Les femmes dans le monde du travail en Auvergne : réalités et perspectives
Mars 2009
INTRODUCTION.... 1
PARTIE1 : LE TRAVAIL DES FEMMES: ETAT DES LIEUX ENAUVERGNE...3
Chapitre 1 : Photographie de la place des femmes en Auvergne...5
A - Les femmes et la démographie...5
B - Une meilleure scolarisation pour les jeunes filles...7
C - Des professions féminisées : un choix de filières fondé sur des stéréotypes...17
D - Les femmes et le marché du travail ...21
E - Les femmes dans les différents secteurs d’activité...29
F - Les femmes et la création d'entreprises...44
Chapitre 2 : Des politiques en faveur de l'égalité et la mixité professionnelle...51
A - La mise sur pied d’un arsenal législatif et conventionnel...51
B - Les dispositifs européens : un levier pour le développement de l’égalité et de la mixité...56
C - Rôle des Directions du Travail, de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité, des partenaires sociaux...62
Chapitre 3 : Les problématiques en Auvergne par secteurs d'activité...77
A - Les femmes dans l’agriculture ...77
B - Les femmes chefs d’entreprise dans le secteur de l’artisanat et des PME...80
C - Les femmes dans les professions libérales...85
D - Le cas particulier de la Fonction Publique...87
PARTIE2 : DES DISCRIMINATIONS À CORRIGER, DES POLITIQUES PUBLIQUES À RENFORCER...93
Chapitre 1 : Malgré des avancées, des discriminations persistantes...95
A - Les inégalités Femmes/Hommes dans l’entreprise...95
B - Gestion des Temps et Parentalité...122
Chapitre 2 : Un bilan mitigé des politiques publiques en faveur du travail des femmes...127
A - L’importance des modes de garde...127
B - Mise en place progressive d’un système de prestations...134
C - L’action de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) en faveur des femmes dans le monde agricole en Auvergne...138
D - Des politiques publiques pour favoriser la gestion des temps...140
E - En Auvergne, des politiques publiques en faveur de l’égalité et de la mixité...143
CONCLUSION...153
Glossaire...157
Principaux sigles...159
Composition de la commission spéciale...161
Liste des personnes auditionnées...162
L’AVIS...... 165
LES ANNEXES...I
LE RAPPORT
SOMMAIRE
LE RAPPORT
11- Rémi FAYE, Chargé d’études.
I
NTRODUCTIONDans un environnement difficile pour les entreprises, marqué par la mondialisation de l’économie, l’emploi est devenu, dans l’Union Européenne, une préoccupation de premier rang, qui concerne les hommes et les femmes. La place de ces dernières dans le monde du travail est devenue une réalité incontournable.
Depuis les années 1960, les valeurs traditionnelles du couple, de la famille et de l’image de la femme ont été remises en question2. De profonds changements sont intervenus. La vie active en France a connu une féminisation croissante.
Des progrès dans l’accès à l’emploi, à des activités diversifiées, la percée au sein de métiers et de niveaux hiérarchiques longtemps occupés par les hommes ont été accomplis par les femmes.
Pour la première fois de son histoire, la promotion 2006/2008 des auditeurs de 2e classe du Conseil d’État est 100 % féminine. Quatre jeunes femmes ont intégré la plus haute instance administrative à l’issue de leur scolarité.
Le modèle français est devenu celui de la femme au travail et non plus celui de la femme au foyer. De nos jours, les deux modèles ne sont plus en opposition. Le taux d’activité des femmes entre 25 et 49 ans est en augmentation constante et on observe une évolution dans les mentalités. Dorénavant, la plupart des femmes des jeunes générations aspirent à concilier, dans les meilleures conditions, ambition professionnelle, vie personnelle et familiale.
Mais force est de constater, comme le souligne la sociologue Margaret MARUANI3
« la féminisation du marché du travail ne rime ni avec mixité, ni avec égalité ».
En effet, malgré quelques avancées notables en matière de participation, d’emploi féminin et de réussite scolaire des jeunes filles, les écarts de salaire persistent et l’activité féminine est concentrée autour d’un nombre restreint de métiers.
De plus, le paysage économique et sociétal est marqué par la persistance de contrastes, de paradoxes et d’inégalités dans le travail, dans l’accès à l’emploi, dans les parcours de carrière, dans l’accès à la formation professionnelle continue, dans les rémunérations, avec un fort taux de précarité et de chômage.
Mais il se caractérise aussi par des difficultés d’application des dispositifs nationaux et européens plutôt favorables à l’égalité et la mixité professionnelle et salariale.
C’est ce qui a conduit le Conseil Économique et Social régional (CESR) d’Auvergne à s’autosaisir sur la thématique « la place des femmes dans le monde du travail en région Auvergne ». Cette question est un enjeu de société, de développement durable, d’attractivité du territoire et de vitalité démographique.
2- Cf. annexe : bref rappel histoire sur la place des femmes dans le monde du travail.
3- Extrait de l’ouvrage : « Travail et emploi des femmes », La Découverte, coll. Repères – 2000. Margaret MARUANI est sociologue, Directrice de Recherche au CNRS, rattachée au CSU (Cultures et Sociétés Urbaines).
Fondatrice en 1995, du groupement de recherche (CNRS) « Marché du Travail et Genre » (Mage), elle dirige la revue« Travail, Genre et Sociétés ».
Cela explique aussi le succès du colloque « Femmes, inégalités et conciliation des temps » qui a été organisé par le CESR, le 23 octobre 2008, à Clermont-Ferrand dont les conclusions ont été intégrées dans cette autosaisine.
Il s’agit bien pour le CESR Auvergne d’analyser la situation propre à l’Auvergne et d’établir un diagnostic le plus précis possible de la place des femmes dans les différents domaines de la vie économique, d’évaluer l’application des dispositifs existants favorables à l’égalité et à la mixité, de faire un état des lieux des différentes politiques publiques pour soutenir le travail des femmes et pour trouver un juste équilibre entre les temps de vie, les temps sociaux et les temps professionnels et, enfin, de proposer aux acteurs locaux et décideurs des pistes pour agir.
PARTIE 1 :
Le travail des femmes :
état des lieux en Auvergne
Chapitre 1 : Photographie de la place des femmes en Auvergne
4Au 1er janvier 2005, on dénombre 1 331 380 habitants en Auvergne dont 684 800 femmes.
Ils représentent 2,2 % de la population de la France métropolitaine.
Au 1erjanvier 2007, la population auvergnate est estimée à 1 337 000 habitants.
L’Auvergne enregistre une progression de 3 500 personnes environ entre 1999 et 2007.
En 1999, elle en compte 1 308 656, soit entre 1999 et 2007.
Cette progression, même limitée, ne doit pas faire oublier les faiblesses de la démographie régionale.
A – Les femmes et la démographie
L’Auvergne demeure une Région peu peuplée qui se singularise par une faible natalité et un net vieillissement de sa population.
Répartition de la population selon le sexe et l’âge en 2005
4- Audition au titre de l’INSEE Auvergne le 13 mars 2008 d’Hélène LANGIN, Chef de Service Étude Diffusion.
