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La largeur des raies de la série de Balmer
M. Hanot
To cite this version:
M. Hanot. La largeur des raies de la série de Balmer. J. Phys. Radium, 1928, 9 (5), pp.156-169.
�10.1051/jphysrad:0192800905015600�. �jpa-00205332�
LA LARGEUR DES RAIES DE LA SÉRIE DE BALMER (*)
par Mlle M. HANOT
Laboratoire de Physique de la Faculté des Sciences de Lille.
Sommaire. 2014 Ce travail comprend des mesures de la largeur des premières raies de
la série de Balmer dans le spectre d’une étincelle condensée, et l’étude des variations de cette grandeur dans des conditions aussi bien définies que possible.
Pour une pression initiale constante, la largeur l des raies est déterminée par la variable I0
=V ~C/l et croît d’abord rapidement, ensuite lentement en fonction de cette variable.
Lorsque la pression p varie, pour une valeur donnée de I0, la largeur d’une raie varie approximativement comme l1. pn; et lorsque l0 croît, l’exposant m décroît depuis
une valeur un peu inférieure à 1, jusqu’à une valeur voisine de 2/3.
La deuxième partie du mémoire comprend la discussion des résultats obtenus et des
phénomènes auxquels on peut les attribuer. Elle a donné lieu à une étude expérimentale
de l’absorption par la source de ses propres radiations, puis à des mesures relatives au diamètre des étincelles et à la densité de courant.
Le diamètre des étincelles ne dépend pas de la pression. La densité de courant est,
comme la largeur des raies, indépendante de la résistance, elle dépend de la variable I0
suivant une fonction d’abord rapidement croissante, qui semble tendre ensuite vers une
limite finie.
On arrive finalement aux conclusions suivantes : le champ intermoléculaire dû aux
ions joue, dans tous les cas, le rôle essentiel dans l’élargissement des raies; sa valeur moyenne, de l’ordre de 105 v:cm, varie comme la puissance 2/3 de la densité des ions.
Le champ dû aux quadruplets, ainsi que l’effet de l’absorption, interviennent à titre de termes correctifs et permettent d’expliquer plus complètement les faits constatés.
Les raies de la série de Balmer présentent, lorsque le spectre de l’hydrogène est obtenu
à pression élevée, une très grande largeur et un aspect diffus maintes fois signalés.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse de tube à décharge, d’arc ou d’étincelle, ce phénomène dépend de la pression du gaz. En ce qui concerne l’étincelle, il dépend aussi des variables.
électriques et Rossi ~1) indique que la densité de courant paraît en être le facteur essentiel.
Mais aucune des études expérimentales effectuées à ce sujet ne peut être considérée comme
,quantitative, car il manque, à la base de ces recherches, une définition de la grandeur à
mesurer.
Les causes d’élargissement des raies spectrales et la discussion théorique des phéno-
mènes signalés ci-dessus ont été l’objet de travaux nombreux et relativement plus précis.
Signalons spécialement un mémoire de Stark (1), qui résume l’état de la question en 1915 et indique six causes générales d’élargissement des raies :
cc) L’effet Doppler dû au déplacement des particules émettrices ; b) Les perturbations dues aux chocs moléculaires;
c) L’absorption de la source pour ses propres radiations ;
If .d) L’effet de l’amortissement des vibrations par suite du rayonnement d’énergie;
e) L’effet de la rotation des sources lorsque celles-ci sont des molécules polyatomiques;
f ) Enfin l’effet Stark du au champ électrique intermoléculaire, phénomène qui, par un
simple rapprochement qualitatif, se montre très apparenté au phénomène étudié.
Parmi les travaux plus récents, le plus important au point de vue théorique est une étude (*) Cf. Annales de Pfiysique, t. 8 (t9?’1), p. 55:)-625.
-C. R., t. 178 (1.924), p. 101i ; t. i80 (1925), p. 54;
t. 188 (1926), p. ~~2q : t. 184 (19~-¡), p. 281.
J., t. 40 (1914), p. 232.
der Iladlaalit., t. t2 {~19t~), p. 354,-440.
"
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0192800905015600
157 de Holtsmark (’), où l’auteur calcule le champ intermoléculaire moyen et en déduit une
expression de la largeur des raies; mais, comme l’avait fait Stark dans le mémoire précé-
demment cité, Holtsmark conclut que les données expérimentales existantes sont tout à fait insuffisantes pour constituer une vérification de la théorie.
Je me suis proposé, dans le présent travail, d’étudier les raies de la série de Balmer dans le spectre d’une étincelle condensée et de contribuer à la solution du problème de la largeur
de ces raies par des mesures nouvelles et par un rapprochement entre les résultats obtenus et les données théoriques.
I.
-ETUDE EXPÉRIMENTALE DE LA LARGE"LR DES RAIBS.
Par définition, la largeur 1 d’une raie est l’intervalle des longueurs d’onde pour lesquelles
l’intensité lumineuse est égale à la moitié de l’intensité maximum E de la raie. C’est cette
grandeur dont nous allons étudier les variations.
