VAN KIEN et S!rrTW rr( 1947 )
avaientaussi constaté un
changement
de coloration des noyaux despermatides
de Rat à l’aide de fluorones.
Ainsi,
chez leRat,
outre lechangement
mor-phologique
subi par le noyau desspermatides
il existeégalement
unemodification de la constitution de celui-ci.
I,’examen du noyau des
spermatides
de Bélier a été peu abordé : on trouvequelques renseignements
dans le travail de GRESSON et ZI,O’1’N1K(I945)!
encore sont-ilsfragmentaires.
b)
Les constituants cytoplasmiques des spermatides. - C’est surtout l’évolution des constituantscytoplasmiques qui
aprovoqué
les recherches lesplus importantes ;
de très nombreux travaux ont étépubliés
sur cettequestion.
x) Définition
des termes utilisés : les termes définissant un certain nombre de constituantscytoplasmiques
desspermatides
ont été utilisés différemment par divers auteurs. Il en est résulté unegrande
confusion.Il est donc nécessaire de
préciser,
sansatnbiguité,
les termesqui
serontutilisés dans cet
exposé ;
I,!B!,o!rD et CLERMONT(1952),
CERMONT(1953)
ont
déjà
établi un dictionnaire sur laspermiogenèse.
Afin de ne pasajou-
ter à la confusion
déjà
existante nous conservons engrande partie
lesdéfinitions
qu’ils
ont données.Z.’a!<!!!7
deGolgi
desjeunes spermatides
est uncomplexe cytoplas- mique
situéprès
du noyau et constitué par des structurespériphé- riques
« lesdictyosomes
»groupés
autour du centrosome réalisant ainsiun corps connu sous le nom d’idiosome
(GR:!ss!,
CARASSO etFA V A RD ,
1955
a).
L’idiosome se
présente
sous forme d’unesphère
renfermant lesgranules
proacrosomiques
etacrosomiques.
Il se colore à l’acideperiodique-Schiff.
Les
d ictyosomes
secomposent
de 2 substancescaractéristiques :
l’une
chromophi1e,
l’autrechromophobe après
action de l’acideosmique.
Le
granule acrosomique
est uncorpuscule unique
contenu dans l’idio-some et
déposé
sur le noyau de lajeune spermatide.
Il résulte de la fusiondes
granules proacrosomiques
des trèsjeunes spermatides
et donne l’acro-some des
spermatozoïdes
mûrs.Le
capuchon céplaalique
est constitué par la mince membrane pre- nant naissance àpartir
dugranule acrosomique
et s’étendant sur la par- tie antérieure de la tête duspermatozoïde.
1/ensemble de l’acrosome et ducapuchon céphalique
constitue lesystème acrosomique
du spermato- zoïde.Le reste de
Golgi
est constitué par lesurplus
del’appareil
deGolgi après dépôt
dugranule acrosomique
sur le noyau de laspermatide.
Les centyioles sont de
petits granules
dans lecytoplasme
desjeunes spermatides
situés d’abord dansl’appareil
deGolgi, puis, après migration
au
pôle opposé
augranule acrosomique,
donnant naissance auflagelle.
I
«
’ensenible des centrioles et de leurs dérivés constitue
l’a!!areil
centriolaire.
Le tube caudal ou manchette est une membrane
cytoplasmique
for-mant une
gouttière
fermée autour de lapartie postérieure
du noyau et duflagelle.
h;nfin,
lagouttelette cyloplasîni’qite
de lapièce
intermédiaire est unreste
cytoplasmique
attaché dans larégion
du cou desspermatozoïdes
testiculaires.
l’) 1 Bref lústorique
de nos connaissances sur l’évolution des coostitrrcautscytoplas;iiiques
desspermatides :
3IF;1<K»;1«( 1 8 74 )
fut lepremier
à décrirel’idiosome de la
spermatide
du Rat. Il pensa que cette structure donnait naissance augranule acrosomique
mais clue lecapuchon céphalique
pro- venait d’une transformation de la membranenucléaire ; hypothèse
émiseégalement
par REnso!(i882).
C’est à I3rotw( 1 88 3 )
que revint le mérite de montrer que lecapuchon céphalique provenait
de l’idiosome dans le-quel
BENDA(isgi)
crut reconnaître l’existence d’une vacuolequ’il
nom-ma «
archoplasm
». I,e terme d’acrosomeapparaît
pour lapremière
foisdans le travail de LENHOSSEK
( 1 8 9 8)
sur le Rat et leCobaye,
et celuid’idiozome,
transforméplus
tard en idiosome(R EGAUD , 1901 ) ,
dans l’ana-lyse
de laspermiogenèse
duCobaye
effectuée par MEVES(i8g 9 ).
Cet au-teur décrivit en outre la formation du tube caudal et celle de la
pièce
inter-médiaire. Un travail
comparable
à celui de MEVES fut réalisé par DUES-B E R
G
( 100 8)
chez le Rat, travail danslequel
se trouve bienanalysée
l’évo-lution des centrioles. P.xr.xNIcoL!xoi et !TOCKaRD
( 101 8)
montrent l’exis-tence de deux zones dans l’acrosome du
spermatozoïde
deCobaye
et, à lamême
époque,
GaTknTByet V%ooDG!R(z 9 ao) pensent qu’une partie
del’idi-osome contribue à la formation de la