HAL Id: tel-00418842
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lorentziennes.
Jürgen Angst
To cite this version:
Jürgen Angst. Etude de diffusions à valeurs dans des variétés lorentziennes.. Mathématiques [math].
Université de Strasbourg, 2009. Français. �NNT : 2009STRA6121�. �tel-00418842�
Institut de recherche mathématique avancée
Thèse
en vued'obtenir legrade de docteur de l'Université de Strasbourg,
Écoledoctorale de mathématiques, sciences de l'information et de
l'ingénieur; présentée et soutenue publiquement le 25.09.09 par
Jürgen Angst
Étude de diusions à valeurs
dans des variétés lorentziennes
Thèse encadrée par M. Jacques Franchi
M. YvesLe Jan
soutenue après avis de M. Marc Arnaudon
M. Jean Picard
devant la commission d'examen formée par
M. Marc Arnaudon rapporteur
M. MichelÉmery examinateur
M. Jacques Franchi directeur
M. YvesLe Jan co-directeur
M. Jean Picard rapporteur
Enpremierlieu,jetiensàremercierJacquesFranchietYvesLeJanpouravoir
encadré cette thèseetainsi accompagnémes premierspas dansla recherche.
Merci en particulier à Jacques pour sa disponibilité et sa patience, à Yves
pour sa clairvoyance etses bons conseils.
Marc Arnaudon et Jean Picard m'ont fait l'honneur d'accepter la tâche
in-gratede rapportercettethèse,qu'ilsen soientvivementremerciés. Ungrand
merciégalementàAntonThalmaieretMichelÉmeryd'avoiraccepté defaire
partiedemonjury.ToutcommeMarcetJean,leurcuriositépourmontravail
a été très encourageante etleur bienveillanceexemplaire.
Merci à Ismaël Bailleul pour m'avoir fait proter de son expérience
min-kowskienne, ainsi qu'àFabriceDebbaschpourm'avoirapporté sonexpertise
concernantl'interprétationphysiquedesprocessusétudiésdanscemanuscrit.
Mon aventure mathématique se poursuit à l'université de Genève, merci à
Stanislav Smirnov, Yvan Velenik et Vincent Beara pour leur accueil. Pour
de bassesraisonsadministratives,cette nouvelleétapehelvétique n'auraitpu
sefairesansl'interventionbienvenuede Marie-ClaudeDavidetPierrePansu,
un grand merci àeux.
Mongoûtpourlesaléasetlagéométries'estforgéàOrsayoùj'aieulachance
d'avoir d'excellents professeurs. Il serait injuste de ne pas les remercier ici.
Merci donc à Raphaël Cerf, Guy David, Olivier Raimond, Alano Ancona,
Jean-Michel Bismut, Pascal Massart et un double mercià WendelinWerner
à quima venue àStrasbourg doit beaucoup.
Je garderai un excellent souvenir de ces quatre années passées en Alsace.
Parmi les membres de l'IRMA, je tiens à remercier Yvonne Borell,
San-drine Cerdan, Claudine Bonnin pour leur gentillesse et leur
professionna-lisme.MerciégalementàVincentVigonpoursabonnehumeuretsonécoute,
àClaudine Mitschiet Christian Kasselpour leur bienveillance etlesbalades
dans les Vosges. Merci à Scoum, gentil organisateur (entre autre) du
sémi-naire des doctorants, à Adrien et mes anciens co-bureau. Merci à tous mes
Plus personnellement, merci à mes (dés)alter ego Martin, Jehan, Loïc,
Gas-ton,Antoine, Poloetc.pourleur amitiédèleetprécieusequimériteraitque
nous nous voyionsplus souvent.
Merci à mes parents et ma soeur pour leur amour, leur conance et pour
m'avoir toujourssoutenulors des choix décisifs.
Remerciements i
Introduction ix
Problématique et motivations . . . ix
Présentation de lapremière partie . . . xiii
Présentation de ladeuxième partie . . . xv
Un théorème limite central pour une classe de diusions minkowskiennes I Une classe de diusions minkowskiennes 3 1 Notations,rappelset historique . . . 4
2 Lesdiusions minkowskiennes dans la littérature. . . 9
3 Uneclasse de diusionsminkowskiennes . . . 13
II Preuve du théorème limite central principal 21 1 Ergodicitéde ladiusion euclidienne . . . 22
2 Utilisationde la méthode des martingales. . . 31
3 Asymptotiquede lamartingale
M
. . . 414 Deux corollairesdu théorème limite central . . . 48
III Conséquences du théorème limite central 51 1 Comportement asymptotiquedu ROUP. . . 52
Étude d'un mouvement brownien relativiste
dans les espaces de Robertson-Walker
I Construction d'un mouvement brownien relativiste 73
1 La diusion de Dudley dans l'espacede Minkowski . . . 74
2 La construction de Franchiet LeJan . . . 78
3 Les exemples précédemment étudiés . . . 85
II Géométrie des espaces de Robertson-Walker 97 1 Les espaces de Robertson-Walker . . . 98
2 Élémentsde physiquerelativiste . . . 106
3 Géométrie des espaces de Robertson-Walker . . . 118
4 Hypothèses sur le facteur d'expansion . . . 122
III Étude des géodésiques dans les espaces RW 129 1 Connexité etcomplétude des géodésiques . . . 130
2 Intégration des géodésiques de genretemps . . . 132
3 Intégration des géodésiques de lumière . . . 136
4 Asymptotique et prolongementdes géodésiques . . . 139
IV La diusion de Franchi et Le Jan dans les espaces RW 153 1 Systèmes d'équations satisfaits par la diusion . . . 154
2 Mise en évidence de sous-diusionsnaturelles . . . 163
3 Existence, unicité, tempsde vie des solutions. . . 169
4 Loi d'entrée de la diusionen l'originedes temps . . . 173
V Étude de la diusion temporelle 181 1 Asymptotique dans un univers éternel. . . 182
2 Asymptotique dans un univers mortel . . . 201
VI Étude des composantes spatiales de la diusion 211 1 La diusion radialeen courbure négative . . . 212
2 Asymptotique lorsque la bre est euclidienne . . . 233
3 Asymptotique lorsque la bre est hyperbolique . . . 250
VII La diusion régénérée dans un univers mortel 273
1 Prolongement de ladiusion . . . 274
2 Asymptotiquede ladiusion régénérée . . . 277
VIII Frontière de Poisson de la diusion 281
1 Unthéorème de Liouville . . . 282
2 Lorsque labre est euclidienne . . . 286
3 Quelquesremarques . . . 289
Problématique et motivations
L'objet de ce mémoireest l'étude de processus stochastiques à valeurs dans
des variétés lorentziennes. En particulier, on s'intéresse au comportement
asymptotique en temps long de ces processus et on souhaite voir en quoi
celui-ci reète la géométrie des variétés sous-jacentes. Nous limitons notre
étude à celle de diusions, c'est-à-dire de processus markoviens continus,
à valeurs dans le bré tangent unitaire de variétés lorentziennes fortement
symétriques. L'introduction etl'étude de tels processus ont des motivations
purement mathématiquesmais aussi physiques, que nous décrivons dans les
deux prochains paragraphes.
