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LES GRANDS SPORTIFS DE UAIN

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Academic year: 2022

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LES GRANDS SPORTIFS

DE UAIN

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DU MEME AUTEUR

Bourg de A à Z, Editions de la Taillanderie, 1986

Editions de la Taillanderie 8 rue du 4 septembre 01000 Bourg-en-Bresse ISBN: 2-87629-027-8

Photo de couverture : Daniel Morelon, le plus médaillé des sportifs, a eu la gentillesse de remettre son maillot de champion du monde pour notre photo, qu'il en soit remercié.

Photo: Taillanderie/Gambier

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MAURICE BROCARD

LES GRANDS SPORTIFS DE UAIN

« Préface de Roger BAJ\lBUCK»

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SIGLES EMPLOYES DANS CET OUVRAGE

A.S.S.U. Association du Sport Scolaire et Universitaire.

C.D.O.S. Comite Départemental Olympique Sportif. » C.N.O.S.F. Comité National Olympique du Sport Français.

C.R.O.S.F. Comité Régional Olympique du Sport Français.

F.F.B.B. Fédération Française de Basket-Bail.

F.F.F. Fédération Française de Football.

F.F.A. Fédération Française d'Athlétisme.

F.F.C. Fédération Française de Cyclisme. '"' F.F.R. Fédération Française de Rugby.

F.S.C.F. Fédération Sportive et Culturelle de France.

F.N.S.U. Fédération Nationale des Sports Universitaires.

I.N.S. Institut National des Sports.

I.N.S.E.P. Institut National du Sport et de l'Education Physique.

INDOOR terme anglais signifiant « en salle ».

I.R.E.P.S. Institut Régional d'Education Physique et Sportive.

U.F.O.L.E.P. Union Française des Oeuvres Laïques et d'Education Physique.

U.G.S.E.L. Union Générale des Sports des Ecoles Libres.

U.C.P.A. Union des Centres de Plein Air.

U.N.S.S. Union Nationale du Sport Scolaire.

C.R.E.P.S. Centre Régional d'Education Physique et Sportive.

CREDIT PHOTOS

Bade Bruno, Emonard Jean-Paul, Gaillard Gilles, Gambier Gérald, Germain Sylvette, Le Progrès, Louvatière Marc. .>Ioiroux Thierry, Rodewald Lutz, Supié Jean-François, photos X

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Le sport sans ses champions serait seulement ce que serait notre littéra- ture sans ses auteurs.

Jean Giraudoux

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PREFACE

Avec cet ouvrage Maurice BROCARD entend mettre en valeur la carrière sportive des champions originaires de l' AIN ou qui ont marqué ce département.

Entre Saône et Rhône, entre plaine et monts, ce département a donné naissance depuis les années 1870-1880 à bien des sportifs d'exception dont certains ont fait la gloire de leur discipline et du sport français.

S'attacher à ressusciter le souvenir de leurs efforts, de leurs peines, de leurs réussites, de leurs premiers succès puis de leurs triomphes nationaux et internationaux c'est montrer à chacun combien le sport est enraciné dans les collectivités proches de l'individu, en particulier dans le cadre départemental.

Dans tous ces parcours sportifs exemplaires se retrouvent les mêmes composantes.

En premier lieu, ce sont des capacités physiques particulières, souvent exceptionnelles qui échoient à quelques individus. Ensuite, ce sont des qualités psychiques qui modèlent le profil de ces hommes et de ces femmes hors du commun : un immense amour de la vie, un goût particulier pour l'effort, une volonté et une ténacité exceptionnelles et beaucoup d'autres éléments positifs encore. Mais tout ces dons auraient-ils pu fructifier sans les éducateurs, diri- geants et entraîneurs qui ont sû accueillir, détecter, orienter et éduquer tous les jeunes du département, et parmi eux, cette graine de futurs champions qui rêvaient dès leur jeune âge des plus grands exploits sportifs?

Ces exploits, ils les accomplirent sur tous les stades du monde, dans les plus prestigieuses des compétitions, notamment au cours des jeux Olympiques.

Il leur aura fallu pour cela, à un moment ou un autre quitter leur club et leur département d'origine.

Aussi, trouvé-je particulièrement heureux que cet ouvrage souligne tout ce que ces champions doivent à leur milieu départemental d'origine -la famille, l'école, les clubs...- dans leur réussite sportive et humaine.

Que serait le sport national de haut niveau s'il ne se développait sur le terreau des collectivités régionales dans un climat éducatif propice à la constitu- tion d'une forte personnalité, sans laquelle il ne saurait y avoir de grand champion?

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Il est bon que les lecteurs de l'Ain se remémorent les carrières d'un certain nombre de ces grands champions qui, depuis 1900, ont fait honneur à ce département. Ils apprendront ainsi tout ce que ces réussites sportives doivent aux efforts totalement bénévoles et désintéressés des éducateurs des clubs locaux.

Si le Ministre que je suis tient a souligner la vitalité sportive de ce départe- ment à travers les portraits de nombreux champions ayant brillé dans la plupart des disciplines sportives, l'athlète que j'ai été apprécie tout particulièrement la place consacrée à ceux de mes camarades d'équipe et à mes grands anciens qui par leurs succès ont porté fièrement les couleurs de l'athlétisme français.

Au-delà de ce petit coup de coeur pour ma spécialité, je suis heureux de penser que dans chaque biographie, chaque souvenir, chaque anecdote qui compose cet ouvrage, le lecteur puisera l'optimisme et la joie de vivre si intime- ment liés au sport quelle que soit l'activité pratiquée, à quelque niveau que ce soit.

Roger BAMBUCK

Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports

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AVANT PROPOS

Les noms des sportifs qui ont marqué notre département n'ont souvent été retenus que les lendemains de leurs exploits tant le clin d'oeil de la rubrique sportive du journal local ou même celui de la presse spécialisée était fugitif.

Cet ouvrage a pour but de combler cette lacune et de permettre de conserver autrement que de mémoire le nom et l'oeuvre de ces grands du sport, ambassadeurs de notre département.

Les «Grands Sportifs de l'Ain» renferme bien entendu les très grands champions, ceux que tout un chacun connaît. Mais aussi tout ceux qui, beau- coup moins connus, sont au minimum champions de France pour les disciplines individuelles ou sélectionnés internationaux pour les sports collectifs.

Il y a les pionniers, les défricheurs, ceux qui, avant le siècle, à travers des disciplines que nous trouvons aujourd'hui fantaisistes, entrouvrirent la porte de l'aujourd'hui sportif. Il y a leurs chefs, leurs dirigeants, leurs entraîneurs quand, bien sûr, ils ont un rapport avec l'Ain.

Ce travail n'est malheureusement pas exhaustif. Il est pourtant le fruit de recherches importantes effectuées, tant auprès des intéressés, des clubs, des sociétés ou des familles pour ceux qui ne sont plus.

Si certains sportifs ne figurent pas dans ce livre qu'ils sachent qu'il ne s'agit pas d'une mise à l'index ou de discrimination. A preuve, l'actualisation jusqu'au 24 septembre 1989.

Il est cependant dommage que certains sportifs, contactés à plusieurs reprises, n'aient pas donné suite. Peut-être par excès de modestie...

Je ne terminerais pas cette introduction sans remercier toutes celles et tous ceux qui m'ont aidé dans la réalisation de mon travail. En tout premier lieu monsieur le Ministre Roger BAMBUCK qui a bien voulu me faire l'honneur de préfacer mon ouvrage.

En suite, tous les sportifs. Sans eux, rien n'aurait pu être fait. Leurs témoi- gnages ont été primordiaux, irremplaçables,. Ils sont la mémoire vive de l'ou- vrage. Avec gentillesse tous ont accepté de corriger mon texte afin qu'aucune erreur ne se glisse dans le récit de leur carrière.

