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LIGNES DIRECTRICES POUR LA CRÉATION D’UN CENTRE ANTIPOISON

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LIGNES DIRECTRICES

POUR LA CRÉATION D’UN CENTRE ANTIPOISON

Organisation

mondiale de la Santé

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LIGNES DIRECTRICES

POUR LA CRÉATION D’UN CENTRE ANTIPOISON

Organisation

mondiale de la Santé

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Lignes directrices pour la création d’un centre antipoison [Guidelines for establishing a poison centre]

La première édition de cette publication a été publiée en 1998sous le titre suivant : Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications (https://apps.who.int/iris/handle/10665/42096).

ISBN 978-92-4-002394-9 (version électronique) ISBN 978-92-4-002395-6 (version imprimée)

© Organisation mondiale de la Santé 2021

Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (CC BY NC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo/deed.fr).

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Toute médiation relative à un différend survenu dans le cadre de la licence sera menée conformément au Règlement de médiation de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (http://www.wipo.int/amc/

en/mediation/rules/).

Citation suggérée. Lignes directrices pour la création d’un centre antipoison [Guidelines for establishing a poison centre]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2021. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris.

Ventes, droits et licences. Pour acheter les publications de l’OMS, voir http://apps.who.int/bookorders.

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La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.

L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La responsabilité de l’interprétation et de l’utilisation dudit matériel incombe au lecteur. En aucun cas, l’OMS ne saurait être tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation.

La traduction française a été réalisée par Tradas S.A. En cas d’incohérence entre la version anglaise et la version française, la version anglaise est considérée comme la version authentique faisant foi.

Photos de couverture de Freepik

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TABLE DES MATIÈRES

Préface iv

Remerciements vi

Liste des contributeurs vii

1. Centres antipoison : rôle en matière de prévention et de gestion

des intoxications 1

2. Centres d’information antipoison 17

3. Services cliniques pour la prise en charge des intoxications 35 4. Toxicologie analytique et autres services de laboratoire 41 5. Toxicovigilance et prévention des intoxications 53 6. Rôle des centres antipoison dans la gestion de la santé publique

en cas d’incidents et d’urgences chimiques 69

7. Antidotes et antivenins 81

8. Centres antipoison : collecte de données et bases de données 91

9. Sources d’information toxicologiques 97

10. Formation du personnel du centre antipoison et assurance qualité 107 11. Sources potentielles de financement des activités du centre

antipoison 121

Annexe 1. Résumé des études sur l’impact économique des centres

antipoison 133

Annexe 2. Ressources en matière de toxicologie et de médecine

générale 138

Annexe 3. Informations à indiquer dans une fiche de demande de

renseignements 152

Annexe 4. Exemples de systèmes de toxicovigilance 158 Annexe 5. Antidotes et autres agents utilisés dans la prise en charge

des intoxications figurant sur la Liste modèle de l’OMS

des médicaments essentiels 162

Annexe 6. Présentation proposée pour le rapport annuel d’un

centre antipoison 165

Annexe 7. Exemple de procédure opérationnelle pour répondre

aux demandes de renseignements sur les poisons 170 Annexe 8. Exemple de formulaire pour évaluer le traitement

des appels par un spécialiste des informations sur

les substances toxiques 173

Annexe 9. Exemple d’un questionnaire de satisfaction de l’utilisateur 174

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PRÉFACE

La présente publication est une mise à jour des Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications, publiées par l’OMS en 1997 dans le cadre du Programme international sur la Sécurité des substances chimiques. L’origine de la publication initiale était de reconnaître que les intoxications par des substances chimiques constituent un risque significatif et croissant dans tous les pays, mais que relativement peu de pays disposent de structures efficaces de prévention et de traitement des intoxications (1). La nécessité de renforcer cette capacité dans les pays, notamment par la création de centres d’information toxicologique, a été reconnue lors d’une réunion conjointe de la Fédération mondiale des associations des centres de toxicologie clinique et des centres antipoison, du Programme international sur la sécurité des substances chimiques et de la Commission européenne, au siège de l’OMS en octobre 1985. Lors de cette réunion, il a été recommandé que des lignes directrices soient rédigées pour aider les pays à établir ou renforcer des capacités de prévention et de traitement des intoxications. Un groupe de travail international a été mis sur pied pour rédiger ces lignes directrices.

La publication des Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications entrait dans le cadre d’un plus vaste projet de l’OMS, le programme INTOX, afin d’aider les pays à établir et renforcer des centres antipoison. Le programme INTOX comprend un projet pour évaluer les antidotes et les autres substances utilisées dans le traitement des intoxications, l’élaboration d’un dossier multilingue et d’un système de gestion des données afin d’aider les nouveaux centres antipoison à démarrer leurs activités et à créer un réseau mondial de toxicologues médicaux et analytiques et de spécialistes des centres antipoison.

Depuis la publication des Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications, le rôle et les activités des centres antipoison ont évolué, tout comme les technologies de l’information et la communication. Il est particulièrement important de mettre à nouveau l’accent sur le rôle des centres antipoison en matière de santé publique après la révision du Règlement sanitaire international en 2005. Ce règlement adopte désormais une approche tous risques et exige que les pays disposent des capacités nécessaires à la surveillance, à la détection et à l’intervention lors d’événements de santé publique causés par des produits chimiques. Une grande partie de ces capacités peut être proposée par un centre antipoison disposant de ressources suffisantes.

Cette mise à jour des Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications, intitulée Lignes directrices pour la création d’un centre antipoison, reflète l’évolution du rôle des centres antipoison en matière de santé publique et de gestion saine des produits chimiques, décrit dans la Section 1, ainsi que les possibilités offertes par les nouvelles technologies. Les évaluations réalisées dans le cadre du Règlement sanitaire international montrent des lacunes persistantes dans les capacités de gestion des produits chimiques (2). De nombreux pays, notamment, n’ont toujours pas accès aux services de centres antipoison (3).

Il existe dès lors une demande pour une actualisation des lignes directrices.

Cette mise à jour a été préparée comme suit. En mai 2018, l’OMS a convoqué un groupe de spécialistes des centres antipoison et des centres de toxicologie médicale et analytique de toutes les régions de l’OMS. Le groupe a été invité à examiner les Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications afin de déterminer où des mises à jour s’avéraient nécessaires et où il convenait d’ajouter des informations supplémentaires. Le Centre collaborateur de l’OMS pour la gestion des expositions aux produits chimiques dans le domaine de la santé publique, qui fait partie de Public Health England, a chargé les unités du National Poisons Information Service (NPIS) à Birmingham, Cardiff, Édimbourg et Newcastle de mettre à jour les différentes sections et les annexes. Le personnel du Centre collaborateur de l’OMS a apporté des contributions supplémentaires et le chef d’équipe de l’unité de coordination de la surveillance de la division Gestion des urgences chimiques et Toxicovigilance, Santé Canada, a fourni des informations importantes pour la Section 5.

Chaque section mise à jour a été revue par les membres du groupe d’experts de l’OMS, qui ont procédé à d’autres révisions.

Le document complet a été examiné lors de la réunion du groupe d’experts, organisée par le National Poisons Information Service (NPIS, Edinburgh Unit) les 9 et 10 juillet 2019 à Édimbourg, Écosse. Après une nouvelle révision, le document a été réexaminé lors d’une réunion d’un petit groupe de rédaction organisée les 4 et 5 décembre 2019 par Public Health England à Londres. Cette révision a été transmise au groupe d’experts de l’OMS et également aux personnes à contacter de la santé environnementale des bureaux régionaux de l’OMS aux fins de commentaires.