Des motivationsphysiques
Lesthéoriesphysiquesdu mouvement brownien etde larelativitéremontent
toutesdeux audébutduvingtièmesiècle.Ellesremontentprécisémentà
l'an-née 1905, Annus mirabilis 1
où Einstein publiait les quatre articles [Ein05a,
Ein05b, Ein05c, Ein05d] dans Annalen der Physik. Ces deux théories ont
eu chacune un retentissement extraordinaire. Les travaux d'Einstein sur le
mouvement brownien ont en particulier permis de mettre en place un
pro-tocole expérimentalpour mesurer avec précisionlaconstanted'Avogadro,et
ainsijustierlanaturediscrètedelamatièrequin'étaitjusqu'alors
qu'hypo-thétique.Il n'estpas utiled'insister sur lavéritablerévolutionscientique et
philosophiqueconsécutiveàl'introductionduprincipederelativité.Pourtant,
cesdeuxthéoriessontincompatiblescommeilressortclairementdufaitquele
uxdelachaleursepropageinstantanémentàl'inni.Faceàcette
incompati-bilité,onauraitpus'attendreàvoireurirdèsledébutduvingtièmesiècleles
travaux cherchant àconciliermouvement brownienet principe de relativité.
Il a fallu pourtant attendre une soixantaine d'années avant de voir émerger
destravauxconcernantl'étudede processusstochastiquesdanslecadredela
1. Cettethèseadébuté en2005oùl'onfétait àl'IHP lecentenairedestravaux
d'Ein-stein. Le lecteur curieux pourra consulter les excellents articles [Dup05] et [Dar05] du
relativitérestreinte. C'esten eetaumilieudes années1960qu'apparaissent
lespremierstravauxconcernantdesprocessus deMarkovàvaleursdans
l'es-pace de Minkowski. Dans [Dud66 ], Dudley a ainsi introduit une diusion à
valeursdansl'espacetangentunitairedel'espacedeMinkowski,diusionqui
possèdel'invariancelorentzienne.Àlamêmeépoque,motivésparla
modélisa-tionde plasmasrelativistesdansl'optiqued'unefusionnucléaire,lestravaux
concernant la mécanique statistique relativistenon quantique se multiplient
danslalittératurephysique.On peut citerpar exemplelestravauxpionniers
deHakim[Hak65,Hak67a,Hak67b,Hak68a, Hak68b]etlesréférencesde ces
articles.
Cependant, de façon assezsurprenante, il fautànouveau attendre une
tren-taine d'années pour trouver de réelles avancées par rapport aux travaux de
Dudley et Hakim. Dans [DMR97 ], Debbasch, Mallick et Rivet ont ainsi
in-troduitleprocessusd'Ornstein-Uhlenbeckrelativiste(ROUP)pour décrirele
mouvementaléatoired'uneparticuleponctuellebaignantdansunuide
rela-tiviste. Ce processus a été étudié dans [DR98,BDR01a, BDR01b, BDR01c]
puis généralisé au cas courbe par Debbasch dans [Deb04 ]. Poursuivant le
même objectif, dans [DH05a, DH05b] Dunkel et Hänggi ont à leur tour
in-troduitunediusiondansl'espacedeMinkowskietétudiésoncomportement
viadessimulationsnumériques.D'autresdiusionsrelativistessontapparues
récemment dans la littérature physique, citons par exemple [Pav01 , VB06,
Hab09,Her09].Bienquecertainsdecesprocessusaientétélargementétudiés,
des questionsconcernantleur comportementasymptotiquerestaientsans
ré-ponse.Parailleurs,certainesarmationscourammentadmiseslesconcernant
n'avaientpas de justicationmathématique rigoureuse.
Des motivations mathématiques
L'introductionde processus et de méthodes stochastiques dans le cadre
rie-mannienremonteaux années1960 etauxtravauxde KiyosiItôsur le
trans-port parallèle stochastique [Itô63]. Depuis ces travaux pionniers, les
inter-actions entre théorie des probabilités et géométrie diérentielle sont
deve-nues un champ de recherche fructueux et en constante expansion. Parmi
les nombreux résultats marquants obtenus via ces méthodes, on peut
ci-ter par exemple la preuve probabiliste du théorème de l'indice
d'Atiyah-SingerparBismutdans[Bis84],ladéterminationd'applicationsharmoniques
entre variétésriemanniennes via l'étudede semi-martingales[Ken98], ou
en-core l'étude de la frontière de Poisson sur les variétés de Cartan-Hadamard
[HK92,ATU09].Touscestravauxfontapparaîtredeslienstrèsprofondsentre
géné-de cette variéte. Une question très naturelleconsiste alors à se demander si
de tel liens perdurent lorsque la variété sous-jacente n'est plus riemanienne
mais pseudo-riemanienne, en particulier lorsqu'elle est lorentzienne.
Autre-mentdit,l'étudedu mouvementbrownien etplus généralementde processus
stochastiques sur une variété lorentzienne nous apprend-elle quelque chose
sur la géométrie de cette variété? Pour répondre à cette question, il faut
bien entendu d'abord s'entendre ce qu'est un mouvement brownien sur une
variété lorentzienne.
Comme nous l'avons déjà brièvement indiqué au paragraphe précédent, les
premierstravauxconcernantl'étudede processusstochastiquesdanslecadre
lorentzien sont ceux de Dudley dans lesannées1960. Dans l'article[Dud66],
Dudley a établi une classication des processus markoviens à valeurs dans
lebré tangent unitaire de l'espacede Minkowskiqui possèdent l'invariance
lorentzienne, c'est-à-dire dont la loi est invariantesur l'action du groupe de
Lorentz, le groupedes isométriesde l'espacedeMinkowski.Il aainsi montré
que parmi ces processus, ilen existe un et un seul dont les trajectoires sont
continues, et donc qu'il existe un unique candidat naturel pour être qualié
de mouvement brownien dans l'espace de Minkowski. Dans un second
ar-ticle [Dud73], Dudley a ensuite étudié lespropriétés asymptotiques de cette
diusion montrant en particulier que le processus est transitoire : il diverge
vers l'inni dans une direction privilégiée, à l'image du mouvement
brow-nien hyperbolique. Récemment, dans [Bai06,Bai08a],Bailleula complété la
description de Dudley en montrant que non seulement les trajectoires du
mouvement brownien dans l'espace de Minkowski s'en vont à l'inni dans
une direction privilégiée aléatoire, mais qu'elles convergent également vers
un hyperplan asymptotiquealéatoire.
