COMPARAISON DE DIFFÉRENTES MÉTHODES
DE MESURE DU POUVOIR DE RÉTENTION D’EAU
DE LA VIANDE DE PORC. LIAISON AVEC LE PH
R. GOUTEFONGEA
Laboratoire de Recherches sur la Viande,
Centre national de Recherches
zootechniques, Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise)
SOMMAIRE
Deux méthodes de mesure du
pouvoir
de rétention d’eau de la viande de porc, l’une faisant.appel
à lacompression,
l’autre à la centrifugation, ont été comparées en utilisant 480 échantillons .de muscle, provenant de 3osujets
de race Large 147hile.On a
également comparé
les résultats obtenus par la méthode decompression,
en fonction du moded’expression
des résultats, ainsi que les relations entre lepH
et lepouvoir
de rétention d’eau mesuré par les différentes méthodes.La méthode de
centrifugation
et celle decompression
(cette dernièrequand
on mesure la perte depoids
parpesée
etqu’on
la rapporte aupoids frais)
ont sensiblement la même variabilité et ont entre elles un coefficient de corrélation hautementsignificatif.
Les résultats obtenus par la méthode de centrifugation sont liés au
pH plus
étroitement que ceuxobtenus par
compression.
La mesure du
pouvoir
de rétention d’eau est utilisée pourapprécier
laqualité
de la
viande;
on cherche alors surtout à déterminer la force aveclaquelle
l’eau estliée aux
protéines musculaires,
ou laquantité
relative d’eauqui
est liée fortementà ces
protéines,
afin deprévoir
lecomportement
ultérieur de la viande :pertes
à laconservation,
à lacuisson,
à ladécongélation,
facilités de conservation. En outre,ce
pouvoir
de rétention d’eau est en relation assez étroite avecl’aspect
queprésentera
la viande au moment de sa commercialisation et sa mesure
permet
donc desprévi-
sions en ce
qui
concerne son mode d’utilisation.La mesure du
pouvoir
de rétention d’eau en valeur absoluepeut
difficilementse concevoir actuellement. En
effet,
on passe insensiblement d’une eau presque fixe à une eau presque libre(HAMBURGER
et MATHE,zg52).
L’eau du muscles’y
trouvesous diverses formes. Des molécules d’eau sont liées
chimiquement
à des molécules-organiques,
cequi
constitue une eau fixepermanente
dans la cellule. D’autres molé- cules d’eau sont retenuesphysiquement
par les micelles au moyen de liaisons élec-trostatiques.
Ces molécules sontdisposées
autour des micelles en couches concen-triques
et cellesqui
ont uneposition
externe sont retenues avec moins de force. Il est doncimpossible
de faire uneséparation
stricte entre les deux formes d’eau.D’autres
part,
les différentes méthodes visant àséparer
l’eau libre de l’eauliée,
ou visant à déterminer la fraction libre de l’eau
totale,
cequi
revient aumême,
etqui
sont basées sur desphénomènes
decongélation, évaporation, absorption
par l’al-cool,
donnent engénéral
des résultats peu concordants(HAMBURGER
et MATHE,I95z).
Il n’est donc
possible
deparler
d’eau liée et d’eau libre que dans des conditions d’extraction bien définies etprécises. Chaque
méthode d’extraction définissant une eau liée et une eaulibre,
seuls des résultats obtenus avec la mêmeméthode,
dans des conditionsrigoureusement identiques, peuvent
êtrecomparés.
En soumettant des échantillons de viande au même ensemble de conditions d’extraction et en mesurant la
quantité
d’eauexprimée,
onpeut
dire que tel échan- tillon aplus
ou moins d’eau libre que tel autre échantillon et, parsuite,
que le pou- voir de rétention d’eau de cette viande estplus
ou moins élevé.Diverses méthodes ont été
proposées
pour l’extraction de l’eau « libre » ou « peu liée », c’est-à-dire de lapartie
de l’eauqui
sesépare
facilement de la viande. Toutesces méthodes font
appel
soit à lacentrifugation,
soit à lacompression.