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La première section décrit l’histoire des centres antipoison et le contexte politique. Elle donne ensuite un aperçu des services que peut proposer un centre antipoison et les considérations à prendre en compte dans la planification d’un centre antipoison.

Les sections suivantes abordent les aspects plus pratiques des services et des activités d’un centre antipoison. Les sections 2 à 4 donnent des conseils sur la mise en place d’un service d’information toxicologique, d’un service de toxicologie clinique et d’un service de toxicologie analytique. La section 5 décrit le rôle des centres antipoison en matière de toxicovigilance et de prévention des intoxications et la section 6 décrit leur rôle dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence impliquant des substances chimiques. La section 7 aborde les questions relatives à l’amélioration de la disponibilité des antidotes. Les sections 8 et 9 présentent les bases de données et les ressources bibliographiques pour les centres antipoison. La section 10 donne des conseils pratiques sur la formation du personnel des centres antipoison et sur la gestion de la qualité. La section 11 aborde les sources potentielles de financement pour les centres antipoison telles qu’elles sont expérimentées dans divers pays.

BIBLIOGRAPHIE

1. Report of the survey of poison control centres and related toxicological services 1984–1986. J Toxicol Clin Exp.

1988;8(5):313–71.

2. Observatoire mondial de la santé (GHO) - Données : IHR core capacities implementation status: chemical events by WHO region, 2018. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2020 (https://www.who.int/gho/ihr/monitoring/chemical/en/, consulté le 7 avril 2020).

3. Observatoire mondial de la santé (GHO) - Données : Centres antipoison : annuaire mondial des centres antipoison.

Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2020 (https://www.who.int/gho/phe/chemical_safety/poisons_centres/en/, consulté le 7 avril 2020).

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REMERCIEMENTS

L’OMS remercie le Centre collaborateur de l’OMS pour la gestion des expositions aux produits chimiques dans le domaine de la santé publique, représenté par le Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards du Public Health England et le National Poisons Information Service, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, pour leur aide dans la préparation de cette mise à jour des Lignes directrices pour la lutte contre les intoxications.

L’OMS remercie la contribution en nature du Public Health England pour la révision du présent document. La participation du Public Health England a été facilitée dans le cadre du projet de renforcement du Règlement sanitaire international du Public Health England, une initiative financée par l’aide britannique qui participe au renforcement des capacités afin de se conformer au Règlement sanitaire international (2005). L’OMS remercie également la contribution financière de la Commission européenne à l’édition et à la traduction du présent document.

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LISTE DES CONTRIBUTEURS

Ce projet a été dirigé par Nicholas Brooke, scientifique principal en santé publique environnementale, Chemicals and Environmental Effects Department, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Londres, Angleterre, et Joanna Tempowski, Département Environnement, changement climatique et santé, Organisation mondiale de la Santé, Genève, Suisse.

Les principaux contributeurs sont les suivants :

Amber Bryce, clinicienne chercheuse stagiaire, All Wales Medical Genomics Service, University Hospital Wales, Cardiff, Pays de Galles

Lydia Izon-Cooper, Scientifique principale en santé publique, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Londres, Angleterre

Ted Cheung, Bornnali Das, Des Henke, spécialistes des informations sur les substances toxiques, National Poisons Information Service (Birmingham Unit), Birmingham, Angleterre

Michael Beddard, Alexander Capleton, Talan Parnell, spécialistes des informations sur les substances toxiques ; et James Coulson, médecin conseil honoraire, National Poisons Information Service (Cardiff Unit), Llandough Hospital, Cardiff, Pays de Galles

Sonia Bradley, Responsable du service information ; et Dacia Jones, Scientifique de l’information médicale, National Poisons Information Service (Newcastle Unit) et Regional Drug and Therapeutics Centre, Newcastle-upon-Tyne, Angleterre

Victoria Eagling, spécialiste des informations sur les substances toxiques ; Gill Jackson, Responsable TOXBASE ; et Euan Sandilands, Directeur, National Poisons Information Service (Edinburgh Unit), Royal Infirmary of Edinburgh, Édimbourg, Écosse

Richard Wootton, chef d’équipe, Unité Surveillance et Coordination, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada, Ottawa, Canada

Les personnes suivantes ont réalisé un examen d’expert du contenu de l’ouvrage :

Mohammedsali Hassen Ahmed, assistant du directeur général, Hôpital spécialisé St Peter, Addis Abeba, Éthiopie Kamal Al Hadidi, Directeur, National Drug and Poison Information Center, Amman, Jordanie

Ryan Chuang, médecin urgentiste, Services de santé Alberta, Calgary, Canada

Sam Collins, Scientifique principal en santé publique, Chemicals and Environmental Effects Department, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Chilton, Angleterre

Meghan Cook, responsable du projet Règlement sanitaire international, Chemicals and Environmental Effects Department, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Chilton, Angleterre Carissa Paz Dioquino, Responsable, University of the Philippines Manila, Philippine General Hospital National Poison Management and Control Center, Manille, Philippines

Nina Dobbin, épidémiologiste, Unité Surveillance et Coordination, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada, Vancouver, Canada

Gabija Dragelyte Laubner, Responsable, Département des soins intensifs pour les intoxications aiguës et la toxicologie, Hôpital universitaire républicain de Vilnius, Vilnius, Lituanie

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Raquel Duarte-Davidson, Responsable, Chemicals and Environmental Effects Department and National Poisons Information Service Commissioning Services, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Chilton, Angleterre

Nick Edwards, consultant, Londres, Angleterre

Muhammad Elamin, médecin conseil et toxicologue clinique, National Poisons Information Service (Birmingham Unit) et West Midlands Poisons Unit, City Hospital, Birmingham, Angleterre

Ligia Véras Gimenez Fruchtengarten, Directrice médicale, Centre antipoison de São Paulo, São Paulo, Brésil Najla Khoja, Présidente, Poison Control Department, King Fahad Medical City, Riyad, Arabie Saoudite

Marc Lafontaine,conseiller scientifique, Unité Préparation et Réponse aux urgences chimiques, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada Ottawa, Canada

Royal Kai Yee Law, épidémiologiste, National Center for Environmental Health, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta (GA), États-Unis d’Amérique

Carlo Alessandro Locatelli, Directeur, Unité toxicologie et Centre antipoison de Pavie, Centre d’information toxicologique national, Pavie, Italie

Ann-Maree Lynch, Cheffe de département, Western Australia Poisons Information Centre, Nedlands, Australie Carine Marks, Directrice, Tygerberg Poison Information Centre, Le Cap, Afrique du Sud

Monique Mathieu–Nolf, Directrice, Centre Antipoison et de Toxicovigilance, Lille, France Tom Menge, Bureau du pharmacien en chef, Kenyatta National Hospital, Nairobi, Kenya

Shekoufeh Nikfar, École de pharmacie, Tehran University of Medical Sciences, Téhéran, République islamique d’Iran V.V. Pillay, Responsable, Centre antipoison, Amrita Institute of Medical Sciences and Research, Cochin, Inde Sandy Remer, épidémiologiste, Unité Surveillance et Coordination, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada, Toronto, Canada

