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TOU BICHVAT ET LE KKL

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Academic year: 2022

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Décembre 2019 - Janvier 2020 - N°97- 5

Tou Bichvat 5780 - N°98 L E M A G A Z I N E D U K K L

LA LETTRE OUBLIÉE LE 29 NOVEMBRE 1947

LE PLAN DE PARTAGE

TOU BICHVAT

ET LE KKL

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Chers amis Chalom,

« De tes deux mains tu plantes un arbre, afin qu'il prenne racine Et toi de même, comme cet arbre

Tu renforces tes racines sur ta terre ici, et maintenant.

Car ce petit plant et le petit plant d'à côté que ton voisin plante Sont ton lien éternel avec ta terre.

Ces plants sont aussi l'avenir, et le devenir.

Ce sont la forêt et le bosquet, Le tronc et les racines, Les branches et les feuillages.

C’est le Keren Kayemeth Qui prend garde, sème et cultive C 'est le fonds national juif pour l'éternité ».

Tou Bichvat, la fête des arbres, est la fête nationale du Keren Kayemeth, le chant qui fait se rencontrer un peuple et sa terre. Elle exprime la réalisation du projet sioniste et le rêve millénaire du peuple juif, l'attachement de l'homme (ADAM) à sa terre ADAMA, et son amour pour cette terre. Une aventure qui n'a pas de pareille dans les autres peuples ni les autres cultures, ni les autres civilisations ancestrales ou modernes.

Tou Bichvat est devenu le cri du cœur de l'acte sioniste, la parole la plus noble d'un peuple qui dit à haute voix « Nous sommes là, revenus de loin, nous te sommes restés fidèles, malgré l’exil et la dispersion ».

Tou Bichvat est un espace illuminé par tant de grands hommes qui ont mis en avant cet acte de planter un arbre sur la terre d’Israël : Avraham le premier des monothéistes apporta la Vérité et « planta un tamaris à Béer Sheva ». Après une errance de 40 ans dans le désert, nos ancêtres avec la traversée du Jourdain, vont répondre à une ordonnance : « Quand vous serez rentrés sur votre pays, vous y planterez tout arbre ». Théodore Herzl dans son ascension vers Jérusalem le 2 novembre 1898, prendra le temps de planter un « cèdre » sur la colline du village de Motza, accompagné de David Wolfson (initiateur du drapeau bleu blanc) et de Max Boudenheimer (premier président du KKL). Ainsi feront par la suite tous les présidents de I 'État d’Israël au lendemain de leur élection. L’équilibre écologique est entre nos mains.

Tou Bichvat est une invitation à une promenade à travers la nature du texte biblique, à une descente vers les vergers des Cantiques des Cantiques, à écouter le son de la tourterelle, à voir la floraison. Les nuées et les pluies sont passées car le printemps est là, la lumière est revenue, elle est à nos portes : on ira donc à la rencontre de tous ces arbres qui ont côtoyé nos juges et nos prophètes, nos rois et nos poètes : le cèdre et l’acacia, le térébinthe et le cyprès, le palmier et l’olivier, la vigne et le figuier…»

Tou Bichvat est ce flambeau qui se transmet de générations en générations, de renouveler sans cesse l’expression de notre amour et de notre attachement à notre terre, à notre peuple et à nos valeurs.

Avec Tou Bichvat, vient l’heure de rendre hommage à tous nos héros du champ de bataille, les chercheurs, les écrivains, les citoyens d’Israël qui, par le passé et maintenant, luttent pour qu’Israël vive, et portent les couleurs de ce pays encore plus haut dans le ciel et vers tous les horizons.

Tou Bichvat, c’est nous-mêmes, c’est notre peuple, notre terre, c’est aujourd’hui, demain et pour toujours…

Tou Bichvat est arrivé, l’amandier est en fleurs…n

Hag Ilanot Sameah ! ÉDITORIAL

ADAMA, le magazine du KKL,est édité par le Keren Kayemeth LeIsraël - Association loi 1901 - Directeur de la publication: Raymond BUNAN - Comité de rédaction : Adva BENZIMRA - Lynda BIGIELMAN - Mickael DAHAN - Fino EDERY - Laurence KIMAN - Frédéric NORDMANN - Robert ZBILI - Maquette :SH Graphic - Impression :AM PLUS, 93260 Les Lilas - Dépôt légal:à parution - Commission paritaire : N° 0718G79279 - ISSN1621 - 8590 - Crédits photos : archives photos du KKL, sauf mention contraire - L’éditeur décline toute responsabilité en cas de perte, détérioration ou non-retour des documents qui lui sont confiés. Il se réserve le droit de refuser toute demande d’insertion sans avoir à motiver son refus. La citation de marques, noms de firmes, d’associations, institutions, etc. est faite sans aucun but publicitaire. Ce mailing comprendra les éléments suivants : Adama, une lettre accompagnatrice.

Robert ZBILI Président du KKL de France Ephraïm (Fino) EDERY

Délégué du KKL de France

DOSSIER TOU BICHVAT

TOU BICHVAT ET LE KKL SE CONSACRER A LA TERRE

LES USAGES DE LA FETE DE TOU BICHVAT SEDER DE TOU BICHVAT

L’ARBRE ET L’HOMME

L’HYMNE A LA NATURE D’ISRAEL

LA LETTRE OUBLIÉE LA FAMILLE MELLER

HOMMAGE A GABRIEL ALLIEL

LA HAKHCHARAH, C’EST DE L’HÉBREU LE 29 NOVEMBRE 1947 : LE PLAN DE PARTAGE

PLANTER L’ESPOIR

LA LENTE AGONIE DE LA MER MORTE LIMOUD

VOYAGE KKL RANDOS ALLUMAGES DE HANOUKA KKL-JNF 2040 - LES PROJETS LÉGUER AU KKL

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Tou Bichvat est aujourd'hui une journée joyeuse exhalant pour les uns la fête du renouveau de la terre d'Israël quand, pour d’autres, elle met en avant les nécessités de la pensée écologique.

Dans la tradition talmudique, c'est le nouvel an des arbres fruitiers, date-limite qui indique les fruits permis ou interdits à la consommation pour les années prochaines.

Parmi les nombreuses dimes en vigueur, trois prélèvements sont à retenir concernant Tou Bichvat : la Orla, le Neta Revaïet les Bikourim.

De quoi s'agit-il ?

Les trois premières années de la vie de l'arbre, les fruits ne pourront être consommés en vertu de leur statut d'Orla. La Mishna accroit les restrictions et va jusqu'à prohiber tout profit potentiel, direct ou indirect, de ces fruits (teintures de vêtements, allumage d'un feu...).

Ils ne seront permis à la consommation qu'à partir de la quatrième année, et à, Neta Revaï, et à Jérusalem exclusivement. S'ils se détériorent, ils seront convertis en monnaie permettant d'acquérir des biens consommables à Jérusalem. Concernant les Bikourim(les prémices), la Mishna explique que cette obligation n'incombe qu'aux sept espèces de la Terre d'Israël et ces fruits doivent être également consommés à Jérusalem entre Chavouot et Soukot, elles-mêmes fêtes de pèlerinage.

