La GESTION DES
APPRENTISSAGES
Deux dimensions sont à prendre en
considération : la dimension pédagogique et la dimension didactique.
Ces deux dimensions sont
interdépendantes et complémentaires.
D’où, nécessité de prise en considération des
pratiques de classe des professeurs en formation pour en puiser des
réflexions et des analyses à travers leurs
expériences personnelles et les échanges au cours de la formation.
La formation sera basée sur des activités professionnalisantes ( Situations –problèmes) et sur des
apports théoriques en vue d’approfondir la pratique réflexive.
Principes directeurs pour l’acquisition de cette compétence professionnelle : la gestion
-La gestion doit être basée sur des
approches et des pédagogies centrées sur l’apprenant,
Elle doit prendre en compte les variantes et les situations
qui se passent en classe , à savoir:
les interactions pédagogiques et didactiques,
les interactions relationnelles,
l’environnement socio économiques et socioculturel,
les besoins réels des apprenants,
les facteurs temps et espace,
le recours adéquats aux TICE dans la gestion des
apprentissages.
Plan du module
1/ Principes de base pour la gestion des apprentissages et approches à adopter :
Gestion : Définition/ Formes.
Approches pédagogiques.
Gestion de situations d’apprentissage.
La gestion de la classe.
2/ Le style d’enseignement :
Les différentes dimensions de la pratique de la classe
Analyse de pratiques de classe.
Définition de la notion de « Gestion » :
La gestion est une tâche complexe.
C’est un ensemble d’actions que l’enseignant conçoit, organise et met en œuvre avec ses apprenants , et pour ses apprenants, en vue de favoriser leur implication dans
l’opération enseignement- apprentissage ,
les soutenir, les orienter et développer leurs apprentissage. ( CLERMOUT 1997)
La gestion comporte deux fonctions
interdépendantes et complémentaires :
Une fonction didactique : elle concerne la gestion des apprentissages dans la
matière enseignée,
Une fonction pédagogique : elle
concerne tout ce qui en rapport avec la
gestion de la classe
1 / La gestion de la matière enseignée : Informatique
Plusieurs paramètres sont à prendre en compte :
La planification des apprentissages,
Les approches et pédagogies adoptées,
Le choix des activités d’apprentissage,
La méthodologie adoptée dans la présentation de la matière (clarté, principe de progression, variation des supports et des exemples…)
La qualité du questionnement et des reformulations
Modalités du travail
Rythmes d’apprentissage
Motivation des apprenants (motivation intrinsèque par le biais de situations - problèmes)
Types d’animation
Vérification de l’acquisition des apprentissages
2/ La gestion de la classe :
Différentes variantes :
Prendre en considération le type de communication pédagogique selon la modalité de travail en question,
Fournir les conditions favorables à la gestion des apprentissages
Règlement à respecter,
Temps, espace classe, matériel pédagogique …
Quels sont les critères de réussite d’une situation problème ?
Elle doit être accessible au niveau des
apprenants, à leur âge (ni trop facile, ni trop difficile)
Impliquer l’apprenant dans la situation
Elle doit prendre en compte le pré requis, les représentations des apprenants et leurs capacités ;
Elle doit provoquer la curiosité des
apprenants et les pousser à avoir envie de vérifier leurs hypothèses
liée au projet de développement d’une compétence déterminée
fournir des supports et des consignes qui
aident progressivement à la compréhension de la situation et à la résolution du problème
Suite des critères de réussite
Organiser la discussion et les échanges
Varier les choix et les stratégies
Encourager l’apprenant et le motiver
Permettre à l’apprenant de présenter son
travail, de se justifier en interaction avec le groupe classe
Accepter les erreurs et les exploiter pour la définition des modalités d’évaluation, de soutien et de remédiations.