Depuis 2002, le taux de natalité, c'est-à-dire le rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population totale moyenne de l'année, progresse légèrement avec des disparités entre les départements.
Pour 2007, en Auvergne5, plus d’un enfant sur deux naît hors mariage (55,3 %).
De plus, en 2004, l’âge moyen des mères au 1er enfant6 pour l’Auvergne atteint 28,5 ans contre 28,7 ans en France. En 2007, il s’établit à 28,2 ans contre 28,4 ans en France. On assiste à un phénomène de diminution de la taille des ménages plus important que sur le plan national.
Population des ménages de 15 ans et plus selon l'état matrimonial légal
5- Cf. annexe : Compléments statistiques concernant la démographie, les mariages, les pactes civils de solidarité, les divorces et l’espérance de vie sur la région Auvergne.
6- Données fournies par l’INSEE Auvergne le 17/02/2009.
De plus en plus de familles sont monoparentales : celles-ci ont doublé entre 1975 et 1999 et depuis 1999, elles ont augmenté de 13 %. En Auvergne, elles sont au nombre de 42 800.
Pour la grande majorité, il s’agit de familles monoparentales ayant un enfant dont le chef de famille est une femme.
Si, avant 1999, l’explication principale était le décès du conjoint, depuis 1999, cela est dû notamment à l’augmentation des séparations des quinquagénaires.
Des inégalités sont observées :
- vis à vis de l’espérance de vie : si les femmes vivent plus longtemps que les hommes, l’écart a tendance, ces dernières années, à se réduire, avec l’augmentation de l’espérance de vie des hommes. En 1990, l’écart entre homme et femme était de 9 ans, aujourd’hui il n’est plus que d’environ 8 ans. L’espérance de vie des femmes en Auvergne est de 83,6 ans pour 83,7 en France Métropolitaine. Celle des hommes est de 75,8 ans en Auvergne pour 76,8 en France Métropolitaine.
- vis à vis de l’avancée en âge :
On observe un nombre considérable de femmes seules aux âges avancés et selon une étude de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (DREES), les femmes sont les principales occupantes des établissements d’accueil des personnes âgées. Trois résidents sur quatre sont des femmes dans ces établissements. En effet, au-delà de 80 ans, la part des femmes dépendantes est beaucoup plus importante.
- vis à vis de la dépendance :
7,3 % des femmes de 60 ans ou plus en Auvergne sont concernées par celle-ci alors qu’elles ne sont que 6,7 % pour la France Métropole. Le département du Puy-de- Dôme tend à se rapprocher du niveau national (6,8 %).
L’INSEE a établi une prospective en 2030 et estimé à 1 328 700 le nombre d’habitants en Auvergne dont 51 % de femmes avec un vieillissement de la population de plus en plus marqué.
B - Une meilleure scolarisation pour les jeunes filles
7Depuis les années 1960, les femmes travaillent de plus en plus et sont de plus en plus diplômées.
En 2005, elles représentent, selon une source de l’INSEE, 47,5 % des 28,2 millions d’actifs et 51 % ont un diplôme supérieur au bac.
En terme de durée moyenne des études, de niveau moyen de diplômes, de taux de réussite aux examens, les filles réussissent mieux que les garçons sur le plan scolaire. De plus, les filles passent plus de temps sur les bancs de l’école (19 ans) que les garçons (18,5 ans).
7- Audition au titre du Rectorat le 09 octobre 2008 de Gérard POUX, Délégué régional ONISEP, Chef du Service Académique d’Information et d’Orientation (SAIO) de Clermont-Ferrand ; de Cécile PASTIAUX, Chargée de Mission Égalité - Mixité au SAIO et de Jean-François MESSEIX , Chef de Division Études, Statistiques et Infocentre (DECI).
1 - Les principales caractéristiques nationales
a) Une baisse des redoublements
En 1997, au niveau national, 85 % des filles accèdent en 6ème sans redoublement contre 80 % des garçons. Les garçons sont donc davantage touchés par les retards scolaires. Mais depuis ces dernières années, les garçons ont pu bénéficier de la volonté de baisser les redoublements.
Même si les filles redoublent moins que les garçons, l’écart garçon / fille se resserre.
Le redoublement en seconde générale est de 20 % alors qu’il n’est que de 5 % en 6ème et 5ème.
En fin de 3ème, un peu plus de garçons que de filles sont en retard. Les filles ont en général de meilleures notes au brevet des collèges (+ 0,7 point).
b) Des filles peu présentes dans les filières les plus prestigieuses et les plus porteuses d’emplois
Après la 3ème, on observe des orientations différenciées entre filles et garçons.
Les résultats sont contrastés par série :
A l'issue de la 3ème générale
0,00 10,00 20,00 30,00 40,00 50,00 60,00 70,00
2GT BEP/CAP Rdt
Filles Garçons
En fin de seconde, 41 % des garçons se dirigent vers une série S, seulement 28 % des filles. Parmi elles, 60 % des filles de la filière S souhaitent se diriger vers médecine et les carrières paramédicales et sociales et seulement 24 % en écoles d’ingénieurs.
Les filles s’orientent plus particulièrement au niveau de l’enseignement supérieur, dans les filières littéraires, économiques et sociales, les filières professionnelles des services, les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) et les écoles paramédicales et sociales.
2 - État des lieux sur la répartition des filles dans l’Académie de Clermont-Ferrand
Le pourcentage initial de filles à l’école (49 %) est similaire au taux de naissance des filles (49 %) dans l’académie et en France.
En Auvergne :
Les filles redoublent un peu moins que les garçons ;
Les filles sont plus nombreuses en lycées d’enseignement général et technologique (56 %), en BTS (52 %) et à l’université (55 %), un peu moins nombreuses en lycée professionnel (46 %) et en classes préparatoires aux grandes écoles (38 %) et beaucoup moins nombreuses en CFA (25 %) dont les domaines de production (9 %).
Les filles ont des taux d’admission à tous les examens supérieurs à ceux des garçons sauf en BTS. Elles ont des notes qui dépassent légèrement celles des garçons au brevet des collèges.
En Formation Professionnelle, 60 % des femmes se retrouvent dans les services ;
30 % de jeunes filles s’engagent dans l’apprentissage. Elles se cantonnent dans des filières peu porteuses d’emploi ;
25 % dans les écoles d’ingénieurs.
Cette situation confirme les caractéristiques nationales.
Une bonne marche de progrès reste à accomplir.
3 - Les résultats aux examens
Il faut remarquer que l’Académie de Clermont-Ferrand affiche d’excellents résultats, quels que soient les départements, les séries. Globalement, le taux de réussite est supérieur pour les filles.
a) Le BEP/CAP
b) Les baccalauréats
Meilleurs résultats scolaires, meilleur taux de réussite aux baccalauréats, toutefois en Auvergne, ce constat est à nuancer.
En 2005, l’écart du taux de réussite au baccalauréat technologique en Auvergne était de six points en faveur des filles, il n’était seulement que de trois points pour le plan national.