Le système des dimes et prélèvements place donc notre agriculteur dans une situation de sollicitation quasi-incessante et d'imposition absolue. Il est porteur d'une telle exigence que son acceptation nécessite une disposition mentale bien particulière qui s'oppose à I‘inclinaison légitime et naturelle au gain maximal. Le métier d'agriculteur est sans aucun doute celui dont le dur labeur quotidien se greffe à l'incertitude des conditions climatiques. Il n'est déjà pas évident d'opter pour ce gagne-pain, mais pourquoi alourdir les injonctions par ces voyages coûteux et exténuants à Jérusalem ? Ne risque-t-on pas d'augmenter la mesure de scepticisme qui mine

notre homme et qui le fait réfléchir, à deux fois, à son métier et à la justification de telles impositions ?

On peut voir dans cette injonction un rite de reconnaissance de la part de I ‘agriculteur que seul Dieu est le propriétaire légitime de la Terre d'Israël. Il doit, en conséquence, percevoir sa propriété comme fragmentée et base d'une justice distributive.

Mais il y a encore autre chose : chaque propriétaire arrivant avec ses prémices et prélèvements à Jérusalem vient vivre une expérience constitutive et transformative. Le propriétaire va vivre sur le mode du psychodrame, tantôt l‘expérience du propriétaire, tantôt l‘expérience du défavorisé. Sa rencontre, face-à-face avec la sainteté représentée par le Temple et ses fonctionnaires éveillera en lui le besoin de prendre de la distance par rapport à la propriété privée et à mieux intégrer le statut de distributeur. Et puis il se retrouve glaneur dans les rues de Jérusalem, loin de sa zone de confort, y cherche un lieu pour s'y poser et vit dans la précarité physique et mentale. Selon la loi talmudique, nul n'est propriétaire des maisons à Jérusalem et les habitants ouvrent avec joie et sans exaspération leur porte aux nombreux arrivants. Notre agriculteur s'y trouve donc naturellement chez lui. Fort de cette expérience qui constitue pour lui à la fois une inspiration, mais aussi une confirmation de la véracité et de la possibilité d'application concrète du système des dimes et prélèvements, il rentre à présent chez lui en instaurant ces mêmes règles à son champ, qui devient en quelque sorte un microcosme de Jérusalem. Il sera ainsi capable de ressentir pleinement ses atouts et ses responsabilités, ainsi que la condition précaire des nécessiteux.

Tou Bichvat est donc intimement lié à Jérusalem et nous permet de mieux réfléchir au sens de notre économie. Ce qui est demandé à I‘agriculteur nous interpelle encore aujourd’hui. Sommes-nous capables de faire de nos maisons un microcosme de Jérusalem ?

KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KKL KK

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BULLETIN D’ABONNEMENT AU JOURNAL ADAMA

N°98

TOU BICHVAT 5780

LA CÉLÉBRATION D’UN NOUVEAU CYCLE POUR L’ENVIRONNEMENT

w w w .k k l. fr

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4 Tou Bichvat et le KKL

Ad A m A n°98 - To uBi c h vAT5780 / 2020

Il émigra en Israël en 1887, et commença par s'établir à Yéhoud près de Péta'h Tikva, ville qui représentait le centre intellectuel du pays. En effet, y habitaient des personnalités telles que Yéhiel M. Pinès, Ariè Leib Fromkin, le rabbin Morde'hai Guimfel Yalé, Yoël Moché Salomon, Elihaou Sapir, et bien d'autres. A Yéhoud, Yavets rédigea son livre « Toldot lsraël ». Alors qu’il résidait encore dans ce petit village, il écrivit une lettre au Baron de Rothschild, dans laquelle il établissait en détail un programme d'enseignement destiné aux écoles du pays. A la suite de cette démarche, il fut nommé directeur de l'école de Zikhron Yaacov.

Yavets, qui occupait également les fonctions de rabbin et de directeur de la revue littéraire « Haaretz », proposait de célébrer Tou Beav, Lag Baomer, 'Hanouka et Tou Bichvat. L’idée lancée par Yavets de fêter Tou Bichvat témoigne de son initiative pour la fête des plantations « afin que tu aimes les plantations, plantations d'Israël que D’ a plantées pour nos pères, afin de te rassasier de leurs bienfaits, et de jouir de leur beauté. Il faut faire de ce jour un Yom Tov qui, aux temps bibliques, était le nouvel an des arbres, y établir un cérémonial fondé sur les arbres, les plantations et les roses ».

Avec la création de nombreux villages, les éducateurs d'Israël ressentirent la nécessité de baser la renaissance du Yichouv juif sur la plantation d’arbres. En 1892, lors du seul Tou Bichvat auquel participa Yavets à Zikhron Yaacov, il organisa avec ses élèves une plantation d'arbres, et depuis, une nouvelle tradition s'est implantée en Israël : tous les enfants du pays plantent des arbres ce jour-là.

La Histadrouth Hamorim (syndicat des enseignants) et le KKL ont instauré cette coutume en 1908 et lui ont conféré une dimension éducative. De cette façon, les enfants participent effectivement au développement et à l’embellissement du paysage d’Israël. Ce n'est probablement pas par hasard que Tou Bichvat soit liée à la fondation d'institutions nationales et publiques, telle que l'université hébraïque de Jérusalem (en 1918,

à Tou Bichvat, fut posée sa première pierre), le Technion de 'Haïfa (en 1925, à Tou Bichvat, fut inauguré son bâtiment définitif à Névé Chéanan), et le Tou Bichvat de l'année 1949 marque le jour anniversaire de la constitution du parlement israélien.

Toute plantation symbolise l’union sur le plan national. Rabbi Yo'hanan ben Zakai exprimait déjà à son époque, le lien entre la Géoula du peuple et de la Terre d'Israël.

« Si tu étais en train de planter et que l'on t'annonçait « voici le Messie » termine d'abord ta plantation et ensuite va et accueille le Messie » (Avot Derabi Nathan b3 t).

Les plantations, sans nul doute, représentent un besoin existentiel, national et humain. Le KKL est l'institution à qui incombe la plantation de forêts, le développement de bosquets naturels, la création de parcs et d'espaces de loisirs à la disposition du public.

Durant les 118 années de son existence, le KKL a planté 245 millions d'arbres sur 100.000 ha, et a maintenu le développement et I’entretien de 40.000 ha de bosquets naturels. Cette entreprise est unique en son genre et Israël est le seul pays au monde qui, à la fin du vingtième siècle, a plus d'arbres que lors de sa création. Tou Bichvat représente le centre des activités éducatives du KKL, tant dans les écoles du pays qu'en diaspora.

Aujourd'hui, près de 250.000 élèves participent chaque année à des cérémonies de plantations, durant tout le mois de Chevat.

Mais également des milliers d'autres personnes à travers tout Israël, se rendant sur les sites de plantations du KKL, réalisent le commandement de planter un arbre en Terre d’Israël, et renforcent ainsi leur lien à cette terre.

