Monique Saint-Julia LA GRIPPEMINAUDE. Préface de Guy Chambelland

Texte intégral

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LA GRIPPEMINAUDE

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Monique Saint-Julia

LA GRIPPEMINAUDE

Préface Guy Chambelland de

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Edition originale

© Guy Chambelland 1977

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PREFACE

Je reçois, éditeur, à peu près un manuscrit par jour; j'édite depuis vingt ans deux livres par mois.

C'est dire, non ? que chacun de mes livres porte ma caution, même si j'aime plus celui-ci que celui-là. Une préface de moi à mes productions, hors le cas explicatif d'un Humeau, ou d'un numéro de revue à situer, serait donc une tautologie.

Encore : je suis un petit éditeur ; or une préface ne vaut sans doute que signée d'un grand nom, qui tutélise un nouveau. Kléber Haedens avait préfacé le précédent recueil de Monique Saint Julia. Bien. Bien. D'autant qu'il rappelait des propos de Montherlant, qu'il appli- quait à notre poétesse, à savoir que dans la poésie contemporaine (à quel millésime ?) « perdue par ses excès de sécheresse et de complication » (déjà !), seules, assurait notre misogyne, « les femmes restent aujour- d'hui capables de rendre sensibilité et lumière au poè- me ».

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Monique Saint Julia, décidément en quête de père, requit pour le présent titre Antoine Blondin. Las ! la poésie ne lui est guère que dans le vélo ! Du coup, me voici grippeminaudé ! Et contre toute déontologie, j'ac- cepte. Pourquoi les femmes ? disait à peu près Freud en mourant. Sans doute pour nous faire nous contredire, bâcler notre logique (douteuse), donner figure à notre imaginaire, nous prendre sans cesse en défaut, nous donner cette chance d'être autre ; pour nous surprendre.

Pourquoi les femmes ? Peut-être parce que sans elles, il n'y aurait plus de poètes. C'est déjà pas mal à leur actif ! Mais si elles-mêmes le deviennent, quel pi- ment elles rajoutent au jeu ! Jean Farran, directeur de R.T.L. (décidément notre auteur ne manquera pas de références-cautions), préfaçant une anthologie de la nouvelle poésie féminine annonçait là aussi la victoire de la femme. De quoi se plaindront-elles, désormais, ces dames dont si peu de noms jusqu'ici étaient restés en poésie, pendant des siècles ?

Nous nous interrogions un jour, (voyez, chère Monique, de quelle sollicitude patronnante je vous enveloppe) Jean Rousselot et moi, de la nature de la poésie féminine, et nous tombâmes à peu près d'accord sur le fait qu'elle est d'audace : proche du cri et loin de la littérature ; nous autres, pauvres hommes, intellectua- lisons jusqu'à nos viscères, et sommes tellement politi- sés, quoi qu'on dise, que nous souscrivons toujours, peu ou prou, à quelque mode ! En l'occurrence poétique, les snobs, c'est nous ; la nature la femme !

S'il n'y a pas chez Monique Saint Julia de cri, mais chant d'alouette, de fontaine à cresson, murmure d'amante discrète, voix au crépuscule dans un chuchotis de dentelles, il y a assurément l'audace d'écrire encore

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en 1976 une poésie de la simplicité. Conscient ou pas de ce que son écriture a de non parisien, le poète conti- nue sereinement la poésie impressionniste d'un Samain amnésique de l'alexandrin, ou d'un Francis Jammes s'il eût fait écrire des poèmes à Clara d'Ellébeuse.

Ce temps des confitures parfumant la maison aux bois tièdes, des gestes un peu cérémonieux du style Grand Meaulnes, de l'amour qui se rime toujours, je le crois beaucoup moins suranné qu'il n'y paraît, non pas seulement parce que la poésie de Monique Saint Julia est une poésie d'images, au sens surréaliste, mais parce que les schémas où nos cuistres veulent ramener la modernité, ces schémas sont si secs que la rêverie n'y peut tenir et se tourne alors, comme à partir de ce feu ce soir dans l'âtre, vers ces temps passés où l'on prenait son temps, et qui deviennent, de ce fait, notre nostalgie la plus typiquement moderne.

J'ai dit qu'une préface d'éditeur était inutile. Ou- bliez donc celle-ci. Mais lisez cette Grippeminaude. La poésie est à la critique ce que l'amour est au manuel de sexologie !

Guy CHAMBELLAND

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Extrait du catalogue :

Pierre ALBERT-BIROT, Le Train bleu Giuseppe Gioachino BELLI, Sonnets romains

(trad. Darbousset)

Alain BORNE, Le plus doux poignard Pierre CHABERT, Les Sales bêtes Jean COCTEAU, Faire-part

Robert GOFFIN, La proie pour l'ombre Robert GOFFIN, Mémoires d'outre-chair Denise GRAPPE, 7 × 9 Microcosmes

Edmond HUMEAU, Le Tambourinaire des sources Victor Hugo, Ce que dit la Table

(Le Pont de l'Epée 51) Yves MARTIN, Le Marcheur

Roger KOWALSKI, A l'oiseau à la miséricorde Henry de MONTHERLANT, poète

(Le Pont de l'Epée 52-53)

Gérald NEVEU, Une Solitude essentielle Marie Françoise PRAGER, Rien ne se perd Roger-Arnould RIVIERE, Poésies complètes Jean ROUSSELOT, Hors d'eau

SHAKESPEARE, Les Sonnets (trad. Rousselot) Alain SIMON, Rien le poète

Tristan TZARA, Où boivent les loups

Gabriel VARTORE NEOUMIVAKINE, Un pourboire de bruissement Oscar WILDE, Ballade de la geôle de Reading

(trad. Mauroc) Editions Chambelland

9, rue Rivarol — Bagnols-sur-Cèze 30

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