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L Assistants d’éducation :refusons ce projet !

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Texte intégral

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Supplément au n° 579 du 4 décembre 2002

Sommaire

2. Communiqué de presse.

3. Chronique d’un projet inadmissible.

4. Pourquoi nous serons en grève.

M I - S E E T A I D E S - É D U C AT E U R S

Assistants d’éducation : refusons ce projet !

L e ministère a en projet la multiplication de nouveaux précaires « les assistants d’éducation », « les civis éducations ». Précaires, car il s’agirait de personnels recrutés par les chefs d’établissement, sous contrat de droit privé, qui se devraient d’être polyvalents, autrement dit sans missions déterminées ; si les étudiants resteraient recrutés en priorité, là où ils feraient défaut rien n’interdirait de recourir à des retraités ou à des mères au foyer ; leurs contrats seraient de trois ans renouvelables une fois s’il s’agit de mi-temps (ces derniers seraient compatibles avec des bourses, non prévues au budget...!) ; le temps de travail hebdomadaire serait ou de 40 ou de 20 heures, avec des salaires allant du SMIC à sa moitié. Telle est

l’ambition du gouvernement, créer 11 000 nouveaux « postes » en

remplacement des suppressions de 5 600 postes de surveillant et du départ de 20 000 aides-éducateurs.

Nous avons déjà à de multiples reprises affirmé notre refus catégorique de la disparition du statut de MI-SE, notre volonté d’offrir de réels débouchés aux aides-éducateurs. Toutes les actions menées depuis septembre au niveau national et intersyndical et au niveau académique notamment Rennes, Nantes, Corse, Toulouse... expriment ce refus. Nous avons des propositions que le ministère refuse d’entendre.

C’est pourquoi nous avons décidé une semaine d’action MI-SE, A-E, du 13 au 17 janvier avec une grève nationale le vendredi 17 janvier dans les collèges et les lycées, et des « journées vie scolaire mortes ».

MI-SE et A-E Semaine

d’action nationale

du 13 au 17 janvier.

Journée nationale

de grève le vendredi 17 janvier.

Améliorer le statut des MI-SE, transformer les missions

des A-E en emplois statutaires

La catégorie des MI-SE n’en est pas à ses premières résistances

Depuis 1968, aucune revalorisation du statut n’a été envisagée, ce sont au contraire de mul- tiples projets de suppression qui se sont suc- cédé à partir de 1979.Créée en 1937 et 1938, sa fonction a toujours été double : permettre à des jeunes issus de milieux socialement défa- vorisés de poursuivre leurs études, assurer un bon encadrement des jeunes dans les « cités scolaires ».

Pourquoi s’en prendre une nouvelle fois à ces statuts ? Les arguments avancés marquent et une prise de conscience du ministère et un aveu- glement. Le premier prend appui sur le constat

qu’il y a un défaut de candidatures dans certains établissements éloignés des centres universi- taires, la conséquence qu’en tire le ministère est que les nouveaux statuts proposés permet- tront de combler les postes vacants ; or il est évi- dent que les étudiants ne pourront être attirés par un emploi aussi précaire. Le second argu- ment consiste à faire remarquer que les sur- veillants ne réussissent pas leurs études, ce qui est très contestable. Le troisième stigmatise la vétusté et l’inadaptation du statut de MI et SE, or les collègues qui nous ont précédé avaient déjà en vue une rénovation du statut que nous ne fai- sons que continuer d’élaborer et de proposer ; le ministère fait la sourde oreille.

Ce 4 pages a été rédigé par : Didier Dhuique, Arnaud Dupuis,

Elizabeth Labaye, Gisèle Jean.

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2 Améliorer le statut pour améliorer

la qualité du service rendu

A ces trois maux, il est nécessaire de remédier par une action cohérente. Celle-ci comprend une revalorisation de ces fonc- tions, c’est-à-dire la création d’un statut unique d’étudiant- surveillant ; une diminution du temps de travail qui permette d’avoir plus de temps pour suivre les cours; une authentique for- mation adaptée à leurs missions ; l’indemnisation des déplace- ments pour ceux qui sont loin des centres universitaires; la mise à disposition (si possible) d’une chambre au sein des établis- sements ; la possibilité d’accéder aux concours internes. Cette rénovation des statuts doit s’accompagner, pour être pleinement efficace, d’une augmentation significative du nombre de postes

(pour un meilleur encadrement et pour faciliter le remplacement des surveillants qui passent leurs examens) et d’une réforme uni- versitaire qui assure aux étudiants salariés la possibilité d’assis- ter à tous leurs cours.