Dans un même esprit, il y a les familles des sportifs qui ne sont plus, des amis aussi. Tous m'ont aidé à tisser le canevas de la vie sportive de celui ou de celle qui fut un grand du sport.

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Merci maintenant à ceux qui dans notre département sont la « mémoire vivante » du sport, et qui ont facilité mon travail. Ma gratitude va tout particuliè- rement à :

- Monsieur Marcel LOUVATIERE d'Oyonnax, l'un des doyens du sport de l'Ain.

- Madame Marcelle COURTINE de Bourg, légataire du « trésor de guerre» de son père M. Jean Rozet ancien journaliste sportif.

- Maître Pierre SENETAIRE ancien Président de l'Union Sportive Bres- sane.

- Monsieur Jean Garcia ancien joueur et dirigeant de l'U.S.B.

- Monsieur Georges DUGAD ancien joueur et dirigeant de l'U.S.B.

- Monsieur PELLEGRIN l'homme qui a découvert J.C. NALLET.

- Monsieur Antoine JACQUET de Bellegarde l'un des fondateurs des Mouettes.

- Monsieur Robert THEPPE un « pilier» de l'Alouette des Gaules.

- Monsieur Maurice VIOLLAND ancien dirigeant de l'U.M.A.

- Monsieur Régis PROST de la F.F.A. entraîneur national.

- Monsieur J.C. RONGRAIS des V.A.B.

Ma gratitude s'adresse enfin à tous les dirigeants des Sociétés Sportives contactées, aux Fédérations sportives et quelques grands clubs professionnels qui au plus haut niveau ont bien voulu me renseigner: la F.F.A, la F.F.B.B, L'Olympique Lyonnais, l'Association Sportive de St-Etienne.

Au plan départemental, la Direction de la Jeunesse et Sports, le Comité départemental Olympique.

Merci enfin aux journalistes sportifs du Progrès, aux «pigistes» aussi.

Tous m'ont ouvert leur bureau, et très aimablement, m'ont cédé des photos.

Amis anonymes qui à votre façon m'avez souvent donné des « tuyaux»

intéressants, à vous aussi ma reconnaissance.

MAURICE BROCARD

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« Ne savez-vous pas que dans les cour- ses du stade, parmi tous ceux qui cou- rent, un seul remporte le prix? Cou- rez-tous de manière à le remporter ! » St Paul (Epitre aux Corinthiens)

L'ATHLETISME

Les sportives d'Oyonnax en 1924. Au milieu, Jeanne Collet

Les origines de l'athlétisme remontent à la nuit des temps. On retrouve les toutes premières compétitions dans la région d'Elide au nord-ouest du Pélo- ponèse, à l'époque des Macédoniens, environ 900 ans avant Jésus-Christ. En 490 avant J.C., un soldat grec partit du petit village de «Marathon» vers Athènes, en courant, pour annoncer la victoire des Grecs sur les Perses. Ce fut le premier Marathonien.

Au VIlle siècle avant J.C., vers 776, on créa les premières compétitions officielles. Elles prirent le nom d'« Olympiades ». Il y avait trois courses à pied : l'une de 129,25m, la course double, et la course des 24 stades (4.614m). Figu-

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raient également au programme, le saut, le disque et le javelot. Le premier record enregistré en saut en longueur fut un bond de 6,92m effectué au J.O. de 656 avant J.C. par un athlète de Sparte nommé Chionis.

L'athlétisme moderne s'est développé systématiquement en Europe et aux Etats-Unis vers les années 1870. La première réunion d'athlétisme en France remonte à 1867, à Boulogne-sur-Mer. Mais il s'agissait d'une manifesta- tion mise sur pied par des Anglais qui avaient franchi le Pas-de-Calais.

En 1875, quelques jeunes gens avec à leur tête le français Blondel et l'an- glais Gerling fondent le « Club des coureurs ». Ils organisent une première réunion le 20 avril sur le Cours-la-Reine. En 1883, création du Racing-Club devenu en 1885, le Racing-Club de France. En 1888, création des premiers championnats de France qui se déroulèrent à la Croix-Catelan avec comme épreuves principales le 100m et le 400m, le 1.500m et le 110m haies.

A partir de 1896 avec la création des Jeux Olympiques modernes par le Francais Pierre de Coubertin, l'athlétisme va devenir un sport complet.

Dans l'Ain comme partout en France, la création de clubs d'athlétisme se confond très souvent avec la pratique de la gymnastique pure. En effet, dans ces sociétés sportives, on enseignait aussi bien la gymnastique que l'escrime, le tir ou l'athlétisme. C'est beaucoup plus tard que les différentes disciplines se sépa- rèrent pour arriver à former des fédérations autonomes.

La doyenne des Sociétés Sportives de l'Ain est l'Alouette des Gaules de Bourg en mars 1872 puis

avr. 1882, les Touristes Bugeyssiens de Nantua juin 1888, les Enfants du Devoir d'Oyonnax nov. 1888, la Trévoltienne de Trévoux dec. 1888, le Bon Soldat de Cras-suyr-Reyssouze avr. 1889, la Vaillante de Dortan

août 1889, l'Avenir Gessien de Thoiry oct. 1891, la Gexoise de Gex

avr. 1892, la Montmerloise de Montmerle-sur-Saône sept. 1892, l'Elan Gaulois de Lagnieu

sept. 1892 Section de gymnastique de Meximieux sept. 1895, les Enfantsde la Valserine de Bellegarde sept. 1895, l'Alerte de Bellegarde.

En 1988, l'athlétisme dans le département de l'Ain compte 1.943 licen- ciés répartis dans 14 clubs.

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MOHAMED BEN LARBI

Bourg-en Bresse fut un temps la « plaque tournante» du cross-country français. Cette spécialité était due au fait que le chef-lieu du département abri- tait les tirailleurs Marocains. Ces régiments abondaient en vedettes ou futures vedettes de la course à pied.

Les Burgiens n'ont pas oublié les Lhaoucine, Ben Akki, Mimoun ou Ben Larbi qui trustaient les victoires à travers champs, forêts et hippodromes sous les couleurs de l'Alouette des Gaules ou de l'U.S. Bressane. Il y eut même à Bourg après 1928 le célèbre El Ouafi vainqueur du Marathon des Jeux Olympiques de 1928 à Amsterdam.

Mohamed Ben Larbi en 1936 porta brillament les couleurs de l'U.S. Bres- sane. Quelques « vieux Burgiens » se souviendront de ce garçon très sympa- thique qui pouvait sans le moindre effort allonger une foulée naturelle et souple de 2,80m.

Vainqueur du National 1937, Mohamed fut naturellement sélectionné numéro 1 pour les Six Nations à Bruxelles.

Nul ne sut jamais ce qui lui arriva au cours de cette épreuve où il partait grand favori.

(( Au 2èmepassage soit après 7km de course, notre champion très aiséfigurait à la troisième place du peloton de tête. Les concurrents disparaissaient ensuite aux yeux des spectateurs, et Mohamed ne devait plus être revu que porté sur un brancard. Il portait de nombreux coups de pointes auxjambes et uneforte contusion dans la région

stomacale, provenant croyait-on, d'une chute sur un poteau bordant la piste.

L'accident s'était produit juste à mi-course à l'endroit précis où d'après les conseils de ses dirigeants il devait tenter sa chance. »

Lorsqu'il reprit ses sens, longtemps après dans la chambre où il avait été emporté, le néo-bressan était désespéré, non pas par sa défaite, mais d'avoir involontairement abandonné, ce qui devait cette année là, coûter la première place par équipes à la France et le fameux bouclier de Lumley qui en est la récompense.