On ne peut pas dire que la quantité mesurée caractérise complètement la répartition de
l’intensité lumineuse autour de la longueur d’onde moyenne; en particulier, nous ne pour-
rons comparer les largeurs de deux raies différentes que d’une façon conventionnelle, car
l’allure des courbes E (X) varie lorsqu’on passe de l’une à l’autre. Par contre, lorsqu’il s’agit
de comparer une raie à elle-même dans des conditions variables, nous pouvons admettre que la largeur ainsi définie caractérise le mieux possible la répartition de l’intensité lumineuse.
1. Discussion des conditions expérimentales. - a) Production de l’étincelle.
-Dans toutes ces expériences, le spectre est produit par l’étincelle de décharge d’une batterie de condensateurs chargée par une bobine. Celle-ci est alimentée par le courant continu du secteur ou par des accumulateurs (3rj à 110 v) et munie d’un interrupteur à turbine. L’étin- celle jaillit entre 2 fils de cuivre ou de platine de 0,6 à 1,2 mm de diamètre dans une
atmosphère d’hydrogène dont la pression varie de 1 à 4 kg : cm2.
La capacité du circuit est constituée par des condensateurs de Moszicki et peut varier
de 1,54 ou exceptionnellement à 3’ ID1J. F. La tension de charge V de ces conden-
sateurs es t simplement réglée par le potentiel explosif de l’étincelle elle-même ou de l’ensemble de l’étincelle étudiée et d’une deuxième coupure du circuit de longueur réglable. Elle varie
entre 2,5 et 15 kilovolts et peut être repérée par la longueur d’étincelle maximum que donne
un micromètre à boules placé entre les bornes des condensateurs.
Enfin, pour faire varier l’amortissement et la période du circuit, on y ajoute soit une
résistance sans self-induction formée par une colonne de longueur variable d’une solution de S0’Cu (4 w de résistance par millimètre de longueur), soit un nombre variable de spires
d’une bobine de faible résistance dont la self-inductance totale est voisine X 10-4 henrys.
ô) Mesure de la période et de l’amortissement. - La capacité répartie du circuit est, dans tous les cas, négligeable devant celle des condensateurs et celle-ci a été mesurée facile- ment au moyen du pont de de Sauty. C étant alors connu, au lieu de mesurer la self-induc- tance totale L, j’ai préféré déterminer la longueur d’onde des ondes électromagnétiques
émises dans le voisinage; cette mesure est facile à réaliser au moyen d’un ondemètre placé
à 1 ou 2 m du circuit oscillant étudié ; dans les conditions de cette étude, les ondes à mesurer
varient de 110 à 1 350 m, c’est-à-dire dans un domaine couramment employé en radiotélé- graphie.
Au lieu d’utiliser l’ampoule ou le téléphone -que portent ces appareils pour déceler les courants qui les parcourent, on peut relier les bornes de leur capacité à un voltmètre ampli-
ficateur (Abraham et Bloch) et construire les courbes de résonance entre le circuit fixe à
étudier et le circuit variable de l’ondemetre. Cette méthode permet, d’une part, une meil-
leure détermination du maximum, d’autre part, une étude due l’acuité de résonance et par suite la détermination du décrément logarithmique du circuit.
J’ai étudié ainsi les circuits constitués par la même capacité et une self inductance
(3) iliOLTSMARK. Ar2rz. t. 58 ! (1919), p. 51’"i-G30.
158
variable et montré que, sans résistance liquide, a varie entre 0,18 et 0,4 (c’est-à-dire que le
rapport des amplitudes de deux oscillations successives est compris entre 1,~~ et 1,6).
De plus, en mesurant le décrément logarithmique d’un circuit de capacité et de self-
inductance constantes avec une résistance additionnelle connue, puis sans cette résislance, j’ai pu déterminer, avec plus de précision que n’en permet le miroir tournant, la résis-
tance qu’il faut ajouter à un circuit pour obtenir l’amortissement critique.
c) Production du spectre. - Les largeurs à mesurer varient, comme nous le verrons, d’une dizaine à une centaine d’Angstroms. Il n’y a donc pas lieu d’utiliser pour leur étude les interféromètres de très grande dispersion. J’ai toujours employé un réseau concave de
Rowland à 568 traits par millimètre et de rayon 3,04 m.
Le montage employé a été soit celui de Rowland (avec lequel un espace de 1 mm respond au premier spectre à 5,-~5 ~i) soit le montage stigmatique (1) qui permet de voir si
différentes régions de l’étincelle donnent le même spectre, sans effectuer pour cela plu-
sieurs poses successives.
Comme le précédent, ce montage a l’avantage de fournir des spectres normaux, mais sa
dispersion n’est pas constante et 1 mm du spectre correspond à
~, ~~ (1 -)- cos i).
J’ai employé tantôt le premier, tantôt le second spectre de façon que, à de rares excep- tions près, la largeur à mesurer sur le cliché soit toujours comprise entre 2 et 10 mm.
d) Mesure de la largeur des raies.