Mahmoud Lofty Sakr, Directeur, Poison Control Center, Ain Shams University, Le Caire, Égypte

Eleri Thomas, spécialiste des informations sur les substances toxiques, National Poisons Information Service (Cardiff Unit), Llandough Hospital, Cardiff, Pays de Galles

Winai Wananukul, Directeur, Ramathibodi Poison Center, Faculty of Medicine Ramathibodi Hospital, Mahidol University, Bangkok, Thaïlande

Deborah Weiss, épidémiologiste, Unité Surveillance et Coordination, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada, Ottawa, Canada

Sherika Whitelocke-Ballingsingh, Coordinatrice du centre antipoison, Caribbean Poison Information Network, Kingston, Jamaïque

Stacey Wyke, cheffe de groupe (Chemicals and Poisons), Chemicals and Environmental Effects Department, Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards, Public Health England, Chilton, Angleterre

Abdool Yasseen, épidémiologiste, Unité Surveillance et Coordination, Division de la gestion des urgences chimiques et de la toxicovigilance, Santé Canada, Ottawa, Canada

Mark L. Zammit, pharmacien de formation supérieure, Ministère de la Santé, La Valette, Malte Zaw Lynn Aung, Responsable, Department of Medicine, University of Medicine 1, Yangon, Myanmar

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Tous les contributeurs et réviseurs susmentionnés ont rempli un formulaire de déclaration d’intérêts de l’OMS qui a été examiné par l’administrateur technique de l’OMS. Aucun conflit d’intérêts n’a été recensé.

Les membres du personnel de l’OMS ci-dessous ont également révisé la présente publication : Ana Boischio, Advisor Chemical safety, Climate Change and Environmental Determinants of Health Unit, Organisation panaméricaine de la santé et Irina Zastenskaya, Administratrice technique, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS. La Section 7 et l’Annexe 5 ont été révisées par Klara Tisocki, responsable médicale, Essential Drugs and Other Medicines, Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Asie du Sud-Est.

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1 CENTRES ANTIPOISON : RÔLE EN MATIÈRE DE PRÉVENTION ET DE GESTION DES INTOXICATIONS

1.1 INTRODUCTION

Selon les estimations, 40 000 à 60 000 produits chimiques industriels existent sur le marché à travers le monde, dont environ 6000 représentent la majeure partie du volume total (1). En outre, il existe plus de 6000 médicaments approuvés (2), quelque 730 nouvelles substances psychoactives (3), environ 2000 espèces végétales vénéneuses, 1200 espèces animales venimeuses (4) et d’innombrables produits ménagers, industriels et cosmétiques. La population peut être exposée à un grand nombre de ces substances et produits, entraînant une maladie ou la mort. Les connaissances en toxicologie humaine pour de nombreux produits chimiques et toxines naturelles sont cependant très élémentaires.

Les intoxications constituent un problème de santé publique mondial majeur. L’OMS estime que, en 2016, les intoxications accidentelles ont entraîné 106 683 décès et la perte de 6,3 millions d’années de vie en bonne santé (années de vie corrigées du facteur invalidité) (5, 6). On estime également que de 81 410 à 137 880 personnes décèdent chaque année des suites d’une morsure de serpent (7). En outre, on estime qu’environ 20 % des suicides à travers le monde sont dus à des intoxications par les pesticides, principalement dans les zones agricoles rurales des pays à faibles et moyens revenus (8). Dans de nombreux pays, les intoxications constituent l’une des principales causes des hospitalisations en urgence. Les intoxications constituent une urgence dépendante du temps et, comme pour les maladies, elles peuvent nécessiter l’avis d’un spécialiste pour poser le bon diagnostic et proposer le traitement ad hoc.

Des centres antipoison nationaux ont été mis en place comme centres d’expertise spécialisés pour remédier au fait que l’on ne pouvait pas attendre des professionnels de la santé de tout connaître de la toxicité de chaque substance et de chaque produit et également pour coordonner la recherche toxicologique. Vous trouverez ci-dessous un bref historique des centres antipoison.

1.2 QU’EST-CE QU’UN CENTRE ANTIPOISON ?

Un centre antipoison est un organisme spécialisé qui apporte des conseils et participe à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge des intoxications. Le rôle principal d’un centre antipoison est clinique : apporter des conseils et, dans certains cas, prendre en charge les cas d’intoxication. Les centres antipoison n’ont pas la même structure et les mêmes fonctions dans tous les pays ; toutefois, ils assurent toujours un service d’information. Les centres antipoison peuvent également être dotés d’une unité de prise en charge clinique et/ou d’un laboratoire de toxicologie qui peuvent effectuer des analyses toxicologiques.

Les données recueillies par les centres antipoison dans l’accomplissement de leurs tâches peuvent être utilisées à des fins de santé publique et pour soutenir une gestion saine des produits chimiques par le biais de la toxicovigilance (voir section 5).

Au nombre des autres rôles potentiels d’un centre antipoison figurent l’organisation de l’approvisionnement en antidotes, la participation à la recherche, à l‘éducation et à la formation et les conseils en matière d’exposition environnementale aux substances chimiques. L’interaction communautaire peut également constituer une activité importante et contribuer à rehausser le profil des centres antipoison. Ces éléments sont résumés ci-dessous et décrits plus en détail dans d’autres sections.

Dans certains pays, les centres antipoison peuvent s’occuper des problèmes d’intoxication concernant à la fois les animaux et les hommes. L’intoxication des animaux peut avoir des conséquences économiques importantes, et des centres spécialisés ont été établis dans certains pays, notamment en Australie, en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis d’Amérique.

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1.3 TERMINOLOGIE

Différents termes sont utilisés à travers le monde pour décrire les services qui fournissent des informations et des conseils en matière de gestion des intoxications et, dans certains cas, des services de traitement et de laboratoire. Au nombre de ces termes figurent : « centre d’information toxicologique », « service d’information toxicologique », « centre de contrôle toxicologique »,

« centre de soutien et d’information toxicologiques », « centre antipoison », « service d’information toxicologique » et « centre toxicologique ». Dans les présentes lignes directrices, les termes suivants sont utilisés :

centre d’information toxicologique, lorsqu’il s’agit d’un établissement qui fournit uniquement des informations et des conseils ; et

centre antipoison, lorsqu’il s’agit d’un établissement qui est à la fois un centre d’information toxicologique et un établissement qui dispose d’une unité de traitement clinique et/ou d’un laboratoire toxicologique. Ce terme est également utilisé de manière plus générique lorsqu’il s’applique à un centre d’information toxicologique ou un centre d’information toxicologique combiné à une unité de traitement ou un laboratoire.

Les termes suivants sont utilisés pour décrire le personnel spécialisé qui travaille dans les centres antipoison :

spécialiste des informations sur les substances toxiques : un professionnel des services de soins de santé formé pour travailler dans un centre d’information toxicologique pour fournir des informations et des conseils en matière de diagnostic et de gestion des intoxications ; et

toxicologue médical : un médecin qui a reçu une formation spécialisée en toxicologie clinique.

