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(1)

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Semi-conducteurs électroniques

G. Liandrat

To cite this version:

(2)

SEMI-CONDUCTEURS

ÉLECTRONIQUES

(1)

Par G. LIANDRAT.

Boursier de

Recherches,

Laboratoire de Chimie

physique

de la Faculté des Sciences de Paris.

Sommaire. - La théorie électronique des métaux a introduit, depuis quelques années, dans la

Physique, des notions dont l’intérêt n’est pas limité au problème de la conductibilité métallique; d’un ensemble très complexe de faits d’observation d’origines diverses, se dégagent peu à peu, grâce à elles,

des idées générales sur le comportement des électrons dans les corps solides. Depuis les travaux de Gudden et Pohl, on savait que la lumière visible ou ultra-violette est capable de libérer, au sein d’un cristal isolant, des électrons qui se comportent comme les électrons libres des métaux. Il était donc acquis, déjà,

que l’on peut, momentanément, transformer un cristal isolant en conducteur électronique, en y amenant des électrons dans un certain état d’excitation qui ne leur permet pas d’echapper complètement au réseau,

mais les enlève, au moins, à l’influence exclusive d’un élément déterminé du réseau. Il existe de nombreux cristaux qui possèdent une conductibilité électronique permanen te, liée à la température par une relation de Van’t Hoff; cela prouve que

l’agitation

thermique peut, elle aussi, maintenir des électrons dans cet état, en equilibre statistique avec des atomes qui, d’ailleurs, ne sont pas nécessairement les atomes

normaux du réseau, mais semblent bien, en général, être des atomes étrangers ou, tout au moins, des

atomes perturbés par la présence

d’irrégularités

de nature quelconque. L’expérimentateur ne parvient pas à déterminer des constantes qui caractérisent les espèces chimiques étudiées; c’est ce que l’on observe toutes les fois que l’on étudie des propriétés qui dépendent essentiellement de traces infinité-simales de substances étrangères. La semi-conductibilité

ionique

et la semi-conductibilité électronique

peuvent normalement coexister; mais souvent l’un des types de conductibilité se présente pratiquement

seul.

§

1. - Il est

d’usage

encore, dans les Traités

clas-siques,

de

n’envisager

guère,

avec

quelque

attention, que deux

types

intéressants de conducteurs

électriques :

les métaux et les

électrolytes

en solution dans l’eau.

Personne

n’ignore,

évidemment,

que les corps solides

non

métalliques,

pour la

plupart,

ne sont pas des

iso-lants. Mais la

grandeur

de leur conductibilité

peut

changer,

sous l’action d’une foule de

variables,

dans de telles

proportions,

que l’on n’a pu,

pendant

long-temps,

y discerner la moindre

régularité.

Il faut avouer

aussi que bien des

publications

n’ont pas peu

con-tribué à discréditer le

sujet.

Je ne veux pas faire

allu-sion,

par

là,

aux études

empiriques entreprises

dans

un but

pratique -

on ne

peut

contester à personne le

droit de

fabriquer

des résistances en

plâtre

et de les étudier autant

qu’il

est utile de le faire pour être en

mesure de les utiliser

judicieusement

- mais à tant d’articles où l’on nous a

décrit,

sans

épargner

aucun

détail,

les

propriétés

de cristaux

pulvérisés,

compri-més en

pastilles

ou en

bâtons, après

avoir annoncé

une étude

générale

de la semi-conductibilité.

La

première

chose à faire est de délimiter

soigneuse-ment la

question.

Nous allons commencer par exclure toutes les substances non

homogènes, pulvérulentes,

comprimées

ou

agglomérées

dans des conditions

plus

ou moins bien

définies,

et d’une

façon

générale,

tous

les cas dans

lesquels

les

propriétés

des contacts, des couches de passage, des

surfaces, jouent

un rôle

pré-pondérant.

Puis tous les cas de conductibilité

ionique,

(1) Exposé devant la Société française de Physique le

6 mars 1936.

avec

électrolyse

et formation de couches de

polari-sation. Enfin les cas limites comme la conductibilité

quasi

métallique

ou comme les conductibilités à

peine décelables,

à cause de la

complication

introduite par la formation de

charges spatiales.

Il restera un

ensemble encore très vaste et très

complexe,

mais la

loi

d’Ohm,

au

moins,

y

règnera

sans restriction : on

pourra

parler

de la conductibilité

spécifique

d’un certain

échantillon,

comme d’une fonction définie de la

température.

I.

Exposé

sommaire

des

résultats

expérimentaux.

§

2. Difficultés introduites par les

phéno-mènes de surface. - Le charbon

aggloméré,

le

sili-cium,

le

titane,

le

zii-conium,

se

présentent

ordinaire- A

ment en masses formées de

grains

dont les

propriétés

de volume sont très voisines de celles des lnétaux. La résistance que l’on mesure ordinairement est exclusi-vement celle des contacts

(couches

isolantes

superfi-cielles,

formation d’étincelles

microscopiques ?)

L’in-térêt

technique

de ces substances

peut

en

justifier

l’étude,

mais il faut éviter de les confondre avec les semi-conducteurs.

Un très

grand

nombre de semi-conducteurs se

pré-sentent

aussi,

ordinairement,

sous cette forme. Un pro-cédé

ingénieux

a été

employé,

dans le laboratoire de Gudden

(1),

pour la mesure de la conductibilité des

(3)

298

grains :

la

poudre

est introduite dans le

champ

élec-trique

d’un condensateur

qui

fait

partie

d’un circuit oscillant dont on détermine

l’amortissement;

il suffit que la

fréquence

soit assez élevée pour que les

oscilla-tions

électroniques

conservent une

amplitude beaucoup

plus petite

que les dimensions des

grains.

On a obtenu ainsi la preuve que l’on

peut

considérer comme un

phénomène

de volume la résistance d’une masse

po-lycristalline

d’oxyde

cuivreux,

obtenue par

oxydation

à haute

température.

Il n’en est pas du tout de même

avec les

poudres comprimées

d’oxyde

cuivrique

ou

d’oxyde

de zinc, et cela remet en

question

la valeur de nombreux résultats

publiés.

