L'EVOLUTION DE L'OR@ANISATIOBT POLITIQUE DBSMOTALAVES (R~~ELLEs-E~~BRIDES" -Rédaction Provisoire -Prdliminary Draft louméa, Jaztviti. 297X' ' Copyright O.R.S.'T.O& section : SOCIOLOGIE OFFICE DE LA RE- SCIEi!?TIPIQtJE ET TECliNIQUE OUTRE- lb c .

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OFFICE DE LA RE- SCIEi!?TIPIQtJE ET TECliNIQUE OUTRE- c lb

section :

SOCIOLOGIE

n

L'EVOLUTION DE L'OR@ANISATIOBT POLITIQUE DBSMOTALAVES (R~~ELLEs-E~~BRIDES"

-Rédaction Provisoire -Prdliminary Draft

louméa, Jaztviti. 297X' '

Copyright O.R.S.'T.O&

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B. VIENNE Sooiologue

Centre ORSTOM de NOUN!

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~'XVOWTIOX DE L'ORGANISATION POLITIQUE DES MO!ï$LAW

- RBdaotion Provisoire - Pr6liminaryDraft

Copyright O.R.S.T.OJb

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L'EVOLUTION DE L'ORGANISATION POLITIQUE DES PliOTALAV-23

VdI8s: un homme de rang, Rien ne peut te manquer : ni ta nourriture, ni tamonnaie, ni tes cochons ni quoi que ce soit qui fut entre tes mains. Tu es puissant non du pouvoir de tuer les hommes (guerre maineo. b 1, mais par tes possessions, ta monnaie . ta richesse.., Ta renommée sera grande, ainsi tous te reconna2tront comme un tawusmele".

Disoours adressé à un candidat au grade de Lano.

Sit&e & l*ext&me nord des Nouvelles-Hébrides llîle de Motlav appartient à l’archipel des !îles Banks. Bien que parlant une langue sensi- blement differente, la population de Motlav est sur le plan culturel étroi- tement appacrontde à celle de Mota, centre dographique des enquêtes de Rivers et Codrington, Les grands traits de l’organisation sociale, de la t@hologie, du rituel s’y r4vUen-k identiques. Sur le plan historique il exiseait entre les deux ries des relations traditionnelles definies dont on retrouve l’écho dans les généalogies et les traditions orales (l),

Ma&& les profonds changements intervenus depuis la fin du siècle dernier, des rapports fréquents inter-îles, redéfinis dans les termes de la sociolo- gie actuelle, contribuent à maintenir aujourd’hui encore la conscience de lthomogénéit& d’un fond dulturel commun, que révèle l'inventaire ethnogr- phique, le savoir et l’id6ologie. S2 en ce qui concerne l'organisation po-

litique traditionnelle, Mota et Motlav ne pr6sentent à notre sens 2°C pour notre propos aucune différence significative constatée, il semble que pour des raisons Bcologiquee et dt5mographiques propres & chacune des deux îles, l’impaot de la situation coloniale ait introduit dans l'évolution sociale récente certaines divergeances au niveau de l’organisatio& sociale c-t des normes de comportement. Ces diffdrences portent plus sur le rythme et la dyIiamique des changements observ6s que sur leur nature propre,

Sur la base des matériaux publi6s par

Codrington

o-t ?Avers et de nos observations personnelles (2)) oe travail se propose de &<~~~y~ T -:Y. PCS? le

0.0 / . . .

(4)

-20

d'interprétation des relations politiques des sociétés traditionnelles

de l'archipel des $les Bm et d'en présenter l'évolution historique dans le cas particulier de l'île de Motlav (3).

Ce qu'il est convenu d'appeler traditionnellement, l'organisation politique, c,est-&-dire, la répartition de l'autorité, le modèle en fonction duquel.

elle se distri&ue, et les relations sociales codifiées qui en ré*ulte:tc,est- à-dire le pouvoir, se laisse aujourd'hui difficilement appréhender. Les formes de la domination coloniale et les transformations économiques et sociales cons&&ives, ont bouleversé les règles et les supports de la ~O#F pétition sociale et induit un d&intér& pour la.,,jeu poldtique Iui-I!&N*

. . L'examen des

proc&us de dbcision laisse apparaître un décalage entre l'autorit institu- tionalisée et l'autorité réelle {leadership). La pratique politique est vécue et conceptualisée, par reférence à d'autres instances de la formation sociale (religieuse, économique, parentale, idéologique...). Ayant une ef- f icacit6 et.une autonomie relative faible, dans la conjoncture historique actuelle, l'organisation politique ne permet plus l'exercice réel du pou- voir. Cependant, si les relations d'autorité pAsente %n caractère quelque peu informel, elles n'en existent.pas moins et se manifestent dans toutes les situations où est impliquée 1,intégrité de la CO mmunautQ et des groupe- ments qui la constituent (villages, familles, assooiations...).

Cette évolution est caractérisée par une tendance permanente A reddfinir les statuts et les r8los politiques dans les termes imposés.par la situation coloniale, tout en pféservant le code et les règles de l'exer oice de l'autorité. L'analyse que nous présentons permettra d'éclairer l'incompatibilité existante entre les termes de cette dynamique des insti-:

tutions politiques, relative au notions de pouvoir et d'autorité tellesqu,- elles sont pensées et définies dans le contexte de la culture locale, et qui se manifeste entre autre+ par le fait que t

1 - Les statuts politiques définis par la culture dominante (chefferie, assesseurs, pasteurs (14)...) ne recouvrent que partiellement les statuts d'autorité réelle, puisque certains parmi les hommes de pouvoir en refusent déliberèment la charge.

2- Les modalités d'accès auxcharges et celles de l'acquisition d'un pouvoir reconnu sont d'ordre différent.

. . . / . . .

(5)

-3-

3 - L'autorité détenue par les titulaires de titres ou de charges, tient plus à leur leadership personnel qu'à leur statut. Ils sont essentiel- lement révocables et leur action est moumise à la ratification de l'assem- blée des hommes. A Motlav par exemple, la "chefferie" du village de Nereni- gnsn a changé trois fois de titulaire en deux ans, les raisons étant le peu d'autorité réelle du détenteur* %e tableau ci-dessous.où nous présentons le niveau des conflits.et les processus d'autorité qu'ils engendrent, fait nettement apparaître l'importance du leadership et la faiblesse du pouvoir institutionalisé dans la structure de l'autorité, dont la reconnaissapce tient plus de la compétition que de la légitimité. Inversement cette situa- tion actuelle éclaire les formes et les modalités d'acquisition du pouvoir à la période précoloniale.

TABLEAUNo 1 Niveau des conflits

1 - Intra-familiaux.

(alliance matrimoniale, conflits fonciers, dettes manquement aux obligations décisions engageant le groupe familial...)

Processus intervenant dans le règlement des conflits

1 - C'est le chef de famille, ou plut&

le leader du groupe familial (géné- ralement l'homme le plus âgé) qui intervient. Il appuit son autorité et éventuellement ses décisions sur l'assentiment du groupe familial,

voir du groupe des parents, qui représentent sa force de pression.

Il peut arriver que le groupe fami- lial exclut l'un de ses membres qui est alors plus ou moins contraint de s'adjoindre à un groupement parent ou de s'expatrier, provisoirement ou définivivement selon l'importance du conflit. La forte solidarité parentale au niveau de la famille donne a

processus un caractère assez fortement autoritaire.

. . . / . . .

(6)

- Peut être renvoyé à un niveau supé- rieur (villageois en cas de conflits fonciers par exemple) voin5extérieur (Administration condominium)à la

communauté en cas de perturbation

grave de l'ordre social (coup et bles- sure > inceste...)