1.4 HISTORIQUE

Après la Seconde Guerre mondiale, le développement de nouveaux produits chimiques, y compris les produits pharmaceutiques et les pesticides (9), a enregistré une augmentation considérable qui s’est accompagnée d’une augmentation correspondante du nombre d’intoxications (10). Comme la plupart des professionnels de la santé n’étaient pas au fait de la gestion clinique des intoxications, le besoin de conseils spécialisés en toxicologie s’est avéré évident et le principal moteur pour la création de centres antipoison. Un cadre de professionnels de soins de santé intéressés par la toxicologie humaine et clinique, et motivés pour étendre leurs connaissances en la matière, constitue une condition préalable à la création de tels centres.

La mise sur pied d’unités de traitement en matière de toxicologie clinique a précédé la création des centres d’information toxicologique. Un des premiers centres à avoir été créé est celui de l’hôpital Bispebjerg au Danemark (11), qui traitait principalement des patients souffrant d’une overdose de médicaments psychotropes. L’expérience acquise par la centralisation du traitement des intoxications et l’accent mis sur la surveillance clinique pour prodiguer des soins symptomatiques et de soutien de qualité ont été considérés comme responsables d’une diminution de la mortalité due aux intoxications.

Aux États-Unis, un facteur majeur dans l’évolution des centres d’information toxicologique a été l’ampleur des intoxications mortelles de jeunes enfants révélés par une étude épidémiologique menée en 1949–1950 (11, 12). L’académie américaine de pédiatrie a mis sur pied un comité de prévention des accidents en 1950, qui a constaté que 49 % des « accidents » signalés et traités par ses membres concernaient une intoxication (12). Le premier centre d’information toxicologique au monde a été créé en 1953 à Chicago (Illinois) (13). Ce centre a prodigué des conseils professionnels par téléphone et a utilisé un formulaire standard de collecte de données. Le premier centre d’information toxicologique en Europe a été créé aux Pays-Bas en 1960 (14, 15). D’autres centres ont été créés par la suite, notamment en Asie, en Australasie, en Europe et en Amérique du Nord.

Les premiers centres d’information toxicologique s’appuyaient sur diverses spécialités médicales, notamment pédiatrie, soins intensifs, médecine légale, médecine du travail, toxicologie analytique, pharmacie et pharmacologie. Dans une certaine mesure, le caractère original de nombreux centres a été maintenu et il existe une grande hétérogénéité dans leur structure et leur organisation. Les centres antipoison ont toujours fourni des conseils en réponse aux demandes de renseignements téléphoniques ; toutefois, plus récemment, les bases de données sur internet ont joué un rôle de premier plan dans certains pays (voir section 9).

Lorsque les centres d’information toxicologique ont commencé à offrir leurs services, ils ont également commencé à collecter des données sur les cas qui leur ont été soumis afin de caractériser la fréquence et le schéma des intoxications au sein de la population et à des fins médico-légales (16). L’évolution des technologies de l’information a permis la mise en place des systèmes de surveillance des centres antipoison pour agréger, analyser et interpréter les données nationales en matière

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d’intoxication. Les ensembles de données peuvent servir de base aux initiatives de prévention des intoxications et de réduction des risques en matière de santé publique, de réglementation et de sécurité sanitaires (voir section 5).

1.5 CADRE POLITIQUE INTERNATIONAL

Les services fournis et les données collectées par les centres antipoison peuvent contribuer à la fois à la santé publique et à la gestion saine des produits chimiques. La création des centres antipoison a donc été reconnue comme une priorité dans les forums intergouvernementaux successifs en matière d’environnement et de santé. Le point de départ a été Action 21, un plan d’action non contraignant visant à promouvoir le développement durable, adopté en 1992 lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement à Rio de Janeiro, Brésil (17). Le Forum intergouvernemental sur la sécurité chimique, qui a été établi en 1994 afin de coordonner la mise en œuvre internationale du chapitre 19 d’Action 21, a réitéré la priorité de créer et de renforcer les centres antipoison dans ses Priorités d’action au-delà de 2020 (18). En 2006, la première Conférence internationale sur la gestion des produits chimiques, qui a adopté l’Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques, comprenait les centres antipoison dans le Plan d’action mondial (19).

Le Règlement sanitaire international (voir encadré 1) exige des pays d’être capables de détecter, d’évaluer et d’apporter une réponse aux événements sanitaires causés par des produits chimiques (20, 21). Au nombre des capacités de base identifiées comme nécessaires pour que les pays respectent leurs obligations au titre du Règlement sanitaire international figurent un centre d’information toxicologique et l’accès à des services de laboratoire de toxicologie (22). La création et le renforcement des centres antipoison constituent également une action prioritaire des gouvernements dans la Feuille de route de l’OMS pour les produits chimiques, afin de renforcer le rôle du secteur de la santé dans la réalisation des objectifs de l’approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (23), approuvée lors de la soixante-dixième Assemblée mondiale de la Santé en 2017, dans la décision WHA70(23) (24).

Encadré 1. Règlement sanitaire international (2005) (21)

En 2005, les États Membres de l’OMS ont adopté la révision du Règlement sanitaire international (RSI). Son objet et sa portée consistent à prévenir la propagation internationale des maladies, à s’en protéger, à la maîtriser et à y réagir par une action de santé publique. La portée du Règlement sanitaire international n’est pas limitée à une maladie ou à un mode de transmission donné, comme c’était le cas dans le cadre du règlement précédent. En effet, le Règlement sanitaire international couvre toute pathologie humaine ou toute affection, quelle qu’en soit l’origine ou la source, ayant ou susceptible d’avoir des effets nocifs importants pour l’être humain.

Le Règlement sanitaire international oblige les États Parties à développer des capacités essentielles minimales en santé publique, en mettant l’accent sur une détection et une réaction rapides en cas d’événements de santé publique. Les pays doivent notifier à l’OMS les événements, chimiques ou autres, susceptibles de constituer une urgence de santé publique de portée internationale, en tenant compte du contexte dans lequel l’événement se produit, y compris la disponibilité de la capacité d’intervention.

Pour aider les pays à décider si l’OMS doit être avertie d’un événement, un instrument de décision est fourni à l’Annexe 2 du règlement. Cet instrument énumère quatre critères permettant aux pays d’évaluer les événements sur leur territoire : (i) les répercussions de l’événement sur la santé publique sont-elles graves ; (ii) l’événement est-il inhabituel ou inattendu ; (iii) y a-t-il un risque important de propagation internationale ; et (iv) y a-t-il un risque important de restrictions des voyages internationaux et du commerce international. Les pays qui déterminent qu’un événement répond à deux de ces quatre critères doivent en informer l’OMS dans le cadre de ce règlement par l’intermédiaire de leur point focal national RSI.

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1.6 FONCTIONS DES CENTRES ANTIPOISON

Les fonctions d’un centre antipoison peuvent varier d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays, mais, comme mentionné ci-dessus, elles peuvent comprendre un centre d’information toxicologique, une unité de toxicologie clinique et un laboratoire de toxicologie.

1.6.1 CENTRE D’INFORMATION TOXICOLOGIQUE

Un centre d’information toxicologique est une unité spécialisée qui répond aux demandes de renseignements, généralement par téléphone, sur les expositions à des agents chimiques, en ce compris des produits chimiques, des produits pharmaceutiques, des substances illicites, des toxines naturelles, des pesticides et des produits chimiques industriels. Les rôles et fonctions d’un centre d’information toxicologique sont décrits plus en détail dans la section 2 et sont uniquement résumés ici.

