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(1)

PROGRAMME HYDROLOGIQUE INTERNATIONAL

Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

Document établi par l’Équipe spéciale chargée de HELP janvier 2001

Dot. N” HOO/l

Gi

HELP est une initiative conjointe de l’Organisation des Nations Unies

pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM)

PHI-V Documents techniques en hydrologie no 44 UNESCO, Paris 2001

(2)

Les appellations employées darrs cette publication et la pr&entatian des données qui y figurent n’impliquent de la part de I’UNESCO aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoiresi, ,$Ues ou, ,z~nes, ou de leurs a#wjt&a, ni quant au tract9 de J’a:~‘ts frvnti’hres ou limites.

:

SC-2OOllWSl7

(3)

DES SOLUTIONS RÉELLES

DANS UN CONTEXTE HUMAIN

ET HYDROGRAPHIQUE RÉEL

CONCEPTION ET STRATÉGIE

DE MISE EN CEUVRE DE L’INITIATIVE HELP

DOCUMENT ÉTABLI PAR L’ÉQUIPE WÉWUE M~FGÉE DE HELP

La 9 Conférence internationale UNESCO/OMM sur l’hydrologie (Genève, 8-12 février 1999) a approuvé à l’unanimité une nouvelle initiative mondiale intitulée HELP (L’hyd ro o 1 g ie au service de l’environnement et de la vie et de la formulation de politiques) visant à la mise en place d’un réseau mondial de bassins hydrographiques afin de mieux articuler les liens entre l’hydrologie et les besoins de la société; la Conférence a recommandé la création d’une Équipe spéciale composée de spécialistes, de gestionnaires des ressources en eau et de spécialistes de la politique de l’eau chargée de définir ce concept. Elle a également demandé à l’Équipe spéciale de préparer un descriptif du pro- jet. Le présent document répond à cette demande. Il fait l’historique de l’initiative HELP et indique les problèmes auxquels elle s’attaque, ses objectifs et sa stratégie de mise en ceuvre.

Le présent document fait le point sur la planification de l’initiative HELP en octobre 2000. Il s’agit d’un projet final incluant des observations faites par un large éventail d’intervenants. On obtiendra de plus amples informations sur la page Web de HELP à l’adresse suivante :

www.unesco.org/science/HELP ou en s’adressant à:

M. Bonell, UNESCO,

Division des sciences de l’eau, 1, rue Miollis

75732 Paris Cedex 15 France

Courrier électronique : [email protected]

3

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

TABLE DES MATIÈRES

GLOSSAIRE DES SIGLES . . . . . . . . . . . . . 7

RÉSUMÉ ANALYTIQUE . . . . 9

1. INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.1 HISTORIQUE ... 11

1.2 FINALITE ET OBJECTIFS DE L’INITIATIVE HELP ... 14

1.3 L’INITIATIVE HELP DANS L’OPTIQUE DE L’UNESCO ET DE L’OMM ... 15

1.4 FORME ET FONCTION DE L’INITIATIVE HELP ... 16

1.4.1 Raison d’être de l’initiative HELP ... 16

1.4.2 Le rôle des disciplines en jeu ... 18

2. RÔLE DE L’INITIATIVE HELP DANS LA GESTION DES TERRES ET DE L’EAU . . . . 19

2.1 GESTION INTÉGREE DES TERRES ET DE L’EAU ... 2.2 L’EAU ET LALIMENTATION ... 2.2.1 L’alimentation et la politique de l’eau ... 2.2.2 L’alimentation et la gestion de l’eau ... 2.2.3 Contribution des sciences hydrologiques ... 2.3 QUALITÉ DE L’EAU ET SANTE ... 2.3.1 Qualité de l’eau et politique en la matière ... 2.3.2 Qualité et gestion de l’eau ... 2.3.3 Contribution des sciences hydrologiques ... 2.4 L’EAU ET LENVIRONNEMENT ... 2.4.1 La politique de l’environnement et de l’eau ... 2.4.2 Gestion de l’environnement et de l’eau ... 2.4.3 Contribution de l’hydrologie ... 2.5 L’EAU ET LE CLIMAT ... 2.5.1 Climat, politique et gestion de l’eau ... 2.5.2 Contribution de l’hydrologie ... 2.6 CONFLITS LIES A L’EAU ... 2.6.1 Conflit, politique et gestion de l’eau ... 2.6.2 L’eau et les conflits liés à l’eau dans le cadre de l’initiative HELP ... 2.6.3 Contribution de l’hydrologie ... 19 19 19 20 20 21 22 22 24 24 25 25 26 27 27 28 28 29 30 30 3. SIGNIFICATION PRATIQUE DE L’INITIATIVE HELP . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

3.1 LE RESEAU MONDIAL HELP DE BASSINS HYDROGRAPHIQUES ... 31

3.2 CARACTERISTIQUES DES BASSINS APPARTENANT AU RÉSEAU HELP ... 31

3.3 IDENTIFICATION DES BASSINS QUI CONSTITUERONT LE RÉSEAU HELP ... 31

3.4 RENFORCEMENT DES CAPACITES ... 33

3.5 COMMUNICATION ... 33

4. ORGANISATION ET GESTION DE L’INITIATIVE HELP . . . . . . . . . . . . 35

4.1 BESOINS ... 35

4.2 STRUCTURE ORGANIQUE PROPOSÉE ... 35

4.3 MISE EN CEUVRE ET GESTION ... 37 f

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

5. RAPPORT ENTRE I3NITIATIvE HELI? ET D’AUTRES PROG RAMMES INTERNATIONAUX 38

5.1 PROGRAMMES MONDIAUX ...

5.1.1 Le programme hydrologique international de I’UNESCO (PHI) ...

5.1.2 Régimes d’écoulement déterminés à partir de séries de données internationales expérimentales et de réseaux (FRIEND) ...

5.1.3 Organisation météorologique mondiale (OMM) ...

5.1.4 Système mondial d’observation du cycle hydrologique (WHYCOS) ...

5.1.5 Programme climatologique mondial (PCM) ...

5.1.6 Système mondial d’observation du climat (SMOC) ...

5.1.7 Système mondial d’observation terrestre (GTOS) ... ...

5.1.8 Partenariat mondial pour l’eau (GWP) ...

5.1.9 Système mondial de surveillance continue de l’environnement (GEMS/EAU) ...

5.1 .lO Conseil international pour la science (CIUS) ...

5.2 PROGRAMMES RÉGIONAUX ...

5.2.1 UNESCO ...

5.2.2 Groupes de travail régionaux de I’OMM ...

5.2.3 Structures intergouvernementales régionales ...

5.2.4 CATHALAC ...

5.2.5 Réseau interamericain sur les ressources en eau (IWRN) ...

38 38 38 39 39 39 40 40 40 40 40 41 41 41 41 41 41 6. ÉTAPES SUIVANTES ...