II -

Inter-familiaux, II- L'accord est recherché au niveau in- (compensations matrimoniales, terindividuel* Dans un premier temps

-héritage, adultères, conflits

dus aux entreprises coopé- les leaders des groupes familiaux

ratives...). n'interviennent qu'à titre de conseil-

lers. La tendance est à minimisèkl'iw portante sociale des conflits pour éviter l'engagement de groupes plus larges (parents, village...) mÉme au prix d'un accord provisoir$.

Si une entente est possible, les déci- sions qu'elle entraîne sont garanties par le caractère public qui leur est alors donné. Tout se passe alors comme si le conflit - qui n'est dès lors plus évoqué - n'avait jamais eu lieu.

R&ouvrir une querelle est toujours senti comme injurieux par l'idéologie des MoWaves.

- Quand les familles appartiennent au mÉme village, les conflits sont volontiers renvoyés au niveau de l'as-

semblée des hommes (Meeting) où ils ga r&ght *xv 6~szm~n~~1~..

. . . / l . .

(7)

-5-

III - Inter-villageois. III- Ici c'est essentiellement l'assemblée (Recoupent parfois les con- des hommes du village qui intervient

flits inter-familiaux. (lkzking). Délégation est faite à un ou Concernent les divergences plusieurs leaders pour contrôler, du

au

sein de la communauté fait de son autorité reconnue,

la

bonne villageoise en matière de exécution des décisions. La désignation réalisation collective : des responsables est variable selon les

investissement

communautaire, circonstances et les Meetings.

travaux, corvée...) - Les conflits qui se situent dans l'or- bite villageoise sont toujours considé- rés comme des affaires internes à la communauté Gillageoise et nosont que

trèa

exceptionnellement débatns à un.::~

niveau plus large. Cependant il est parfois fait appel à l'arbitrage de leaders extérieurs au village du fait de leur grande autorité ou de leur renom-

mée et

leur savoir.

IV - InteIcvillageois IV- Débattus d'abord séparèment au sein de chaque village, les points de vue sont confrontés dans un Meeting plus ou moins publics Les leaders reçoivent de l'assez blée des hommes délégation pour défendre le point de vue de chape communauté. Si décision elle est prise par consensus, - Le conflit originel trouve rarement sa

résolution. Il reste souvent latent, mais il est *'désamorc$;" par la procédure qui n'est en fait que la raoonnaissancc conjointe d'une divergence de point de vue.

V - Entre la communauté et V- Débattu nar l'assemblée des hommes du l'extérieur.

village, la position adoptée ou la ligne de conduite est présentée par un groupe constitué de leader(s) villageois, et des leader(s) reconnuspar tous les vil-

lages.

. . . / . . .

(8)

A ce niveau le pouvoir des leaders est très contrôlé et leur marge de manoeuvre faible : les hommes de Motlav ne se sen- tant nullement engagés par la parole de leurs rspréscntants en cas où ceux-ci s'écarteraient pali: trop des décisions pri- ses dans les Meetings.

On peut compléter cette description par quelques commentaires brefs : 1 - L'exercice du pouvoir s'appuie toujours sur la légitimité qu'engendre le consensus entre leaders et dépendants* Avant d'intervenir le leader s'assure toujours de la cohésion de son soutien.

2 - Les processus d'autorité ont une forme démocratique, ce qu'il lustre la pratique des Meetings, leur ambiance (aucune préséance par exemple) et le caractère public (bien qu'exclusivement masculin) des ccnfrontations.

3

- Les processus d'autorité tendent par une Evaluation du pouvoir relatif des partics, à réduire par la conciliation des points de vue, les oonflitsr de leadership. Cette attitude caractéristique provient de ce que traditionnellement la puissance d'un leader et son pouvoir de contrainte reposazt sur son aptitude guerrière . Aujourd'hui ou le leader ne dispose plus de la force légitime, les décisions sont souvent inapplicables,

fréquemment remises en question du fait du peu de permanence de l'autorité reconnue auxleaders.

.e. / . . .

(9)

4

- La dialectique des Meetings est marquée par une tendance

nette à chercher une conciliation, même sur un plan strictement formel, pour éviter dans les décisions le recours à la contrainte et à la coercition

ce qui se traduirait en fin de compte par une perte de lcadership, du fait du peu de pouvoir exécutif des leaders et la nécessité de recourir à une autorité extérieure à la communauté (délégué de circonscription, tribunal, mission...).

5

L A tous les niveaux on tend implicitement à minimiser les conflits, à éviter leur extension à des niveaux sociologiques supérieurs, Il arrive fréquemment que la famille ou la communauté villageoise préfère se désolidariser de l'un de ses membres plutôt que de perturber l'harmonie de ses rapports sociaux.

6

- C'est principalement dans les conflits entre Motlav et l*ex- térieur, que tend à s'institutionaliser le pouvoir. C'est le seul niveau ou' la reconnaissance de l'autorité des porte&paroles de la communauté présente une certaine permanence. On peut suggérer que entre la nature de l'autori et la permanence des leaders il apparaît une relation inverse. D'autant le niveau du conflit est large' d'autant la permanence du leadership reconnu est grande, d'autant l'attitude des leaders est faiblement autoritaire.

POLITIQUE ET PARENTE : LA FORNATION DES GROUPEMENTS RESIDENTIEXS Dans le cadre de la société précoloniale, la distribution rési- dentielle des individus et des groupes était en quelque sorte homologue à celle des relations d'autorité et d'allégeance.

Empiriquement, l'organisation politique se donne, à son niveau suporiew,, sous la forme d'un réseau de relations intervillageoises Cf.

Annexe 1 : Carte des relations intervillageoises du district de Motlav

(5)*

Chaque groupe local se prosente alors comme une unité politiquement autonome, composéed'hommes dont le statut réciproque sur le plan du pouvoir, est défini :

1 - Par leur position dans une hiérarchie de titres : le sukwe (nosukw) ;

*.* / . . .

(10)

29 Par leur richesse - économique et matrimoniale - (mwere), c'est-à-dire leur propension à gravir plus ou moins rapidement cette hié- rarchie ;

3

- Pm leur aptitude individuelle à acquérir plus ou moins d'influente et de prestige au sein du groupe local où ils résident et dans

les groupes similaires avec lesquels ils sont ennalation.

Conforme sur ce point au modèle général des Hébrides du Nord, le gamal ou les gamals

(6)

( naomel), maison commune des hommes, dont l'accès est interdit aux femmes et aux jeunes garçons non initiés, manifeste

l'existence, et la cohésion politique du groupe local, dont l'unité est symbolisée par la place de danse (nahalroy), et reproduit ses divisions

sociales, La disposition, l'usage et l'aménagement du gamal se conforme sur le plan spatial, sFbolique et rituel à la structure hiérarchique du sukwe qu'il matérialise. Cf. Annexe II plan d'un gamal,Cf. RIVERS

1914.

Chaque groupe local est sous l'autorité d'un tawusmele (e'fWusme1) que Codrington suivant en cela la pensée indigène, définit comme "l*homme le plus riche, le plus gradé, le plus influent" Cf. Codrington

1891.

et dont la traduction littiérale**l*homme qui a tué pour le mwele U ( T )V rappelle la conjonction entre le masculin, le politique et le sacré, et l'opposition fondamentale :

masculin . .

sacré politiqus-c"

/.A' pr:z

matrimonial

dont le cochon et. la monnaie (nesem) représentent les terme6 médiateurs puisqu'ils sont fabriqués par les, femmes pour être utilisés par les hommes, que leur consommation transforme :

1 - Pour la monnaie, le statut matrimonial en puissance politique

(11)

-9-

2- Pour le cochon : le profane en sacré puisqu'un homme qui n'aurait point tué de cochon ne saurait rejoindre le monde des esprits après sa mort. Condamné à errer perpétuellement il devient la source d'une puissance maléfique.