Les intoxications peuvent se produire à domicile, au travail ou dans des zones rurales, à une certaine distance d’un établissement médical. Les personnes qui appellent un centre d’information toxicologique pour demander des conseils peuvent être des professionnels de la santé, d’autres professionnels (police, écoles) ou des membres du grand public. À partir des informations qu’ils fournissent, un spécialiste des informations sur les substances toxiques évalue si l’exposition est dangereuse et prodigue des informations sur la pertinence et le type de traitement à administrer. Les informations doivent être adaptées aux circonstances de l’intoxication et au niveau de connaissance et de compréhension du demandeur. Le centre d’information toxicologique propose des conseils fondés sur des preuves et déconseille les traitements inefficaces ou inutiles. Pour un cas complexe ou grave qui nécessite des conseils cliniques plus détaillés, le spécialiste des informations sur les substances toxiques peut généralement orienter la personne qui appelle vers un médecin spécialisé en toxicologie qui peut examiner la gestion clinique avec le médecin traitant.

Un centre d’information toxicologique peut également donner son avis sur la nécessité des analyses de laboratoire et fournir des informations sur la disponibilité et la localisation des antidotes. En qualité de centre d’expertise en matière de toxicologie, le centre d’information toxicologique peut aider à poser le diagnostic des patients qui présentent des symptômes aigus d’origine inconnue.

Dans certains pays, y compris en Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Royaume-Uni, les centres antipoison ont mis au point des bases de données de toxicologie clinique sur internet à l’usage des professionnels de la santé qui traitent les cas simples d’intoxication (voir section 9). Un petit nombre de ressources en ligne sont également disponibles pour le grand public. Aux États-Unis, une application en ligne et sur smartphone propose au grand public les premiers soins et des conseils en matière d’intoxications (25) et sert de mécanisme de triage pour réduire ou éviter les interventions médicales inutiles en cas d’exposition à faible toxicité et pour garantir que les interventions médicales urgentes aient bien lieu, le cas échéant. En Afrique du Sud, des informations sur les substances à faible toxicité sont disponibles sur le site internet AfriTox (voir section 9).

Les centres d’information toxicologique ont été les pionniers en matière de téléconsultation et l’utilisation d’autres techniques de télémédecine, comme la consultation audiovisuelle avec des patients, est de plus en plus courante (26). Ces techniques sont particulièrement utiles lorsqu’aucun médecin spécialisé en toxicologie n’est sur place pour évaluer le patient exposé ou lorsqu’une consultation avec un conseiller spécialisé, tel qu’un expert en morsure de serpent, est nécessaire. Dans de tels cas, une téléconsultation médicale pourrait empêcher le transport d’un patient vers un hôpital éloigné et pourrait accélérer le diagnostic et le traitement et ainsi réduire les coûts des soins de santé connexes (25, 26). Lorsque les infrastructures de télécommunications sont insuffisantes et les services téléphoniques inadéquats, le centre peut recevoir directement les visiteurs et procéder à des consultations, même s’il ne s’agit pas du moyen le plus commun d’accéder aux services.

Les centres d’information toxicologique peuvent également fournir des documents écrits sur des questions précises, comme les algorithmes de traitement sous la forme d’affiches. Au nombre des autres canaux de communication pouvant être utilisés pour des demandes non urgentes figurent le courrier électronique, le courrier postal et les médias sociaux.

En plus de fournir des informations, un centre d’information toxicologique recueille des informations sur les cas d’intoxication qui lui sont soumis, comme les circonstances et la gravité de l’intoxication. La collecte et l’analyse de ces données entrent dans le cadre des activités de toxicovigilance du centre d’information toxicologique, permettant d’identifier plus facilement les risques imprévus des produits chimiques et autres substances et l’émergence de nouveaux risques toxicologiques.

Ces données peuvent également être utilisées pour accroître la connaissance sur la toxicité des différents agents, pour identifier les défaillances dans la gestion des risques et pour constituer la base de la prévention. Vous trouverez davantage d’informations sur la toxicovigilance et la prévention ci-dessous et dans la section 5.

En collaboration avec d’autres organismes responsables, en cas d’incidents d’origine chimique, un centre d’information toxicologique peut prendre une part active dans la détection, la préparation et l’intervention, tel que décrit dans la section 6.

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Dans l’exercice de son rôle et de ses fonctions, chaque centre doit coopérer non seulement avec des organisations similaires, mais aussi avec d’autres institutions qui s’intéressent à la prévention et au traitement des intoxications. Dans certains pays, les centres d’information toxicologique peuvent être appelés à fournir des informations très variées sur les substances toxiques, notamment des données sur les risques qu’elles présentent pour l’environnement et sur les concentrations sans danger dans les denrées alimentaires, sur les lieux de travail et dans différents milieux environnementaux. Ces informations doivent être mises à la disposition de tous ceux qui peuvent en tirer profit, comme le corps médical et les autres professionnels de la santé, les autres parties concernées, les autorités, les médias et le public.

Il peut être nécessaire de transporter rapidement des personnes gravement intoxiquées jusqu’à un hôpital approprié, ou inversement d’amener un médecin spécialement formé auprès d’un patient intransportable dans l’immédiat. En fonction des circonstances et des ressources locales, un centre d’information toxicologique pourrait être appelé à connaître la disponibilité du personnel paramédical et des moyens de transport. Un arrangement formel pour la communication entre le centre d’information toxicologique et le service d’ambulance peut être utile, en particulier dans le cas d’incidents d’intoxication à grande échelle, pour aider à trier les patients pour le transport par ambulance.

Comme une intoxication peut survenir à tout moment, le service d’information devrait idéalement être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tout au long de l’année. Cela peut ne pas être essentiel lorsque le centre antipoison ouvre pour la première fois et qu’il y a peu de demandes de renseignements, mais cela doit être l’objectif à mesure que le centre évolue.

1.6.2 UNITÉS DE TOXICOLOGIE CLINIQUE

En plus d’un centre d’information toxicologique, certains centres antipoison disposent d’une unité de toxicologie clinique pour traiter les patients intoxiqués. Les patients peuvent être admis directement dans l’unité ou transférés d’un autre hôpital pour un traitement spécialisé. Une unité de toxicologie clinique dédiée assure une fonction médicale spécialisée dans la gestion et le traitement des intoxications, en contribuant à améliorer l’identification des substances toxiques et l’évaluation de leurs effets, à élucider les mécanismes et la cinétique des différents types d’action toxique et à évaluer les nouvelles techniques diagnostiques et thérapeutiques.

L’unité de toxicologie clinique est généralement composée d’infirmières et de toxicologues médicaux spécialement formés.

Dans certains cas, les infirmières peuvent également être amenées à répondre à des demandes de renseignements sur les poisons. Dans ces circonstances, il est important de s’assurer que le personnel est suffisant pour ne pas compromettre la qualité des conseils et des soins cliniques dispensés aux patients.

L’un des avantages d’avoir à la fois des installations de traitement des patients intoxiqués et un centre d’information toxicologique dans une même unité réside dans la possibilité pour le personnel clinique du centre d’information toxicologique de participer au traitement des cas d’intoxication, renforçant ainsi ses connaissances et son expertise. Cette configuration offre également des possibilités de formation aux spécialistes de l’information toxicologique, qui peuvent assister à l’examen des cas. L’association entre les centres d’information et les services de traitement facilite la mise à jour et l’expansion des informations sur le diagnostic et le traitement des cas d’intoxication locaux, encourage le suivi détaillé des patients et stimule la recherche essentielle sur la toxicologie humaine et la gestion des patients. Les installations cliniques sont décrites en détail dans la section 3.

