HAL Id: jpa-00245206
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Nature cristallo-physico-chimique de l’interface entre un semiconducteur et son oxyde propre. I. - Etudes expérimentales des semiconducteurs des groupes A4 et
A3 B5
O.V. Romanov
To cite this version:
O.V. Romanov. Nature cristallo-physico-chimique de l’interface entre un semiconducteur et son oxyde propre. I. - Etudes expérimentales des semiconducteurs des groupes A4 et A3 B5. Re- vue de Physique Appliquée, Société française de physique / EDP, 1984, 19 (5), pp.379-388.
�10.1051/rphysap:01984001905037900�. �jpa-00245206�
379
Nature cristallo-physico-chimique de l’interface entre
unsemiconducteur et
sonoxyde propre.
I.
2014Etudes expérimentales des semiconducteurs des groupes A4 et A3 B5 (*)
O. V. Romanov
Laboratoire
d’Electronique
des Corps Solides, Institut dePhysique,
Université d’Etat deLeningrad,
199 164
Leningrad,
URSS(Reçu le 3 juin 1983, révisé le 21 octobre, accepté le 27 octobre 1983 )
Résumé. 2014 On
présente
les résultats d’étudessystématiques
despropriétés électrophysiques
etphysicochimiques
de l’interface
oxyde
propreanodique
ultramince (0 à 50Å)-semiconducteur
(OPS), obtenus en étudiant les effetsde champ
électrique (C,
0394C, 03C3~,039403C3~,j, 0394j ~ f(03A6, t))
dans différentsélectrolytes
aqueux pour un ensemble de semi- conducteurs bien choisis des groupesA4(Si,
Ge) etA3B5(InP, InAs, InSb;
GaN, GaP, GaAs, GaSb). On a utilisé lessurfaces (100) et (111) pour le groupe A4 et les surfaces (111) et (111) pour le groupe A3B5. Les résultats des expé- riences
indiquent
la formation d’une coucheélectrique spécifique
à lapremière étape
de formation de l’interfaceOPS, dont la
grandeur algébrique dépend
despropriétés cristallographiques, physiques
et chimiques de la surfaceétudiée. Dans des conditions
identiques,
sur lesystème électrolyte-oxyde propre-semiconducteur,
on a réussi àmettre en évidence les
règles
de variation de la double coucheélectrique
à l’interface OPS pour les semiconducteurs des groupesA4,
InB5 et GaB5 pour diverses surfacescristallographiques
et en étudiant aussil’adsorption
demétaux lourds (Cu, Ag, Au, Fe, Co, Ni, Pt, etc.).
Quelques-unes
de ces règles s’observent aussisystématiquement
pour l’interface
oxyde
proprethermique-silicium,
cequi
souligne la nature générale de l’interface OPS formée paroxydation
du semiconducteur. Dans cettepremière partie
nous présentons l’ensemble desprincipaux
résultatsexpérimentaux
(dont certains sontinédits),
relatifs à l’interface OPS pour les semiconducteurs des groupes A4et
A3B5,
dontl’interprétation générale
sera donnée dans la deuxièmepartie.
Abstract. 2014 The processes of the electrochemical oxidation for different semiconductors are
investigated
in the details,owing
to a newexperimental approach
of theproblems
of thedepth
of localization, theorigin
of a built-in electric
charge
in an oxide formed from a semiconductor at an insulator-semiconductor interface, and theorigin
of surface states at the same interface. Field effect
experiments (C,
0394C,03C3~, 039403C3~, j,
0394j ~f(03A6, t ))
were carried outwith semiconductors selected from groups
A4(Si,
Ge with surfaces (100) and(111))
andA3B5(InP,
InAs, InSb;GaN, GaP, GaPs, GaSb) with surfaces
(111)-A3
and(111)-B5
in several aqueous electrolytes, pure or contaminatedby
different metals (Cu, Ag, Au, Pt, Pd, Fe, Co, Ni, etc...). The results allow to establish the main rulesgoverning
the
systematic
variations of a doubleelectrical layer
at the interface withregard
to structural,physical
and chemicalproperties
of the semiconductor and its own oxide.Revue
Phys. Appl.
19(1984)
379-388 MAI 1984,Classification Physics Abstracts
73.20 - 73.30 - 73.40M - 81.60
1. Introduction.
Il est
impossible
de sous-estimerl’importance
del’interface isolant-semiconducteur dans les recherches fondamentales sur les
semiconducteurs,
aussi bienque dans les
applications techniques
dessystèmes
(*)
Cet article a été rédigé alors que l’auteur était en visite au Laboratoire dePhysique
des Composants à Semi-conducteurs (ERA CNRS No 659) de l’ENSERG, Institut National
Polytechnique
de Grenoble.métal-isolant-semiconducteur
(MIS)
en microélec-tronique
moderne[1, 2].