Selon la conjoncture politique et leur structure démographique, les groupes locaux subissent des processus de fusion et de segmentation.

Les observateurs ont fréquemment noté aux îles Banks, le peu de perma- nence, quant aleur localisationides groupes résidentiels et la fréquen- ce de la redistribution spatiale des groupes.sociauxice qui ost large- ment confirmé par les traditions familiales3malgré une toponymie stricte et un système de tenure foncière relativement rigide (Cf, VIZNm

1969),

A titre d'exemple on peut relater le processus, relativement récent de fusion/segmentation à l'origine du village actuel de Nerenigmen et du hameau de Woveth.

TABLIEAIJ No 2

Situation d'origine Situation actuelle

I- Gamal de Lowon 1 - Village de Nerenigmen

2- Gamal de Atkwutgamal 2- Hemeau de Woveth

39

Gamal de Pweremagde

3

- Village de Pweremagdc

Les deux gamals de Lowon et d*Aekutgamal ont fusionné sous l'action de Remon Menewan, originaire de Vanua Lava mais devenu par son mariage, leader incontesté du gamal de Lowon. Les deux gamals étaient étroitement apparentés sur le plan politique, comme sur le plan matri- monial. Comme le montre le schéma simplifié des rei.$ions g&iCnlogiques

(cf annexe III relations généalogiques et passation de l'autorité), le réseau des relations de parenté, essentiellemont fondé sur des rela- tions d'alliance, était dense et équilibré, La fusion fut en partie pro- voquée par un dés&uilibre sur le plan politique puisque l'autorité de Menewan a débordé sur le gamal d*Akwutgamal. La relation d'alliance entre les deux gamals s'est transformée en une relation de client43le : la domination de Lowon sur Akwutgamal. Cette passation de l?autorité a entraîné la fission d'une des lignées du gamal d*Akutgam& Le hameau

.a. / . . .

(12)

- 10.

de Woveth s'est formé à partir de cette lignée et sur la base d’une politique d'alliance matrimoniale avec le gamal de Pweremagde. Situé à égale distance - sociale et physique - des villages de Nerenigmen et de Pwerew#e, le hameau de Wovethprésente ,actuellement la structure d'un quasi-patrilignage. (Cf. pour définition : PIENmE 1969) et continue à équilibrer ses relations sociales entre Nerenigmen et Pweremagde.

Bien que l'émergence (aux.environs de 1940) d'un principe vil- lageois quand à l'organisation de l'espace (Cf. v~~mof~ 1969) et la tendance corrélative au regroupement et à la concentration de l'habitat, rendent aujourd'hui difficile, voire impossible, d!effectuer l'analyse statistique de la dynamique de ces groupes locaux et d'en préciser plus avant la nature - tout au moins pour l*ile de Motlav ; il est cependant possible

d'apporter quelques précisions sur ce point qui a fait l'objet de nombreuses controverses.

Symbolisé par le gamal et la place de danse (nahalroy), dénommé en fonction de la toponymie, l'habitat dans l'archipel des Ban3s est gén&

ralement dispersé, Le groupe local ainsi constitué est le groupe social le plus large possédant une unité politique permanente. En son sein les conflits ne sauraient se régler par la guerre sans mettre en jeu son exis- tence mÉme. Les querelles sont réglées par l'intermédiaire d'un leader et donnent lieu à une coercition et à un jeu complexe de compensationBmoné- taire?

Le regroupement de la population en unitécvillageoiseset la soumis- sion à une a&oritC extérieure (religieuse, administrative), a fait subir d?importantes transformations à cette forme de llimplantation humaine, d'autant que s'est maintenue une continuité formelle, puisdue la mutation du groupe local en communauté villageoise a préservé. le modèle concentrique selon lequel est pensée l'organisation spatiale et l*habitat,,cc que laisse apparaître la comparaison exprimée par le tableau ci-dessous :

(13)

TABLEIIUNO

3

- 11 -

1 -VANUA

Catogories spatiales Groupe local ancien I- Place de danse

(nahalroy) 2- Maisons des

hommes (nagamal)

39

Site des maisons familiales (tan0 ima)

II - UTAG

4

- Jardins

III - MWOT

5

- Brousse (mwet)

Village actuel 1 - L'église

(church house) 2- Maisons de réunion

(meeting house, kitchen)

3-

Site des maisons familiales

4

- Jardins

5

- Brousse

N.B. La progression des numéros correspond a un déplacement du centre vers la périphérie,

Présente dans toutes les communautés des îles Ba&s, cette tendance à la concentration de l'habitat, entraîne surle plan ecologique, une rupture de la continuité spatiale entre le vanua et l'utag, ~ons6cutive de&.trazis- formations sociales et économiques, permise par l'état de paix, (Cf.VIEXiRE

1969 >

l

Elle se conjoint à une transformation des rapports de propriété, qui relativement à l'espace,

/ lient entre eux les individtis et les groupes.

Nous avons développé ce point par ailleurs (Cf. VIIWBE 1969) notons cependant que anciennement, le vanua était une catégorie spatiale soumise à appro- priation individuelle, alors qu'aujourd'hui elle est considérée comme sspace collectif, ce qui facilite d'ailleurs le regroupement de l'habitat, en per- mettant à un individu de s'installer dans l'espace villngeois sans relation foncière praable. La gamal était traditionnelcment implante sur un terrain appartenant à celui qui l%difiait et en était généralement le leader.

..‘ / .s.

(14)

Un tawusmele était d'ailleurs enterré dans cet espace, où la plantation

d'un bouquet de cycas (mwele) perpétuait le souvenir de son prestige (mana).

Le tano ima était de même propriété du chef de famille et se transmettait comme tel. La rivalite politique, la segmentation et la fusion des groupes locaux s'appuyaier%ur le jeu des tractations foncières, alors qu'il tend aujourd'hui à s'en dissocier.

Le degré de généralisation du principe d'organisation villageoise est cependant extrêmement variable d'une île @ l'autre, d'autant plus marquée que le dynamique économique et social de la communautO est important% A titre d'exemple, de ce point de vue, on peut comparer les îles de Mota et . de Motlav, par ailleurs identiques du point de vue culturel et écologique :

TABLEAU No

4

Mota Motlav

VIRERAU 52

TASMATE 28

TAPINA ‘5

LONOTKWE 33

NAPKWOE 31

TANOSIKAN 10

LOGORO 8

TIKWETAP 30

LOTAHAN 55

LOKWARANA 7

NXRENIGMFN 192

TOTOTLAG 163

VAR 168

RA 124

PWEREMAGDE 129

WOVETH 7

VALUMA 38

Total : 269 habitants moyenne/vill,age : 2'7 habitants Répartition : dispersée

816 habitants Moyenne village / : 115 habitants Répartition : concentrée

Pour l'ensemble des îles de l'archipel on obtient le tableau suivant :

. . . / l . .

(15)

- 13 - Ile

MOTLAV 816 '15 192/7

MOTA 269 27 55/7

VANUALAVA 747 41 24214

UREPARAPARA 149 37 5914

GAUA 432 24 6813

MEELAVA 812 162 248/73

MERIG 56 56 56/56

Moyenne par villape moyenne max/minimum

nombre de villages Supérieur à la moyenne

nombre de villapes Inférieur à la moyenne

2 4 13 2 11 2 0

On peut représenter le phénomène au niveau de l'archipel en exprimant sous forme graphique :

1 - La répartition des villages selon leur taille

2 - La répartition de la population selon la taille des villages (classés en ordre décroissant). (Cf. annexe IV et V -Bar&s- répartition des villages en fonction du nombre d'habitants Banks:répartition résidentielle de la population).