Par contre, pour le baccalauréat professionnel, les résultats de l’Auvergne sont moins bons : l’écart du taux de réussite au baccalauréat professionnel en Auvergne n’est que d’un point en faveur des filles, alors qu’il est de cinq pour le national.
Les filles s’orientent autant que les garçons vers des baccalauréats généraux ou technologiques. Néanmoins, le choix des filières se révèle bien différent comme le montre les tableaux suivants :
4 - Après le baccalauréat : des difficultés à orienter les jeunes filles vers les filières scientifiques
L’orientation est sexuée : il y a plus de filles dans les formations littéraires en lycée (78 %) ou à l’université (lettres – sciences humaines : 80 %).
De manière complémentaire, la répartition des filles / garçons dans les filières scientifiques est la suivante :
On peut faire le même constat sur le niveau des BTS.
On constate une dégradation vers la fin de la seconde, ceci notamment en raison des options dites de « détermination ».
Dans les séries technologiques, les filles vont en Sciences Médico-sociales et en spécialité de Gestion, alors que les garçons s’orientent plus dans la spécialité Technologie Industrielle.
Par conséquent, un travail est à mener en matière d’orientation scolaire.
Pour les flux vers l’enseignement supérieur, des différences apparaissent à l’intérieur des filières, où le choix des options et des spécialités ne sont pas les mêmes pour les filles et pour les garçons. Tous les métiers de contacts, de relationnels semblent prédestinés aux filles, de même, pour les secteurs du tertiaire et de gestion à forte dominante féminine.
En revanche, la comptabilité semble l’apanage des garçons.
Comment dès lors expliquer par exemple que certains métiers soient encore de nos jours uniquement occupés par des hommes ?
Ainsi, l’examen des situations scolaires et des orientations en Auvergne ne sont pas fondamentalement différentes du constat national.
Mais en Auvergne, comme ailleurs, un lien est bien démontré entre les caractéristiques scolaires, les démarches d’orientation et les choix professionnels que font les jeunes filles vers des métiers encore plus spécifiquement féminins.
C - Des professions féminisées : un choix de filières fondé sur des stéréotypes
L’activité des femmes s’est développée. Elle a notamment fortement progressé dans la tranche d’âge 25 à 49 ans. Entre 1975 et 2006, le taux d’activité des femmes est passé de 60 à 82 %, alors que celui des hommes régressait de 97 à 95 %.
La part des femmes dans l’emploi salarié auvergnat se situe en dessous (- 0,5 point) de la moyenne nationale. Toutefois, sur dix ans, l’emploi féminin en Auvergne a progressé à un rythme (+ 20,8 %) un peu supérieur au reste de la France (+ 20,1 %).
Dans notre région, les domaines d’activité des hommes et des femmes demeurent sexués : les femmes représentent plus des deux tiers des effectifs dans trois secteurs : Éducation, santé, action sociale (78 %) ; administrations parapubliques et associations (75 %) ; activités immobilières (69,2 %).
Alors que les filles réussissent toujours mieux que les garçons à l’école, les femmes restent confinées dans peu d’emplois et des filières professionnelles précises.
Rappel des données concernant l’emploi salarié : La population active
Six catégories socioprofessionnelles regroupent plus de 60 % des femmes : (employées au nettoyage ; aide à domicile ; employées de commerce ; secrétaires d’entreprise ; infirmières et professeurs des écoles…).
8- CARIF OREF : Centre d'Animation et de Ressources pour l'Information sur la Formation, Observatoire Régional Emploi Formation. Financé par l'Etat et la Région et cofinancé par l'Union européenne, il a pour but d'assurer en Auvergne et au plan interrégional des missions d'intérêt général pour l'Etat, l'Union Européenne, les collectivités territoriales et les partenaires sociaux, veillant particulièrement à favoriser la prise en compte de l'égalité des chances entre les personnes et entre les territoires.
Une étude récente du CARIF OREF8pour la Région Auvergne révèle que les femmes représentent près de 80 % des effectifs des entreprises de services avec un taux d’emploi pour le temps partiel proche des 80 %. Les emplois de services ont la particularité d’être généralement mal payés, assurés majoritairement par des femmes, le plus souvent à temps partiel.
Elles sont largement majoritaires dans les secteurs d’activité suivants : employées de commerce, d’administration et de la fonction publique ; services aux particuliers ; femmes de ménage et professions intermédiaires.
Les emplois féminins connaissent une très grande concentration :
moins de 8 % des métiers regroupent 45 % des femmes avec une féminisation supérieure à 65 %
elles sont moins de 10 % dans 65 % des métiers.
Les métiers les plus féminisés en Auvergne se rencontrent dans les domaines de la santé (infirmières, aides-soignantes), dans le secteur paramédical, de l’aide à la personne, des commerces ou encore chez les assistantes maternelles.
Au nom des compétences supposées « naturelles » des femmes (soin, éducation, minutie, don de soi…), ces métiers ne sont pas toujours bien reconnus en terme de qualification et de rémunération.
Ainsi, l’histoire de la profession d’infirmière est révélatrice des batailles qui ont été menées pour faire reconnaître ce métier.
Marqué par un héritage religieux, caritatif, de « la bonne sœur » à l’auxiliaire, il faudra la longue grève de 1988 pour qu’évolue leur profession et la reconnaissance de leur technicité avec équivalence universitaire à Bac+2. Pour 2012, une reconnaissance à Bac+3 est envisagée.
Bien que la place des jeunes filles dans les formations progresse, leur intégration dans des métiers dits « masculins » s’avère difficile, malgré l’évolution des technologies et la modernisation de l’outillage. Pourtant, on observe de plus en plus l’orientation de jeunes filles vers des métiers qu’elles « désertaient » auparavant, comme ceux de la mécanique, par exemple, celle-ci ne présentant plus les mêmes difficultés physiques qu’auparavant. Désormais, de plus en plus de femmes dirigent ces entreprises.
Les femmes sont prêtes à assumer des postes que les hommes ont abandonnés. La pénibilité de certains métiers exigeant des aptitudes physiques particulières ne semble plus forcément être un obstacle pour les femmes qui cherchent un travail9. D’ailleurs, selon l’INSEE, dans le secteur de l’automobile, dont le taux de féminisation s’élève à 29 %, l’Auvergne connaît une féminisation supérieure de 11 points au niveau national.
En fait, la formation et la technologie de ces métiers ont beaucoup évolué. On recherche dorénavant un recrutement de qualité et la nécessité de féminiser les métiers paraît de plus en plus positive10.
Si le chiffre de 2 % d’apprentis féminines dans les métiers du bâtiment est infime, la récente propension des jeunes filles à s’inscrire dans les Centres de Formation des Apprentis en Auvergne laisse à penser un nouvel engouement.
9- Audition au titre de l’Union Professionnelle Artisanale (UPA) le 14 mai 2008 d’Henri MAZAL, Président de l’UPA Auvergne.
10- Audition au titre de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie (CRCI) le 15 avril 2008 de Marie-Luce BOZOM, Présidente de la Commission « Création, transmission et reprise d’entreprises » de la CCI de Clermont- Ferrand/Issoire et de Brigitte FARGEVIEILLE, Directrice Générale de la CRCI.