On adéjà
utilisé etproposé
diverses méthodes
expérimentales
et considérationsthéoriques
pour les études dessystèmes
isolant-semiconducteur et MIS
[1, 4].
On doitcependant
constater l’absence d’une
conception
ou d’un modèleglobal
de l’interface isolant-semiconducteur utilisablenon seulement pour
expliquer
les résultatsexpéri-
mentaux, mais aussi pour
prévoir
les conditions depréparation
d’interfaces de meilleurequalité
dupoint
de vue de leurs
propriétés électrophysiques.
Il nousArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:01984001905037900
semble que la cause
principale
de cette situation estla concentration des recherches
technologiques
etmême fondamentales sur le Si
(matériau privilégié
dela
microélectronique moderne),
alorsqu’il
seraitpréférable
d’effectuer des études dans des condi- tionsidentiques,
en utilisant une mêmeméthode,
pour différents semiconducteurs convenablement choi- sis.
Nous
présentons
etanalysons
des résultatsexpéri-
mentaux
originaux
relatifs auxpropriétés
électro-physiques
etphysico-chimiques
de l’interface entre unsemiconducteur et son
oxyde
propreanodique
obte-nus dans des conditions
identiques
avec des maté-riaux des groupes
A4(Si, Ge)
etA3B5(InP, InAs,
InSb; GaN, GaP, GaAs, GaSb), qui correspondent
à des
configurations analogues
dans le tableau de Mendeleev et dont lespropriétés cristallo-physico- chimiques
varientrégulièrement
danschaque
groupe.Il est
important
desouligner
que lesystème oxyde propre-semiconducteur (OPS)
est leplus important
des interfaces isolant-semiconducteurs car il est sou- vent utilisé dans la
préparation
des circuitsintégrés,
et
qu’il
esttoujours
réalisé sur la surface des diverssemiconducteurs
après
leurs traitementsphysico- chimiques.
Le butprincipal
de notre travail est deprésenter
unepremière approche
d’uneconception générale
de l’interface OPS formée lors du processusd’oxydation (électrochimique
outhermique)
de dif-férents
semiconducteurs,
sur la base des résultatsexpérimentaux systématiques
etoriginaux
relatifs àquelques
groupes de matériaux semiconducteurs.La
possibilité
d’une telleapproche
nouvelle se basesur trois remarques.
Premièrement,
il est maintenantpossible
de réaliser des recherchessystématiques
dans ce domaine en utilisant un
grand
nombre desemiconducteurs monocristallins avec différentes orientations
cristallographiques
de leurs surfaces.Deuxièmement,
onpeut
désormais utiliser uneméthode effective d’étude commune
(in situ)
pour ces différents semiconducteurs lors de la formation surleur surface des couches minces
d’oxyde
propre ano-dique,
à savoir l’effetcomplexe
dechamp électrique
en milieu
électrolytique [5, 6].
Cette méthodepermet
de mesurer simultanément et en permanence lescaractéristiques électrophysiques
etphysicochimiques
du
système électrolyte-oxyde
propreanodique-semi-
conducteur
(EOPS)
ou dessystèmes électrolyte-
semiconducteur :
tension-capacité C (4) ),
tension-photo-capacité AC(q5),
tension-conductivitélongitu-
dinale du semiconducteur
(10(4», tension-photo-
conductivité
039403C3~(~),
tension-courant à travers l’inter-face j (4)), tension-photocourant Aj (4)),
tension-effet demagnétorésistance
transversale(ou longitudinale) 0394RH/R0(~) [5-7].
Les résultatsexpérimentaux
nouspermettent
alors de discuter lesprincipaux
processusélectrophysiques (capture,
recombinaison et diffusion desporteurs
libres decharge électrique)
etphysico- chimiques (transformation
du réseau cristallin du semiconducteur enoxyde
propreanodique
ou réduc-tion de
l’oxyde
par un processusélectrochimique cathodique).
Troisièmement,
il existe maintenantbeaucoup
derésultats
d’analyses électrophysiques
etphysicochi- miques
dusystème Si-Si02 (thermique)
utilisant des méthodes modernes sous vide :spectroscopie
demasse d’ions secondaires
(SIMS), spectroscopie Auger, spectroscopie électronique, photoélectronique
et derayons X pour
l’analyse chimique (ESCA),
etc.[3, 4, 8].