Règlement de compte entre sportifs ? mystère ! Mais Mohamed Ben Larbi était un « grand monsieur» du cross-country.

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JEANNE COLLET

Oyonnax a eu en 1923-24 une championne de France de saut en hauteur.

Il s'agit de Jeanne Collet, née à Oyonnax le 6 juillet 1908.

Cette jeune fille, sociétaire du C.S. Oyonnax, figure par quatre fois sur les tablettes de la Fédération Française d'Athlétisme :

le 2 septembre 1923, championne de France avec 1,445m à Oyonnax, le 16 septembre 1923, première du Grand Prix F.F.S. 1ère catégorie devant la championne Marguerite Patouillet avec 1,42m à Paris stade Elisabeth, Le 30 septembre 1923, tentative pour le record de France avec 1,43m à Oyonnax,

Le 29 juin 1924, première des championnats régionaux avec 1,44m à Lyon.

La presse départementale de l'époque, assez avare de renseignements sur le sport en général, ne fait pas mention des différents succès de Jeanne Collet.

Plus qu'un texte, la photographie montre l'évolution vestimentaire inter- venue en 65 ans dans le sport féminin. Mais il ne faut pas perdre de vue que les jeunes filles ont véritablement débuté dans le sport de compétition après la première guerre mondiale. C'est en 1916 que vit le jour une « Fédération des Sociétés Françaises de Sports Féminins» (F.S.F.S.F.).

Jeanne Collet, l'Oyonnaxienne, était en quelque sorte un pionnier du sport féminin de haut niveau, même si l'on trouve modeste sa prestation de 1,44m comparée à ce qui se réalise en 1989.

Jeanne Collet toujours vivante, réside en région parisienne.

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PIERRE COUTTY

Pierre Coutty est né à Oyonnax le 15 avril 1922, au sein d'une famille d'industriels. Il est toujours resté attaché à son département, et plus particuliè- rement à son Haut-Bugey.

Pierre Coutty est venu assez tardivement à l'athlétisme. Il avait 17 ans lorsque la guerre éclata et les années qui suivirent ne furent pas forcément propices à l'« épanouissement sportif ». Et pourtant...

En 1941, étudiant au lycée Lalande de Bourg, il joue au rugby, tenant le poste de 2e ligne ou 3e ligne. Il deviendra par ailleurs champion de France scolaire catégorie junior en disque et au javelot.

1942. Les résultats obtenus par l'Oyonnaxien sont prometteurs. C'est avec satisfaction que l'on voit notre athlète décrocher à Bordeaux le titre de Champion de France junior (F.F.A.) au lancement du disque avec un lancer de 36,80m. Pierre Coutty était alors sociétaire de l'U.S.O.

Après le baccalauréat, Pierre Coutty, qui deviendra docteur en médecine, poursuivit ses études à la Faculté de Lyon abandonnant pratiquement le sport de compétition. Il effectuera bien quelques « lancés » en senior universitaire et F.F.A., mais pendant peu de temps car ses études ne lui permettaient pas de se consacrer entièrement au sport.

Pierre Coutty fut champion d'Académie, du Lyonnais F.F.A en disque et javelot. Il était membre de l'U.S.O. et était à l'époque entraîné par monsieur Collomb, dirigeant très dévoué.

Pierre Coutty a été de la grande génération des « lanceurs » oyonnaxiens.

Il a été le compagnon de stade de celui qui devint le glorieux champion de France du javelot « Raymond Tissot ». Ils avaient à peine trois ans de différence.

Ne terminons pas ces quelques lignes consacrées à ce sportif, sans dire quelques mots de son frère Jean pilote émérite de l'Aéro-club d'Oyonnax, Prési- dent de cet aéro-club, décédé accidentellement en voltige aérienne au-dessus de sa ville, et dont l'aérodrome porte le nom.

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MICHEL DEGUIN

Michel Deguin est né à Bourg-en-Bresse le 12 juillet 1951. Il est le fils de Roger Deguin, épicier rue Foch puis propriétaire du bar le « Sport-Club » et président de l'E.A.B. à partir de 1971. Michel grandit donc au milieu des vedettes sportives de l'époque.

Le jeune Michel découvre qu'il ne se défend pas trop mal en saut en longueur. C'est ainsi qu'en 1967 à 16 ans en catégorie cadet 1ère année, il saute 5,79m, c'est très flatteur et très encourageant. Bien sûr ce n'est pas encore Pani qui cette année là passe 7,91 m, mais tout de même... Aussi poussé par ses diri- geants et par son père, Michel Deguin s'entraînera en vue d'améliorer ses performances.

La volonté et le sérieux du Burgien font que les résultats arrivent très vite.

En 1968, il est cadet 2ème année et le 1er mai à Belley pour la première fois il dépasse 6m, et se retrouve champion de l'Ain avec un bond de 6,16m.

Quelle saison que celle de 1968 ! Les succès succèdent aux succès, les records de toutes sortes tombent dans l'escarcelle de Michel Deguin :

- saut en longueur 6,61m au cours du match Bourg/Bad-Kreusnach, - saut en hauteur 1,70m,

- triple saut 12,68m,

- un titre de champion du Lyonnais en saut en longueur, - un record de l'Ain en saut à la perche 3m.

De tels résultats furent remarqués en haut lieu par un certain Régis Prost, burgien lui aussi, international, champion de saut en longueur, champion de triple saut et depuis 1964 entraîneur national de saut en longueur et de triple saut... Et en octobre 68 notre Burgien part pour la capitale où, avec la bénédic- tion de Régis Prost, il prend une licence au Stade Français, fournisseur de cham- pions de toutes catégories.

D'entrée Michel Deguin « se place » et en 1969 il est détenteur de la meil- leure performance du Stade Français en saut en hauteur catégorie junior. Il sera par ailleurs champion de Paris de saut en longueur avec 6,86m, et possède le record du décathlon junior avec un total de 5.666 points.

A Pâques 1970, junior 2e année, Michel Deguin est sélectionné pour parti- ciper au stage franco-allemand de décathlon à Sudheide en Allemagne ; c'est le début de son aventure tricolore.

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Tout au long de cette année 1970 les résultats furent remarquables:

- 7,35m champion d'Ile de France junior et troisième du championnat de France,

- 31 mai à la Chaux-de-Fond en Suisse il passe 7,03m le second est à 6,37 m,

- 16 août France/Suisse junior à Thonon 7,31m et 14,32m au triple saut, - 9 septembre à Oyonnax, en décathlon, Michel Deguin totalise 6.217 points ce qui constitue à la fois le record de son club et la quatrième perfor- mance nationale de la saison.

En 1971 Michel Deguin a vingt ans et les résultats sont toujours aussi réguliers. C'est maintenant une valeur sûre de l'équipe de France d'athlétisme :

- 1er mai 1971 à St-Denis meeting d'ouverture «7,43m».

Compte tenu de tous ces bons résultats, la sélection du Burgien pour le match Allemagne/France junior de Bomlitz fut certaine et là encore il fit une bonne prestation avec un saut de 7,22m.

Le 27 mai 1973 meeting de Paris organisé par le stade Français avec des Français, des Suisses, des Russes, des Algériens, des Belges, des Grecs, etc... A cette occasion, Michel Deguin saute 7,57m ce sera son record personnel, le vain- queur était Touret avec 7,76m.

Le 18 août 1973 à Kassel, Allemagne/France (espoir), il passera la distance de 7,53m le vainqueur étant Leroy avec 7,75m.

L'année 1973 verra progressivment l'arrêt de la carrière internationale de Michel Deguin.