La conjonction des deux principes (résidentiel et villageois), apparaît nette- ment ainsi que leur plus ou moins grande dominante relative, qui permet d'opposer le groupe Merelava - Motlav - Ureparpara au groupe Vanua lava - Mota - Gaua. Cette dis- parité semble ôtre plus ou moins corrélative de la densité relative des Tles, c'est-à- dire de la relation entre la population et l'espace utilisable.

Bien que sa composition soit exprimable statistiquement & w r8mBm en terme de relations de parenté, le groupe local ne constitue pas sur ce plan une unité permanente de la structure sociale et ne saurait, à notre sens être assimilé à un groupe local de parenté (local descent group) comme c'est le cas à Raga et à Hwaevo (8).

Sa réalité de "corporate group "'tient essentiellement à ses fonctions politiques,

Cependant du fait que les relations parentales sont un chemin pour les relations d'al- légeance, les groupes résidentiels dans l'archipel des Banks ont souvent l'apparence de groupesde parenté, bien que ni la règle d'appartenance ni la transmission de la aualité . de membre ne puissent être définies de manière cohérente et homogène dans le language de

la parent6.

. . . / l *.

(16)

-

14

-

I,s population de l'archipel est divisde en moitiés matrilinéaires exogamse dispersbrr) w~p ddnch~~$;~ontrairement au sud Muaevo CIU nord Peatec8te ef b l'lost Aoba (l@"%*obuurve peu aux l!&u de clana mtrllin6a&eu die- pers&. Cependsnt Codrington et Rivers ont nofe lVexistenoe de divisions

plus petites dénommées et désignées du meme terme générique (veve) que les .Y moitiés et qu'ils ont de ce fait interprét&?scomme des local desoent group Ces.gr&pes ne sauraient à notre sens être assimilés à des clans ou des lignages matrilinéaires ( ). D'une part leur dénomination est d'ordre toponymique et corrèle plus ou moins étroitement avec des habitats précis.

D'autre part l'appartennance à un tel groupe n'est pas généralement définie et peut varier. En fin ces groupes ne sont pas exogames et il

n’y

a pas de prohibition de mariage intra-groupe, Sur cette question nos observations sont en accord avec la remarque de M. ALLE3 (Cf.) ..V 1 have little doubt that the social unit referred to by these authors are local groups in which descent, espeoially in the female line is the usual but by no means, the sole crit&

rion of membership". Cette variante de la structure du oupe local, qui n'est d'ailleurs pas générale à l'ensemble de l'archipe h

1%

ti mble oorréler avec une préférence pour une modalité avunculocale dans le choix de la rési- dence post-matrimoniale, elle-&me plus ou moins dépendante d'une inflexion matrilinéaire dans la transmission des droits fonciers. Potentiellement le syst&E de parenté laisse peser une indétermination sur le critère de rési- dencejqui selon les groupes inventoriés s'exprime par une variabilité statis- tique entre t

- patrivirilooalité 40% à 60 %

- avunculooalité 25% à 5%

w patriuxorilooalité 95s à

20

k

w néolooalité 10% à 15 % (12)

Ces diverses modalités des choix résidentiels sont déterminées par des variables extérieures à la parenté comme par exemple :

- la disponibilité en ressources foncières

- l'importance démographique du groupe auquel on se rattache - la sécurité

- J.'ambition sociale manifestée...

. . . / . . .

(17)

Ainsi du fait du caractère optionnel de la résidence, les groupes locaux, d'autant qu'ils sont de faible importance démographique, peuvent presentar une structure apparentc,mais non homogène,de quasi-groupes de parenté, meitri-lignages ou patri-lignages, (surtout s'ils sont à l'origine formes par la scission d'un groupe de germains). La solidarito politique du groupe residenticl devient coextensive de la solidarité parentale.

Si le groupe local de par sa nature ct sa composition est en fait d'ordre politique, il est conceptualise quand à sa génése et son organisation dans le champ de la parente (Cf, annexe Banks - Formation -sa et structure des groupes sociaux). Il est pense comme provenant de la descendance de deux grou- pes de germains (sogoi) liés par une relation d'alliance originelle (ignig).

Du fait que la relation de sogoi se reproduit à la gén&ation suivante par filiation matrilinoaire - sogoi se définit d'ailleurs comme enfant d'une même mère -) les descendants de chaque groupe de germains seront tantôt sogoi,

tantôt(naba~~ +) Tavaln ima (natvale em).

Si 1'identiPé des groupes originels est maintenue, elle est intégréo dans le champ des relations d.o consanguinité. >Là:.relati&n d'alliance ,eytetin&

devient une relation interne qui en partageant les collatéraux, règle les

rapports entre les hommes et les femmes au sein du groupe. Tout se passe comme si&pposition originelle à chaque génération était,par l'échange permanent et réciproque des descendants, nicisau profit de la cohésion parentale qui fonde l'identité et la permanence de l'ordre social. L'esquisse de cette analyse ; permet de mieux comprendre les faits apparemment contradictoires observés sur le plan terminologique (Cf, Codrington et Rivers). Ld terme veve (vev) qui signifie : division, famille, mère est parfois utilisé pour désigner le groupe local dans sa totalitg organique, de plus sous sa forme pluriel Ra vew il désigne l'l'ensemble des mères du village". Inversement, ignig,qui désigne le conjoint (H ou F parlant) 5 le sens de : membres de mon corps, partie compc- sante d'un tout organique4 ainsi par une étonnante inversion, la partie (c'est à-dire les alliés) est d6signée d'un terme qui implique la totalité, alors que le tout (cést-à-dire les parents) est désigné d'un terme qui implique la divi- sion. Si le groupe local du point de vue de sa structure est pensé dans le champ des relations d'alliance, du point de vue de son idcntite, il est pensé dans le champ des relations de consanguinité.

Si dans le domaine de la parenté, nous prolongeons quelque peu dans ses conséquences, le rapport dc consanguinité que la culture des Banks pose

. . . / . . .

(18)

c

entre l'alliance et la filiation pour penser la naissance d'un groupe homo- gèhe à partir de deux groupes opposés, c'est-à-dire la continuité à partir de la discontinuité, nous restituons comme seule règle prescriptive de mariage logiquement possible (sur le plan du modèle s'entend) le mariage avec la femme du frère de la mère, fondement de nombreuses controverses sur le système de Mota (Cf. NEEDRAM et KIZESING entre au&). Si ce mariage est effectivement attesté dans l'idéologie et même dans l'ethnographie des Bat&s (Cf. RIVERS 1914), il est en fait très exceptionnel et les généalogies que nous avons recueillies ne le confirment pas dans son statut de règle matri- moniale.

Il relève du point de vue de la pratique sociale d'une conséquence conjoncturelle de l'organisation politique : les hommes de la génération du père tendant à monopoliser à leur profit, les femmes. La société étant pol#g;g$, lesprestations de l'oncle maternel au neveu portant sur une femme pouvait;dsns certaines situations devenir relativement fréquent&$du fait de l'étroitesse de la relation (Cf. RIVES). Quoi qu'il en soit le mariage avec la femme du frère de la mère est congruent avec notre analyse de la formation et de la structure des groupes, puisque l'homogénéité théorique

.

souhaitée du groupe des collatéraux se trouve ainsi &Ais&, ~b effet mes enfants, les enfants du frère de ma mère et les enfants de la soeur de mon père se trouvent alors appartenir à la même génération et s'identifient par le jeu des équations terminologiques :

9 - mateima = Wi Si = MoBoWi d'où Ch = I!1oBoCh 2- maraui = MoBo = &,S,iRu d'où MoBoCh = FaSiCh d'où l'on peut déduire :

MoBoCh = FaSiCh = Ch

ce qui est évidemment contradictoire avec la terminologie.