Transformer les missions des aides-éducateurs en emplois statutaires

Les aides-éducateurs, emplois-jeunes de l’Education nationale, créés par le gouvernement Jospin, ont été mis en place dans la précipitation et l’indétermination et ont souvent permis de combler des carences en personnels (substitution d’emploi).

Mais ils ont aussi mis en place de nouvelles activités et fait émerger de nouveaux besoins. Le SNES avait dénoncé le recrutement d’emplois précaires et demandé la création de nou- veaux métiers.

Les aides-éducateurs doivent bénéficier rapidement de la vali- dation des acquis de l’expérience et de voies d’accès à la fonc- tion publique pour ceux qui le souhaitent et de formations de qualité qui permettront de trouver un emploi correspondant à un vrai projet professionnel. Ces formations doivent être vali- dées par les rectorats quelle que soit leur durée, y compris lorsqu’elles dépassent la durée du contrat.

L’Etat doit créer les emplois statutaires qui permettent de remplir les fonctions assumées par les aides-éducateurs. Il est nécessaire que les fonctions de secrétaire en documentation, d’animateur culturel, d’animateur aux nouvelles technolo- gies soient pourvues, et contribuent ainsi à l’amélioration du service public.

Surveillants et aides-éducateurs

Le SNES-FSU, le SNUIPP-FSU, le SGEN-CFDT, le SE-UNSA, le SNCL-FAEN, l’UNEF et l’UNSEN-CGT appellent à une semaine d’action du 13 au 17 janvier 2003

Journée nationale de grève des MI-SE et des A-E le vendredi 17 janvier

Le développement important de l’action unitaire des MI-SE et des aides-éducateurs en décembre n’a pas, pour l’instant, permis d’obtenir des engagements pour maintenir le statut des surveillants, restituer les emplois supprimés et offrir de réels débouchés aux aides-éducateurs. Le gouvernement refuse toujours de créer des emplois statutaires sur des besoins avérés et permanents des établissements et des écoles.

C’est pourquoi les organisations syndicales SNES-FSU, SNUIPP-FSU, SGEN-CFDT, SE-UNSA, SNCL-FAEN, UNEF et UNSEN-CGT appellent à poursuivre dès la rentrée de janvier la mobilisation, afin d’obtenir que :

• le gouvernement revienne sur ses décisions budgétaires ;

• le statut de MI-SE soit maintenu et amélioré ;

• les missions nouvelles mises en place par les aides-éducateurs soient reconnues, professionnalisées et transformées en emplois statutaires ;

• l’accès à une formation qualifiante ou diplômante devienne une réalité pour tous les A-E ;

• les A-E qui le souhaitent puissent poursuivre leurs activités avec des tâches identifiées dans le cadre de vraies perspectives professionnelles ;

et engagent une semaine d’action MI-SE/aides-éducateurs du 13 au 17 janvier avec une grève nationale le vendredi 17 janvier dans les collèges et les lycées et, là où les conditions de mobilisation sont réunies, dans les écoles.

Les syndicats invitent leurs sections départementales ou académiques à se rencontrer pour décider, partout où la mobilisation le permet, de modalités complémentaires pour la semaine d’action : assemblées, distributions de tract, initiatives en direction de la presse, appel à des « journées vie scolaire morte » et, dans les cas où les conditions d’une participation significative sont réunies, appel aux personnels à rejoindre la grève.

Paris, le 20 décembre 2002 Tous les communiqués de presse parus depuis la rentrée : www.snes.edu/snesactu/rubrique Communiqués

C O M M U N I Q U E D E P R E S S E

©DANIEL MAUNOURY

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Chronique d’un projet inadmissible !

A quelques jours de la rentrée, Luc Ferry espère se sau- ver d’un cafouillage de communication en annonçant que les premiers touchés par les restrictions budgétaires seraient les étudiants-surveillants et les emplois-jeunes : 5 600 MI-SE supprimés, 20 000 aides-éducateurs sans contrat à la rentrée 2003. Aussitôt le SNES, l’UNEF et le SNESUP augurent qu’il « pourrait s’agir également de la dis- parition progressive du statut des étudiants-surveillants rem- placés alors par le recrutement d’autres personnels de statut privé ou de précaires comme ce fut déjà le cas par le passé ».

On réfute rue de Grenelle, on appelle au calme.

Le 24 septembre, au moment où le Premier ministre, Jean- Pierre Raffarin, réunit à la Sorbonne les recteurs et les inspecteurs d’académie pour mettre en chantier la décen- tralisation, plusieurs milliers de MI-SE et d’aides-éducateurs se retrouvent dans l’action, contre les projets de décen- tralisation et de suppression d’emplois. Le ministère doit faire le lendemain des mises au point embarrassées dans un communiqué de presse, mais ne recule cependant pas sur ses projets : il est toujours question de suppression de postes.