De 1976 à 1980 Michel Deguin a entraîné les perchistes et a eu des contacts avec Perrin et Houvion.

Depuis fin 1988 il s'occupe d'une entreprise qui a pour but la prévention en matière d'accidents sportifs, la mise en route des premiers soins, la paraphar- macie sportive, l'environnement santé des sportifs.

Michel Deguin, votre nom a peut-être été un peu oublié, on a parlé de vous pendant un an ou deux puis d'autres noms sont apparus dans le ciel du sport. Vous avez été pourtant l'un des grands espoirs de l'athlétisme français, mais hélas pour le sport et pour notre pays cette discipline à une certaine époque ne «faisait pas recette» c'est dommage ! Vous avez toujours été modeste.

N'avez-vous pas déclaré lors d'une interview à la revue « Bleu et Rouge » (l'an- nuaire de votre Clu b) « quant à moi, je n 'aijamais dépassé 7,58m ». 7,58m il y a 15 ans mais c'est tout simplement formidable, consolez-vous Michel en vous disant que depuis votre époque il n'y a eu que 50 centimètres de plus (1987 record de France 8,07m Brige).

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Martine Desax à Donetzk (URSS)

MARTINE DESAX BOURDILLON

Martine Desax (madame Bourdillon) est née à Nantua le 29 janvier 1960.

Elle a débuté dans la vie sportive à 10 ans. Dix ans, c'est l'âge où les enfants filles et garçons sont attirés par tout ce qui touche le plein air, les loisirs, et les sports en général. En novembre 1970 donc, Martine participe à un cross réservé à des enfants non licenciés en athlétisme (catégorie benjamins). Elle terminera première de cette épreuve. Est-elle surprise d'être à cette place, ou bien est ce pour elle quelque chose de normal? On ne sait pas. Toujours est-il qu'encou- ragée par ce premier résultat et avec la bénédiction de ses parents elle fera son entrée dans une société d'athlétisme en 1971.

De 1971 à 1973, Martine Desax sera sociétaire de la Vaillante Châtillon- naise. Au cours de ces deux années « d'apprentissage », elle ne fera pas vraiment parler d'elle, elle sera une équipière parmi d'autres dans une bonne société Sportive avant de passer à l'U.S.O.

A partir de 1974, la toute nouvelle recrue oyonnaxienne qui opère en minimes 2e année, devient championne du Lyonnais du 1200 mètres. En série du championnat de France du 1200m elle sera éliminée en série, battant le record de l'Ain de sa catégorie en 3'57" 3.

L'air des sapins semble profiter à Martine Desax, qui en 1975 devient sous-championne du Lyonnais de cross-country. Comme elle a une bonne foulée, et en même temps une bonne pointe de vitesse, elle décide avec ses entraîneurs de se lancer dans le 800 mètres.

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Après quelques essais, elle devient sous championne du Lyonnais du 800m. Elle est cadette 1ère année. Comme un succès ne vient jamais seul, Martine se qualifie aux championnats de France qui ont lieu au stade Charlety à Paris. Dans sa nouvelle spécialité, le 800m, elle se classera 2" en série en battant le record du Lyonnais en 2' 17" 2.

En finale, Martine qui n'avait pas suffisamment récupéré se classera 6e.

Elle sera désormais une spécialiste du 800 mètres en attendant de se distinguer dans d'autres catégories.

1976, seize ans. En cross, Martine Desax se classera 8° du championnat de France à Mézidon. Joli résultat si l'on considère que le plateau à ce niveau là était très relevé. Mais c'est à nouveau dans le 800 mètres que l'on parlera le plus de l'oyonnaxienne. Elle est cadette 2e année, elle deviendra avec brio cham- pionne du Lyonnais en battant le record de la région catégorie cadettes et juniors dans le temps de 2' 13" 1.

Martine sera de nouveau seconde de la finale du championnat de France et pour agrémenter le tout, championne de France du kilomètre national en 3' 00" 3, et championne de France des interclubs cadettes.

Quelle belle année pour Martine que celle de ses 16 ans!

1977. L'année de tous les succès, l'année des sélections, l'année des voyages ! En effet, les résultats flatteurs obtenus par Martine Desax ne pouvaient laisser indifférents les sélectionneurs de la F.F.A. Martine qui est junior 1ère année fera un bon début de saison aux championnats de France indoor (en salle) à Grenoble : belle troisième place en finale (lère junior) dans le temps de 56" 46. Nouveau record du Lyonnais en salle (junior et senior).

Cette course valut à Martine l'honneur d'être retenue dans l'équipe de France seniors du relais 4 fois 2 tours qui devait rencontrer les 4 et 5 mars 1977 l'Allemagne Fédérale à Dortmund. Malheureusement, l'athlète oyonnaxienne ne put se rendre à cette rencontre, les études primant sur le sport.

A la reprise sur piste, les succès furent à nouveau au rendez-vous. C'est ainsi qu'après avoir été une spécialiste du 800 mètres, Martine devint une cham- pionne du 400 mètres en s'octroyant le titre de championne et recordam d'Aca- démie (A.S.S.U) en 56" 4.

Quelques jours après, c'est le championnat de France A.S.S.U. qui se déroule au stade Charlety à Paris. Martine en super forme devient championne de France du 400m en 56" 73. Heureuse bien sûr, mais avec un petit regret, celui de n'avoir pas amélioré son record du Lyonnais qu'elle avait établi récemment lors des championnats d'Académie de Lyon ( 56" 4). A sa décharge, il faut dire qu'il y avait ce jour à Charlety un vent très violent (3 à 4m/seconde).

Ce nouveau succès ouvrait une fois de plus les portes de l'équipe de France à Martine. Elle se classa 2e du championnat de France F.F.A. et du même coup était sélectionnée pour participer à France/Belgique du 25 juin à Lille.

Dans la catégorie senior, la sociétaire de l'U.S.O. termina 7e du 400m, mais ce classement était très important, car il permettait à Martine de figurer sur la liste des athlètes qui participeraient aux prochaines rencontres internatio- nales F.F.A. Un stage effectué à Dôle lui permit d'ailleurs de porter son temps du 400m de 56" 4 à 56" 1.

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Les mois qui suivirent virent Martine Desax participer à plusieurs rencontres importantes :

- France/Angleterre/Espagne juniors en relais 4 x 400m avec un temps de passage en 53" 33 lui assurant définitivement sa sélection pour les champion- nats d'Europe.

- Championnats d'Europe juniors à Donetzk (U.R.S.S.). Dans cette course de relais 4 x 400m l'équipe de France composée de S. Malbranque, V.

Bret, M. Desax, V. Brun, termina 4e de la finale en 3' 40" 3 battant le record de France. Martine pour sa part effectuait le troisième relais dans un temps excel- lent de 54" 44.

- France/Suède juniors relais 4 x 400m.

L'année 1977 fut l'apogée pour Martine Desax qui continua par la suite à faire de la compétition mais sans réussir à égaler ses résultats de cette année brillante.

Martine Desax Bourdillon, avait bien rempli son contrat. Son principal club, l'Union Sportive d'Oyonnax, son entraîneur monsieur Pel, pouvaient être fiers de la « cadette» qui en 1974 à 14 ans arrivait à Oyonnax.

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JEAN-CLAUDE DUPONT

Jean-Claude Dupont son nom ne dit peut-être pas grand chose à certains.

Il est peut-être trop « commun ». Il s'agit pourtant d'un athlète d'exception trois fois champion de France catégorie vétérans en 5000m et 10000m. Troisième des championnats d'Europe en 10.000m toujours en vétérans. Son palmarès est tellement imposant qu'il faudrait presque un livre pour en relater tous les épisodes. Dans ce chapitre consacré à ce grand sportif on ne trouvera donc que les principales étapes de sa magnifique et longue randonnée vers les plus hautes marches des podiums.