W I E RBI C KI
,
KUNKLE et DEATHERAGE(rg5 7 ),
travaillant sur leboeuf,
utilisent lacentrifugation
à sec, c’est-à-dire enopérant
sur unbroyat
de muscles obtenu sans-adjonction
d’eau.Par contre, SWIFT et BERMANN
( 1959 ),
utilisent lacentrifugation également,
mais
après adjonction
d’eau aubroyat.
Demême,
SH!xMnrrv(ig6i) pratique
lacentrifugation après adjonction
d’eau.Dans tous les cas, les résultats sont
exprimés
parrapport
aupoids
frais en pour-centage
d’eau extraite ou absorbée par la viande à l’issue de lacentrifugation.
Les méthodes faisant
appel
à lacompression
sont lesplus
utilisées. Ces méthodes sont toutesdérivées,
avec des modificationsplus
ou moinsimportantes,
de celle de- GRAU et HAMM( 1952 ) qui
consiste à presser l’échantillon de viande sur unpapier- filtre,
lapression
étant établie à la main à l’aide d’une presse à vis. Cette méthodea été
reprise
par différents auteurs, sansmodifications,
ou avec des modifications de détail visant engénéral
à l’obtention d’unepression
constante ou au moins indé-pendante
del’opérateur.
Lescaractéristiques
de ces variantes sont rassemblées dans.le tableau i.
On
peut aussi,
selon les auteurs, noter des variations dans le moded’expression
des résultats.
GRAU et HAMM
( 1953 )
considèrent la surface totale de la tache humideobtenue, puis
la différence entre cette surface et celle de la viandeaprès pression
et même la.surface de la viande seule.
WisM!x-P!D!xs!rr
( 195 8)
considère la différence entrepoids
de viande initial etfinal ;
BRISK!Y et al.( 1959 )
utilisent la différence entre surface totale et surface de la viande. WIERBICKI et DEATHERAGE( 195 8) également.
Nous avons
pris
en considération à la fois la surface totale et la différence depoids (GouT!xorrc!n, 19 6 0 ).
Les méthodes de mesure étant très
nombreuses,
il nous a semblé nécessaire de réaliser une étudecomparative.
Nous avons voulu comparer :- les résultats obtenus avec une méthode faisant
appel
à lacentrifugation
etceux obtenus avec une méthode faisant
appel
à lacompression,
- les résultats obtenus par
compression,
selon leur moded’expression.
Nous avons
également
étudié la relation entre la mesure dupouvoir
de réten-tion d’eau par ces différentes méthodes et le
pH
des échantillons.MATERIEL
ETTECHNIQUES
Nous avons utilisé au total ¢8o échantillons de muscle de porcs provenant de 30
sujets
de raceLarge
White. Laqualité
variait de très bon à exsudatif et couvrait toute la gamme desqualités
trouvées dans le commerce.
Toutes les déterminations étaient faites 24 h
après l’abattage.
La mesure dupH
était faiteavec un
pH
mètre EIL, type 23AF et une électrodeduplex.
Les processus
opératoires
des méthodes decompression
etcentrifugation
étaient les suivantes :Compression
La méthode utilisée était celle exposée par nous-mêmes
(G OUTEFO NG EA ,
i96o), où l’échantillon de viande, placé entre deuxdisques
depapier-filtre
au fond d’uncylindre,
estcomprimé pendant
5 mn par le
piston
pesant za5 g que l’on laisse tomber d’une hauteur constante, afin d’avoir des conditionsexpérimentales reproductibles.
Pour les 18
premiers
porcs, lepapier
utilisé était conservé dans un dessiccateur à CaCI2. Pourles porcs suivants, il était conservé dans un humidificateur à K CI.