Lors de nos recherches nous avons utilisé les semi- conducteurs suivants :
n-Si, p-Si,
n-Ge etp-Ge
dedifférentes
résistivités,
et deux orientations de leursurface,
selon lesplans (111)
et(100) :
n-InP(ND
=4,6
x1016 cm- 3) ;
n-InAs(ND
= 2 x1016 cm - 3 ) ; p-InSb (NA
= 2 x10’ 2 cm-3);n-InSb(No=
1 x
1 U 14 cm - 3) ;
n-GaN(ND - 1011 cm - 3) ;
n-GaP(ND = 1017 cm-3);
n-GaAs(ND
=1017 CM-3 )
etn-GaSb
(ND ~ 1019 cm-3),
dont les surfaces étu- diées étaient orientées selon lesplans (111)-A3
et(111)B5 (1).
On a utilisé des
électrolytes
aqueux0,1
NH2S04;
0,1
NNa2 S04 ; 0,1
N NaOH engénéral,
et enplus HF, HBF4, NH40H,
etc. dans certains casparticu-
liers. Le
potentiel électrochimique
de l’électrode semiconductrice est mesuré habituellement par rap-port
à une électrode de référence de chlorured’argent,
sauf pour des solutions
HF,
où il a été mesuré parrapport
auplatine.
2. Résultats sur les semiconducteurs élémentaires
A4(Si, Ge).
Le silicium et le
germanium représentent
deuxexemples
différents etimportants
ducompôrtement
des semiconducteurs dans le
système
EOPS(Figs.
1à
8).
Il est
possible
d’obtenir dans une solution de HFune surface de Si totalement libre
d’oxyde
propre.Dans ces
conditions,
lescaractéristiques C(~)
etj(~) (Figs.
1 et2)
sont réversibles et sanshystérésis,
ce
qui
montre la stabilité de la structurechimique
dela
surface, correspondant plus probablement
à desliaisons Si-F. Les
dépendances expérimentales C(~)
et
03C3~(~) (Figs. 1
et3)
coïncident bien avec lesdépen-
dances
théoriques Csc(Vs) et Qa(VS),
trouvées par résolution del’équation
de Poisson dans des condi- tions de désertion ennégligeant
totalement les por- teurs minoritaires par suite dunon-équilibre
thermo-dynamique.
Cerésultat,
de même que la bonne cor-respondance
despotentiels
de surface(Vs)
déterminésd’après
lesdépendances expérimentales C(~)
et03C3~(~)
dans une échelle assez vaste de variation du
potentiel électrochimique (0)
du Si(Fig. 3) prouvent
que dansces conditions la tension
appliquée
est totalement(1 )
La surface de GaN est orientée selon le plan (2101).381
Fig. 1. - Dépendances C(~) pour le système « surface (111)
de Si/HF » : 1 : n-Si (0,2 Q-cm) ; 2 : n-Si (1); 3 : n-Si (5) ;
4 : n-Si (10) ; 5 : n-Si (45) ; 6 : n-Si (200) ; 7 :
p-Si
(40) ; 8 : p-Si (20); 9 :p-Si
(10); 10 :p-Si (2);
11 :p-Si
(0,2) : 12 : p-Si (0,02); 2’, 4’, 6’, 7’, 9’, 11’ :dépendances théoriques correspondantes.
[C(o) dependence
for the « (111) Si surface/HF » system ; 2’, 4’, 6’, 7’, 9’,11’ :corresponding
theoreticaldependences.]
localisée sur la zone de
charge d’espace
à la surface du Si[6, 7]
Alors les fonctions
C (l/J), 03C3~(~) et j(§) (Fig.
1 à3)
nous montrent que le
système Si/HF
est en fait unejonction
deSchottky
en milieuliquide,
pourlaquelle
la
dépendance C - 2 oc 0
est bien vérifiée pour les échantillons de silicium dedopages
différents dans la gamme1013 ND, NA 1019 cm-3 (Fig. 4).
Lesens direct de cette
jonction correspond
à unepola-
risation
cathodique
pour du n-Si et à unepolarisa-
tion
anodique
pour dup-Si,
et on a alors une couched’accumulation sur la surface du Si pour
chaque type
de conductivité(jdir
>10-3
A.cm-2).
Le sens inversecorrespond
à unepolarisation
inverse pour les deuxtypes
desilicium,
et on obtient à la surface du Si unecouche de désertion en
déséquilibre thermodynamique (Anv
1 x10-6 A.cm-2).