1.6.3 SERVICES DE LABORATOIRE

L’accès à un service de laboratoire pour les analyses toxicologiques et les investigations biomédicales est important pour le diagnostic, l’évaluation et le traitement de certains types d’intoxication, en particulier lorsqu’un diagnostic différentiel avec d’autres causes de maladie est nécessaire. Les unités cliniques chargées du traitement des patients intoxiqués doivent avoir accès à un laboratoire de toxicologie, car des données analytiques peuvent être requises rapidement pour le diagnostic et pour étayer les décisions thérapeutiques, telles que l’utilisation d’un traitement antidotal ou de techniques d’élimination renforcées, et pour déterminer le point final d’un tel traitement. Après un événement chimique de grande ampleur ou une nouvelle exposition, un laboratoire de toxicologie doit être en mesure de traiter rapidement les échantillons et d’identifier la substance chimique en cause.

Les services de laboratoire de toxicologie peuvent être rentables, car un seul laboratoire peut desservir un grand territoire ou une grande population. Ces services peuvent réduire les dépenses des services de santé en confirmant si un patient a été exposé ou intoxiqué par une substance et si un traitement spécifique est indiqué. En outre, le recours à un service de laboratoire peut contribuer à éviter un traitement inutile, un surtraitement ou une hospitalisation inutilement prolongée. Les analyses de laboratoire peuvent également être utilisées pour contrôler l’efficacité du traitement. Un laboratoire de toxicologie peut soutenir des recherches visant, par exemple, à déterminer la pharmacocinétique (absorption, distribution, métabolisme et élimination) d’une substance toxique. De plus, les services de laboratoire de toxicologie peuvent générer des informations utiles pour la

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pharmacovigilance, la toxicovigilance et la surveillance, ainsi que pour l’identification précoce de nouvelles menaces pour la santé publique.

Un laboratoire de toxicologie doit être capable au minimum d’identifier, de caractériser et, idéalement, de quantifier les substances toxiques dans des échantillons de fluides biologiques. La capacité de tester d’autres tissus tels que les cheveux ou les ongles, et l’analyse d’échantillons et de résidus environnementaux peuvent être développées ultérieurement, ou ces tests peuvent être effectués par d’autres laboratoires, tels que des laboratoires médico-légaux, environnementaux ou de recherche.

Compte tenu de l’importance des laboratoires pour l’identification et la confirmation d’une exposition toxique, l’accès à un laboratoire de toxicologie est considéré comme une capacité de base obligatoire dans le cadre du Règlement sanitaire international (28). Cependant, dans de nombreux pays à faibles ou moyens revenus, il existe très peu de laboratoires de toxicologie dans lesquels des échantillons cliniques peuvent être analysés pour une gamme de substances toxiques. Dans de tels cas, il peut s’avérer nécessaire de combiner les services de toxicologie analytique clinique avec ceux de médecine légale, de toxicologie professionnelle, de surveillance des médicaments thérapeutiques, de contaminants alimentaires, de substances illicites ou de toxicologie vétérinaire.

Le développement de réseaux de laboratoires et d’accords d’assistance mutuelle doit être pris en compte dans la planification de la préparation. Par exemple, après un incident chimique ou une intoxication de masse à grande échelle, les laboratoires toxicologiques locaux peuvent avoir une capacité insuffisante pour effectuer les analyses nécessaires et peuvent avoir besoin de l’aide d’autres laboratoires, y compris dans les pays voisins. Un tel arrangement pourrait également être bénéfique dans les pays à faibles ressources de manière plus générale, afin de garantir l’accès aux analyses toxicologiques rarement requises.

Les réseaux de laboratoires pourraient être en mesure de soutenir le développement de nouvelles méthodes d’analyse, la formation et la fourniture de normes de référence.

Un laboratoire devrait disposer d’un personnel et d’un équipement adéquats pour effectuer les analyses essentielles dans les cas d’intoxication dans le pays ou la région. Ce point est abordé plus avant dans la section 4. La proximité des laboratoires avec les centres d’information antipoison et les services de traitement peut favoriser la collaboration interdisciplinaire.

1.7 AUTRES RÔLES DES CENTRES ANTIPOISON

Le centre antipoison peut également participer à d’autres activités et assumer d’autres responsabilités, qui sont décrites ci-dessous et examinées plus en détail dans d’autres sections.

1.7.1 TOXICOVIGILANCE

La surveillance a été entreprise pour la première fois dans les centres antipoison aux États-Unis en 1957, lorsque le National Clearinghouse for Poison Control Centers a été créé. Le centre a obtenu des informations sur les ingrédients de différents produits et a commencé à assurer le suivi de l’exposition aux poisons (16).

La toxicovigilance est une fonction essentielle des centres d’information antipoison et constitue une activité de santé publique importante. L’analyse des demandes reçues par les centres permet d’identifier les circonstances dans lesquelles l’intoxication s’est produite, les populations à risque et les agents toxiques les plus susceptibles d’être impliqués, et permet également de détecter des dangers non identifiés auparavant. Le rôle d’un centre antipoison en matière de toxicovigilance est d’alerter les autorités de santé publique et les autres autorités afin que les mesures préventives et réglementaires nécessaires soient prises.

Par exemple, le centre peut identifier :

• un grand nombre de cas d’intoxication par un produit nouvellement introduit sur le marché local ;

• de nouveaux modèles d’utilisation nocive de substances psychoactives (par exemple, de nouvelles substances psychoactives) ;

• de nouveaux problèmes survenant dans un groupe de population particulier (par exemple, intoxication par des analgésiques chez les enfants) ;

• l’utilisation d’une plante médicinale ou d’un médicament traditionnel entraînant une intoxication ;

• la contamination de préparations pharmaceutiques ;

• les cas survenant dans des circonstances particulières (par exemple, intoxication au monoxyde de carbone due à une mauvaise utilisation des poêles de chauffage après une catastrophe naturelle) ;

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• les cas survenant à des moments particuliers de l’année (par exemple, les intoxications saisonnières par des champignons ou des plantes, l’abus de drogues pendant les festivals de musique) ; ou

• des préoccupations relatives à la sécurité ou à l’étiquetage des produits.

Des exemples sont donnés à titre d’illustration dans la section 5. Dans certains cas, le centre antipoison peut mener des recherches pour mieux comprendre cette exposition.

Un centre d’information toxicologique joue également un rôle important dans la surveillance des incidents chimiques et des intoxications de masse. Dans certaines circonstances, le centre d’information toxicologique peut être le premier à détecter un modèle inhabituel d’intoxication, par exemple si de nombreuses personnes se présentent dans différents hôpitaux avec des symptômes similaires, ce qui pourrait être le signe d’un produit contaminé ou d’un rejet clandestin d’un produit chimique.

En communiquant ces signes aux autorités de santé publique, les centres antipoison contribuent à la sécurité sanitaire.