6.1.1 Phase 1 - Élaboration du cadre stratégique ...

6.1.2 Phase 2 - Définition d’un plan opérationnel ...

6.1.3 Phase 3 - Mise en œuvre des projets de bassins ...

6.1.4 Phase 4 - Établissement de rapports internationaux ...

APPENDICE 1 ORGANIGRAMME DE L’ÉQUIPE SPÉCIALE ...

APPENDICE II MANDAT DE L’ÉQUIPE SPÉCIALE ...

APPENDICE III VISION DU CONSEIL MONDIAL DE L’EAU POUR L’EAU, LA VIE ET L’ENVIRONNEMENT AU XXI~ SIÈCLE ...

APPENDICE IV ÉCHANGE DE DONNÉES HYDROLOGIQUES

TREIZIÈME CONGRÈS DE L’OMM, GENÈVE, MAI 1999, ...

APPENDICE V QUESTIONS RELATIVES AU DROIT ET À LA POLITIQUE DES EAUX., APPENDICE VI EXEMPLE FICTIF DE BASSIN HELP ...

42 42 42 42 43 44 45

47

48 52 57

APPENDICE VII EXEMPLE D’ÉTUDE D’UN BASSIN HELP NÉO-ZÉLANDAIS t< <. 61

6

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AIEA AISH AMHY AMIGO AOC BAHC BALTEX CAC SWR CATHALAC CDD CIUS CLIVAR CME COI DFID DHI FAO FRIEND GAME GCIP GCTE GECHS GEMS/EAU GEWEX GIEC GPCC GRDC GTOS GWP HELJ?

Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

GLOSSAIRE DES SIGLES

Agence internationale de l’énergie atomique

Association internationale des sciences hydrologiques

Composante de FRIEND concernant l’hydrologie alpine et méditerra- néenne

Composante de FRIEND concernant la région de l’Asie et du Pacifique et les Caraïbes

Composante de FRIEND concernant l’Afrique de l’Ouest et du Centre Aspects du cycle hydrologique se rapportant à la biosphère

Expérience en mer Baltique

Comité administratif de coordination, Sous-Comité sur les ressources en eau

Centre de l’eau pour les régions tropicales humides d’Amérique latine et des Caraïbes

Commission du développement durable Conseil international des unions scientifiques

Programme sur la variabilité et les prévisions climatiques Conseil mondial de l’eau

Commission océanographique intergouvernementale Ministère du développement international (Royaume-Uni) Décennie hydrologique internationale

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture Régimes d’écoulement déterminés à partir de données internationales expérimentales et de réseaux

Expérience GEWEX sur la mousson d’Asie

Projet international à l’échelle continentale de GEWEX Changements planétaires et écosystèmes terrestres

Changements environnementaux à l’échelle planétaire et sécurité humaine Système mondial de surveillance continue de l’environnement

Expérience mondiale sur les cycles de l’énergie et de l’eau Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat Centre mondial de climatologie des précipitations

Centre mondial de données sur l’écoulement Système mondial d’observation terrestre Partenariat mondial pour l’eau

L’hydrologie au service de l’environnement, de la vie et de la formulation de politiques

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

HKH ICM ICWE IHDP II!hSA INRE IWRN LOICZ MAB MAGS MOST OMM ONG ONU PH1 PH0 PHRE PIGB PMASC PMC PMDC PMIC PMRC PNUE RCU SIG SMOC UNESCO WHYCOS WWAP WWF wwv

Composante de FRIEND pour la régi& de 1’Hindu Kush et de 1’Himalaya

Gestion intégrée des bassins hydrographiques

Conférence internationale sur l’eau et l’environnement: Le développe- ment dans la perspective du XXI~ siècle

Programme international sur ies dimensions humaines des changements de l’environnement planétaire

Institute of IJaiCllic and Arabie Sciences in America Institut national de recherche sur les eaux, Canada

Inter-American Water Resources Network (Réseau interaméricain des ressources en eau)

Interaction terre-océan dans les zones côtières

Programme de 1’UNESCO sur L’homme et la biosphère Étude GEWEX portant sur le bassin du Mackenzie Gestion des transformations sociales

Organisation météorologique mondiale Organisation non gouvernementale Organisation des Nations Unies Programme hydrologique international Programme d’hydrologie opérationnelle

Programme d’hydrologie et de mise en valeur des ressources en eau Programme international sur la géosphère et la biosphère

Programme mondial des applications et des services climatologiques Programme climatologique mondial

Programme mondial des données climatologiques

Programme mondial concernant l’étude des incidences du climat Programme mondial de recherche sur le climat

Programme des Nations Unies pour l’environnement Unité régionale de coordination

Système d’information géographique Système mondial d’observation du climat

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture Système mondial d’observation du cycle hydrologique

Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau Forum mondial de l’eau

Vision mondiale de l’eau

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

RÉSUMÉ ANALYTIQUE

HELP est un programme conjoint UNESCO/OMM visant à la mise en place d’un réseau mon- dial de bassins hydrologiques afin de mieux articuler les liens entre l’hydrologie et les besoins de la société. Il s’agit d’un programme transversal du Programme hydrologique international de 1’UNESCO qui contribuera au Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau (WWAP) et au Programme d’hydrologie et de mise en valeur des ressources en eau de I’OMM.

L’importance vitale de l’eau pour garantir durablement la santé des populations et de l’envi- ronnement a été reconnue par de nombreuses instances nationales et internationales (par exemple la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1997), lors d’examens de 1

. .

a politique en la matière réalisés par les Nations Unies (par exemple par la Commission du déve- oppement durable de 1’ONU en 1994) et par des instances n’appartenant pas au système des Nations Unies (comme la Commission européenne en 1998). Plusieurs conférences internationa- les récentes, dont le deuxième Forum mondial sur l’eau, axé sur la sécurité de l’approvisionne- ment en eau au XXIe siècle (La Haye, mars 2000), a marqué l’apogée, ont souligné que « l’eau » était le plus grave problème d’environnement qui se présente au XXI~ siècle. La principale contrainte que subissent les ressources en eau douce tient à l’augmentation constante de la popu- lation mondiale. La variabilité climatique et les changements climatiques potentiels aggravent encore la pénurie. Simultanément, la qualité de l’eau se dégrade, d’où une réduction dramatique de la quantité d’eau douce disponible pour l’approvisionnement des populations en eau potable et à des fins agricoles et industrielles.

Cependant, malgré cette pléthore d’activités de très haut niveau, aucun programme inter- national de recherche en hydrologie traitant les principaux problèmes concernant les ressources en eau rencontrés sur le terrain et les intégrant à la politique et aux besoins en matière de gestion n’a été entrepris. L’initiative HELP va modifier la situation en instaurant une nouvelle approche de la gestion intégrée des bassins hydrographiques qui consistera à utiliser des bassins réels, ayant des problèmes réels liés à l’eau, comme lieu de rencontre entre spécialistes de l’hydrologie, gestionnai- res des ressources en eau et spécialistes de la politique et de la législation relatives en la matière.