La situation-problème permet à l’apprenant de :
lire, chercher, organiser et interpréter l’information
faire des essais pour trouver des solutions
formuler des hypothèses
appliquer des méthodes et des techniques
formuler des raisonnements, vérifier des résultats et les interpréter
formuler des réponses et les présenter
Apport théorique
La gestion pédagogique et didactique
préconisée par les orientations officielles se base sur le principe
selon lequel l’apprenant doit être au cœur des apprentissages. D’où,
nécessité de :
contextualisation des apprentissages en partant de situations-problèmes
pertinentes et ayant une signification pour les apprenants.
impliquer l’apprenant dans la situation-
problème en prenant en considération ses pré-requis.
créer les conditions nécessaires pour
favoriser les échanges et les
interactions (conflits cognitifs ou
sociocognitifs)
Apport théorique (Suite)
le conflit cognitif peut concerner les oppositions entre apprenants ou les
connaissances antérieures et les nouvelles connaissances pour chaque apprenant .
l’enseignant ne doit pas transmettre des
savoirs ; mais accompagner les apprenants dans la construction de leurs propres
savoirs lors des activités d’apprentissage tout en renforçant leur confiance en eux-
mêmes. (dimension cognitive et dimension affective)
l’enseignant doit remettre constamment en
question sa pratique de classe, la réguler en
fonction des résultats obtenus …
Gestion des situations d’apprentissage suivant l’APC ( Approche par compétences)
Situation d’apprentissage :
Une situation d’apprentissage est une situation
contenant des données qui permettent à l’apprenant de construire un nouvel
apprentissage et/ou de développer des acquisitions antérieures.
La situation d’apprentissage présente un
problème ou défi auxquels l’apprenant doit faire face pour trouver la solution adéquate.
Elle doit être liée à la vie quotidienne de l’apprenant (environnement, école).
La situation-problème :
La situation-problème est une situation d'apprentissage qui propose une tâche globale, complexe et signifiante.
C'est un moyen d'apprentissage qui permet la construction des savoirs.et non le résultat.
C'est une stratégie d'enseignement qui favorise l'engagement des élèves.
PHILIPPE MEIRIEU résume ainsi le mécanisme de la situation-problème :
« Il est proposé aux sujets d’accomplir une tâche. […] cette tâche ne peut être menée à bien que si
l’on surmonte un obstacle […] qui constitue le véritable objectif
d’acquisition du formateur.
Grâce à l’existence d’un système de
contraintes […] le sujet ne peut mener à bien le projet sans
affronter l’obstacle. Grâce à un système de ressources, […] le sujet peut surmonter
l’obstacle. »
Les caractéristiques d'une situation-problème:
1. Elle contient des données initiales qui précisent le contexte de la situation et qui sont utiles pour
résoudre le problème.
2. Il y a un but à atteindre (différent de l'objectif
d'enseignement) qui donne un sens à la mobilisation et à l'organisation des connaissances.
3. Il y a des contraintes ou des obstacles à surmonter qui exigent une réorganisation desconnaissances
antérieures et qui amènent l'élève à trouver d'autres moyens, donc à faire des apprentissages.
4. La démarche et la solution ne sont pas évidentes;
la personne doit faire une recherche cognitive active pour savoir comment procéder.
La situation-problème selon Meirieu :
« Un sujet, en effectuant une tâche, s'affronte à un obstacle. »
• Le sujet est orienté par la tâche, le formateur par l'obstacle
• Le franchissement de l'obstacle doit
représenter un palier dans le développement cognitif du sujet
• L'obstacle est franchi si les matériaux fournis et les consignes données suscitent l'opération mentale requise
• Pour effectuer une même opération mentale, chacun doit pouvoir utiliser une stratégie
différente
• La conception et la mise en oeuvre de la
situation-problème doivent être régulées par unensemble de dispositifs d'évaluation
Questions à se poser avant l'élaboration d'une situation-problème :
Quel est mon objectif? Qu'est-ce que je veux faire acquérir à l'apprenant qui représente pour lui un palier de progression important?