--Les spectres observés ont été dans chaque cas photographiés, puis étudiés sur les clichés obtenus au moyen du microphotomètre Buis soin et Fabry (~).
Sur une plaque (9 x lf cm21, je prends généralement 4 ou 5 spectres représentant les
mêmes raies, un des facteurs étant variable, les autres fixes et les temps de pose variant de
façon que le noircissement au centre des raies reste approximativement constant (Dans les photographies que j’ai effectuées, les poses varient de 5 à 9U min). Ainsi le cliché reproduit pl. 1 represente les raies H~ et Hi,, le courant étant constant, la pression variant de 1,08 à 3,3 atm, et le temps de pose, de 12 min.
Le facteur de contraste varie d’une plaque à l’autre, il est donc nécessaire, pour étalon-
ner le cliché et rendre possible son étude photométrique, de former sur chacune quelques
groupes de plages de comparaison obtenues avec une même source, un mèine temps de
pose et des diaphragmes de surfaces différentes et connues.
Les erreurs d’expérience proviennent les unes de l’approximation des lectures, les autres
de la largeur de la fente et de la surface finie des fractions de cliché examinées dans chaque
observation du microphotomètre.
Une discussion complète montre que la détermination absolue des largeurs de raies est
faite à 5 pour 100 près et la comparaison des raies d’un même cliché avec une précision un
peu meilleures.
2. Résultats des mesures. - L’expérience nous a d’abord montré que le maximum d’éclat des raies élargies coïncide, comme position dans le spectre, avec les raies fllles
données par un tube de G-eissler. C’est donc uniquement un élargissement sans déplacement)
que nous aurons à étudier.
J’ai pu constater énalenlelt que la largeur des raies est constante lorsque le point étudié
se déplace d’une électrode à l’autre. Xous ne discuterons pas la question de savoir si le
spectre reste identique à lui-même en tous les points d’une droite perpendiculaire à l’étin- celle, question dont l’étude expérilnentale comporte une difficulté due au défaut de fixité de la source; nous nous contenterons d’étudier la largeur des raies dans la partie centrale de
l’étincelle, région qui e~t aussi la plus lumineuse. Enfin la longueur de l’étincelle est sans
influence sur la largeur des raies, au moins si l’on a soin de ramener le potentiel V à une
valeur constante.
U) Ruisso; et 9 (1910), p. 933.
(5) eG FABRY. J. Phys., s. YI, L 5 (I919), ~ 3 ~ eL Revue d’oplique, t. 3 (1924), p. 1.
1
159 La grandeur à mesurer est ainsi déterminée de façon précise pour des conditions données de pression et de courant. Une étude qualitative préliminaire indique les fac-
teurs qui influent sur la largeur des raies et prouve notamment qué celle-ci ne change
pas de façon appréciable quand l’amortissement de l’étincelle varie, qu’elle diminue nota-
blement lorsqu’on ajoute au circuit une self-inductance suffisante et croit, au contraire, si la capacité ou le potentiel de charge augmente. Nous allons donc chercher de quelle fonction
des 3 variables L, C, V, dépend la largeur d’une raie et comment elle en dépend à une pression constante faiblement supérieure à la pression normale; nous préciserons ensuite la question des variations d’amortissement et étudierons enfin l’influence de la pression du
.gaz.
a) Variation de la largeur des raies en fonction des variables C, V, L dans une
étincelle oscillante faiblement amortie.
-J’ai été amenée à photographier et à étudier la raie H~ dans des conditions telles que d’une pose à l’autre, la capacité C, ou la période T (proportionnelle à la longueur d’onde des ondes électromagnétiques émises), ou leur rapport CI T reste constant. Les résultats de cette étude prouvent que les variations simultanées de C et de T, restant constant, n’ont pas modifié la largeur de la raie, tandis que la variation d’une seule de ces quantités la modifie de façon très notable.
De même, deux séries de mesures effectuées pour des valeurs différentes de ont montré que la largeur d’une raie ne varie pas si l’on multiplie simultanément V’ et I’ par un
même nombre.
On est ainsi conduit à penser que le facteur essentiel doit être le rapport ou l’intensité maximum du courant qui est voisine de :
Puisque la largeur des raies a paru indépendante de la résistance, nous ne tiendrons
pas compte ici de l’amortissement, d’ailleurs faible, du circuit et prendrons comme variable Io en remarquant que les intensités réelles sont comprises entre 0,88 1,D et 0,95 Io.
Pour nous rendre compte de la relation entre 1 et 10, il suffit maintenant de porter sur
un graphique, en abscisses les intensités Io, en ordonnées les valeurs correspondantes de la largeur des raies. La précision avec laquelle les points se placeront sur une courbe de forme
.acceptable constituera une nouvelle vérification de la loi établie,
Le tableau 1 et la courbe II (fig. 1) résument les résultats d’un grand nombre de
mesures effectuées sur en faisant varier de toutes les façons possibles C, Vet L (I, variant
de 9 ~ à 700 a.).
Les courbes 1 et III représentent de même les résultats des mesures effectuées sur
Ha.etH¡.