Entre 2005 et 2008, le nombre des apprentis a augmenté de 14,35 %.
Durant cette période, le nombre de femmes a progressé de 18,50 %alors que celui des hommes n’a évolué que de 12,7 %.
En moyenne, les femmes représentent 25 % des apprentis. Ce sont dans les niveaux 1 et 2 que la proportion des femmes est la plus élevée (respectivement 44 % et 39 %).
Afin de favoriser l’intégration des femmes dans des métiers dits « masculins », l’école mène actuellement des actions pour promouvoir une palette des métiers en tâchant de ne pas établir cette distinction métiers d’hommes – métiers de femmes.
Il faut également tenir compte du rôle des parents dans le choix d’orientation des jeunes filles. Ainsi, il ne faut pas sous-estimer le poids de l’histoire et d’une culture dès le plus jeune âge reposant sur les représentations bien ancrées, de type sociétales et familiales, amenant les parents et les jeunes filles à intérioriser certains schémas. Ainsi, les livres scolaires sont à tous les niveaux très instructifs sur les représentations sexuées. De ce point de vue, nous renvoyons à l’étude présentée en 2004 par Annette WIEVIORKA11. Si les femmes ont gagné des métiers, des combats, cela reste quasi inexistant dans les livres d’histoire.
Dans les conseils de classe, pour le même niveau et les mêmes notes, des professeurs expliquent que les bons résultats obtenus par les jeunes filles s’expliquent par le fait qu’elles sont sérieuses et travailleuses, alors que pour les garçons, les bons résultats sont dus au fait qu’ils soient avant tout brillants. Ils développent eux-mêmes sans en avoir bien conscience des stéréotypes, que l’on retrouve lorsqu’ils décrivent des jeunes filles exerçant le métier de carreleur, comme des « pionnières, des héroïnes ». C’est pourquoi la formation initiale des enseignants doit intégrer cela afin de remédier à cette situation.
11- Étude du Conseil Économique, Social et Environnemental d’Annette WIEVORKA : « Quelle place pour l’histoire dans l’histoire enseignée ? »– 2004.
Lors du séminaire « Égalité et mixité dans le système éducatif » du 14 octobre 2008 organisé par l’Académie de Clermont-Ferrand, Isabelle COLLET12 rappelle que l’école n’est ni plus ni moins que le reflet du monde du travail, où des pans entiers de l’économie ne sont pas mixtes.
En résumé, l’éducation a une très lourde responsabilité pour faire changer les mentalités. Selon Gérard BESSON, Recteur de l’Académie de Clermont- Ferrand, l’École a un rôle essentiel pour structurer et faire évoluer les pratiques.
Quelques avancées sont à souligner :
dans la vie scolaire, une sensibilisation à la mixité, au « vivre ensemble » est organisée. Il y a davantage de filles déléguées de la classe ;
dans les enseignements, on commence à prendre conscience de l’importance de valoriser les femmes dans les disciplines : par exemple, citer les femmes parmi les « grands hommes », parler de leur rôle dans le progrès de l’humanité (exemple : Marie Curie).
dans les processus d’orientation, un éventail de métiers est de plus en plus présenté aux filles.
L’Académie de Clermont-Ferrand se mobilise sur le terrain, dans les écoles, et organise par exemple des journées de découverte des métiers.
D - Les femmes et le marché du travail
131 - Contexte général
Au recensement de 2004, le taux d’emploi féminin (proportion des personnes ayant en emploi parmi celles en âge de travailler) de la région Auvergne (36 %) est quasi similaire au taux national (35,7 %). Mais, selon l’INSEE, on observe un écart entre le taux d’activité des femmes et celui des hommes plus élevé en Auvergne pour les moins de 25 ans que pour la France entière, ce qui signifie des difficultés d’emploi pour les jeunes femmes. De plus, parmi les femmes actives, on compte 89,2 % de femmes salariées contre 82,7 % en France14.
Dans un contexte de début de ralentissement de l’activité économique, la croissance de l’emploi accuse un repli tant au niveau régional que national.
À la baisse régulière des effectifs de l’industrie, s’ajoute un recul récent de l’emploi dans certaines activités de service, comme le transport et le commerce qui connaissent un retournement de tendance défavorable.
12- Isabelle Collet est actuellement docteure en sciences de l’éducation, chercheuse associée à l’Université Paris X – Nanterre. Elle poursuit ses recherches sur le genre et les techniques dans le cadre d’un post-doctorat à Télécom-INT et INT-Management d’Evry. Elle fait également partie de l’association « femmes &
mathématiques ».
13- Source URSSAF Auvergne : « L’observatoire économique des URSSAF d’Auvergne »n°6 – Octobre 2008.
14- Enquête emploi 2007 INSEE Auvergne.
En Auvergne, un salarié sur cinq travaille dans une entreprise de moins de dix personnes. Cette proportion est proche de la moyenne nationale (19 %) mais est très variable suivant les arrondissements. Elle atteint ainsi le tiers des effectifs dans les arrondissements de Mauriac et de Saint-Flour, localités dont les tissus économiques sont très dépendants des petites structures.
Évolution de l’emploi salarié du secteur privé entre juin 2007 et juin 2008
En parallèle, certaines zones se caractérisent par une très forte concentration de l’emploi autour de quelques gros employeurs. Ainsi, les cinq plus gros établissements ambertois emploient 22 % des salariés de l’arrondissement. Cette proportion dépasse également les 20 % dans celui de Riom du fait de l’implantation d’importants établissements spécialisés dans la chimie, la métallurgie et l’agroalimentaire.
Evolution nationale des effectifs salariés
+1,2%
+1,2%
NPC +0,7%
Picardie +0,2%
H-Normandie +0,8%
B-Normandie +1,5%
Bretagne +1,3%
PDL +1,7%
Poitou-C +0,8%
Centre +1,4%
IDF +1,5%
Loraine -0,3%
Alsace +0,6%
Champagne -A +0,1%
Franche-C -0,4%
Bourgogne +1,0%
Rhône- Alpes +1,5%
PACA
+1,3% Corse
+3,0%
Languedoc-R +2,1%
Midi-P +1,8%
Limousin +0,5%
Aquitaine +1,5%
Moulins +0,0%
Montluçon
-0,1% Vichy
+0,5%
Riom
+0,2% Thiers +1,9%
Clermont-Ferrand +0,5% Ambert
+0,5%
Issoire -1,8%
Mauriac +0,8%
Aurillac +2,2%
St Flour +0,6%
Brioude -2,5%
Yssingeaux +0,1%
Le Puy +0,9%
Evolution de l'emploi au deuxième trimestre
2008 par rapport au deuxième trimestre
2007 DOM
+1,3%
Source : Urssaf - Acoss Supérieure à 1,7%
De 1% à 1,7%
De 0,4% à 1%
Moins de 0,4%
Evolution régionale des effectifs salariés
+0,4%
+0,4%
Part des salariés travaillant dans une entreprise de moins de 10 personnes
Les effectifs salariés reculent dans plusieurs secteurs d’activité. Ainsi, l’emploi continue de se dégrader dans l’industrie avec une baisse de 1,6 % entre juin 2007 et juin 2008. Le commerce connaît également un retournement de tendance défavorable. Il perd, en un an, plus de 600 emplois, essentiellement dans le commerce de détail, emplois tenus principalement par des femmes.