De façon assez surprenante, hormis les récents travaux de Bailleul, les
ré-sultats de Dudley ont eu relativement peu d'écho. En particulier, la notion
de mouvement browniensur une variétélorentziennegénérale est longtemps
restée oue. Récemment, dans [FLJ07], Franchi et Le Jan ont étendu la
construction de Dudley au cadre géométrique de la relativité générale. Ils
ont en eet construit une diusion à valeurs dans le bré tangent unitaire
d'une variété lorentziennegénérale, diusion dont laloi possède l'invariance
lorentzienne. Leur construction est une adaptation au cadre lorentzien de
la méthode du relèvement horizontal qui permet de construire une
semi-martingale sur une variété riemannienneen passant par le bré des repères.
Cette diusion apparaîtin ne comme le développement stochastique de la
Ladiusion deFranchietLeJanadéjàétéétudiéedansquelques exemples:
essentiellement l'espace de Minkowski où elle coïncide avec la diusion de
Dudley, l'espacede Schwarzschild quiest un des principaux modèles utilisés
par les physiciens pour décrire le complémentaire d'un trou noir dans la
théorie de la relativité générale, et enn l'univers de Gödel, qui possède la
propriétéintéressanted'êtreàlafoisunesolutiondeséquationsd'Einsteinet
de contenir des courbes de genre temps fermées. Les espaces de Minkowski,
Schwarzschild et Gödel sont tous les trois de courbure nulle. De l'étude de
cesexemples,ilressortlefaitquelestrajectoiresde ladiusionde Franchiet
LeJansemblentconvergerpresquesûrementvers desgéodésiquesde lumière
aléatoiresde la variété sous-jacente. Dans [FLJ07], les auteurs conjecturent
même la nature de la frontière de Poisson associée à la diusion : celle-ci
serait en bijection avec un ensemble de classes d'équivalence de géodésiques
de lumière.
Le nombre d'exemples où la diusion de Franchi et Le Jan a déjà été
étu-diée étant assez restreint, il est raisonnable, avant de chercher à conrmer
ou à inrmer leurs prédictions, de décrire son comportement asymptotique
surd'autres exemplesde variétéslorentziennes, en particulierdesvariétésde
courbure non nulle. Par ailleurs,parmi lestrois exemplesci-dessus, ilen est
un seul oùl'on soit parvenu à décrirela frontière de Poisson de la diusion.
SeulBailleuldans [Bai08a] aen eetdéterminé explicitement lafrontière de
Poisson de la diusion de Dudley dans l'espace de Minkowski. La
détermi-nation de la frontière de Poisson de la diusion de Franchi et Le Jan sur
un premier exemple de variété lorentzienne courbe est donc une question
naturelleetmotivante.
Ce mémoire est composé de deux parties largement indépendantes, de
lon-gueuretde natureinégales.Lapremière partiedu manuscritest consacrée à
lapreuved'un unique résultat,àsavoir un théorème limitecentralpour une
classe de diusions à valeurs dans l'espace de Minkowski. Elle est motivée
par les questions ouvertes de lalittérature physique évoquées plus haut. Ce
travail a fait l'objet de la publication [AF07]. La seconde partie du
manus-crit, bien plus importante en volume, est consacrée à l'étude détaillée de la
diusionde FranchietLe Jansur une largeclasse d'exemples de variétés
lo-rentziennes courbes:lesespaces de Robertson-Walker.Larédaction decette
secondepartieestlinéaireausens oùl'onprogresse aufuretàmesurevers la
déterminationducomportementasymptotiquedeladiusion.Enparticulier,
Présentation de la première partie
Dans la première partie du manuscrit, nous montrons un théorème limite
centralpour une classe de diusions minkowskiennes, plus précisément pour
une classe de diusions à valeurs dans le bré tangent unitaire de l'espace
de Minkowski
R
1,d
× H
d
. Àl'origine de ce travail setrouvent deux questions
issues des articles [DR98] et[DH05a, DH05b] respectivement, concernant le
comportementasymptotiquedesprocessusintroduitsdanscesmêmesarticles
par leur auteurs. Lesdeux processus en question sontde laforme
(x(t), p(t))
t≥0
= (t, x
t
, p
0
t
, p
t
)
t≥0
∈ R
1,d
× H
d
,
en particulier, ils sont caractérisés par la seule donnée du couple
(x
t
, p
t
)
t≥0
quisetrouveêtredanslesdeuxcas unediusiondans
R
d
×R
d
.Lesquestions
soulevéesdans[DR98]et[DH05a]portentrespectivementsurlalimite
hydro-dynamique et la variance asymptotique des processus
(x
t
)
t≥0
. Sans rentrer danslesdétailstechniquesetphysiques, considérerlalimitehydrodynamiqueduprocessus
(x
t
)
t≥0
revientenfaitàdéterminerlaloiduprocessus(
1
√
t
x
at
)
a≥0
indexé par
a
lorsque le paramètret
tend vers l'inni. En se basant sur un développement de Chapman-Enskog, lesauteurs de [DR98]arment que lalimite hydrodynamique du processus
(x
t
)
t≥0
se comporte de manière brow-nienne. Plus précisément, ils donnent une démonstrationheuristique du faitla densité
n(τ, x)
du processus limite satisfait une l'équation du type∂
τ
n = ∆n,
quiestbiensûrl'équationdelachaleurvériéeparladensitéd'unmouvement
brownien.Cesmêmesauteursinsistentsurlefaitqueleurdémonstrationn'est
qu'heuristiqueetappellentlesbonnesvolontésàjustierrigoureusementleur
conclusion.Lesauteursde[DH05a,DH05b]cherchentquantàeuxàmontrer
une relation de uctuation-dissipation pour le processus
(x
t
)
t≥0
, ce qui re-vient à dire que lorsquet
tend vers l'inni, la variance normaliséeE
[
|x
t
|
2
]/t
converge vers une constante
Σ
2
> 0