Mais il y a aussi une nouveauté : le ministère va les rem- placer par le recrutement de 11 000 « assistants d’éduca- tion », qualifiés de « plus souples et plus efficaces que les actuels MI-SE ». Le 27 septembre, Alain Boissinot, directeur de cabinet, envoie une note aux recteurs, très critique envers les MI-SE, leur statut, leur manière de servir, esquis- sant un personnel qui « répondra aux besoins extrêmement diversifiés des établissements », au recrutement très large, car

« les étudiants ne doivent pas constituer le seul vivier (...) de jeunes retraités, ou des mères de famille, peuvent souhaiter s’engager dans des tâches éducatives ». Luc Ferry démentira plusieurs fois dans la presse vouloir embaucher des

« mamies », et s’emportera sur LCI en qualifiant le statut des surveillants de « dispositif calamiteux [qu’il] raye d’un trait ».

Quant aux aides-éducateurs, dont Luc Ferry a reconnu «qu’ils avaient trouvé leur place dans les écoles et établissements », rien n’est avancé par le ministère pour maintenir leurs acti- vités et donner un avenir professionnel aux jeunes.

Le 17 octobre, ils viennent pourtant nombreux dans les manifestations unitaires partout en France, pour lui rap- peler leur existence. A la rentrée de Toussaint, le ministère de l’Education nationale organise une table ronde sur les

« assistants d’éducation ». Il ne dit rien sur les financements, le statut, le niveau de recrutement, le service et la rému-

nération de ces personnels. Sommé par les syndicats de donner des preuves de mauvais service des personnels concernés, le ministère se réfère à un rapport, commandé par Claude Allègre, qui enfonce les MI-SE « peu différents par leur âge et leur comportement des élèves d’établissements difficiles qu’ils peuvent être amenés à encadrer ».

Ironie de l’histoire, ce fut déjà la mobilisation des MI-SE qui enterra ce rapport jamais publié. Alors, dès la mi- novembre, des académies se mobilisent et lancent des grèves reconductibles et des actions d’éclat : Nantes, Rennes, Toulouse, Corse.

Le 27 novembre, nouvelle journée d’action intersyndicale, alors qu’une seconde table ronde est convoquée. Tous les syndicats réunis se voient dévoiler un projet qui « confirme la volonté de faire disparaître le statut actuel de MI-SE, de n’offrir aucune issue aux aides-éducateurs et d’ignorer la plu- part de leurs missions » : des contrats de trois ans au SMIC, des plein-temps annualisés de 1 600 h sur 39 semaines, des mi-temps pour les étudiants, le recru- tement local et la disparition des commissions paritaires consultatives. Les syndicats réunis, devant de telles pro- vocations, décident de quitter les lieux.

Décembre, avec la manifestation du 8 et la grève du 17, a permis à des milliers de jeunes dans toute la France d’expri- mer le refus d’encore plus de galère à la rentrée et d’encore plus de difficultés pour poursuivre des études. Depuis, les ministres font la sourde oreille, ils promettent des camé- ras et des barbelés d’un côté tout en dégarnissant le rang des personnels dans les établissements de l’autre.

Loin de rassurer les personnels inquiets, le ministère se borne à répéter que le « nouveau dispositif est fait pour aider les étudiants », et ne veut pas comprendre que nous n‘en voulons tout simplement pas ! Depuis la rentrée, de nombreux collègues se plaignent partout en France d’une dégradation de leur situation et de pressions constantes subies dans les établissements.

En janvier, nous devrons donc hausser le ton. La semaine du 13 au 17 janvier sera un moment d’action, d’assemblée et d’information. L’appel à la solidarité de tous les per- sonnels de l’Education nationale est déjà lancé. Notre volonté devra être forte bien avant le 17 janvier, jour de grève nationale.

Cette fois-ci, par notre fermeté, ensemble, nous obligerons Luc Ferry à nous entendre !

©T. NECTOUX

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L’Université Syndicaliste, suppl. au n° 579 du 4 décembre 2002, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second de gré (FSU), 1, rue de Courty, 75341 Paris Cedex 07, Directeur de la publication : Gérard Anthéaume - Compogravure : CAG, Paris - Imprimerie : SIPE, Paris - N° CP 1578 D 73 - ISSN n

o

0751-5839

Le projet d’assistant d’éducation : un projet de régression sociale

Eléments du statut Actuellement pour les MI-SE Projet assistant d’éducation

Niveau Bac. ?