2 - Une forte augmentation du chômage en octobre 200815
L’augmentation du chômage en Auvergne (+ 1 812 personnes en un mois) confirme en l’amplifiant la tendance nationale (+ 2,4 %). Elle s’inscrit dans une détérioration très forte de l’activité économique qui s’étend. Les bassins industriels traditionnels (Montluçon, Vichy, Riom, Thiers, Issoire, Yssingeaux et Brioude) sont les plus fragiles.
Dans ce contexte, d’octobre 2007 à octobre 2008, 3 430 demandeurs d’emploi supplémentaires en catégorie 1 sont venus s’inscrire à l’ANPE.
Cette augmentation de 9,6 % sur un an est beaucoup plus significative que celle enregistrée sur la France entière (+ 4,4 %). Le décrochage entre l’Auvergne et la France perdure donc. Cette dégradation du marché du travail touche en priorité les jeunes (+ 11,5 %) puis les seniors (+ 10,1 %) et enfin les 25-49 ans (+ 8,9 %).
15- Source : DRTEFP, Premières données Auvergne – octobre 2008.
Moulins 18%
10%
Montluçon 19%
13%
Vichy 24%
Riom 7%
23%21%
Clermont-Ferrand
16% 13% Ambert 30%
22%
22%
Issoire 19%
13%
Aurillac 22%
11%
St Flour 34%
7%
Brioude 21%
18%
Yssingeaux 23%
Le Puy 9%
24%
10%
Mauriac 33%
18%
Supérieure à 30%
De 24% à 30%
De 22% à 24%
Moins de 22%
X : Part des salariés tra- vaillant dans une entreprise de moins de 10 personnes
X% : Part des 5 plus gros établisse- ments dans l’effectif total de l’arrondis- sement
Part des salariés travaillant dans une entreprise de
moins de 10 per- sonnes
Thiers 23%
15%
Le marché du travail régional et départemental en Octobre 2008
(cf. compléments d’informations dans « Premières données Auvergne – D.R.T.E.F.P)
Sur l’année, l’évolution du chômage est défavorable aux hommes (+ 12,7 % contre + 6,8 % pour les femmes), ceux-ci travaillant dans des secteurs traditionnellement masculins, touchés prioritairement par la crise. Les femmes restent cependant majoritaires dans le chômage avec un taux de 50,7 %.
ALLIER CANTAL HAUTE- PUY-DE- AUVERGNE FRANCE
Fin Octobre 2008 LOIRE DOME
DEFM DE PLUS D'UN AN
Ensemble 2 990 695 1 367 5 215 10 264 495 122
Evolution mensuelle en % + 2,0 + 1,5 + 6,3 + 1,8 + 2,4 + 1,3
Evolution annuelle en % + 6,0 + 22,6 + 18,5 + 5,6 + 8,3 - 2,0
Femmes 1 600 412 739 2 756 5 507 242 065
Evolution mensuelle en % + 3,0 + 2,5 + 2,6 + 1,7 + 2,3 + 0,6
Evolution annuelle en % + 6,5 + 32,5 + 18,4 + 1,8 + 7,1 - 2,8
Moins de 25 ans 316 66 169 547 1 098 48 062
Evolution mensuelle en % + 3,6 - 9,6 + 4,3 + 8,7 + 5,3 + 6,3
Evolution annuelle en % + 7,8 - 1,5 + 34,1 + 22,9 + 17,9 + 3,5
DEFM DE PLUS DE 2 ANS
Ensemble 1 347 219 498 2 150 4 214 199 464
Evolution mensuelle en % + 1,8 0,0 + 2,9 0,0 + 0,9 + 0,2
Evolution annuelle en % + 3,5 + 17,7 + 13,2 + 2,6 + 4,7 - 7,3
(*) Source INSEE - DARES - au 2ème trimestre 2008
Source ANPE - DARES STRUCTURE ET EVOLUTION DES DEMANDES D'EMPLOI DE CATEGORIE 1 EN FIN DE MOIS
DONNEES SUR LE CHOMAGE DE LONGUE DUREE CATEGORIE 1
mensuelle annuelle
ALLIER CANTAL HAUTE- PUY-DE- AUVERGNE FRANCE
Fin Octobre 2008 LOIRE DOME
DEFM 1 Total (données brutes) 10 743 3 175 5 478 19 638 39 034 2 062 961
Evolution mensuelle (%)
- en données brutes + 5,5 + 5,7 + 3,3 + 4,8 + 4,9 + 3,5
- en données cvs + 4,0 + 4,1 + 3,5 + 3,1 + 3,4 + 2,4
Flux des 3 derniers mois Evolution sur un an en %
Demandes enregistrées + 6,9 - 3,1 + 7,9 + 1,7 + 3,4 + 3,2
Demandes sorties - 7,9 - 14,2 - 10,9 - 8,2 - 9,2 - 5,6
Offres enregistrées (A+B+C) - 8,2 + 1,9 - 0,9 - 5,9 - 5,1 - 4,4
- dont Type A - 4,1 + 6,8 + 9,3 - 7,8 - 3,1 - 7,9
Evolution en % Données brutes
Ensemble des defm + 5,5 +10,4 + 5,7 + 8,5 + 3,3 +13,2 + 4,8 + 8,5 + 4,9 + 9,6 + 3,5 + 4,5 Hommes + 6,3 +13,8 +10,9 +11,1 + 5,9 +13,8 + 5,5 +12,1 + 6,2 +12,7 + 5,1 + 6,9 Femmes + 4,8 + 7,2 + 1,6 + 6,2 + 0,7 +12,5 + 4,2 + 5,2 + 6,2 +12,7 + 1,8 + 2,1 Moins de 25 ans +11,5 +11,4 + 2,3 + 7,1 + 2,5 +13,5 + 9,3 +11,8 + 8,2 +11,5 + 8,0 + 8,2 25-49 ans + 4,6 + 9,9 + 6,7 + 6,0 + 3,7 +13,3 + 3,9 + 7,7 + 4,3 + 8,9 + 2,8 + 3,4 50 ans et plus + 0,8 +10,8 + 7,4 +23,0 + 2,7 +11,8 + 2,0 + 6,8 + 2,2 +10,1 + 0,7 + 4,1
Taux de chômage localisés (*) 7,3 4,8 6,2 6,8 6,6 7,2
mensuelle annuelle mensuelle annuelle mensuelle annuelle mensuelle annuelle mensuelle annuelle
(*) Source INSEE - DARES - au 2èmetrimestre 2008
Source ANPE - DARES
Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée a augmenté de 8,3 % (+ 4,7 % pour les chômeurs de plus de deux ans d’ancienneté).
Les femmes représentent encore 54 % des chômeurs de longue durée.