« Parmi toutes les entreprises bénies que nous réalisons en ce pays, je ne sais pas s'il existe une œuvre plus florissante et si extraordinaire que Ia plantation d'arbres, embellissant le paysage, enrichissant le climat, et contribuant à Ia bonne santé des habitants d'Israël. » (extrait du discours de Ben Gourion lors de la plantation de la forêt du Président,1949)

La coutume de planter des arbres à Tou Bichvat semble être pour la majorité d'entre nous comme une évidence, transmise de génération en génération. Pourtant, tel n'est pas le cas : cette coutume est récente et a pris naissance à la suite de l'initiative de l'écrivain, chercheur et historien Zeev Yavets, qui vivait dans le village de Zikhron Yaacov, il y a plus d'un siècle.

TOU BICHVAT ET LE KKL

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entrerez dans le pays, vous vous occuperez avant tout de plantation, comme il est dit :

« Quand vous serez entrés en Terre Promise, vous planterez… »

Quand le peuple d'Israël est sur sa terre, même les nations du monde le glorifient. Heureux qui se consacre à sa terre et s’occupe de son peuplement, car tous ceux qui se consacrent à leur terre et s’occupent de son peuplement glorifient le nom de D’ dans le ciel et sur la terre. Comme un jeune arbre qu'on plante et qui croît et fleurit, D’ nous a confié beaucoup de travaux : labourer, semer, moissonner, lier les gerbes, battre le blé pour séparer le grain de l'écorce, planter, sarcler, vendanger et fouler le raisin, bêcher et cueillir les olives, nourrir le bétail et les volailles, tondre les moutons et mettre le produit de notre travail à I’abri des éléments et des voleurs. Mais I ‘essentiel est d'habiter la terre d'Israël, car alors, c’est observer toutes les mitsvot de la Torah à la fois. Le Saint béni soit-Il a fait ses plants en Israël et a fait dépendre Israël de nos plantations. Si nous nous consacrons aux plantations, alors nous savons que la plantation du Saint-béni-soit-Il subsistera.

(Ta’hat HaEtz – Chmouel Yossef Agnon)

HAMICHA ASSAR BICHVAT

En Eretz Israël, où la terre est en harmonie parfaite avec la nature, la joie et la satisfaction que procurent les plantes et les arbres qui fleurissent et donnent leurs fruits, s’accompagne toujours de devoirs. Ces devoirs donnent à la joie toute sa douce plénitude et permettent à l’homme de s’élever au niveau de l’humain-divin.

Alors qu’en exil (diaspora) Tou Bichvat n’est qu’une simple date sur le calendrier, tout devient différent lorsque le judaïsme peut s’épanouir dans son environnement naturel.

« Notre vocation naturelle ce sont les champs et les troupeaux.

Puissions-nous revenir à la simplicité de la vie rurale, portée par l’esprit divin et l’inspiration d’Israël ! Alors seulement nous connaitrons la simplicité et la paix, la pudeur et l’amour du prochain, l’humanisme et la joie, l’enthousiasme et le bonheur. De nouveau nous entendrons la mélodie de la harpe de David, et Ruth retrouvera le chemin qui mène au champ béni de Boaz ». (Rabbin Samson Raphaël Hirsch)

PRIERE POUR L’ARBRE

« De grâce, ô D’, Toi qui accomplis, qui formes, qui crées et qui répands les mondes d’en haut. Tu as tout fait avec sagesse ; mondes d’en haut et mondes d’en bas pour unifier la demeure, les plantes et les arbres. Leur élan et leur forme participent des mondes d’en haut. Pour faire connaître aux hommes la sagesse et l’intelligence afin qu’ils puissent appréhender les choses cachées. Tu veilles sur les arbres, Tu les fais grandir et se développer ; leurs feuillages révèlent la richesse et la puissance de Tes commandements des mondes d’en haut. Que Ta volonté soit, Eternel notre D’ et D’ de nos pères, qui nous donne la joie de pouvoir manger maintenant des fruits de ces arbres et dire les bénédictions et jouir du mystère qui relie leurs racines aux mondes d’en haut et nous imprégner ainsi de la grâce, de la bénédiction et de la générosité. Que ceux qui prennent soin des arbres puissent également s’imprégner de leur force et de leur éclat, afin qu’en retour, du premier au dernier jour de l’année, ils les aident à croître et à se développer pour le bien, la bénédiction d’une vie heureuse et la paix ». (‘Hemdat Yamim, Pri Ets Hadar).

L’ENRACINEMENT POUR L’ETERNITE

Le mouvement de retour à Sion a acquis Eretz Israël, l’a relevé de ses ruines, l’a reconstruit, et a créé un Etat indépendant, ceci par deux voies :

1) Par la présence, selon ce qui est écrit : « Lève-toi ! parcours cette contrée de long en large ! Car c'est à toi que je la destine ».

(Genèse 13 : 17). Des centaines de milliers de dunams de terre ont été acquis, des arbres ont été plantés, I‘industrie s’est développée, etc.

2) Les Juifs ne doivent pas seulement acquérir et gagner la terre d’Israël, mais ils doivent aussi gagner le D’ d’Israël, accomplir des gestes rituels, construire un autel sur les montagnes et y offrir un sacrifice. En plantant des arbres sur les montagnes de Judée, ils prennent eux-mêmes racine pour l’éternité : en irriguant les vergers de la vallée, ruisselle la rosée lumineuse du Protecteur d’Israël, le Créateur du monde. (‘Hamech derachot – Rabbin Yossef Solovetchik).

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Se consacrer à la terre

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CONSACRER SE

TERRE A LA

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O

n trouve mention pour la première fois de Tou Bichvat dans la première Michnadu Traité de Roch Hachana : « Quatre dates marquent le commencement de l‘année... Pour l'école de Shammaï, le nouvel an des arbres est le premier jour du mois de Chevat, tandis qu'Hillel et ses disciples considèrent que I’année des arbres commence le quinze du mois de Chevat. » Or, c'est seulement à l'époque du Rabbin Haï Gaon (933-1038) que la Halakhafut fixée selon les enseignements de Hillel.

La date du nouvel an des arbres avait donné lieu auparavant à bien des hésitations : Rabbi Aquiba proposait par exemple de résoudre le problème en instituant les deux dates, le premier et le quinze du mois de Chevat. Les hésitations des Sages provenaient en fait de considérations différentes sur la nature, et sur les variations saisonnières et climatiques d'Eretz IsraëI, en particulier pour fixer les « dates limites » : « Jusqu'au nouvel an des arbres, les arbres vivent des pluies de I’année précédente, après le nouvel an, ils vivent des pluies de la nouvelle année. » (Talmud de Jérusalem, Traité de Roch Hachana,1,2).

Ce rappel des origines nous aide à nous souvenir que Tou Bichvat est avant tout une fête de la nature, la fête du

renouveau des arbres, ce moment de l'année où apparaissent les bourgeons qui donneront les fleurs puis les fruits, une fête qui nous rappelle les liens éternels qui existent entre le peuple juif et la terre d'Israël. Ce jour est essentiel pour déterminer les Troumotet les Maasserotque l’on prélève sur les fruits des arbres (Rambam, Yad Ha'Hazaka, Traité de Zeraiim, loi des Troumot, 5, 11), en particulier, lorsque le peuple juif vit en terre d'Israël. Et la Halakhaa établi que le jour de Tou Bichvat, il est interdit de jeûner et de prononcer une oraison funèbre. De plus, certains enseignent à leurs enfants 15 chapitres du Livre des Psaumes pour qu'ils les chantent à la table familiale.