En ce cas l’intensité du fluxélectrique ( j )
est déterminée par letransport
deporteurs
minoritaires decharge électrique
et nousavons observé un
photocourant,
dont la valeur étaitproportionnelle
à l’intensité d’éclairement(Fig. 2).
L’absence
d’oxyde
propre sur la surface du Si dansce cas
peut
être confirmée par les mesures de la capa- cité dusystème [9] :
Fig. 2. - Dépendances
j( c/J)
pour le système « surface (111)de Si/HF ». Les notations sont les mêmes que sur la figure 1.
Le photocourant est indiqué en
pointillés.
[j(o) dependence
for the « (111) Si surface/HF » system;same notations as in
figure
1. The photocurrent isgiven by
the dotted
curve.]
Fig.
3. -Correspondance
des variations dupotentiel
desurface
(Vs)
et dupotentiel
électrochimique(~)
déduitesdes mesures de
capacité
(0) et de conductivité ( x ) sur l’élec-trode n-Si (200 Q cm), surface (111), dans HF.
[Correspondence
between surfacepotential (Vs)
and elec-trochemical
potential
(~) deduced fromcapacitance (o)
or
conductivity
( x ) measurements on n-Si (200 Q cm), (111) surface, inHF.]
Fig.
4. - Variation de lacapacité
du système Si/HF mesurée pour unpotentiel
de surface Vs = 1,6 V avec diversdopages
de type n
( x )
ou p (2022). Ladépendance
théorique deSchottky (NA,D = 2|Vs|C2sc 03B5003B5scq)
estprésentée
enpointillés.
[Si/HF
systemcapacitance (measured
for a surfacepotential
Vs = 1.6 V) as a function of n ( ) or p(8 )-type dopings.
The dotted line
gives
the theoreticalSchottky dependence : NA,o
= 2 1 Vs|C2sc/03B50
03B5scq.]
avec
d.. : l’épaisseur d’oxyde
proprepossible;
Eo :permittivité
duvide;
03B5ox : constantediélectrique
duSi02 ;
max C :grandeur
maximale mesurée de la capa- cité dusystème électrolyte-semiconducteur.
Enplus,
pour ce
qui
concerne laquantité
d’électricité passant à travers la frontièren-Si/HF
enpolarisation anodique (où l’oxydation
du Sipeut
êtreréalisée)
nous mesu-rons
qu’elle
nepeut
pas transformerplus
de0,05
d’une couche
monoatomique
de Si( j
1 x10-6 A.cm-2)
ensupposant
un taux de transforma- tion Si ~Si02
de 100%.
Quand
onremplace
la solution HF parNa2SO4,
ou
H2S04,
ou NaOH on observe une variationFig.
5.- Dépendances
C(~) pour lesystème
« surface (111) deSi/0,1
NNa2SO4 ».
Les notations sont les mêmes que sur la figure 1.[C(~) dependence
for a « (111) Sisurface/0.1
NNa2SO4 »
system. Same notations as in figure1.]
des
caractéristiques C(~) et j(~) (Figs.
5 à7) qui
démontre la transformation de l’interface du type Si-F en interface du
type
Si-0-Si...-Si-OH par uneoxydation anodique
bien contrôlée. Sur les caracté-ristiques C(o)
cette transformation se traduit d’abord par la saturation desdépendances C(~)
en accumu-lation au niveau de max C = 3 à 5 x
10-6 F. cm-2.
Ensuite les
dépendances C (ljJ)
fontapparaître
unehystérésis
évidente. Ces deux faits résultent de la formation d’une couche minced’oxyde,
dontl’épais-,
seur
peut
être déterminée selon la relation :L’interprétation quantitative
desdépendances j(~)
intermédiaires
(Fig. 6b)
selon[9]
révèle que la trans-Fig.
6. - Evolution des dépendancesj(~)
pour lesystème
« surface (111) de n-Si (10 Q cm)/0,1 N
Na2S04 ».
1, 2, 3 :numéros des cycles de
balayage
dupotentiel électrochimique.
[j(§)
evolution for the system : (111) surface of n-Si (10 Q cm)/0.1 NNa2SO4.
1, 2, 3 = number of the electro- chemicalpotential cycle].
383
Fig.
7. -Dépendance j(~)
stabilisée pour le système : surface (111) de n-Si (10 Q cm)/0,1 NNa2 S04.
