NIEUL d’ANTAN EN LIMOUSIN

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Texte intégral

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NIEUL d’ANTAN EN LIMOUSIN

Témoignages de nos jeunes années 1930…à 1950…

A l’intention de nos enfants et petits enfants Brochure réalisée par le Club des retraités de Nieul :

Les Cœurs Joyeux.

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Préface

ourquoi ce recueil de souvenirs, si ce n’est conserver la mémoire de nos anciens avant qu’elle ne tombe dans l’oubli. Ne dit-on pas « les paroles s’envolent et les écrits restent ».

N’étant pas originaire de la région, je m’étonnais d’entendre certaines personnes âgées, parler du nombre important de débits de boisson à Nieul, de la présence de plusieurs fermes intra-muros, du château qui n’était pas intégré à la commune, de l’émetteur Radio qui n’existait pas etc…il y a de cela soixante-dix à quatre-vingts ans… !

C’est ainsi que voulant en savoir plus, j’ai pensé aller interroger les personnes parmi les plus anciennes de Nieul, mais je ne suis qu’un Nieulois d’adoption, connaissant mal la région.

En ayant parlé à notre dynamique présidente Mireille, celle-ci a tout de suite trouvé le projet intéressant et connaissant beaucoup mieux que moi les plus anciens habitants de la commune, a fourni une liste de noms de personnes âgées de soixante à plus de quatre-vingt-dix ans et s’est elle-même beaucoup investie dans la quête des souvenirs de chacun.

Il nous a fallu quelquefois transcrire sur ordinateur des textes manuscrits de nos

« témoins», d’autres fois, enregistrer le témoignage sur dictaphone avant de numériser.

D’autres, nous ont fournis, les uns d’anciennes cartes postales, d’autres des photos d’autrefois, des documents oubliés, restés dans le fond d’un tiroir.

La mise en page de la brochure a mobilisé une partie de l’équipe de rédaction de notre bulletin d’Information trimestriel ( Le BIC), en apportant tout le temps et les efforts

nécessaires à la frappe et lecture des textes, leur corrections, les avis de présentation etc…

Nous avons été agréablement surpris de l’accueil que nous ont réservé tous nos témoins oculaires, de l’enthousiasme et de la fidélité de ces anciens qui étaient ravis de collaborer avec nous.

Vous remarquerez très vite que le narrateur de cette aventure est le château de Nieul, monument emblématique de la commune, suggéré judicieusement par une de nos rédactrices, Qui donc mieux que lui, pouvait, compte tenu de son âge, nous guider dans le passé, même récent, de notre commune.

Nous n’avons pas la prétention d’avoir voulu réaliser un ouvrage de spécialiste, mais seulement un modeste petit recueil de souvenirs personnels et de recherches de documents sur la vie à Nieul, pendant quelques trente années du passé à partir de 1930, avec en particulier la transformation du centre de Nieul par l’achat du Château et de son grand parc.

Ce recueil, nous l’espérons, permettra à nos anciens de revivre les années de leur jeunesse à Nieul et pour les autres, dont votre serviteur fait partie, de mieux comprendre la vie limousine d’antan et de permettre ainsi, avec la transmission de toutes ces mémoires aux jeunes générations, de leur donner un reflet de ce qu’était la vie à Nieul des années passées.

Le Coordinateur du Projet : Louis. D

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l y a bien des lunes, que mes fondations sont enfouies dans le sol de la

commune de Nieul, cela remonte au Moyen-Age. Je suis un vieux bonhomme, né il y a bien longtemps. Dans le passé, j’ai eu des visages différents et j’ai vu vivre et mourir entre mes murs, plusieurs générations de familles qui ont fait l’histoire de la région. Depuis ma jeunesse, je suis dans un écrin de verdure où mon intimité était, jusqu’à ces dernières

années protégée par une haute muraille aujourd’hui disparue !! Je suis…je suis…

Je suis le château de Nieul, bien connu de ses habitants et des nombreux

limougeauds qui viennent souvent le week-end se promener sous les

magnifiques ombrages de mon parc et autour de mon étang. Du haut de mes tours, je domine les maisons, partout à la

ronde, ce qui me permet de voir tout ce qui se passe année après année. Afin que les plus âgés de mes compatriotes Nieulois puissent se souvenir avec moi, je vais vous conter ce que, de mes fenêtres, j’ai pu voir et entendre de leur vie des années 1930… à … 1950 et plus…, quand ils étaient jeunes et transmettre, ainsi aux nouvelles générations ce qu’était alors la vie de leurs grands-parents dans le Nieul d’autrefois….

Il y a quelquefois des redondances, voire des lacunes, dans les récits de mes amis, mais pardonnez-leur, car ils n’ont pas forcement appréhendé ou perçu tel ou tel évènement de la même façon, et surtout la mémoire n’est pas infaillible.

Mais d’abord, permettez-moi de vous présenter la commune et ses principales caractéristiques.

ieul : Chef-lieu de canton de la Hte Vienne habitants : Nieulois et Nieuloises.

Superficie : 1697 Ha Altitude 282 à 432 m.

Evolution de la population sur près d’un siècle et demi : 1876 : 801 h

1982 : 1198 h

1999 : 1350 h

2001 : 1366 h

2011 : 1620 h

La Glane traverse la commune de part en part, accompagnée par le ruisseau de la Valette.

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aintenant, retournons quelques soixante à quatre-vingts années en arrière…dans les années autour de 1930, La région étant rurale, l’agriculture présentait l’activité principale.

Mon oreille perçoit la voix calme et posée, d’André. P, de Sourue, agriculteur et éleveur de métier, qui a vécu au cours des années 30 à 50, toutes les transformations de la

profession, il nous parle de l’agriculture du début du 20 ème siècle.

’Agriculture

En 1930, Nieul était une commune rurale, essentiellement agricole. La principale production était de loin la viande bovine. Les veaux et les génisses étaient finis de type Lyon, c' est-à-dire de plus d’un an et assez lourds (plus de 350kg).

Les bœufs et les vaches de réforme, c' est-à-dire en fin de carrière, constituaient une production importante.

Quelques exploitations, produisaient aussi des agneaux mais en petite quantité, la production ovine, ne s’étant développée qu’après 1950. Quant aux porcs, peu étaient commercialisés, leur élevage étant réservé à la consommation des familles. Toutes les fermes possédaient une basse-cour.

Quant aux cultures, la principale était le blé, les agriculteurs de cette époque, le

considérant comme une culture noble. Malheureusement, les cours avaient commencé à chuter et elle devenait de moins en moins rentable.

Nieul produisait aussi une grande quantité de pommes de terre qui s’expédiaient par la Gare en wagons entiers, en vrac, en direction de Paris ou Bordeaux.

Les autres cultures étaient destinées à la nourriture du bétail (topinambours, betteraves, navets, trèfle).

Les champs étaient bien tenus, les engrais bien employés (potasse d’alsace, scories, superphosphates). Les parcelles devant recevoir une culture de

topinambours ou de trèfle, étaient

chaulées, la chaux arrivant par wagons en provenance de l’Indre.

Vu l’importance du cheptel, les quantités de fumier employées étaient énormes, ce qui explique les bonnes récoltes obtenues sur des sols plutôt moyens.

Les prairies artificielles commençaient timidement à s’implanter. Par contre, les prés de fond étaient bien tenus (rigoles d’irrigation et rigoles d’évacuation d’eau dans les fonds) Les plantations fruitières n’existaient pas, mais quelques pommiers haute-tige, étaient plantés au milieu des champs.

Quelques châtaigneraies bien entretenues, fournissaient une récolte qui se vendait bien.

La commune de Nieul produisait aussi du bois.

Toutes les fermes possédaient quelques beaux chênes ayant poussé naturellement dans les haies, certaines allées avaient été plantées de la main de l’homme, il y avait aussi des taillis de châtaigniers.

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Entre 1850 et 1900, les propriétaires de Boubeau , St Martin, Valette, Sourue, avaient réalisé de belles plantations de chênes d’Amérique, d’épicéas, de douglas, de mélèzes qui arrivaient, dans les années 30 en âge d’être exploitées.

Les exploitations agricoles :

En 1930 Nieul comptait près de quatre-vingt exploitations agricoles.

Elles étaient de trois types : Les grandes exploitations :

Elles appartenaient à de riches familles, elles avaient une superficie de quinze, vingt à cinquante hectares. Leur mode d’exploitation était le métayage. Le propriétaire fournissait le terrain, les bâtiments, le matériel et le cheptel et le métayer son travail.