Ce taux a progressé de 4,2 % par rapport à 2007.
3 - Une précarité plus forte16 1èrecaractéristique
Le taux d’embauche sous forme de Contrat à Durée Indéterminée (CDI) est dans notre région globalement inférieur au taux français (21,4 % contre 27,9 % selon l’INSEE), ce qui signifie le recours massif aux Contrats à Durée Déterminée (CDD) dont l’évaluation n’est pas facile à faire et encore moins celle du taux de féminisation.
2ème caractéristique : L’intérim
Sur l’ensemble de l’année 2007, en termes d’Équivalents Temps Pleins par trimestre (ETT), (cf. tableau ci-dessous), les femmes représentent environ 40 % des intérimaires en Auvergne. Ce chiffre est le reflet de leur présence parmi les entreprises qui recourent le plus à l’intérim.
D’une manière générale, la part des femmes parmi les intérimaires suit la tendance observée à l’échelle de l’ensemble du secteur intérimaire. Les premiers résultats de l’année 2008 confirment une baisse importante de l’intérim.
ETT se situant dans la région Auvergne
Equivalent temps plein par trimestre et sur l'année 2007
16- Éléments fournis par la Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle le 26 janvier 2009 à la suite de nos questions.
4 - Les salaires selon le sexe17
a) Au niveau national
Dans le secteur privé ou semi-public, le salaire net (cf. glossaire) annuel moyen d’une femme travaillant à temps complet s’élève, en 2006, à 20 200 euros, soit 18,9 % de moins que celui d’un homme.
Entre 2001 et 2006, le salaire moyen des femmes travaillant dans le privé a progressé, en moyenne annuelle et en euros constants, plus rapidement que celui des hommes (+ 0,5 % contre + 0,3 %), entraînant une très légère réduction de l’écart salarial.
Femmes Hommes Ensemble
Rapport des salaires
F/H Effectifs2 Salaires Effectifs2 Salaires Effectifs2 Salaires
(%) (€) (%) (€) (%) (€)
Privé
Cadres1 12,7 37 917 18,3 49 304 16,4 46 221 76,9
Prof. intermédiaires 28,1 21 787 22,6 24 782 24,5 23 582 87,9
Employés et ouvriers 59,2 15 650 59,1 17 386 59,1 16 780 90,0
Ensemble 100,0 20 201 100,0 24 902 100,0 23 261 81,1
FPE
Cadres 61,1 27 581 54,9 33 839 58,5 30 038 81,5
Prof. intermédiaires 17,5 21 943 26,8 23 927 21,4 22 982 91,7
Employés et ouvriers 21,4 18 143 18,3 18 756 20,1 18 377 96,7
Ensemble 100,0 24 574 100,0 28 417 100,0 26 182 86,5
FPT
Cadres 7,4 31 883 10,1 38 142 8,7 35 329 83,6
Prof. intermédiaires 19,4 22 154 14,8 23 177 17,2 22 574 95,6
Employés et ouvriers 73,2 16 622 75,1 18 724 74,1 17 635 88,8
Ensemble 100,0 18 829 100,0 21 345 100,0 20 028 88,2
1. Structure des effectifs et salaires nets annuels moyens en 2006
1. Y compris les chefs d’entreprise salariés.
2. Effectifs évalués en année-travail.
Champ : salariés à temps complet du secteur privé et semi public France entière - Ensemble des agents des services civils de l ’État, France métropolitaine.
Sources : Insee, DADS 2006 (exploitation au 1/12 pour le secteur privé et exhaustive pour la FPT) - fichiers de paie des agents de l’État en 2006 (semi-définitif).
{ { {
17-Source : Fiches thématiques de l’INSEE, « les salaires en France »– édition 2008.
Salaires nets annuels moyens en euros selon le sexe et l’âge en 2006
Écart salarial entre les hommes et les femmes :
b) En Auvergne
Revenus salariaux annuels moyens nets de prélèvements par sexe et catégorie socioprofessionnelle
A compter de 2002, les indemnités de chômage sont intégrées dans les revenus salariaux.
Par soucis de cohérence et d’alignement avec d’autres données, la colonne « apprentis, stagiaires et emplois aidés » a été supprimée.
Source : INSEE - Déclarations annuelles de données sociales (DADS)
On constate un écart important entre les salaires féminins et masculins pour toutes les catégories socioprofessionnelles. Il demeure élevé par rapport à la France entière.
On peut remarquer une moindre différence pour les femmes concernant la moyenne des provinces, ce qui signifie des disparités régionales importantes.
Concernant le salaire de la Fonction Publique, si l’égalité fait partie du statut, l’accès aux postes de décision reste limité. Les inégalités de salaires administrative et technique, dans toutes les filières, ainsi que les critères d’attribution de primes, montrent des différences importantes entre femmes et hommes, tenant en réalité à l’occupation de postes différents. De plus, les évolutions actuelles dans le domaine de la Fonction Publique, avec l’extension du salaire au résultat, risquent de jouer à l’encontre de l’égalité.
E - Les femmes dans les différents secteurs d’activité
De 1982 à 2005, le nombre d’emplois s’est fortement accru en France. On en dénombrait ainsi 24,9 millions en 2005 contre 21,6 millions en 1982. Au sein de ces emplois, le poids relatif des différents secteurs d’activité s’est profondément modifié : l’agriculture et l’industrie ont fortement reculé au profit des services.
1 - Le secteur de l’agriculture
a) Données nationales
Entre 1982 et 2005, l’agriculture a perdu la moitié de ses effectifs du fait de la concentration croissante des exploitations et de la poursuite des gains de productivité.
En 2005, la population active agricole féminine se répartit en trois catégories : les femmes chefs d’exploitation, les conjointes actives dans l’exploitation et les femmes salariées de la production agricole.
Tableau récapitulatif des femmes dans l’agriculture en France - 2005
Bien que minoritaires dans l’agriculture, les femmes assurent une part importante de l’emploi. Présentes en tant que chef d’exploitation, salariée ou conjointe dans tous les systèmes de production, elles contribuent au dynamisme du milieu rural et au maintien du tissu social environnant leur famille et leur exploitation.
Le nombre de conjointes non salariées travaillant dans l’exploitation diminue.
Les femmes chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole
Il s’agit de toutes les femmes chefs d’exploitation ou d’entreprise (personnes physiques, membres de GAEC ou de sociétés) en activité qui cotisent à l’une ou à l’ensemble des quatre branches de sécurité sociale.
Les femmes représentent un quart des chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole en 2005. Cette proportion demeure stable depuis 1999.
Leur âge moyen est de 50 ans contre 46 ans pour les hommes. 39 % d’entre elles ont 55 ans et plus, contre 22 % pour les hommes. Leur activité principale est l’élevage de bovins-lait.
Trois quarts des femmes chefs d’exploitation sont mariées ou vivent en concubinage.
Elles exploitent une superficie agricole utile (SAU) moyenne de 36 ha.
Cette superficie est plus faible que celle exploitée par des chefs d’exploitation masculins (46 ha). En terme d’installation, la proportion de chefs d’exploitation de sexe féminin est de 47 %. Les femmes s’installent plus tardivement que les hommes.