Les surfaces sur

lesquelles

on désire

placer

les

élec-trodes doivent être

nettoyées

par

grattage

ou

sablage;

le

dépôt

métallique peut

ètre obtenu par

vaporisation

dans le vide. Il faut éviter les actions

chimiques

su-perficielles

(décapage

aux acides,

atmosphère

activée d’une cloche à

pulvérisation

cathodique).

Ces

pré-cautions ne suffisent d’ailleurs pas

toujours

pour

éviter la formation de couches de

barrage.

On

désigne

ainsi des

pellicules

de résistivité

élevée,

qui

se forment très souvent aux surfaces de contact

(1).

La

caracté-ristique

courant-tension cesse alors d’être

rectiligne

et devient même

dissymétrique,

si de

part

et d’autre du contact se trouvent deux conducteurs très

différents ;

on est en

possession

d’un redresseur d’autant

plus

effi-cace que la densité de courant est

plus

élevée. On n’est

jamais

tout à fait sûr d’avoir un contact

rigoureuse-ment débarrassé de couche de

barrage ;

aussi vaut-il mieux renoncer à mesurer la différence de

potentiel

. entre les électrodes et

procéder

toujours

à la niesure

statique

de la différence de

potentiel

entre deux

sondes,

au moyen d’un

électromètre

§

3. Semi-conductibilité

ionique

et semi-con-ductibilité

électronique. -

Quelques

semi-conduc-teurs sont des corps

simples :

par

exemple,

le

sélénium,

lephosphore,

l’iode,

l’arsenic,

ou bien encore des

com-binaisons,

comme le carbure de

silicium,

dont la

pola-rité n’est pas très

nette,

ce sont les seuls dans

lesquels

toute

électrolyse

peut

être à

priori

considérée comme

exclue. Mais dans les

autres,

il faut s’attendre à trouver la

supeî-posilioii

des deux

types

de

bilité. Ce n’est pas

cependant

la

règle générale :

presque

toujours,

il existe un très

large

intervalle de

températures

dans

lequel

l’un des deux

types

existe

pratiquement

t

seul;

le fait

s’expliquera

de lui-même

au cours du

paragraphe

suivant.

On

peut

considérer comme

caractéristiques

de la conductibilité

ionique

dans les cristaux :

a)

une baisse

rapide

de l’intensité du courant

pendant

les

premiers

instants,

l’apparition

d’une force contre-électromo_ (’) La nature de ces couches a été particulièrement bien étudiée dans le cas de l’oxyde cuivreux : voir SCHOTTKY,

R. STÔRMER et F, Z, Hochfr. technik, 1931,

37,

p. 162 et

n6; W. SCHOTTKY, Z., 1931, 32, p. 833; F. WAIBEL et

W. SCHOTTKY, Naturn,iss., 1932, 20, p. 297; F. ROTHER et H. BOMKE,

Z. Physik, 1933, 81, p. 7’11.

trice,

les écarts à la loi d’Ohm les

faibles tensions,

en un mot les

phénomènes

de

polarisation

électro-lytique ;

b)

d’une

façon plus précise,

la constatation d’une

électrolyse

et la vérification de la loi de

Faraday ;

c)

la

possibilité

de constituer des chaîner

galvaniques

sèches,

autrement

dit,

les

phénomènes

de0. diffusion d’ions.

La conductibilité

électronique,

au

contraire,

est

ca-ractérisée par la loi d’Ohm et par la loi des chaînes de conducteurs de

première espèce

(loi

de

Volla);

puis

par deux

phénomènes

électroniques spécifiques :

l’effet

thernioéleclrique

et la déviation des

lignes

de courant

dans le

champ magnétique

(phénomène

due

Hall).

Mais la mise en oeuvre de ces critères est délicate-Nous verrons par

exemple

que

l’effet

Hall de sens

anoiiial,

impliquant

le

transport

du courant par des

charges positives

et

cependant

très

mobiles, seprésenteu

avec un certain nombre de semi-conducteurs

électro-niques ;

les cas intermédiaires -effet Hall

négligeable

ou

nul - sont aussi

représentés.

L’électrolyse

elle-même

- ou

plus exactemen

t

l’apparition

de

produits

d’électro-lyse

sur les électrodes - ne

démontre pas la nature

électrolytique

du passage du couiant dans la masse :

lorsqu’un

électron vient se fixer sur un

cation,

il

ap-paraît

un atome

qui

semble être

apporté

par le

cou-rant ; il serait oiseux de discuter s’il

s’agit

ou non d’uné

électrolyse ;

la

question

intéressante est de connaître la masse et la mobilité de la

particule

qui

a

transporte-le courant. Les travaux

poursuivis

à

Gôttingen,

dans le laboratoire de

Pohl,

ont montré que le

déplacement

des atomes alcalins libres dans les

alcalins-arti ficiellernent,

leur diffusion

thermique,

leur’ floculation en micelles

colloïdales,

leur

migration

’ni... sible dans un

champ électrique,

se ramenaient entière-ment aux

déplacements

des électrons libres

qui

se

trouvent en

équilibre

statistique

avec eux, en

présence

des cations du réseau

(1).

Un cas de confusion tout à fait

typique

s’est

présenté

avec la variété conductrice

du sulfure

d’argent;

la difficulté vient seulement d’être levée par

Wagner, après

une interminable

contro-verse

(2).

On assistait à une

électrolyse

parfaite,

avec

vérification

précise

de la loi de

Faraday,

lorsqu’on

uti.. lisait des électrodes

d’argent.

Et

cependant

les

carac-tères d’une conductibilité

électronique

quasi

métal-tique

étaient

présents,

au

grand complet,

tandis que ceux de la mobilité

ionique,

à

peine

esquissés,

cour-respondaient

à une conductibilité

ionique

au

plus

égales

au centième de la conductibilité totale.

Il est

toujours

possible

de provoquer

l’apparition

d’électrons de conductibilité dans un réseau

cristallin,

quelle

que soit la nature de sa conductibilité normale.

La conductibilité

électrolytique

des cristaux est étudiée (1) R. Hnscti et R.-W. POHL, Z. 1933, 87, p. 18j -,

0. STÀSIW, Gutt. 11’achr. (1I. - Phys. Iil.} ~N32,

p. 261 ; id. 1933,

p. 38î; id. 1935, 1, p. v. aussi E. REXFR,

Plty.qk.