[j(~) dependence
(after stabilization for the system : (111)surface of n-Si (10 Q cm)/0.1 N
Na2SO4.1
formation
électrochimique
dutype
Si-F ~ Si-O-Si...-Si-OH nécessite une
charge électrique Q,
=1,7
x1016 cm-2 charges
élémentaires parcm2 indépen-
damment du
type
du Si. Cettecharge 61 dépend
exclusivement de
l’amplitude
dupotentiel anodique
dans son domaine initial de variation. Dans le cas
présenté (Fig. 6, max 0
=2,4 V)
cettecharge
cor-respond
à uneépaisseur d’oxyde
propredox ~
16À
en
supposant
un taux de sortie des ionsSi4+
de 100%.
La formation de
l’oxyde
propre se termine presque totalementpendant
lepremier cycle
de variation depotentiel (cathode ~ anode, Fig. 6). Après
le deuxièmecycle
les courbesj(~)
deviennent stables et le fluxélectrique
diminue d’un ordre degrandeur (Fig. 7).
La
quantité
d’électricité déduitede j(4))
est maintenant
Q2
= 1 x1015
électronscm-2.
Elleest
dépensée
au cours de l’évolution detype :
Si-O-Si...-Si-OH => Si-O-Si... Si-H
analogue
à celle du ger- manium[7, 10, 11].
Il s’ensuitqu’on peut
faire varierune
épaisseur d’oxyde
propre très mince sur le Si(dans
la gamme 1Á
àquelques
dizainesÁ)
d’unefaçon parfaitement
contrôlable dans unsystème électrolyte-semiconducteur (ou EOPS).
Le
germanium représente
un autretype
de semi- conducteur avec une bande interdite assez étroite(Eg(Ge) ~ 0,7 eV)
dont lesparamètres électrophysi-
ques du
système électrolyte-semiconducteur [C,
60,03BCSM]
évoluentavec 0
àtempérature
ambiante(298 K)
pour une
amplitude
donnée de0,
dans des conditionsd’équilibre thermodynamique
des trous et des élec-trons avec le réseau cristallin
[5, 7, 11].
Les résultatsexpérimentaux
de lafigure
8 montrent la variationFig.
8. -Dépendances C(~), 03C3~(~), 03BCSM(~)
etj(~)
pourune électrode de n-Ge (40 03A9 cm), surface (111) dans 0,1 N
Na2SO4.
[C(~), 03C3~(~), 03BCSM(~)
andj(o) dependences
for a n-Ge(40 Q cm) electrode, (111) surface, in 0.1 N
Na2S04.]
cyclique
descaractéristiques C(4)), 03C3~(~), 03BCSM(~) (mobilité
moyennemagnétorésistive [7]) et j(4)) qui
révèlent deux structures
chimiques
de la surface dugermanium :
enpolarisation anodique :
Ge-O-Ge-...Ge-OH,
et enpolarisation cathodique :
Ge-O-Ge...- Ge-H[7, 10, 11].
Onpeut souligner
la bonnequalité électrophysique
de la surface dugermanium
dansces conditions : la densité d’états
rapides
de surfaceau
voisinage
du milieu deEg
nedépasse
pasNss
1 x1010 cm-2,
etla
vitesse de recombinationsuperficielle
s est inférieure à 20 cm.
s-1.
Le résultat le
plus important
des mesuresC(~)
sur des électrodes de Si et de Ge est donné par la
comparaison
desgrandeurs expérimentales
de lacapacité
de surface des semiconducteursC °
àl’équi-
libre
( j
=0)
dont la valeur à son tour détermineuniquement
lepotentiel
de surfaceV°
et lacharge superficielle
de la zone decharge d’espace
du semi-conducteur
Q0sc
selon la théorie de surface des semi- conducteurs[ 17,18].
Le tableau I montre que l’absenced’oxyde
propre(solution
deHF)
sur la surface du siliciumcorrespond
à une densité minimale de lacharge superficielle
de la zone decharge d’espace (Qsc ~ 0).
Mais aucontraire,
cettecharge
augmentequand
on observe(selon
les variations des caractéris-tiques C(~)
etj(4)))
la formation d’une couche minced’oxyde
propre sur le Si :Q0sc = - (0,4
à1,4)
x1012
électrons
cm-2.
Tableau I. - Paramètres
électrophysiques
de lasurface (111)
de n-Si(10
Qcm)
dansdifférents électrolytes
et àj=0.
[Electrophysical properties
of the(111)
surface of n-Si(10
Qcm)
in differentelectrolytes, for j
=0.]
Des résultats semblables ont été trouvés pour le
germanium [7, 9].