Cette logique est nécessairement contredite par les faits de terminologie, puissqu,ellc impliquerait que je me marie en fait avec une soeur de mon père ~OU le père) ce qui aboutirait à nier toute possibilité d'alliance entre les groupes.

La culture des Banks a pris soin d'éloigner au maximum cette

possibilite inhérente à sa structure. D'abord sur le plan terminologique en opposant les collatéraux par le critère de la génération. L'opposition

. . . / l . .

(19)

- 17 -

de deux groupes alliés, devient une opposition de genération dans un groupe homogène. On peut d'ailleurs noter ici que ce renversement de perspective.

entre la filiation ct la collaté$alité préserve l'homogénéité des cousins croisés tout en les distinguant au maximum, puisque separés par l'écart de deux génbrations ils se situent les uns vi&&vis des autres dans une relation de grands parents petits fils désignés par le terme rkiproque de tupui ou bom- bo sans distinction de collatéralité (Cf. annexe système de parenté). Ensuite sur le plan sociologique où le code des attitude s réciproques entre la tante paternelle et le neveu instaure une distance statutaire maximale :

l- La relation est assimilée à une relation nongradé@/ haut gradée 2- Elle est conjointe symboliquement à l'opposition profane/sacré 3 - Elle est vécue comme un rapport d*initié/non initié. C'est la soeur du père qui introduit le neveu à la vie, à la hiérarchie des grades ; elle veille sur sa nourriture, sa richesse et sa renommée, (Cf. RIVERS 1914 PI? 38-39).

En faisant l'hypothèse de la nature politique de groupes sociaux conceptualisés dans le champ de la parenté nous pensons qu'il est possible d'éclairer certains aspects contradictoires@ controversés) de l'organisation sociale traditionnelle des îles Bar&s,

En dernière analyse, dans la pensée indigène, (mythe cité ci- dessous) le groupe local, désigné génériquement pcar le terme segmentaire dc Vanua (Cf. VIENNE 1969) est quant à sa structure équivalent à la société globale, puisqu'il reproduit l'intermariage des deux moitiés, mais s'en différencie sur le plan fonctionnel puisque la reproduction sociale introduit nécessairement du fait de l'unifiliation, un dés&uilibre / temporaire - sociologique et démographique - qui ne pourrait se résoudre que par l'identité du groupe local et de la société gl&bal+ de la partie et du tout, ce à quoi tend d'ailleurs la rationalisation idéologique indigène ( Cf. mythe cité ci-dessous). Sur le plan théorique du modèle la société se pense comme cons- tituée de deux moitiés féminines qui échangent des hommes, alors que sur le plan de la pratique sociale se sont en fait deux groupes d*hommes qui échangent des femmes. Cette inversion (Cf. annexe VI) entre le plan du modèle et celui de la réalité dont nous faisons l'hypothèse est d'ailleurs explicitement exprimée par le mythe où c'est un homme qui traverse le Gamal et change de groupe.

. . . / . . .

(20)

Bile restitue symboliquement la continuite de la filiation "A Mota on dit que les gens des deux moitiés ont des caractères différents. Les uns ont la réputation d'être ignorants et inconséquents, se querellent toujours et incapables de gérer correctement leurs affaires, tandis que les autres sont instruits des choses de la société et vivent en paix l'un avec l'autre

capables de se gouverner eux-mêmes et de gouverner les autres.Dans les temps anciens les membres des deux moitiés se harssaient les uns les autres, On raconte qu'il y avait un très grand Gamal dont une extrêmité Btait habitée par les membres d'uneboitid et l'autre extrêmité était habitée par les membres de l'autre moitié, Parfois un homme changeait de division en passant Ot'une extrêmité à l'autre, et se faisant changeait de caractère. Il devenait un membre paisible de la société et inversement, bien que cela soit plus rare puisqu'il courrait le risque d'être tué"*

"Les membres des deux moitiés SC désignent les uns les autres comme l'autre côté de la maison (natvale em)= On raconte que la première femme/

un coquillage hgastropode du genre cypraea) qui avait été transformé en femmejfit venir les hommes à elle et les divisa entre ses mcris et ses frères, ce qui est à l'origine de l'ordre actuel".

A cette discontinuité do l'ordre social, s'oppose une continuité de l'ordre politique qu'exprime la structure hiérarchique du s%kwe, qui soumet la disparité naturelle des groupes, à leur unité culturelle, et marque la place exacte de la localité. En effet :

1 - L'institution est générale

2 - Dans tous les gamals, quelque soit l'île ou le district,on reste sen& du ~a&> que l'on a atteint, des privilèges et des interdits qu$ y sont conjoints.

3 - Plus on s'élève dans le sukwe, plus le niveau de participation à la c&+nonie s'élargit, Familiale pour les grades les plus bas, elle devient villageoise , puis concerna la totalité des groupes et des îles pour les grades les plus élevés. Ce que traduit non seulement le discours sur le sukwe mais le champ social des prestations monétaires.

De ce fait, si la cohésion du groupe local%?ses caractéristiques : taille, permanence etc...) est fondamentalement d'ordre politique elle prend effet d'une part par le jeu des obligations et de la solidarité parentale en fonction de relations de filiation et d*alli&ncsb réelles ou fictives,

*.. / .*.

(21)

d'autre part par la balance des obligations (crédit et dette) en monnaie et cochons qui résultent du jeu des prises de grades. Par opposition, la segmentation des groupes locaux est consécutive des effets de la compétition politique se jouant au sein du groupe de corkidents et non de la composition d'unités segmentaires intégrées dans un système lignager ou paralignager, comme c'est peut-être le cas dans d'autres cultures mélanosiennes.

En matière de guerre, de paix, de r6glement des compensations pour tnm,eurtre, d'alliance... dans les relations inter-groupes, le tawusmele est le porte-ptiole du groupe sur lequel il a autorité. C'est par son inter merflaire que s'effectuent toutes les négociations, Au sein du groupe sa possibilite de coorciction est faible et son pouvoir peut-être facilement remis en question, Il repose sur l'adhésion volontaire et le consensus dc ses clients tout autant que sur la puissanco"Qconomiquee" qu'il détient sur eux.

(22)

.- 20 -

L'ORGANISATION POLITIQUE A LA PERIODE PRE-COLONIALE

Dans son article "Pour une ktude des Ochanges cérémoniels en MBlan&ie" De COPPES? rappelant le caractère spécifique des faits

POlitiClUeS

de MBlanésie, notait "la difficultd de rendre compte des divers systèmes de pouvoir qu'on y rencontre". Les descriptions de la quête du pouvoir, de son exercice, de sa dissolution ont peine à montrer une pleine cohérence ou bien privilégient le jeu des relations qui peuvent exister entre idéologie ordonnee et pratique anarchique (Cf. DE COPPET 1968). Si cette opposition entre l'ordre et l'anarchie, l'id0ologie et la pratique n'existe pour les sociétés des.Salomons que d'un point de vue extérieur (celui de l'observa- teur) puisqu'elle semble se résoudre dans l'équilibre et la permanenoo de la structure des échanges cérémoniels (Cf, DE COPPET OP cité), elle est interne à la structure des sociét6s des îles Banks - et des Hébrides du Nord en général-où elle constitue d'ailleurs un thème central du discours politique et mythologique. Le &éveloppement de cette comparaison s'kartc de notre projet initial, aussi nous bornerons nous à en prendre note en esquissant à titre hypothétique, l'axe selon lequel, à notre sens' se développe cette

opposition qui marque tout à la fois l*homog&éité des structures politiques m6lanésiennes, puisqu'elles pourraient au terme de l'analyse se déduire les unes des autres, et leurspécificité propre, wwz puisque l'une est égalitaire dans son principe, l'autre hiérarchique.bien que toutes les deux soient compétitives quant $ l'acquisition et l'exercice du pouvoir :

1 - Cyoles d'échanges : . 2- Structure de l*Qc&ange :

3 - Groupes ethniques :

4 - Territorialité : I 5 - Relation à l'éoologie :

6 - Relation foncière :

7 - Relations d'échange :

*

SALOMONS continus généralisée déncda permanente culturelle

généalogiquement structurée

collective à usage individuel

structureiles

BARKS discontinus restreiate

non dbnomcn6s' non permanente konomique politiquement structurée

individuelle à usage collectif

conjoncturelles

..* / e..