Les récoltes étaient partagées en deux parts égales, ainsi que les frais d’exploitation, l’une pour le propriétaire, l’autre pour le métayer. La direction des travaux ainsi que la

comptabilité étaient confiées à un régisseur, qui percevait un pourcentage sur les ventes.

Ce mode d’exploitation permettait à des familles nombreuses, mais sans capital, d’exploiter de grands domaines et d’en tirer de bons bénéfices.

Ce mode d’exploitation a disparu dans les années 60 au profit du fermage qui permettait à l’exploitant de ne plus dépendre du régisseur.

Les propriétés d’environ 12 hectares : Elles étaient exploitées par le propriétaire ou par un fermier, et permettaient à une famille de vivre correctement.

Les petites propriétés d’environ 5 hectares :

Elles étaient exploitées en général par le propriétaire, mais surtout par l’épouse, le grand père, s’il y en avait un, les enfants qui donnaient un coup de main, le mari travaillant « à la journée », chez des métayers, pour des petites entreprises de maçonnerie, faisant du bois l’hiver, se réservant quelques journées pour les foins et les plus gros travaux, faisant ainsi rentrer une petite somme d’argent appréciable qui permettait à la famille de vivre correctement.

Il y avait à Nieul et aux environs immédiats (La Roche, Maison-Neuve), quatre ou cinq petites fermes qui possédaient des vaches laitières (normandes ou parthenaises) et qui vendaient du lait dans le bourg. Dans toutes les autres fermes, le cheptel était de race limousine, avec souvent une normande qui fournissait lait, crème, et fromage blanc. On faisait même quelquefois un peu de beurre.

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La qualité du cheptel était d’un assez bon niveau, mais aucun éleveur ne participait aux concours départementaux.

Il y avait à cette époque quelques problèmes sanitaires qui prenaient vite des proportions dramatiques (fièvre aphteuse, brucellose, tuberculose). Avant les années cinquante, les vétérinaires ne disposaient pas de

médicaments efficaces. Avec l’arrivée des antibiotiques, de la cortisone et des vaccins, les problèmes ont été pratiquement réglés au cours des années 60.

En 1930, il n’y avait pratiquement plus de chevaux dans la commune, un ou deux peut- être, mais, quelques-uns réapparurent pendant la guerre, car à cette époque, l’essence était introuvable.

Le Matériel :

En 1930, seules les grandes exploitations possédaient des charrues Brabant double. Les faucheuses commençaient à se généraliser. Je pense qu’il n’y avait pas de moissonneuses lieuses (mais je peux me tromper). Idem pour les semoirs à grains ou à engrais.

Par contre, tout au moins dans les exploitations les plus importantes, il y avait des bineuses, des butoirs, des cultivateurs à dents, des rouleaux.

Le premier tracteur apparut à Nieul en mai 1951, il faut dire qu’avant, les tracteurs étaient lourds, peu maniables (roues en fer) et convenaient mal aux petites parcelles souvent pentues. Les charrues étaient trainées, donc difficiles à manœuvrer en bout de raie. Quand les premiers petits tracteurs avec outils portés apparurent, ils se sont généralisés en quelques années dans toutes les fermes.

Les clôtures :

En 1930, on gardait les vaches et les moutons. Les troupeaux étaient sortis au pâturage environ deux heures le matin et deux heures le soir. Ils étaient gardés par les femmes et souvent par le grand’ père… Les haies et quelques clôtures n’étaient pas suffisantes pour contenir les troupeaux.

Les premières clôtures solides et électrifiées n’apparurent que dans les années 50.

En fait peu de changement pendant une vingtaine d’années.

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on attention toujours tournée du côté de Sourue, André nous raconte maintenant ses

souvenirs de jeunesse pour notre plus grand plaisir.

Après le moulin de la Roche, l’eau partait à la filature, par un canal. Il y avait un droit d’éclusage dans l’étang par une fausse bonde qui se fermait la nuit pour récupérer l’eau et qui s’ouvrait le matin à 8h. C’était

l’habitante du moulin Madame Cafe qui s’occupait de faire régulièrement ce travail à des heures bien précises.

La cidrerie et huilerie du côté de la Filature, étaient alimentées par la Glane.

Il y avait le cimetière des noyés et des pendus, près de l’étang de la Roche. N’ayant pas droit à la terre bénite, un lopin de terre servait à les enterrer (on n’enterrait plus dans ce cimetière depuis le début du 18 ème siècle).

L’ancienne école a été détruite lorsque que la nouvelle a été construite. Je suis allé un an dans la classe de Mme Habrias, et comme j’ai « sauté une division », j’ai fait deux ans en classe élémentaire avec Mr Habrias, son mari, toujours au même endroit, c’est-à-dire dans l‘immeuble ou se trouvait l’ancien cabinet de Kinésithérapeute. Mr et Mme Bardet ont dirigé l’école jusqu’en juillet 1938, ils ont ensuite été mutés à Limoges et Mr et Mme Bouty ont pris la suite après cette date. A la déclaration de la guerre, Monsieur Bouty a été mobilisé et a été remplacé par la fille du boucher de Nieul, Mlle Babette Laroudie, 18 ans. Monsieur Bouty est revenu reprendre la direction de l’école après démobilisation.

A la libération, à Sourue, un groupe de GMR (prédécesseurs des CRS) est venu et a fait des barrages sur les routes. Ils avaient rejoint la résistance depuis peu. Ils avaient des fusils mitrailleurs et des mitrailleuses. Un garde avait un fusil mitrailleur sur la route pointé sur l’axe de route. Une voiture est passée et il y a eu des coups de feu. Les troupes allemandes ne sont pas intervenues.

A la libération, il y a eu deux jours de fête.

Mes parents se sont installés à Sourue en 1933. A cette époque les domaines et le parc étaient entretenus d’une façon exceptionnelle, le paradis avec arbres et fleurs. Mes parents venaient de la Croze, mais mon père est né à Sourue, dans le domaine de Mr Thouvenet le reste de ma famille venait de Couzeix.

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A partir de 1940, Mr Albert Thouvenet, grand-père, 80 ans, avait été à la fois médecin et professeur de médecine à l’hôpital. Il a été remplacé par des médecins réfugiés. Puis le Dr Badie s’est installé après la démobilisation, en revenant de la guerre en août 1940. Il y a eu un médecin réfugié lorrain qui s’était installé à la Croze, le Dr Trégouet.

Le fils d’Albert Thouvenet, André, médecin à Nantiat, venait tous les jours à Sourue et connaissait tout le monde. Aucun habitant de Sourue payait les consultations. Il a été tué sur la route au-dessus de la Poitevine d’une façon mystérieuse, en février 1944.

Avant, le bétail se vendait soit à la foire, soit à des négociants. Les pommes de terre, les châtaignes, les pommes s’expédiaient par le train. On vendait des œufs, des lapins aux gens des environs. Quelquefois, ma grand-mère transportait dans des paniers : cerises et petits pois et partait, par le train, afin de les vendre à Limoges.

Au début des années 30, il existait trois voitures à Nieul, Dr Thouvenet, Monsieur le Curé et le maire de l’époque Mr Foussat. En 1939, il y avait une dizaine de voitures à Nieul.

Pratiquement pas de chevaux. Ce sont les bœufs (des grands domaines) ou les vaches qui étaient attelées à des charrettes pour transporter les charges lourdes. Le boulanger avait une fourgonnette qu’il avait

équipée d’un gazogène entre 1942 et 1944.

Peu de troc, on payait. Les petits producteurs amenaient le blé au moulin. Ils avaient un carnet sur lequel le boulanger notait la quantité de pain fourni et ne le payaient pas:

c’était un échange.

On avait une bicyclette pour se déplacer et parfois une bicyclette pour deux.

On allait au match, au bal dans les environs et à Nieul, au Pavillon, construit en 1946, après la libération. Les bals se faisaient aussi à la salle des fêtes du château, mais ils ont été interdits par la suite, à cause du plancher et des murs qui n’étaient pas assez solides.

Avant 1935, le château était interdit à toute personne, ainsi, on ne savait pas ce qu’il y avait à l’intérieur. J’avais 7 ans quand le mur a été démoli. Les gens sont venus voir, c’était beau, surtout l’escalier, l’esplanade et la balustrade devant l’étang.

Le Dr Thouvenet a fait paraitre des articles dans le journal car il était contre la démolition du mur et l’achat du Château par la commune. Quelques problèmes aussi avec un autre opposant qui avait accusé le maire d’avoir récupéré des pierres, mais 99% des habitants

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de Nieul étaient ravis. Mr Sardin, le percepteur, qui avait une jambe artificielle depuis la grande guerre, a fait construire sa maison de style basque, pas d’urbanisme à ce moment-là. Construction aussi de l’école et de la poste, avec un style breton et plus tard du Crédit agricole, mais tout s’est bien intégré.

