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De la résistance de l'air sous l'aile de l'oiseau pendant le vol

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00236945

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236945

Submitted on 1 Jan 1874

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De la résistance de l’air sous l’aile de l’oiseau pendant le vol

E. Marey

To cite this version:

E. Marey. De la résistance de l’air sous l’aile de l’oiseau pendant le vol. J. Phys. Theor. Appl., 1874,

3 (1), pp.204-209. �10.1051/jphystap:018740030020401�. �jpa-00236945�

(2)

204

duits par une lame de

spath

doivent être altérés

de 1 24000

suivant que la lumière marchait dans le sens ou en sens contraire du mouye- ment de translation de la Terre ».

On a vu

plus

haut que cette altération devait être

nulle,

et

l’expérience

a montré que, si elle

existait,

elle était inférieure à

1 1000000.

Il n’en serait

plus

de même si la vitesse

générale

du

système

solaire était

comparable

à la vitesse de la

lumière;

les termes de

l’ordre u2 v2

cesseraient d’être

négligeables,

et le deuxième énoncé seul donnerait

rigoureusement l’explication

des

phénomènes

observ és .

La loi de

Fresnel,

exacte pour les

petites vitesses, peut

donc être

complétée

par cet énoncé

purement empirique :

le

temps

que met la lumière pour se propager d’un

point

à un autre d’un corps en

mouvement est

augmenté

par ce mouvement d’une

quantité

indé-

pendante

de l’indice de ce corps et

égale

à

lu,

1 étant la distance des deux

points,

M la

composante

de la vitesse du corps suivant la direction des rayons

lumineux,

et V la vitesse de

propagation

de

la lumière dans le vide.

DE LA

RÉSISTANCE

DE L’AIR SOUS L’AILE DE L’OISEAU PENDANT LE

VOL;

PAR M. E. MAREY.

(Société de Physique; séance du 23 janvier 1874.)

J’ai

présenté

à l’Académie des Sciences un trav ail destiné à dé-

montrer que l’oiseau

qui

abaisse ses

ailes,

tandis

qu’il

est animé

d’une translation

horizontale,

trouve sur l’air un

appui plus

solide

que s’il eilectuait l’abaissement de ses ailes avec la même

vitesse,

mais sans translation horizontale.

La théorie de ce

phénomène

me semblait être la suivante : une

aile ou une surface

quelconque qui

refoule l’air rencontre, au début de son mouvement, une résistance considérable à cause de l’inertie de ce

fluide, qui

résiste au

déplacement;

mais peu à peu l’air est entraîné et sa vitesse tend à se

rapprocher

de celle du mo-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018740030020401

(3)

205 bile

qui

11’

déplace :

des lors la résistance diminue.

Enfin, quand

le

mobile s’arrète,

l’ air en mouvement tend à

continuer

son

chemin,

et il se

produit

à l’avant du mobile une véritable

aspiration

ou

pression

negative

Or un oiscau

qui

se

déplace

horizontalement

pendant

l’abaisse-

ment de son aile

agit,

aux différents instants de cet

abaissement,

sur la série des colonnes d’air au-dessus

desquelles

il passe. Sur

chaque colonne,

il rencontre cette résistance maxima que l’inertie de l’air

présente

aux

premiers

instants de l’action de l’aile. Enfin.

quand

l’aile est arrivée au bas de sa courte. elle ne subit pas l’en- trainement que lui

communiquerait

la colonne d’air mise en mou-

vement, car la translation de l’oiseau l’amène sans cesse dans des

régions

l’air est immobile. Toutes ces conditions sont évidem-

ment favorables au

vol, puisqu’elles

accroissent la résistantcec de l’ air

qui

fournit à l’oiseau son

point d’appui.

Pour prouver l’exactitude de cette

théorie, je

fis certaines

expé-

riences dans

lesquelles

une même

quantité

de travail était

appliquée

à

produire

l’élévation et l’abaissement alternatif des ailes d’un oiseau artificiel. rrantôt ces mouvements des ailes se

produisaient pendant

quI’ la machine restait à la même

place :

il... avaient alors une

grande amplitude ;

tantôt on

imprimait

à LI machine 1111 mouvement de

translation,

et l’on voyait

l’amplitude

des coups d’aile diminuer con-

sidérablement,

(’t’

(lui

annoncait 1111 accroissement de la resistance de l’air.

MM.

Planavergne

réclamèrent la

priorité

tlt’ l’idée theorique

que

tlllt’

j’avais

émise et montrèrent

qu’en

effet ils avaient

publié quelques

années

auparavant,

un Mémoire où cette tliéoric était

explicitemcnt indiquée.