Au 16èmesiècle, à l'époque où le mouvement de la Kabbale, mené par HaAri HaKadoch (ltzhak Louria) à Safed, était en pleine force, ses adeptes instituèrent l'usage de manger des fruits à Tou Bichvat comme symbole de la participation des hommes à la joie des arbres. En mangeant des fruits de la terre d'Israël, I’homme s'identifie avec cette terre. Cet usage, qui s'est répandu dans toutes les communautés de la diaspora, est un signe supplémentaire des liens étroits qui existent entre le peuple juif où qu'il soit et la terre d'Israël.

Les usages de la fête de Tou Bichvat.

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LES USAGES DE LA FÊTE

DE TOU BICHVAT

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Le Seder de Tou Bichvat, comme son nom l’indique, propose un certain ordre dans la dégustation des fruits pour rappeler les goûts et les parfums d’Eretz Israël.

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Le Seder de Tou Bichvat

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LE

SEDER DE

TOU BICHVAT

POURQUOI TANT DE FRUITS

Il existe trente espèces de fruits, parmi lesquelles dix sont issues du Olam Habriah (création). 0n en consomme l'écorce et l'intérieur. Ce sont : le raisin, la figue, la pomme, le cédrat, le citron, la poire, la fraise, le caroube... Dix sont issues du Olam Hayetsira (œuvre). 0n en consomme l'écorce mais on jette I’intérieur. Ce sont : les olives, les dattes, les prunes, les abricots, etc. Enfin, dix du Olam Haassiya (action) dont on mange l'intérieur et on jette l'écorce. Ce sont : les grenades, les noix, les amandes, les noisettes, les pistaches, etc. Chaque communauté, selon ses propres coutumes, consomme divers fruits.

AU COURS DU SEDER :

• Nous consommons quatre coupes de vin, blanc et rouge, pour nous souvenir des saisons et de la splendeur des terres de Galilée, de Judée et du Néguev.

• Nous lisons les prophéties, les poésies et les Midrachimqui louent Eretz Israël et annoncent son renouveau.

• Nous chantons pour que Tou Bichvat soit l’hymne de Am Israël et d’Eretz Israël.

Le soir de Tou Bichvat, Am Israëlse réunit pour réaffirmer son lien avec la Terre d'Israël.

Avec la célébration du Seder, nous renouvelons notre engagement pour Sion.

« Voici, des jours vont venir, dit l'Eternel, où le laboureur rencontrera le moissonneur, celui qui foule le raisin et qui répand les semences. Les montagnes ruisselleront de moût et toutes les collines deviendront liquides. Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ; ils restaureront leurs villes détruites et s'y établiront, planteront des vignes et en boiront le vin, cultiveront des jardins et en mangeront les fruits. Je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l'Eternel, ton D’ ». (Amos 9 : 13-15)

« Et je vous retirerai d'entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays et vous ramènerai sur votre terre ». (Ezéchiel 36 : 24)

« Vous demeurerez dans le pays que j'ai donné à vos pères, vous serez pour moi un peuple, et moi, je serai pour vous un D’ ».

(Ezéchiel 36 : 28)

« Je multiplierai le fruit des arbres et la production des champs, pour que vous ne subissiez plus, parmi les nations, l'humiliation de la faim ». (Ezéchiel 36 : 30)

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8 Le Seder de Tou Bichvat

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LE BLE ET L’ORGE

On commence par la dégustation de la pâtisserie à base de blé et d'orge. Le blé et I’orge sont les seules céréales qui font partie des sept espèces, avec lesquelles Eretz Israël a été bénie.

« Une Terre de blé et d'orge ». (Deutéronome 8 : 8)

L’OLIVE – L’OLIVIER

L’olivier était l'arbre le plus respecté du peuple, il jouissait d'un certain prestige.

« D’ t'avait dénommé olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit ».

(Jérémie 11 : 17) La Terre d'Israël est l'une des régions où l’olivier cultivé trouve son origine. Deux branches d'olivier encadrent la Ménorah sur le sceau de l'Etat d’Israël. Tsahal, I’Armée de Défense d'Israël, est représentée par une épée et une branche d'olivier, symbolisant une armée dont le but est la paix.

« Tu posséderas des oliviers sur tout ton territoire ». (Deutéronome 98 : 40)

LA DATTE – LE PALMIER DATTIER

« L’homme loyal fleurira comme le dattier ».

(Psaumes 99 : 13) Le dattier est le seul arbre qui soit men- tionné à la fois parmi les sept espèces et les quatre espèces. Le palmier dattier a fleuri en Israël mais il fut ensuite détruit. Quand les Juifs revinrent dans leur patrie, le palmier dattier retrouva son ancienne gloire. Le retour du dattier en Israël représente un chapitre fascinant de I’histoire de I’agriculture d'Israël et de I’histoire de la renaissance du pays.

LE RAISIN - LA VIGNE

« Et ils bâtiront des maisons et ils les construiront. Et ils planteront des vignes et ils en mangeront leurs fruits ». (Isaïe 60 : 21)

La vigne occupait la seconde place après I’olivier. Son fruit était utilisé pour les besoins de sanctification. Dans la parabole de Yotham, la vigne se vante de son « jus qui réjouit D’ et les hommes ». Bien plus que sur toute autre plante, Jacob, dans sa bénédiction à Juda, met I’accent sur la vigne. Elle fut I’héritage de la tribu de Juda, connue pour ses vignes et la qualité de son raisin. La grappe géante rapportée par les explorateurs comme exemple des fruits d'Israël, n'est pas si exagérée.

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Le Seder de Tou Bichvat

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LA GRENADE – LE GRENADIER

La grenade est I’une des sept espèces qui a poussé en abondance en Israël. Elle constituait I’une des récoltes les plus importantes dans l'Antiquité.

« Levons-nous tôt et rendons-nous aux vignes ; voyons si la vigne a éclos, si ses fleurs se sont ouvertes et si les grenades sont en fleurs ». (Cantique des Cantiques VII : 13)

LA FIGUE – LE FIGUIER

« Et Judah et Israël vécurent paisiblement, chaque homme sous sa vigne et son figuier ».

(1 Rois 5 : 5)

LA POMME – LE POMMIER

« Parmi les arbres de la forêt, comme un pommier tel est celui que j’aime parmi les hommes ». (Cantique des Cantiques II : 3) La pomme est men- tionnée dans la Bible à de nombreuses repri- ses et elle est considérée comme étant l’un des fruits les plus importants. L’arbre symbolise un peuple prenant racine dans son pays.

LA NOIX – LE NOYER

Le noyer n'est men- tionné qu'une seule fois dans la Bible :

« Je descendis dans le bosquet de noyers pour regarder les verts plants de la vallée, pour voir si la vigne était en bourgeons et si les grenades étaient en fleurs ». (Cantique des Cantiques VI : 11)

L’AMANDE - L’AMANDIER

L'amandier est étroi- tement lié à Tou Bichvat, car il est le premier arbre à fleurir.

Un amandier en fleurs qui se détache sur un paysage hivernal est un des spectacles les plus beaux que la nature puisse offrir. L'amande est fréquemment mentionnée dans la Bible.