Une telle intégration est nécessaire en raison de la séparation traditionnelle entre responsables de la politique de l’eau et de la gestion des ressources en eau et communautés scientifiques, sur- tout lorsqu’il s’agit de définir les programmes de recherche et d’assurer la libre circulation de l’information aux fins de la gestion. On tarde de ce fait beaucoup à faire profiter la société des fruits de la recherche scientifique. De plus, la politique de gestion de l’eau repose en général sur des connaissances et une technologie dépassées. Bien souvent, on suit des procédures sans que les parties intéressées aient conscience des solutions de rechange qui s’offrent à elles et sans que les scientifiques saisissent les impératifs de la situation. Ce « verrou paradigmatique » (figure 1) s’est formé du fait de l’isolement progressif des deux principaux acteurs, à savoir: les scientifiques d’une part, faute d’être parvenus à prouver l’utilité de leurs conclusions et les parties prenantes de l’autre, en raison de précédents juridiques et professionnels et de l’éclatement des institutions.

Actuellement, aucune initiative mondiale n’encourage les milieux responsables de la politique de l’eau, de la gestion des ressources en eau et la communauté scientifique à ceuvrer de concert dans une optique concrète, afin d’associer étroitement la science à la satisfaction des besoins en matière de formulation des politiques et de gestion. L’initiative HELP a pour but de combler cette lacune.

HELP est donc une initiative orientée vers les problèmes et adaptée à la demande qui sera essentiellement axée sur cinq’ grandes questions à savoir:

1. A sa 29e session, en avril 2000, le Bureau du PH1 a également recommandé d’ajouter les deux questions ci-après : amélioration de la communication entre les hydrologues et la société, et l’eau au service du développement socio-économique. Ces questions sont considérées comme liées au cinq questions initiales et ne devraient par conséquent pas être examinées séparément.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

l l’eau et le climat2;

l l’eau et l’alimentation;

l la qualité de l’eau et la santé humaine;

l l’eau et l’environnement;

l les conflits liés à l’eau.

L’importance relative de ces questions variera en fonction des régions et les priorités définies pour chaque bassin hydrographique appartenant au réseau HELP seront définies localement par les parties prenantes.

HELP nouera des liens appropriés avec un certain nombre d’autres initiatives internationales concernant l’eau (par exemple la GEWEX, le PIGB, le GWP, etc.) et offrira un excellent moyen de communication de l’information scientifique à l’appui de la gestion des ressources en eau et de la formulation de politiques y afférentes.

HELP fournira dans les cinq domaines susmentionnés de nouvelles données et de nouveaux modèles mieux adaptés à la définition d’une bonne gestion et à la formulation d’une bonne poli- tique de l’eau visant à satisfaire les besoins des populations et à profiter davantage à la société en faisant bon usage de l’eau et en instaurant un développement durable.

La finalité globale de l’initiative HELP est donc:

D’apporter des avantages sociaux, juridiques, économiques et environnementaux aux communautés par le biais d’une utilisation durable et appropriée de l’eau, en faisant appel à l’hydrologie pour mieux assurer la gestion intégrée des bassins hydrographiques.

On obtiendra de plus amples informations sur le Programme HELP à l’adresse suivante:

http://www. unesco.org/science/help ou auprès de:

M. Mike Bonell UNESCO

Division des sciences de l’eau 1, rue Miollis

75732 Paris Cedex 15 France

Courrier électronique : [email protected] M. Wolfgang Grabs

Département d’hydrologie et des ressources en eau Organisation mét&rologique mondiale

7 bis avenue de la Paix Case postale 2300 CH-1211 Genève 2 Suisse

Courrier électronique : [email protected]

2. Ce qui comprend la prévention des catastrophes (inondations et sécheresses).

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

1. Introduction

1.1 Historique

De nombreuses instances nationales et internationales ont reconnu l’importance vitale de l’eau pour garantir durablement la santé des populations et de l’environnement. Plusieurs conférences récentes et documents d’orientation internationaux soulignent la nécessité d’une utilisation viable à long terme de nos ressources limitées en eau douce. La principale contrainte qu’elles subissent tient à l’augmentation constante de la population mondiale. La variabilité climatique et les changements climatiques potentiels aggravent encore la pénurie d’eau. Simultanément, sa qualité se dégrade, d’où une réduction dramatique de la quantité d’eau douce disponible pour l’approvi- sionnement des populations en eau potable, et à des fins agricoles et industrielles.

Pour répondre à ces préoccupations, les institutions du système des Nations Unies favorisent depuis plus de 40 ans la collecte et l’analyse de données hydrologiques et le renforcement des capacités. Toutes leurs évaluations les plus récentes montrent qu’il est effectivement urgent d’agir et de traiter les questions de gestion des ressources en eau dans le monde. La Commission du développement durable (CDD) des Nations Unies a par exemple souligné, en partie pour donner suite aux recommandations de la Conférence de Rio et d’Action 21, l’apparition du problème de la pénurie d’eau à l’échelle mondiale. En 1994, la CDD a instamment demandé que soit établi

« un inventaire exhaustif des ressources en eau douce afin d’identifier la disponibilité desdites res- sources, de faire des projections des besoins futurs, et des problèmes à examiner devant être exa- minés ». Trois ans plus tard, l’« Inventaire exhaustif des ressources mondiales en eau douce » a été présenté à la 5e session de la CDD et à la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ce document a été établi par un comité directeur comprenant des représentants de toutes les institutions du système des Nations Unies qui s’occupent de l’eau douce, et en coopération avec l’Institut de Stockholm pour l’environnement. La publication de la mono- graphie du Programme hydrographique international de 1’UNESCO intitulée « World Water Resources » (Ressources mondiales en eau) constitue une étape importante vers la réalisation de l’objectif de la CDD. Cet ouvrage établit un vaste corpus d’informations de base, mais conclut:

qu’il reste encore beaucoup à faire et que de nombreux aspects doivent être améliorés, en particulier les réseaux hydrologiques mondiaux et la collecte et le traitement des données, afin que l’évaluation des ressources en eau soit plus précise et plus fiable.

La Commission européenne a examiné la problématique de l’eau dans toute l’Europe (Freshwater: a challenge for innovation, 1998). Ce document, largement consulté, souligne que l’eau est une ressource stratégique et reconnaît que:

même dans des zones où les précipitations sont élevées et dans de grands bassins fluviaux, la surexploitation et la mauvaise gestion des ressources en eau ont sévèrement limité l’approvisionnement. Ces problèmes sont largement répandus et s’aggraveront encore car le développement économique croissant amplifiera encore la demande d’eau douce.

Une récente conférence internationale du Programme hydrologique international de 1’UNESCO portait sur le problème de « L’eau: une crise imminente? » et concluait qu’il fallait prendre des mesures concrètes dans un certain nombre de domaines pour éviter les pires catas- trophes.

Plus récemment, la Vision pour l’eau, la vie et l’environnement au XXI~ siècle, du Conseil mon- dial de l’eau, et le deuxième Forum mondial sur l’eau, qui allait de pair et portait sur le thème de la sécurité de l’eau au XXIe siècle (La Haye, mars 2000) ont souligné que « l’eau » était le plus grave problème d’environnement qui se présente au XXIe siècle.