à préciser. À partir de simulations
nu-mériques, ils arment qu'une telle convergence a bien lieuet prédisent une
valeurpourlavariancelimite,sanspourautantparveniràjustierleurs
ar-mations.Lethéorèmelimitecentralquenous établissonspermetderépondre
rigoureusementàces deux questions.Il répondenfaitàunequestion de
por-tée bien plus générale puisque nous établissons laconvergence en loivers un
mouvement browniendu processus
(
1
√
t
x
at
)
a≥0
,etce pour touteune classeC
de diusions(t, x
t
, p
0
t
, p
t
)
t≥0
, classe qui englobe la plupart des exemples de diusions minkowskiennes de la littérature physique.Notre résultatprincipals'énonce sous la formesuivante:
Théorème (théorème I.1) Soient
(t, x
t
, p
0
t
, p
t
)
t≥0
une diusion de la classeC
et(x
t
, p
t
)
t≥0
ladiusioneuclidienneassociée. Alors, leprocessusp
t
à valeurs dansR
d
admet une probabilité invariante
π
et laloi du processusx
t
a
a≥0
:=
1
√
t
x
at
a≥0
=
√
1
t
x
1
at
, . . . , x
d
at
a≥0
converge, lorsque
t
tend vers l'inni, vers la loi de(Σ
× B
a
)
a≥0
, où le pro-cessusB
est un mouvement brownien standard de dimensiond
etΣ
est une constante strictement positive explicite. La convergence en loi a lieu dansl'espace
C(R
+
, R
d
)
muni de la topologie de la convergence uniforme sur les
compacts de
R
+
, pourπ
-presque toutp
0
, ou si la loi initiale est la loi inva-riante.Duthéorèmelimitecentral,ondéduitaisémentque,pourtouteslesdiusions
minkowskiennes de la classe
C
, la variance normaliséeE
[
|x
t
|
2
] /t
converge
eectivement lorsque
t
tend vers l'inni.Corollaire (corollaire II.2) Soient
(t, x
t
, p
0
t
, p
t
)
t≥0
une diusion de la classeC
et(x
t
, p
t
)
t≥0
ladiusioneuclidienne associée.Alors pour toutpoint initial, lavariance normalisée vérie la convergence suivante, lorsquet
tend vers l'inni :E
[
|x
t
|
2
]
t
−→ d × Σ
2
,
où
Σ
est laconstantestrictement positive du théorèmeci-dessus.L'introduction de la classe
C
de diusions minkowskiennes pour lesquelles nos résultats sont valables fait l'objet du premier chapitre où nous xonségalementlesnotations,faisonsquelques rappelshistoriques,etrappelonsles
principauxexemplesde diusionsminkowskiennesde lalittératurephysique.
Lechapitre II est consacré àlapreuve du théorème limiteprincipal.Elleest
basée sur la méthode des martingales qui consiste à décomposer le
proces-sus
x
t
est la somme d'une martingale et d'un terme de reste qu'on montre être asymptotiquement négligeable. La décomposition repose sur larésolu-tion délicate d'une équation diérentielle ordinaire d'ordre deux avec des
pôles d'ordre eux. Enn, dans le chapitre III, nous appliquonsnos résultats
aux diusions introduites dans [DR98] et [DH05a, DH05b ]. Nous justions
ainsi la conjecture de [DR98], la convergence annoncée par les auteurs de
[DH05a, DH05b] et nous inrmons et corrigeons leur prédiction concernant
lavariancelimite
Σ
2
Présentation de la deuxième partie
Nousdécrivons àprésent lecontenude laseconde partiedumanuscrit
consa-crée à l'étude de la diusion de Franchi et Le Jan dans les espaces de
Robertson-Walker. Ces variétés lorentziennes sont fréquemment utilisées en
cosmologiepourmodéliserununivers en expansion danslesthéoriesdu
Big-BangouduBig-Crunch.Lesdeuxpremierschapitresde cetteseconde partie
contiennentessentiellement desrappels. Danslepremierchapitre,onévoque
tout d'abord la construction d'un mouvement brownien sur une variété
lo-rentzienne. On rappelle ainsi les résultats de Dudley dans l'espace de
Min-kowski,puis laconstruction parFranchiet LeJand'une diusionrelativiste
sur le bré tangent unitaire d'une variété lorentzienne générale. Nous
reve-nons alors brièvement sur lesexemples de variétés où la diusion a déjàété
étudiée.
DanslechapitreII,nousintroduisonslesespacesdeRobertson-Walkercomme
des exemples de produit tordu de deux variétés pseudo-riemanniennes. Ce
sontdes variétésdu type
I
× M
oùI =]0, T [
est un intervalledeR
etM
est une variété riemanniennede courbure constante, typiquementM = R
3
, H
3
,
ou
S
3
.Onmunitcesvariétésd'unemétriquedelaforme
ds
2
=
−dt
2
+α
2
(t)g
M
où
t
est une paramétrisationdeI
,α
une fonction strictement positivesurI
que l'on appellele facteur d'expansion, etg
M
est la métrique riemannienne
usuellesur
M
. On noteM := I ×
α
M
lesespaces ainsi dénis. Dansles sec-tions 2 et 3 du chapitre II, nous rappelons certaines propriétés physique etgéométriquede cesespaces etnousendéduisons deshypothèsesraisonnables
concernant leur facteur d'expansion
α
. Enparticulier,on suppose que la dé-rivée logarithmiqueH := α
0
/α
, que les physiciens connaissent sous le nom
de fonction de Hubble, est une fonction décroissante sur
I
. Pour alléger les énoncés, on introduit le vocabulaire suivant, qui prend tout son sens si l'ononpense aux espaces de Robertson-Walkercomme des modèlesd'univers en
expansion dans la théorie du Big-Bang ou Big-Crunch. Lorsque
T < +
∞
, nous dironsque l'espace (ouunivers)M
est mortel. LorsqueT = +
∞
, nous dirons que l'univers est éternel. Dans un univers éternel, nous dirons quel'expansionest rapidesi
Z
+∞
.
dt
α(t)
< +
∞,
etlente siZ
+∞
.
dt
α(t)
= +
∞.
De la même façon, dans un univers mortel, nous dirons que l'eondrement
est lent si
Z
T
.
dt
α(t)
< +
∞,
rapidesiZ
T
.
dt
α(t)
= +
∞.