(23)

Ainsi l'intégration des relations intergroupes sous le modale de

%ycles dl&hanges cérémonielsff organisés par la logique de la réciprooit6, possible pour les soci&t& Salomonaises, devient inopérante pour les sociétt%

HQbridaises en question. Dans le premier cas la r&iprooit6 est inhérente B la structure de la relation, puisqu'elle en constitue la règle maintenant - et maintenue par - la continuité des cycles, alorsq%ns le second lléoh~

est prospectif et relève dlun&oix conjoncturel, donc asymétrique qua&& la.

réciprooit6, Ce déséquilibge, empiriquement attest6 dans toutes les transat- tions (Cf. HIVERS 1914, CODINGTON) est résolu par un&s&quilibre inverse, celui qui intervient sur le plan sociologique dans le statut des partenaires de l'itchange. La hiérarchie des grades (Sukwe) qui en est la forme institu- tionnelle, fait plus que de rétablir un équilibre, qui resterait enlout Ota% de cause symbolique, elle rétablit la conti@uité des relations et par là garantit leur reoiprocit6, puisqu'elle en délimite l'extension -

spatiale et sociologique - et qu'elle

en

garantit la permanence :

1

- Elle est quant à son organisation& son principe indépendante des clivages sociaux, politiques, géographiques ou autres...

2 - Elle n'est fonctionnelle que relativement B llensemble des groupes en relation d'échange8 (matrimoniaux, économiques, c&émoniels...)

Ainsi l'organisation politique traditionnelle - du moins te ki k*i.l est possible de l'appréhender aujourd'hui - en oombkant une oompétition démocratique informelle et un système de statuts hiérarchisés plus ou moins rigide,(le Sukwe) se présente pour l'observateur sous une forme en apparence logiquement contradictoire. Cette difficulté n'a pas manqué d'apparaPtre aux premiers observateurs .

C'est à l'examen des rapports entre le-principe hiérarchiqaT.,& le principe compétitif, qui fondent la ldgitimité du pouvoir des T&&el, que

nous

consacrerons les développements

Le s&we (nosmkw en langue Danks par une institution propre aux sa forme& sa denomination

selon les

qui suivent.

de Motlav), est la forme prise aux

Hébrides du Nord, et qui varie dans

îles : le système des grades. On peut

le décrire comme une hidrarchie de statuts, euxquels correspondent' : ' . . ;

(24)

des titres, des interdits et des privilèges, constituée en échelle ordinale, telle que l'accès B un titre implique n6cessairement la détention du titre qui le précède. Chaque grade est symbolisé socialement par la commensalit6 de ses membres autour d'un feu (av).

C'est aux Ba&s que l'institution de la hiérarchie des grades a haut

atteint son plus degr6 de développement. A l'exception peut-être de certains districts de Gaua, on y compte de il à

15

grades en moyennet auxquels sont associés des titres, un cérémonial, des emblèmes, des privilèges et des interdits, relativement homogènes d'une île à; l'autre.

L'organisation hiérarchique du Sukwe se manifeste sur le plan social et SO trouve symbolisé sur le plan spatial par la division corréla- tive de l'espace dhGama1. Intérieurement le Gamal est divisé en un certain nombre de compartiments, souvent séparés par des clcisons en roseau (Tingting- giav), s'opposant les uns aux autres, par une liaison terme à terme à une division ou un rang du sukwe. Chaque compartiment possédant un foyer oiI la nourriture des hommes est préparée dans toutes les occasions importantes de la vie sociale, la règle qui associe l'espace à l'organisation sociale est celle de l'interdit alimentaire qui veut qu'un homme ne puisse manger à un feu associ8 & un grade qu'il ne possède pas. Cet interdit est très strict puisqu'il s'applique même au transfert de la nourriture elle-même : ainsi un cochon cuit à un niveau de la hiérarchie ne pourra être consommé à un niveau inférieur m8me hors du Hamal (informateur Motlav) sauf dans certains contextes rituels et cérémoniels bien précis (Cf. CODRIHGTON ~105). Ainsi du fait de cette liaison, dans chaque village les divisions varient en nombre tenant compte du fait qu'en de nombreux lieux personne n'a atteint les plus hauts rangs de l'organisation. La taille d'un gamal dans un village ddpend largement du nombre de rangs du Sukwe auxquels appartiennent les membres de ce village (Cf. RIVERS

1914).

Il en résulte que le maintien de la structure dans ses termes repose en partie sur la mémoire du groupe, sur la densité de ses communications, sur son évolution démographique et sa dynamique sociale et politique. En un mot l'organisation du Sukwe est sou- mise à l'évolution conjoncturelle, bien que ce faisant elle préserve sa structure clest-à.-dire la position relative des termes, même si

la

position de ces termes varie quand à leur niveau effectif dans la hiérarchie.

*.. / .e.

(25)

- 23 -

L'une des structures les plus développées quant au nombre de ces termes est celle relevée par CODRINGTON à Mota peu de temps après la période de contact.

Or d'après les évaluations démographiques des premiers voyageurstMota, pr%

sentait l'une des densités les plus élevéade l'archipel : sa population étant évaluée à 2.000 personnes pour une surface de 9,5 km2. Le tableau qui présente l'bvolution pour l'île de Mota et les listes comparées pour d’autres dbtricts, permet de présumer à juste titre de cette relation.

(26)

TABLEAU -24*-

1 1

! ‘Ml’ta

P

! ?

1 : CODRINGTON 1891 ; RIVERS 1914 ;

t (NeFZ~en) I

Motlav

(Valcwa) t Gaua 1 !

v?EmE 1969 ! VIB~ 1969 T-IENNE 1969 ; CODXNGTOM 4-7

i (2Zna) i

1 UJ 1 VIENNE 1969 i

1 --L 1 .--ma---! -1 IL-.p.-. 1 -v m.--LC.LI 1 CU--.-L- -w-w ! m--r- -!

! 1 1 1 1 1 1

1 Rurwon ! ! i ! ! 1 1

1 -u--v --

*AZig

l ----. 1 œ--Ma--!-- -!-% ! .--mn.--- 1 , -,m.---.f~

! Avrig ! ! Nepyig ! Ncpyig ! ! !

1 -UI----* I ! -- -1 ! -!-.m-.uL !* L- !

1 Qat Tagiav ! Kwatagiav ! Kwatagiav ! Nakwategep ! Kwatarep ! 1 1

1 -w-e ! -m-I- ! ? .- s -li* 1 !

S Avtagatago ! Avtagataga ! Avtagataga ! Neptagtag 1: Neptagtw ! ! 1

1

ILuwaiav

I- ! 1 ! ! ? -!

1 Luwaiav 1 Luwaiav ! Nuluwep I Molovep f 1 1

1 -- 1 -1

i-T;lamatsiria

! ! 1 -- -1 -. 1

! Tamasuria 1 Tamatsiria ! Natmotsiyeg ! Tamesiyeg 1 ! 1

s -. 1 -. 1 ! s * 1 .- 1

-1 Tavasuqe

1 Tavatsukwe ? Tavatsukwe 1 Natwosukw i Tavasukw ! ! 1

1 -1 !- f !- I- t .- 1.

1 Tavasyqelava ! Tavatsukwelava ! Tavatsukwelava

! Natwosukwlap

! Tavasukwlap ! r !