En 1938, quelques familles espagnoles sont arrivées à la Cité de l’Enfance laissée libre par les religiuses qui l’occupaient précédemment. Certains réfugiés espagnols sont partis pour aller plus loin, la famille Matas, est restée et a fait souche. Vite intégré, le père musicien, à la libération, animait les bals avec son fils qui jouait de la batterie.

Mr Matas travaillait à la filature. Après les Espagnols, en 1941 et 1942, il y a eu des enfants du Nord, d’Alsace et du Pas de Calais qui venaient à l’école. Puis ils sont retournés chez eux. A la Cité de l’Enfance, l’abbé Fayaud a recueilli des enfants à problèmes

Une anecdote de l’école, un alsacien nommé Asler, avait un crayon et il s’amusait à l’aspirer et à le souffler et tout d’un coup il dit : « monsieur j’ai avalé mon crayon ».

L’instituteur était affolé, ainsi que les responsables des enfants. Le Dr Badie a pris la décision de lui faire manger du poireau. Le lendemain, le crayon est revenu en trois morceaux.

Les gens de Limoges venaient s’approvisionner à bicyclette et par le train.

Nous n’étions pas malheureux, à part café, chocolat et sucre qui manquaient.

C’est le linge qui nous a fait le plus défaut. Pas de tissus, mal habillés, on récupérait, là c’était dur. Les adultes se débrouillaient mieux car ils faisaient durer leurs vêtements, mais le gros problème était d’habiller les enfants qui grandissaient. Cette situation a perduré jusqu’en 1945 et 1946.

Mes parents n’ont jamais eu de voiture. On avait une mobylette. Seules les familles les plus riches avaient une voiture. Celles-ci, ont commencé à se généraliser après 1950, mais peu de personnes de plus de 50 ans avaient tenté de passer leur permis de conduire.

Monsieur Thouvenet était un bourgeois. Il avait un chapeau moulé, un faux col à système avec cravate nouée, veston noir, pantalon gris à rayures, il avait un chauffeur en livrée qui portait casquette et veston boutonné. Mr Thouvenet, était intègre, mais fier et distant, un peu étonnant de la part d’un médecin ! A Sourue, les consultations étaient gratuites pour tout le monde. Il préparait des médicaments simples, avait un petit laboratoire (par exemple médicament pour la toux).

Avant 1938, il n’y avait pas de pharmacie à Nieul, les plus proches étant celles de Nantiat, Compreignac, Limoges. A noter que les plus anciens de Nieul, allaient plus facilement à celle de Compreignac.

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Par la radio nous ne savions rien. Mon père était dans l’aviation en Algérie en juin 1940, il était prisonnier des italiens. Nous nous sommes retrouvés seuls. Il est revenu fin août 1940. On ne savait pas ce qui était vrai ou pas, des bobards circulaient. A partir de 1940, la presse était contrôlée par le gouvernement de Vichy. Il y avait très peu de postes radio avant cette date, mais après 1946 on en trouvait dans le commerce.

Le Dr André Thouvenet avait procuré un poste radio à ses métayers, la famille Delairat.

A propos du procès de Pétain : Condamné à mort puis gracié. On pensait qu’il l’avait bien mérité. Il n’empêche que comme beaucoup d’enfants des écoles de l’époque du

Gouvernement de Vichy, André a reçu un petit mot du Maréchal Pétain comme celui représenté ci- contre.

Monsieur Foussat a été révoqué

pendant la

période du

gouvernement de Vichy. Il traînait

à Nieul. Il avait un frère à Tulle. Quand les évènements n’allaient pas, il allait le voir, il avait peur d’être exécuté par la milice de Vichy. Il s’est rendu à Tulle et a été tué par balles par des soldats allemands alors qu’il regardait par une fenêtre le jour des pendaisons d’otages.

A la libération, le préfet a nommé d’office Monsieur Rivet qui était préparateur à la pharmacie à Nieul, à la tête du Comité de Libération, dont mon père , Mr Lambert, Mr Lebraud et quelques autres faisaient partie, en attendant les élections. Après les élections de début 1945, Mr François Aymard a été élu Maire , puis remplacé par Mr Pierre Henry qui a été amené à démissionner par la suite. Celui-ci était avocat, cette nomination lui servait de tremplin pour faire une carrière politique.

Après, Mr Edouard Mouratille qui lui, est décédé relativement jeune, il y a eu plusieurs maires qui se sont succédé, jusqu’à Monsieur Mahaut;

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Les foires étaient très importantes autrefois. Après la guerre de 1914-1918, elles ont décliné. Monsieur Foussat a voulu les relancer mais cela n’a pas marché et elles ont fini par disparaître.

Le bétail était au champ de foire (qui devait dater de 1925), mais avant, il se tenait le long de la route. En bas de certains murs, on peut voir encore, des toits à lapins qui donnent sur la rue.

Mr Lebraud dans le bourg avait 12 vaches. Une autre ferme avec 4 vaches, derrière la grange de Mr Lebraud. En descendant, chez Mr Bontemps, il y avait aussi quelques vaches. A l’endroit actuel des HLM, il y avait une ferme avec 2 bœufs et de 12 à 15 vaches.

A la filature, Mr Pierre Aymard tenait la Cidrerie , ainsi que 2 vaches. Il achetait les pommes et faisait du cidre, mettait dans des fûts et les amenait à la gare, il faisait essentiellement du cidre pour les agriculteurs.

Dans le quartier de l’église, 2 fermes importantes et une petite avec 4 ou 5 vaches laitières (vente de lait au détail)

Les véritables bistrots chez Monsieur Touze, en face de l’église, faisaient hôtel et chez Madame Laroudie, dite « la mère monte au ciel », sur la Place , en face de l’école.

Le facteur, le père Bessaguet, dit Filleau faisait sa tournée dans la campagne et son

épouse celle du bourg. Il remontait saoul tous les soirs. Après ce fut, Monsieur Jouvy pour la tournée de Nieul et Monsieur Jouhandou pour la tournée de Saint-Gence. Ils étaient à vélo, ils avaient tous les deux perdu un bras à la guerre de 1914-1918 et avaient eu droit à un emploi réservé.

Le père Hague, dit Pilou, avec une jambe en moins, tenait le bureau de tabac, face au crédit agricole actuel. C’est là dans ce café, que se faisait le rassemblement pour les élections, dans les arrières salles, et pour ceux qui voulaient fêter la victoire d’Emile Foussat, quand il était élu.

Bourg et église étaient séparés. On comprenait qu’il existait deux pôles.

Je crois me rappeler que L’ancien curé était Mr L’abbé Aucordier, puis lui succéda l’abbé Goursaud, très calme, qu’on ne voyait pas beaucoup.

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Le chanoine Fayaud qui a dirigé La Cité de l’enfance a été très respecté à Nieul mais avec les enfants ce n’était pas toujours évident. L’abbé leur cherchait un emploi, quelques-uns ont réussi . Avant l’abbé Fayaud, il y avait l’abbé Pasquier, je crois !

Beaucoup d’entraide dans les villages pour tout. Mais maintenant, les nouveaux qui s’installent ignorent les anciens, à part quelques exceptions !

Dans la région de Sourue, en 1930, il y avait 3 grands domaines appartenant à Mr Thouvenet et trois petits appartenant à MMrs Paroutaud et Pasquet (dit Pialé) et Mme Redon.

Les domaines de Mr Thouvenet étaient très bien cultivés. Les productions étaient : la viande de race limousine, un petit troupeau de brebis et quelques porcs.

Le Dr Thouvenet, de Sourue, était le seul médecin de la commune, il recevait les patients et effectuait des visites à domicile. Mr Thouvenet avait un parc remarquable et des serres où étaient cultivées des orchidées et des plantes rares.

Dans les environs de Sourue, on pouvait découvrir les ruines du Moulin des Côtes.

Parmi les échanges commerciaux avec les environs de Nieul, de temps en temps on notait le passage de Mr Rouleau de Peyrilhac qui achetait de la ferraille et des peaux de lapins et aussi l’épicier de Couzeix qui passait avec sa carriole et son cheval.

André. P, se rappelle aussi d’un tailleur à Nieul : un beau-frère de celle que l’on surnommait « Monte au ciel », qui tenait le café sur la place de la Mairie.