Quelle tâche puis-je proposer qui requière, pour être menée à bien, l'accès à cet
objectif (communication, reconstitution, énigme, réparation, résolution, etc.)?
Quel dispositif dois-je mettre en place pour que l'activité mentale permette, en réalisant la tâche, l'accès à l'objectif?
Quel matériau, documents, outils dois-je réunir?
Quelle consigne-but dois-je donner pour que les apprenants traitent les matériaux pour accomplir la tâche?
Quelles contraintes faut-il introduire pour empêcher les sujets de contourner l'apprentissage?
Quelles activités puis-je proposer qui permettent de négocier le dispositif selon diverses stratégies? Comment varier les outils, démarches, degrés de guidage, modalités
de regroupement?
(Philippe Meirieu, Guide méthodologique pour l'élaboration d'une situation-
problème, CAHIERS PEDAGOGIQUES N. 262)
Comment enseigner par l’approche par compétences ?
Eviter la transmission des savoirs et l’accumulation des connaissances
Aider l’apprenant à construire son propre savoir
Rendre l’apprentissage attrayant et motivant en mettant l’apprenant
dans des contextes liés à son vécu, à ses centres d’intérêt et son âge.
Prendre en compte la pertinence des apprentissages : les
apprentissages doivent avoir une signification pour l’apprenant.
les activités d’apprentissage doivent être centrées sur l’apprenant et non sur l’enseignant ou sur le contenu.
Diversifier les approches et les pédagogies selon les situations
d’apprentissage.(Pédagogie du projet, jeux…)
La gestion par l’APC
nécessite un changement constant des pratiques d’enseignement.
Elle prend en considération les besoins de l’apprenant, ses connaissances antérieures et ses représentations sur les plans cognitif
,psychoaffectif et psychomoteur.
Organiser de manière régulière des moments d’évaluation formative afin de diagnostiquer les
difficultés rencontrées et y préparer des activités de remédiation collectives ou individuelles.
Appliquer une pratique réflexive (dimension réflexive et dimension méta procédurale)
Développer l’esprit scientifique chez l’apprenant par l’initiation à la
démarche scientifique.
Les avantages de la situation-problème:
1. Elle permet aux élèves de faire de réels apprentissages en les plaçant au coeur du processus d'apprentissage.
2. Elle sollicite l'engagement des élèves; ils deviennent davantage acteurs puisqu'ils
utilisent leur bagage cognitif, leur
intelligence.
La gestion de la classe
Problèmes de la maîtrise de classe
Causes /Conséquences
(Interaction avec
Stratégies pour mieux gérer sa classe les formés)
Apport théorique :
Mettre en place, en commun accord avec les apprenants, un ensemble de règles à observer, sous forme de
règlement de la classe dès le début de l’année ; et à chaque fois quand l’occasion se présente il faut le leur faire rappeler .
Adopter une stratégie de communication qui prend en compte les besoins psychologiques de l’apprenant
( estime de soi , reconnaissance …)
Gérer savamment les relations
apprenants/apprenants et apprenants / professeur
Une gestion efficace de l’espace et du temps (éviter les temps
morts…)
Choisir des situations motivantes , etc…
Les styles d’enseignement
(Voir pp. 35, 36)
Style transmissif (Méthode frontale , magisrale )
Style interrogatif (maieutique)
Style incitatif
Style guidé
Style permissif
(à développer)
Selon Marguerite Altet :
Le style d’enseignement est un
comportement et une méthode individuels que l’enseignant adopte dans une relation d’interaction avec ses apprenants.
C’est l’ensemble des techniques adoptées par l’enseignant dans sa méthode
d’enseignement et qui sont liées à sa personnalité.
Le style d’enseignement varie d’un enseignant à un autre selon les
caractéristiques individuelles de sa
personnalité.