33 % des femmes de moins de 40 ans s’installent contre 82 % d’hommes.
Elles s’installent sur une SAU moyenne de 27 ha, surface qui a diminué depuis 1999 (30 ha).
Les conjointes d’exploitant
La population des conjointes d’exploitation comporte des femmes actives et des femmes non actives.
Jusqu’au 1erjanvier 2006, parmi les femmes actives, on distinguait,
• d’une part, les conjointes collaboratrices dotées d’un statut égal à celui du mari, avec le même niveau de droits et de cotisation à la MSA
• et d’autre part, les conjointes participant aux travaux, versant une faible cotisation à la MSA avec la validation des trimestres pour la retraite comme seul droit.
Depuis le 1er janvier 2006, la catégorie des conjointes participant aux travaux est supprimée. Celles qui faisaient partie de cette catégorie peuvent le rester si elles le souhaitent.
La plupart du temps, la femme dans l’exploitation a essentiellement pour rôle la tenue de la comptabilité, la gestion administrative et parfois s’occupe des dossiers de primes d’aides. Elle assure également la diversification des activités.
Les femmes salariées de la production agricole
Il s’agit des femmes salariées employées dans des entreprises suivantes : cultures spécialisées, champignonnières, élevage spécialisé de gros ou de petits animaux, conchyliculture, marais salants, culture et élevage non spécialisés, viticulture, sylviculture, exploitations de bois, entreprises de travaux agricoles, gardes-chasses et gardes-pêche, organisme de remplacement et de travail temporaire.
Nationalement, leur nombre (431 000) augmente à un rythme faible (+ 1 % en moyenne par année depuis 1999). Elles occupent principalement des emplois dans la viticulture (40 %) et les cultures spécialisées (34 %), pour la plupart en CDD.
Le salaire horaire moyen des femmes salariées de la production est de 9 euros en contrat CDD et 11 euros en contrat CDI.
b) Données pour l’Auvergne
La population active agricole est composée de 65 134 actifs agricoles.
Parmi eux,
• 8 240 femmes, soit 39 %, de la totalité sont des salariés agricoles ;
• 5 040 femmes, soit 32 % sont des salariés agricoles hors OPA (Organisations professionnelles agricoles) ;
• 3 200 femmes salariées, soit 40 % sont employées par des OPA ;
• 6 838 femmes, soit 22 % sont non salariés agricoles.
c) Les femmes et l’exploitation en Auvergne18
Dans notre région, le modèle dominant de nos jours est majoritairement celui des hommes qui s’installent dans l’agriculture avec une conjointe qui ne travaille pas sur l’exploitation. Ces femmes amènent donc un « salaire hors agricole ».
Sur les vingt dernières années, on note cependant une progression de femmes s’installant en exploitation, même si le métier d’agriculteur demeure à dominante masculine.
Chaque année, on note toutefois une diminution du nombre de femmes Chefs d’Exploitation (CE). Cette baisse suit celle du nombre d’hommes chefs d’exploitation :
18- Sources : Rencontre à la D.R.A.F Auvergne le 03 septembre 2008 de Michel MAGIMEL, Directeur Régional de l’Agriculture et de la Forêt Auvergne et de Jean-Paul MEUNIER, Chef de Service Régional d’Informations Statistiques.
La proportion de femmes par statut est la suivante : 6 387 femmes chefs d’exploitation en 2007 en Auvergne, soit 24 % de l’ensemble de la population des chefs d’exploitation (même proportion qu'au niveau national). Parmi elles,
• 5 649 femmes, soit 88 % des chefs d’exploitation contre 90 % des hommes, le sont à titre exclusif, c’est-à-dire, qu’elles ont une activité à 100 % agricole ;
• 419 femmes, soit 35 % des chefs d’exploitation le sont à titre principal, c’est-à- dire qu’elles ont une activité en dehors de l’exploitation, à temps partiel, à titre d’exemple : aides à domicile ; transport scolaire ; cantines scolaires,…Le revenu tiré de l’exploitation est supérieur au revenu tiré d’une autre activité.
• 319 femmes, soit 20 % des chefs d’exploitation le sont à titre secondaire, c’est- à-dire, qu’elles exercent une activité hors de l’exploitation supérieure à l’activité agricole. Exemple : employés, ouvriers…Elles sont couvertes par un autre régime que la MSA.
Proportion de femmes CE par statut
- L'activité dominante des CE féminin à titre exclusif en Haute-Loire (54 %) et dans le Puy de Dôme (30 %) est l'élevage bovins lait.
- Au contraire, l'activité dominante dans l'Allier (44 %) et le Cantal (37 %) est l'élevage bovins viande.
- Les autres activités sont essentiellement les cultures spécialisées et les élevages ovins / caprins.
Proportion de femmes CE à titre exclusif par nature d’activité
La proportion de femmes dans l’exploitation ovine est sans doute un peu plus élevée que dans d’autres activités.
Par sexe et par tranche d’âge, la répartition des chefs d’exploitation est la suivante :
En 2007, en Auvergne, 52 % des femmes Chefs d’Exploitation ont plus de 50 ans contre 38 % chez les hommes.
• Le nombre et la proportion de femmes chefs d'exploitations en Auvergne augmente au fur et à mesure de l'âge : seulement 12 % des 18-29 ans sont des CE de sexe féminin, alors qu'on en a 23 % chez les 45-49 ans et enfin 46 % chez les plus de 60 ans.
• En 2007, sur 716 nouveaux installés, 47 % étaient des femmes.
Ce qui caractérise les installations dans notre région, c’est la faiblesse du nombre de femmes jeunes diplômées et la prépondérance du nombre de femmes de plus de 50 ans qui reprennent l’installation de leur mari. Le poids des transferts entre époux est significatif dans notre région :
En 2007, on compte 1 083 exploitants de sexe féminin qui ont repris l'exploitation de leur époux, (en 2006 : 1 009 ; en 2005 : 1 137 et en 2004 : 1 201).
Les transferts entre époux concernent essentiellement les installations des femmes de plus de 55 ans : 70 % des transferts ont lieu après 55 ans, l’enjeu étant le maintien de l’exploitation.
Une tendance est observée : actuellement, les hommes s’installent de moins en moins individuellement.
Comparaison des installations aidées d'agriculteurs et d'agricultrices en Auvergne(en nombre de dossiers)19
19- Cf. annexe : Données concernant la place des femmes en Auvergne dans l’agriculture en 2005 ; Ensemble des exploitations agricoles : Répartition hommes-femmes des chefs d'exploitation et co-exploitants selon l'âge.
d) Les femmes conjointes dans l’exploitation
Elles sont de 29 à 38 % contre 28 % moyenne nationale.
La superficie totale des exploitations où la femme conjointe est active dans l’exploitation est de 4 millions ha, soit 17 % de la superficie totale.
La superficie moyenne des exploitations où exerce une conjointe collaboratrice est de 62 ha contre 46 ha pour les exploitations où exerce une conjointe participant aux travaux.
e) La formation des femmes dans l’agriculture depuis les années 195020 La formation des femmes dans l’agriculture a beaucoup évolué.