La Déclaration ministérielle de La Haye sur la sécurité de l’eau énonce les sept principaux défis à relever pour assurer la sécurité de l’eau, à savoir satisfaire les besoins fondamentaux, assurer

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

l’approvisionnement alimentaire, protéger les écosystèmes, partager les ressources en eau, gérer les risques, valoriser l’eau et gérer l’eau de manière responsable. Afin de relever ces défis, la Déclaration ministérielle préconisait « . . . la collaboration et des partenariats à tous les niveaux.. . et.. . [l’intensification] de la collaboration afin de traduire les principes convenus en actions.. . » dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau. Cette même déclaration indiquait égale- ment que « . . . les actions préconisées.. . [comprenaient] la planification et la gestion, convention- nelle et non conventionnelle, des ressources en eau et de la terre, qui prend en compte les facteurs sociaux, économiques et environnementaux, qui englobe les eaux de surface et les eaux souter- raines ainsi que leurs écosystèmes.. . ». La Déclaration ministérielle mettait aussi particulièrement l’accent sur les problèmes de qualité de l’eau.

Malgré cette pléthore d’activités très en vue, aucune initiative mondiale cherchant à trouver, dans un contexte concret, les solutions technologiques nécessaires et à les intégrer à la politique et à la gestion, n’a été entreprise. Au contraire, les réseaux hydrométriques et ceux relatifs à la qua- lité de l’eau, indispensables pour fournir des données valables permettant de savoir en quoi la politique de l’eau a besoin d’être actualisée, et d’y parvenir, se détériorent dans le monde entier depuis les années 80. Parallèlement, le soutien des donateurs en faveur de la recherche hydrolo- gique orientée vers des problèmes concrets afin de mieux comprendre les processus liés à l’eau et à la façon dont les contaminants pénètrent dans les bassins hydrographiques, les traver- sent et en ressortent, diminue, toutes choses qui ont de graves répercussions sur la gestion des bassins fluviaux.

De plus, la séparation traditionnelle entre responsables de la politique de l’eau et de la gestion des ressources en eau et communautés scientifiques demeure, surtout lorsqu’il s’agit de définir les programmes de recherche et d’assurer la libre circulation de l’information utile à la gestion. On tarde de ce fait beaucoup à faire profiter la société des fruits de la science. De plus, la politique de gestion de l’eau repose, à l’échelle mondiale, sur des connaissances et une technologie dépassées.

Bien souvent, des procédures sont suivies sans que les scientifiques saisissent les impératifs de la situation et sans que les parties prenantes aient conscience des solutions de rechange dont elles disposent. Ce « verrou paradigmatique » (figure 1) s’est formé du fait de l’isolement progressif

Verrou paradigmatique

Hydrologie des processus Gestionnaires des ressources en eau et parties prenantes

compréhension

Isolée son utilité n’ayant pas été prouvée

mise en œuvre

Isolés en raison de l’éclatement des institutions

Figure 1 Le verrou paradigmatique, où les pratiques acceptées reposent sur des connais- sances dépassées et l’absence de transfert technologique.

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Conception et stratégie de mise en ceuvre de l’initiative HELP

des deux principaux acteurs, à savoir: les scientifiques d’une part, faute d’être parvenus à prouver l’utilité de leurs conclusions et les parties prenantes de l’autre, en raison de précédents juridiques et professionnels et de l’éclatement des institutions. Actuellement, aucune initiative mondiale n’encourage les milieux responsables de la politique de l’eau, de la gestion des ressources en eau et la communauté scientifique à oeuvrer de concert dans une optique concrète afin d’associer étroitement la science à la satisfaction des besoins recensés en matière de formula- tion des politiques et de gestion. L’initiative sur L’hydrologie au service de l’environnement, de la vie et de la formulation de politiques (HELP) a pour objectif de combler cette lacune.

On peut faire remonter HELP à la première décennie hydrologique internationale (DHI), qui a débuté en 1965 pour se terminer en 1974, et qui incluait des études systématiques de l’environ- nement hydrologique. Elle a connu un succès remarquable et a donné lieu à toute une série de programmes de suivi, parmi lesquels les phases successives du Programme hydrologique interna- tional (PHI) de l’UNESC0, au nombre de cinq à ce jour. La sixième, qui couvrira la période 2002-2007, est actuellement en cours de planification.

L’idée qu’il fallait une nouvelle grande initiative internationale est née en 1996, lors de la 17e session (Paris, octobre 1996) du Sous-Comité des ressources en eau du Comité administratif de coordination de I’ONU (CAC SWR de l’ONU), q ui recommandait le lancement d’une initia- tive mondiale sur la question de la qualité de l’eau. Entre-temps, des particuliers et des groupes de scientifiques ont admis, de leur côté, la nécessité d’une entreprise de ce genre et appelé à lan- cer un projet international dans lequel la science jouerait un rôle moteur. Certains des participants à la GEWEX ont ensuite proposé d’étudier la possibilité pour 1’UNESCO d’organiser une seconde Décennie hydrologique internationale.

Le concept d’initiative internationale répondant aux besoins de la formulation de politiques et du développement, qui est le pivot du programme HELP, est apparu pour la première fois lors de la Conférence internationale de la British Hydrological Society sur le thème « Hydrology and Water Resources Development in an Uncertain Environment » (L’hydrologie et la mise en valeur des ressources en eau dans un environnement incertain) qui s’est tenue à Exeter du 5 au 10 juillet 1998. La Conférence a adopté et défini ce concept dans un appel officiel lancé dans la

« Déclaration d’Exeter », qui recommandait:

d’envisager d’organiier une deuxième Décennie hydrologique internationale, qui constituerait l’un des grands projets entrepris dans le cadre des activités en cours de I’UNESCO, de 1’OMM et d’autres organisations, reconnaîtrait les programmes mondiaux d’observation en cours dans les disciplines scientifiques connexes et viserait à fournir les ensembles exhaustifs de don- nées et les interprétations scientifiques nécessaires pour réduire l’incertitude des prévisions hydrologiques dans des domaines importants sur le plan environnemental, économique et social.

Pour répondre à ces demandes, 1’UNESCO et I’OMM ont coparrainé la réunion d’un groupe informel d’experts (organisée à Wallingford, Royaume-Uni, en décembre 1998), qui recomman- dait la mise au point d’une nouvelle initiative internationale en hydrologie. Le cadre conceptuel de cette initiative devait conjuguer hydrologie expérimentale et questions relatives à la gestion et à la politique des ressources en eau. Ce concept a été présenté à la cinquième Conférence inter- nationale mixte UNESCO/OMM sur l’hydrologie (Genève, février 1999), qui l’a entériné à l’unanimité. La Conférence a recommandé la création d’une nouvelle initiative mondiale qui, grâce à la mise en place d’un réseau mondial de bassins hydrographiques établirait un nouveau programme scientifique correspondant mieux aux questions les plus cruciales concernant la poli- tique et la gestion de l’eau. Cette nouvelle initiative est intitulée HELP (L’hydrologie au service de l’environnement, de la vie et de la formulation de politiques). La Conférence a recommandé la création d’une équipe spéciale, composée d’hydrologues, de gestionnaires des ressources en eau et de spécialistes de la politique et de la législation relatives à l’eau et chargée de définir cette notion. La structure de 1’Equipe spéciale qui en est découlée, ainsi que son mandat, sont indiqués aux appendices 1 et II. La Conférence a également demandé à 1’Equipe spéciale de rédiger le pré- sent descriptif de projet.