Le style d’enseignement apparaît :
-au niveau des approches adoptées (permisssive, transmissives…)
Style direct : ne prend pas l’apprenant comme centre d’intérêt
Style indirect : ouverture sur les idées et la sensibilité des apprenants
-au niveau de l’approche relationnelle ( interactions …)
-Valoriser l’apprenant mais dans des limites ; savoir critiquer quand il le faut
-Recours au feed-back ( répétions, reformulation
…
-L’enthousiasme de l’enseignant (donne vie à ce qu’il enseigne
-au niveau méthodologique :
-Clarté et pertinence de la présentation
-Qualité des questionnements et des situations proposées
-Maîtrise de la méthodologie
Les dimensions de la pratique de classe
Le style d’enseignement représente l’interaction entre quatre types de
dimension
-Dimension personnelle et dimension relationnelle :
-Qualité de la communication et gestion des interactions en classe
-Relations psycho affectives et sociales
-Climat sain et détendu favorisant le bon déroulement de l’opération enseignement –apprentissage.
- L’mage que se fait l’enseignant de ses apprenants (+
Effet Pygmalion/ - Effet Golem)
Dimension pédagogique :
Elle concerne les gestes professionnels adoptés par l’enseignant dans sa pratique de classe
Dimension pédagogique :
Elle concerne les gestes professionnels adoptés par l’enseignant dans sa pratique de classe
Organisation des activités et des interactions pour inciter les apprenants à la construction de leurs apprentissages et au développement de leurs capacités et leurs compétences
Répartition des tâches
Catégoriser les problèmes et les résoudre de manière indépendante
Mettre l’apprenant en confiance
Adopter le principe de la progressivité
Gestion rationnelle du temps selon le degré de complexité de la
tâche et en fonction de la capacité de l’apprenant
Gestion de l’espace classe
Qualité de l’exploitation des outils didactiques
Dimension didactique
-Choix et organisation des méthodes
didactiques,des stratégies et des styles d’enseignement
-Exploitation des contenus ( choix, adaptation, planification…)
-Recours à des règles didactiques ( Analyse, remédiation didactique, contrat didactique, obstacles didactique…
-Pratique réflexive
Situation 3 p.42
Définitions selon Altet :
Analyser : reconnaître et déterminer des éléments séparés et identifier la relation entre eux en y trouvant une signification.
Pratique : Compétence individuelle d’une personne dans un groupe déterminé
conformément à des critères reconnus par un groupe professionnel (Enseignement).
Cela signifie sa méthode particulière lors d’une activité d’enseignement : choix des activités, comportement, gestes,
stratégies, processus adoptés, décisions…
Analyser des pratiques d’enseignement :
Ce n’est pas évaluer ou juger mais c’est plutôt trouver les significations des rapports entre les comportements et les gestes professionnels de la pratique de la classe.
Pour l’enseignant ,il s’agit de d’analyser ses propres activités en se basant une pratique réflexive à la lumière des apports théoriques (didactique, pédagogique, communication…)
Cela constitue une opportunité pour l’enseignant pour renforcer ses différents savoirs et développer progressivement sa compétence professionnelle.
Pour améliorer sa pratique d’enseignement , il faudrait se baser sur :
-Des critères didactiques
- La maîtrise du contenu et sa correction sur le plan scientifique,
L’importance accordée aux erreurs des apprenants , leur traitement,
Le degré de complexité des tâches à exécuter,
Le respect du principe de la progressivité,
La gestion des situations d’apprentissage selon diverses approches
La pertinence des apprentissages . Etc…
-Des critères pédagogiques :
Présentation de situations motivantes ayant une relation avec
le vécu de l’apprenant
Partir des représentations des apprenants et de leurs acquisitions antérieures
Planifier suivant différentes
approches (APC, A actionnelle…)
Gestion rationnelle du temps et des activités,
Gestion de la classe … Dimension réflexive
-Des critères de communication et d’interaction :
Impliquer les apprenants et
encourager leurs participations de manière équitable.
Ecouter attentivement leurs réponses et leurs interventions .
Créer des interactions , procéder aux corrections et reformulations.