Jean-Claude Dupont est né à Paris dans le 20e arrondissement le 5 avril 1946. Mais il a vécu dans l'Ain depuis l'âge de huit ans. C'est dans les années 50 que la famille vient se fixer à Virieu-le-Grand, les parents de Jean-Claude tenant dans cette localité un home d'enfants.

C'est à 19 ans, en 1965, qu'il prendra une licence au club lyonnais de l'ASSUL. Il fut entraîné par l'alsacien Paul Messner, célèbre coureur de 1500m qui -en 1939 réalisa l'excellent temps de 3' 55" 8 meilleure performance de l'année ; le recordman étant alors Jules Ladoumegue avec 3' 49" 2. L'athlètisme semble convenir à Jean-Claude qui persévère et s'entraîne avec sérieux.

Mais le service militaire et sa profession de cuisinier ne facilitent pas l'en- traînement. Il enlève néanmoins le 2e critérium hôtelier en... vélo. Une expé- rience en Grande-Bretagne lui permet de revenir à ses premières amours, le culturisme, et de ramener une jeune anglaise... Mme Dupont.

Avec ce retour en France, c'est le retour à l'athlétisme. Jean-Claude Dupont recherche un club qui soit susceptible de lui apporter les résultats qu'il est en droit d'espérer. Alliant son travail et le sport, il devient professeur de cuisine dans l'Education Nationale et signe en 1972 une licence au club d'athlé- tisme de Bellegarde, le C.A.B. Jean-Claude va rester sous les couleurs bellegar- diennes une première fois jusqu'en fin de saison 1977, date à laquelle il partira en Nouvelle Calédonie comme professeur de cuisine et une seconde fois de 1981 à nos jours (1989).

A partir de 1972 sous les couleurs jaunes du C.A.B., bien conseillé par les actifs dirigeants du club présidé par M. Pery puis par René Mugnier, ancien joueur de basket des E.V.B., il s'épanouira, accumulant les victoires au niveau départemental et régional.

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Sans entrer dans le détail on peut citer parmi ses meilleurs résultats : - saison 72-73 champion de l'Ain 3000m steeple en 9' 30,

- saison 74-75 champion de l'Ain 5000m en 15' 39", recordman de l'Ain des 20km avec lh 07 45", - saison 75-76 champion de l'Ain 1500m en 4' 01" 04, champion de l'Ain 10000m en 31' 17".

Une blessure en début d'année 77 empêcha Jean-Claude de poursuivre ses efforts.

Puis en Calédonie, le bugiste obtient, loin de ses bases, des résultats qui étonnent bien du monde. C'est ainsi que le 13 novembre 1977 pour les cham- pionnats de Nouvelle Calédonie d'athlétisme il fait « un tabac» en 1500m en battant les deux internationaux, Paugam et Gomez avec un temps de 3' 59".

Petite anectode, l'international Paugam, vexé, refusa à l'arrivée de serrer la main de Jean-Claude Dupont. Soulignons que Paugam avait été deux fois vice-champion de France de cross-country en 75 et 76 et Gomez sélectionné olympique et recordman de France du 10.000m. Ce qui valorise encore l'exploit de Jean-Claude.

En 1978-79 toujours en super forme, Jean-Claude Dupont accumule les succès aux jeux du Pacifique.

Champion de Nouvelle Calédonie du 800m en l' 58" 03, du 1500 en 3' 57" 02,

du 5000 en 15' 11" 06, du 10000 en 32' 21" 03.

Au cours de ces jeux du Pacifique de 1978 (Pan am Game), télévisés dans tous les pays Anglo-Saxons, Jean-Claude réalisa un exploit en couvrant les 1000m en 2' 30", battant par la même occasion Alain Lazare le meilleur mara- thonien français.

1978-79. Cette saison, Jean-Claude Dupont s'en souviendra longtemps.

En effet lors du Prix Alcade organisé sur les pentes du Mont Koghi, il est engagé dans un 5.000m dans lequel figurent parmi les 95 partants des hommes comme Alain Lazare et Aubou.

La course fut de toute beauté et on assista à un duel Lazare-Dupont. Ce dernier en forme ascendante fit souffrir Lazare, le mit littéralement K.O.

Jean-Claude Dupont ne compta jamais plus de 200m de retard sur la

« vedette ». Dans le sprint final, Jean-Claude, accélérant l'allure, obligea Lazare à aller au-delà de ses limites. Par deux centièmes il sauvait sa victoire, mais mit une demi-heure à récupérer. Jean-Claude Dupont, lui était frais. Il venait de réaliser quelque chose de grand.

Le classement de l'épreuve fut le suivant:

1er Lazare en 22' 18"

2e Dupont en 22' 20"

3" Aubou en 25' 06"

En fin d'année 1981 c'est le retour en France. La maison de Virieu-le- Grand, le club de Bellegarde, les froidures du Bugey. Il faut se réadapter, se réacclimater à la France, changer de rythme, effectuer de longs déplacements de

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Virieu-le-Grand à Bellegarde où Jean-Claude a son travail au lycée de Musi- nens. Tout est si différent de la Nouvelle Calédonie mais la classe de Jean- Claude est si grande que les succès succèdent aux succès.

Record de l'Ain amélioré à Lausanne 10.000m en 30' 59" 20, Record de l'Ain amélioré à Genève 10.000m en 30' 47".

1985-86 : Jean-Claude Dupont a 40 ans il court maintenant en catégorie vétérans. Que le temps passe vite en courant ! Qu'il est loin le temps des oasis algériennes, mais oui Jean-Claude déjà 20 ans...

On a beau être vétéran, on n'est pas vieux pour tout ça, et lorsque on a une foulée comme celle du Bellegardien, on continue.

Champion de France du 5000 en 15' 12", Champion de France du 10000 en 31' 40.

Egalement champion de France de 5000m et 10000m en 86-87 et 87-88.

En plus de ces participations aux championnats de France, Jean-Claude Dupont a aussi brillé au championnat d'Europe des vétérans à Véronne où il se classa 3e au 10000m en 31' 20" (médaille de bronze),

4e du 5000m en 15' 08".

25 nations participaient à ces jeux mais curieusement la France ne reconnaît pas cette compétition !

Jusque à quand Jean-Claude Dupont va-t-il courir? Il répond: (( être sportif ce n ést pas quefaire des performances, mais c'est se tenir continuellement dans une activité sportive, même si notre orgueil en prend un coup en en voyant passer d'autres devant nous».

Quoi que vous fassiez, Jean-Claude Dupont, vous resterez pour tous le parfait modèle du sportif amateur, le grand coureur qui, sur les pistes de France, de Nouvelle Calédonie et d'ailleurs, n'aviez qu'un objectif: arriver. Vous avez souvent souffert, et même si vous n'étiez pas le premier, vous aviez participé et c'est bien cela le véritable sport et c'est comme cela que vous le concevez.

Arrivée de Jean-Claude Dupont à Honiara. Jeux du Pacifique.

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EMILE GUSTAVE ECUYER

Emile Ecuyer à 25 ans.

Photo collection Louvatière

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Avec Claudius Favier, il fait partie de cette génération des pionniers du sport. Il a cotoyé aussi bien dans l'Ain que partout en France et à l'étranger tous ceux qui avaient vingt ans entre 1900 et 1910. Ceux qui comme lui « creusaient le sillon» et se battaient pour la gymnastique et l'athlétisme. Avec Claudius Favier, nous avons là les deux plus anciens athlètes connus et répertoriés dans cet ouvrage.

