Aspects de la variation linguistique au Maroc
Juillet – décembre 2017
Langues et Langage
Discours scientifique et traduction des syntagmes terminologiques du français à l’arabe.
Abdelouahid LAKHLOUFI et Mohammed KEMBOUCHE
Edition électronique Edition imprimée
ISSN : 2550-6498 Dépôt légal : 2017PE0076 ISSN : 2550-648X
Publications de la
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines et du
Centre Universitaire de Langues et Communication Université Mohammed Premier Oujda, Maroc
Volume 1 – N°1
Discours scientifique et traduction des syntagmes terminologiques du français à l’arabe
Abdelouahid LAKHLOUFI et Mohammed KEMBOUCHE Laboratoire Langue, Culture et Communication
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Université Mohammed Premier
Oujda Résumé
Cet article propose une analyse linguistique des syntagmes terminologiques utilisés dans deux systèmes linguistiques génétiquement différents : le français issu de la famille des langues indo-européennes, et l’arabe standard, de celle des langues chamito- sémitiques. L’accent est y mis spécialement sur les incidences que pourraient avoir les ST lors de la traduction scientifique et le passage de la langue source (le français dans notre cas) à la langue cible (l’arabe standard). L’analyse développée dans cet article repose essentiellement sur un corpus collecté à partir de deux manuels scolaires du cycle secondaire qualifiant du baccalauréat marocain, en usage dans la filière Sciences de la Vie et de la Terre (SVT).
Mots-clés
Syntagme terminologique – incidence - traduction scientifique – langue source – langue cible
Abstract
This article proposes a linguistic analysis of terminological syntagms, via tow genetically different linguistic system : French from the large family of Indo-European languages, and standard Arabic as a Hamito-Semitic language. Special emphasis is placed on the impact that terminological syntagms could have on scientific translation from the source language (French) to the target language (Arabic).
The analysis we are devloping is based essentially on a collection of tow secondary school textbooks describing the Maroccan baccalaureat , (Life and Earth Sciences, SVT).
Keywords
Terminological syntagms – impact - scientific translation -source language - target language
Introduction
Les modes de création des mots savants dans le discours scientifique se caractérisent par leur diversité. Pour répondre aux besoins de nomination de plus en plus importants, le discours scientifique en français recourt à l’usage des syntagmes terminologiques (désormais ST) qui désignent une séquence d’éléments linguistiques morphologiquement disjoints mais fonctionnant syntaxiquement comme une unité dénotant une notion dans un domaine spécialisé. Dans cette perspective, il convient de signaler que d’autres noms conventionnels ont été forgés pour désigner la même réalité linguistique. Nous citons, entre autres, synapsie que Benveniste définit comme suit :
Pour désigner ces grandes unités et pour consacrer le phénomène spécifique qu’elles représentent, un terme nouveau devient nécessaire, qui soit distinct de « composition » (il s’agit précisément de quelque chose d’autre que la composition), distinct aussi de « syntagme », pour laisser à « syntagme » sa désignation propre qui s’applique à n’importe quel groupement, même occasionnel, opéré par des moyens syntaxiques, alors que nous avons ici une unité fixe. Nous proposons à cette fin un terme qui semble adéquat et clair : SYNAPSIE[ …] « jonction, connexion, collection de chose jointes. » (Benveniste, 1974, p.172).
Bernard Pottier propose le terme lexie complexe qu’il distingue de la lexie simple (chaise par exemple) et lexie composée (cheval- vapeur).
D’autre part, dans le domaine scientifique, la traduction, outil fréquemment utilisé pour le transfert du savoir d’une communauté linguistique à une autre, est appelée à une grande prudence dans la diffusion du savoir scientifique afin d’éviter toute déperdition sémantique pouvant porter préjudice au contenu transféré par l’opération traduisante.