13

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

L’initiative HELP a été approuvée par la 28e session du Bureau du PHI, qui a recommandé qu’à l’instar de FRIEND, elle soit considérée comme un thème transdisciplinaire à part au sein du Programme hydrologique international de I’UNESCO. Le Bureau a également recommandé que l’initiative HELP établisse des liens solides avec les composantes pertinentes d’autres pro- grammes mondiaux tels que PMRC de l’OMM, le Programme international sur la géosphère et la biosphère (PIGB) du CIUS, d ‘autres institutions du système des Nations Unies, des organisa- tions non gouvernementales, des programmes internationaux et la vision pour l’eau, la vie et l’en- vironnement au xxIe siècle du Conseil mondial de l’eau (appendice III). Ces différentes instances ont à cette fin été invitées à envoyer des représentants et à participer à la première réunion de l’Équipe spéciale pour HELP qui s’est tenue en Arizona, du 20 au 26 novembre 1999. La plupart des organisations concernées étaient représentées et celles qui étaient dans l’impossibilité de le faire, ont manifesté un vif intérêt pour HELP et demandé à être informées des résultats de la réunion. De plus amples détails sur celle-ci figurent dans le rapport la concernant que l’on peut se procurer sur demande auprès de l’UNESC0, à Paris. Ce document présente le cadre straté- gique établi par 1’Equipe spéciale.

1.2 Finalité et objectifs de l’initiative HELP

La finalité globale de l’initiative HELP est:

d’apporter des avantages sociaux, juridiques, économiques et environnementaux aux communautés par le biais d’une utilisation durable et appropriée de l’eau, en faisant appel à l’hydrologie pour mieux assurer la gestion intégrée des bassins hydrographiques.

HELP fonctionnera selon le principe de l’adaptation de la recherche aux problèmes de poli- tique et de développement liés à l’eau, et aura pour principale activité la mise en place d’un réseau mondial de bassins hydrographiques expérimentaux.

HELP, qui s’appuiera sur les réseaux existants et développera de nouvelles connaissances scientifiques là où existent des lacunes, aura les principaux objectifs ci-après :

1. créer un cadre qui permette aux experts en droit et en politique de l’eau, aux gestionnaires des ressources en eau et aux spécialistes de l’eau de travailler en plus étroite collaboration à la résolution des problèmes liés à celle-ci;

2. briser le « verrou paradigmatique » ; changer l’optique de l’hydrologie afin que les obser- vations relatives à l’eau, qu’elles soient d’ordre matériel (techniques, hydrologiques, clima- tologiques, écologiques) ou non (sociologiques, économiques, administratives et juri- diques) soient faites dans de véritables bassins hydrographiques opérationnels. Ces observations porteront sur les problèmes de politique et de gestion les plus cruciaux aux yeux des utilisateurs dans différents contextes biophysiques et socio-économiques, et compte tenu de la nécessité d’un développement durable;

3. mettre l’accent sur les résultats; en faisant participer les principales parties prenantes afin que les résultats scientifiques obtenus satisfassent plus directement les besoins de la société.

On atteindra les objectifs susmentionnés en créant un programme intégré à long terme dans le cadre duquel l’hydrologie des processus sera étudiée à l’échelle de bassins hydrographiques plus vastes qu’auparavant, ce qui accroîtra son intérêt pratique pour les gestionnaires des ressources en eau et des terres, ainsi que pour les spécialistes de la politique et de la législation relatives à l’eau.

Reconnaissant que les pays développés et en développement n’ont pas les mêmes possibilités, HELP mettra l’accent sur le transfert de technologie, l’éducation et les initiatives en matière de renforcement des capacités afin de permettre au monde entier d’atteindre ces objectifs.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

1.3 L’initiative HELP dans l’optique de I’UNESCO et de I’OMM

HELP est une initiative mondiale à laquelle peuvent contribuer des particuliers et des organisa- tions intéressés qui participent à la gestion intégrée des ressources en eau. La contribution à ce programme peut prendre de nombreuses formes, mais doit respecter les principes directeurs de base énoncés dans le présent document. L’UNESCO et 1’OMM en sont les deux principaux chefs de file.

LUNESCO considère HELP comme un programme transdisciplinaire, ayant une assise géo- graphique, susceptible de contribuer aux cinq thèmes scientifiques de la prochaine phase du PH1 (PHI-VI) à savoir:

l évolution à l’échelle mondiale et ressources en eau;

l dynamique intégrée des bassins hydrologiques et des aquifères ;

l hydrologie de l’habitat terrestre;

l eau et société;

l éducation et formation relatives à l’eau.

HELP est également en mesure de contribuer aux phases ultérieures du PH1 sur les thèmes complémentaires que sont la gestion, la législation et la politique relatives aux ressources en eau.

Le document qui présente le PHI-VI contient des détails sur les liens essentiels, mais c’est surtout le fait que l’initiative HELP soit axée sur les bassins hydrographiques, et fasse appel à des scien- tifiques, des gestionnaires des ressources en eau et des experts de la politique et de la législation relatives à l’eau dans un contexte concret et de manière intégrée, qui la distingue du programme existant du PHI-VI. HELP peut aussi bien participer aux divers travaux de synthèse et aux grou- pes de travail novateurs de réflexion « en amont » du PHI, qu’aux contributions nationales affé- rentes aux thèmes actuels du PHI-VI et les compléter en incorporant et testant leurs résultats sur le terrain.

L’OMM soutient les efforts visant à améliorer l’efficacité des services hydrologiques nationaux sur lesquels s’appuient la planification des ressources en eau et l’atténuation des effets des cata- strophes. Les activités de ces services en matière d’évaluation des ressources en eau, et des risques et prévisions des inondations, sont tributaires d’une bonne compréhension scientifique des pro- cessus naturels et socio-économiques en jeu et d’un bon approvisionnement en données, qui devraient l’un et l’autre profiter de la mise en œuvre de l’initiative HELP.

L’adoption par 1’OMM de la résolution 25 (Cg-XIII) - Échange de données et de produits hydrologiques (appendice IV) atteste que l’Organisation est consciente de la nécessité de collec- ter des données et de les mettre à disposition. Dans cette résolution, les membres de I’OMM sous- crivaient « à l’engagement d’élargir et de renforcer dans toute la mesure du possible l’échange international libre et gratuit des données et des produits hydrologiques ». La résolution ajoutait que :

les membres devraient aussi fournir, lorsqu’ils en disposent, les données et produits supplémen- taires nécessaires pour appuyer les programmes et projets de I’OMM, ceux des autres institutions des Nations Unies, ceux du CIUS et des organisations jouissant d’un statut équivalent, qu’il s’a- gisse de programmes d’hydrologie opérationnelle ou de programmes de recherche sur les res- sources en eau à l’échelle mondiale, régionale et nationale.