Z., 33, p. 202.

(’) C. WAGNER, Z. ph,ysik. Chem., 1933, B. 2q, p. Q2 ; C. TUBANDT,

H. RBINHOLD et A NEUMANN, Z. Elektroeli., 1933, 39, p. 22’7;.

(4)

depuis plus

longtemps

que la semi-conductibilité

élec-tronique

(’).

§

4. Influence de la

température. - Ioniques

ou

électroniques,

les semi-conducteurs

présentent

un

ca-ractère commun

qui

les

sépare

profondément

des

métaux : leur conrluctibilité

augmente

extrêmement vite

lorsque

la

température

s’élève. Telle est du moins la

règle générale;

elle a

passé

longtemps

pour un

ca-ractère de la conductibilité

électrolytique,

par oppo-sition à la conductibilité des métaux. On

peut

employer

diverses formules

d’interpolation

d’allure

exponen-L

tielle ;

on

préfère

généralement

l’expression :

B

e

1

(1)

qui

comporte

une

interprétation théorique

évidente : les

porteurs

de

charges

doués de mobilité

(électrons

ou

ions)

sont les

produits

d’un certain processus de dissociation déterminé par

l’agitation thermique ;

la

constante 1J est

proportionnelle

à

l’énergie

qu’absorbe

cette dissociation. Le facteur A doit contenir une

certaine

puissance

de T

qu’il

n’est pas utile de

pré-ciser,

parce que le

degré

d’approximation

des résul-tats

expérimentaux

ne

permet

pas de discerner son

influence devant

l’exponentielle.

On doit y trouver

aussi la fonction

qui

représente

la variation de la mobilité avec la

température :

pour des électrons mobiles dans un réseau

idéal,

la

mécanique

ondu-1 latoire

prévoit

un libre parcours variant

comme 1 T’

*

mais il

s’agit

encore d’une

puissance

de

l’, négligeable

devant

l’exponentielle.

On cherche

donc,

pratiquement,

1

à tracer une droite avec les

variables )

et

log

6 :

C)

Lorsque

l’on y

parvient,

le coefficient

angulaire

fournit B. On donne

généralement

la valeur de ce

paramètre

en

électrons-volts,

c’est-à-dire la, valeur

de ,

qui

lui

correspond

si

l’on pose : que l’on k

procède

ensuite au

changement

d’unités

(e

charge

élémentaire, k

constante de

Boltzmann).

On obtient

quelquefois

deux droites raccordées par un coude : il

est

possible

que cette variation

brusque

de B coïncide

avec

l’épuisement

d’une certaine source d’électrons. Le domaine des hautes

températures

n’est pas

toujours

,facile

à étudier : on constate souvent des mocüfications irréversibles

quelquefois

très considé-rables. Il

n’y

a évidemment pas lieu de

poursuivre

alors la vérification de la formule

( 1 ).

Il est t

intéres-sant

cependant

de chercher à étudier le domaine des

( .l. KOEB)GSBERGER, Jahrir. Radiocrkt, u. Elektr., 19f4, 11, p. 84 ; Haii,lb. d. JtJagn., 1923, t. III, p. 664 ; C. TUBANDT, Hand6. d. Phystk,

1932,

t. XIl 1 ; 1933, t. YH/2; A.-F. JOFFÉ,

PÏaysics of Cl’ystals 1933).

températures 7’qui

ne sont

plus

faibles (levant 13 et pour

lesquelles

l’expcnentielle

cesse

d augmenter

très vite en fonction de 1°.

Lorsque

l’on y

parvint

sans altérer la

subbtance,

on constate souvent que la

con-ductibilité passe par un

maximum,

puis

décroît. Ce

comportement

semble

général lorsque

la conductibilité

dépasse

10-’ à 10-1 ohms-1

cm-’ ;

il était

signalé

déjà

dans les travaux de

K0153nigsberger

(’).

L’interprétation

n’en semble pas difficile : avec la fii-i de la dissociation doit

apparaître

l’influence de la

température

sur la mobilité des électrons dans le

réseau,

c’est-à-dire l’un des caractères de la conductibilité

métallique.

Nous sommes en mesure de

comprendre

maintenant

pourquoi

il est

fréquent

que l’un des

types

de cflnduc-tibilité -

plus

généralement

l’un des processus de disso-ciation

susceptibles

de livrer des

porteurs

de

charges

doués de mobilité-

paraisse

exister isolément dans un

certain intervalle de

températures.

Il suffit que les constantes Il soient nettement

différentes,

par

exemple

dans le

rapport

de 1 à

2,

pour que, dans la

région

des

températures

bassets,

les valeurs des

exponentielles

correspondantes

soient d’ordres de

grandeur

différents. Nous pouvons encore

comprendre

la

signification

d’une

règle

souvent

signalée :

le coefficient de

tempé-rature est d’autant

plus

élevé que la conductibilité de la substance est

plus faible,

et saisir du même coup

son caractère

empirique

et

relatif,

car elle suppose que

l’ordre de

grandeur

du

paramètre A

ne varie

qu’assez

peu d’une substance à

l’autre,

hypothèse

gratuite,

généralement

inadmissible.

5. Cas de conductibilité

quasi métallique.

-Quelques

semi-conducteurs

électroniques

semblent se

comporter

comme des métaux. Tel est le cas de la variété conductrice a du sulfure

d’argent,

dont

la conductibilité décroit

lorsque

la

température

croît(2),

dans tout l’intervalle de

températures

étudié. Il en est

de même pour le sulfure

cuivrique

CuS

(3), jusqu’aux

températures

les

plus

basses;

le caractère

métallique

est

poussé

jusqu’à

l’existence du

phénomène

de supra-conductibilité

1’) .

C’est encore le cas de

la galène

PbS(5).

C’est le

comportement

de la conductibilité aux très

basses

températures

qui

caractérise les métaux et leur confère une

place

tout à fait à

part:

ils ne manifestent

à aucune

température

la tendance à se

rapprocher

des semi-conducteurs, Entre les semi-conducteurs vrais et les

isolants,

par

contre,

il n’existe non seulement pas

de limite

précise,

mais encore aucune différence de

principe,

si l’on

envisage

un intervalle de

températures

suffisamment étendu.