Les mesures correspondantes ont été faites sur des clichés différents, à des époques
différences et la comparaison des résultats ne peut comporter la même exactitude que s’il
s’agissait d’observations faites sur un même cliché, une partie des conditions n’étant pas modifiées. La précision de i à 2 1 avec laquelle les points se placent sur les courbes peut
donc être regardée comme très satisfaisante.
Enfin la considération des courbes ainsi construites montre que la lar,geu1" des raies est
en avec une grandeur rapidentent variable pour les faibles intensités, qui tend
ensuite vers une limite par une sorte de ph"énornène de saturatiorc.
b) Influence de l’amortissement. - Dans ce qui précède, j’ai pu considérer comme nulle la résistance des circuits puisque j’avais, dès mes premières observations, remarqué qu’on pouvait modifier beaucoup cette résistance sans modifier la largeur des raies. Il y a lieu de se demander maintenant si cette remarque reste vraie lorsque les variations de résistance du circuit affectent sérieusement l’intensité maximum du courant; et si, dans ce
cas, on doit prendre comme variable l’intensité en question ou la quantité Ie indépendante
de .R avec laquelle nous avons pu la confondre jusqu’ici.
Or si l’on introduit dans un circuit peu amorti une résistance valant quatre fois sa
160
TABLEAU 1
Fig. 1.
résistance critique, aii divise l’intensité maximum par un nombre voisin de sept. En me, plaçant dans ces conditions j’aurais pu, Si l’intensité réelle était le facteur impor-
tant du phénomène obtenir une variation de /1 do 43 à 16 1 et je n’ai constaté aucune variation de la largeur des raies.
C’est donc la quantité I. = qu’il convient de prendre pour variable et qui
des raies.
’
90 ampères.
CLICHB 1.
-Spectre de l’hydrogène pressions successives (de haut en bas) f 3,3; 1,08; 1,8 et 2,5 atm.
CLICHÉ 2. - Photographies directes d’étincelles dans l’air et dans l’hydrogène, toutes choses égales d’ailleurs, pour les rangées 1 et 4 d’une part, 2 3 de l’autre.
.
M.
161
c) Influence de la pression.
-~J’ai comparé entre elles les largeurs de la même raie,
dans les mêmes conditions électriques, pour 3 ou 4 valeurs différentes de la pression comprises entre 1 et 4 kg : cm". Une précaution spéciale doit être prise pour maintenir IQ
constant au cours d’une série de mesures parce que les variations de pression modifient le potentiel explosif de l’étincelle.
Les variations de largeur des raies Ha, avec une intensité constante de 90 A son
représentées par le tableau II et le graphique (fig. 2).
TABLEAU Il
Fi~ 2.
On voit que les courbes tracées sont voisines des droites passant par l’origine et un de
leurs pointes, inais s’en distinguent assez nettement pour qu’il soit impossible d’admettre
une loi de proportionnalité entre 1 et 1) ; considérons les points où les courbes coupent les
droites d’abscisses 1 et 3, et formons le rapport des largeurs correspondante l~ et 1,; nous
obtenons : Pour Il y.
_
Pour
Après avoir fait ditns différents cas t188 séries de mesures analogues, j’ai remarqué que les variations relatives de 1 dépendent des conditions initiâtes et notamment de l’intensité de courant. J"ai été amenée ainsi à effectuer de nouvelles observations dans le but de rechercher si les variations constatées étaient systématiques. Pour rendre comparables entre
eux les résultats des différentes séries de mesures, j’ai calculé par interpolation graphiques
le rapport 13/ Li des largeurs de la même raie aux pressions de 1 et 3 atm. Le tableau III
donne les valeurs obtenues de ce rapport.
162
TABLEAU III
Les nombres donnés dans ce tableau pour 1,/I, peuvent être considérés comme exacts à 0,1 près (sauf peut-être pour
Avec l’approximation que comportent les mesures, on peut conclure de cette étude que si l’on veut représenter approximativement, pour une valeur constante de Io, la largeur 1
par une fonction de la forme li X l’exposant in dépend de la valeur de /0 : si la croît de
25 à 1250 A, 1n décroît depuis une valeur un peu inférieure à l’unité jusqu’à une valeur
voisine de 2,’3 (:f2:~
=2,08).
Il.
-DISCUSSION DES CAUSES D’ÉLARGISSEMENT DES RAIES.
Parmi les causes d’élargissement des raies signalées plus haut, certaines ne peuvent
avoir qu’un effet négligeable devant les phénomènes que nous avons constatés.
En effet, la largeur des raies spectrales due au seul fait de l’amortissement de rayonne- ment a, dans l’échelle des A, une valeur constante de 2,3 X 10 - ~l (6) . L’effet Doppler et
l’effet des chocs moléculaires pourraient expliquer un élargissement qui varierait dans le même sens que X 1’) et resterait bien inférieur à l’angstrom, valeur tout à fait négligeable
devant les largeurs mesurées. Il reste donc deux causes que nous allons étudier d’une façon plus approfondie :
1° Multiplicité des sources le long d’un rayon visuel et absorption de la source pour ses propres radiations.