LE CAROUBE – LE CAROUBIER

Le caroubier n'est jamais mentionné dans la Bible mais il en est fait fréquemment mention dans le Talmud. La culture du caroube était très importante et le fruit était une composante essentielle du régime alimentaire du peuple.

Il est associé à la célébration de Tou Bichvat, surtout dans la Diaspora. On trouve des caroubiers dans l‘ensemble du pays et certains d'entre eux, très anciens, sont sacrés, en particulier lorsqu'ils poussent près d'une tombe.

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LE PREMIER VERRE DE VIN

On remplit le premier verre de vin blanc. Chaque saison a ses fleurs. Chaque fleur a sa couleur, le vin en est le symbole. Le blanc symbolise le sommeil léger et l'influence qu'il a sur le monde végétal. En automne et en hiver la couleur blanche couvre le pays de lys et de narcisses. Dès le mois de Chevat, le blanc vire au rose avec les amandiers et les cyclamens. Puis, en fin de saison des fruits, la couleur rouge prend le dessus avec les coquelicots et les glaïeuls. Ce sont les changements que les cabalistes ont observé et symbolisé dans la coupe de vin.

LE DEUXIEME VERRE DE VIN

On remplit le deuxième verre d'un mélange de vin blanc et de vin rouge qui symbolise le passage de l‘hiver au printemps. Le vin blanc reste prédominant. Le printemps prend le dessus et la terre commence à s'éveiller de son long sommeil hivernal.

LE TROISIEME VERRE DE VIN

On remplit le troisième verre de vin rouge. Le printemps est à l’horizon, il approche, ses couleurs annoncent le départ imminent de l’hiver.

LE QUATRIEME VERRE DE VIN

Le temps prend le dessus et la terre commence à s'éveiller de son long sommeil hivernal. On remplit le quatrième verre entièrement de vin rouge et on annonce la proche victoire du printemps sur I’hiver. « Car voilà I’hiver qui est passé, la saison des pluies est finie, elle cède sa place. Les fleurs se montrent sur la terre, le temps des chansons est venu, la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes. Le figuier embaume par ses jeunes pousses, les vignes en fleurs répandent leur parfum ». (Cantique des Cantiques II : 11-13)

10 Le Seder de Tou Bichvat

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LES QUATRES VERRES DE VIN

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L’arbre et l’Homme

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LES RACINES

Le plus grand bienfait que nous apporte l’arbre ne vient pas de ses branches, ni de ses feuilles, ni de ses merveilleux fruits, mais de ses racines qui sont enfoncées dans un endroit que les vents et les tempêtes ne peuvent atteindre. L’arbre ne se soucie pas des tempêtes qui le saisissent, le secouent et le courbent. Il ne bouge pas et reste en place, tant qu’il n’est pas déraciné, il vivra et continuera à se dresser, voire même à renouveler ses forces dans la lutte. Il en va de même pour l’homme. Tant qu’il est proche de ses racines spirituelles, aucun vent ne peut le déraciner, au contraire, les tempêtes stimulent l’énergie du Renouveau ». (Rabbin Samson Raphaël Hirsch) Les racines poussent sous la terre et sont invisibles, elles s'alimentent de sources d'eau. Elles stabilisent l'arbre dans le sol. Il existe des racines peu profondes et épaisses, et des racines fines et profondes. Les racines ne peuvent tenir uniquement que sur une terre qui leur convient. Il existe des sols qui étouffent les racines et assèchent l’arbre.

Chez I’homme: son origine, sa famille, son passé, sa force.

LE FRUIT

Le fruit est couvert d'écorce (peau) qui protège son contenu tendre et bon. Le fruit a un rythme, au début il est aigre, plus tard il mûrit, ensuite il est cueilli ou il tombe et alors il ne dépend plus de I’arbre.

Le fruit conserve en lui une grande utilité. La force de sa fécondité et de sa reproduction réside dans le noyau. Le noyau est répandu sur le sol par la bête et par l'homme. Il ne poussera que s’il reçoit l'eau et la terre qui lui conviennent.

Chez I’homme: ses enfants qui, un jour, partiront pour devenir d'autres arbres, ses idées, ses connaissances.

LE FEUILLAGE

Le feuillage et les branches font partie de sa beauté et définissent sa spécificité dans la famille des arbres. Le feuillage capte le soleil et donne de I’ombre. Les feuilles transforment les rayons du soleil en énergie qui alimente et revitalise I ‘arbre entier.

Chez I’homme: Caractéristiques extérieures de l'individu, son identité, sa beauté, ses réactions, son «monde».

LE TRONC

Le tronc est la partie stable de l’arbre, la direction du tronc va du bas vers le haut. Si l'arbre résiste à la tempête c’est grâce à la flexibilité de son tronc. Il est fait d'écorce extérieure et de sève intérieure. La sève conduit les aliments de la racine vers les branches et les fruits.

Chez I’homme: son caractère, ses qualités, ses aspirations, ses tendances et ses facultés.

KI HA ADAM ETZ HA SADÉ

« Car l'homme est I’Arbre des Champs ».

Si tu es arrêté longtemps au siège d'une ville que tu attaques pour t'en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire les arbres en portant sur eux la cognée : ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre. Oui, l'arbre du champ c'est l'homme même, tu l'épargneras dans les travaux du siège.

(Deutéronome 20 : 19)

L’ARBRE ET L’HOMME

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« La stature égalait celle des cèdres et la vigueur celles des chênes ». (Amos 2 : 9)

« Je suis descendue dans le verger aux noyers, pour voir les jeunes pousses de la vallée, pour voir si la vigne avait bourgeonné, si les grenades étaient en fleurs ». (Cantique des Cantiques VIII : 11)

« Les fleurs se montrent sur la terre, le temps des chansons est venu... Le figuier embaume par ses jeunes pousses, les vignes en fleurs répandent leur parfum ». (Cantique des Cantiques II : 12–13)

« Le roi rendit l’argent à Jérusalem aussi commun que les pierres, et les cèdres aussi nombreux que les sycomores dans la Plaine ». (Chroniques 1 : 15)

« Car l’Eternel, ton Dieu, te conduit dans un pays fortuné, un pays plein de cours d'eau, de sources et de torrents, qui s'épandent dans la vallée ou sur la montagne ; un pays qui produit le froment et l'orge, le raisin, la figue et la grenade, I ‘olive huileuse et le miel ». (Deutéronome 8 : 7-8)

« C’est en cyprès de Sénir qu’ils ont bâti tous tes lambris, ils ont pris un cèdre du Liban pour t'en faire un mât. Ils ont confectionné tes rames en chêne de Basan ». (Ezéchiel 27 : 5-6)

« Et toi, prends - toi du froment, de I ‘orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l'épeautre et tu mettras dans un même vase ».