Ces signes peuvent être détectés par des mécanismes d’alerte automatique dans les bases de données de toxicologie clinique si l’accès aux informations sur le même agent augmente dans une région géographique donnée. Dans un pays où il existe plusieurs centres antipoison, un mécanisme de mise en commun et de partage des données issues des demandes de renseignements sur les poisons renforce la capacité à identifier les problèmes potentiels de santé publique et à alerter les autorités pertinentes. La section 5 s’intéresse de plus près à la toxicovigilance.

1.7.2 PRÉVENTION

La prévention des intoxications est un objectif important tant pour la santé publique que pour une saine gestion des produits chimiques. Le personnel d’un centre antipoison peut utiliser ses données, ses observations et son expérience pour alerter les autorités responsables et les fabricants sur les circonstances dans lesquelles le risque d’intoxication est élevé, afin que des mesures préventives appropriées puissent être prises. Ces mesures peuvent être d’ordre réglementaire, comme des codes de pratique ou des lois qui exigent un étiquetage de précaution des produits toxiques, un emballage spécial pour réduire le risque d’exposition aux substances toxiques, ou la modification ou le retrait de produits du marché. Une fois les mesures de gestion des risques introduites, les centres antipoison peuvent évaluer leur impact sur l’incidence et la gravité de l’exposition.

Un autre aspect de la prévention est la communication directe avec le public par le biais des médias de masse et sociaux, la production de brochures, de dépliants ou d’affiches et les activités éducatives. La communication peut être saisonnière, par exemple une campagne hivernale sur la prévention des intoxications au monoxyde de carbone dues aux appareils de chauffage, ou cibler un groupe spécifique, par exemple les nouveaux parents ou les jardiniers.

Un exemple d’intervention de prévention réussie à laquelle les centres d’information antipoison ont contribué est l’introduction d’emballages de sécurité pour les enfants aux États-Unis dans les années 1970. Les données recueillies auprès des centres antipoison ont été importantes pour démontrer que les enfants étaient susceptibles d’ingérer accidentellement des produits pharmaceutiques et ménagers. Cette constatation a facilité la collaboration entre les pouvoirs publics et l’industrie, qui a abouti à l’introduction de la Poisons Prevention Packaging Act, dont la plupart des règlements sont entrés en vigueur entre 1973 et 1978 (29). Des études ultérieures ont démontré que, pendant cette période, le nombre annuel d’enfants de moins de 5 ans traités pour ingestion accidentelle dans les salles d’urgence des hôpitaux a diminué progressivement, passant de 125 560 enfants en 1973 à 81 127 enfants en 1978. L’introduction d’emballages à l’épreuve des enfants a été considérée comme un facteur déterminant pour cette réduction. Plus récemment, les données recueillies par le Centre national antipoison de Milan, en Italie, ont été utilisées pour démontrer la nécessité et l’efficacité d’un emballage à l’épreuve des enfants pour les capsules de détergents liquides (voir section 5, encadré 5). Le rôle des centres d’information antipoison dans la prévention des intoxications est décrit plus avant dans la section 5.

1.7.3 PRÉPARATION ET RÉPONSE AUX INCIDENTS CHIMIQUES

Les centres antipoison ont une expertise dans le diagnostic et la gestion de l’exposition à un large éventail de substances et disposent également de bases de données sur la toxicité des produits chimiques et des produits. Ils sont donc équipés pour prendre en charge la gestion des incidents chimiques de diverses manières. Qu’il s’agisse d’une contamination à grande échelle des aliments ou de l’eau, d’un déversement industriel accidentel, d’un rejet délibéré de produits chimiques industriels toxiques ou d’agents de guerre chimique, ou encore d’un produit contaminé, le centre antipoison peut conseiller les premiers intervenants et ceux qui gèrent les personnes exposées et contribuer à l’évaluation des risques pour la santé publique.

Les activités de toxicovigilance du centre antipoison peuvent alerter les autorités de santé publique et autres sur les problèmes émergents. Dans certains cas, après le rejet d’un produit chimique inconnu, le centre antipoison peut être en mesure d’aider au diagnostic grâce à son laboratoire de toxicologie ou en identifiant un toxidrome spécifique.

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Les réponses aux incidents chimiques sont multidisciplinaires, impliquant des services d’urgence et des entités publiques, telles que les organismes de santé publique, environnementaux, agricoles et réglementaires. Les entreprises privées et l’industrie peuvent également prêter leur concours après des rejets chimiques, comme les compagnies de distribution d’eau en cas de danger lié à l’eau. Le rôle du centre antipoison dans la réponse aux incidents est renforcé s’il est également impliqué dans la planification de la préparation, afin que toutes les parties prenantes se familiarisent avec le centre antipoison et comprennent comment il peut apporter sa contribution. Le centre antipoison doit être inclus dans les plans d’intervention en cas d’incident chimique, et il doit disposer de procédures internes claires, soutenues par une formation, pour notifier les événements aux autorités de santé publique et y répondre. Le rôle des centres antipoison dans la réponse aux incidents chimiques est examiné de manière plus détaillée dans la section 6.

1.7.4 COORDINATION DE L’APPROVISIONNEMENT EN ANTIDOTES ET ANTIVENINS

Les informations sur la fréquence et les caractéristiques des intoxications recueillies par les centres antipoison sont utiles pour évaluer les besoins en antidotes et en antivenins dans un pays. Par ailleurs, les centres antipoison peuvent prodiguer des conseils sur les antidotes et les antivenins les plus rentables qui devraient être stockés en priorité par le système de santé.

Dans certains pays, les centres antipoison centralisent le stockage des antidotes et des antivenins, en particulier ceux qui ne sont pas fréquemment utilisés, et ils sont chargés de distribuer ces médicaments en fonction des besoins pour le traitement des cas. Certains centres antipoison sont chargés de tenir un inventaire des stocks d’antidotes et d’antivenins dans les grands hôpitaux et ailleurs, afin de faciliter leur distribution en cas d’urgence. De plus amples informations sur les stocks d’antidotes et d’antivenins sont fournies dans la section 7.

1.7.5 ÉDUCATION ET FORMATION

En tant que centres d’expertise toxicologique, les centres antipoison devraient s’engager dans l’éducation et la formation des médecins et autres professionnels de la santé susceptibles de rencontrer des cas d’intoxication. En effet, la constitution d’un cadre de toxicologues médicaux formés est essentielle pour la pérennité du centre antipoison. Certains centres antipoison ont des programmes de formation bien établis de 3 ou 6 mois pour le personnel médical sur la base d’une rotation. Les centres antipoison peuvent également assurer la formation des premiers intervenants et du personnel des lignes d’assistance téléphonique. Les activités de prévention des intoxications peuvent impliquer certaines activités pédagogiques, par exemple dans les écoles ou auprès des nouveaux parents. La section 10 décrit la formation du personnel des centres antipoison.

1.7.6 RECHERCHE

Les centres antipoison sont positionnés de manière unique pour mener et publier des recherches basées sur les données qu’ils génèrent à partir des demandes de renseignements et du traitement des cas. Les exemples incluent :

• l’analyse des demandes de renseignements dans le temps pour identifier les tendances, par exemple l’impact d’une nouvelle mesure de prévention des intoxications ;

• des études de suivi sur l’évolution et l’issue d’intoxications présentant un intérêt ; et

• des études sur les circonstances de l’intoxication comme base pour des mesures préventives.