Le chapitre III est consacré à l'étude des géodésiques dans les espaces de
Robertson-Walker. Après avoir rappelé des conditions nécessaires et
su-santes pour que ces espaces soient géodésiquement connexes et complets,
nous yrésolvons explicitement leséquationsdes géodésiques de genre temps
etdesgéodésiquesdelumière.Noussimplionsnotoirementletraitementqui
enestfaitusuellementdanslalittératurephysique.Nousdéterminonsen
par-ticulierlecomportementasymptotiquedesgéodésiquesdelumière,quisil'on
a foi en la conjecture de Franchi etLe Jan, s'avérera être le modèle pour le
comportement asymptotiquedes trajectoires de la diusion.Nous montrons
également que sous des hypothèses adhoc les géodésiques de lumière d'un
espace
M :=]0, T [×
α
M
oùT
est ni, quisont a priori incomplètes,peuvent étre prolongées en des trajectoires bien dénies sur toutR
+
à valeurs dans
une extension naturelle
M
c
de l'espaceM
.Dans le chapitre IV, nous explicitons le système d'équations diérentielles
stochastiquessatisfaitparladiusion
(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
deFranchietLe Janàvaleurs dans lebré tangentunitaireT
1
M
d'unespace de
Robertson-Walker
M
. Dans le bré tangent d'un espace-temps de dimension quatre, ce système d'équations est de dimension sept. Nousexhibons alors plusieurssous-diusions naturelles de la diusion initiale, en particulier nous
mon-trons quele processus
(t
s
, ˙t
s
)
est une sous-diusion de dimension deux de la diusion(ξ
s
, ˙ξ
s
)
.Nousla désignons dans lasuite par diusiontemporelle : PropositionIV.1SoitM = I ×
α
M
un espace de Robertson-Walker. Si(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
est la diusion de Franchi et Le Jan à valeurs dansT
1
M
, alors le couple
(t
s
, ˙t
s
)
est une diusion de dimension deux à valeurs dans]0, T [
×[1, +∞[
.L'étude de ces sous-diusions permet de mieux appréhender le
comporte-ment asymptotique de la diusion globale.Nous établissons égalementdans
le chapitre IV l'existence, l'unicité, et le temps d'explosiondes solutions du
système évoqué plus haut.
PropositionIV.4Soient
M =]0, T [×
α
M
un espacede Roberton-Walker et(ξ
0
, ˙ξ
0
)
∈ T
1
M
uneconditioninitialeraisonnable.Alors,lesystèmed'é
qua-tionsdiérentiellesstochastiquesqui dénitladiusion deFranchiet LeJan
admet une solution forte
(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
issue de(ξ
0
, ˙ξ
0
)
et dénie jusqu'au temps d'explosionτ := inf
{s > 0, t
s
= T
}
.Dans le chapitre V, nous étudions le comportement asymptotique de la
dif-fusion temporelle
(t
s
, ˙t
s
)
. On montre en particulier que lorsqueT = +
∞
, lavitesse de divergence du facteur d'expansion donne lieuà une dichotomieThéorème VI.2 (Propositions V.1, V.2 et V.5) Soit
M =]0, T [×
α
M
un espace de Robertson-Walker. On considère des conditionsinitialesraison-nables
(ξ
0
, ˙ξ
0
)
et(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
ladiusiondeFranchietLeJanissue de(ξ
0
, ˙ξ
0
)
. Alors presque sûrement, lorsques
tend vers le temps d'atteinteτ = inf
{s > 0, t
s
= T
}
, on a les comportements asymptotiquessuivants :i)
siT = +
∞
etl'expansionestexponentielle,˙t
s
estrécurrentdans]1, +
∞[
;ii)
siT = +
∞
et l'expansion est polynomiale,˙t
s
est transitoire;iii)
siT < +
∞
,˙t
s
est transitoire.Le chapitre VI est celui où nous explicitons le comportement asymptotique
des composantes
(x
s
, ˙x
s
)
àvaleursdansT M
de ladiusion de FranchietLe Jan,etparsuitelecomportementasymptotiquedeladiusionglobale(ξ
s
, ˙ξ
s
)
àvaleursdansT
1
M
. Danstous lescas d'espaces de Robertson-Walker
envi-sageables,qu'ilssoientmortelsouéternels,quel'expansionoul'eondrement
soit rapide oulent(e) et que la bre soit euclidienne, hyperbolique ou
sphé-rique, on montre ainsi que le comportement asymptotique des trajectoires
du processus
ξ
s
de la diusion(ξ
s
, ˙ξ
s
)
est semblable à celui des géodésiques de lumière décrit auchapitre III. Notre étude vient donc comforter,sur unelarge classe d'exemples de variétés lorentziennes, de courbure non nulle en
général, la prédiction de Franchi et Le Jan, à savoir que sur une variété
lo-rentziennegénérale, ladiusion décrit asymptotiquementune géodésique de
lumière aléatoire. Les diérents résultats obtenus au cours du chapitre VI
sont résumés dans sa dernière section, où nous faisons également une
re-marque d'ordre général qui permet à notre sens de mieux appréhender la
convergence des trajectoires de la diusionvers des géodésiques de lumière.
Le comportement asymptotique du processus
ξ
s
apparaît intimement lié à la notion de frontière causale introduite par Geroch, Kronheimer, etPen-rose dans [GKP72]. Cette notion très robuste a été largement étudiée dans
la littérature physique ainsi que mathématique. La frontière causale
∂
M
+
c
d'une variété lorentzienne
M
est dénie comme une classe d'équivalence de courbes causales (i.e.
de genre temps ou de lumière) orientées vers le futur surM
. Dans le cas des espaces de Robertson-Walker, cette frontière a été complétement décrite dans [AnF07]. Les résultats obtenus tout au long duchapitreVIpeuventalorss'exprimerde façonconcisesouslaformesuivante:
Théorème VI.1 Soit
M =]0, T [×
α
M
un espace de Robertson-Walker. Soient(ξ
0
, ˙ξ
0
)
∈ T
1
M
des conditions initiales raisonnables et
(ξ
s
, ˙ξ
s
) =
(t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
ladiusion deFranchiet LeJan issuede(ξ
0
, ˙ξ
0
)
.Alors presque sûrement,lorsques
tendversτ = inf
{s > 0, t
s
= T
}
,leprocessusξ
s
converge vers un point aléatoire de la frontière causale∂
M
+
Par ailleurs, on peut décrire explicitement le comportement asymptotique
duvecteurdérivénormalisé
˙x
s
/
| ˙x
s
|
àvaleursdansT
1
M
.Enparticulier,dans
le cas d'un espace de Robertson-Walkeréternel, on montre que leprocessus
˙x
s
/
| ˙x
s
|
converge presque sûrementlorsquel'expansionest polynomialeet di-verge lorsque l'expansionest exponentielle.Dans lecas divergent, onmontreque
˙x
s
/
| ˙x
s
|
décrit en fait asymptotiquement un mouvement brownien sphé-riquechangé de temps dans l'espace tangent limite:Théorème VI.3 Soit
M =]0, T [×
α
M
un espace de Robertson-Walker où l'expansion est rapide ou l'eondrement est lent. Soient(ξ
0
, ˙ξ
0
)
∈ T
1
M
des conditionsinitialesraisonnables et
(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
la diusionde Franchi et Le Jan issue de(ξ
0
, ˙ξ
0
)
. Alors presque sûrement, lorsques
tend versτ = inf
{s > 0, t
s
= T
}
, le processsx
s
converge vers un point aléatoirex
∞
de labreM
et le processus˙x
s
/
| ˙x
s
|
vérie les assertions suivantes :i)
siT <
∞
ou siT = +
∞
et l'expansion est polynomiale, alors˙x
s
/
| ˙x
s
|
converge vers un pointΘ
∞
deT
1
x
∞
M
;ii)
siT = +
∞
et l'expansion est exponentielle, alors˙x
s
/
| ˙x
s
|
décrit asymp-totiquement un mouvement brownien sphérique changé de temps dansT
1
x
∞
M
≈ S
2
.