C’est pourquoi le Congrès de I’OMM a accepté que l’Organisation continue d’étudier la fina- lité et la faisabilité de l’initiative HELP, sous réserve que, par son ampleur et sa nature, sa partici- pation au projet relève de son champ de compétence et serve ses objectifs.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP -

1.4 Forme et fonction de l’initiative HELP

Parce que le bassin hydrographique est l’unité naturelle en hydrologie, il constitue la base de l’initiative HELP. Habituellement, les hydrologues étudient l’écoulement ,de l’eau à travers un bassin hydrographique et en déduisent les répercussions de ses variations. Etant donné toutefois que l’initiative HELP est axée sur la population et l’environnement - c’est-à-dire orientée vers les problèmes et modulée en fonction de la demande, elle adopte une approche différente, part de problèmes sociétaux, puis y recherche des solutions dans le domaine hydrologique. Cela suppose une approche multidisciplinaire ayant comme point de départ des problèmes relatifs à l’environ- nement, la vie et la formulation de politiques et faisant appel à l’hydrologie pour les résoudre.

HELP s’efforcera donc d’entreprendre de nouvelles études interdisciplinaires dans toute une gamme d’échelles appropriées, qui favorisent des solutions intégrées à des problèmes liés à l’eau, définis localement, et ayant trait à l’environnement, la vie et la formulation de politiques. Pour y parvenir dès le départ, l’initiative HELP aura recours à des spécialistes des sciences physiques et sociales appartenant aussi bien à des milieux opérationnels qu’à ceux de la recherche, à des experts en politique de l’eau, à des gestionnaires et à des utilisateurs. Là où les compétences techniques font défaut, HELP s’efforcera d’en favoriser l’acquisition par le biais de l’éducation et du renfor- cement des capacités.

HELP fournira donc un cadre multidisciplinaire permettant de traiter les cinq aspects mon- diaux ci-après de la politique de l’eau douce, à savoir:

l l’eau et l’alimentation;

l la qualité de l’eau et la santé humaine;

l l’eau et l’environnement;

l l’eau et le climat”;

l les conflits liés à l’eau;

‘+ Note : La prévention des catastrophes (inondations et sécheresses) relève de la rubrique Eau et climat.

1.4.1 Raison d’être de l’initiative HELP

L’environnement

Dans la mesure où l’on considère de plus en plus l’environnement non seulement comme un moyen de stockage de l’eau, mais aussi comme un utilisateur légitime, il est désormais admis qu’il a lui-même une valeur économique intrinsèque. L’environnement souffre toutefois aussi bien de pollution ponctuelle que de pollution diffuse en raison des diverses activités des utilisateurs d’eau.

Il est de ce fait moins apte à fournir de l’eau propre à la consommation et en produit moins.

L’alluvionnement est une forme de pollution qui diminue la disponibilité de l’eau dans le temps et dans l’espace. Une approche intégrée alliant génie écologique, hydrologie des processus, poli- tique environnementale, législation et économie, ainsi que gestion environnementale aura partiel- lement recours à HELP pour traiter les problèmes liés à l’environnement. HELP préconisera une meilleure gestion environnementale afin d’assurer la disponibilité durable des ressources en eau dans quelque bassin que ce soit.

La variabilité et les changements climatiques peuvent également avoir de profondes répercus- sions sur les ressources en eau. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du cli- mat (GIEC) a récemment conclu que le coût de plus en plus élevé des phénomènes climatiques, en vies humaines et en capital, imputables aux crues, tempêtes et sécheresses, tenait à l’inertie de la société qui n’adaptait pas sa politique et son mode d’utilisation des ressources. Cela souligne l’importance de la gestion des ressources en eau et la nécessité de quantifier et de prévoir les éventuelles modifications qu’elles risquent de subir du fait des changements et de la variabilité climatiques.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELI?

La vie

D’après certaines projections actuelles, la majeure partie de la population mondiale risque d’ici à 2025, de manquer d’eau pour cultiver les produits nécessaires à la satisfaction de ses besoins alimentaires de base. Cet énorme déficit vivrier semble inévitable dans les régions pauvres en eau, à moins que l’on ne parvienne à utiliser plus efficacement les ressources existantes: il faut pour cela étudier comment, sur les plans techniques et autres, rendre l’utilisation de l’eau de plus en plus efficace, aussi bien pour les cultures pluviales que pour les cultures irriguées. Pour s’assurer que d’éventuelles répercussions importantes sur les utilisateurs d’eau situés en aval (et/ou en amont) sont prises en compte, ce travail doit être effectué dans le cadre d’un bassin hydro- graphique.

La rivalité que suscite l’approvisionnement en eau est également une source grandissante de conflits potentiels. Dans des régions pauvres en eau, la croissance démographique aura inévita- blement pour effet une rivalité accrue, tant au niveau national qu’international, pour l’utilisation des ressources restreintes disponibles dans les cours d’eau et les aquifères. D’un autre côté, l’eau est également un excellent moyen de coopération, et a souvent servi à réunir diverses parties. Une meilleure information sur les ressources en eau est indispensable afin de prévoir, d’empêcher et de traiter les conflits potentiels liés à l’eau.

La santé humaine est gravement compromise par la pénurie d’eau de boisson salubre, ce qui est un problème sérieux dans de nombreux pays en développement, et qui ira probablement en s’aggravant, les sources existantes d’approvisionnement étant de plus en plus sollicitées du fait de la croissance démographique. A l’échelle mondiale, l’information sur la qualité de l’eau est extrê- mement rare, mais elle est indispensable si l’on veut évaluer correctement les risques encourus par une grande partie de la population mondiale et y remédier.

Politiqtte et législation

HELP offrira des informations plus fiables aux législateurs et aux décideurs (et responsables de l’application des lois et autres décisions), ce qui leur permettra de s’attaquer aux principales ques- tions que posent les inévitables conflits liés à l’utilisation de l’eau par les parties prenantes aux niveaux local, régional et international. La législation et les politiques applicables à la gestion durable des ressources en eau exigent une bonne compréhension des processus hydrologiques et une appréciation exacte des besoins et contraintes que subissent tous les utilisateurs d’eau. Les scientifiques doivent jouer un rôle vital dans l’élaboration d’un cadre juridique et politique effi- cace qui garantisse l’utilisation équitable et rationnelle de l’eau dans chaque cas particulier.

Le deuxième Forum mondial de l’eau est favorable à une intégration plus étroite de la science et de la politique et part du principe que pour prendre de bonnes décisions il faut s’appuyer sur de solides connaissances qui exigent à leur tour des analyses scientifiques. La science n’est par conséquent pas un luxe. Il lui faut de surcroît des bases de données suffisantes pour tirer des conclusions et le Forum préconise d’encourager la communauté scientifique à participer plus activement au débat public et les décideurs à tenir compte de leur avis.