§

6. Dans tous les cas

étudiés,

la conductibilité est déterminée essentiellement par des traces

() .I. I10EBIGSBEBGER, Loc.

(2) l~. KI,AIBER, Ann. Pltysik, i929, 3, p. 229.

(3) K F18CHBECI{ et 0. DopNER, Z. anorg. allg. Cfiem., 1929,

181, p. 312.

(4) il". MEISS-,"ER, Z. Physik, 1929, 58, p. 570; W.

H. FRwz et H. WESTERuoFF, 1933, 17, p. 593.

(5)

300

d’impuretés

et

par le traitementthermique

préa-lable. - La conductibilité

spécifique

d’un certain échantillon à une

température

donnée ne constitue dans aucun des cas étudiés une

propriété

caractéris-tique

de

l’espèce

chimique

de la substance. Elle

dépend

d’une

façon

extraordinaire de sa

pureté

et des

traite-ments

thermiques

ou autres

qui

ont fixé l’état duréseau. Dans le cas des corps

simples

comme le sélénium

(’),

il

peut

arriver que le seul facteur essentiel soit le traitement

thermique.

Dans les combinaisons

polaires

-

oxydes, sulfures,

halogénures -

la conductibilité

électronique

est liée à la

présence

d’un excès de l’un des

éléments,

l’anion ou le cation suivant le

cas; le rôle des autres

impuretés

s’efface devant le sien : la conductibilité

peut

varier dans le

rap-port

due 1 à 1 million

lorsque

la

proportion

des

atomes en excès

augmente

depuis

des traces de l’ordre du

dix-millième,

jusqu’à

plusieurs

centièmes.

L’homogénéité

d’un échantillon dont les dimensions

sont de l’ordre du centimètre ne

peut

naturellement pas être assurée avec une

approximation

suffisante pour que, d’un

point

à

l’autre,

la conductibilité soit constante à moins de 50 pour 100

près.

La valeur de la constante B par contre ne varie

qu’entre

des limites relativement

étroites,

pour un traitement

thermique

défini,

L’influence du traitement

thermique

sur la conduc-tibilité est aussi

grande

que celle de la concentration de

l’impureté

active. La valeur de B en

dépend aussi;

finalement l’ordre de

grandeur

de B est seal retrouvé

lorsque

l’on compare les résultats obtenus dans les conditions les

plus

diverses.

Dans

l’oxyde

de zinc

ZnO,

l’oxyde

de cadmium

CdO,

le

sulfure

de

molybdène

MOS2,

le sulfure

d’argent

a Ag~S,

la conductibilité est liée à la

présence

d’un excès de métal. Dans les

halogénures

alcalins,

qui

à l’état de

pureté

sont des semi-conducteurs

ioniques,

un excès de

métal,

introduit de l’extérieur

(coloration

additive)

ou résultant d’une

décomposition partielle

(coloration

détermine

l’apparition

d’une conductibilité

électronique

notable vers 500°C. Dans

l’oxyde

de nickel

NiO,

l’oxyde

d’ur°anium

U02,

l’oayde

cuivreux

Cu20,

la conductibilité est liée à la

présence

d’un excès

d’oxygène.

Le cas de

l’oxyde

cui-vrique

est contesté. Dans les

halogénul’>es

qui

à l’état de

pureté

sont des semi-conducteurs ioni-ques, une conductibilité

électronique

apparaît

sous

l’action d’un excès de métalloïde.

II.

Esquisse

de la théorie

électronique

des isolants et des semi-conducteurs.

§

7. -Une théorie des semi-conducteurs

électroniques

a été

proposée

dès 193 t par Wilson

(2),

comme un

(1) D’après F -H. CoNSTABLE et A.-F.-H. BVARD [Tran.ç. Farad. .Çoc , 19 12, 28, p. 497J les impuretés joueraient seulement le rôle de catalyser dans les transformations aUoti,opiques provoquée par le traitement thermique.

(2) A.-H. wILSOn, Proc. Roy. Soc., 1931, A. ’l33, p 458 ; 1931, A. 134, p. 2’n; Actual. Scient., 19.34, n° 82 (Hermann, Paris);

R. PEIBRLS, Elelironeiilheorie der .1.!etalle. Ergebn. der

lValurlciss., 9932, 11, p. 26i-3 2 (voir en particulier § 2 î, p. 3i’1;.

6

prolongement

de la théorie

électronique

des métaux.

Malgré

des retouches et des additions

déjà

nombreuses,

sa

simplicité

fait encore contraste avec l’inextricable

complexité

des faits. Elle semble

cependant

capable

de les encadrer très

convenablement;

aucun d’eux ne

paraît

lui être irréductible. Des

hypothèses

complé-mentaires

acceptables

se

présentent

assez aisément pour

expliquer

les difficultés dans

chaque

cas

parti-culier,

et s’il manque presque

toujours

les concordances

numériques qui

pourraient

seules en démontrer le

bien-fondé,

du moins est-il certain que les recherches

se trouvent désormais orientées sur des voies

plus

fécondes que

l’accumulation pure

et

simple

de résultats

numériques

incohérents.

§

8.

Rappel : Principes

de la théorie

électro-nique

de l’état solide. - Le

principe

essentiel de la théorie

électronique

de l’état solide est de considérer la totalité des électrons d’un édifice cristallin

»arfaite-ment

régulier,

comme les électrons

interdépendants

d’une molécule

unique.

On doit alors leur

appliquer

les lois de la

mécanique quantique,

le

principe

de Pauli

en

particulier (1).

Fig. 1.

Limitons-nous,

pour

simplifier

la

description,

au cas

d’un réseau formé de iNi atomes d’une seule

espèce.

Sur

chaque

niveau

d’énergie

permis,

deux électrons

au

plus

peuvent

trouver

place

(deux

à cause des

spins).

