Chap 7 histoire – Séance de mardi 23 juin 2020 - (I)
- C- Le tiers état : le troisième ordre ?
2- Un ordre dominé qui fait entendre sa voix.
Travail des élèves : À partir de la correction du travail sur les documents, rédigez un paragraphe structuré dans lequel vous montrerez que la pression fiscale pesant sur les pays aux XVIIe et XVIIIe siècles a pu conduire à des révoltes paysannes. Pour cela vous traiterez de l’exemple de la révolte des Nu pieds de 1639-1640.
Correction : à copier sur le cahier.
Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par la multiplication des impôts royaux, directs ou indirects, qui pèsent essentiellement sur la paysannerie (aussi accablée par des redevance seigneuriales et la dîme due à l’Église). C’est pourquoi l’époque voit aussi se multiplier les révoltes paysannes comme celle des Nu Pieds de 1639-1640.
La révolte des Nu Pieds éclate en Normandie en 1639 alors que la rumeur selon laquelle le pouvoir royal allait imposer la gabelle dans la province se répand. Si les paysans normands se montrent hostiles à cet impôt sur le seul, c’est parce que jusque-là ils en étaient exemptés (en effet, toutes les provinces du royaume ne payaient pas cet impôt, notamment les provinces productrices de sel). Afin de faire connaître leur opposition, les paysans normands décident de s’armer contre les agents chargés de venir faire appliquer la décision royale et de récolter l’impôt. En quelques semaines ce sont près de 20 000 paysans qui s’arment et prennent le nom de Nu Pieds. Le roi de France décide alors de réprimer cette révolte et charge le colonel Gassion de commander une troupe armée qui fait le siège de la ville d’Avranches. Ce siège est une victoire écrasante des troupes royales et fait plus de 300 victimes du côté des insurgés. Aux morts lors des combats il faut ajouter les condamnations à morts prononcées par le Chancelier Séguier à l’issue de procès éclaires intentés contre ceux considérés comme les meneurs de la révolte.
Si le tiers état est un ordre largement dominé, c’est la paysannerie qui souffre le plus de cette domination et qui cherche à faire entendre sa voix en multipliant les révoltes paysannes tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles.
Transition (ne pas écrire) : Ainsi la société française des XVIIe et XVIIIe siècles est une société hiérarchisée autour de la notion d’ordres, c’est alors une société inégalitaire. Cependant les XVIIe et XVIIIe siècles conduisent à des mutations sociales génératrices de tensions et de crispations.
II- Les XVIIe et XVIIIe siècles sont marqués par des mutations sociales génératrices de crispations au sein de la société d’ordres.
Quelles sont les différentes mutations connues pas la société française des XVIIe et XVIIIe siècles et en quoi ces mutations sont-elles source de crispations au sein de la société d’ordres ?
A- Une lente amélioration des la condition paysanne.
1- Une population qui augmente du fait de progrès variés ...
Travail des élèves : Répondez aux questions suivantes au crayon à papier sur votre cahier.
Document 3 page 254 du manuel : Naissances et décès à Auneuil-en-Beauvaisis (Oise).
Ce document est un relevé des naissances et des décès dans la paroisse d’Auneuil-en-Beauvaisis (dans l’Oise) entre 1680 et 1790. Ce relevé a certainement été réalisé grâce à l’étude attentive des registres paroissiaux de cette localité.
1- Que pouvez-vous dire de l’évolution de la population de cette paroisse jusqu’en 1750 ?
2- D’après vous, qu’est-ce qui peut expliquer ces excédents de décès qui prennent la forme de pics et s’étalent sur un temps relativement « court » ?
3- Que peut-on dire de l’évolution de la population de cette paroisse à partir de 1750 ? 4- En démographie, quelle est la conséquence d’une natalité supérieure à la mortalité ?
5- Que peut-on alors de l’évolution démographique de la paroisse d’ Auneuil-en-Beauvaisis à partir de 1750 ?
Merci de bien vouloir répondre aux questions sur votre cahier (au crayon à papier) avant de lire et de copier la correction qui suit.
1- Que pouvez-vous dire de l’évolution de la population de cette paroisse jusqu’en 1750 ? Jusqu’en 1750 on constate un grand nombre « d’excédents de décès ».
EX : c’est le cas entre 1690 et 1710 / en 1720 / en 1730 et aussi entre 1740 et 1750.
2- D’après vous, qu’est-ce qui peut expliquer ces excédents de décès qui prennent la forme de pics et s’étalent sur un temps relativement « court » ?