L’objectif de cet article consiste à répondre aux deux questions suivantes : quelle incidence peut avoir la traduction des ST du français à l’arabe standard ? A quel procédé linguistique le traducteur fait appel pour éviter « les infidélités linguistiques », pour combler le vide linguistique que peut attester la langue cible dans la création des ST ? Plus précisément, il s’agit, dans cet article, de mettre en évidence l’articulation des ST dans deux systèmes linguistiques structurellement différents : français et arabe. Pour ce faire, des corpus représentatifs des faits linguistiques en question sont constitués et analysés dans les deux langues. Il importe auparavant d’introduire quelques précisions
conceptuelles, de présenter quelques apports notionnels, qui permettent d’éclairer note corpus, notre approche et asseoir nos conclusions.
1. Préliminaires
Le discours scientifique occupe une place importante chez les linguistes mais aussi chez les traductologues. Cette importance est due essentiellement à la spécificité de ce discours, tant au niveau syntaxique et aux mécanismes de cohérence textuelle qui caractérisent ce dernier, qu’au niveau du vocabulaire spécialisé qui lui est spécifique. Selon Lerat
« les langues spécialisées ne sont rien d’autre que des usages spécialisés des langues naturelles, leur étude suppose la prise en compte des différents niveaux de l’analyse linguistique » (1997, p. 1). Pour mettre au clair cet usage, l’analyse de discours spécialisé doit passer par la constitution et l’analyse de corpus et se fixer comme objectif la recherche des formes canoniques et atypiques caractéristiques de tel ou tel discours.
Cet article s’intéressera donc à l’aspect terminologique et examinera le fonctionnement des ST dans le discours scientifique en français et leur traduction en arabe standard. Il prendra comme corpus d’observation des exemples collectés dans les deux manuels scolaires de la filière Sciences de la vie et de la terre (SVT), destinés aux élèves de la 1ère et de la 2ème année du cycle du baccalauréat marocain.
Il importe de préciser également qu’il existe deux approches dans l’étude du discours scientifique :
Les premières approches mettent en évidence d’analyser l’activité scientifique à travers les signes et les textes qu’elle produit. Quant aux secondes approches, elles visent la description des caractéristiques linguistiques du discours scientifique et éclairent ainsi l’activité scientifique et la manière dont elle se construit à travers ses discours.
(Fanny, Rinck, 2010, p. 426)
L’analyse développée dans cet article s’inscrit dans la deuxième approche. Ainsi, le point de vue adopté vise d’abord la description du discours scientifique dans les deux langues, à travers la comparaison du corpus rédigé en français et celui rédigé en arabe standard. Cependant, avant de passer à l’analyse, il nous semble utile de définir deux dichotomies qui fondent le thème du présent article, et qui permettent d’éclairer l’analyse : terminologie - lexicologie et terme – mot.
1.1. Terminologie vs lexicologie
Le terme terminologie est ancré dans la linguistique. Pour rendre l’analyse terminologique opérationnelle il convient de faire la distinction entre les métatermes : référent, concept et signifié. Le référent renvoie à une réalité perceptible, concrète et, par conséquent, ne relève pas du système linguistique. Référer « c’est mettre un signe en rapport avec le monde construit par le biais du langage » (Ballarin et Gaudin, 2003, p. 33). Le concept concerne la conceptualisation et fait partie d’un système, le signifié ne concerne que la sphère linguistique et fait partie d’un système. Il ressort de cette distinction tripartite qu’il importe d’adapter les méthodes de l’analyse linguistique à l’analyse des termes.
En outre, la terminologie s’appuie sur une démarche onomasiologique qui consiste à partir du concept pour forger le terme adéquat. La lexicologie au contraire s’appuie sur une démarche sémasiologique qui consiste à partir de la forme (signe) pour arriver au concept. L’étude entreprise ici adopte le premier point de vue qui semble mieux s’adapter à l’approche mentionnée précédemment et choisie pour l’analyse de notre corpus scientifique : à savoir, prioriser la description des caractéristiques du discours scientifique, pour éclairer l’activité scientifique et la manière de sa construction à travers le discours. En effet, la démarche privilégiée est d’examiner les ST employés dans la langue cible (français) et leur transfert conceptuel dans la langue d’arrivée (arabe).