~° Effet Stark dû au champ intermoléculaire.
i. Elargissement des raies par absorption. - L’absorption de la source pour ses propres radiations peut produire un élargissement des raies spectrales lorsqu’il existe le long d’un même rayon visuel un grand nombre de centres à la fois émetteurs et absorbants.
Gouy (s) a donné la théorie de ce phénomène en ce qui concerne les flammes colorées et a
montré quelle grande importance prend ce phénomène lorsque l’on considère des sources
de très grande épaisseur telles que les aslres.
L’absorption de l’hydrogène pour les radiations appartenant à la série de Balmer a été constatée par différents auteurs qui sont parvenus à obtenir le renversement de ces raies.
Nous allons chercher dans quelle mesure on peut attribuer à cet effet l’élargissement des
raies étudié plus haut et comment on peut déduire, au moins approximativement, des lar-
() RnBAUD. Journal de Physique, t. 2 (1921), p. 10 i.
(7) SCIIO-XROCK. Annalen der Physik, s. IV; t. 22 (i901), p. 209.
(8) GocY, Annales de Physique, t. 13 ~19?0), p. 188.
163
gueurs observées, celles que posséderaient les raies émises par une source de même nature
supposée infinirnent mince.
Lorsqu’une flamme ou une étincelle rayonne à travers unc deuxième source qui
lui est identique, l’éclat en chaque point du spectre es t inu 1 tiplié non par2. mais par uii’nombre
2
-a, ou a désigne le coefficient d’absorption relatif à la radiation considérée, coefficient
qui passe par un maximum xo au centre de la raie. Il en résulte un aplatissement de la
,courbe de répartition des intensités, c’est à-dire un élargissement des raies.
Pour étudier ce phénomène aussi complètement que possible, j’ai, d’une part, cherché
si la largeur des raies H3 et H’,’ est modifiée lorsqu’une étincelle rayonue à travers une deuxième étincelle qui lui identique ; d’autre part, j’ai mesuré le rapport k = 2 - ao
dans lequel s’accroît, dans les mêmes conditions, l’éclat du centre de ces raies.
a) Etude expérimentale..- l,es deux étincelles A et B sont placées en série dans un
même circuit et distantes l’une de l’autre de 6 à 10 mm. Le montage représenté par la
figure 3 permet de photographier simultanément les deux spectres à comparer et d’éviter
Fig. 3.
ainsi dans la mesure de le l’incertitude qui résulterait d’une irrégularité du régime de la
bobine. Les bilentilles L,L2 déplacées l’une par rapport à l’autre dans le sens de la hauteur fournissent sur la même fente deux images ai et ~ de A ; elles sont munies de diaphragmes -égaux d et d’ tels que l’irllage ai soi[ formée par des rayons ayant traversé l’étincelle B, l’image a, par des rayons ne l’ayant pas traversée. Une discussion complète de la disposi-
tion adoptée montre que pour /1) == 300 A, les conditions ainsi définies restent satisfaites tant que B ne s’écarte pas de sa position moyenne de plus du tiers de son rayon, ce qui
n’est peut-être pas toujours réalisé; il pourra en résulter dans l’évaluation de k une erreur
par excès, mais j’estime qu’on ne pouvait guère améliorer les conditions expérimentales et qu’en diminuant la surface des diaphragmes, on augmenterait de façon insignifiante la pré-
cision des mesures. J’ai pris dans chaque cas sur la même plaque deux clichés du même groupe de spectres, l’étincelle A étant fixe, l’autre se trouvant tantôt en B, tantôt en BI sur
le trajet du deuxième faisceau sans qu’aucune autre condition ait été modifiée dans l’inter- valle des deux poses. Chaque plaque doit encore comporter un système de plages de com- paraison obtenues, comme il a déjà été indiqué, en employant t des diaphragmes de surface
connue. Les clichés sont étudiés au microphotomètre, la différence des noircissements maxima de deux spectres obtenus simultanément donne, par comparaison avec l’échelle de
noircissement, une valeur de k. Les moyennes de ces valeurs, fournies chacune par deux groupes de deux spectres, ont été les suivantes :
Pour Hy avec une intensité maximum de courant de l’ordre de 300 ampères : 1, ï8;
1,8-1 ; 1,70; 1,72.
Pour Hfi dans le même cas : 1,81; 1,66.
Pour H y avec 10
=800 A : 1,63 ; 1,68.
On peut, en somme, conclure qu’il y a certainement absorption par la deuxième étin-
.celle, que cette absorption est de l’ordre de ~0 pour 100 au centre de chaque raie pour une intensité maximum de 300 A et sans doute un peu plus importante quand l’intensité -s’élève à 8 >0 A.
Au point de vue de la largeur des raies, j’ai pu constater sur les mêmes spectres un
élargissement variant de 8 à 12 pour 1UU ; les observations faites permettent de mettre en
évidence cet élargissement sans en fournir de rnesure précise.
164
b) Etude théorique.