1 ! 1 1 ! 1 1 f

f Eerepue ! Kedepue ! f NatkOembh ! Kerepwe 1 1

1 ! Keyembwo

1 1 1 1 -- 1 ! 1

!Mwele ! Mwele

f Mwele ! Nemwel 1 Negmwel 1 Mwele 1 Mwele 1

! ! ! !

ITetug 1 Tetug ! !

l- ! t 1

1 Lano 1: Lano 1 Lano S Nalan

lb-4

! 1

! Poroporolava f Kworokworolava ! 1

! -

!

1

1

!

f

! !

i- ! Tutug 1

1 1 1

! Lano ! 1

! !

S Qoroqorolava ! Kwolkwolap i

(27)

- 2??-

i Wometeloa ! Nometeloa 1 Wometelo ! Womtelo I Wourtelo ! Wometeloa 1 Womtelo I

1

f I 1 ! i ? 1

t Welgan ¶ 1 1 1 Welan

1 Kwelgan 1 Kwelga 1

1 !

f Wesukut 1 i i

! ! ! 1

s 1 1 woto 1

! 1 !

f f- ! !

f

1 Wetaur 0 meligo 1 1 f Ii' 1 Wotauhxnelik 1 Wotautumde 1.

1 !

i 1 ?

I r 1

1 Tiqangwono 1 1 1 1

! !

f 4 ? -1

t

i ! i

i 1 Wetuka - -' 1 !

! r i r ! !

..* / .e.

(28)

Les informations que nous avons recueillies, jusqu'à present ne nous ont malheureusement pas permis de mettre en relation cette discordance que l'on peut constater d'après le tableau ci-dessus avec des caraotéristi- ques propres à chaque sous-Cultureo En fait, si l'ordre des termes du Sukwe prkente une congruence et une permanence certaine, Sieur développement quan- titatif est cxtrêmememt variable, non seulement d'une fle à l'autre, mais dans la même île, ce que rend apparent, dans le tableau, la confrontation des listes donnees par Codrington et par Rivers, qui ne sont pourtant sépa- r&s que par une génération. Nous faisons l'hypothèse, que cette variation relève de la dynamique des conjonctures démographiques et politiques et qu'ainsi les termes de la hiérarchie auraieti tendance à se regrouper - c*est-à-dire pour certains à disparaître - ou à se dédoubler selon la taille des groupes locaux et la densité et l'extension dos réseaux de relations intergroupes. Il est possible de vérifier par exemple :

1 - L'identitQ sémantique, voire morphologique de termes consécutifs dans les hiérarc&ies hautement développées.

2 - L'identité des titres conjoints à des grades consécutifs et de ce fait différenciéo.

3

- La position des titres disparus : soit à l'extrémit6 infdrieure soit à l'extrémité supérieure soit à un niveau médian de l'échelle.

4

- La rationalité indigène en la matière, qui attachant une extrè- me importance à l'ordre des grades, fait peu CM de leur nombre exact, et des différences cons-ta-tables entre les groupes de ce point de vue. Ce souci de la structure hiérarchique des termes et le peu d'importance accordée aux termzfdeux-mêmes que nous avons observé lors de nos enquêtes, avait d'ailleurs déjà

noté

par Codrington et Rivers.

La montée dans le Sukwe se fait en principe grade après grade.

Cependant Codringkon et Rivers ont note - et-ceci nous a été confirmé - que certains grades,.notamment les tous premiers; étaien-@loqués ensemble, et paJrés au cours d'une seule cérémonie. De même il était possible, eyant acquis

le tout premier grade, de prendre directement un grade de rang supérieur,

"mais les conditions requises sont telles, qu'il était pratiquement impossi- ble à un homme qu conque de les rempli9. f

l go / . . .

(29)

Cette possibilité tient à l'équivalence structurelle des cérémonies de prises de grades, dont la fonction est de rendre manifeste% les différences de statuts sur les plans social politique et religieux. Dans cette éventua- lit6 tout se passe comme si le candidat "payait" en une seule cérémonie tous les rangs infdrieurs qu'il ne dé8ient pas, oc qui preserve la logique du principe hiérarchique.

La première initiation peut prendre place & n'importe quel âge.

Elle était souvent accomplie pendant la toute première enfance. Elle cons- titue le passage du monde des hommes au monde des femmes. Elle fonde en opposition sur le plan social - masculin/féminin - la distinction bioBo- gique des sexes, ce qu'exprime le rituel puisque l'initié e& prdparé et amené par les femmes (notamment la soeur du père), pour Étre transfér6 aux hommes, car donéravant il mangera dans le gamal. Le cérémonie1 initiatoire était dans ce cas accompli par personne interposée, par l'introducteur lui-même (souvent. le père ou le frère de la mère). Ainsi comme le note Codrington p 103 : "la grande maj r o ité des indigènes, ne d6passe jamais le milieu de la hiérarchie, beaucoup n'y parviennent pas, bien que presque tous,

car

les exceptions sont très rares,

sont

introduits dans la sociéte du sukwe lorsqu*ils sont encore enfanW.

Sans en donner tout le detail ethnographique pour lequel nous renvoyons à, une publication actuellement en cours de rédaction (Cf. VIENNE Op Cite à paraître),

on

peut souligner que sur le plan formel les cérémonies de prises de grade sont identiques et relativemnt indbpendantes du grade lui-môme. Si 10s détails du rituel sont variables ainsi que les quantités' sur lesquelles portent les.transforts en monnaie-cochon-nourriture etle volume des participants, l'ordonnance en est identique.

II convient cependant de nuancer ici cette affirmation d'une équivalence structurale des grades, En effet :

1 - Les bifférents grades ont une importance sociale politique et religieuse différenciée. Ainsi t.

no) -

le niveau de participation impliqUe.par la cérémonie de prise de grades est différente pour chadun d'eux, d*autant plus large que le grade a une position élevée.

. . . / . . .

(30)

- ze-

2O)

- L,accès aux grades les plus élevés est soumis au bon vouloir des hauts gradés.

30)

Certains grades ne sont en fait que le redoublement.du grade précédent. Ainsi pour Motlav les grades de Nepyig et Nakwategep d'une part, de natwosukw - natwosukwlap et de nalan-Nowombelo d'une part. Consciente dans le discours, cette particularité est parfois marquée dans le rituel.

Par exemple dans le cas présent le premier groupe n'implique céremoniellement qu'une Puerie de cochon qui peut se situer à l'un ou l'autre grade ; les grades du second qui implique.l,initiation 'ff pr%able à certaines llso~ciétés secrètes"

masculines, (13) sont souvent cérémoniellement conjoints : les emblèmes décorations et masques... formant un groupe qui peut être acquis à l'occa- sion de l'une ou de l'autre des prises de grade p le troisième qui nécessite la construction et le "kol kol" (14) oh5moniol d%n.nouveau garnal, oti

l'extension et la réfaction de l'ancien donne droit au mEme titre de Welan.

Bien que les observateurs se soient surtout attachés à la descrip tion de cette institution et notamment de ses aspects rituels et cérémoniels, prdtant généralement peu d'attention au niveau fonctionnel, nous pensons malgré la fragilité des données, pouvoir affirmer que sa fonction principale est d'ordre politique. Ainsi le Su&e constitue l'armature des relations intergroupes, voire inte~etchniques. Souple dans sa forme, il est rigide dans son principe. En intégrant dans une structure simple toutes les modali- tés relationnelles, il permetaux sociétés des îles Ba&s de transcender leur atomisme constitutif, fondé sur la morphologie spécifique des groupes locaux dont nous avons mis enrelief les principes dans la première partie de ce travail.