Toutefois ces auteurs n’avaient pas fourni de démons- tration

expérimentale

a

l’appui

de leurs B vues en consequence c. il m’a semblé intéressant de continuer les recherches

que J’a, ais

coiii- .

mencées et de

déterminer,

aussi exactement que

possible,

d’une

part,

les

I)lt,t,,es

des états variables de resistance de l’air (-"ntre un mobile

qui

se

déplace

d’un mouvement

Uniforme ;

d autre

part,

l’accroissement de la résistance de l’air sous 1 aile d’un

appareil qui

se transporte avec des vitesses determinées.

PREMIÈRE SÉRIE D’EXPÉRIENCES. 2013Détermination des états va-

riables et dit

régime régulier

de la résistance de l’air contre un

mobile qui

se

déplace

d’un mouvement

uniforme

(4)

Sur un bàti solide

qui peut glisser

facilement sur un

plan

hori-

zontal,

on

dispose

un écran

léger

dont

leplan

soit v ertical et per-

pendiculaire

au sens du

glissement.

Cet écran

pivote

autour d’un

axe

horizontal,

et son manche est

chargé

d’un

poids

additionnel pour

du’il

y ait

équilibre parfait

entre le manche et l’écran lui- même. De cette

façon,

au moment l’on

imprime

un mouvement,

de translation à

l’appareil,

om n’a pas à craindre que l’inertie de l’une ou de l’autre

partie

du

système

fasse

pivoter

l’écran autour de

son axe, et si un

pareil pivotement

se

produit,

c’est bien à la résis-

tance de l’air

qu’il

faut l’attribuer.

En arrière de l’écran est

placé

un

petit appareil manométriquc qui,

au moyen d’un tube à

air, communique

avec un tambour à

levier

interrupteur (1).

L appareil

étant ainsi

disposé,

on lui

imprime

un mouvement de

translation uniformc

qui

dure unc demi ou un

quart

de

seconde,

et

l’on recueille le tracé suivant

( 2 ) (fig. 1).

Fig. i.

En

l’absence

de toute

translation, l’appareil

trace une

ligne

hori-

zontale

xx,

qui correspond

à la

pression

zéro sur le

dynamomètre.

Au moment où la translation commence,

l’appareil signale

une

pression énergique a qui

est l’état variable initial tenant à l’inertie de

l’air

que le

disque

repousse. Bientôt la courbe s’abaisse annon- çant que la résistance de l’air

faiblit,

bien que la translation du

disque

reste uniforme. C’est que l’air subit en

partie

le mouvement

d’entraînement.

La

pression

s’abaisse ainsi

jusqu’au

niveau

b, qui

(1) Voir, pour la description de cet appareil, MAREY, Drc mouvement dans les fonc-

tions de la vie, p. 148, iii-80, 1869, Germer-Baillière.

(2) Cette figure a être modifiée pour la débarrasser de vibrations accessoires produites par le style inscripteur et dont on a conservé seulement une à la fin de chacun des états variantes a et c.

(5)

207 est le

régime régulier

de la résistance de l’ air pour toute la durée de la translation.

Enfin, quand l’appareil

s’arréte

brusquement

11t. on Boit baisser le trace du manomètre

inscripteur

au

point

c : c’est l’etat variable

terminal;

il consiste en un entraînement de l’écran par la colonne d’air animée de vitesse. Cet entraînement cesse

graduellcment

et le

tracé revient au zéro.

On ne saurait avec cet

appareil grossier

déterminer la valeur absolue de la résistance de

l’air,

aux ditlércnts instants de la trans-

lation

uniforme,

mais on pcut se convaincre de l’existence de deux états

variables,

dont l’un

précède

et l’autre suit le

régime régulier

de la résistance de l’air. Les études des

pliysiciens

avaient

cu

jusqu’ici

pour but de déterminer la valeur de ce

régime régulier,

seulement pour différentes vitesses.

DFUXIÈME SÉRIE D’EXPÉRIENCES. 2013 Accroissement de la résis- tance (le l’air aux mouvements d’abaissement de l’aide d’un

oiseait,

sous

l’influence

de la translation horizontale de celui-ci.

Pour obtenir cette

détermination, J’ai grossièrement

imité la dis-

position

de l’oiseau en réduisant chacune des ailes à un

plan

mince

et

rigide,

ayant

om,5o

de

long

sur 0m. 10 de

large

Ces deux ailes

soliùaircs 1 une de l’autre

b abaibbcnt,

à un moment nt

donné,

sous l’influence de la détente d’un ressort.

Un travail constant est ainsi

dépensé

pour

chaque

coup d’aile.