-.A.dlnettons que ao
‘0,3 et supposons la courbe d’absorption
de la source semblable à la courbe (l’émission.
Pour la radiation Ào, l’éclat, qui est Eo pour une étincelle, devisent, lorsqu’il y en a
j deux :
En a et b, où l’éclat était le coefficient
d’absorption est ao/2 et le nouvel éclat
En c et d, on a :
En admettant que les courbes considérées sont linéaires dans les régions ca et bd, on obtient
pour la distance l’ des points où l’intensité est
E/ :
,1
c °
Sur un grand nombre de clichés, on constate
que cd == 1 X 1,6 pour H ~, ce qui donne 1’ = 1 m 1,1 et cd == / X 1,9, c’est-à-dire 11 = 1 m 1,15 pour Hy.
Les valeurs de l’élargissement relatif déduites de la mesure de k sont ainsi 10 et 15 pour 100 et l’on peut considérer que les mesures directes de cet élargissement apportent
une confirmation satisfaisante aux mesures d’absorption.
Nous avons étudié le cas où l’on doublait le nombre des particules lumineuses situées le
long d’un même rayon visuel en employant deux étincelles identiques. On peut rapprocher-
de ce cas celui d’une seule étincelle dans laquelle l’intensité deviendrait 4 fois plus grande.
Si nous nous reportons à la figure 1, nous constaterons que la largeur des raies H5 et Hy aug- mente de 20 à 30 pour 100 lorsqu’on passe de à 800 A, et dans ces conditions, on peut
attribuer à l’effet de l’absorption un rôle important. Au contraire, la largeur de ces raies est
au moins doublée lorsqu’on passe de 20 à 80 ou de 50 à 200 A; or, dans ce cas, le nombre de particules absorbantes et par suite l’absorption ne peuvent être que plus faibles, il faut
admettre alors que l’effet de l’absorption est petit devant l’élargissement total.
De même, lorsque la pression varie, on a toute raison de penser que le nombre de par- ticules émettrices, ainsi que le nombre d’ions formés, est proportionnel à la pression ;
les dimensions de l’étincelle ne varient pas (nous aurons l’occasion de le vérifier dans le
chapitre suivant); le nombre des sources situées sur une même droite varie donc comme
pi/3@ il en résulte que la largeur des raies devrait être multipliée par 1,1 ou I,1~ quand la pression devient 8 fois plus forte; or, on voit, en extrapolant les résultats obtenus plus hautr
que la largeur des raies serait multipliée au moins par 8211~’ ou 4. Donc des raies quand la pression ou le courant (iiigryieîite est de beaucoup à celui qu’expliqzcejzt les phéllOl1tènes
Un raisonnement analogue à celui que nous avons fait ci-dessus dans le cas de deux étincelles alignées permet de passer du cas d’une étincelle à celui d’une source de même nature supposée infiniment mince, c’est-à-dire d’évaluer la largeur /0 qu’auraient les raies si
l’absorption n’existait pas. Il permet de conclure que pour Il~ et Hy avec une intensité de
300 A, le rapport la /1 est voisin de 0,9 ou 0,85. En tout cas, l’élargissement des raies pro-
venant des chocs, de l’agitation moléculaire et de l’amortissement due rayonnement est négli-
geable devant lo comme devant 1.
165
~. Elargissement par effet Stark. - Etude théorique.
-Nous avons déjà signalé
que l’aspect des différentes raies élargies était différent.
-
Construisons, dans l’échelle des longueurs d’onde, les courbes de répartition d’inten-
sité lUJLineuse qui leur correspondent (fig. 5) et superposons à ces courbes les schémas de
Fig. 5 a.
la décomposition des raies par un champ électrique, établis en supposant que l’effet longitu-
dinal et l’effet transversal s’ajoutent (on considère donc à la fois les coinpc)santes p et s en multipliant par 3 l’intensité de ces dernières).
1
On voit immédiatement que les deux phénomènes présentent des analogies frappantes quant à la largeur et quant à l’aspect des raies. Cette remarque, faite par Stark (9) et par Merton (1°), conduit à penser que le phénomène étudié a pour cause un champ électrique ;
Merton a montré que ce ne pouvrait être le champ orienté dû à la différence de potentiel
entre les électrodes; on doit donc penser que l’élargissement est dû surtout au champ inter-
moléculaire créé en chaque point par les particules voisines. Cela explique immédiatement
au point de vue qualitatif les faits observés : une augmentation de pression diminue la distance des particules, une augmentation de la densité de courant accroît le nombre des
ions, donc ces deux circonstances doivent contribuer à l’élargissement des raies. Par contre, l’explication précise des faits présente une grande complexité.
La principale étude théorique à ce sujet est celle de Holtsmark qui calcule
(9) STARK. Ann, der Phys., t. 43, (19f4), p. 965-1043.
Pî’OC. roy. Soc., t. 92 (1913), p. 322-328.
(11) HOLTSJfARK. Ann. der Phys., (i919), p. ~77-G30.
-Physih. Zis., t. 25 (i924), p. ’~3-8~.