De ce fait les hommes importants (homme grand, homme, riche, homme puissant, homme demnommée... la terminologie indigène est riche en la

matière) se révèlent toujours être des hommes parvenus aux titres les plus dlevés de la hiérarchie, bien que le leader d'un groupe ne soit pas

nécessairement l'homme le plus gradé de ce groupe. Cette intransitivite

de la relation tient à ce que la structure du pouvoir est. en fait commandée par la conjonction et/ ou l'opposition de deux principes :

- le principe hiérarchique qui définit l'ordre social c,est-&-dire le champ et les règles du jeu social.

l .* / . . .

(31)

- 29 -

.

- le principe compétitif qui organise la pratique sociale des individus et des groupes. La légitimite, c,est-à-dire la nature reelle

du pouvoir des Tawusmwele, conceptualisé dans l'ordre du surnaturel provient de la possibilité - non seulement de droit mais de fait - de transformer, par la stratégie politique, une domination - (ou une autorité) acquise temporairement en une pssition statutaire définitivement reconnue, et réciproquement. Les intéractions effectives entre ces deux principes et la configuration empirique des structures politiques qui en découlent sont déterminées par des caractéristiques et des règles propres à la compétition sociale, mais qui tiennent de ces principes eux-mêmes. Ces règles s'cxpri- ment d'ailleurs sous la forme d'une véritable économie politique ( \6).

Si l'on oppose "hommes du communl' et "leaders" on obtient le tableau suivant fondé sur les observations empiriques :

TABLEAUB: Bttrlouts du pouvoir dans la société précoloniale

t - ! 1 Homme du Commun 1 Leader

1 (Ordre) 1 ! purepureitanun 1 moe tanun 1

f t I f 4=

f II - Hiérarchie des grades f ! + !

1 STATUT f 2 - Statut matrimonial 1 ! + f

i i1

.~

- Richesse disponible f f

f PRATIQUE ! 2- Force de travail mono- ! L ! $

f ! polisée f 1 !

! ! 3 - Sécurité dispensée

I f + 1

f 1 ? f

f I4- Maîtrise du Surnaturel f L 1 + f

f ! f 1 f

i II - Générosité I i + i

! f 2 - Prestige ! f + f

! IDEOLOGIE f 3 - Inactivité f 1 + f

1 ! 4 - Mana f f + 1

1

! f

r t _

‘I

1 1 I

,

Le signe (-I-) indique la possession de l'attribut ou une position statuaire élevée.

.*. / l . .

(32)

- 30 -

Que le Sukwe soit un ordre et non une institution ou un rituel , qu'il

relève

de la nécessité et non de

la contingence, cette

hyptohèse nous

est suggéréedu fait que :

I- La pensée indigène n'a jamais eu besoin d'en justifier l'exis- tente

(nous

limitons cette remarque aux systèmes à filiation matrilinéaire et organisation dualiste et aux sociétés qui connaissent la hiérarchie des grades comme constitutive de leur organisation), Le sukwe n'a pas été codé dans le language des mythes d'origine.

2 - Si l'on considère

son

aire de diffusion, on constate que c'est sa structure plus que sa forme qui a été empruntée. Les sociétes 1,ontadopt.é et mis en application parcequ'il dépassait les contradictions propres à leur organisation interne, (Cf. AOBA Mythe cité par BONNBMAISON

1970, cf. ALLE!N

1969).

3

- Par la mise en oeuvre de son principe hiérarchique il établit une relation d'équivalence entre les niveaux de la formation sociale

(économique, social, poktique, religieux...) en se posant comme le commun médiateur des oppositions qui les structurent, Ces oppositions (disette/

abondance, atomisme/communauté, guerre/paix, vui/tamate...) sont d'ailleurs pensées comme produit de la compétition qui est le mode de relation et d'échange propre à l'ordre de la nature alors que le sukwe en ordonnant la pratique de cette compétition définit comme hiérarchique et continu l+,ordre de la culture.

Si I*on peut poser pour mémoire le sukwe comme terme médiateur entre deux groupes qui s'opposent termes à termes, le développement de cette assertion et sa justification, ntius entraînerait sur

la

pente de la comparai-

son,

ce qui dépasse le cadre de cette présentation. (16).

Nous ne prétendrons pas de ce fait, développer toutes les confi- gurations structurales qui ordonnent la pensée, la culture et la pratique sociale des Motalaves. Tout d'abord l'explicitation de certaines relations attestéestvoirede certains traits institutionnels et rituels peu compréhen- sibles en apparence' nécessiterait un long détour par d'autres sociétés mélanésiennes. En outro plus l'on prend en considération de dimensions et dB plans sur lesquels on les développe' plus le champ de l'analyse s,6largit, non seulemont en extension mais en complexité , et de ce fait les lignes domi- nantes tendent à s'estomper.

..* / . . .

(33)

Ayant suggéré que le Sukwe qui se présente comme une institution à fonction politique sur le plan em*ique est en fait un principe d'organi- sation, nous voudrions faire apparagtre que sous cet angle il ordonne la to- talité du champ des relations sociales, véritable "cha e" de la culture !F

Motalave, et de ce fait dans une certaine mesure inépuisable à l'analyse.

Nous l'illustrerons dans les développements qui suivent en fonction des trois dimensions, quo nous

avons

plus particulièrement pri&en considération dans ce travail t

- Sur le plan de la localité où le sukwe fournit un modèle (entre autres) pour concilier l'opposition parenté/localité, structure/

conjoncture que no= avdons rencontré sous le terme de veve en cherdhant à définir

la

nature du groupe résidentiel.

- Sur le plan des transadtions économiques que nous pouvons

ordonner les unes par rapport aux autres et fonder en système, par référence à l'ordre et

la

nature des transactions impliquées par les prises de

grades.

- Sur le plan politique puisqulil permet de situer la nature du pouvoir des Tawusmwele et de poser les instances constitutives de la fopmation sociale comme un groupe de permutatipns structurées par l'op

position de deux "principes organisationnels,‘ : la Hiéaarchie et le Compéti*

tion.

On peut faire apparaître schématiquement le réseau des communica- tions qui en reliant l'ordre social *à l'ordre local, dépasse leur oppo- sition (Cf. Sufra

p $5-19).

L'examen de ce réseau, situe le Sulwe à la charnière de l'opposition, puisqu'il est le seul axe sur lequel il soit possible de replier le réseau sur lui-même et de faire coïncider la défini- tion parentale et locale de la veve. L'axe quant à ses termes se trouve construit par le cyolo : cochon - nourriture - monnaie, caractéristique du Sukwe dans le systbme des transactions (Cf, infra). Il est remarquable

d'ailleurs que les termes apparaissent dans

l*ordre

qui est le leur

dans

le schéma cérémonie1 des prises de grades. Si l'on prolongeait l'analyse

on pourrait suggérer par déduction la logique qui permet aux Motalaves de penser

la

socibté globale selon le modèle par lequel ils pensent leur organisation locale.

. . . / . . .

(34)

- 32 -

. c

.

En effet l'axe cochon - nourriture - monnaie est le seul qui soit ouvert.

Sa fermeture implique que le réseau se développe non plus sur un plan mais dans l'espace qui en supperposant les termes maintient la structure au moins dans la partie supérieure, du graphique,c'està-dire sur le plan conceptuel.

STRUCTURF SOCIAm

STRUCTURE LOCALE 10

\

11 . . .

tavale ima ,. ogoi / l2 \Veve/lZ

Pour éclaircir le schéma nous avons donné un numéro aux relations entre les termes. Elles ont été construites à partir des observations ethnc- graphiques dont nous donnons ici le code :

I- La veve est partagée selon la pensée indigène en frères ct pèro. Cf. mythe dloriginc in CODRINGTON

1891,

VIENNE

1969.

c

. . . / . . .

Figure

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Références

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