1.2. Terme vs mot
La notion du mot est l’une des notions les plus ambiguës du domaine de la linguistique. C’est parce qu’en définissant le mot, il est de coutume de l’envisager tantôt du point du vue du lexique, tantôt de celui de la grammaire. En effet, le paradigme lexical considère comme
« mot », tout signe susceptible d’exprimer des idées énoncées dans le discours. Alors que le second paradigme (point de vue grammatical) considère que le mot englobe à la fois toutes les unités de discours inanalysables comme formes (exemple marche) et les unités composées d’éléments analysables dans le discours et qui ont une existence autonome (exemple : march-ons). Ainsi, L’analyse structurale, à titre indicatif, est souvent envisagée comme une pyramide à plusieurs couches (de la base au sommet : mots syntaxiques, mots morphologiques, mots lexicaux et mots sémantiques). À cela s’ajoute la réalité du mot qui n’est pas universelle. Selon E. Benveniste :
Le mot peut donc se définir comme la plus petite unité signifiante libre susceptible d’effectuer une phrase, et d’être elle-même effectuée par des phonèmes. Dans la pratique, le mot est envisagé surtout comme élément syntagmatique, constituant d’énoncés empiriques. Les relations paradigmatiques comptent moins, en tant qu’il s’agit du mot, par rapport à la phrase. Il en va autrement quand le mot est étudié comme lexème, à l’état isolé. On doit alors inclure dans une unité toutes les formes flexionnelles, etc.(1966, p.124)
Cela dit, la dichotomie mot / terme renvoie essentiellement à l’usage discursif du sujet parlant. Ainsi, les termes ont une référence spécialisée à l’intérieur d’un domaine alors que les mots ont une référence relative. Autrement dit, dès que le mot reçoit un sens particulier, donné par un spécialiste, il est associé à une notion spécifique et devient un terme.
2. Discours scientifique et niveau de spécialisation
Le terme « discours scientifique » recouvre plusieurs champs d’investigation. Gérard Vigner (1979) propose une classification suivant quatre types de critères. Le premier critère porte sur le public envisagé ; il distingue ainsi deux sous-genres de discours scientifique.
L’un est le discours scientifique didactique dit discours heuristique qui est caractérisé par une grande spécialisation ; c’est un discours entre spécialistes qui constituent une communauté scientifique hautement spécialisée et les non-initiés sont hors cette sphère. L’autre discours est le discours scientifique didactique qui vise soit un public spécialisé (élèves / étudiants), soit un public large dont l’objectif est la vulgarisation scientifique. Le discours scientifique objet d’étude du présent article est celui destiné aux élèves et étudiants du système éducatif marocain. Le deuxième critère touche le degré d’organisation du texte scientifique, sa cohérence et sa cohésion textuelle. A titre d’exemple, le compte rendu d’expérience, l’exposé et la communication scientifique attestent une divergence importante au niveau de leur construction interne. Les troisième et quatrième critères, quant à eux, concernent respectivement l’étendue du domaine et les actes mis en jeu. Selon Gérard Vigner, ils intéressent les caractéristiques de la production écrite scientifique (article de recherche, article de synthèse, etc.) et leurs typologies textuelles (textes descriptifs, textes explicatifs, textes prescriptifs, textes argumentatifs).
Le propos de cet article s’inscrit dans le cadre de l’analyse du discours scientifique pédagogique et se limite au seul code écrit. Nous
envisageons, comme objet d’étude, les ST et leur articulation dans deux systèmes linguistiques génétiquement différents, l’arabe standard et le français.
3. Quelques caractéristiques syntactico-sémantiques du discours scientifique
Par souci de précision et d’objectivation, le discours scientifique recourt, entre autres, à des procédés linguistiques qui lui sont propres.