Obligation Etre étudiant. Aucune.

Recrutement Le rectorat, sur critères sociaux, après avis de la commission Le chef d’établissement.

paritaire.

Service 28 h hebdo, 34 h pour les MI, pendant 37 semaines. 1600 h pour les SE, annuelles, soit 35 h hebdo en moyenne sur 46 semaines.

Congés d’examen 4 jours avant ou encadrant les jours d’examen. Aucune, puisque le service est annualisé.

Droit à mutation Oui, examen en commission paritaire. Non, puisque le recrutement est local.

Durée des fonctions 7 ans maxi avec obligation de réussite aux examens. 3 ans, renouvelable une fois.

Gestion Examen en commission paritaire : recrutement, Chef d’établissement, sans autre contrôle.

stagiarisation, mutation, conseil de discipline.

Aux enseignants,

aux élèves, aux parents d’élèves

D epuis le 24 septembre, des actions sont en cours dans de nombreux établissements autour de la question des surveillants (MI-SE) et des aides- éducateurs (A-E) : grèves nationales, manifestations, grèves et actions locales… Cela peut entraîner une gêne pour vos enfants et des interrogations de votre part.

Pourquoi ces actions ?

Le gouvernement a prévu pour la rentrée prochaine la suppression de 5 600 postes de surveillants recrutés sur critères sociaux et 20 000 emplois d’aides-éducateurs, « remplacés » par des « assistants d’éducation ».

Au total, 25 600 postes supprimés pour 11 000 assistants d’éducation prévus, soit environ deux surveillants et/ou aides-éducateurs en moins par établissement. L’Etat a donc décidé de faire des économies sur l’enca- drement de vos enfants à l’école.

Qu’est-ce

qu’un surveillant ?

Ces emplois de surveillant sont occu- pés par des étudiants. Cela leur per- met de vivre (payer leur loyer, se nourrir) et financer leurs études. Leur rôle est, entre autres, d’assister le conseiller principal d’éducation (CPE) dans le fonctionnement de la vie sco- laire des établissements tant au niveau administratif qu’éducatif. Ils gèrent les absences, mais aussi les maux, les problèmes de vie en collectivité. Ils

Les conséquences vont être nom- breuses pour les élèves : permanences surchargées, surveillance (dans la cour, le self, aide au travail en permanence, clarification des absences...) moins effi- cace, soutien et aide aux devoirs qua- siment impossibles, animation infor- matique sacrifiée... Ce ne sera pas la mise en place d’une vidéo-surveillance qui réglera les problèmes humains.

Le gouvernement campe toujours sur ses positions. C’est pourquoi nous devons continuer l’action.

Nous avons besoin de votre soutien. C’est pourquoi nous serons de nouveau en grève le vendredi 17 janvier et mènerons des actions la semaine du 13 au 17 janvier.

Il s’agit d’obtenir que :

• le gouvernement revienne sur ses décisions budgétaires ;

• le statut actuel de MI-SE soit main- tenu et amélioré ;

• les missions nouvelles mises en place par les aides-éducateurs soient reconnues, professionnalisées et transformées en emplois statutaires ;

• l’accès à une formation qualifiante et diplômante devienne une réalité pour tous les aides-éducateurs ;

• les aides-éducateurs qui le souhai- tent puissent poursuivre les activités avec des tâches identifiées dans le cadre de vraies perspectives profes- sionnelles.

Soutenez-nous ! sont un repère pour des jeunes ado-

lescents.

Qu’est-ce qu’un aide-éducateur ?

Les aides-éducateurs existent dans le premier et le second degré. Ils ont un rôle complémentaire de celui des sur- veillants. Leurs tâches sont très diverses d’un établissement à l’autre : soutien scolaire et études encadrées ; animation d’activités culturelles ; tech- nologie de l’information et de la com- munication ; à la documentation ; aide aux élèves ayant des problèmes de comportement ; médiation scolaire ; intégration des élèves handicapés...

Par qui le gouvernement veut-il les remplacer ?

Les assistants d’éducation censés les remplacer seront d’abord moins nom- breux, recrutés au niveau local par le chef d’établissement sans prise en compte des critères sociaux, sans prio- rité aux étudiants (de jeunes retraités ou des mères de famille pourront être recrutés), avec un contrat de trois ans très précaire.

Quelles conséquences ?

Comment feront alors les étudiants de condition modeste pour financer leurs études ?

Que deviendront les aides-éducateurs que l’on renverra à la fin de leur contrat ? Ils reviendront pour un bon nombre d’entre eux au chômage.

Le 17 : pourquoi nous serons en grève

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