Mais

icomment

ces niveaux sont-ils

répartis lorsque

les lV atomes constituent un réseau cristallin

homo-gène#

Les 7V niveaux

qui correspondent

à un niveau

de l’atome isolé s’écartent les uns des autres pour

constituer une bande dans

laquelle

ils sont

répartis

en fonction de la variable « vecteur d’onde », de

façon

pratiquement

continue,

en raison de la

gran-deur du nombre Les niveaux

profonds

sont très peu modifiés et ne donnent que des bandes extrême-ment

étroites;

mais les niveaux offerts aux électrons

superficiels,

qui

nous intéressent au

triple point

de vue

chimique,

optique

et

électrique,

sont étalés en bandes dont la

largeur

est de l’ordre du dixième de volt ou de l’ordre du

volt,

et

qui

tendent à

empiéter

les unes

sur les

autres,

aux

dépens

des intervalles interdits. Nous allons supposer encore que ce recouvrement ne se

produit qu’au

delà de la dernière bande

qui,

dans l’état

normal,

contient encore des électrons. C’est

une

hypothèse

tout à fait

particulière,

car elle

exclut,

(6)

par

exemple,

la

possibilité

d’un réseau

métallique

constitué d’atomes bivalents. Si donc les ~N

places

de cette bande ne contiennent que 1V

électrons,

on a le modèle d’un métal

typique

comme le sodium

ou_l’ar-gent

(lig.

1

a).

Mais si les électrons

remplissent

entiè-rement la dernière bande

occupée,

le cristal est un

isolant. Aucun

déplacement

d’électrons ne saurait y

être décelé, en l’absence d’une intervention

capable

de faire sauter des électrons dans la bande

vide,

par-dessus

l’intervalle interdit

(fig.

1

b).

§

9. Possibilité

théorique

d’une semi-conduc-tibilité propre du réseau. - La

répartition

que nous

venons

d’envisager correspond

à

l’énergie

potentielle

minima Elle ne

peut

êtie réalisée

rigoureusement qu’au

zéro absolu. A toute autre

température

s’établit un

équilibre statistique,

sous l’action de

l’agitation

ther-mique

des éléments du réseau. On

l’obtient,

d’une

façon

générale,

en écrivant la relation

qui

existe entre les

probabilités

de deux transformations inverses : si u,dt

représente la probabilité

du passage a -

a’,

pendant

le

temps

et w’di celle du passage a’ - a, on a, en

désignant par E

et E’les

énergies

qui correspondent

à

ces deux états et

par k

la constante de Boltzmann :

A l’intérieur d’une bande

qui

contient un très

grand

nombre

d’électrons,

le calcul conduit à la formule de

répartition

de Fenrrai.

Appliqué

au modèle d’un

isolant,il

Fig. 2. - Conductibilité propre du réseau.

conduit à la valeur n du nombre très

petit

d’électrons que

l’agitation thermique

du réseau est

capable

de maintenir dans la

première

bande

libre,

en

équilibre

statistique

avec un nombre

égal

de

places

libres dans la bande des niveaux normaux; on trouve :

en

appelant

u la

largeur

de l’intervalle interdit. La

répartition

de

l’énergie

des électrons dans la bande presque vide ne diffère

pratiquement

pas d’une

marit,ellienne, parce que les conditions de

dégé-nérescence son loin d’être réalisées. Il en résulte que

l’on

peut

obtenir

simplement

la relation

(4)

en traitant le

problème

de

l’équilibre :

atome

-E-

énergie

u éleetr’on

+

restepositil

comme un cas

classique

d’équilibre chimique.

(l) R. PEIERLS, COC. cit., p. 277.

On est tenté d’admettre que ce « gaz

électronique

»

non

dégénéré

réalise les conditions

postulées

par la théorie

électronique classique

de Drude-Lorentz. Cette idée n’est

juste qu’en partie :

la

mécanique

quantique

peut

seule décider dans

quels

cas, et avec

Fig. 3. - Semi conductibilité normale dans la bande libre.

quelle

approximation,

il est

permis

de se servir de raisonnements élémentaires. C’est ainsi que 1 on n’a pas le droit

d’appliquer

la formule

classique qui,

sans

faire intervenir la

mobilité,

relie la conslante de l’effet Hall à la concentration des électrons de conductibilité.

Fig. 4. - Semi-conductibilité

par les places vides dans la bande presque pleine.

La théorie ondulatoire

prévoit,

en

effet,

que toute

place

vide dans urze bande presque

pleine

doit se

com-porter

comme un électron

positif,

dans le

champ

élec-trique

et dans le

champ

magnétique.

La conductibilité est donc la sonittie des cOrlductibilités dues aux n

élec-trons et aux n trous

positifs,

tandis que l’effet Hall observable est la

difé>.ence

de deux

effets

Hall de sens

opposés

(~).

Les formules

classiques

sont valables pour chacun

d’eux,

mais les deux mobilités

figurent

dans

l’expression

de la « constante de Hall » de l’effet

résul-tant. L’existence de la conductibilité due aux « trous »,

ou « conductibilité par

remplacement

»

est vérifiée par

l’expérience

dans des cas de semi-con-ductibilité

qui

seront

envisagés

au cours du

para-graphe

suivant.

Elle avait été observée d’ailleurs, dix années

aupa-ravant,

par Gu’iden et Pohl, sous le nom de «

partie

positive

du courant

photoélectrique primaire

», dans

l’étude de la

photoconductibilité

des cristaux isolants.

§

10. Niveaux isolés dus aux atomes

étrangers

au réseau. - Soit maintenant un certain nombre

(beaucoup

plus petit

que d’atomes

étrangers

incor-porés

dans le réseau. Nous les supposons

éloignés

les

uns des autres et tous

placés,

par

rapport

aux atomes normaux, à peu

près

dans les mêmes

conditions;

il faut donc admettre que leurs électrons de valence se trouvent

placés

sur un niveau à peu

près dé fini

qu’ils

peuvent

quitter

pour tonlber sous la

dépe>idance

du

(7)

302

seau. Tout

dépend

de la

position

de ce niveau par

rap-port

aux deux bandes du réseau

qui

nous intéressent

au

point

de vue de la conductibilité

électronique.

~f)

Interprétation possible

des cas de conductibilité

quasi métallique

déterminée par une

impureté.

-Supposons

d’abord que le niveau

énergétique

de l’élec!ron de valence des atomes

étrangers

tombe à l’intérieur de la bande vide du réseau : le passage

n’exige

aucune

dépense

d’énergie.