Syntaxiquement, le fait marquant est la longueur et la complexité de ses phrases. Cette complexité est due essentiellement à la complexité des syntagmes nominaux qui sont à la base des ST. A cela s’ajoute le recours massif à la nominalisation qui est un procédé récursif dans l’ordre canonique des phrases scientifiques. De plus, une occurrence importante des formes impersonnelles et des groupes circonstanciels et déterminatifs est attestée. Du point de vue sémantique, le discours scientifique recourt à une terminologie spécifique. Enfin, outre le vocabulaire général d’orientation scientifique, on constate la présence de termes spécialisés relatifs à un domaine précis. La combinaison de ces termes notamment sous forme de ST rend parfois la traduction scientifique difficile.
4. Traduction scientifique et procédés de transfert linguistique D’aucuns pensent que la traduction spécialisée ne devrait pas poser de problèmes majeurs, les termes scientifiques et techniques étant tous standardisés selon des critères extralinguistiques et, par conséquent, facilement interchangeables d’une langue à l’autre. Or, rien n’est moins vrai, car les langues de spécialité sont imprégnées de spécificités culturelles. Ce constat concerne aussi les termes des « sciences exactes », comme la physique ou la chimie. En est un exemple les éponymes, à savoir les termes techniques qui contiennent des noms propres, souvent le nom d’un scientifique de la culture source. Les divergences culturelles sont aussi importantes dans le domaine du langage économique ou juridique.
Ceci dit, comme les termes répondent aux besoins habituels d’expression des usagers, les traducteurs se trouvent souvent confrontés à des équivalents partiels, voire à des lacunes linguistiques qu’ils doivent -selon les contextes- combler par le recours à différents procédés de traduction. Autrement dit, au lieu d’utiliser un équivalent partiel qui pourrait créer un malentendu, le traducteur fait souvent
appel à un emprunt, un calque ou une périphrase explicative.
5. Corpus
Le corpus d’observation adopté dans cette analyse est un échantillon du discours scientifique pédagogique dans les deux manuels scolaires, dont le public cible est la classe terminale du cycle secondaire qualifiant (2ème année du baccalauréat), de la filière de formation Sciences de la vie et de la terre (SVT). L’un des deux manuels est destiné aux classes du baccalauréat international, option français ; il s’intitule Maxi SVT (publié aux Editions plus, à Casablanca, en 2016) ; le deuxième manuel (publié en 2007) porte l’intitulé و ةﺎﯿﺤﻟا مﻮﻠﻋ بﺎﺣر ﻲﻓ ضرﻷا fi riħa:b ʕelum al ɦaya:t wa l ard.
Ainsi, il s’agit d’un corpus parallèle véhiculant une terminologie propre au domaine de la génétique. L’objectif consiste, dans un premier temps, à répertorier les ST de la langue source (le français) et leur transfert dans la langue cible (l’arabe).1 Il s’agit ensuite de procéder à une analyse linguistique de ces syntagmes.
Pour donner un aperçu de notre corpus, un extrait (en français et en arabe) en est présenté ci-après.
1. Il convient de signaler que dans notre quête des données, il nous a semblé opportun de commencer par le manuel Maxi SVT du Baccalauréat international option français, et ensuite de s’intéresser au Manuel arabe ضرﻻا و ةﺎﯿﺤﻟا مﻮﻠﻋ بﺎﺣر ﻲﻓ . Les deux manuels en question ne respectent pas la même progression annuelle des contenus enseignés aux publics cibles (2ème année bac)
Texte 1 : Localisation de l’information génétique –Mitose et cycle cellulaire
Le programme génétique à l’origine des caractères d’un individu est localisé dans le noyau des cellules sous formes de chromosomes observables lorsque les cellules se multiplient.
La mitose est un processus continu, mais elle peut être divisée en quatre phases, chacune étant essentiellement caractérisée par l’état et l’emplacement des chromosomes.
La prophase : la condensation des chromosomes commence et ils deviennent visibles (s’individualisent). Entre les deux pôles de la cellule apparaît un fuseau mitotique. L’enveloppe nucléaire disparaît et les chromosomes s’attachent à ce fuseau.