Les résultats des recherches doivent être publiés régulièrement dans des revues à comité de lecture. Qui plus est, le personnel doit chercher activement à participer et à faire des présentations lors de conférences et d’ateliers nationaux et internationaux.

Le rôle des centres d’information antipoison dans la recherche est abordé plus en détail dans la section 2.

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1.7.7 INFORMATIONS SUR LES MÉDICAMENTS, TÉRATOLOGIE ET PHARMACOVIGILANCE

La fourniture d’informations sur les médicaments favorise une utilisation sûre, efficace et efficiente des médicaments. Le corps médical doit avoir accès à des conseils sur l’utilisation thérapeutique, les contre-indications, les interactions et les effets indésirables des agents pharmaceutiques, y compris les médicaments traditionnels. La plupart des pays développés disposent de centres d’information sur les médicaments qui fournissent ce type d’informations. En l’absence de ce service ou de sa fourniture limitée aux heures de bureau, le centre d’information toxicologique peut être contacté. Dans certains cas, un centre d’information toxicologique peut être intégré à un service d’information sur les médicaments, bien qu’il soit possible d’y accéder par des lignes téléphoniques distinctes et qu’il ne soit accessible qu’aux professionnels de la santé.

Bien que les centres d’information antipoison reçoivent généralement relativement peu de demandes de renseignements sur les médicaments (généralement en dehors des heures de bureau), ils peuvent contribuer à la pharmacovigilance en partageant les informations sur les cas avec d’autres acteurs, comme les entreprises pharmaceutiques ou les services d’information sur les médicaments. Si un service d’information sur les médicaments est limité ou absent, il se peut que le centre d’information toxicologique reçoive beaucoup plus de demandes de renseignements sur les médicaments. Comme ces appels sont généralement moins urgents que les demandes d’informations sur les poisons, le centre doit avoir une politique de triage ou de renvoi de ces appels.

Les effets potentiels des médicaments pris par une mère qui allaite sont généralement considérés comme des informations sur les médicaments, en particulier lorsqu’ils sont liés à l’utilisation de médicaments thérapeutiques, bien que certaines situations puissent relever de la compétence d’un centre d’information toxicologique. Par exemple, si une mère qui allaite prend une surdose, on peut craindre que la substance soit sécrétée dans le lait maternel et que le nourrisson soit exposé.

Quelques services d’information sur la tératologie fournissent des conseils sur les effets potentiels sur le fœtus de l’exposition aux produits chimiques et aux médicaments, tant en termes de dose thérapeutique que de surdosage. En Europe, des informations sur ces services sont fournies par le Réseau européen des services d’information sur la tératologie (30). Dans certains cas, un centre d’information toxicologique est combiné ou lié à un service d’information sur les médicaments et/ou la tératologie.

C’est le cas du Service d’information tératologique du Royaume-Uni, qui est lié au Service national d’information sur les poisons (NPIS) (31) et du Centro antiveleni e tossicologia de Bergame, Italie (32). Il peut s’agir d’un modèle utile pour les pays à revenus faibles ou moyens, afin de maximiser l’utilisation de ressources limitées et de sources appropriées d’informations tératologiques (voir section 9).

1.7.8 TOXICOLOGIE ENVIRONNEMENTALE ET PROFESSIONNELLE

Dans le large éventail des demandes qu’un centre d’information toxicologique doit être prêt à recevoir, il peut y avoir des questions sur l’impact sanitaire des substances chimiques toxiques présentes dans les aliments, les déchets toxiques, les biens de grande consommation tels que les cosmétiques, l’environnement (air, eau et sol) et l’utilisation professionnelle.

Ces questions peuvent porter sur le fait de savoir si un produit chimique peut donner lieu à une intoxication chronique, si les effets de l’exposition sont cumulatifs et s’il existe des séquelles à long terme. Bien que ces demandes soient moins fréquentes que les appels plus conventionnels, les centres d’information antipoison peuvent jouer un rôle important en matière de santé publique en y répondant et en identifiant les préoccupations qui doivent être transmises aux autorités de santé publique.

Certains centres antipoison peuvent être liés à des activités et des laboratoires de médecine du travail et d’hygiène industrielle et fournir une expertise toxicologique dans ces domaines.

1.7.9 COOPÉRATION ET INTERRELATIONS

Pour fournir un service efficace et maximiser leur rôle dans la prévention et la gestion des effets des produits chimiques toxiques sur la santé humaine et l’environnement, les centres antipoison doivent rester en contact et coopérer avec un large éventail de partenaires, à l’intérieur et à l’extérieur du secteur de la santé. Il s’agit notamment de diverses spécialités médicales, d’institutions universitaires et de recherche, d’experts en toxinologie et en mycologie, de l’industrie, de services publics et de médias de masse. La figure 1 indique les contacts types qu’un centre antipoison doit envisager d’entretenir pour fonctionner avec succès, bien qu’ils puissent varier selon les pays.

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Laboratoires

• Laboratoires médico-légaux

• Toxicomanie

• Suivi thérapeutique

• Environnemental

Clinique

• Services médicaux d’urgence

• Médecine interne

• Soins intensifs

• Pédiatrie

• Psychiatrie

• Médecine générale

• Santé au travail

Agences de santé publique

• Spécialistes des dangers liés aux produits chimiques

• Experts en communication

• Épidémiologistes

• Préparation aux situations d’urgence

• Salubrité alimentaire

• Santé environnementale

• Agences internationales

Autres entités gouvernementales

• Santé

• Transport

• Agriculture

• Police

• Sécurité

• Défense civile

• Autres

Autres

• Public

• Experts médico-légaux

• Autres organismes pertinents et industries

• Médias

Informations sur les médicaments

• Pharmaciens

• Tératologues

• Néonatologue pour l’utilisation de médicaments pendant l’allaitement

Institutions de recherche et spécialités

• Universités

• Centres hospitaliers universitaires

• Botanique

• Mycologie

• Toxinologie

Centre antipoison

Industrie

• Fabricants de produits chimiques

• Importateurs de produits chimiques

• Sociétés pharmaceutiques

• Fabricants de pesticides

• Organisations professionnelles

• Autres

Figure 1. Principales parties prenantes des centres antipoison

De bonnes relations avec les médias de masse sont décisives pour l’information du public. La publication ou la diffusion de messages éducatifs (généralement en collaboration avec les organismes de santé publique) sur la prévention des intoxications peut faire partie de l’éducation sanitaire générale. Dans ce cadre, les centres antipoison peuvent fournir aux médias les informations et le matériel appropriés. Par conséquent, la collaboration avec des experts en communication et une formation appropriée des médias sont importantes. Les médias ont un rôle encore plus important à jouer en cas d’incident chimique majeur, et ils doivent être tenus informés de manière complète et adéquate par les organismes de santé publique, les centres d’information antipoison et les services d’urgence, afin que des informations essentielles et équilibrées soient fournies au public sans provoquer de panique ou d’alarme injustifiée.

Les contacts entre les centres d’information antipoison eux-mêmes, tant au niveau national qu’international, sont tout aussi importants. Ces contacts peuvent être établis directement ou par l’adhésion à des associations scientifiques et professionnelles nationales et internationales et la participation à des congrès et à des réunions. Voici quelques exemples d’associations internationales qui organisent régulièrement des congrès scientifiques :

• American Academy of Clinical Toxicology (33)

Références

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