°166
la probabilité pour que le chanip intermoléculaire possède une certaine valeur et en
tire une expression quantitative de la largeur des raies dans différents cas. Sans reprendre
son calcul, nou pouvons retrouver quelques-uns de ses résultats par un raisonnement élémentaire.
Soit n la densité des particules qui créent le champ, la distance moyenne d du point
considéré à ces particules varie comme n-1 3. Si le champ est créé par des ions, il variera
ou éu2J3.
’Si l’on a des doublets de moment électrique w, le calcul du champ est analogue à celui
du champ magnétique d’tin petit aimant, on trouve une quantité proportionnelle à ou
rja X n.
Enfin si l’on passe à des quadruplets, un terme de plus disparaît dans le développement
en série, le terme principal est alors en A étant une constante nommée par +
l’auteur moment d’inertie du quadruplet et évaluée, en ce qui concerne la molécule d’hydro- gène, à 4,4 > 1.U-9~ U. E S.
Nous allons maintenant chercher si ces considérations peuvent fournir une interpréta-
tion satisfaisante des données expérimentales obtenues dans la première partie de ce travail.
Variations de 1 en fonction de Io.
-L’hydrogène n’a pas de doublets. Le champ des quadruplets, à une pression voisine de la pression atmosphérique, donnerait, d’après le
calcul de Holtsmark, à la raie H Q la largeur :
(la constante c de l’effet Stark étant pour H ~ voisine de 0,1 Â). Cette quantité est petite
devant les largeurs mesurées. Evaluons l’effet des ions qui, évidemment, doit être plus
considérable. On obtient, si l’on suppose que la fractions des molécules présentes est ionisée : -.
Pour comparer la théorie à l’expérience, il est nécessaire d’étudier la densité des ions.
Or l’échauffement produit par le passage de l’étincelle est très brusque et sP produit certai-
nement à volume constant, on peut donc considérer la mobilité cles électrons comme cons-
tante et, par suite, la densité des ions comme proportionnelle à la densité i du courant.
Nous sommes ainsi amenés à étudier le diamètre d des étincelles.
Diamètre des étincelles.
-Cette grandeur est facilement mesurable par photographie
directe des étincelles sur une plaque en mouvement.
Ce qu’on remarque d’abord en l’étudiant est l’aspect différent que prennent les étin-
celles suivant qu’elles jaillissent dans l’air ou dans l’hydrogène (cliché 2). Dans l’air, on y
distingue nettement une partie centrale très brillante présen tant entre autres les raies d’étin- celles de l’air (attribuées pour la plupart à N+) et une région extérieure plus pâle, qui
a souvent la forme irrégulière d’une flamme, et émet seulement des raies d’arc. Dans l’hy- drogène, les étincelles ont le grand diamètre et la forme irrégulière de la partie extérieure
des étincelles de l’air et, sans que l’éclat soit constant du centre au bord, il est impossible d’y reconnaître une région centrale distincte.
On peut interpréter ceci en supposant que la région où apparaissent les raies d’étincelle dans l’air est celle où,se produit surtout l’ionisation et dans laquelle est transportée la majeure partie du courant ; c’est donc le diamètre de la partie centrale que l’on doit mesurer pour obtenir la densité de courant dans cette région. Or, dans l’hydrogène, on ne peut la distinguer, non parce que le mécanisme du passage du courant est différent, mais simple-
ment parce que l’ion hydrogène n’émet aucune radiation. L’étude de la densité de courant dans le cas qui nous intéresse comporte ainsi une difficulté particulière. Faute de mieux, j’ai étudié comment varie la densité de courant en fonction de l’intensité totale dans l’étin- celle de l’air et j’ai admis que les variations de cette grandeur devaient être analogues dans
les deux cas, ainsi que son ordre de grandeur, les valeurs absolues des diamètres étant
probablement multipliées par un coefficient constant quand on passe d’un gaz à l’autre.
167 Le tableau IV donne les résultats d’une série de mesures effectuées dans ces condi- tions (îig. 6), d étant évalué à 4 pour 100 près.
Ainsi qu’on pouvait le prévoir a la courbe i (1,) laisse supposer que i tend vers
TABLEAU IV.
Fig. 6.
une limite de saturation ; au contraire, en mesurant les diamètres d’étincelles dans l’hydro- gène, j’avais obtenu des résultats à la foi,s très variables et très peu vraisemblables puisque
la courbe i(lo) semblait concave vers le haut.
Comparaison de la théorie avec les données expérimentales. - Considérons les courbes l (1,) figure 1 et la courbe i (Io) figure 6 ; nous voyons aussitôt que leur allure est la même. Pour rendre quantitative cette comparaison, portons sur un graphique en abscisses log-i, en ordonnées les logarithmes des largeurs des différentes raies en prenant pour chacune une origine telle que les trois courbes aient un point commun. La figure 7 est
établie dans ces conditions.