La métaphase : les chromosomes sont totalement individualisés, leur condensation est maximale et leurs centromères sont tous à l’équateur de la cellule. Les chromosomes forment ainsi la plaque équatoriale.
L’anaphase : les chromatides de chacun des chromosomes se séparent après rupture du centromère et migrent à des pôles opposés de la cellule. Ainsi, lots identiques de chromosomes à une chromatide se retrouvent à chacun des pôles de la cellule.
La télophase : les chromosomes commencent à se décondenser, et l’enveloppe nucléaire commence à se former autour de chacun des deux lots. Le fuseau mitotique disparaît. La télophase se termine par :
Cytodiérèse : la séparation des deux cellules filles par formation d’une nouvelle membrane plasmique, ainsi que la formation d’une nouvelle paroi pour chaque nouvelle cellule fille.
Ainsi, à l’issu de la division cellulaire ou mitose, les deux cellules filles possèdent le même équipement chromosomique qui est le même que celui de la cellule mère.
Au cours de sa vie, une cellule grandit puis se divise pour donner deux cellules filles qui lui sont identiques. On désigne sous le terme de cycle cellulaire les différentes étapes par lesquelles passe une cellule vivante entre deux divisions successives. Un cycle cellulaire comporte deux étapes : l’interphase suivi par la mitose.
Maxi SVT LE Manuel, 2ème année du Baccalauréat International Marocain-Français page : 64
ﻊﺿﻮﻤﺗ ﺮﺷﺎﺒﻤﻟا ﺮﯿﻏ مﺎﺴﻘﻧﻻا ﻞﺣاﺮﻣو ﺔﯿﻠﺨﻟا ةاﻮﻧ ﻞﺧاد ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟا Texte 2 :
دﺪﺤﯾ يﺬﻟا ﺞﻣﺎﻧﺮﺒﻟا عﻮﻤﺠﻣ نﻮﻜﯾ ﺔﯿﺛارﻮﻟا تﺎﻔﺼﻟا
ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟﺎﺑ ﻰﻤﺴﯾﺎﻣ دﺮﻔﻟا ﺪﻨﻋ .
ﻊﺿﻮﻤﺘﯾ ﻲﻓ ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟا اﺬھ
ﺔﯿﻠﺨﻟا ةاﻮﻧ .
ﻦﻣ ﺮﺛﺎﻜﺘﻟا لﻼﺧ ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟا ﻞﻘﺘﻨﯾ مﻻا ﺔﯿﻠﺨﻟا
ﺔﻌﺑرأ ﻰﻟا ﻢﺴﻘﺗ ﺮﺷﺎﺒﻤﻟا ﺮﯿﻏ مﺎﺴﻘﻧﻻﺎﺑ ﻰﻤﺴﺗ ﺔﻠﺻاﻮﺘﻣ ةﺮھﺎظ ﺔﻄﺳاﻮﺑ ﻦﯿﺘﻨﺒﻟا ﻦﯿﺘﯿﻠﺨﻟا ﻰﻟا راﻮطا
- اﺮﮭﻈﺗ يﺪﯿﮭﻤﺘﻟا رﻮﻄﻟا تﺎﻴﻐﺑﺻﻟ
تﺎﻣوزوﻣوﺮﻛﻟا– -
ﺐﻟﻮﻠﺗ ﺔﺠﯿﺘﻧ ﺔﯾوﻮﻨﻟا تﺎﻄﺒﯿﺨﻟا
ﺔﻧﻮﻜﻤﻟا
ﺔﯿﺛارﻮﻟا ةدﺎﻤﻠﻟ تﺎﯿﻐﺒﺼﻟا ﻰﻤﺴﺗ تﺎﯿﺼﻋ ﻞﻜﺷ ﻲﻓ وﺪﺒﺗ ﺚﯿﺣ
. ﻦﯿﺗﺪﺣو ﻦﻣ ﻲﻐﺒﺻ ﻞﻛ نﻮﻜﺘﯾ
ءيﺰﺠﻟا ىﻮﺘﺴﻣ ﻲﻓ نﺎﻄﺒﺗﺮﯾ ﻦﯿﯿﻐﯿﺒﺻ نﺎﯿﻤﺴﺗ يﺰﻛﺮﻤﻟا
. ﺔﯾﻮﻨﻟا ءﺎﻔﺘﺧﺎﺑ رﻮﻄﻟا اﺬھ ﺰﯿﻤﺘﯾ و
ﻲﺷﻼﺗ و مﺎﺴﻘﻧﻻا لﺰﻐﻣ رﻮﮭﻈﺑ و يوﻮﻨﻟا ءﺎﺸﻐﻟا
.