Onparvientaussiàdécrirelecomportementasymptotiquedu vecteurdérivé
normalisé
˙x
s
/
| ˙x
s
|
dans des espaces oùl'expansionest lenteoul'eondrement est rapide.Théorème VI.4 Soit
M =]0, T [×
α
M
un espace de Robertson-Walker où l'expansion (polynomiale) est lente ou l'eondrement est rapide. Soient(ξ
0
, ˙ξ
0
)
∈ T
1
M
desconditionsinitialesraisonnableset(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
la diusion de Franchi et Le Jan issue de(ξ
0
, ˙ξ
0
)
. Alors presque sûrement, lorsques
tend versτ = inf
{s > 0, t
s
= T
}
, le processusx
s
est divergent et le processus˙x
s
/
| ˙x
s
|
vérie les assertions suivantes :i)
siM = R
3
, alors
˙x
s
/
| ˙x
s
|
converge vers un pointΘ
∞
deS
2
;ii)
siM = H
3
⊂ R
1,3
,alors|x
0
s
|
−1
× ˙x
s
/
| ˙x
s
|
convergeversunpoint(1, Θ
∞
)
;iii)
siM = S
3
⊂ R
4
, le processus
˙x
s
/
| ˙x
s
|
décritasymptotiquement un grand cercle aléatoire dansS
3
.
Dansl'avantdernierchapitreVII, nousmontrons quecommelesgéodésiques
delumière,dansun espacedeRobertson-Walkermortel
M
oùl'eondrement est lent, les trajectoires de la diusion(ξ
s
, ˙ξ
s
)
, a priori seulement dénies jusqu'autempsτ = inf
{s > 0, t
s
= T
}
quiestnipresquesûrement,peuvent en fait être prolongées en des trajectoires bien dénies sur toutR
+
et à
alors le comportement asymptotique des trajectoires prolongées dans
M
c
et montrons qu'ilest tout à fait semblable à celui de la diusion de Franchi etLe Jandans un univers éternel oùl'expansionest lente.
Nous concluons laseconde partiedu manuscrit en explicitant, pour certains
espaces de Robertson-Walker,lafrontièrede Poisson de ladiusion de
Fran-chi etLeJan. Parune méthode de couplage, nouscommençons par montrer
un théorème de Liouville pour la diusion temporelle dans un espace de
Robertson-Walkeréternel :
Proposition VIII.1 Les seules fonctions harmoniques bornées pour le
générateurinnitésimal
L
deladiusiontemporelle(t
s
, ˙t
s
)
sontlesfonctions constantes.Nous nous concentrons alors sur le cas d'un espace de Robertson-Walker
éternel
M
de bre euclidienne, où l'expansion est exponentielle. Parmi les espaces de Robertson-Walker fréquemment utilisés en cosmologie, l'espacede de Sitter vérie ces conditions. Dans ce type d'espaces, on montre que
le processus
x
s
de la diusion globale(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
à valeurs dansT
1
M
converge presque sûrement lorsque
s
tend versτ = +
∞
vers un pointx
∞
deR
3
.On montre alors lerésultat suivant:
ThéorèmeVIII.1Soit
M =]0, +∞[×
α
R
3
unespacedeRobertson-Walker
éterneloùl'expansionestexponentielle.Soient
(ξ
0
, ˙ξ
0
)
∈ T
1
M
desconditions
initiales raisonnables et
(ξ
s
, ˙ξ
s
) = (t
s
, x
s
, ˙t
s
, ˙x
s
)
la diusion de Franchi et Le Jan issue de(ξ
0
, ˙ξ
0
)
. Alors presque sûrement, la tribu asymptotique pour le processus(ξ
s
, ˙ξ
s
)
coïncideavecla tribuσ(x
∞
)
engendrée par la variablex
Un théorème limite central pour
une classe de diusions
Une classe de diusions
minkowskiennes
Contenu du chapitre
1 Notations, rappels et historique . . . 4
1.1 Quelquesnotationsetrappels . . . 4
1.2 Mouvement brownien etrelativité restreinte . . . . 6
2 Les diusions minkowskiennes dans la littérature 9
2.1 Leprocessus d'Ornstein-Uhlenbeckrelativiste . . . 9
2.2 Ladiusion de Dunkel etHänggi . . . 10
2.3 Deuxquestions naturellesconcernant cesdiusions 12
3 Une classe de diusionsminkowskiennes. . . 13
3.1 Une classede diusionsminkowskiennes . . . 13
3.2 Énoncé desrésultatsprincipaux . . . 16
3.3 Plande lapreuve du théorèmelimitecentral . . . 17
Dans ce premier chapitre, nous introduisons une classe de diusions à
va-leurs le bré tangent unitaire de l'espace de Minkowski. Le théorème limite
centralqui fait l'objet de cette partie sera valable pour toutes les diusions
de cette classe. Après avoir introduit les notations utilisées dans la suite,
nous rappelons les deux principaux exemples de diusions minkowskiennes
de la littératurephysique, ainsi quelesquestions lesconcernantqui ont
mo-tivé ce travail. Les deux diusions en question sont d'une part le processus
d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste (ROUP)introduit par Debbasch, Malliket
Rivet dans [DMR97], et d'autre part le mouvement brownien relativiste,
que nous désignerons ici par diusion de Dunkel et Hänggi, introduit par
ces deux auteursdans [DH05a,DH05b].Nousexplicitonsensuitelaclassede
diusions minkowskienne évoquée ci-dessus, classe à laquelle appartiennent
naturellement le ROUP et ladiusion de Dunkel et Hänggi. Nousénonçons
1 Notations, rappels et historique
1.1 Quelques notations et rappels
Fixons un entier
d
supérieur ou égal à1. Dans toute lasuite,R
1,d
désignera
l'espacedeMinkowskidelarelativitérestreinte,c'est-à-dire,l'espacevectoriel
R
d+1
muni de lapseudo-métrique minkowskienne :ds
2
=
−|dx
0
|
2
+
d
X
i=1
|dx
i
|
2
.