Dans le même corps de métier, il y avait la mère de Pierre. M, qui distribuait des coupes de gants aux travailleuses à domicile des ganteries de St Junien (les gants étaient cousus à la main).

Mr Laroudie, le boucher, quand il tuait ses vaches et veaux, le sang coulait dans la rigole, ce qui impressionnait beaucoup les enfants.

André.P me cite de mémoire ce qu’il a retenu de la transformation de Nieul pendant sa jeunesse avec ces deux périodes :

1933-1936

Adduction d’eau, achat des prés et captation à la Cure. Château d’eau au -dessus du cimetière, réseau de distribution pour le bourg.

Premiers caniveaux et trottoirs le long des rues principales.

1935-1938 :

Achat du Château, construction des Ecoles et de la Poste, démolition des murs, aménagement de la place, construction des premières maisons rue du 8 mai 1945.

Quelques anecdotes lui reviennent encore à l’esprit :

En juin-juillet 1940, un régiment de cavalerie de l’armée française ( après le cessez le feu et en attendant l’organisation de l’armée d’armistice), s’est installé quartier de l’église à Nieul pour 2 mois, très peu d’anciens s’en souviennent, il est vrai que la période était assez troublée

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A la vue d’un billet ancien de 100 Fr de 1937 , André se souvient en avoir trouvé un de 50 Fr de 1939 devant l’ancienne poste du quartier de l’église, et l’avoir rapporté à la Mairie, il a eu droit à un petit article de reconnaissance dans le journal, dommage qu’il ne retrouve pas cet article !

En 1941 et 1942, une équipe de républicains espagnols (du camp de St Paul) sous la conduite d’un chef a « fait du bois » au lieu-dit la Cure pour le compte des Allemands.

De sa jeunesse, André retient que les enfants avaient peur des gendarmes, craignaient et respectaient leurs parents, les enseignants et le curé, même le curé Goursaud qui était pourtant très gentil !

e très loin, j’entends la petite voix aigüe de notre doyenne , Emma. G du Châtenet toujours pétillante et l’œil vif qui nous raconte son enfance et son adolescence nieuloise.

Elle nous dit qu’à la filature, Madame Aymard avait créé un petit atelier et confectionnait des habits. Elle a eu jusqu’à trois ouvrières. Monsieur Aymard cardait la laine, en face. L’autre maison, c’était chez Pierretou il faisait du cidre et de l’huile.

Ma sœur habite dans la maison de mes parents, construite en 1929, et moi j’habite dans la maison de mes grands-parents.

L’instituteur, Monsieur Bardet, disait je vais vous faire «barder », Il était exceptionnel, tous ses élèves étaient reçus au certificat

d’études primaire. Je suis allé à l’école du bas pour commencer et après, à l’école du haut, aux cours moyen. On écrivait à l’encre et la plume, l’encrier était incorporé dans le bureau, Monsieur Habrias était instituteur dans l’école du bas.

A la maison, on était peu nombreux, on s’amusait mais on n' avait pas de jeux particuliers. On aidait les parents.

Mon père était entrepreneur de maçonnerie. C’est lui qui a monté sa maison. Avant, il avait été embauché chez Monsieur Veyrier, de Saint Gence. Il travaillait pour lui, et il avait des ouvriers. Il était conducteur de travaux en ce temps- là, c’est après qu’il s’est mis à son compte.

Pendant la guerre, Monsieur Veyrier tenait à Limoges un magasin d’habits. Une fois, j’y suis allé avec ma sœur pour demander du tissu. Il nous en a donné pour faire des manteaux.

Le château, on ne l’apercevait que lorsqu’on était en bas du bourg.

On faisait de la gymnastique au champ de foire et on passait derrière le grand mur, devant la gendarmerie, à la place de la mairie actuelle. Lorsque le portail du château était ouvert, on était là à regarder sans dire un mot. Quand il a été possible de le voir de près

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pour la première fois, on a été surpris, mais je ne peux en dire plus. Cela s’est fait petit à petit dans ma tête.

Mon père ne nous laissait pas de liberté. Pour apprendre un métier, j’aurais voulu faire quelque chose de bien mais il fallait que je me rende à Limoges, et il disait comme un reproche « pour trainer dans les rues !».

Pendant la guerre, nous n’avions aucune distraction. On allait danser dans les granges.

Dans l’une d’elles, à la Châtre de Saint-Gence, je me rappelle qu’un jour les gendarmes sont venus et nous ont dit « mes petits ne restez pas là car il pourrait y avoir une descente d’allemands » … et nous sommes partis…

Une autre fois, il y avait des jeunes soldats à Nieul et ils voulaient se distraire et nous aussi. Nous étions plusieurs et nous avons appris qu’il y avait bal au Theil de Saint- Gence. Nous voilà tous partis… J’avais demandé la permission à ma mère. Mon père lorsqu’il est arrivé, a demandé où j’étais. Quand il l’a su, il « faisait joli ». Il voulait venir me chercher, mais ma mère l’en a empêché.

Pour l’inauguration du poste émetteur en 1939, je me rappelle qu’il y avait beaucoup de monde qui montait pour voir, mais je ne me rappelle pas de détails précis.

Ma sœur a étrenné les nouvelles écoles, mais à mon époque, elles n’étaient pas construites.

Je me souviens que la mairie était attenante à l’école. Un escalier avec des petites rampes qui descendaient de chaque côté. On traversait la place pour aller en récréation. La cour de récréation était à côté des grilles qui existent toujours aujourd’hui devant la maison située à côté du fleuriste Mérigot. A l’époque, il n’y avait pas de circulation.

Je me souviens, un gamin de Sourue, pourtant bon élève, qui avait mal travaillé, l’instituteur lui a attaché son cahier derrière le dos et il avait marqué dessus, « je suis un âne », il avait été à la grille, en faisant plusieurs fois le tour de la place. Moi, je me disais si cela m’arrivait, j’aurais bien

honte. Le Boulanger-traiteur qui avait son magasin sur la place disait en patois : il t’a bien attrapé ! Je portais des lunettes, je n’y voyais pas très bien, Mme Habrias faisait des croix et des ronds pour tester ma vue, elle me disait d’en parler à mes parents et d’aller voir un oculiste.

Il y avait 4 instituteurs pour les

écoles d’alors, deux en bas et deux en haut. Ceux-ci étaient logés au-dessus des classes.

Mon père a travaillé au presbytère, là, les ouvriers ont trouvé des ossements provenant d’un très ancien cimetière de Nieul. Sur la place actuelle de l’église, il y avait un jardin, devant le lavoir.

Avant que mon père construise sa maison dans la rue des Prés Mous, il n’y en avait qu’une seule.

Quand on prenait le train, il y avait un petit sentier qui traversait un pré. Il n’y avait pas de route.

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Le bourg n’était pas grand, mais les gens se parlaient plus qu’aujourd’hui. Je vois les jeunes qui arrivent, ils ne nous parlent pas.

Au croisement des deux routes, celle qui va à St Gence et celle qui va à Peyrilhac, il y avait une petite épicière qui avait derrière elle des rangées de cravates.

Quand les femmes sortaient, elles s’habillaient et portaient de belles coiffes. Je me suis un jour habillée avec la robe ancienne de ma grand-mère pour m’amuser.

Parmi mes amis, je me souviens du petit Ventenat qui jouait de l’accordéon.

Monsieur Foussat, le maire, avait une fille pharmacienne, qui a commencé à tenir une pharmacie dans une petite pièce, dans sa maison sur la petite place, en dessous du fleuriste actuel.

Monsieur Foussat donnait des commissions à faire à mon père, qui était conseiller municipal. Il a changé Nieul, allait à Limoges dans les bureaux et il était très dynamique et énergique. Il parlait en patois avec les gens.

Le Docteur Thouvenet qui s’opposait au maire dans l’achat du château et de son parc écrivait des articles dans le journal local, disant que les paysans allaient entrer dans ce château avec leurs gros sabots et tout salir. Monsieur Foussat lui répondait du tac au tac. Le Docteur Thouvenet venait quelquefois à la maison mais souvent, les gens se soignaient seuls, sans doute prenaient-ils le lithiné de la publicité d’un journal de 1940 ci-contre.

Je vous ai déjà parlé de la petite épicière, en face de chez Durousseau, le sabotier. Pour un sou, on avait deux caramels. On l’appelait la mimi Charletto. Quand on sortait de l’école, on passait toujours devant l’épicerie et lorsque l’on avait des sous on achetait des caramels.

On entendait bien dire des choses à propos de la

« Mère monte au ciel » celle qui tenait l’auberge

à côté de la boulangerie, mais les enfants n’en parlaient pas.

