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LA NAISSANCE DE L’ETAT D’ISRAEL

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Academic year: 2022

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LA NAISSANCE DE L’ETAT D’ISRAEL

Depuis la naissance en 1948 de l'État d'Israël, l'histoire du Moyen-Orient se confond avec une série de conflits ouverts ou larvés dont, il y a encore peu, personne n'aurait su prédire l'issue. Pourtant, la signature de l'accord israélo-palestinien en 1993 a permis d'entrebâiller la porte de la paix. Il reste que les extrémistes de tous bords ne manquent pas une occasion de la menacer.

I. Un territoire convoité depuis des millénaires

Les premières traces de peuplement en Israël remontent au X e millénaire avant notre ère.

Les Cananéens s'y installent au IIIe millénaire et fondent des cités puissantes, indépendantes les unes des autres. Ils sont rejoints et progressivement submergés par les Philistins, qui donnent le nom de Palestine à la région, puis par les Hébreux à la fin du XIIe siècle av. J.- C. Selon les textes bibliques, ces derniers viendraient de la Chaldée mésopotamienne; ils auraient été guidés par le patriarche Abraham vers la Terre promise, qu'est le pays de Canaan, conquis vers 1180 av. J.-C. par Josué.

Les premiers grands rois hébreux sont David et son fils Salomon, qui fait construire le Temple de Jérusalem. À sa mort, le royaume est coupé en deux entre le royaume d'Israël (au nord) et celui de Juda (au sud), gouverné par les descendants de David. Au VIIIe siècle av. J.- C., le royaume d'Israël est conquis par les Assyriens, et sa population est éparpillée dans les autres pays du Moyen-Orient. Ce sont les prémices de la diaspora (mot grec signifiant

"dispersion") juive. Le royaume de Juda est, quant à lui, soumis au VIe siècle av. J.-C. par l'empereur Nabuchodonosor, qui détruit le Temple et fait déporter les Hébreux à Babylone.

Lors de cet exil forcé, on peut commencer à parler de peuple juif, car ils se servent de la pratique religieuse pour sauvegarder leur identité.

Les Juifs restent à Babylone jusqu'à la victoire du roi perse Cyrus le Grand, en 539 av. J.-C.

Celui-ci laisse rentrer les captifs en Judée, où ils rebâtissent le Temple. Sous domination perse puis macédonienne, la région est envahie au Ier siècle av. J.-C. par les Romains. Pompée s'empare de Jérusalem en 63 av. J.-C. La destruction du Temple par Titus, en 70 apr. J.-C., conclut dramatiquement la première grande vague de révoltes antiromaines. Un deuxième soulèvement, mené par Simon dit, Bar Kocheba, entre 132 et 135, s'achève par une nouvelle défaite des Juifs, expulsés de la région romaine de Syro-Palestine. Celle-ci passe au IVe siècle sous l'autorité des empereurs byzantins, qui la christianisent, puis elle est conquise par les Arabes au VIIe siècle. Les croisés y arrivent au XIe siècle, mais leurs royaumes sont balayés à la fin du XIIe siècle par les troupes de Saladin, devenu sultan d'Égypte, et par les mamelouks d'Égypte au XIIIe siècle. À partir de 1516, les Ottomans intègrent la Palestine à leur empire.

Cette domination des Turcs perdurera jusqu'au démantèlement de leur empire après la Première Guerre mondiale.

II. La naissance d'Israël

En 1917, lorsque la Palestine passe sous la tutelle des Britanniques, elle est très majoritairement peuplée d'Arabes. La fin du XIXe siècle est marquée par le retour des premiers juifs de la diaspora, chassés de leurs pays d'accueil par des persécutions antisémites.

D'autres immigrants arrivent au début du XXe siècle, incités par les dirigeants du mouvement

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sioniste à retrouver l'ancienne Terre promise. En 1917, la déclaration Balfour (du nom du ministre britannique des Affaires étrangères Arthur James Balfour) légitime les revendications sionistes en approuvant le projet de création d'un foyer national juif en Palestine. Les immigrants juifs affluent à partir des années 1920, malgré l'hostilité croissante de la population arabe. Dans les années 1930, les affrontements entre les deux communautés prennent des proportions telles que les Anglais décident de bloquer l'immigration juive à partir de 1939.

Ils font, de cette façon, basculer la plupart des sionistes dans la résistance et le terrorisme, alors qu'en Europe la politique d'extermination des juifs menée par les nazis fait six millions de morts. La fin de la guerre amène un regain de tensions en Palestine.