Dansla base canonique de
R
1,d
, nous noterons
x = (x
µ
) = (x
0
, x
i
) = (x
0
, x)
lescoordonnées d'un pointgénérique, les indicesgrecs parcourant
0, .., d
,et les indices latins parcourant1, .., d
. Rappelons que sur une variété lorent-zienne(
M, g)
, les vecteurs tangents sont répartis en trois classes, selon le signe de leur pseudo-norme. Ainsi, onditqu'un vecteurv = v
µ
∈ T M
est : de genre temps sig
µν
v
µ
v
ν
< 0
; de lumièresig
µν
v
µ
v
ν
= 0
; de genre espacesig
µν
v
µ
v
ν
> 0
.Dans l'espace de Minkowski, les vecteurs de lumière forment un cône, le
cône de lumière. Les vecteurs de genre temps sont ceux qui se trouvent à
l'intérieur du cône de lumière, et les vecteurs de genre espace ceux qui se
trouvent à l'extérieur du cône. La distinction entre vecteur de genre temps,
espaceoude lumière s'étend naturellementaux courbesparamétrées tracées
sur
M
(voirgure 1ci-après). Ainsi,ondiraqu'une courbe(x
u
)
u≥0
dansM
est de genre temps si pour toute valeur du paramètreu
, le vecteur dérivé˙x
u
:= dx
u
/du
est de genre temps; on dira que la courbe est une courbe de lumièresi pour toute valeur deu
,˙x
u
est un vecteur de lumière etc. Dans la théoriede la relativitérestreinte, la ligne d'univers d'uneparticulede massenulle, c'est-à-dire la trajectoire d'un photon dans l'espace de Minkowski,
est une courbe de lumière. La ligne d'univers d'une particule de masse
m
strictementpositiveest unecourbede genretemps.Unetelletrajectoirepeuttoujours être paramétrée par la longueur d'arc ou temps propre
s
. Aussi, la ligne d'univers d'une particulede masse strictementpositive est une courbes
7→ x
µ
s
dansR
1,d
, dont le momentp
s
= (p
µ
s
) = (p
0
s
, p
i
s
) = (p
0
s
, p
s
)
, que l'on déni commep
µ
s
:= m
× dx
µ
s
/ds
satisfait l'équation|p
0
|
2
−
d
X
i=1
|p
i
|
2
= m
2
.
genretemps
q < 0
vecteurnulou
delumière
q = 0
genreespace
q > 0
Figure 1:Vecteursetcourbesde genretemps dansl'espace de Minkowski.
An de simplier les expressions, nous supposerons dans toute la suite que
m = 1
etnous choisironsp
0
> 0
, de sorteque latrajectoire
s
7→ (x
µ
s
, p
µ
s
)
est àvaleursdansR
1,d
×H
d
,oùH
d
désignelapartiepositivede lapseudo-sphère
de l'espace de Minkowski :
H
d
:=
(
(p
0
, p
1
, . . . , p
d
)
∈ R
d+1
, p
0
> 0,
|p
0
|
2
−
d
X
i=1
|p
i
|
2
= 1
)
.
La notation
H
n'est bien entendue pas innocente. L'espaceH
d
muni de la
pseudo-métrique minkowskienne est une variété riemannienne de courbure
constante égale à
−1
, ce qui fait deH
d
un modèle pour l'espace
hyperbo-lique de dimension
d
. Dans le cas particulier de lignes d'univers du type(x
µ
(t))
t≥0
= (t, x(t))
t≥0
, en fonction de la vitessev
= (v
1
, . . . , v
d
)
et du
rayon
r
dénispar :v
i
(t) :=
dx
i
(t)
dt
etr(t) :=
|p(t)| =
d
X
i=1
|p
i
(t)
|
2
!
1/2
,
lescomposantes du moment
p(t)
s'expriment commep(t) =
p
1 + r
2
(t),
p
1 + r
2
(t)v(t)
=
p
1
1
− |v(t)|
2
,
v(t)
p
1
− |v(t)|
2
!
.
Ainsi,dans l'espace des phases
R
1,d
× H
d
, une trajectoiredu type
(x(t), p(t))
t≥0
= (t, x(t), p
0
(t), p(t))
t≥0
(I.1) est caractérisée par ses seules composantes spatiales(x(t), p(t))
.Dénition I.1 Etant donnée une trajectoire
(x(t), p(t))
t≥0
de type (I.1) dans l'espace des phases, onappeleratrajectoireeuclidienne associée lapro-jection :
t
7→ (x(t), p(t)) = (x
t
, p
t
)
∈ R
d
× R
d
.
1.2 Mouvement brownien et relativité restreinte
Avantdedécrireprécisémentlaclassede diusionsminkowskiennes quenous
considérerons dans la suite, rappelons brièvement les diérentes étapes qui
ontmenéesà l'introductionde processusstochastiquesdans l'espacede
Min-kowski an de rendre compatible les théorie du mouvement brownien et de
larelativité restreinte.
1.2.1 Le mouvement brownien des physiciens
Le mouvement brownien doit son nom au botaniste Robert Brown qui fut
l'undes premiersen 1827à observer àl'aided'unmicroscope,lemouvement
irrégulier de grains de pollen dans l'eau. Il y fait référence dans un article
paru en 1828 auEdinburgh Journal of Science, autitre un peu long A Brief
AccountofMicroscopicalObservationsMadein theMonthsofJune,Julyand
August, 1827, on the Particles Contained in the Pollen of Plants; and on
the General Existence of Active Molecules in Organic and Inorganic Bodies.
Commel'indiqueletitredel'articledeBrown,lesscientiquesontlongtemps
cruquelemouvementobservéaumicroscopeétaitceluideparticulesanimées,
une idéeproche de la théoriede lagénérationspontanéeà lamode audébut
du dix-neuvième siècle. Grâce à de nombreuses expériences, modiant tour
à tour la nature des particules en suspension, et la nature du uide,Brown
a eu le mérite de s'aranchir de cette hypothèse. Cependant, lui comme ses
contemporains n'ont pu expliquer lemouvement qui porte son nom.