Ces excédents de décès peuvent être dus :
→ à des épidémies comme celle de typhoïde (qui se transmet par des aliments peu cuits ou de l’eau infectée), de dysenterie (provoquée par l’ingestion d’aliments contaminés) ou encore celle de la peste comme celle de 1720 que l’on nomme la peste de Provence qui arrive à Marseille et qui fait près de 120 000 morts mais qui reste circonscrit à Marseille et sa région grâce au travail de l’administration et de l’armée qui ont constitué des barrages protecteurs afin d’éviter la propagation de l’épidémie dans tout le royaume de France.
→ à des disettes, c’est-à-dire des manques de nourriture dus à de mauvaises récoltes. C’est souvent le cas au cours des XVII et XVIIIe siècle du fait d’accident météorologiques réguliers. Le dernier de grand ampleur est celui du grand hiver 1709-1710 où une grande vague de froid s’abat sur le royaume de France (on parlera même d’un petit âge glaciaire). Cette vague de froid tue les récoltes. On enregistre -20,5° à Paris le 20 janvier 1709 et 6 vagues de froid s’enchaînent jusqu’à la mi-mars. Le sol gèle alors en profondeur. Les cultures ne sont pas les seules à subir cet hiver redoutable, le gibier, les animaux d’élevage, les arbres fruitiers, les vignes, succombent aussi. Face à la production qui s’effondre, il devient impossible d’approvisionner les villes. Ainsi par exemple, Paris n’a aucun ravitaillement agricole entre janvier et avril 1709. Autres accidents climatiques entre 1730 et 1740 marqués par des pluies diluviennes qui ravinent les sols et font pourrir sur pieds les récoltes espérées.
→ à des guerres bien que ces dernières soient plus rares et se déroulent davantage en dehors du royaume de France (épargnant ainsi les terres agricoles des ravages des combats mais aussi épargnant les populations paysannes de la pression de l’armée qui réquisitionne les récoltes).
3- Que peut-on dire de l’évolution de la population de cette paroisse à partir de 1750 ?
On ne compte presque plus de pic de décès. La natalité est toujours supérieure à la mortalité jusqu’en 1790.
4- En démographie, quelle est la conséquence d’une natalité supérieure à la mortalité ? L’accroissement naturel est alors positif, ainsi la population augmente.
5- Que peut-on alors de l’évolution démographique de la paroisse d’ Auneuil-en-Beauvaisis à partir de 1750 ?
En bien que la population de cette paroisse augmente.
Explications, ne pas écrire :
→ Si la population de la paroisse d’ Auneuil-en-Beauvaisis augmente à partir de 1750, c’est le cas de la population globale du royaume de France qui passe de 22 millions d’habitants en 1715 (à la fin du règne de Louis XIV) à 28 millions d’habitants sous le règne de Louis XVI (soit à partir de 1774).
→ Le royaume de France connaît alors une croissance démographique de près de 30 % en 60 ans environ.
→ Cependant, la croissance de la population du royaume n’est pas le fait d’une croissance démographique généralisée sur le territoire.
→ En effet, certaines provinces du royaume voient leur population augmenter considérablement (c’est le cas du Nord, de l’Alsace, de la Lorraine par exemple), alors que d’autres provinces sont marquées par une croissance faible voir même nulle (c’est le cas par exemple de la Bretagne où la population stagne autour des 2,2 millions d’habitants tout au long du XVIIIe siècle).
→ Ce qui explique cette croissance démographique ce sont :
→ les améliorations climatiques ; il n’y a plus d’accident climatique du type du grand hivers 1709- 1710 à partir de 1740 (et jusque dans les années 1780).
Document 5 page 255 du manuel : Des outils agricoles à la fin du XVIIIe siècle.
→ Ce sont aussi l’amélioration de certaines techniques agricoles avec l’apparition de la charrue qui permet de labourer en profondeur le terre et de la rendre ainsi plus fertile.
Document 1 page 254 du manuel : L’assolement triennal avec jachère.
→ C’est aussi le développement de l’assolement triennal avec jachère qui permet de faire tourner les cultures sur un sol et de laisser la terre au repos une année sur trois en la mettant en jachère.
→ Cette jachère permet alors de laisser reposer la terre et d’éviter de l’épuiser.
→ C’est aussi l’introduction de nouvelles variétés venues du nouveau monde ; avec l’introduction de la culture du maïs mais aussi et surtout celle de la pomme de terre (qui permet de nourrir 5 fois plus de personnes que le blé).
Document 4 page 255 du manuel : La construction d’une route.
→ C’est enfin l’amélioration du réseau routier du royaume de France avec la construction de routes en dur (et non plus seulement des chemins peu carrossés).
→ Ces routes rendent le transport plus
efficace (plus rapide et plus sécurisés) ce qui permet d’envisager le transport de marchandises et notamment de denrées agricoles entre les provinces du royaume.