- ﻲﻓ تﺎﯿﻐﺒﺼﻟا ﻊﺿﻮﻤﺘﺑ ﺰﯿﻤﺘﯾ ﻲﺋاﻮﺘﺳﻻا رﻮﻄﻟا ا
ﺳﻻا ىﻮﺘﺴﻤﻟ ﺔﺤﯿﻔﺼﻟا ﺔﻠﻜﺸﻣ ﺔﯿﻠﺨﻠﻟ ﻲﺋاﻮﺘ
ﺔﯿﺋاﻮﺘﺳﻻا .
- ﻢﺴﻘﻨﺗ ﻲﻟﺎﺼﻔﻧﻻا رﻮﻄﻟا ا
ﻦﻋ ﺎﻤﮭﻀﻌﺑ ﻲﻐﺒﺻ ﻞﻛ ﺎﯿﻐﺒﺻ قﺮﺘﻔﯾو ﺔﯾﺰﻛﺮﻤﻟا تﺎﺌﯾﺰﺠﻟ
ﺾﻌﺑ . ﺔﯿﻠﺨﻟا ﻲﺒﻄﻗ ﺪﺣا ﻰﻟا ﻦﺑا ﻲﻐﺒﺻ ﻞﻛ ﺮﺟﺎﮭﯾ ﻦﻣ نﺎﺘﻠﺛﺎﻤﺘﻣ نﺎﺘﻋﻮﻤﺠﻣ نﻮﻜﺘﺗ ﻚﻠﻟﺬﺑ و
ﺨﻟا ﻦﻣ ﻲﻐﺒﺻ ﻞﻛ نﻮﻜﯾ ذا مﻻا ﺔﯿﻠﺨﻟا تﺎﯿﻐﺒﺼﻟ نﺎﺘﻠﺛﺎﻤﻣ و تﺎﯿﻐﺒﺼﻟا ﻲﻐﺒﺼﺑ ﻼﺜﻤﻣ مﻻا ﺔﯿﻠ
ﺔﻋﻮﻤﺠﻣ ﻞﻛ ﻲﻓ ﻦﺑا .
- لﺰﻐﻣ ﻲﻔﺘﺨﯾو ةﺪﯾﺪﺟ ةاﻮﻧ ﻦﯿﻐﺒﺻ ﺔﻠﻜﺸﻣ ﺎﮭﺘﯾدﺮﻓ ﺔﻋﻮﻤﺠﻣ ﻞﻛ تﺎﯿﻐﺒﺻ ﺪﻘﻔﺗ ﻲﺋﺎﮭﻨﻟا رﻮﻄﻟا ﻦﯿﺘﻠﺛﺎﻤﺘﻣ ﻦﯿﺘﻨﺑ ﻦﯿﺘﯿﻠﺧ ﻰﻟا ﺎﮭﻤﺴﻘﯾ مﻻا ﺔﯿﻠﺨﻟا ﻂﺳو ﻲﻓ يزﻮﻠﯿﻠﯿﺳ ءﺎﺸﻏ نﻮﻜﺘﯾو مﺎﺴﻘﻧﻻا
مﻻا ﺔﯿﻠﺨﻠﻟ ﻦﯿﺘﻠﺛﺎﻤﻣو ﺎﯿﺛارو .