Nous avons
enregistré :
- la différence des
poids
initial et final de l’échantillon de viande,- les surfaces des taches de diffusion du
jus
sur ledisque
depapier
inférieur(SI)
etsupérieur (S
2 )
’
- la surface de l’échantillon de viande
après l’opération (5 3 ).
Les surfaces SI, S2et S. sont
représentées figure
i.Centrifugation
Dans un tube de
centrifugeuse
cannelé de 45ml, à 5 g de muscle, onajoute
7,5 ml d’eau. Lebroyage
est effectué à l’aide d’unmicrobroyeur
Durel et Saussequi
permet de réaliserl’opération
dans le tube de centrifugeuse. Les échantillons sont
centrifugés pendant
20 mn à 6 5oo t/mn dansune
centrifugeuse
Jouan refroidie par circulation d’eau.Après
lacentrifugation,
leliquide
surnageant est enlevé, les tubes contenant le culot de centri-fugation
sont mis àégoutter
10minutes et on détermine par pesée la perte ou legain
depoids qui correspond
à une perte ou à une rétention d’eau. Cette méthode a étéappliquée
sur les porcs 2 à go.R!SUI,TATS
Varia bilité
Lors d’essais
préliminaires,
nous avons étudié la variabilité des différentes mé-thodes,
enappliquant
la même méthode à 10 échantillons d’un même muscle. Nousdisposions
alors d’un muscle normal(pH
24 h =6, 00 )
et d’un muscle exsudatif(pH
24 h =5 0 47).
Le
pouvoir
de rétention d’eau a étéexprimé
de différentesfaçons.
Méthode de
pression.
a - Perte de
poids
en p. 100 de tissu frais.b - Somme
Si
!--S 2
des surfaces des taches dejus
sur lespapiers-filtres supé-
rieur et
inférieur,
encm 2 /g
de tissu frais.c - Surface obtenue en retranchant de la somme
SI
+S 2
ci-dessus le double de la surfaceS 3
de l’échantillon de muscleaprès pression,
encm 2 fg
de tissu frais.Méthode de
centvi f ugation.
- Perte ou
gain
depoids
en p. 100 de tissu frais.Les résultats de ces essais sont rassemblés dans le tableau 2.
Comparaison
des méthodesA
partir
des données obtenues avec les4 8 0 échantillons,
nous avons calculé les coefficients decorrélation,
d’unepart,
entre les résultats obtenus par les différentes méthodes et, d’autrepart,
entre lepH
et les résultats obtenus parchaque
méthode.Les valeurs de ces coefficients sont rassemblées dans les tableaux 3 et 4.
DISCUSSION
Répétabilité
des mesuresDans
l’ensemble,
les résultats rassemblés dans le tableau 2montrent une varia- bilité des mesures assezimportante,
surtout pour la méthode depression, lorsque
l’on
prend
en considération la surfaceS,
-!-S 2
- 2S 3’
On
peut également
noter que le coefficient de variation est nettementplus élevé,
pour ces
méthodes,
dans le cas du muscle normal. Cette variabilitéplus grande
estdue au fait que les valeurs moyennes sont
plus
faibles chez le muscle normal. Cette remarque estégalement
valable pourexpliquer
le coefficient de variation trèsimpor-
tant des résultats obtenus en
prenant
en considération laquantité S, -f- S 2
-2S,.
Toutefois,
bien que les coefficients de variation soientélevés, chaque
méthodedifférencie nettement les 2 échantillons.
Compavaison
des méthodesIl faut aussi noter que si les résultats obtenus par la méthode de
pression repré-
sentent
toujours
uneperte d’eau,
par contre, ceux obtenus par la méthode de centri-fugation représentent, lorsque
lepH
est assez élevé(à partir
depH 6, 00 environ),
une
absorption
d’eau. C’est enparticulier
le cas du muscle normal dans notreexpé-
rience
préliminaire
et,parmi
les 160 échantillonsqui
ont été soumis à cetteméthode,
33 ontprésenté
une rétention d’eau. LespH
de ces échantillons étaient toussupé-
rieurs à 5,94.
