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Le Groupe de travail « Sociologie des sexualités »
de l’Association internationale des sociologues de langue française, Le Centre en études genre LIEGE
Le Centre de recherche sur l’action politique CRAPUL de l’Université de Lausanne,
Avec le soutien de la Société française d’ethnologie, organisent le colloque international
Transactions sexuelles
Université de Lausanne, 27-28-29 mai 2010
APPEL A COMMUNICATIONS
epuis longtemps, les sciences sociales s’efforcent de distinguer la sexualité « commerciale » et la sexualité « ordinaire », la seconde étant présumée exempte des considérations matérielles impliquées par la première. Si le désordre des familles1 porte bien sur « le travail et la maison, la fructification du patrimoine, les qualités parentales et conjugales », les théories anthropologiques de l’échange ont néanmoins eu tendance à laisser de côté l’analyse des logiques sociales de la sexualité, dont la fonction centrale demeurait implicite.
L’avènement de la théorie féministe a permis la réintégration explicite de la sexualité au centre de la théorie de l’échange2, puis progressivement, la dimension « matérielle » de la sexualité a été mise au jour, comme celle des liens familiaux3. Au cœur de ces avancées, on doit à Paola Tabet d’avoir élaboré le concept d’échange économico-sexuel, permettant d’analyser les rapports de genre à partir d’une gamme très diverse de configurations sexuelles considérées comme formant un continuum allant du mariage au commerce sexuel4.
La fécondité de cet outil n’a pas été démentie par la multitude de travaux qui l’ont mobilisé jusqu’au récent développement des recherches sur la sexualité dite transactionnelle dans le contexte du sida, qui a largement confirmé sa pertinence. Mais avec la multiplication des angles de recherche, la théorie de l’échange économico-sexuel laisse aussi apparaître certaines de ses limites, dont la principale est de n’avoir considéré essentiellement qu’une situation, celle des services sexuels procurés aux hommes, sous leur contrôle, par les femmes.
1 FOUCAULT, M., FARGE, A., Le désordre des familles : lettres de cachet des archives de la Bastille au 18ème siècle.
Paris : Gallimard, 1982.
2 RUBIN, G., « L’économie politique du sexe : transactions sur les femmes et systèmes de sexe/genre [1975] », Cahiers du CEDREF 1998, n° 7.
3 JOURNET, N. (dir.), « L’argent en famille ». Terrain 2005, n° 45.
4 TABET, P., La grande arnaque : sexualité des femmes et échange économico-sexuel . Paris : L’Harmattan, coll.
« Bibliothèque du féminisme », 2005.
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Dans le prolongement de cette ouverture théorique, ce colloque international a pour objectif d’approfondir la réflexion sur la dimension transactionnelle de la sexualité, en élargissant le plus possible les angles d’approche et en incitant à la plus grande diversité thématique.
Parmi les questions abordées, pourront figurer celles relatives au commerce sexuel sous toutes ses formes : des nombreuses composantes de l’industrie du sexe aux diverses modalités de la prostitution, il s’agira d’appréhender l’économie symbolique de la sexualité commerciale, tant du point de vue des prestataires que des usagers ou encore des acteurs non impliqués par un rôle dans la transaction mais néanmoins engagés dans la définition publique du problème.
À la frontière des sociologies de la famille et de la sexualité, la matérialité des relations conjugales pourra être interrogée. La reconnaissance des formes nouvelles de conjugalité (ouverture du mariage ou de nouveaux contrats d’union entre personnes de même sexe, concubinage, union libre, etc.) implique aussi des conceptions et des pratiques nouvelles concernant par exemple la circulation de l’argent des ménages ou les enjeux socio-économiques des nouvelles patri-/matrimonialités.
Par ailleurs, des contextes dans lesquels sont impliqués des personnes âgées, des malades chroniques, des handicapés, posent, en termes de transactions sexuelles, des questions sur le maintien d’une activité sexuelle au nom d’une certaine « qualité de vie », d’un bien-être. Des stratégies au sein des couples se mettent en place pour « sauver une sexualité à tout prix ». Des pratiques sociales de la sexualité, objet de transaction, au sens d’un « marché de la santé » se développent, allant de la médication (recours licites ou illicites aux produits/médicaments) à la mise en place d’offres de services sexuels. En revanche, d’autres sont contraints à « cesser toute sexualité », ou encore s’y contraignent au nom de leur réussite sociale (études, carrière, etc.).
L’analyse des transactions ordinairement associées à la sexualité s’est considérablement développée au cours des dernières années5, notamment en Afrique, mais aussi en Asie ou en Amérique latine, dans le contexte du VIH/sida. Il apparaît souhaitable de prolonger cet effort en explorant tout particulièrement les dimensions les moins documentées. Longtemps mise au service d’une analyse centrée sur les rapports hétérosexuels et marqués par la domination masculine, la théorie de l’échange économico-sexuel pourra être envisagée à l’aune de situations plus diverses telles que la rétribution de services sexuels masculins, les transactions homosexuelles ou les relations interraciales.
En traitant des transactions sexuelles, ce colloque permettra de revenir sur certaines oppositions convenues au sujet de la sexualité, entre plaisir et contrainte, égalité et domination, amour et profit, santé et risque, etc.
Les propositions de communications pourront porter sur toutes les régions du monde et relever de l’ensemble des sciences sociales. Les résumés en français sont attendus pour le
20 novembre 2009 et doivent :- comporter un titre
- mentionner le noms des auteur-e-s - ne pas dépasser 300 mots
- préciser le mode de communication souhaitée (orale / poster)
- être accompagnés des coordonnées complètes de l’auteur-e principal-e (statut, institution, laboratoire, discipline de recherche, courriel personnel)
- être envoyés par courriel à l’adresse suivante : [email protected]
Plus d’informations :
GT7 de l’AISLF : « Sociologie des sexualités » :
http://w3.aislf.univ-tlse2.fr/spip/IMG/pdf_AISLF_GT07_juin09.pdf Université du Lausanne, LIEGE : http://www.unil.ch/liege
Université de Lausanne, CRAPUL : http://www.unil.ch/iepi/page16548.html
5 HUNTER, M., « The materiality of everyday sex : thinking beyond ‘prostitution’ », African Studies 2002, vol. 61, n° 1, p.
99-120.