Il s’ensuit deux conclusionsimpor-
tantes.
Premièrement,
lagrandeur algébrique
de lacharge Q0sc
n’est pas liée àl’adsorption spécifique
decations
H +
etNa +
sur la surface de Si etGe, puisqu’
une variation
importante
de leurs concentrations nechange
pas visiblementQà.
En même temps, dans une solution de HF oùl’oxyde
propre n’existeplus
sur lasurface de
Si,
lacharge Q0sc
est diminuée de deux ordres degrandeur. Deuxièmement,
il résulte quel’apparition
d’une
charge négative importante
dans la zone decharge d’espace
sur la surface de Si(Tableau I)
et deGe
[7, 9]
est liée directement à la formation des pre- mières(1
à3)
couches monomoléculairesd’oxyde qui portent
lacharge électrique :
en
négligeant
l’interaction entre les ions de l’électro-lyte
etl’oxyde
proprequi présente
une bande interditeassez
large (Eg(SiO2) ~
9 à 10eV; Eg(GeO2) ~
5à 6
eV).
Les résultats de nos recherches sur le groupe
A4(Si, Ge)
montrent que lagrandeur
deQ0sc
est presqueindépendante
dutype
de conduction et de la concen-tration
d’impuretés
mais en mêmetemps qu’elle dépend
visiblement de l’orientationcristallographi-
que de la surface étudiée
(Tableau II)
etplus
encorede
l’adsorption d’impuretés métalliques (Cu, Ag, Au, Pt, Pd, Ni, Fe, ...)
sur la surface de Si et Ge[12-14],
Tableau II. - Variation de la
charge Q0sc
selon l’orien- tation de lasurface
de Si et de Ge dans une solution0,1
NNa2S04.
[Q0sc charge
variation with the surfaceorientation
of Si and Ge in a 0.1 NNa2 S04 solution.]
qui
augmentent la densité d’états de surfacerapides, profonds
et discrets. Comme l’ont montré nos études[12
à16],
tous les métaux adsorbés(ou dégagés)
sur la surface propre des différents semiconducteurs
sous forme d’atomes neutres
(Me n,
+ ne- ~Meads)
fournissent un spectre d’états de surface
qui
inter-viennent dans les processus de capture, de recombi- naison et de collision.
3. Résultats sur les semiconducteurs binaires
A3B5(InP, InAs, InSb ; GaN, GaP, GaAs, GaSb).
Pour tous les semiconducteurs
A3B5
dans des solu- tions aqueuses, de même que pour les semiconducteursA4
on observe des zones depotentiel 0
où les varia- tions deC, 60, j
restent réversibles et stables indé-pendamment
du nombre debalayage
dupotentiel.
D’après
les courbesexpérimentales C(o)
et03C3~(~),
les matériaux du groupe
A 3B5 peuvent
être divisésen deux ensembles. D’abord ceux
analogues
duGe, représentés
dans nos études parInAs, InSb,
GaSb(Figs.
9 à12) :
ilspossèdent
une bande interdite rela- tivement étroite(Eg
1eV),
et les mesures électro-physiques
sur lesystème
EOPS peuvent être effectuées dans des conditionsd’équilibre thermodynamique
entre le gaz électron-trou et le réseau cristallin sur un
domaine de variation du
potentiel électrochimique
bien déterminé.
Ensuite les
semiconducteurs, analogues
dusilicium,
comme
InP, GaN, GaP,
GaAs(Figs. 13
et14), qui
ontune bande interdite
large (Eg
1eV) :
les mesuresélectrophysiques
sur lesystème
EOPSs’y
déroulenttoujours
dans des conditions dedéséquilibre
par désertion desporteurs
minoritaires decharge
élec-trique.
Onpeut
éviter cette désertion et atteindre l’inversion pour ces matériaux en les éclairant forte- ment par une lumièresusceptible
d’être absorbée(Fig. 13).
La variation des courbes
C(~) (Figs. 9, 10)
enfonction du
pH
des solutions nous montrequ’il
existe385
Fig. 9. - Dépendances
C(~)
pour une électrode dep-InSb
(2 x 1012cm-3);
orientation de la surface : plan(211)-A3 :
l’, 2’, 3’ et plan
(211)-B5 :
1, 2, 3; dans 0,1 N NaOH, pH = 11 : 1, l’ ; dans 0,1 NNa2SO4,
pH = 5,5 : 2, 2’ et dans 0, 1 NH2S04,
pH = 1,5 : 3, 3’.[C(lf» dependence
for ap-InSb
(2 x 1012cm-3)
electrode ; surface orientation :A3 (211)
plane : l’, 2’, 3’and B5 (211) plane : 1, 2, 3 ; in 0.1 N NaOH, pH = 11 ; 1, l’ ; 0.1 NNa2SO4,
pH = 5.5: 2, 2’; 0,1 NH2S04,
pH = 1.5 : 3,3’.]
une chute de
potentiel
dans la couche deHelmholtz,
créée par la dissociation des
complexes superficiels
dutype Sisurf-OH ~
Si-0 - +H+.