(Ezéchiel 4 : 9)

« Abraham planta un tamaris à Bersabée, et y proclama le Seigneur, Dieu éternel ». (Genèse 21 : 33)

« Or, Ruben, étant allé aux champs à l'époque de la récolte du froment, y trouva des mandragores et les apporta à Lia sa mère ». (Genèse 29 : 14)

« Jacob se pourvut de rameaux verts de peuplier, d’amandier et de platane ; il y pratiqua des entailles blanches, en mettant à découvert la blancheur des rameaux ». (Genèse 30 : 37)

« Déborah, nourrice de Rébecca, étant morte alors, fut enterrée au-dessous de Béthel, au pied d'un chêne qui fut appelé le Chêne des Pleurs ». (Genèse 35 : 8)

« Mettez dans vos bagages des meilleures productions du Pays, et apportez-les en hommage à cet homme : un peu de baume, un peu de miel, des aromates et du lotus, des pistaches et des amandes ». (Genèse 43 : 11)

12 L’Hymne à la nature d’Israël

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L’HYMNE À LA NATURE

D’ISRAËL

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« Car je veux répandre de l’eau sur le sol altéré, des rivières sur la terre aride ; je veux répandre mon esprit sur ta postérité et ma bénédiction sur tes descendants. Ils pousseront à travers les herbages comme les saules au bord des eaux courantes ». (Isaïe 44 : 3-4)

« Du désert je ferai un lac, de la terre aride des sources d’eau jaillissantes. Dans le désert je ferai croître le cèdre, l'acacia, le myrte et I ‘olivier, dans la campagne stérile je planterai, avec le cyprès, l’orme et le buis… ». (Isaïe 41 : 18-19)

« Il prit aussi une grande pierre qu’il dressa en ce lieu, sous le chêne qui était dans le lieu consacré à l‘Eternel ». (Josué 24 : 26) Un jour les arbres se mirent en campagne pour se donner un roi.

Ils dirent à I ‘olivier : « Sois notre roi ». L'olivier leur répondit :

« Quoi ! je renoncerais à mon suc, que Dieu et les hommes prisent en moi, pour aller me fatiguer à gouverner les arbres ? ».

Et les arbres dirent au figuier : « Viens, toi régner sur nous ». Le figuier leur répondit : « Quoi ! je renoncerais à ma douceur et à ma production exquise pour me fatiguer à gouverner les arbres ? ». Et les arbres dirent à la vigne : «Viens, toi, règne sur nous ; ». La vigne leur répondit : « Quoi, je renoncerais à mon

jus, qui réjouit Dieu et les hommes, pour me fatiguer à gouverner les arbre ». Alors les arbres dirent ensemble au buisson d'épines :

« Viens donc, toi, et règne sur nous ». Et le buisson répondit aux arbres : « Si c'est de bonne foi que vous m'élisez pour votre roi, venez vous abriter sous mon ombre ; sinon, qu'un feu sorte de ce buisson, et dévore les cèdres du Liban ! ». (Juges 9 : 8–15)

« Vous prendrez, le premier jour, du fruit de I‘arbre Hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre Aboth et des saules de rivière: et vous vous réjouirez ». (Lévitique 23 : 40)

« Répandez-vous dans la montagne et rapportez-en des feuilles d'olivier, des feuilles de l ‘arbre qui donne de l’huile ; des feuilles de myrte, des feuilles de palmier, des feuilles d'arbres touffus, pour faire des cabane ». (Néhémie 8 : 15)

« Arrivés à la vallée d’Echkol, ils y coupèrent un sarment avec une grappe de raisin, qu'ils portèrent à deux au moyen d'une perche, de plus, quelques grenades et quelques figues ».

Nombres (13 : 23)

« Il se souvient du poisson que nous mangions pour rien en Egypte, des concombres et des melons, des poireaux, des oignons et de l'ail ». (Nombres 11 : 5)

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L’Hymne à la nature d’Israël

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14 La lettre oubliée

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Voici une lettre qui a été retrouvée dans un lot de courrier qui se trouvait dans les archives du KKL à Jérusalem. Le département de

l’éducation du KKL avait en charge d’établir et de maintenir les liens entre les élèves de Diaspora et les élèves en Eretz Israel.

L’auteur s’appelle Rachel Mintz. Il s’agit d’une lettre parmi cinq autres que des enfants ont rédigé à propos des agressions des Polonais contre les Juifs à la veille de la Seconde guerre mondiale. Cette lettre ne peut

qu’éblouir par la qualité de son écriture, de sa calligraphie, du vocabulaire utilisé, rappelons- le par une enfant de 12-13 ans en 1939 qui ne parlait que polonais ou yiddish.

« Zerwiecie, 28 Kislev 1939 Mes chers amis, mes chères amies

Notre institutrice nous a lu des lettres, et parmi elles, celles qui nous sont arrivées cet été. A cause de la période des fêtes, personne n’y avait encore répondu.

Dans notre école nous possédons une boite pour faire des économies. Nous ramassons de l’argent pour le Keren Kayemeth LeIsraël.

Nous avons aussi reçu une lettre du bureau central de Varsovie nous annonçant que notre école a reçu le prix de la première place parmi toutes les écoles qui font de la collecte pour le KKL.

Le jour de la commémoration de la déclaration BALFOUR a eu lieu une grande cérémonie au sein de notre école et une fête où tout le monde a pris part ; nous avons chanté et un autre groupe a présenté une petite pièce de théâtre.

Vous avez surement entendu ce qui se passe ici, à propos des évènements en Pologne (Polonia). De mauvaises personnes agressent les Juifs et personne ne vient nous secourir. Tous les Juifs de Pologne désirent aller en Eretz Israël au plus vite.

Chalom à tous, »

Rachel Mintz, classe de 5ème8 novembre 1939

Rappel historique :

7000 juifs ont été victimes de la rumeur selon laquelle il existait une volonté du

gouvernement russe de tuer les Juifs et des pogroms qui s’en sont suivis.

Entre 1929 et 1931, un certain nombre de Juifs vont être assassinés.

Entre les deux guerres : l’activité sioniste s’intensifie parmi les rabbins de la ville Arié Tzvi Prunner - Rabbin Avraham Pinhas Chalom - Rabbin Menahem Mendel Landau.

Zawiercie est une ville de la province de Silésie en Pologne où vivait une grande communauté juive.

Il y avait aussi le registre du tribunal rabbinique du camp d’extermination de Bergen- Belsen. On y trouve notamment, les témoignages exceptionnels de rescapés qui ont fait des demandes auprès du Beth Din de les autoriser à fonder de nouvelles familles et de trouver de nouveaux conjoints après la disparition de leurs proches.

LA LETTRE OUBLIÉE

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UN BOSQUET EN HOMMAGE À

GABRIEL ALLIEL

Début novembre 2019 a eu lieu une cérémonie dans la Forêt d'Eshtaol pour honorer la mémoire de Gabriel Alliel.

Cette cérémonie a regroupé toute sa famille et ses amis de Toulouse, ses amis Algérois de la synagogue Ri bach et Rach bats de Netanya, les amis de la synagogue Berit Chalom Saint-Lazare à Paris. Gaby était un des derniers grands Hazan des rites Algérois. C'était le ténor qui, quand il lisait, faisait taire tout le

monde, et dans le grand silence les fidèles se penchaient pour savoir d'où venait cette voix.

Cette voix venait des profondeurs de notre Algérie en partant de Bab el Oued, rue Rondon pour finir à la synagogue Sainte.

Gaby aimait Israël plus que tout. Il avait déjà planté un bosquet à la mémoire de sa fille à Eshtaol et il avait toujours fait savoir que pour lui aussi, il aimerait un bosquet au même endroit.