ﻲﻓ بﺎﺣر موﻠﻋ ةﺎﻴﺣﻟا ضرﻷاو بﺎﺘﻛ-
ذﻴﻣﻠﺘﻟا ﺔﺣﻔﺻ- 74
6. Transcription phonétique G
R P H
G R
P H
G R
P H
G R
P H
G R
P H
G R
PH
أ a خ x ش ʃ غ R ن n
ُ◌
U
ب b د d ص Ş ف f ه h ´ A
ت t ذ ð ض ȡ ق q و w - I
ث Ɵ ر r ط ț ك k ي j ʺ an
ج Ʒ ز z ظ ð ل l ˝ In
ح ħ س s ع ʕ م m un
7. Exemples de syntagmes terminologiques S.T dans la langue source (le
français)
Leurs correspondances dans la langue cible (l’arabe) 1. le programme/l’information
génétique ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟا [alxabaR
alwira : Ɵi]
2. Cycle/division cellulaire يﻮﻠﺨﻟا مﺎﺴﻘﻧﻻا[alinqisa :m alxalawi]
3. Noyau des cellules ﺔﯿﻠﺨﻟا ةاﻮﻧ [nawa :t alxaliya]
4. La cellule mère مﻻا ﺔﯿﻠﺨﻟا [alxaliya alum]
5. La cellule fille ﺖﻨﺒﻟا ﺔﯿﻠﺨﻟا[alxaliya albint]
6. Enveloppe cellulaire يوﻮﻨﻟا ءﺎﺸﻐﻟا[alriʃa :ǝ anawawij]
7. Fuseau mitotique مﺎﺴﻘﻧﻻا لﺰﻐﻣ[marzal al inqisa :m]
8. La plaque équatoriale ﺔﯿﺋاﻮﺘﺳﻻا ﺔﺤﯿﻔﺼﻟا [asafiħa al istiwa :iya]
9. Equateur de la cellule ﺔﯿﻠﺨﻠﻟ ﻲﺋاﻮﺘﺳﻻا ىﻮﺘﺴﻤﻟا [ almostawa alistiwa :i lilxaliya]
10. Membrane plasmique يزﻮﻠﯿﻠﯿﺳ ءﺎﺸﻏ[ riʃa :ǝ sililuzi]
8. Composition syntagmatique : analyse et discussion
Les extraits du discours des ST constituant notre corpus sont traduisibles par calque qui est adapté sur un modèle de la composition syntagmatique nominale. Sur le plan morphologique, les termes sont majoritairement disjoints (à l’écrit « séparés par un blanc») et qui renvoient à une seule réalité. Les ST de notre corpus sont construits selon les patrons syntagmatiques (schèmes) suivants : Nom + adjectif (exemples du tableau précédent : 1 ; 2, 6 ; 7 ; 8 ; 10).
Nom + joncteur Ø + nom (exemples du même tableau : 4 ; 5). Dans le cas de l’arabe, le 2° nom (utilisé comme adjectif) porte le prédéterminant en accord avec le nom précédent (qu’il qualifie).
Nom + prédéterminant + nom (exemple 9). Pour ce qui est de l’arabe, une structure très complexe est attestée dans ce syntagme qui est conforme au patron syntagmatique suivant : prédéterminant + nom + prédéterminant + adjectif + préposition + nom.
Lors du transfert, les unités terminologiques analysées ci- dessus respectent les mêmes schèmes. Cependant, l’équivalent du terme dans la langue cible s’avère parfois problématique. A titre d’exemple, le ST « information génétique » correspond au ST arabe ﻲﺛارﻮﻟا ﺮﺒﺨﻟا [alxabar al wira :Ɵi]. Il résulte de cet exemple que le premier constituant du ST « information » a été traduit par «ﺮﺒﺧ » [xabar], au lieu de «ﺔﻣﻮﻠﻌﻣ » [maʕluma]. Certes en arabe le vocable
« ﺮﺒﺧ » [xabar] englobe «ﺔﻣﻮﻠﻌﻣ » [maʕluma] et que l’un et l’autre termes sont soumis aux conditions de vérité et de fausseté1 ; cependant, le deuxième terme, (ﺔﻣﻮﻠﻌﻣ ) [maʕluma], correspond mieux à ce transfert .