Forcés, cette fois, de prendre position, les pays occidentaux se prononcent en faveur de la partition en deux États, l'un arabe, l'autre juif, solution officialisée en 1947 par le vote d'une résolution à l'Organisation des Nations Unies (ONU). Les pays arabes s'opposent immédiatement au plan de partage. Le 15 mai 1948, au lendemain de la proclamation de l'indépendance d'Israël, le nouvel État est attaqué par ses voisins. Il sort vainqueur du conflit, et l'armistice signé en 1949 tient compte des positions qu'il a acquises. Environ 900000 Palestiniens fuient vers les pays voisins, notamment en Jordanie; ils ne pourront plus revenir.

En 1956, Israël est partie prenante dans la crise de Suez, qui oppose la Grande-Bretagne et la France à l'Égypte de Nasser.

III. Le mandat britannique en Palestine

La déclaration Balfour et le régime mandataire déclenchent l'hostilité arabe qui se manifeste par de violentes émeutes antijuives (1920 - 1921). Face à cette agitation, le gouvernement britannique rappelle que son objectif n'est pas de transformer la Palestine en un foyer national juif, mais de créer un Foyer national juif en Palestine. Il propose la création d'un Conseil législatif où siégeraient Arabes et Juifs. Mais le Conseil législatif ne voit pas le jour, chacune des formules envisagées se heurtant à l'opposition de l'une ou l'autre communauté. Pendant toute la période de l'entre-deux-guerres, la situation en Palestine est explosive, Juifs et Arabes revendiquant l'application des promesses faites par Londres en 1916 et en 1917.

Les deux communautés se dotent de groupes d'autodéfense armés ainsi que d'institutions représentatives (l'Agence juive chez l'une, le Mouvement national palestinien chez l'autre). En 1929, de nouvelles émeutes antijuives éclatent à la suite d'une polémique relative au droit d'accès des Juifs au mur des Lamentations. Les autorités britanniques recommandent alors de freiner le développement du Foyer national juif.

Mais l'avènement du régime nazi en Allemagne, en 1933, relance l'immigration juive vers la Palestine ainsi que la tension dans la région. La lutte palestinienne prend alors la forme d'une véritable guérilla qui n'est réduite qu'en 1937. Le Mouvement national palestinien est alors exsangue : il a subi de lourdes pertes humaines (plusieurs milliers de morts) et ses chefs sont détenus en prison. Toutefois, la nécessité de se concilier les États arabes à la veille de la Seconde Guerre mondiale conduit Londres à adopter un Livre blanc. Celui-ci prévoit un net ralentissement de l'immigration juive, la limitation d'autorisation d'achats de terres et l'institution d'un État palestinien indépendant dans les dix ans. Le Livre blanc suscite l'opposition du mouvement sioniste qui met en place des réseaux d'immigration clandestine en

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Palestine. Par ailleurs, des organisations juives, comme l'lrgoun ou le groupe Stern, se livrent à un terrorisme antibritannique. À la fin de la guerre, la puissance mandataire est soumise à la pression des sionistes, qui exigent la création immédiate d'un État juif, ainsi qu'à celle des Arabes, qui revendiquent un État palestinien indépendant. Aucun des plans proposés par les Britanniques n'étant accepté, ceux-ci confient à l'ONU le soin de régler la question palestinienne. Un plan de partage est finalement adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, mais il est rejeté en bloc par les États arabes.

IV. La première guerre (1948)

L'État d'Israël est fondé le 14 mai 1948. Reconnu par les États-Unis et par l'Union soviétique, Israël est immédiatement confronté à l'offensive des pays arabes qui refusent de reconnaître son existence. Les États arabes limitrophes (Égypte, Syrie, Irak, Transjordanie et Liban) attaquent le nouvel État, tandis qu'à l'intérieur la lutte est menée par la Garde nationale arabe levée par le grand mufti de Jérusalem. Après une trêve de quatre semaines, les Israéliens refoulent les différentes armées arabes au cours d'une offensive, dite "des 10 jours". À la faveur d'une trêve, 500000 Palestiniens sont chassés en Transjordanie, en Syrie et au Liban.

Entre octobre 1948 et janvier 1949, les Israéliens repoussent les Égyptiens jusqu'à El-Arich et s'emparent de l'ensemble de la Galilée et du Néguev. L'Égypte demande l'armistice, accordé le 2 février, bientôt suivie par le Liban (23 mars), la Jordanie (3 avril) et la Syrie (20 juillet).

Seul l'Irak refuse de négocier, mais n'ayant pas de frontières communes avec Israël, Bagdad retire ses troupes. Les lignes de cessez-le-feu qui font office de frontières sont plus favorables à Israël que celles prévues par le partage de l'ONU. Mais l'Égypte garde la bande de Gaza, tandis que la Jordanie récupère la Cisjordanie - primitivement destinée aux Palestiniens dans le plan de partage de l'Organisation des Nations unies - et la moitié de Jérusalem, l'autre étant occupée par Israël.

V. Crise de Suez et deuxième guerre israélo-arabe (1956)

En juillet 1956, le colonel Nasser, chef de l'État égyptien, décide de nationaliser la Compagnie internationale privée du canal de Suez dans laquelle les Français et les Britanniques ont de puissants intérêts.