Dans des conditions idéales déterminées parl’équation
de Nernst ce pro-cessus donne :
0394~ 0394pH
= 60mV/pH
à 300 K. NousFig. 10.
- Dépendance C(~) pour une électrode de n-InAs (2 x 1016
cm-3);
orientation de la surface :plan (111)-A3 :
1, 2, 3 et plan(111)-B5 :
l’, 2’, 3’; dans 0,1 N NaOH, pH
= 11 : 1, l’ ; dans 0,1N Na2S04, pH
= 5,5 : 2, 2’ et dans 0,1 NH2SO4,
pH = 1,5 : 3, 3’.[C(o) dependence
for a n-InAs (2 x 1016cm-3)
electrode;surface orientation : A3 (111)
plane :
1, 2, 3 and B5 (111)plane :
l’, 2’, 3’ ; in 0.1 N NaOH, pH = 11 : 1, l’ ;0.1 N
Na2SO4,
pH = 5.5 : 2, 2’; 0.1 NH2SO4,
pH = 1, 5 :3, 3’.]
avons obtenu pour le sous-groupe « In » des
composés A3 B5 :0394~ 0394pH (InSB) =
65mV/pH, 0394~ 0394pH (InAs) =
60
mV/pH, ApH (InP) =
35mV/pH,
cequi
montreque le
phénomène dépend
de la naturechimique
dusemiconducteur.
En comparant les résultats des calculs
(résolution
de
l’équation
dePoisson)
et les valeursexpérimentales
Fig. 11. - Dépendances C(~) pour une électrode de n-
InSb (1 x 1014
cm-3);
orientation de la surface : plan(211)-B5;
dans une solution 0,05 NHBF4
pure (1), avec 10-8 M Cu (2); avec 10-’ M Cu (3) et avec 10-6 M Cu (4).[C(o) dependence
for an-InSb
(1 x 1014cm-3)
électrode ; surface orientation : B5(211) plane;
in 0.05 N HBF4 pure(1), with 10-8 M Cu (2), 10-’ M Cu (3) or 10-’ M Cu
(4).]
Fig.
12. -Dépendances C(cf»
pour une électrode de n-InAs (2 x 1016
cm-3);
orientation de la surface :plan (111)-A3;
dans une solution 0,1 NNa2SOI
pure (1), avec10- 8 M Cu (2) et avec 10-’ M Cu (3).
[C(cf» dependence
for a n-InAs (2 x 1016cm-3)
électrode ; surface orientation : A3(111)
plane; in 0.1 NNa,S04
pure (1), with 10-8 M Cu (2) or 10-’ M Cu
(3).]
de la
capacité
au minimum des fonctionsC(~)
nousavons trouvé
(Figs. 9, 10),
que pour les solutions neutres(pH
=5,5)
et pour les surfaces de InSb et InAs bienpolies
on a :Cela nous
permet
d’évaluer la densité d’états de surfacesrapides
auvoisinage
du milieu de la bande interdite :Il s’ensuit
qu’on
obtient une interface OPS de bonnequalité
en la formant enrégime potentiodynamique
par
oxydation anodique, quand dox
50Á [15, 16].
Il est évident
d’après
lesfigures 9, 10 qu’une
variationde
pH
de la solution modifie lagrandeur Nssmin
maisde manière différente pour InSb et InAs. Cela veut dire que la densité d’états
rapides
de surfaceNssmin
Fig. 13. -
Dépendances C(~) :
1, 2 et j(~) : 3, 4 pour une électrode de n-InP (4,5 x 1016cm-3);
orientation de la surface : plan(111)-B5
dans une solution 0,1 N NaOH enobscurité (1, 3) et sous éclairement (2, 4).
[C(~) :
1, 2 andj(~) :
3, 4dependences
for a n-InP (4.5 x 1016cm-3)
electrode ; surface orientation : B 5 (111) planein 0.1 N NaOH; in darkness (1, 3) or under illumination (2,
4).]
sur l’interface OPS
dépend
en mêmetemps
de lanature
chimique
du semiconducteur et dupH
del’électrolyte.