Dans un premier temps, il convient d’identifier avec la plus grande précision la qualité de l’eau disponible et son volume, afin de délimiter précisément ce cadre. Dans un deuxième temps, il faut identifier les différents utilisateurs d’eau, les besoins de chacun et définir tout un éventail de sys- tèmes possibles d’affectation de l’eau y compris, dans l’idéal, en indiquant dans chaque cas quelle serait son utilisation optimale et durable.

Des relations de travail efficaces entre législateurs et décideurs et entre gestionnaires de l’eau et scientifiques devraient aboutir à l’établissement d’un régime de répartition de l’eau acceptable par toutes les parties prenantes, qui devra être contrôlé d’une façon ou d’une autre pour en garan- tir le constant respect. Cette surveillance devra faire l’objet d’une évaluation. En cas de différends entre utilisateurs, ou de litige quant à l’utilisation de l’eau, HELP peut fournir des modèles inté- grés de scénarios de remplacement qui satisferaient de façon optimale des besoins antagoniques.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

En bref, HELP permettra la mise au point de systèmes rationalisés et équitables d’attribu- tion de l’eau, capables d’évoluer avec le temps, visant à éviter les conflits et à rendre possible l’utilisation durable des ressources.

1.4.2 Le rôle des disciplines en jeu

Spécialistes des sciences de l’eau

Le savoir scientifique devrait être transmis sur le terrain, au moyen de dispositifs expérimentaux novateurs alliant observations matérielles et autres, relatives à l’eau. La science devrait s’intéres- ser de manière globale aux effets d’échelle et reconnaître que ceux-ci peuvent varier selon que les problèmes sont d’ordre matériel ou non. La principale motivation est d’améliorer la compréhen- sion des processus hydrologiques qui régissent la qualité de l’eau comme son volume, leur rap- port avec les processus écologiques (biodiversité, échanges terre/eau, hydromorphologie) et com- ment ceux-ci influent sur les structures sociales, économiques et juridiques ou sont affectés par elles. Les spécialistes des sciences de l’eau doivent aussi communiquer leurs résultats de recherche aux gestionnaires des ressources en eau concernés.

La législation et les décideurs

Législateurs et décideurs doivent apprécier la science à sa juste valeur et poser aux scientifiques des questions pertinentes afin de garantir à tous les utilisateurs actuels et futurs un accès équita- ble à des ressources adéquates en eau.

Les principales préoccupations des législateurs et des décideurs sont de déterminer le volume des ressources, les besoins de toutes les parties prenantes et de mettre au point un cadre souple, prévisible et applicable qui répartisse équitablement l’utilisation des ressources entre toutes les parties prenantes. L’appendice V donne des extraits de la Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation qui exigent une contribution scientifique.

Les gestionnaires des ressources en eau

Les gestionnaires des ressources en eau sont chargés d’atteindre les résultats pratiques en vue des- quels œuvre l’initiative HELP; ils sont probablement aussi les plus conscients des problèmes que pose le passage de l’idée à l’action et, parce qu’ils se trouvent aussi à l’interface entre science, droit et politique, ils peuvent fournir des informations cruciales sur les moyens d’éviter et de résoudre les conflits. Ils ont par conséquent un rôle crucial à jouer dans la formulation du programme de l’initiative HELP.

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

2. Rôle de l’initiative HELP

dans la gestion des terres et de l’eau

2.1 Gestion intégrée des terres et de l’eau

Les travaux effectués au titre de l’initiative HELP se feront dans le contexte holistique de la ges- tion intégrée des terres et de l’eau. Lorsqu’on étudie la gestion des ressources en eau à l’échelle d’un bassin hydrographique (ou à une échelle plus grande encore), il nous faut tenir compte des interactions entre les différentes composantes du paysage (forêts, savanes, prés et pâturages, ter- res cultivées et zones humides par exemple). Il faut également penser à l’eau en termes écono- miques, sociaux et environnementaux aussi bien qu’en termes physiques. Les technologies et les techniques de gestion susceptibles d’améliorer considérablement la gestion de l’eau à un endroit donné peuvent réduire l’approvisionnement en eau d’usagers en aval. Des variations locales de l’écoulement et du drainage peuvent également modifier le débit des cours d’eau, le stockage de l’eau dans les réservoirs et la réalimentation des nappes souterraines. Par conséquent, améliorer la gestion de l’utilisation de l’eau à un niveau donné peut profiter aux utilisateurs qui s’y trouvent, mais au détriment d’usagers habitant d’autres parties du bassin. Le problème est donc de com- prendre comment l’eau est utilisée dans les différentes parties d’un bassin afin d’améliorer la ges- tion de l’ensemble de celui-ci.

2.2 Ceau et l’alimentation

Le plus gros utilisateur d’eau douce est de loin l’agriculture, qui représente actuellement près des trois quarts de la consommation mondiale d’eau. Si, comme cela est presque certain, la popula- tion augmente de 65 % au cours des cinquante prochaines années, cette future population mon- diale sera, à 70 % environ, confrontée à une pénurie d’eau et 16 % n’aura pas suffisamment d’eau pour cultiver les produits nécessaires à la satisfaction de ses besoins alimentaires de base. On ne parviendra pas à augmenter la production alimentaire dans les propositions nécessaires sans accroître la productivité des terres existantes et avec les ressources en eau existantes. Une ques- tion cruciale pour HELP est donc de savoir « dans quelle mesure il est possible d’utiliser l’eau plus efficacement dans l’agriculture ? ».

Bien que l’irrigation soit souvent proposée comme étant le moyen d’augmenter la productivité par unité de surface, elle sollicite davantage encore les ressources en eau douce. En outre, étant donné que l’agriculture irriguée ne fournit qu’un tiers environ de l’alimentation mondiale, il n’en faudrait pas moins une assez forte augmentation de la production. D’un autre côté, améliorer l’efficacité de l’agriculture pluviale aurait pour double effet d’accroître la production alimentaire en même temps que de réduire la demande d’eau douce. La plupart des évaluations relatives à la production alimentaire future ne tiennent pas compte de la possibilité d’améliorer la production de l’agriculture pluviale par unité de surface. Et pourtant, dans des régions comme l’Afrique sub- saharienne, où la croissance démographique est très élevée, la plupart des produits alimentaires (plus de 90 %) p roviennent de ce type d’agriculture, situation qui perdurera probablement dans un avenir prévisible. Il est donc essentiel d’utiliser l’eau plus efficacement, tant dans l’agriculture pluviale que dans l’agriculture irriguée.

2.2.1 L’alimentation et la politique de l’eau

On recense cinq grands problèmes concernant l’eau et l’alimentation:

l le taux d’expansion futur de l’irrigation et la gravité de la pénurie alimentaire prévue si l’irrigation n’est pas développée; et les pénuries d’eau prévues en aval si l’irrigation est développée ;

l la sécurité de l’approvisionnement alimentaire national par rapport au commerce inter- national des produits alimentaires ;

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

l l’augmentation de la productivité alimentaire totale (aussi bien pluviale qu’irriguée) ;

l les moyens de combler l’écart de rendement plutôt que de repousser les limites de celui-ci (en s’efforçant avant tout de réduire les variations qui font tomber les rendements en des- sous de la moyenne sur une même exploitation, plutôt que d’augmenter le rendement moyen par unité de facteur de production) ;

l la transition entre des organisations s’occupant d’irrigation et des entreprises de service, et le transfert aux utilisateurs de la gestion des systèmes les plus petits.