A Toulouse, dans notre grande synagogue, sa voix nous manque beaucoup. Gabriel Alliel était un Tsadik. Par la réalisation de ce bosquet, nous avons voulu que son nom soit gravé pour l'éternité sur cette terre d'Israël qu'il aimait tant.n

« Depuis mon enfance, je pensais que notre famille était d’origine russe. Ce n’est qu’après le décès de mes parents que j’appris par une tante âgée qu’elle venait en fait de Lituanie et que, même, il y aurait peut-être eu un rabbin parmi les ancêtres.

A cette époque, je ne connaissais pas ou très peu mes cousins de Grande Bretagne et n’avais aucun lien avec eux. Or l’une de mes cousines anglaises savait depuis son enfance que son grand père venait « From Zager in Courland - which is a part of Lithuania ». En 1995, elle s’est mise à la recherche de cette localité.

Sur les cartes du pays, il y avait 4 localités avec un nom ressemblant. Avec l'aide d’une autre cousine en Israël, il a finalement pu être trouvé que la localité était proche de la frontière avec la Lettonie et s’appelait maintenant Žagarė (Zhager in Yidishland רעג אשזen Hébreu).

Il a pu être déterminé que Žagarė fut, comme beaucoup d’autres, un village martyr pendant la 2èmeguerre mondiale puisque tous les 3 000 Juifs furent assassinés par les Nazis. Après la dernière occupation soviétique, toutes les archives ont été détruites. Cela est d’autant plus dommage que, comme l’avait écrit Josef Rosin dans ses études sur la communauté juive en Lituanie « Žagarė a produit une longue lignée d’hommes érudits, d’intellectuels d’écrivains, de chercheurs et de personnalités connues dans le monde juif. »

A l’aide des informations que possédaient les uns et les autres des diverses branches de notre famille, il a finalement été possible de reconstituer les grandes lignes de la « Saga MELLER » depuis le milieu du 19èmesiècle jusqu’à nos jours, ce que j’ai rapidement résumé dans mon discours du 3 novembre 2019, lors de la cérémonie dans la forêt de Meiron où se trouve maintenant la stèle commémorative.

Depuis longtemps, j’avais l’idée de faire « quelque chose » pour honorer la mémoire de mes parents, et la possibilité de planter quelques arbres par l’intermédiaire du KKL me « trottait » fréquemment dans la tête.

La découverte de Žagarė, des origines lithuaniennes de la famille et l’absence d’informations au sujet de notre famille pendant de si longues années m’a fait réfléchir à la situation. J’ai pensé qu’il fallait aller plus loin et honorer non seulement la mémoire de mes parents, mais celle de mes grands-parents et même de toute la famille Meller. J’ai alors pris la décision de faire planter et dédier une forêt à notre famille. Je suis bien heureux que cela ait pu se faire et j’espère que nos enfants, petits-enfants et générations futures pourront ainsi se remémorer le passé. »n

Alain MOELLER, Paris

MELLER

Depuis Zagare jusqu’à la Forêt de KADITA

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La famille Meller / Gabriel Alliel

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LA HAKHCHARAH , C’EST DE L’HÉBREU

La Hakhcharah, c’est de l’hébreu

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La dimension agricole du sionisme a trouvé une de ses expressions concrètes dans les fermes-écoles – en hébreu, hakhcharot– par lesquelles sont passés des dizaines de milliers de jeunes Juifs en attente d’alyah, se préparant à leurs futurs métiers. En Pologne, avant la seconde guerre mondiale, de véritables kibboutzimtemporaires s’étaient constitués près des principales villes du pays. De nombreuses hakhcharotont vu le jour en France également. A vrai dire, leur population ne se composait pas seulement de jeunes Juifs français, mais aussi de jeunes venus d’Allemagne et d’Autriche entre 1933 et 1939, puis, après la Seconde guerre mondiale, de jeunes d’Afrique du Nord en instance d’Alyah : on comprend qu’il aurait été difficile de créer des structures équivalentes sur le territoire de pays arabes.

L’organisation Hehaloutz, pourvoyeuse de candidats pour les kibboutzim, est arrivée en France en 1933 avec un chalia’h (émissaire) nommé Fritz Lichtenstein (en hébreu, Peretz Leshem) et un secrétaire général, Joseph Walden, dont le fils devait épouser la fille de Shimon Peres. La ferme-école d‘Altwies, près de Thionville à la frontière franco-luxembourgeoise, ouvrit en juin 1933 sous le nom de Ha-Olim (les immigrants), avec le soutien des sionistes de Metz et de tout l’Est de la France. Installée sous la responsabilité de Me Renée Lévy, dans une localité qui se souvenait du séjour effectué en 1871 par Victor Hugo, la hakhcharahlaissait parfois perplexes les habitants, avec ses filles en short cohabitant avec les garçons. Un Gdoud(bataillon) d’une trentaine de pionniers émigra d’Altwies en juin de la première année. Simultanément furent ouverts les implantations de Hulah, dans le Lot, Mahar, en Corrèze, et Migdal, en Touraine.

Puis vinrent Hassela, dans le Gers, et Namshir, en Haute-Garonne, qui fut fermée en juin 1936 - sept implantations au total d’ici à la fin de 1935. Le Hehaloutz de France revendiquait 624 immigrants à la fin de 1936.

Le « kibboutz » nommé Mahar (Demain) a fait parler de lui ces dernières années avec un reportage de Pascal Coussy pour la télévision régionale en 2013, puis l’inauguration d’un passage du kibboutz en 2016 et la visite de deux descendants des anciens pionniers, venus du kibboutz Ayelet Hashahar, en 2017. Le sous- préfet d’aujourd’hui fut associé à ces événements, réparant symboliquement les effets de la décision prise par son prédécesseur Roger Dutruch, de fermer le « kibboutz » en 1935.

On s’est souvenu que huit nationalités y cohabitaient alors, avec une prédominance des Juifs allemands, et que le baron Robert de Rothschild fut personnellement impliqué dans les démarches de l’installation. Curieusement, la localité concernée s’appelle Jugeals-Nazareth, un lien avec la Terre sainte datant de l’époque des Croisades.

Après la Seconde guerre mondiale, la ferme-école de La Roche, près d’Agen (Lot et Garonne), qui avait été créée par l’ORT et avait accueilli de nombreux réfugiés sous l’Occupation, devint une hakhcharahaccueillant des jeunes venus de France et d’Afrique du Nord – dont certains furent des passagers de l’Exodus. Des milliers de jeunes Juifs marocains ont transité par le château de Cambous, situé à Viols en Laval (Hérault), peu après l’indépendance de leur pays natal. Julhans, à Roquefort la Bédoule, près de Marseille, et le château des Rhuets, à Vouzon (Loir et Cher), et d’autres lieux encore, ont été chargés d’émotions et d’espoirs pour de très nombreux jeunes. Pour mettre en place et faire fonctionner ces structures, le concours des sionistes français fut un ingrédient nécessaire : on mentionnera ici le rôle de Denise et Simon Lévitte (voir l’article qui leur est consacré dans le dernier numéro de Adama).n

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Le 29 novembre 1947, le plan de partage

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Le 29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine élaboré par l’UNSCOP est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU, à New York par le vote de la résolution 181.