On
peut
augmenter la densité d’étatsrapides
del’interface OPS de
façon beaucoup plus importante
par
adsorption
de divers métaux(Cu, Au, Pt...)
intro-duits dans
l’électrolyte (Figs. 11, 12); l’augmentation
de
Ngg dépend
directement de laquantité d’impuretés
introduites dans
l’électrolyte.
Les résultats nous mon-trent
(Figs. 11, 12)
quel’adsorption
d’un même métal crée des états d’interface ayant différentespositions
dans la bande interdite pour InSb et InAs.
L’adsorption
de
petites quantités
de métaux provoque engénéral
le même
phénomène
à l’interface OPS pour les semi-387
Fig. 14. -
Dépendances C(~)
et03C3~(~)
pour une électroden-GaN (- 1018
cm-3)
dans une solution 0,1 NNa2SO4.
[C(~)
and03C3~(~) dependences
for a n-GaN (- 1016cm-3)
electrode in 0.1 N
Na2SO4.]
conducteurs du groupe
A3B5,
et pour les matériauxanalogues
du groupeA4.
En
comparant
lesgrandeurs
deQ ° |j =
0, détermi-nées par les mesures de
C(~) il= 0’
et ensupposant
queQ 0 Qox
pour unoxyde
propred’épaisseur dox
50Á,
onpeut
constater larégularité
de lavariation de
6ox
avec lespropriétés cristallo-physico- chimiques
des semiconducteurs des groupesA4
etA3B5.
4. Résumé des résultats
expérimentaux.
4.1. - La zone de localisation de la
charge Qox
auvoisinage
de l’interface OPS est 7 à 16A
pour le Si et moins de 50A
pour les autres semiconducteurs étudiés recouverts par unoxyde
propre mince ano-dique.
4.2. - En l’absence
d’impuretés métalliques,
lanature de cette
charge Qox
est «génétique » (intrin- sèque)
et est vraisemblablement déterminée par le mécanisme de formation del’oxyde
propre sur la surface dessemiconducteurs, qui
résulte de la cor-respondance cristallo-physico-chimique
des réseaux du semiconducteur et del’oxyde
propre.4.3. - Pour les semiconducteurs du groupe
A4 ayant
une mêmeorientation cristallographique
de lasurface on observe que :
4.4. - La
grandeur Qox dépend
faiblement dutype
et du
dopage
des matériauxA4
mais elle varie clai- rement avec l’orientationcristallographique
de lasurface étudiée :
4. 5. - La
grandeur
et lesigne
deQox,
de même que ladistribution des états de surface dans la bande interdite des semiconducteurs
A4
etA3B5 dépendent
fortementde
l’adsorption
sur leurs surfaces des métaux lourds :Cu, Ag, Au, Fe, Co, Ni, Pt, Pd, ...
4.6. - Dans des conditions
identiques
de formation del’oxyde
propre, on observe une variationrégulière
de
Qox
pour les semiconducteurs du sous-groupe « In » deA3B5,
avec l’élémentB5 :
4. 7. - Dans des conditions
identiques
de formation del’oxyde
propre, on observe une variationrégulière
de
6ox
pour des matériaux du sous-groupe « Ga » deA 3Bs,
avec l’élémentB5 :
4.8. - Pour les semiconducteurs du groupe
A3B5,
on observe que :
quand
l’élémentB5
estidentique.
4.9. - Pour les semiconducteurs du
type A3B5
on observe l’influence de la direction de J’axe[111]
surla valeur de
Qox
pour le même matériauOn constate donc que les résultats obtenus pour le silicium sont
déjà
bien connus pour l’interface OPSpréparée
paroxydation thermique,
cequi
nousdémontre la nature commune des interfaces OPS formées par
oxydation thermique
ouoxydation
ano-dique.
Tous ces résultats révèlent la nature cristallo-physico-chimique
de l’interfaceOPS,
dont une con-ception générale approchée
sera donnée dans la secondepartie
de notre travail.Remerciements.
Je remercie
beaucoup
M. A.Chovet, enseignant
àl’ENSERG
(Institut
NationalPolytechnique
de Gre-noble)
pour son aide lors de la rédaction de ce texte.Je remercie d’autre
part
MM. G.Kamarinos,
G.Pananakakis,
A.Chovet,
et S. Cristoloveanu(du
Laboratoire de
Physique
desComposants
à Semi-conducteurs de
l’ENSERG)
pour les utiles discussions concernant le thème de cettepublication.
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