Quelles alternatives au redoublement ?
Intervention de Gilbert Longhi sur la problématique du redoublement en lycée : constats et alternatives Gilbert Longhi est professeur en IUFM et chercheur associé en Sciences de l'éducation à l'Université Paris X- Nanterre. Il a été proviseur du lycée Jean Lurçat, dans le 13ème arrondissement de Paris, lycée intègrant des structures expérimentales.
Quels constats en lycée ? quelles sont les marges de manœuvre possibles, les adaptations envisageables, quelles propositions pédagogiques ?
1 - Exposé
Eventuellement compliqué de difficultés liées à l'adolescence, le redoublement est la marque d'un dysfonctionnement qui peut s'exprimer par abandon, décrochage, absentéisme, démotivation, échec.
a) Représentations du redoublement 1)Bon outil de lutte contre l'échec
2)Facteur de crédibilité du système (raffinée par la contre-expertise de l'appel) 3) Fait partie de la tradition éducative
4) Source de motivation.
b) Inconvénients 1) Coût
2) Traces psychologiques c) Alternatives actuelles :
1) Aménagement de la durée de scolarité (après accord) 2) Accompagnement (renforcé par l'effet Pygmalion) 3) Réorientation en lycée professionnel, apprentissage…
4) Sous -traitement à l'entreprise
5) Recours à des associations, à l'armée…
d) Propositions de pédagogues
1) Pulvériser l'année scolaire (unités capitalisables…) : est-il nécessaire de redoubler dans toutes les disciplines ? Problème de cette démarche : risque de creuser les écarts.
2) Inventions, innovations :
Concernent 3000 élèves, du cycle central de collège à 2e année d'université, répartis en 65 pôles, chapeautés par un conseil de l'Innovation.
Les différents tâtonnements mis en œuvre reposent sur 4 piliers :
- moratoire : l'effacement du passif constitue un signal de redémarrage pour l’élève - poursuite de rêve sans créer d'illusion
- alternance école-vocation : “ Si tu as des réussites par ailleurs, il faut en profiter, et te réinvestir par la suite à l’école ”.
- temps choisi : une façon de lâcher la pression pour permettre de repartir par la suite.
Problème de la transposition des pratiques :
Une équipe militante trouve une pratique innovante, elle séduit l’inspection Générale. Le bulletin national qui en découle risque d’être “ caricaturé ” dans les établissements.
C’est tout le problème de la généralisation d’une expérimentation qui n’est pas forcément transposable à dans tous les établissements.
2 - Débat
Sylvie N. : au collège de Castillon la Bataille, un aménagement de la scolarité avait conduit à une amélioration des résultats au brevet.
Catherine : nous avions fait un projet de 4e en deux ans : le résultat était satisfaisant.
Le projet est de bonne qualité dès lors qu'il y a :
- autonomie
- contrôle de cette autonomie
On peut (et doit) alors aider les établissements.
Alice :
1/ a-t-on évalué les mesures d'alternance ? Oui par retour à l'école et réussite au bac.
2/ a-t-on dégagé des moyens particuliers ?
Oui à Lurçat on peut parler de gain : expérience de découverte, opération Einstein, adaptation pour la souffrance psychologique.
Laurence : y a-t-il allégement des programmes ? Oui
Franck : il convient d'être prudent dans la mesure où l'audit de modernisation conseille de réserver 20 % de la DHG à l'innovation.
Il s'agit de bien se situer entre le pouvoir-revanche et la promotion automatique.
Philippe : suivant que l'organisation est simple ou complexe, l'essaimage du modèle peut se révéler délicat.
Catherine : il est important de faire intervenir des regards croisés en sorte que l'aide individualisée soit prise en compte collectivement.
Julien : il faut arriver à distinguer différenciation et individualisation.
Sylvie : il faut sortir de l'irrationnel et ne pas être obnubilé par les 1,7 M€ d'économies induites par la suppression du redoublement. Il faut utiliser des alternatives, les mutualiser et les évaluer.
Alice : existe-t-il des réseaux de mutualisation ?
O. Cosnefroy : nous avons procédé à une évaluation des 15-16-17 ans.
G. Longhi : nous nous intéressons à des élèves ordinaires d'établissements ordinaires dont les difficultés, sans remédiation apparente, proviennent de manque ou de dérèglement. Elles proviennent souvent d'une curiosité malsaine, non sublimée, débouchant sur le voyeurisme, le sadisme, la mégalomanie ; il importe de la contrecarrer par le nourrissage culturel et l'entraînement langagier.