Il n’est toutefois pas
possible
degénéraliser
car, par cetteméthode,
des échantil- lons àpH supérieur
à6, 00 peuvent
très bien subir uneperte
d’eau( nous
avons mêmeobtenu une
perte d’eau,
minime certes, avec des échantillons àpH
24 h de6, 34
et6,
5
6).
Ceci doit d’ailleurs nous inciter à rechercher si lepouvoir
de rétention d’eau est sous ladépendance
exclusive dupH
ou s’ils’agit
de 2phénomènes
concomitants.Les coefficients de corrélation entre les différentes méthodes sont tous
signi-
ficatifs à P = 0,01
(tableau 3 ).
On remarque une différence assez nette entre les coefficients des combinaisons
i et 2, 1
ayant
une valeur nettementsupérieure. L’emploi
dupapier-filtre
humide(atmosphère
de KCIsaturé) qui
a été fait pour les porcs 19à 30 n’a donc pasapporté d’amélioration,
au contraire.Pourtant,
les coefficients des combinaisons 3et 4 sont
très voisins. En
exprimant
les résultats par laquantité SI
-E-S 2
=2 S,
encm 2! g
detissu
frais,
onpeut
donc dire que ledegré
de siccité dupapier
n’a pasd’importance.
Le coefficient de la combinaison 5 montre que la relation entre la méthode de
compression
et la méthode decentrifugation
est assezétroite ;
il est toutefoispermis
de penser que ces deux méthodes ne mesurent
peut-être
pas exactement la mêmepropriété,
l’étatphysique
du muscle étant très différent dans les deux cas.Les coefficients de corrélation entre les résultats obtenus par les différentes mé- thodes et le
pH
sontégalement
toussignificatifs
à P = 0,01.(Tableau 4 )
Le
plus
élevé de ces coefficients est celui de la combinaison r5, cequi
nesignifie
pas de
façon
absolue que lacentrifugation
donne dupouvoir
de rétention d’eau réel du muscle une meilleurereprésentation
que lacompression,
maissimplement
quece que l’on a mesuré par cette méthode est lié
plus
étroitement aupH.
CONCI,USIOiV
L’examen des différentes méthodes
proposées
nouspermet
dedégager
les con-clusions suivantes :
- Il est
préférable, lorsque
l’onemploie
la méthode depression, d’exprimer
les résultats en
perte
d’eau en p. 100 dupoids
frais. Parmi les trois modesd’expres-
sion que nous avons
utilisés,
c’est celui-ciqui
a la variabilité la moinsgrande.
D’au-tre
part,
l’utilisation de laplanimétrie
demandeplus
detemps.
- La méthode de
centrifugation présente l’inconvénient,
parrapport
à lapré- cédente, d’exiger
desquantités
d’échantillonsplus importantes,
cequi peut
êtreparfois gênant.
Ellepeut
être assezrapide ( 1 6
échantillons à lafois)
et la variabilité des résultats est du même ordre degrandeur
que celle de la méthode depression, lorsque
que les résultats sontexprimés
commeprécédemment indiqué.
Ces deux méthodes se
prêtent
assez bien à l’utilisation engrande
série.Toutefois,
ces deux méthodes sont assezgrossières
et si elles sont suffisantes pour des déterminations courantes, il nous semble nécessaire d’avoir une autre mé- thode à notredisposition.
Cette
méthode, qui
auraitl’avantage
de donner des résultatsreprésentatifs
del’état réel de l’eau dans le
muscle,
consiste à étudier lesphénomènes
desorption
etde
désorption
de l’eau par le muscle. Sa lenteur nepermet
pas de l’utiliser engrande série,
mais ellepourrait
servir de méthode de référence parrapport
àlaquelle
onpourrait
tester des méthodesplus rapides.