À cette époque, la France qui doit faire face à l'insurrection du peuple algérien ne peut se permettre un conflit de grande ampleur au Proche-Orient. Aussi décide-t-elle, en accord avec la Grande-Bretagne et Israël, d'un plan qui l'autorisera à intervenir dans la région sans faire figure d'agresseur. L'URSS, qui s'est engagée à financer la construction du barrage d'Assouan en Égypte, et les États-Unis - alliés de l'État hébreu - sont donc maintenus dans l'ignorance du projet franco-britannique. Le 29 octobre 1956, l'armée israélienne lance une guerre éclair dans le Sinaï, mettant en déroute les Égyptiens totalement surpris. Le 30 octobre, la France et la Grande-Bretagne adressent aux belligérants un ultimatum les sommant de retirer leurs troupes à 15 kilomètres de part et d'autre du canal. Comme l'avaient prévu Londres et Paris, l'Égypte refuse d'obtempérer. Ce qui déclenche l'intervention des Franco-Britanniques (5 et 6 novembre). Ces derniers ne rencontrent pas de véritable opposition de la part des Égyptiens.

Mais sous la pression des États-Unis, de l'URSS et de l'ONU, la France et la Grande-Bretagne se voient contraintes de faire marche arrière. De plus, l'intervention britannique soulève de vives protestations à l'intérieur même du pays, ouvrant une très grave crise politique à Londres.

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Dès le 15 novembre, une force de police internationale de l'ONU se substitue aux Français et aux Britanniques, occupe le Sinaï, rétablit la ligne de cessez-le-feu de 1949 entre l'Égypte et Israël et reste interposée entre les deux belligérants, y compris à Charm el-Cheikh, une position qui commande l'entrée du golfe d'Aqaba, et à Gaza.

VI. La guerre des Six Jours (1967)

La période suivante est marquée en Israël par une grave crise économique et sociale, tandis qu'en Syrie un coup d'État de l'aile gauche du parti au pouvoir favorise l'action des combattants palestiniens ( fedayin ). Par ailleurs, les Palestiniens organisent la résistance armée en créant, en 1964, l'OLP (Organisation de libération de la Palestine).

Aux actions de commandos menées par les Palestiniens, le gouvernement israélien riposte par des opérations préventives, notamment contre la Jordanie en novembre 1966. Par ailleurs, de violents accrochages se produisent entre forces israéliennes et syriennes. Dans ce contexte de tensions, l'Égypte demande le retrait des forces internationales de l'ONU de Gaza et du Sinaï et prend plusieurs mesures : fermeture du détroit de Tiran à la navigation israélienne (22 mai 1967) et signature avec la Jordanie, puis avec l'lrak, d'une série d'accords militaires.

L'Égypte, qui a obtenu la relève par sa propre armée des contingents de l'ONU en place depuis 1957, réoccupe Charm el-Cheik et commence à déployer de forts contingents blindés dans le Sinaï. La Syrie fait de même à sa frontière. À cette époque, l'armée égyptienne, tout comme celle de la Syrie, est équipée de matériels modernes (blindés et avions) fournis en abondance par l'URSS. De son côté, l'armée israélienne bénéficie d'équipements parmi les plus performants mis à sa disposition par l'Occident.

Les mouvements de troupes dans le Sinaï décident Israël à lancer, le 5 juin 1967, une campagne préventive. Connue sous le nom de "guerre des Six Jours", celle-ci aboutit à un succès foudroyant. Dès le premier jour, les aviations égyptienne, syrienne, irakienne et jordanienne sont détruites au sol.Du 5 au 8 juin, les blindés israéliens mènent de rapides opérations à Gaza, dans le Sinaï et à Charm el-Cheik, et conquièrent la Cisjordanie contre les forces jordaniennes du roi Hussein qui subissent de très lourdes pertes.Désormais, la route de Damas, capitale de la Syrie, est ouverte aux blindés israéliens quand le cessez-le-feu, exigé par l'ONU le 7 juin, arrête la progression des Israéliens trois jours plus tard.

Israël occupe alors la poche de Gaza, le Sinaï, la Cisjordanie, la partie arabe de Jérusalem et les hauteurs du Golan. En août, les pays arabes réunis à Khartoum (Soudan) s'engagent à ne pas reconnaître Israël et à ne pas négocier avec lui.De son côté, l'URSS, imitée par les démocraties populaires, rompt ses relations avec Israël.

Le 22 novembre 1967, l'ONU adopte la résolution 242 : retrait des forces israéliennes des territoires occupés, reconnaissance de la souveraineté de chaque État de la région, garantie de la navigation sur les voies d'eau internationales, règlement du problème des réfugiés palestiniens et création de zones démilitarisées.

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