Les électrons

peuvent

donc contribuer à la

conductibilité,

quelle

que soit la

/ernpéralure;

la conductibilité

spécifique

varie

comme leur mobilité dans le réseau. La loi de

répar-tition de

l’énergie

est sensiblement maxv.rllienne si

l1 ô

est assez

petit;

il

n’y

a pas lieu

d’envisager

une

con-ductibilité par

remplacement :

on se trouve dans le cas

prévu

par la théorie

classique

de Drude-Lorentz. Il est

possible

que ce schéma

s’applique,

par

exemple,

à la conductibilité

quasi métallique

provoquée

par un

excès

d’argent

dans le sulfure

d’argent a Ag2S.

b)

Semi-conductibilité avec effet Hall normal

Supposons

maintenant que le niveau des électrons de valence de l’atome

étranger

se trouve dans la bande interdite. à une distance u’ de la base de la bande de conductibilité. Le passage aura

lieu,

sous l’influence

de

l’agitation

thermique,

avec une

probabilité

propor-_ ,

tionnelle à

’,

le facteur

exponentiel

étant décisif aux basses

températures,

malgré

que

No

soit beau-coup

plus petit

que pourvu que u’ soit notablement

plus

petit

que u. La concentration

d’équilibre

dépend

de la loi de

recombinaison;

si la moitié seulement des

places

libres est

occupée.

sur les niveaux de valence des

atomes

isolés,

la

probabilité

de recombinaison est

pro-portionnelle à

la concentration n des électrons libres, parce que est très

grand

et

pratiquement

inva-riable

devant iù ;

on a :

Mais si toutes les

places

y sont

prises,

à

part

les n

places

abandonnées par les n

électrons,

la

probabilité

de recombinaison est

proportionnelle

à n2 et l’on

trouve :

Le

pramier

cas

paraît plus

vraisemblable que le

second

(1);

quant

t à la

possibilité

de

distinguer

expéri-mentalement les deux

lois,

elle sera

envisagée

dans le

paragraphe

suivant.

Ce schéma exclut tuute

possibilité

d’une conductibi-lité

supplémentaire

due aux

places

vide. On

peut

donc

appliquer

les formules

classiques

de Drude-Lorentz. La conductibilité

spécifique G

est donnée par :

où n

représente

la eoncentration des électrons libres, (1) R. PELERLS, Lac. cii., p. 31t).

v leur mobilité et e leur

charge :

la constante de l’effet Hall R est donnée, à un facteur constant

près

très voi-sin de l’unité par : li

== ~ (1);

d’où

ne

c)

Semi-conductibilitè avec effet Hall anomal.

--Le schéma

précédent

impliquant

une conductibilité due à des électrons

négatifs uniquement,

on est conduit à

imaginer

un schéma inverse pour rendre

compte

des cas de conductibilités déterminée par des

impu-retés, avec effet Hall

positif.

Les atomes

étrangers

introduiraient des niveaux isolés

accepteur5

et

lorsque

n électrons de la bande

pleine s’y

trouveraient

fixés,

il

apparaîtrait

t dans la bande presque

pleine

une

con-ductibilité par

remplacement proportionnelle

au nom-bre ït des trous

positifs.

Toutes Les formules écrites dans le cas

précéden

t

s’appliqueraient

encore, sans aucune modification.

La

possibilité

de la

présence

simultanée des deux

sortes de niveaux n’est évidemment pas exclue.

§

Confrontation des résultats

expérimen-taux avec les

possibilités

d’interprétation

four-nies par la théorie. - On n’a observé

aucun cas

incontestable de semi conductibilité définie dans un

réseau

exempt

d’impuretés.

Parmi les cas étudiés de conductibilité

déterminée,

dans un réseau

polaire,

par

un excès de l’un des éléments, choisissons ceux pour

lesquels

on

possède

cles

renseignements précis

sur le

sens de l’effet

Hall,

ou à

défaut,

sur le

signe

du

pouvoir

thermoélectrique.

Nous trouvons trois cas de

conducti-bilité

électronique

normale : -.

Ag

dans

a-Ag2S (~),

l’Io

dans 1VloS2

(3),

Zn dans ZnO

1’),

et trois cas de conductibilité attribuable aux trous

positifs :

1 dans Cul

(1),

0 dans Cu2O

(6),

0 dans NiO

(’).

Ainsi la

pré-sence, dans le

réseau,

d’un excès de métal

(ou,

ce

qui

revient au de cations à un

degré

inférieur

(1) Au suiet des limites de validité des formules et des raison-nements classiques en particulier pour la formule de l’effet

Hall, voir F. HvxD, Z. lech. ~93~, ~6, p 331, ou Ilhysik. Z.,

193x, 36

(z) F KLA’BER, Ann. ~929, 3, p. 229.

(~) (;.-~V. HEAPS, M09., lq28, 6, p. 12N3.

(~) 0. FRITSCH, Ann. f’Ir,ys2k, 19~’5~ 22, p. 3 ~~.

, (J) 1. ëlEIXBERG, Ann. Physik, 1911, 35, p. 1009; K. BAEDEKER.

Ann. 191>9, 29, p. 5î8 ; K. XAGEL et C. WAGNER, Z. physik.

~

Cftern.. 1934, B. 25, p. il.

(6) B. GT.J1)DEN, 1934, il, p. 23 0. V.

-

AuwERs, Z. 193 , 93. p. 90; 0. l’ RITSClI, Goc. cit. Les

labo-ratoires d’ErJaugen PL de Bprliri-,iemenst-,idt sont d accord maintenant sur le signe positil’de l’effet Hall dans après

l’avoir trouvé, par une double et curieuse erreur, de signe négatif

en 1930 [0. v. AuwERS, 1930, 9, p. 294;

‘V. VoGT, Ann. PltyÚk 1~30, 7, p. 453 ~. Cette méprise fâclleuse

avait eu, dans l’intervalle, le temps de fausser des tentatives

théoriques intéressantes; voir par exemple ~V. SCHOTTKY et

, F. WAIBFL, Z , !933, 34,

p. 858; 193 ~, 36, p. 912.