Ce plan prévoit la partition de la Palestine mandataire en trois entités, avec la création d’un État juif et d’un État arabe, Jérusalem et sa proche banlieue étant placées sous contrôle international en tant que corpus separatum.

La partie I du plan précise les dispositions de la fin du mandat britannique, du partage et de l’indépendance des entités. Il indique que le mandat doit se terminer aussi vite que possible.

Les Britanniques prévoient de se retirer le 1er août 1948 et le partage doit être réalisé au 1er octobre. La partie II du plan inclut une description détaillée des frontières proposées pour chaque État.

Le plan est accepté par les principaux dirigeants de la communauté juive en Palestine. Il est rejeté par la quasi-totalité des dirigeants de la communauté arabe locale appuyés dans son rejet du plan par les États de la Ligue arabe. Le lendemain du vote, la guerre civile éclate et après le départ des Britanniques six mois plus tard, la Première Guerre israélo-arabe débute.

L’Agence juive, organe politique officiel représentant les Juifs de Palestine, a fortement milité pour le Plan de partage et le vote des Nations unies y est accueilli avec joie et réjouissances. Bien que consciente des menaces qui pèsent sur sa mise en place, elle voit l’établissement d’un État juif soutenu par la légitimité d’une reconnaissance internationale

comme une avancée majeure dans le projet sioniste. L’indépendance et l’autonomie vont de plus mettre fin aux quotas d’immigration imposés par le Livre blanc depuis 1939.

Les mouvements sionistes de droite, l’Irgoun et le Lehi, critiquent toutefois vigoureusement le partage. Ils revendiquent l’ensemble de la Palestine, y compris la Transjordanie, pour y fonder un État juif. Ils refusent également que Jérusalem soit placée sous juridiction internationale. Depuis 1944, ils mènent une lutte armée contre les Britanniques et les Arabes et annoncent qu’ils vont continuer celle-ci.

ADOPTION DU TEXTE

L’UNSCOP remet officiellement ses conclusions à la mi-septembre. Tandis que l’Agence juive en accepte les conclusions comme base de discussion, l’Irgoun et le Haut Comité arabe les rejettent. Les Britanniques confirment leur volonté de remettre le mandat et les États-Unis et l’Union soviétique soutiennent le plan.

Un comité est créé à l’ONU pour continuer les travaux et des modifications sont apportées au projet initial : les villes arabes de Jaffa et Beersheba sont retirées de l’État juif pour diminuer l’ampleur de sa minorité arabe qui passe ainsi de 405 000 à 325 000 habitants et la date de fin du mandat est fixée à « au plus tard le 1eraoût ».

Le 25 novembre 1947, la commission vote la mise à l’ordre du jour du plan : 25 voix sont pour, 13 sont contre, il y a 17 abstentions et 2 absents. Le plan sera voté en Assemblée générale, mais le vote sera très serré. La diplomatie américaine pèsera de tout son poids pour faire pencher le vote en faveur du plan de partage. L’ONU passe au vote quatre jours plus tard, le 29 novembre 1947 : l’Assemblée Générale de l’ONU adopte, par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions le plan de partage de la Palestine en deux États, l’un arabe, et l’autre juif, Jérusalem ayant un statut particulier sous l’égide de l’ONU.

La convergence entre Soviétiques et Américains, les deux grandes puissances en conflit, fait sensation. Les Arabes de Palestine et les gouvernements de tous les États arabes refusent d’accepter les recommandations de la résolution 181, et font savoir qu’ils s’opposeront par la force à l’application de ces recommandations.

LE VOTE :

Ont voté pour: États-Unis d’Amérique, Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, République socialiste soviétique de Biélorussie, Canada, Costa Rica, Danemark, République dominicaine, Équateur, France, Guatemala, Haïti, Islande, Libéria, Luxembourg, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, République populaire de Pologne, Suède, Tchécoslovaquie, République socialiste soviétique d’Ukraine, Union sud-africaine, URSS, Uruguay et Venezuela.

Ont voté contre: Afghanistan, Arabie saoudite, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Iran, Irak, Liban, Pakistan, Syrie, Turquie et Yémen.

Se sont abstenus : Argentine, Chili, Chine, Colombie, Salvador, Empire d'Éthiopie, Honduras, Mexique, Royaume-Uni, Yougoslavie.

La résolution 181 avait pour but la création de deux États : un État juif de 14.000 km² avec la partie la plus importante de la population juive de Palestine mandataire, formé de trois parties : la plaine côtière, le long de la frontière syrienne et le désert du Néguev et un État arabe de 11.500 km² regroupant la quasi-totalité des Arabes et formé de quatre parties : une zone autour de la ville de Gaza, les montagnes de Judée et de Samarie, la majeure partie de la Galilée au Nord, ainsi que la ville de Jaffa ; Enfin, une zone sous régime international particulier (le Corpus Separatum) comprenant les Lieux saints et la Vieille Ville de Jérusalem et ses alentours (jusqu’à Bethlehem).

La population juive accepte le plan de partage tandis que la population arabe et les dirigeants des pays voisins le rejettent. La conséquence immédiate est le déclenchement de la Guerre d’indépendance du futur Etat d’Israël.n

LE 29 NOVEMBRE 1947

LE PLAN DE PARTAGE

Le délégué du futur état israélien prend place dans l’assemblée générale Israël devient le 59èmeétat membre de l’Onu.

Des juifs se rassemblent dans les rues de Tel-Aviv le 30 novembre 1947 pour célébrer l’annonce par la radio du plan des Nations Unies pour la partition de la Palestine et le nouvel État juif. Photo AP.

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DEMANDEZ VOTRE

BOITE BLEUE DU KKL

Depuis plus d'un siècle, la collecte des boîtes bleues du KKL, a permis aux juifs de la diaspora de participer

aux rachats des terres et à la construction des infrastructures du futur Etat d'Israël.

Aujourd'hui ces mêmes boîtes bleues permettent au KKL de planter, développer et participer à la

réalisation de projets innovants en Israël.

Merci pour votre engagement et celui de vos enfants pour l'avenir

de la terre et du peuple d'Israël.

KKL : 01 42 86 88 88 [email protected]

PLANTER L’ESPOIR !

18 Demandez votre boîte bleue /

Planter l’espoir

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Planter pour un être ou une cause qui vous sont chers.

Planter des arbres en Israël est le moyen idéal pour marquer des occasions spéciales : à l’occasion d’un mariage, de fiançailles, pour un anniversaire, une Bar ou Bat Mitzvah, une Brit Mila ou une nomination il est devenu courant d’offrir des arbres à ses proches et amis. Un cadeau fort apprécié, et c’est Israël qui en sera le premier bénéficiaire! De la même façon, l’enracinement d’arbres en terre d’Israël honore avec beaucoup de force et de sens la mémoire de proches disparus.

Les centres forestiers du KKL abritent les bosquets et forêts (à partir de 1.000 arbres) dédiés à ces souvenirs. Les plantations donnent lieu à des cérémonies émouvantes prises en charge par le KKL, des plaques gravées au nom du bénéficiaire y sont dévoilées et les proches peuvent se réunir au centre d’accueil des

visiteurs de la forêt. Alors, n’hésitez plus et demandez à Laurence de vous aider à

concrétiser votre projet de plantation : [email protected]

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