Emile Ecuyer est né le 18 avril 1881 à Corveissiat, sur cette dernière chaîne orientale du Revermont. C'est à 10 ans qu'il entre comme pupille aux Enfants du Devoir d'Oyonnax. La Société Oyonnaxienne n'avait alors que quatre ans. Elle s'occupait surtout de gymnastique, de tir, de maniement d'armes, comme toutes ces sociétés créées après la guerre de 1870.

Dès son entrée dans la Société, le jeune Emile Ecuyer participe avec elle à tous les concours de la Fédération des Sociétés de gymnastique de l'Ain. La première fête fédérale eut lieu le 8 mai 1893 à Bourg. Ce fut la première « grande sortie » pour le tout jeune sociétaire des Enfants du Devoir. En 1894, ce fut Gex avec les Sociétés d'Oyonnax, d'Ambérieu, de Meximieux, Lagnieu, Dortan, Gex, Les Neyrolles, l'Avant Garde du lycée Lalande de Bourg, l'Alouette des Gaules, Cras-sur-Reyssouze. Tout ce que l'Ain comptait comme sportifs était ici. Il y avait aussi beaucoup de Lyonnais.

D'année en année, les Enfants du Devoir prenaient une place prépondé- rante dans l'Ain, et les Orfidan, Ecuyer, et autres, étaient toujours bien placés dans les concours qui se succédaient tant au plan départemental que régional ou national. Emile Ecuyer dans les années 20 se classait parmi les valeurs sûres, et son « aura » dépassait largement les limites de notre département.

Pour situer un peu les personnes, et l'ambiance de l'époque, lisons ce qu'a écrit Claudius Favier dans ses mémoires sportives. Ces lignes sont la reproduc- tion in extenso de son récit.

«r 1907. Concours de l'Union de France, pour la Pentecôte à Clermont-Ferrand.

L'Alouette des Gaules, présente quatre gymnastes à l'athlétisme : Emile Ecuyer qui, pour des raisons personnelles, avait quitté les Enfants du Devoir d'Oyonnax, avait adhéré à l'Alouette pour participer au championnat, Toto Guery, Paul Aubert et moi...

Je me suis classé Z et j 'obtins la couronne, mais moralement j étais 1er. Les faits méritent d'être relatés, car à la suite d'une réclamation du Président de l'Alouette, 80 gymnastes concurrents ont certifié que les motifs de la réclamations étaient ondés et parfaitement exacts et, parmi eux trois classés dans les derniers qui avaient lutté et avaient été battus par le champion Delcour. Celui-ci étant avant la lutte, classépar les dix premiers, aurait du lutter avec des adversaires choisis parmi les premiers et non parmi les derniers. En effet, le règlement de cette compétition prévoit qu'avant les épreuves de lutte qui la clôturent, le secrétariat compte les points des concurrents et les classe par ordre de mérite. Celafait, les concurrents sont réunis et on les appelle suivant cet ordre, les meilleurs devant lutter ensemble.

Jefaisais partie des meilleurs avec Emile Ecuyer, un nommé Delcour du nord et deux ou trois Suisses. A l'appel, il en manquait un Delcour. Les jurés décidèrent de procéder à un nouvel appel 1/4 d'heure plus tard. Delcour était toujours absent (ou plus exactement ne répondit pas à l'appel de son nom. Nous l'avons su par la suite, il était accompagné par un chef de groupe qui lui a dit de ne pas répondre à l'appel et

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d'attendre). Les jurés auraient du déchirer saf eu'ille, mais le chef dégroupé en question s'en empara et la glissa sous le paquet defeuilles, donc avec les moinsforts. De ce fait, je luttai avec deux Suisses et avec Emile Ecuyer qui remplaçait Delcour, nous avons protesté car il était anormal que deux athlètes de la même société luttent l'un contre l'autre, mais nous dûmes nous y résoudre.

A cette bataille, j 'ai perdu 1 point et Ecuyer en a perdu 3 car on nous a reproché d'avoirfait du chiqué, mais c'étaitfaux, j'avais seulement fait durer le combat un peu plus longtemps afin de ne pas faire perdre trop de points à Ecuyer. Je fus donc la victime de ma générosité. Malgré ce point perdu, je me croyais champion car j'avais tombé mes deux Suisses Urni et Schmidt.

Aussi, quand après le défiléje regagnai le terrain du concours, les amis Suisses qui n 'avaient pas participé au défilé, m'apprirent que je n 'étais plus champion et que c'était l'absent du matin, Delcour qui, ayant lutté avec trois «galettes » me battait d'un quart de point.

Avec Ecuyer et les Suisses qui, eux aussi perdaient une place, nous trouvâmes le fameux Delcour à la buvette avec son ami et protecteur le chif de groupe. Les Suisses le traitèrent de tous les noms. Quand à Emile Ecuyer, il tira un billet de 100 francs de son portefeuille, le posa devant Delcour et lui dit : si tu n es ni un lâche ni un tricheur, viens lutter avec Favier et si tu le tombes, les 100 francs sont à toi ! Delcour ne répondit pas, il se défila en vitesse avec celui qui avaitfait de lui un champion de concours. »

Ce récit fait ressortir le caractère d'Emile Ecuyer qui, selon un dirigeant oyon- naxien qui l'a bien connu, (M. Marcel Louvatière) déclare : ff il était bouillant, ardent, et très entier mais se dévouait toujours». Pour conclure ce récit, il faut savoir d'Emile Ecuyer n'a dû effectuer qu'une saison à l'Alouette des Gaules, il a passé toute sa carrière à Oyonnax.

En 1909, à partir du 6 juin, se déroulèrent à Angers, les championnats de France de gymnastique, Emile Ecuyer sociétaire des Enfants du Devoir obtint le titre de champion Olympique des sociétés Françaises de Gymnastique. Il fut détenteur de la coupe Félix Faure (Présidence de la République). Ce titre très envié, consacrait en fait l'homme le meilleur et le plus complet dans tout un ensemble de disciplines.

Après la guerre, Emile Ecuyer se spécialise en athlétisme, et devient orfèvre en matière de lancement du disque. Il est ainsi champion de France une première fois en 1918 avec un lancer de 34,40 mètres, distance très honorable pour l'époque, sachant qu'aux Jeux Olympiques de 1900, la médaille d'Or fut obtenue avec 36,04 mètres.

En 1919, Emile Ecuyer est champion de France militaire du lancement du disque, mais nous n'avons pas trace de sa performance qui se situe vraisem- blablement aux alentours de 36m. Il obtint cette même année une victoire inter- nationale lors du match Belgique/France.

En 1920, honneur suprême pour l'enfant de Corveissiat, le sociétaire des Enfants du Devoir d'Oyonnax ; il est désigné à 39 ans pour être le porte drapeau de la France aux Jeux Olympiques d'Anvers. Ces jeux qui reprenaient après huit ans d'interruption.

En 1921, il expédie le disque à 41,61m et bat son record.

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Une fois la compétition terminée, Emile Ecuyer ne se reposa pas sur ses lauriers. Il consacra tout le restant de sa vie au sport. Il fut membre de la Fédéra- tion Française de gymnastique, membre de la fédération du Sud-Est, Président de l'Union Sportive Oyonnaxienne, juré dans de nombreux championnats gymniques et d'athlétisme. En un mot, il resta un « grand monsieur» du sport.

Afin de perpétuer la mémoire de ce grand sportif, la municipalité d'Oyonnax a donné le nom d'Emile Ecuyer à l'une des rues de la ville. Cette voie, qui ne se situe pas très loin de la salle omnisport et du stade de rugby, rappelle aux passants de 1989 qui était ce garçon venu des hauteurs de Corveis- siat, habité par le désir du sport, et qui un jour de 1920 a tenu bien haut le drapeau français aux Jeux Olympiques d'Anvers.