A Pâques et au 14 Juillet, il y avait des fêtes. Je me souviens qu’on faisait tourner une roue et lorsqu’elle s’arrêtait, on gagnait un lot.

Les foires étaient en bas, en descendant le long du parc, au petit ruisseau. Chaque côté de la route, il y avait des petits carrés avec des petits cochons. Le marché aux gros bestiaux, lui se tenait en haut, mais il n’existait pas encore à mon époque.

A 18 ans, j’allais seule à Limoges en prenant le train. J’ai encore une photo de moi dans les rues, j’avais un chapeau sur la tête et des sacs dans chaque main.

Mon père avait une camionnette neuve pour son travail et aussi une voiture d’occasion.

Mon oncle qui avait acheté la même, nous a amenés à la mer à Royan, j’étais jeune. La camionnette faisait tout, comme un camping-car d’aujourd’hui !

A la fin de la guerre de 1939-1945, ce qui nous a le plus marqué, c’était le soir d’Oradour.

On voyait de la fumée mais on ne savait pas ce que c’était. Une femme qui travaillait à Nieul, « la Marguerite », est passée en courant et elle a dit « je vais chercher mon mari,

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cette fumée, il paraît qu’ils brûlent tout ». Le lendemain, les allemands sont venus à Nieul, et à l’hôtel restaurant, ils ont demandé à ce qu’on leur fasse à manger. Nous n’avions pas peur, car nous ne savions rien. On ne le croyait pas.

Pas de restriction, à la campagne on cultivait des légumes. On n’était pas privé.

Je me rappelle être montée dans deux voitures. Dans celle du maire, Monsieur Foussat, quand il venait voir les fermiers, il nous amenait à l’école. Et, l’autre, c’était celle de mes cousins qui habitaient Limoges, marchands de charbon, qui venaient nous voir de temps à autre.

Je me rappelle aussi que mon grand-père avait été à Gandeloup pour ramener du foin.

Il venait nous chercher en carriole, tirée par un cheval, et il nous ramenait à la maison.

De la famille Gandois, je me rappelle qu’ils étaient deux frères Jean et Robert. Je me souviens plus particulièrement de Robert le plus âgé, qui était à l’école avec moi. Il était très intelligent. Madame Gandois amenait le plus petit , Jean le futur capitaine d’industrie, dans une poussette, le papa Mr Gandois était percepteur à Nieul.

Quand l’ancien maire, Emile Foussat a été tué, tout le monde a été étonné. Sa fille était avec lui quand il a été rendre visite à son frère à Tulle. IL a voulu regarder par la fenêtre voir ce qui se passait dans la rue et on lui a tiré dessus.

A Nieul, les bals se faisaient chez Touze et chez Martin. On trouvait qu’il y avait moins de monde chez Martin mais la salle était plus grande.

A la libération, à l’époque, nous avions à la maison de mes parents un grand poste de radio qui était posé sur une tablette, et c’est là que nous avons entendu le Général de Gaulle qui parlait aux Français, mais ça ne m’a pas beaucoup marqué… !

imone.P et Yvette.C ne vivent pas loin, elles ont vécu aussi leur enfance dans le bourg du haut, tout près de moi, écoutez-les vous parler des années 1930 à 1940.

Dans les années 30, bien que chef -lieu de canton, Nieul vit aux rythmes des saisons. Animé cependant, tous les 7 de chaque mois, par la foire aux animaux qui se tient au champ de foire situé sur l’emplacement des nouvelles écoles maternelles.

Dans le bourg, il y a 3 fermes et bon nombre d’habitants ont des vaches. Des commerçants venant des communes

voisines s’installent sur les trottoirs (place Emile Foussat qui n’existait pas à l’époque) Chapeliers (Peyrilhac)

pâtissiers (Compreignac et Oradour- sur-Glane) lunetier et horloger (Limoges) chez un particulier rue de l’Ancienne Fontaine.

Pour Pâques et le 15 Août, fête Patronale de Sainte Marie, 2 manèges s’installent place de l’église et il y a des bals chez Touze et Martin. Pour le 14 juillet également viennent les manèges.

Nieul avait aussi la visite d’un vagabond « le père Têtu » qui portait une grande barbe blanche, était vêtu comme les vagabonds de l’époque, et était la terreur des enfants. Il était pourtant bien inoffensif. Il couchait dans une grange et repartait sur les chemins le lendemain matin avec un quignon de pain qu’on lui avait donné.

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En ce qui concerne l’école, les cours préparatoires et élémentaires sont assurés par M. et Mme Habrias, rue de l’Ancienne Fontaine, et les cours moyens 1ère et 2ème années par M.

et Mme Bardet, école située Place Emile Foussat (Ecole et Mairie dans le même bâtiment).

Yvette et Simone, se souviennent des punitions quelquefois infligées aux élèves, les garçons étant plus souvent punis que les filles. Il y avait la petite tape sur les doigts avec une règle.

Le secrétariat de la mairie est assuré par Monsieur Paul Couvidou.

Nieul comprenait deux bourgs distincts :

- Le bourg du haut : qui englobe la gendarmerie située dans la mairie actuelle et les écoles.

- Le bourg du bas : l’église et la gare. Il n’y avait que le transport ferroviaire comme moyen de locomotion.

Les commerces y sont nombreux : 1 charron : Touze 1 forgeron : Ragout

5 épiceries : Avenir du Centre Ouest (déjà coopérative) Coulaud

Couvidou Martin

Vilard épicerie – mercerie – linge de maison

Des buvettes : Bontemps Broc Couvidou Hague dit Pilou Malivert

Courivaud Laroudie

Martin 1 garagiste : Jean

1 sabotier : Durousseau 1 cordonnier : Devoyon 1 boulanger : Broc 1 scierie : Grauloup

Après février 1935, date de la tempête, de nombreux arbres sont à terre, la Scierie Bredier se trouve le champ de foire.

1 tailleur : Martin à la filature.

La filature occupe également quelques ouvriers pour la transformation de la laine et le tissage. Egalement cidrerie et presse pour faire l’huile de colza. La filature assure également l’électricité au bourg de Nieul.

1 peintre : Chatelux

2 entrepreneurs de maçonnerie : JB Couvidou et Landaud 1 menuisier charpentier : Paroutaud

2 bouchers : Laroudie – Guerin dont l’abattoir de ce dernier se trouve dans la boucherie.

Ces deux bouchers sont également expéditeurs.

1 bureau de tabac : Hague

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19 Volailles et œufs : Riffaud

1 docteur : Le docteur Thouvenet habite Sourue, il n’y a pas de docteur à Nieul. Il est secondé par le docteur Grauloup de Nantiat. Je pense qu’à l’époque peu de gens consultaient. (Le docteur Thouvenet faisait des potions car la pharmacie ne verra le jour à Nieul que dans les années 1936-1937 – Maison Goursolas.)

La position approximative des artisans et commerçants des années 30 à 40 figurent sur le plan de Nieul page 40

1936 : Année de l’achat du château par la municipalité de l’époque dont le maire Emile Foussat en a le grand mérite, donne à Nieul un nouvel essor.

1936-1937 : Démolition des vieilles écoles et nouvelle construction du groupe scolaire actuel place Emile Foussat. Démolition du mur d’enceinte du parc.

1938 : Terminé en 1938, cet ensemble est ultra moderne pour l’époque (chauffage central). Deux très grandes salles de classe séparées par une entrée entourée de patères pour suspendre les vêtements et d’un lavabo central pour que chaque élève sans difficulté puisse se laver les mains. Même à Limoges aucun groupe scolaire n’égale Nieul.

1939 : Inauguration de la nouvelle poste, et en février 1939 début de la construction du Poste émetteur et nouveau grand essor pour Nieul.

De nouveaux restaurateurs s’installent : -Riffaud à proximité de la gare

-Duprat « Le Pavillon » proche de l’église. Les ouvriers étrangers au bourg et au département sont très nombreux, il faut les loger et les nourrir. Le commerce est florissant et Nieul connait une grande animation.

Les réfugiés espagnols arrivent en 1938. Ils sont hébergés au foyer de l’Enfance mais ne restent que très peu de temps. Par contre, certaines familles s’installent et sont encore dans la région.

1939 : Déclaration de la guerre avec tous les malheurs qui en découlent.

Yvette, se souvient aussi des conscrits de son époque qui, pour célébrer l’évènement, faisaient un bon repas suivi d’un bal, à l’instar de ceux que vous apercevez sur la photo ci-contre :

vette.C se souvient des bouilleurs de crus qui

passaient régulièrement à Nieul autrefois pour produire l’eau de vie très utilisée.