→ Ainsi, en cas de disette dans une province, cette disette peut être en partie résorbée ou réduite grâce à l’arrivée de denrées alimentaires venues de provinces où les récoltes sont plus enviables.
Trace écrite à copier sur le cahier :
Le XVIIIe siècle est marqué par une importante croissance démographique (+30 % en 60 ans) faisant passer la population du royaume de 22 millions d’habitants à la fin du règne de Louis XIV à 28 millions d’habitants au cours du règne de Louis XVI. Cette croissance démographique est le fait de certaines provinces du royaume mais pas de toutes.
Cette croissance démographique peut s’expliquer par plusieurs facteurs :
→ des facteurs climatiques : avec le recul des accidents climatiques d’importance (comme celui du grand hivers 1709-1710).
→ des progrès en agronomie (ensemble des sciences et techniques mises au service de l’amélioration de l’agriculture) : avec l’apparition de la charrue qui permet de labourer les sols en profondeur mais aussi l’assolement triennal qui permet une rotation des cultures et ainsi de laisser la terre se reposer une année sur trois (c’est la jachère), ou encore l’introduction de nouvelles variétés comme le maïs mais surtout la pomme de terre qui permet de nourrir 5 fois plus de personnes que le blé.
→ l’amélioration des axes de transports : avec la construction d’un réseau routier en dur qui permet de rendre plus efficace (et plus rapide surtout) le transport de denrées alimentaires d’une province à une autre (permet ainsi de limiter les effets de disette lorsqu’elle se présente dans certaines provinces).
→ Enfin cette croissance démographique peut aussi s’expliquer par un recul significatif des épidémies du fait des progrès de la médecine et notamment du développement de la chirurgie mais aussi du fait des quelques progrès de l’hygiène. Cela peut s’expliquer enfin par un recul des guerres
qui se font de moins en moins sur le sol du royaume de France mais dans les monarchies voisines, ce qui permet ainsi de préserver les terres agricoles des combats.
2- … mais des progrès qui restent somme toute relatifs.
Explications, ne pas écrire :
→ Si les progrès évoqués plus haut ont permis une légère amélioration des conditions de vie des populations du royaume permettant son augmentation, ces progrès restent somme toute relatifs, notamment en matière d’agriculture.
→ En effet, il n’y a pas, au XVIIIe siècle, de révolution agricole, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de transformation considérable des techniques agricoles.
→ Les rendements agricoles restent constants autour de 4 à 6 grains de blé récoltés pour 1 semé.
→ Cela tient au fait que les techniques agricoles restent rudimentaires.
→ L’essentiel du travail des champs est fait à la main avec des outils en bois auxquels on ajoute parfois un peu de fer.
→ Si la charrue fait son apparition, elle est loin d’être généralisée sur les exploitations agricoles et est souvent l’apanage de quelques riches laboureurs.
VOC : laboureur : paysan riche disposant de charrues et d’animaux de trait (chevaux, bœufs).
→ De même il y a peu d’innovations agricoles.
→ On constate au cours du XVIIIe siècle que certains paysans vendent de la paille contre du fumier de cheval dont ils se servent pour enrichir leurs terres et les rendre plus productives mais cette pratique est loin d’être généralisée du fait notamment des habitudes, de la tradition.
→ Nombreux sont ceux qui sont hostiles aux changements qui, dans bien des cas, relèvent des essais or la plupart des paysans du royaume de France ont une famille nombreuse à nourrir et n’ont pas les moyens de sacrifier une récolte à ces essais agronomiques.
→ Il en va de même pour l’introduction de nouvelles variétés, cette pratique est loin d’être généralisée.
→ Ainsi, l’introduction de la pomme de terre a connu d’importantes résistances, seuls quelques territoires comme le Nord, l’Alsace, la Lorraine et le Limousin se sont lancés dans cette nouvelle culture.
Trace écrite à copier sur le cahier :
Les progrès agricoles des XVIIe et XVIIIe siècles restent très relatifs. Il n’y a pas de révolution agricole car il n’y a pas de transformation profonde du matériel agricole ni même des techniques agraires.
→ La charrue est essentiellement utilisée par une minorité de paysans que l’on nomme les laboureurs alors que la grande majorité se contente de travailler avec des outils rudimentaires en bois.
→ De plus, si l’on voit apparaître certaines innovations agraires comme l’utilisation du fumier pour enrichir les sols ou l’introduction de nouvelles cultures comme celle de la pomme de terre, ces innovations peinent à se généraliser du fait d’une forte résistance des paysans (mais plus généralement de la société) aux changements.