Au travers de la carrière sportive d'Emile Ecuyer apparaît en 1908 un événement choc. Il s'agit de la naissance du rugby oyonnaxien.

En 1906, Emile Ecuyer met sur pied une formation de rugby : « l'Amicale Sportive ». « Les garçons d'Emile » s'escriment à faire quelques matchs, ils taton- nent, mais sans grands résultats.

En 1908, Jules Verchère de retour du service militaire, au cours duquel il avait cotoyé des britanniques et pratiqué avec l'équipe de France militaire, débarque à Oyonnax avec dans la peau le virus du rugby. Pour lui, l'équipe d'Emile Ecuyer n'est pas suffisamment musclée, pas assez représentative. Il faut à Oyonnax un grand club à l'image de ce qu'il a vu pendant le service. Il crée son club, « l'Union Sportive ». Mais pour une petite ville comme celle d'Oyonnax, une seule équipe suffit. Bon joueur, Jules propose à Emile une fusion des deux formations rivales.

Tope là... on va fusionner, mais pour cela, on va disputer un match entre les deux quinzes. De ce match éliminatoire sortira l'équipe nouvelle.

Sanglante rencontre qui se termine dans la confusion générale et fait, tenez-vous bien, huit blessés. L'Union Sportive n'a plus que neuf joueurs valides et l'Amicale Sportive d'Ecuyer guère plus. De cette rude empoignade naît le « Club Sportif d'Oyonnax», avec comme premier président Monsieur Delorme.

Il ne s'agit pas de raconter l'histoire des sociétés sportives, mais cette pièce « batailleuse » haute en couleur, jouée par des grands sportifs de l'époque fait revivre pour nous, gens de 1989, la naissance pour le moins douloureuse et tumultueuse du rugby oyonnaxien.

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EL OUAFI

Cet algérien venu en France en 1923 à l'occasion d'un cross militaire, était né en 1899 à Ould Djebel, près de Constantine. Il fut champion d'Algérie en 1922. Le petit Algérien dont la résistance naturelle était stupéfiante, devait prendre en 1924, la septième place du marathon des Jeux Olympiques de Paris en 2h 54' 19".

El Ouafi, membre du C.A.S.G comme Ladoumègue, prépara de nouveau les Jeux Olympiques d'Amsterdam en 1928. A cette occasion, sa course fut un chef-d'oeuvre de prudence et d'opportunisme. Il était peu rapide mais était capable de maintenir pendant plus de 42 kilomètres une allure régulière à condition que celle-ci ne dépasse guère la moyenne horaire de 16km 500.

L'Algérien remporta la course et la médaille d'Or en 2h 32' 57" devant Plazza (Chili) et Marrtelin (Finlande).

Champion olympique, El Ouafi est au sommet de sa gloire et tout proche de la chute. Disqualifié pour faits de professionnalisme, il fut victime d'une

« chasse aux sorcières ). Il avait soit disant perçu des cachets importants lors de tournées au U.S.A.

Repoussé par tous, chômeur, misérable, il traîna sa misère un peu partout, et allait où il avait quelques amis. Il vint à Bourg, et travailla un mois pour monsieur Barrachin (père) comme vendeur de journaux, courant de café en café, pour vendre ses quotidiens parisiens. A Bourg, il ne manquait pas un meeting d'athlétisme, une arrivée de course cycliste ou un match de rugby.

El Ouafi disparut en 1960, à Paris, dans un dénuement complet, victime innocente dans une rixe, sous des balles qui ne lui étaient pas destinées.

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CLAUDIUS FAVIER

Claudius Favier, avec Emile Ecuyer, est le sportif international le plus

« ancien » répertorié dans cet ouvrage.

La plus grande partie des informations traîtées dans ce chapitre sont issues des mémoires sportives de Claudius Favier. Mémoires aimablement prêtées par monsieur Robert Theppe qui fut Président de l'Alouette des Gaules de 1976 à 1983.

Claudius Favier est né à Bourg-en-Bresse le 19 janvier 1883. Il a 9 ans lorsqu'il entre au Bataillon scolaire de l'Alouette des Gaules à Bourg-en-Bresse.

Société sportive fondée en 1872 par de tous jeunes gens : Thomas Rhiboud 16 ans et Edouard Olivier 15 ans. Elle fonctionne avec L. Chrétien comme profes- seur et ne s'occupe, au début, que d'escrime. Elle donne sa première séance le 10 mars 1872, salle du Bastion, au profit de la Libération du Territoire.

Avant d'aller au-delà dans la carrière de Claudius Favier, il faut dire quel- ques mots sur les Sociétés qui virent le jour après la guerre Franco-Allemande de 1870. Dans l'Ain, tous les groupes sportifs qui se forment ont des noms martiaux (Alouette des Gaules à Bourg, Enfants du Devoir à Oyonnax, Elan Gaulois à Lagnieu, Bon Soldat à Cras-sur-Reyssouze). Toutes ces sociétés fondées au lendemain de la défaite avaient pour objectif principal la préparation de la jeunesse à une éventuelle revanche, d'où leurs noms martiaux.

Donc en 1892 quand Claudius Favier entre au Bataillon Scolaire de l'Alouette, il est vêtu d'une vareuse bleu-marine, d'un pantalon long et d'un bérêt bleu avec pompon rouge. Le costume était fourni par l'Union Patriotique, association créée après la défaite de 1870 et ayant pour but d'encourager par

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tous les moyens la formation de sociétés de tir. Dans ce Bataillon Scolaire on pratiquait un peu la gymnastique, le bâton et surtout le maniement d'armes.

Chaque membre avait un fusil en bois et chaque année les membres du Bataillon allaient au Stand pour participer à un concours de tir à la carabine et en revenaient en rangs et au pas cadencé ; les meilleurs tireurs, un bouquet de fleurs au fusil.

Le 8 mai 1893, Claudius Favier assiste au premier concours de la Fédéra- tion des Sociétés de Gymnastique de l'Ain, filiale de l'Union Patriotique de l'Ain.

A 10 ans, il est confronté aux premiers concours vraiment sportifs. On oublie un peu le maniement d'armes au profit du vrai sport.

En 1894, Claudius Favier est retenu parmi quatre meilleurs pupilles de l'Alouette pour participer au concours départemental qui aura lieu à Gex. A sa grande surprise, il prend la première place et fera donc le voyage Gessien.

Ce premier déplacement du jeune Claudius vaut d'être raconté, il a valeur historique. Ecoutons ce qu'il dit:

« Pensez donc, aller à Genève, Ferney-Voltaire, Gex, moi qui jusque-là ne suis allé qu'à St- Trivier-de-Courtes. Lorsque ma mère rentre de son travail à midi, je lui annonce la nouvelle. Certes elle est contente pour moi, mais lorsque je lui dis qu'il me faut un costume, elle me répond que c'est impossible, qu élle ne peut acheter chaussures, culotte, ceinture et maillot. Je la comprends, mais je suis très malheureux et c'est en pleurant que le soir après l'école, je vais dire à monsieur Gauthier le directeur tech-

nique de ne pas compter sur moi pour Gex. »

En fin de compte tout s'arrange; une voisine prêtant l'uniforme à Clau- dius. Après un périple par Genève et Ferney rejoint par le tram, et Gex à pied, voilà le Bressan à pied d'oeuvre. Les épreuves des pupilles comprenaient des mouvements imposés aux barres parallèles, à la barre fixe, aux anneaux, un grimpé de cordes (jambes à l'équerre) et une course de 60 mètres par série de six.