Pourtant sa tenue était assez pittoresque. Il arrivait courant octobre de Saint Gence avec son chaudron en cuivre. Le père Jeantaud s’installait sur le trottoir, face au bureau de tabac et face à l’école. Il était très jovial, il avait un gros entonnoir dans lequel il soufflait très fort ce qui provoquait un bruit étrange qui divertissait les gens et notamment les écoliers. (Gare aux punitions !!! l’instituteur était très sévère). A cette époque il y avait beaucoup de pommiers dans les champs et dans les prés, ce qui avec la mécanisation d’aujourd’hui ne serait plus possible. Ces pommes servaient à faire du cidre (boisson qui

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journellement remplaçait le vin) avec lequel le père Jeantaud faisait la gnôle en le distillant.

ans le bourg du haut c’est-à-dire celui du château, le mien justement, Paulette .R qui a conservé beaucoup de documents d’époque, cartes postales, journaux d’antan, etc… se souvient de sa jeunesse, de ses parents, de la forge, etc…

Elle est restée à l’école des petits située dans l’impasse (ex-cabinet du Kiné ) avec comme institutrice Mme Habrias jusqu’au cours élémentaire, ensuite c’est Mr Habrias qui était notre instituteur à l’école des grands.

Dans les classes, les tables étaient disposées en longueur . Les élèves étaient toutes

habillées de blouses noires, comme le voulait l’école de la République, malgré tout, cela ne mettait pas tout le monde sur le même plan d’égalité car le tissu était de plus ou moins bonne qualité, selon la fortune de la famille.

Les classes comportaient facilement plus de quarante élèves et sur quatre niveaux, ce qui donnait beaucoup de travail au maître ou à la maîtresse pour gérer sa classe.

Paulette a le souvenir d’un jeu que les enfants appelaient le « Jeu de la Grenouille », il fallait faire tomber un palet de bois représentant une grenouille dans des gobelets qui avaient des valeurs de 10, 100 points etc…

Son père était sabotier, il avait un atelier situé du côté de l’ancienne fontaine, cinq ouvriers ou commis travaillaient à la réalisation des sabots. Sa mère, elle, tenait le magasin. Il faut dire qu’à l’époque, presque tous les gens portaient des sabots de bois, les chaussures en cuir étaient rares et chères. Sa mère vendait la production des sabots au magasin, aux habitants de la région, le reste était fourni à différents magasins de la Haute vienne.

Elle se souvient d’un des commis qui est resté 25 ans chez eux, c’était un breton d’origine qui était venu en Limousin pendant la grande guerre (14/18), il s’occupait des chevaux qui étaient très utilisés lors de ce conflit, et se trouvaient dans les bois alentours. A la démobilisation, il est venu voir son père pour lui demander du travail, il se trouve que son vrai métier était sabotier en Bretagne, c’est ainsi qu’il est resté chez nous jusqu’à sa retraite. Ma grand’mère disait qu’il buvait trop, c’est vrai qu’il était « porté sur la bouteille ».

Les enfants, étaient souvent sollicités pour aider les parents, ainsi, nous récupérions les copeaux de bois résultant de l’ébauche des sabots, pour remplir des paniers qui étaient ensuite renversés en tas , afin d’être séchés et servir ensuite de combustible.

Son père avait aussi sa scierie, qui préparait les rondins de bois

des futurs sabots. Il possédait une camionnette avec un Gazogène, lequel était alimenté par les copeaux de bois et plus tard par la sciure. Après la guerre, son père a récupéré quelques véhicules américains, et s’en servait pour son métier.

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Le 14 juillet 1939, pour fêter le 150 ème anniversaire de la Révolution française, le maire de l’époque, Mr Emile Foussat, a planté un « arbre de la liberté », et a fait un discours.

Une foule très nombreuse y assistait, ce fût l’occasion d’une grande fête, les garçons étaient habillés de blanc et faisaient des mouvements de

gymnastique, les filles en rouge et bleu (voir la photographie , malheureusement en noir et blanc). On remarque une jeune fille habillée en Marianne, on la repère sur la gauche de la

photo, quant à Paulette.R, elle était plus jeune, on la trouve sur la droite. Ce jour-là, il y avait une vente de bleuets dans le bourg.

Paulette. R, se souvient de l’hôtel restaurant de Mme Laroudie, que tout le monde surnommait « Monte au Ciel », qui était sur la place et à l’époque le monument aux morts était juste devant la boulangerie. Le panneau publicitaire de l’hôtel, était libellé ainsi « La maison Laroudie loge à pied et à cheval ».

Sur la place de l’église, devant ce qui est actuellement la Cité de l’Enfance, il y avait un jardin et mes parents disaient qu’avant, il y avait un cimetière à cet endroit.

Une légende d’il y a très longtemps, transmise par les anciens, raconte qu’au lieu -dit :

« Les Justices », il y avait autrefois des potences, lieu des exécutions par pendaison des condamnés à mort, ceux-ci étaient laissés attachés au gibet pour inspirer la terreur aux autres malfaiteurs de la région. La légende raconte qu’une jeune bergère du village de Sourue, suivant un jour son troupeau de moutons, passa dans cet endroit et trouva par terre , sous le corps du pendu , une superbe pièce d’or, on dit que la valeur de ce trésor lui suffit à acheter la propriété de Sourue que ses descendants possèdent encore de nos jours, bien sûr, on ignore le nom de cette propriété… !

Dans son enfance, Paulette, n’avait pas de jouets, ses poupées étaient confectionnées à l’aide de maïs, la barbe servant à réaliser les cheveux. Elle aidait sa maman au lavoir en se servant des « bachous » pour poser les genoux et de battoirs pour taper le linge.

Les distractions des adolescents étaient limitées aux bals, les manèges et les courses cyclistes.

Quand sa mère allait au lavoir qui était placé près de l’actuelle maternelle, les enfants jouaient sur les barres servant à attacher les bestiaux lors des foires.

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22 Tous les 7 de chaque mois, avait lieu une foire avec des marchands ambulants. Elle se souvient d’un oncle qui lui achetait à chaque fois un éclair au chocolat chez le pâtissier ambulant de la foire.

Le soir du massacre d’Oradour-sur -Glane, le samedi 10 juin 1944, des soldats allemands ont logé chez les habitants de Nieul. Celui qui a logé chez Paulette, parlait un peu le français, le lendemain matin, il a dit à sa mère, « et pas très content le bonhomme », qu’il avait dormi toute la nuit sur la table, car ses parents l’avaient placé dans une chambre infestée de cafards.

Le dimanche 11 juin 1944 était le jour de sa

communion solennelle, alors qu’elle se dirigeait avec une copine vers l’église, des soldats allemands les ont interpellées, en disant, « Oh les petites mariées ».

Elle n’a pas de souvenir de la démolition du mur qui m’entourait, mais moi, le château, je me souviens que l’institutrice a fait visiter aux enfants mon parc. Les enfants ont été très intrigués aussi par le grand lit à baldaquin qui a disparu aujourd’hui.

Le bourg du château et celui de l’église étaient bien distincts. Paulette se souvient d’une certaine rivalité à l’époque, juste avant son mariage, son mari était du bourg de l’église et elle de celui du château, mais sans plus…

Paulette se souvient également quand sa maman tuait des lapins. Elle gardait la peau, mettait une branche d’osier pliée en rond dans la peau et la mettait à sécher sous le hangar à l’air libre. Plusieurs fois par an Paulette entendait arriver le marchand de peaux de lapin, il avait un cheval et une carriole. Elle entendait « peaux de lapins ». Sa mère sortait lui donnait ce qu’elle possédait, et, en échange il lui remettait une bobine de fil.

Pendant la guerre, raconte Paulette.R, une troupe de Gitans a campé sur le champ de foire, il y avait parmi eux une vieille dame qui lors de l’hiver très froid de 1942 couchait dans le lavoir du champ de foire, la municipalité a décidé de l’héberger provisoirement dans une sorte de cave rustique mais à l’abri du froid près du cimetière. A 2 H du matin cette vieille gitane est retournée se coucher dans son lavoir !

Dans cette même famille gitane, un bébé est mort, le nom de famille était Renard, la tombe de cet enfant se trouve à côté de celle de la famille de Paulette. R. Tous les ans, depuis la guerre un bouquet de fleurs était déposé sur la tombe du bébé, il n’y a que depuis quelques années que ce geste ne s’est pas renouvelé.