(7) H v. BAGB1BACll et C. f’hent., 1934, B. 24,

(8)

303

doxydation)

détermine

l’apparition

du

type

de

conduc-tibilité que la théorie ramène à l’existence de niveaux isolés dorlneurs

d’électrons ;

inversement,

la

présence

d’un excès de métalloïde

(ce

qui

veut dire de cations à

un

degré supérieur

d’oxydation)

provoque

l’apparition

d’un

type

de conductibilité que la théorie ne

peut

inter-préter

qu’en

admettant l’existence de niveaux isolés

accepteurs

d’électrons. Les deux idées fondamentales de la théorie

reçoivent

ainsi une confirmation très sérieuse. La liste est malheureusement un peu courte

et il n’est pas sûr

qu’aucun

des six cas

qui

la compo-sent

corresponde

entièrement à l’une des

hypothèses

simples

de la théorie.

Les vérifications

numériques

font défaut. La varia-tion de la conductibililé en fonction de la

température

tst bien

représentée

par une formule de Van’t

Hoff,

mais cela

n’implique

rien de

plus

que l’existence d’un -certain

équilibre thermodynamique.

La constante B semble d’ailleurs varier dans de

larges

limites d’un échantillon à

l’autre;

les

expérimentateurs

trouvent

toujours

au moins deux valeurs de B

distinctes,

et

quelquefois

toute une série.

La conductibilité à une certaine

température

devrait varier comme la concentration de

l’impureté,

suivant la formule

(5),

ou comme la racine carrée de la

concen-tration,

suivant la formule

(6).

Aucune de ces lois n’est vérifiable si l’on ne sait pas obtenir deux échantillons

comparable.

Si l’on

rapproche

cependant

un

grand

nombre de résultats

paraissant correspondre

à une

’valeur de B

définie,

il saute aux yeux que la

conducti-:bilité

augmente

beaucoup plus

vite que la concentration de Cela est

particulièrement

net dans le cas

de

l’oxyde

cuivreux

qui

a fait

l’objet

d’un très

grand

membre de travaux. Pour

expliquer

ce

fait,

on a

songé

Sabord à faire intervenir une association des atomes

,en

excès,

association variable avec la concentration et

la

température

(1).

Une autre

possibilité

est

envisagée

par

Schottky

Q ;

elle suppose l’existence de niveaux donneurs et de niveaux

accepteurs

très

voisins,

dans la bande interdite et assez

près

de l’une des bandes

permises

du

réseau;

la

mécanique

ondulatoire

prévoit

alors des passages d’électrons d’atomes donneurs à atomes

accepteurs;

leur

probabilité

croit

extrême-ment vite

lorsque

la distance

spatiale

à franchir tombe au-dessous de IO-n -10-’ cm, c’est-à-dire si la

con-centration des

impuretés

devient notable.

Il y

aurait,

en

principe,

un aulre moyen de décider -entre les relations

(5)

et

(6) ;

ce serait de déterminer la différence des niveaux

d’énergie

électroniques

à

partir

du seuil de

l’eflet photoélectrique

intér’ieur,

et de voir si le coefficient de

température

de la conductibilité dans l’obscurité

correspond

à la valeur entière ou à la moitié de cette

énergie.

D’après

d’autres,

il faudrait

prendre plutôt

le maximum de la courbe

spectrale

de -:sensibilité

photoélectrique ;

cela

paraît

d’abord peu (1) W. SCHOTTKY et F. VVA1BBL, Z, 1933, 34, p. 858; id., i935, 36, p. 912.

(~) Signalée très brièvement dans B. I"CDDEX et W. SCHOTTKY,

PhyslL-.

Z., ~93B 36, p. 7il ou Z. teclan. Physik, 1935, 16, p. 3~3.

vraisemblable ;

puis,

si l’on examine de

plus près

le

problème

des sauts

quantiques

dans un

réseau,

on est conduit à ranger, dans

chaque

bande,

les niveaux

permis

en fonction de la variable « vecteur

d’onde )),

et à des

règles

de

sélection;

on

s’aperçoit

alors que le

problème

n’est pas aussi

simple

et que différentes

dispositions

relatives des niveaux dans les bandes

peu-vent se

présenter

(1).

iVlais peu

importe

pour le

mo-ment : on n’en est même pas à retrouver l’accord des ordres de

grandeur ;

le coefficient de

température

est

toujours

beaucoup plus petit

que

l’énergie qui

corres-pond

aux

photons

de la

région

spectrale

de sensibilité

photoélectrique.

La contradiction n’est pas insurmon-table : ce

qu’il

faudrait

pouvoir

comparer, ce serait

l’absorption optique

du réseau et le coefficient de

tem-pérature

de la conductibilité propre du

réseau;

mais celle-ci est

masquée

par la conductibilité due aux

ni-veaux isolés. Alors il faudrait comparer le coefficient

de

température

observable avec la bande

d’absorption,

très faible et située très loin dans

l’infrarouge,

qui

doit

apparaître

dans le cristal en même

temps

que ces

ni-veaux

étrangers

au réseau normal.

Enfin, d’après

De Boer et Van Geel

(2),

il faudrait reviser entièrement la théorie des niveaux isolés et traiter les atomes étran-gers comme des atomes sur des surfaces inté-rieures en

leur appliquant

le

principe

de

Frank-Condon ;

il- ne,

subsisterait

plus, alors,

de relation

simple

entre

l’ionisation

thermique

et l’ionisation

photoélectrique

de ces atomes.

Rassemblons très brièvement

quelques

données

re-latives à

l’oxyde

cuivreux. Pour la constante

B,

Wagner

(1)

trouve la valeur

0,4

e.volt aux

tempéra-tures élevées. Jusé et Kurtschatow

(,)

trouvent U.i3 à

0,15

e.volt avec Cu20 + 0 et

0, i~

e.volt à

partir

d’une certaine

température,

avec Cu20 aussi pur que

pos-sible ;

ils attribuent cette valeur à la conductibilité propre du réseau

CU20

pur ; Le Blanc et Sachse

(5)

croient aussi avoir observé la conductibilité propre de Ca2O pur, avec une valeur du même ordre

pour B (mais

malheureusement une conductibilité

spécifique

à 0~

beaucoup

plus grande).