2.2.2 L’alimentation et la gestion de l’eau

Nous ne pouvons améliorer la gestion de l’eau dans l’agriculture et simultanément accroître la production alimentaire qu’en utilisant l’eau de manière plus efficace. C’est vrai aussi bien pour les cultures irriguées que pour les cultures pluviales et signifie qu’il faut produire autant ou davan- tage de nourriture avec moins d’eau. Si une meilleure efficacité d’utilisation de l’eau est avant tout une question quantitative, améliorer ou maintenir sa qualité est également une tâche essentielle de la gestron de l’eau dans l’agriculture. Dans de nombreux pays, augmenter la production alimen- taire est le problème le plus urgent, mais pour d’autres, c’est le maintien et l’amélioration de la qualité de l’eau qui prime.

Nous pouvons utiliser l’eau plus efficacement en:

l modifiant les pratiques agricoles de labourage ;

l changeant de types de cultures ;

l réduisant l’évaporation du sol ;

l optimisant la sélection des cultures ;

l améliorant les technologies ;

l réduisant les pertes lors du transport ;

l définissant et appliquant une politique de tarification.

11 convient de mesurer l’efficacité de l’utilisation de l’eau dans l’ensemble du bassin hydrogra- phique en tenant compte d’une éventuelle réutilisation. Alors que la réduction des pertes par éva- poration, qui sont improductives, est un objectif essentiel pour utiliser l’eau de manière plus effi- cace, il n’est peut-être pas souhaitable pour les prélèvements en aval de diminuer la réalimentation des nappes phréatiques. La gestion de l’eau doit par conséquent distinguer les différentes voies suivies par l’eau à l’intérieur du bassin et tenir compte des interactions et rétroactions au sein du système.

Pour garantir l’approvisionnement futur en nourriture et en eau, il nous faut intervenir et agir comme suit :

1. revoir les mesures prises aux plans institutionnel et normatif;

2. perfectionner les techniques ;

3. veiller à la préservation environnementale et écologique;

4. procéder à des modifications sociales et culturelles ; 5. reconnaître la demande urbaine et la demande rurale;

6. reconnaître les méthodes de gestion de la demande et de gestion participative;

7. renforcer les capacités et les transferts de technologie.

2.2.3 Contribution des sciences hydrologiques

Techniquement parlant, pour utiliser l’eau plus efficacement dans l’agriculture, il est fondamental d’augmenter le volume total d’eau dont disposent les végétaux et/ou d’accroître l’efficacité de la production de biomasse à partir de l’eau fournie par la transpiration des sols et des végétaux. Les principaux moyens de parvenir au premier objectif sont d’améliorer l’infiltration (c’est-à-dire de réduire le ruissellement de surface), de réduire l’évaporation directe de l’eau du sol (ou de l’eau d’irrigation) et de réduire le drainage. Nous connaissons certaines des techniques de base per- mettant de diminuer le ruissellement de surface, l’évaporation de l’eau du sol et le drainage, mais

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Conception et stratégie de mise en œuvre de l’initiative HELP

il convient d’étudier de manière plus approfondie l’opportunité et l’effet net d’une méthode don- née dans un environnement particulier.

L’efficacité peut également être améliorée grâce à la fixation accrue du carbone par unité de volume éliminée par transpiration. Cette « efficacité de transpiration » varie avec le type de culture et le taux d’hygrométrie, l’efficacité étant plus élevée dans les milieux plus humides. On pourrait donc, en principe, obtenir davantage de biomasse pour une même quantité d’eau utilisée en sélectionnant des espèces ayant une forte efficacité de transpiration, ou en cultivant des végé- taux dans une atmosphère plus humide. On pourrait avoir recours à cette dernière solution à une macro-échelle, c’est-à-dire en cultivant des végétaux et/ou utilisant de l’eau d’irrigation à des moments, ou en des endroits, où le taux hygrométrique est élevé. Il existe également une certaine marge de manipulation du microclimat dans les régions semi-arides, là où l’étage sommital des arbres peut accroître le taux d’humidité relative aux abords des cultures. Là encore on a pu déter- miner dans quelle mesure l’efficacité de la transpiration végétale pouvait être améliorée, mais il faut étudier systématiquement les solutions qui ont de fortes chances de donner de bons résultats dans des environnements particuliers. Il convient également de noter qu’un excès d’eau peut entraîner la saturation du sol et des problèmes de salinité.

En bref, la principale question scientifique relative à l’alimentation et à l’eau qui exige des recherches, est la suivante:

Comment peut-on utiliser léau plus efficacement dans l’agriculture et dans quelle mesure la nécessité et l’ampleur de cette amélioration, ainsi que les méthodes employées pour y parvenir, varient-elles à l’échelon régional et local ?

L’étude pourrait en outre examiner les questions suivantes :

l les techniques les plus appropriées pour réduire les pertes en eau des terrains agricoles dues au ruissellement de surface, à l’évaporation du sol et au drainage;

l la quantité d’eau susceptible d’être économisée en améliorant la transpiration et les tech- niques utilisables à cette fin;

l la mesure dans laquelle l’efficacité de l’eau pourrait être améliorée par l’utilisation de cul- tures différentes et/ou de cultures mixtes ;

l les économies relatives à faire dans l’agriculture pluviale et irriguée, et les possibilités d’uti- lisation complémentaire de l’eau entre les deux;

l la possibilité de gagner significativement en efficacité en évaluant la manière dont l’eau peut être utilisée en différents endroits et à différents moments dans l’ensemble d’un bassin hydrographique;

l les répercussions en aval d’une efficacité accrue de l’utilisation de l’eau dans les zones agri- coles ;

l les raisons pour lesquelles les agriculteurs locaux n’adaptent pas des techniques apparem- ment simples, propices à une utilisation plus efficace de l’eau.

L’efficacité de l’utilisation de l’eau dans l’agriculture peut être considérablement améliorée, mais les solutions appropriées doivent être mises au point en fonction de caractéristiques phy- siques, sociales et économiques spécifiques. Il faut intensifier les efforts afin d’apporter aux struc- tures sociales, politiques et institutionnelles des innovations techniques susceptibles d’encourager les agriculteurs à adopter les améliorations. Si l’on y parvenait, alors davantage de régions du monde seraient en mesure de produire la nourriture dont elles ont et auront besoin pour alimen- ter leur population.

2.3 Qualité de l’eau et santé

En 1992, un cinquième de la population mondiale ne bénéficiait pas d’un approvisionnement sûr en eau, et environ la moitié ne disposait pas d’installations sanitaires satisfaisantes. Selon un rap- port récent des Nations Unies, plus de 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies

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