Toujours pendant la seconde guerre mondiale, Paulette nous parle d’une pièce que certains anciens dénomment prison En fait, ce n’était pas une prison, on peut encore voir la porte d’accès sur la rue Mouratille en bas du Château , c’était un local où l’on mettait

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les vagabonds pour la nuit, et il y en avait beaucoup pendant cette période troublée de la guerre et de l’occupation .

out près de mes tours, mais dans le bourg de l’église, Jean et Henri B. nous parlent de leur quartier, en particulier de la rue des Perrons, ou ils ont vécu leur enfance, de la filature où leur papa a travaillé, de l’équipe de foot de Nieul dont celui-ci a été longtemps le trésorier.

a Rue des Perrons

Cette rue était autrefois très animée…En haut de celle-ci, face à l’église Mr Villard tenait un commerce d’alimentation-mercerie, un peu bavard le bonhomme, les commères s’y attardaient.

Plus bas, Mr Touze tenait l’hôtel à côté du restaurant appartenant à la même famille. Henri Touze était forgeron, juste à côté, Mr Beau était charron, en ce temps -là les charrettes étaient très utilisées.

En descendant la rue, il y avait aussi le percepteur et, dans la cour à côté demeurait Mr Jean qui était mécanicien auto-moto et vélo.

En face de chez eux, car à l’époque, ils habitaient dans cette rue, il y avait une autre Mme Touze dite « La

Mariette » qui portait les journaux le matin de bonne heure. Elle avait des poules ainsi que sa voisine. Toutes les deux faisaient sortir les poules une à une du poulailler et leur tâtaient le cul pour voir combien d’œufs elles auraient à la fin de la journée.

Le mari de Mme Cenon était cantonnier, il élevait tous les ans un cochon dans une petite étable à proximité de la maison. On tuait le cochon dans la rue.

J’ai vu battre le blé au fléau dans la grange de Mr Redon, en face de chez nous, il récoltait du blé et du sarazin pour nourrir ses pigeons voyageurs.

La rue des Perrons était très vivante, les poules et les chiens couraient dans la rue.

Sur la place de l’église, la mère Martin tenait elle aussi une épicerie-buvette ou tout était vieux dedans. En face de l’épicerie, Mr Brun était mécanicien.

Il y avait un lavoir municipal sur la place de l’église, à côté du presbytère. Il s’en est raconté des histoires en tous genres dans ce lavoir, les lavandières étaient très bavardes.

De l’autre côté du presbytère, il y avait l’hôtel-restaurant « Le Pavillon », il fut tenu par Mme Duprat pendant la captivité de son mari, lors de la seconde guerre mondiale, lequel a repris la gestion à son retour. Il fit construire un dancing.

Il y avait également la « Maison des enfants », tenue par le chanoine Patié et ensuite, après la guerre par le chanoine Fayaud, dont la place actuelle porte le nom.

Voilà en gros le quartier de leur enfance qui maintenant est devenu bien triste…

En plus du lavoir de la place de l’église, il y en avait trois autres, l’un était couvert et se trouvait à l’emplacement de la maternelle actuelle, au bord de l’ancien champ de foire,

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l’autre sur le canal de la filature au pied de l’actuel immeuble HLM et en bordure de celui-ci, à ciel ouvert. Le troisième dont il y a encore les vestiges, devant la filature à la fin du canal artificiel.

Les exploitations agricoles dans le bourg de Nieul, étaient au nombre de huit : à côté de la filature, la propriété de Mme Bureau, en remontant sur Nieul, se trouvait les fermes de MMrs Bontemps et Touze. Encore un peu plus haut, à proximité du château, il y avait la propriété de Mr Lebraud. Sur l’emplacement actuel des HLM, une grande ferme, celle de Mr Brissaud.

Du côté de l’église, il y avait deux exploitations de Mr Nénert, jouxtant son habitation principale et une petite réserve. A la Roche, la propriété de Mr Aymard, qui fut maire de Nieul.

En ce qui concerne les pharmacies, il y en avait deux, la première se trouvait rue du 8 mai 1945, en face du magasin de motoculture, qui n’existait pas alors, elle appartenait à Mr Goursolas, l’autre, celle de Mr Desvignes, place du château.

A côté de la pharmacie, devenue le bar – restaurant « Le Feuillardier », la boulangerie de Mr Broc, qui avait aussi un débit de boissons. A côte de la boulangerie, un cordonnier, Mr Devoyon, dont l’épouse tenait une épicerie. En face se trouvait l’épicerie-mercerie de Mr Deschamps.

A côté de la pharmacie, faisant le coin de la rue, un débit de boisson-hôtel de Mme Laroudie dite la « Monte au ciel »

De l’autre côté de la place, un bureau de tabac-buvette, tenu par Mr Hague dit « Pilou », mutilé de la guerre 14/18, avec sa jambe de bois (d’où son surnom ).

ean . B son frère, se souvient lui, des débuts de l’équipe de foot de Nieul plus connue aujourd’hui sous le sigle de L’AS Nieul, celle-ci, a vu le jour en 1940 avec l’arrivée, notamment de réfugiés alsaciens et lorrains. Il y avait à cette époque 15 licenciés. Ils jouaient dans un pré situé derrière le poste émetteur, au lieu-dit Viaud et ce, jusqu’aux années 50 environ.

Les joueurs se mettaient en tenue dans la grange de Mr Vilard à Viaud. Plus tard, ils ont joué dans un pré situé en face des HLM, pendant un an environ.

Puis fut choisi l’emplacement du terrain actuel. Dans un premier temps, ce terrain n’était pas aux normes, il mesurait à peine 90 m de long sur 40 m de large. Il a été refait

entièrement et agrandi plus tard en 1960. Les travaux ont duré 2 ans, soit 2 saisons.

La première saison les licenciés jouaient à Peyrilhac et la 2eme saison le long de la nationale 147, sur un terrain mis à disposition par Mr Desaintjean.

Historique :

1 équipe , puis 2 (1ère et réserve), 1 équipe « junior », 1 équipe « cadet », 1 équipe

minimes, jumelée avec St Jouvent, puis des équipes de jeunes toujours en entente avec ST Jouvent

Les plus anciens dirigeants jusqu’aux années 50 :

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Présidents Trésoriers Secrétaires Docteur Trégouet Mr Ragout Mr Vignaud Mr Mouratille Mr Boismorand Mr Maneuf

A noter , que MMrs Chale et Ringuet qui figurent parmi les fondateurs du club, ont participés activement à sa

vie .

Sur la photo de l’équipe des joueurs de 1950, on reconnait parmi les dirigeants, à l’extrème gauche, Mr Robert Boismorand, le papa de Jean et d’Henri.

Financement :

Bal du 31 décembre avec importante tombola (près de 1000 petits lots)

Fête champêtre avec bal le dernier dimanche d’août, avec le service de car gratuit.

A noter, un bal sur trois parquets jumelés, avec l’orchestre de Norman Maine, composé de 10 musiciens qui a généré plus de 1000 entrées.

La cidrerie et huilerie :

Pendant la guerre et jusqu’aux alentours des années 70, une meule alimentée par la roue du moulin servait à confectionner l’huile de Colza.

Au même endroit, une cidrerie alimentée par un moteur électrique, était opérationnelle grâce à Mr Aymard ( Pierretou) et son cousin, Georges Bertrand qui pressaient le cidre . Mr Bertrand , assumait quant à lui , la confection des tonneaux.

Gandeloup ;

En 1930, existaient les propriétés Morin et Pinnelli.

La propriété Morin possédait une belle maison bourgoise avec parc.

Gandeloup comptait alors 3 domaines agricoles.

La famille Besse avait créé une laiterie artisanale et organisé un ramassage de lait dans les communes avoisinantes.

Cette laiterie produisait du beurre, de la

crème, des petits suisses et du fromage blanc, vendus tous les matins « Place des bancs à Limoges ».

Il faut noter que la famille Besse a rendu de grands services en procurant du beurre aux habitants des environs, notamment pendant l’occupation.

Jean B. m’a fait quelques autres confidences :

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L’église de Nieul est dédiée à la Vierge Marie qui est la patronne de la paroisse, avec la fête du 15 Août (autrefois, il y a très longtemps, elle était dédiée à Saint-Pierre). Il y avait pour la fête Dieu des processions qui allaient vers des reposoirs situés à Sourue et au Chatenet.