Par ailleurs, quelques unités simples du français sont traduites en arabe par ST. Cela semble s’expliquer, à notre sens, par le fait que les termes de la langue source (le français) trouvent leurs origines dans l’étymologie latine et grecque. Pour les transférer dans la langue cible (l’arabe standard), la traduction part du concept et, donc d’une approche onomasiologique, pour trouver le correspondant linguistique adéquat. Les exemples du corpus esquissés ci-dessous illustrent nos propos :
1. Dictionnaire arabe ﻲﺑﺮﻋﻲﺑﺮﻋسوﻣﺎﻗﻲﺑﺮﻌﻟاثﺣﺎﺑﻟا [al-ba :ħiƟ al-ʕarabi]
Termes de la langue source Transfert en ST dans la langue cible
La prophase يﺪﯿﮭﻤﺘﻟا رﻮﻄﻟا [ațawr atamhidi]
La métaphase ﻲﺋاﻮﺘﺳﻻا رﻮﻄﻟا[ațawr alistiwa :i :]
L’anaphase ﻲﻟﺎﺼﻔﻧﻻا رﻮﻄﻟا[ațawr alinfisa :li]
La télophase ﻲﺋﺎﮭﻨﻟا رﻮﻄﻟا[ațawr aniha :i]
Conclusion
La réflexion menée dans cet article pour identifier les mécanismes du transfert linguistique de la traduction des ST du français vers l’arabe et vise versa a permis de mettre en évidence quelques caractéristiques des ST. Il s’avère en effet que le procédé le plus usité est celui du calque qui consiste à reprendre la même structure syntagmatique de la langue source pour forger des unités technoscientifiques dans la langue cible. Il s’agit d’un calque morphologique de la classe du calque littéral adapté qui se construit sur le modèle de la composition syntagmatique nominale. Le corpus que nous avons étudié ne prétend pas à l’exhaustivité et, par conséquent, ne permet pas des analyses statistiques. Néanmoins il nous semble qu’en français la détermination joue un rôle fort important dans cette composition syntagmatique notamment l’ordre déterminé / déterminant.
Quant à l’arabe standard, le transfert des ST pose problème, dans certains cas, dans la mesure où des unités technoscientifiques connaissent une instabilité terminologique. En est un exemple le terme « chromosomes », auxquels correspondent deux vocables arabes pour désigner la même réalité. Un autre fait aussi important est que le transfert de certains concepts scientifiques crée parfois des hésitations sur le choix de tel ou tel concept, d’où la prolifération inutile de variantes terminologiques arabes. Rappelons à titre d’exemple, le concept « Information génétique » désigné en arabe par ﻲﺛارو ﺮﺒﺧ [alxabaR alwira:Ɵi] et qui pourrait être traduit également, voire mieux, par ﺔﯿﺛارو ﺔﻣﻮﻠﻌﻣ.
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[al-ba :ħiƟ al-ʕarabi] ﻲﺑﺮﻋ ﻲﺑﺮﻋ سﻮﻣﺎﻗ :ﻲﺑﺮﻌﻟا ﺚﺣﺎﺒﻟا http://www.baheth.info/
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Vezina, R. et al. (2009). La rédaction de définitions terminologiques.
Montréal : Office québécois de la langue française.
Corpus
Maxi SVT LE Manuel, 2ème année du Baccalauréat International Marocain-Français
2007ضرﻷا و ةﺎﯿﺤﻟا مﻮﻠﻋ ﺔﺒﻌﺷ ﺎﯾرﻮﻟﺎﻛﺎﺑ ﺔﯿﻧﺎﺜﻟا ﺔﻨﺴﻟا ضرﻷا و ةﺎﯿﺤﻟا مﻮﻠﻋ بﺎﺣر ﻲﻓ