Reçu pour
publication
en mars19 6 3 .
SUMMARY
DIFFERENT METHODS FOR MEASURING THE WATER-BINDING CAPACITY OF PORK MCSCLE : A COMPARATIVE STUDY. RELATION TO THE MUSCLE
pH.
Two methods for
measuring
thewater-binding capacity
ofpork
muscle werecompared
in astudy
of 480samples
from 30Large-White
animals. The first one was a pressure method, the otherone used
centrifugation.
The different ways of
obtaining
the pressure method results arecompared.
The relations of thepH
to the waterbinding capacity,
as measuredby
the different methods are studied.The
centrifugation
and the pressure methods (theweight
lossbeing
related to thefreshweight)
have about the same
variability,
and the correlation coefficient between them ishighly significant.
The
centrifugation
results were better correlated with thepH
than the pressure results.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
B RISKE
I’ ]-’. J., BRAYR. W., IIOEKS1’R:B W. G., l’IIILLIPS l’. H., Gpb’MMER R. Il., 1959. !hlle chemical and
physical characteristics of various pork ham muscles classes. J. Ani1/!. Sci., 18, 146-152.
B R I SKEY
E. J., HOEIiSTRn W. G., BR:1Y R. W., GRUMMER R. IL, 1960. A comparison of certain physical and
chemical characteristics of eight pork muscles. J. Anilll.. Sci 19, zLI-zz5. G
OUTEFO
:-lGEA R., 1960. Description d’un nouvel appareil pour mesurer le pouvoir de rétention d’eau de la viande. Vlth Meeting of Meat Research Institutes. Utrecht, i g60.
GRAU R., HAm! R., 1952. Eine einfache olethode zur Bestiiiiiiitiiig der iiasserbindmig im Fleisch. Fleish-
wirtschaft, 4, 29!.
GRAU R., HAMMR., 1 g53. 1?ine einfache Méthode zur Bestimmung der Wasserbindung im iIu5kel. 1’alur-
wisseizschalien, 40, 29-30.
GRAU R., HnmM R., 1956. Die Bestimmung der Wasserbindung des I’leisches mittel der Press methode.
7’’/!<’!K’tf<M/M/<, 8, 733-736!
HAMBURGER J., 3IATIIEG., 1952. dlétabolisme de l’eau (36). Editions médicales, Flanlmarion. Paris.
NnNIVAARAF.P., J’OIlJA11t. S., ’954. Zur Theorie der BB’asserbindung des Fleisches. Fleischuirtschali, 6,
’9 2 -’93.
Scxorr L., STOSIEK31., ’95R. Untersuchungen zum Salthaltungscerm6gen im Muskelneish von Rindern.
7’’/e!’!i:/:a’t)’!<;/ta/i, 11, 769-770. S
HERMAN P., 1961. The water binding capacity of fresh pork. Food Tecfinol., 15, 79-87. SW
IFT
C. E., BERMAN M.D., 1959. Factors affecting the water retention of beef. 1%oorl 7’<’<;&MO/.,13,365-370.
U RBIN
NI. C., ZESSm D. A., !VILSON G. D., io62. Observations on a method of determining the water bind-
ding properties of meat. J. Anina. Sci., 21, 9-18.
NV IERBICKI
Ii., KuriKtE L. E., DEATHERAHEF. E., 1g57. Changes in the water holding capacity and cationic
shifts during the heating and freezing and thawing of meat revealed by a simple centrifugal method for measuring skrinkage. Food Technol., 11, 69-73.
W
IERBICKIE., DEnTxERnGE F. E., 1958. Détermination of water holding capacity of fresh meat. J. Agr.
Faod Chem., 6, 387-392.
BVlsotER-PEDERSEV J., 1958. Quality of pork in relation to rate of pH change post-mortem. tth Jleeting of
Meat Reseaych Institastes. Cambridge., 1958.