Avant la seconde guerre mondiale, le prêtre de la paroisse était l’abbé Aucordier de 1910 à 1926, ensuite l’abbé Goursaud de 1930 jusqu’en 1945, ensuite l’abbé Béret, jusque dans les années 50, puis l’abbé Vigneras

La gendarmerie dans les années 30 et 40, était dotée d’une brigade de cinq gendarmes. Quelques-uns avaient un certain penchant pour la bouteille, tant et si bien qu’un de ceux-ci, un soir d’hiver, sur la route de la Poitevine a percuté le curé de Saint-Jouvent qui venait en sens inverse, chacun sur son vélo et sans aucun éclairage. Peut-être avait-il un peu trop abusé de ce Dubonnet que vante la publicité de ce journal de 1940 (ci-contre).

L’activité de la gare de Nieul avant et pendant la seconde guerre mondiale était importante, on utilisait des locomotives à vapeur qui tractaient les trains de voyageurs et les trains de marchandises (pommes de terre, céréales et bestiaux)

L’électrification s’est faite à partir des années 1928, 1930 par la compagnie de CDHV, au départ quelques lignes et prises de courant.

Monsieur Robert B. ouvrier de Mr Aymard à la Filature effectuait les relevés de

compteurs après sa journée de travail et ceci à vélo, pour le compte de la CDHV et par la même occasion, effectuait des dépannages et installait lampes et prises de courant. Il a assuré ce service jusqu’à l’arrivée de l’EDF.

Après la démolition de mes murs d’enceinte, ce fut, avec le parc, un agrément pour la commune, avec en plus la construction des écoles, et la vente des terrains pour construire des maisons. Le maire, Monsieur Foussat avait fait faire un réseau d’eau potable

alimentant toutes les maisons, ainsi qu’un réseau d’égout, ce qui n’existait pas dans les communes voisines.

Jean me demande de conserver la parole pour parler maintenant d’un quartier très animé, la filature :

C’était une usine de transformation de la laine de mouton en laine de tricots. Cette usine fonctionnait avec sa propre production d’électricité, une turbine était actionnée par l’eau qui arrivait de l’étang de la Roche. Cette eau suivait un canal artificiel qui traversait ma propriété et le grand pré en contrebas du bourg.

Le lotissement dit « du canal » est bâti en partie sur l’emplacement du ruisseau de la filature. Ce ruisseau n’avait pas beaucoup de pente d’écoulement, aussi une fois par an il fallait le nettoyer. Ce travail se faisait à la main par une équipe de « courageux « ,

employés et amis de Mr Aymard. Il fallait couper les herbes folles, les ronces qui

poussaient sur les bords. Puis une armée de travailleurs, à l’aide de pelles, rejetait hors du ruisseau toute la vase qui s’était accumulée. C’était en même temps une partie de pêche.

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Il y avait beaucoup de poissons de toutes sortes. Les gamins ramassaient dans des bidons les gardèches et les loches, de quoi faire de belles fritures. Après une dure journée de labeur, tout finissait par un bon repas.

Jean est entré à la nouvelle école de Nieul dès sa construction. A cette époque, il y avait bien le chauffage-central , avec une chaudière à charbon, mais, avec les restrictions d’énergie pendant la seconde guerre mondiale et plusieurs années après, on a vu revenir les bons vieux poêles d’autrefois, dans chaque classe, ce n’est que quelques années plus tard que le chauffage central a été remis en fonction, cette fois, avec une chaudière au fioul. Un texte des élèves de André .R, alors directeur de l’école, parlant avec chaleur de leur groupe scolaire , précise bien le chauffage central installé (voir pages 39 et 40)

arcelle R. était une bonne élève, elle a d’ailleurs épousé un directeur d’école. Ils connaissent parfaitement bien ce milieu scolaire et à ma demande, ils nous en parlent...

La particularité des écoles de Nieul, petite et grande école, c’est qu’elles sont mixtes, alors qu’alentour, à l’instar d’Oradour-sur-Glane, il y avait une école de filles et une de garçons séparément.

Emma et Marcelle se souviennent de Mr Bardet, le directeur et instituteur de leur école de Nieul dans les années 1930, il était très respecté et craint, mais il avait d’excellents

résultats avec ses élèves, ce n’était pas une « terreur », mais un super enseignant. Il ne ménageait pas les garçons, certains, pleuraient quelquefois.

Le certificat d’études, se passait à 12-13 ans. A son issue, Mr Bardet accompagnait toute la classe à la plage sur l’ile

d’Oléron et l’ile d’Aix.

Marcelle et Emma ont gardé leur diplôme du certificat d’études, Marcelle a été reçue la première du canton de Nieul, elle a, à cette occasion été choisie par le maire d’alors Mr Emile Foussat, pour représenter le symbole de la République , « Marianne », lors du 150èmè anniversaire de la prise de la Bastille, et la

plantation d’un arbre de la liberté sur la place de Nieul, lequel arbre, n’a pas malheureusement survécu longtemps.

L’enseignement de base à l’école, comprenait, le calcul, une dictée chaque jour, avec règles de grammaire, orthographe et explication de texte et une récréation. Il y avait aussi des leçons de morale

En ce qui concerne l’histoire et la géographie, il fallait retenir par cœur les principales dates qui jalonnent notre histoire de France et pour la géographie, connaitre sur le bout des doigts, les chefs –lieux de départements et d’arrondissements.

Comme à la Maison, les enfants entendaient aussi parler le patois local, l’instituteur traduisait souvent tel ou tel mot du français en patois et inversement, car si les parents des enfants parlaient le français, les grands parents, eux, ne parlaient souvent que le patois. Par contre le dialecte local ne se transmettait pas par écrit, seulement par oral.

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André .R, se souvient que la relation maître-élèves se passait bien autrefois, une sorte de respect mutuel…sauf parfois avec quelques brebis galeuses comme il en existe encore aujourd’hui…

A noter que l’école des grands d’avant 1938, n’avait pas vraiment de cour de récréation, Emma nous en a déjà parlé, la récréation se passait sur la place actuelle centrale de Nieul devant les grilles de la maison qui jouxte le magasin de fleurs et Pompes funèbres

actuellement. Quant à l’école des petits, elle se trouvait dans le bâtiment occupé encore récemment par un Kiné et la récréation des enfants se passait juste devant. Il faut dire qu’à cette époque la circulation était presque inexistante, peu de voitures, seulement des charrettes avec chevaux.

Question jeux, les garçons jouaient aux billes, pour cela, il fallait un coin avec de la terre, à cette époque les cours de récréation n’étaient pas goudronnées, les filles elles, jouaient à la ronde.

A l’école, la plume « sergent major » était de rigueur, mais il n’y avait pas d’exercices d’écriture avec respect des pleins et déliés au-delà des classes préparatoires, utilisation de la sacro-sainte encre violette et les tâches inopinées mais fréquentes…

Au sujet de l’école, un inspecteur de l’éducation nationale, avait fait un rapport sur la vétusté d’alors des anciennes écoles de Nieul, ceci a sans aucun doute motivé le maire de l’époque Emile Foussat à réagir.

A cette époque, il n’y avait pas l’eau courante, et comme dans beaucoup de maisons, les

« WC » étaient au fond du jardin et le papier utilisé, des bandes de journaux découpées.

A la démolition du mur du château, les habitants de Nieul se sont sentis comme libérés du carcan de pierres qui les oppressait comme un corset depuis tant d’années et qui les empêchait de respirer…

Les mariages d’antan à Nieul étaient la plupart du temps organisés en famille, avec la participation de tous et de toutes. André et Marcelle, ont dans leur garage, une branche de genévrier qui date de leur mariage, il y a plus de 60 années. La robe de la mariée était décorée de roses réalisées en papier, lesquelles roses étaient aussi accrochées sur des draps qui servaient de décors dans la salle de banquet. Le cortège du mariage se déplaçait à pied de la maison à la mairie, puis à l’église, il y avait un ou des musiciens qui

accompagnaient, et sur le passage, les badauds poussaient des cris qui résonnent encore dans la tête des anciens. Le repas était composé par la famille, ou alors dans un des restaurants du village ou généralement avait lieu le

bal qui clôturait la cérémonie. Souvent il y avait plusieurs repas de prévus, car la femme qui faisait la cuisine, en faisait toujours beaucoup plus et

permettait ainsi de réaliser un autre repas le soir, voire aussi quelquefois le lendemain.

Il n’y avait pas de privations pendant la guerre de 1930-45, on était à la campagne et on trouvait presque tout pour manger correctement.

Récemment Marcelle R. me confiait qu’à la Filature il y avait deux familles, l’une qui avait une fabrique qui traitait la laine brute, un magasin de vente, un petit atelier de confection et un atelier où l’on

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