A l'issue de ces épreuves, Claudius Favier obtint le premier prix indivi- duel et... sa première médaille. Comme récompense, le lendemain, excursion au col de la Faucille; hélas les pupilles s'arrêtèrent à la fontaine Napoléon. Très économe, Claudius n'avait rien dépensé pour son repas du lundi à Genève, il se contenta de quelques morceaux de pain et d'un peu de fromage et saucisson ce qui lui permit de ramener à sa mère la pièce de 100 sous prélevée sur les économies.

On peut s'étonner que l'on s'étende si longuement sur ce petit concours, mais pour Claudius Favier à 11 ans cela fut un événement extraordinaire.

D'abord un grand et beau voyage, puis son premier 'concours, sa première victoire, toutes choses qui marquent la vie d'un homme et d'un sportif. Claudius Favier dit dans ses mémoires que le plaisir éprouvé à l'occasion de ce concours n'a jamais été égalé même lorsque par la suite il devint un grand champion.

1898. Claudius Favier a 15 ans, il est dans les « grands », il participe au concours de l'Union de France de St-Etienne (Loire) sous la présidence de Félix Faure. Il obtient la troisième place de tir du concours réservé aux gymnastes de moins de 21 ans et reçoit une médaille.

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1900. Un grand championnat est organisé à Paris à l'occasion de l'Exposi- tion Internationale Universelle. Probablement les Jeux Olympiques de Paris en 1900. Les dirigeants de l'Alouette tenaient à envoyer une délégation à cette manifestation, et Claudius Favier devait en faire partie. Hélas notre sportif n'avait pas 18 ans et de ce fait ne pouvait participer aux épreuves. Aux grands maux les grands remèdes, le secrétaire de l'Etat Civil de la mairie arrangea l'af- faire en portant sur la feuille d'inscription « né en 1882 au lieu de 1883».

Pour l'anecdote, la délégation de l'Alouette prit le train à Bourg à 19h le vendredi et arriva à Paris le lendemain matin à 7h. Les épreuves eurent lieu à Vincennes. A cette occasion Claudius visita... les abattoirs de la Villette.

Sur 260 participants Claudius Favier se classa 112e. Il estime qu'il se serait mieux classé s'il n'avait été pris d'un tremblement à la pierre de 50kg qu'il n'a levée que 8 fois alors qu'à l'entraînement il la levait 16 fois sans trop forcer.

Le lendemain à Satory il se classa 33e du championnat de tir de la jeunesse.

1901. Sous la présidence d'Emile Loubet se déroule à Nice le concours de l'Union de France. L'Alouette des Gaules est représentée dans cette ville par Schmitter à l'artistique, Lacombe, Ballandras et Claudius Favier à l'athlétisme.

Lorsque Claudius Favier vit les hommes qu'il allait affronter, il ne voulut plus participer, ne se sentant pas assez fort en lutte. C'est Croisy, le père du docteur qui parvint à le décider, il fut son manager. Pour la petite histoire, il faut savoir que M. Croisy faisait boire un verre de vin blanc à Claudius après chaque épreuve !

Claudius Favier obtint le maximum de points aux deux levers de pierre (25 et 50 kg) et de bonnes notes au lancer sans élan et en saut. Mais au jet avec élan, il tomba en butant la planche où se terminait l'élan et il n'obtint que 8 points, en perdant ainsi 12. Il fut classé 10e avec seulement 10 point de moins que le champion.

1904. Championnats artistiques et athlétiques du Sud-Est à Uriage. Il y avait du beau monde avec une majorité de Suisses. Il se classa deuxième. Ses performances en lutte ont été fortement remarquées par le directeur du

«gymnaste de France» qui écrivait: (( à l'athlétique, ilfaut donner une mention spéciale au second prix : un gaillard qui n 'a que 20 ans et qui possède déjà une muscu- lature d'acier. C'est un typographe de Bourg-en-Bresse. Il promet. Je l'ai vu repousser d'un bras la pierre de 50kg sans secousse, et sans coup de reins. Trop vieux pour essayer de combattre je vous le désigne à vous lesjeunes athlètes. lise nomme Claudius Favier, et appartient à l'Alouette des Gaules. Mais un bon conseil, à la lutte ne vous laissez pas ceinturer par lui. A Uriage, un de nos amis suisses, bon lutteur, s'étant laissé ceinturer, a été littéralement étouffé. Ce n'est pas un homme c'est un étau !,,j

Dans ses mémoires, Claudius Favier indique que c'est cette ceinture avant, pratiquée par lui, que le sculpteur Maspoli a reproduite dans l'une des deux statues qui ornent l'entrée du stade Louis Parant à Bourg.

1906. Les 29, 30 et 31 octobre eurent lieu à Genève les championnats d'Europe des poids et haltères où il décrocha une place de vice-champion d'Eu- rope en catégorie des poids moyens.

Au cours de ce même championnat, Claudius Favier égala le record de France de l'arraché à gauche avec 74kg, alors qu'à droite où il était le plus fort il ne réussissait que 73kg au lieu de 75 habituellement.

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MAURICE BROCARD

Né le 29.8.1927 à LANCRANS (Ain), habite Bourg depuis 1951. Marié, 2 enfants, a pratiquement passé toute sa vie pro- fessionnelle à la Caisse Primaire de Sécurité Sociale de l'Ain où il avait, en dernier lieu, la responsabilité du bureau organisa- tion méthodes informatiques.

Retraité dynamique, Maurice Brocard s'est d'abord intéressé à sa ville en écrivant «Bourg de A à Z», véritable encyclopédie de la Ville de Bourg-en-Bresse. Aujourd'hui il récidive en élargis- sant son champ d'action et présente «Les Grands Sportifs de l'Ain».

LES GRANDS SPORTIFS DE L'AIN

Préface de Roger Bambuck

MOKELON, PINGEON, GILETTI, ROBERT, CHAUVEAU, MIMOUN, STEUREUR, POMATHIOS, etc, des noms qui ont fait vibrer la France des noms qui portaient les couleurs du département.

De Gex à Bourg, d'Hauteville à Servas, d'Oyonnax à Miribel ou à Montrevel, 135 sportifs issus de 35 villes avec leur origine, leur carrière, leur palmarès. Ils sont champions olympiques, du monde, d'Europe ou de France et parmi eux se trouve le champion français le plus médaillé de tous les temps.

Des sportifs connus et moins connus, mais aussi des clubs, des entraîneurs et des dirigeants dont certains occupent aujourd'hui des responsabilités aux plus hauts niveaux.

Un livre riche de renseignements et d'anecdotes, souvent amusantes mais parfois pathéti- ques, qui vous feront vivre les exploits et les déceptions de ces sportifs de notre départment.

Vous apprendrez, entre autre, que l'entraîneur de Claudius FAVIER le réconfortait entre les épreuves du championnat d'Europe avec... du vin blanc, que Raymond TISSOT fit du javelot parce que l'on remarqua qu'il lançait trop bien les boules de neige; qu'en 1951 l'équipe de Bellegarde de basket figurait parmi les 16 meilleures équipes françaises ou encore que l'Ain fut représenté 38 fois aux Jeux Olympiques et glana 12 médailles.

Dans un style alerte Maurice Brocard fait revivre pour nous la passionnante histoire départementale du sport de 1870 à nos jours.

Unique en son genre, cet ouvrage a passionné Roger BAMB UCK, Secrétaire d'Etat aux Sports et lui-même champion international.

ISBN 2. 87629.027.8

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Participant d’une démarche de transmission de fictions ou de savoirs rendus difficiles d’accès par le temps, cette édition numérique redonne vie à une œuvre existant jusqu’alors uniquement

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