Si 1 peut être représenté approximativement par une fonction aim, r~a est le coefficient
angulaire de la droite passant par le point commun des trois courbes et dont elles s’écartent le moins. La figure montre que rn est compris entre 0,60 et 0,84 (coefficients angulaires des.
droites pointillées) et que la valeur 2/3 que lui attribue la théorie concorde aussi bien que
possible avec les mesures expérimentales.
Le phénomène essentiel dans l’élargissement des raies est donc bien le charnp intermolé-
culaire créé par les ions et dont la vale2cr moyenne varie comme la puissance .~/~ de leur
densité.
L’effet du champ des quadruplets, d après ce que nous avons vu, est de l’ordre de
15 p. 100 des plus petites largeurs mesurées et devient négligeable pour les plus grandes-
168
inversement, l’tBffet de l’abs©rption, appréciable pour les grands courants, est ’,Zans aucun .doute faible pour le~ étincelles peu condensées et l’ensemble de ces deux actions secondaires
peut aceroître de 10 à 1 pour 100 la largeur des raies sans modifier seiisiblement l’allure courbes l (i j.
1 " 0 ~
~
FÍg. 7.
Comparaison des différentes raies.
-Si nous définissons la constante c de l’effet Stark par la relation :
(l?k étant l’éclat de la composante ~, dans la raie décomposée par un champ constant égal à l’unité) nous obtenons, par unité électrostatique de champ :
Prenons d’autre part les valeurs moyennes des rapports des largeurs de deux raies .{lans différentes séries de mesures, nous obtenons
très voisins des rapports :
Valeur du champ moléculaire moyen* - Il est très diiiicile d’établir une comparaison
~en valeurs absolues entre les relations de IIoltsmark et les données expérimentales, puisque
nous avons mesuré la densité de courant dans l’air et non dans F hydrogène.
Inversement, en utilisant ces relations, on peut calculer i’ordre de grandeur du champ
intermoléculaire moyen à partir de la largeur des raies. Nous sommes conduits ainsi à attribuer à ce champ des valeurs variant de 100 à 400 U. E. S. c’est-à-dire de 3X 10" à 12 X 104. y:cm; on voit qu’il est, ainsi qu’on l’avait prévu, très grand devant le champ d’une
centaine de volts par centimètre qui fait mativoir les ions dans l’étincelle et n-tême dsyant
le champ de quelques milliers de volts par centimètre qui règne au voisinage des électrodes.
169 Cas d’une étincelle amortie.
-Nous avons remarqué que la largeur des raies est
indépendante de la résistance du circuit, il est intéressant de chercher s’il en est de même de la densité de courant. J’ai donc étudié, en faisant les mêmes réserves que dans les para-
graphes précédents, le diamètre d’étincelles de plus en plus amorties jadhssant dans l’air.
Votci les résultats d’une série de mesures effectuées arec une capacité et une self-inductance
fixes ; dans le V, la résistance est évaluée en prenant pour unité la résistance cri-
tique du circuit t et l’inleii;ilé maximum du courant lm est mesurée par son rapport à la
quantité constante - .
I,n varie de 190 à 26 t1; si une variation de la self-inductance ou de la capacité produisait. la
même variation de Im, i passerait de 1 400 à 380 A: mm 2. Ici les valeurs extrêmes de i diffèrent seulement de 20 pour 100 et ses modifications ne soot pas systématiques. Si l’on
tient compte de ce que les dernières étincelles sont très peu lumineuses et ont des diamètres inférieurs à 0,2 mm, difficiles à évaluer avec une grande précision, on peut admettre la constance de i en fonction de I? : La densité de courant, coiiiiiie la des raies, reste
coitslante lorsque la ’pésistance dit circuit varie et la tltéorie entre la largeur- des J’aies et du
Variations de l en fonction de la pression. -- La photographie directe des étincelles m’a prouvé que leur âiamètre reste constant lorsque la pression du gaz varie, le courant
restant le même; par conséquent, la densité de courant reste constante, dans les mêmes
conditions; la mobilité des électrons dans un gaz est inversement proportionnelle à la pression, donc le nombre des ions doit croître comme la pression; le nombre des molécules
présentes est multiplié par p, le taux d’ionisation et est constant.
Lorsque la pression varie, le champ des ions varie comme p- 1, celui des quadruplets
donc la largeur des raies comme :
Or d’après ce qui précède, le coefficient R relatif aux ions est de l’ordre de A/,6pour les
étincelles peu condensées, de 1,~ ~â pour les étincelles condensées. Ceci explique que le rapport toujours un peu supérieur à 32/3, décroisse systématiquement lorsque I, croît.
L’effet de l’absorption apparaît encore ici comme un terme correctif, relativement peu
important puisqu’il varie seulement comme »i13 en valeurs relatives.
Ainsi, sans permettre le calcul précis des valeurs à attribuer à l, la théorie permet
encore dans ce cas d’expliquer de façon très complète les faits constatés expérimentale-
ment. Dans tous les cas, l’effet Stark dû aux ions joue le rôle essentiel dans le phénomène,
le champ des quadruplets et l’effet des ions interviennent à titre de termes correctifs.
Manuscrit reçu le 2 février 1928.
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