La translatiun de la machine se fait par

glissement

sur un fil de fer

horizontalement tendu. Deux

grandes

roues, dont l’une 1’-.1 munie

d’une

manivelle,

entraînent une corde sans fin. dent l’iiii des brins

est

parallèle

au f il de fer. C’est cc hrit de la corde

(lui imprime

à

l’appareil

une vitesse horizontale

plus

ou nloins

grande.

Il

s’agit

maintenant de mesurer W ce

précision

la vitesse de trans-

lation et la durée de l’abaissement des ailes. La méthode

graphique

donne facilement ces deux mesures.

a. Mesure de’ vitesses de translation tlt’ III machine. 2013 Cette vitesse n’est autre que celle de la corde sans till,

oui produit

l’en-

traînement. Or cette corde passe sur une

pethe poulie

dont les

tours sont

comptés

et inscrite sur un evlindre tournant au. moyen d’un

style qui

fonctionne à peu

près

comme le

télégraphe

Morse.

La

partie qui

sert au comptage des vitesses a exactement

om, 40

de

circonférence;

elle

porte

sur la moitié de son

périmètre

une

(6)

armure

métallique qui

ferme un courant de

pile lorsque

deux

frotteurs viennent la rencontrer, ce

qui

arrive

pendant

la moitié

de chacun des tours de

poulie.

Le

style inscripteur

mis en mouve-

ment par un

électro-aimant

trace une

ligne

crénelée

qui,

à chacun

de ces

changements

de

direction, indique

que

om,

20 de corde ont

défilé,

c’est-à-dire que l’oiseau artificiel a parcouru cet espace. Or

plus

la translation

imprimée

à l’oiseau est

rapide, plus grand

est

le nombre de sinuosités inscrites

pendant

une seconde sur le cy- lindre dont la rotation est uniforme.

b. Mesure de la durée d’abaissement des

ailes.

2013Un second

inscripteur électrique,

semblable à celui

qui compte

les tours de Fig. 2.

poulie,

sert à déterminer la durée de l’abaissement des ailes. Il

fa ut

qu’au

début de cet abaissement un courant de

pile

soit rompu, ce

(7)

209

qui

est

signala

par un

changement

dans 1 a

ligne

trdée sur lit le cy- lindre, et

qu’à

la fin de l’abaissement les ailes le court tilt soit ferme de nouveau. (’l’ que l’inscriptain

On recueille simultanément le ti Je translation

et celui des durées d’abaissement des ales et l’on obtient une série de déterminations dont la

figure

suivante

(fig.2)

fournit

quelques exemples.

Expérience

1. - La

ligne supérieure et indique

Li durée de l’abaissetncnt des ailes ; en

prenant

cette

longueur

sur l’échelle du temps, on voit que l’abaissement de l’aile durait moins

de s

de

Dans cette

expérience

il

n’y

a pas eu de translation de l’oiseau : la

ligne 1)

ne

présente

aucune inflexion.

Expérience

rt° 2. - La durée d’abaissemeiit df’S ailes

(lignc a)

est

déjà plus grande;

elle excède une demi-seconde. La translation était alors de

près

de 3 mètres par seconde. On s’en assure en

prcnant

au compas sur la

ligne b

la

longueur qui correspond

a

cinq changements

de direction de la (

ourbe , ce qui indique

que (

cinq

lois

Om,

20, c’est-à-dire i

mètre,

ont été parcourues. On porte cette lon- gueur sur l’écllclle des

temps,

et l’on constate que dans une se- conde elle est contenue environ 3 fois : on voit dont’

deja

que la

durée d’abaissement de l’aile croit avec la vitesse.

Experiences

nQS

3, 4, 5,

6. Dans ces autrt’’)

expériences

et

procédant toujours

delà même

manière,

on trouve (’ (PlI’ la durée de l’abaissement de l’aile s’accroit

toujours quand 1.1

vitesse d,. trams-

1 atinn augmente, et

qu’avec

une vitesse de

5m, 30,

l’abaissement de 1 aile dure environ une seconde.

Il ne in’a pas été

possible

de trouver iiii rapport

parfaitement précis

entre la vitesse de translation et la durée de l’abaissement Je l’aile. Des

expériences

faites dans des conditions

Identiques pré-

sentent

pal’flli’)

(1(.

légers

écarts,

qui

tiennent a ce que l.l moindre oscillation dn til de fer

qui

sert de rail

change légerement

la durée

du

phénomène. D’après

ces

premiers essais,

il semble toutefois que

la durée d’abaissement de l’aile croisse proportionnellement

à la

vitesse ut’ translation. dans les de vitesse sur It

J’ai

pu

opérer.

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