Historiquement, la mission de l’enseignement agricole dans les années 1950 était de former des agriculteurs et faire de leurs conjointes des femmes « ménagères ».
Dans ces dernières, on leur apprenait notamment à être de bonnes épouses, à gérer un foyer, à tenir les comptes du ménage.
Dans les années post-68, la mixité s’est développée dans les formations professionnelles et bien que ces écoles soient ouvertes aux hommes, peu d’hommes y sont venus…
Dans les années 1980, ces dernières se sont transformées en « filière services » : ce sont des formations très voisines de celles du Ministère de la Santé. Elles forment essentiellement les jeunes filles pour les services à la personne en milieu rural.
De nos jours, certaines d’entre elles sont des Maisons Familiales et Rurales, d’autres sont rattachées à l’enseignement agricole privé catholique.
Il y a onze Maisons Familiales et Rurales pour la région Auvergne qui ont pour objet l’insertion sociale et professionnelle ainsi que la promotion sociale dans différents secteurs d’activité de l’agriculture dans toutes leurs diversités : productions animales, élevage et valorisation du cheval, agroéquipements, travaux paysagers, BTS agricole et commerciaux etc., en plus des emplois liés aux services à la personne. En Auvergne, 200 à 220 jeunes diplômés sortent chaque année des Maisons Familiales et Rurales, dont la moitié de jeunes filles. Les enquêtes menées par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche à « sortie-6 mois et 3 ans » montrent des taux d’insertion remarquables souvent supérieurs à 92 %, concernant des jeunes qui proviennent pour moitié à 2/3 du milieu rural. Les Maisons Familiales et Rurales dispensent des diplômes de niveaux IV qui permettent l’accessibilité à l’installation des agriculteurs dans le cadre des aides de l’Etat. Ces formations dépendent du Ministère de l’Agriculture.
Cela est d’autant plus important pour les femmes, notamment pour les conjointes, qui n’ont pas forcément une formation initiale agricole et ainsi leur permette de s’installer auprès de leur époux dans une formule sociétaire et d’avoir une reconnaissance de statut.
Cet enseignement permet également à des candidats issus d’autres milieux professionnels dans le cadre de cette formation professionnelle de réussir leur reconversion vers l’agriculture, leur intégration dans le milieu rural.
20 - Entretien de Michel MAGIMEL, Directeur Régional de l’Agriculture et de la Forêt Auvergne avec la participation de Monsieur Jean-Paul MEUNIER, Chef de Service Régional d’Informations Statistiques – DRAF Auvergne.
Que ce soit en formation Bac Pro CGEA21 ou pour le CCTAR22, entre 30 et 40 % des candidats sont aujourd’hui des filles ou jeunes femmes… alors que ce taux était à moins de 10 % il y a 15 ans. L’accueil de ces candidates en stage est devenu courante, alors qu’auparavant souvent celui-ci leur était refusé. Ceci est bien le signe d’une évolution positive et significative.
Les Maisons Familiales et Rurales d’Auvergne sont également des acteurs de la formation continue pour adultes : six Maisons Familiales et Rurales sur onze ont une activité significative dans ce domaine avec environ 70 000 hectares assurés dans les domaines agricoles ou des services : CCTAR à Gelles, DEAVS23 et BP JEPS24 à St- Flour, BEPA SAP25à Vernines et Ste-Florine ainsi que trois BTS menés en contrat de professionnalisation à Marcolès et Escurolles.
On retrouve dans les formations adultes « services » (DEAVS et BEPA SAP), une proportion non négligeable de conjointes d’exploitants agricoles qui recherchent un complément de revenus en se qualifiant pour pouvoir travailler à domicile.
Du fait que les jeunes et adultes soient confrontés dès leurs premières expériences la moitié de leur temps aux réalités quotidiennes des entreprises ou structures de stage, les problématiques d’insertion ou de discrimination hommes-femmes sont peut-être moins sensibles en raison de leur pédagogie par alternance.
Grâce à l’action des Communautés de Communes ou parfois de maisons de retraite, elles assurent un véritable débouché, procurant des emplois stables à temps plein.
En ce qui concerne les formations agricoles plus techniques, celles-ci sont suivies majoritairement par des hommes. Le nombre de femmes techniciennes et ingénieurs augmente néanmoins.
Comme dans d’autres secteurs d’activités, on constate une féminisation croissante dans les niveaux les plus élevés. Ainsi, les filières BTS sont plus féminisées que les BEP, de même, les écoles d’ingénieurs comprennent environ trois quart de filles pour un quart de garçons.
L’enseignement agricole forme aux métiers de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, de l’environnement et des services à la personne.
L’animalerie « chien-chat » est occupée par deux tiers de filles. La filière élevage bovin est très masculine.
Dans les métiers de l’agro-alimentaire, il est très difficile de recruter, du fait de la pénibilité des conditions de travail dans des emplois pas totalement automatisés et mal payés.
Les métiers de l’environnement sont beaucoup plus féminisés, ainsi que les nouveaux métiers ruraux (tourisme vert, aménagement et paysager).
Toutefois, l'enseignement strictement agricole reste « la priorité » à cause des départs à la retraite, deux fois plus élevés que le nombre des installations chez les agriculteurs.
21- CGEA : Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole.
22- CCTAR : Certificat de Capacités Techniques Agricoles et Rurales titre homologué de niveau IV de l’Union Nationale des MFREO qui donne la capacité professionnelle agricole pour l’installation.
23- DEAVS : Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Vie Sociale (aide à domicile).
24- BPJEPS : Brevet Professionnel de la Jeunesse de l’Education Populaire et des Sports.
25- SAP : Services Aux personnes.
L'enseignement a dû s'adapter, puisque 30 % des élèves qui ont déjà une expérience professionnelle ne sont pas issus de l'agriculture. C’est tout aussi vrai pour les femmes. Le bac professionnel et le brevet professionnel ont ainsi été réaménagés et un nouveau dispositif a été créé pour permettre une formation à la carte en fonction des projets professionnels.
L’Auvergne se caractérise aussi par une forte installation de jeunes agriculteurs, à l’exception de l’Allier. La politique d’encouragement dans ce domaine a produit des effets positifs, mais il faut veiller à ne pas maintenir des exploitations trop petites, d’autant que les revenus issus de l’agriculture en Auvergne sont parmi les plus faibles de France et sont inférieurs d’environ 30 % à la moyenne nationale.
f) Les femmes et les retraites en Auvergne
On constate une baisse du nombre de retraités Non Salariés Agricoles (- 4,4 % pour les femmes Non Salariés Agricoles (NSA) entre 2003 et 2006) et une légère hausse au fil des années des Salariés Agricoles.
On compte 152 651 retraités agricoles en 2006, dont 53 % de femmes.
Ce qui caractérise la région Auvergne est la faiblesse du montant des retraites pour les femmes de l’ordre de 400 à 600 a en moyenne : carrières incomplètes, faiblesse des pensions de réversion, telles en sont les raisons.