A

partir

de mesures

soignées

de la conductibilité et de la constante de

Hall,

à basse

température, Engelhard

(6)

trouve une valeur

remar-quablement

constante,

comprise

entre

0,30

et

0,34

e.volt;

l’influence des

impuretés

sur la mobilité laisse supposer la

présence

simultanée de

plusieurs

niveaux. Waibel et

Schottky (7),

opérant

avec Cu20 presque pur,

trouvent que l’effet Hall

disparaît

entre 400 et

puis

réapparaît

au-dessus de

500"C,

avec un

signe

normal ;

ils attribuent ce

comportement

à

l’apparition

de la conductibilité propre du

réseau, après

saturation

(1) R. PBIERLS, Loc. cil., p. 288-293.

(2) J.-H. DE BOER et W. CE. VAN GEEL, 1935, 2, p. 286.

e) C. WAGNER et H. DIiNwALD, Z. phystk. Chem., 1932, B. 17, p. 467 ; id., 1933, B. 22. p. 212

(4) W. Jusé et B.-NV. KuRTscHATow, Soic. Phys., 1932, 2, p. 453.

(5) 112 LE BLANC et H. S.acHSE, Ann. Physik, 1931,’14, p. 721;

}1. LE BLANC, H. SACHSE et II ScHôpEL, Ann. PhyÚk, 4933, 47, p. 334.

(~) E. EXGELHARD. Ann 1933, 17, p. 501.

(9)

304

des niveaux

accepteurs.

Schônwald

(1)

a étudié l’effet

photoélectrique

intérieur par une méthode très sensible

(lumière

modulée et

amplification

en basse

fréquence);

il trouve une bande de sensibilité fondamentale dans le

visible,

avec maximum vers

1,95

e.volt et seuil

vers

1,18

e.volt et une autre dans

l’infrarouge

vers

0,6 e.volt,

puis

une bande attribuable aux atomes

étrangers,

d’intensité très

variable,

dont le maximum

recouvre le seuil de la

première

bande,

à la limite du visible et de

l’infrarouge.

C’est

plus

loin encore

dans

l’infrarouge

qu’il

faudrait trouver une bande

d’absorption

attribuable à

l’oxygène

en excès.

§

12. Conclusions. - Les fails observés se mon-trent

plus complexes

que l’on ne

pouvait

s’y

attendre :

le

problème

de la détermination des niveaux

énergé-tiques

des électrons n’est pas encore résolu. Il faut dans la

plupart

des cas renoncer à se servir des

schémas

simples

prévus

par la théorie. En admettant l’existence de

plusieurs espèces

de

niveaux,

on

risque

évidemment de tomber dans ces

explications

faciles

dont aucune

expérience quantitative

ne

parvient

à lever l’indétermination.

Il est

permis

toutefois de se demander si le rôle du

physicien

est bien de

s’attaquer

à ces cas

complexes,

tels

qu’ils

se

présentent

t dans la nature ou dans les

produits

de l’industrie. Le

problème

de la

photocon-ductivité du sélénium n’est pas

résolu,

mais les

phéno-mènes fondamentaux de la

photoconductivité

ont été

connus, le

jour

où Gudden et Pohl les ont étudiés dans

des cristaux purs de blende ou de diamant. Le

pro-blème de

l’image

latente

photographique

dans les émul-sions de

gélatino-bromure d’argent

n’est pas

résolu,

mais le

phénomène

est devenu

intelligible

lorsque,

dans des cristaux définis

d’halogénures

alcalins

(~1),

un

phé-nomène

identique

a pu être

isolé,

mesuré et étudié

com-(1) B. ScHÔNWALD, Ann. 1932,15, p. 395.

(2) R. HILSCii et R.-W. POHL, Z.

Physik,

4930, 64, p. 606;

id.,

193t, 68, p. 721; Nachr. 1935, 1/19, p. 209.

plètement.

Les

propriétés

des

phosphores

de Lenard, bien

qu’étudiées

avec ïe

plus grand

soin,

ne

consti-tuaient encore

qu’un sujet

à peu

près inextricable,

lorsque

Gudden et Pohl

(’)

ont retrouvé des

phéno-mènes

analogues, beaucoup

moins intenses mais aussi

beaucoup

plus

simples,

dans les

halogénures

alcalins.

Entre ces trois groupes de

phénoménes

et la semi-conductibilité des cristaux non

métalliques,

il existe des liens étroits : il

s’agit

de l’étude des sauts

quanti-ques des électrons dans un corps

solide, puis

de la durée de vie de ces électrons dans l’état d’excitation

qui

leur confère la mobilité dans le réseau.

Que

les sauts

quantiques

soient déterminés par

l’absorption

d’un

rayonnement

ou par

l’agitation

thermique,

il est

évident que l’on a tout intérêt à

partir

de cristaux purs et

réguliers :

la

multiplication

des surfaces de discon-tinuité favorise toutes les

complications

et rend

impossible

ou

précaire

l’observation

optique.

C’est

pourquoi j’aurais

voulu,

si la

place

ne m’était

point

mesurée,

consacrer un

chapitre

spécial

aux travaux

de l’école de

Gôttingen

sur la conductibilité des

halo-génures

alcalins contenant des centres colorés - excès de métal ou excès de métalloïde -

qui

permettent

de suivre

optiquement

les

déplacements

électro-niques

(2).

On trouvera dans les

exposés

publiés

par Gudden

(3)

et par Joffé

(1),

une

description plus

détaillée des faits

expérimentaux

rassemblés sur les

propriétés

des semi-conducteurs

électroniques.

(1) B. GuDDEN et R. PORL, Z. Physik, 1920, 3, p. 98; id., 1924, 21, p. 1.

(2) R. W. PoxL, Z. tech. 4933, ’16, p. 338 ou Z. 1935, 36, p. 732 ; R. HILSCH, Angezv. Chem., 1936, 49, p. 69; et toute une série de mémoires parus depuis 1932 dans Gott.

(On en trouvera la liste à la fin des deux articles d’ensemble,

ci-dessus).

e) B. GUDDEN,ElekLrische Leitfahigkeit elektronischer Halbleiter;

Ergebnisse der exakten ATaturicissenschafien, 1934, 13, p. 2?3-236

(Springer, Berlinj.

(4) A.-F. JoPPÉ Semi-conducteurs électroniques, Actualités

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