Le pas décisifdans la compréhension du mouvement brownien physique est
dû à Einstein, en 1905 puis en 1906, dans les deux articles [Ein05b, Ein06]
parusdansAnnalen der Physik,lepremierintituléMouvement des particules
en suspension dans un uide au repos, comme conséquence de la théorie
ci-nétique moléculaire de la chaleur et le second Sur la théorie du mouvement
brownien. Einstein y explicite en particulier le déplacement moyen d'une
particule brownienne en fonction de la nature du uide. Précisément, si
x
t
désigne la position au tempst
d'une particule sphérique de rayona
, issue dex
0
= 0
, baignant dans un uide de viscositéη
, il établit la relation de uctuation-dissipation :E
|x
t
|
2
= 2Dt =
RT
N
1
où
R
est la constante des gaz parfaits,T
la température du uide, etN
est le nombre d'Avogadro.Pour comprendrel'importancede cette formuleàcette époque, ilfaut garderàl'esprit lefaitqu'au début du vingtièmesiècle,
la nature atomique de la matière était encore hypothétique. En particulier,
le nombre d'Avogadro était inconnu. Comme les données
t
,E
|x
t
|
2
,
a
etη
sont mesurables, la relation (I.2) a permis de mettre en place un protocoleexpérimentalpourmesureravecprécisioncetteconstante.JeanPerrinamené
à bien cette expérience en 1908. Celle-ci a montré un accord parfait entre
théorie et données expérimentales, et a ainsi permis de justier la nature
discrètede lamatière.
Figure 2: Interpolation linéaire de la trajectoire de trois particules de rayon
0.53
µ
m, observées toutes les 30 secondes. Image (libre de droits) issue du livre Les Atomes [Per27 ] dePerrin.L'année 1905 est souvent qualiée d'Annus mirabilis pour la physique
mo-derne : outre l'article [Ein05c]déjà mentionné, Einsteinpublie en eet trois
autresarticlesdansAnnalender Physik [Ein05a,Ein05c,Ein05d],quionteu
chacununepostéritéextraordinaire.Parmicesarticles,lepluscélèbreestsans
douteceluiintituléSurl'électrodynamiquedescorpsenmouvement [Ein05d],
oùEinstein introduit la théorie de la relativitérestreinte. Cette théoriesera
complétéeen 1915pour aboutiràlathéoriedelarelativitégénérale.Il serait
troplongicid'expliquercommentEinsteinaétéamenéàformulerleprincipe
de relativité.Lelecteur curieuxtrouvera cependant dansl'article[Dar05] au
séminairePoincaré un éclairage historiquesur la génèse de cette théorie.
1.2.2 Vers un mouvement brownien relativiste
Au cours du vingtième siècle, la théorie des probabilités et en particulier le
calculstochastiqueontconnudesdéveloppementsconsidérables.Delamême
conti-l'avons déjà indiqué dans l'introduction, la théorie classique du mouvement
brownien est incompatible avec la théorie de la relativité comme il ressort
clairementdu faitqueleux de lachaleursepropage instantanémentà
l'in-ni. Face à cette incompatibilité, on aurait pu s'attendre à voir eurir dès
le début du vingtième siècle les travaux cherchant à concilier mouvement
brownien et principe de relativité.
Il a fallu pourtant attendre une soixantaine d'années avant de voir émerger
destravauxconcernantl'étudede processusstochastiquesdanslecadrede la
relativitérestreinte. C'esten eetaumilieudes années1960qu'apparaissent
lespremierstravauxconcernantdesprocessus deMarkovàvaleursdans
l'es-pace de Minkowski. Dans [Dud66], Dudley a ainsi montré qu'iln'existe pas
de diusion à valeurs dans
R
1,d
qui possède l'invariancelorentzienne. En
re-vanche,Dudleyamontréqu'ilexiste,etaexhibé,unediusionàvaleursdans
l'espacetangentunitairedel'espacedeMinkowski
R
1,d
×H
d
,quiellepossède
l'invariancelorentzienne,cequienfaituncandidatraisonnablepourêtre
qua-liéde mouvementbrownienrelativiste.Enoutre,Dudleyamontré qu'iln'y
apasd'autredénitionpossiblequelasienne.Àlamêmeépoque,motivéspar
lamodélisationde plasmas relativistesdansl'optiqued'une fusionnucléaire,
lestravaux concernant lamécanique statistiquerelativiste non quantique se
multiplient dans la littérature physique. On peut citer par exemple les
tra-vaux pionniers de Hakim [Hak65, Hak67a, Hak67b, Hak68a, Hak68b] et les
références de ces articles.
Cependant, de façon assezsurprenante, il fautànouveau attendre une
tren-tained'années pourvoirémerger destravauxvraimentinnovantssurlesujet.
Dans [DMR97], Debbasch, Mallick et Rivet ont ainsi introduit le processus
d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste (ROUP) pour décrire le mouvement d'une
particulebaignant dans un uide relativiste. Ce processus a été étudié dans
[DR98,BDR01a, BDR01b, BDR01c] puis généralisé aucas courbepar
Deb-basch dans [Deb04 ]. Poursuivant le même objectif, dans [DH05a, DH05b]
DunkeletHänggiontàleurtourintroduitunediusiondansl'espacede
Min-kowskietétudiésoncomportementviadessimulationsnumériques.D'autres
diusionsrelativistes sontapparues récemmentdans lalittérature physique,
citons par exemple [Pav01,VB06, Hab09, Her09]. Laplupart de ces
proces-sus sont des réécritures,oudes variationsminimesautour duROUPetde la
2 Les diffusions minkowskiennes dans la
littérature physique
À l'aide des notations introduites au paragraphe précédent, nous rappelons
maintenant les dénitions du processus d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste et
de la diusion de Dunkel et Hänggi. Ces processus et leur variantes
consti-tuent lesprincipauxexemples de diusionsminkowskiennes présents ànotre
connaissance dans lalittérature physique.
2.1 Le processus d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste
Commençons par rappeler la dénition du processus d'Ornstein-Uhlenbeck
relativiste introduit par Debbasch, Mallik et Rivet dans [DMR97] et dont
l'étude fait l'objet des articles [DR98, BDR01a, BDR01b, BDR01c]. Pour
simplier les expressions, nous supposons ici que le coecient de friction
ν
de l'article [DMR97] est égal à 1. Cela revient simplement à eectuer unchangement d'unité physique, et on ne perd donc pas en généralité. Nous
introduisons aussi le paramètre
β
qui est ègal à l'inverse du coecient de diusionD
dans[DMR97],etquiphysiquement,jouedonclerôlede l'inverse d'une température.À l'origine,leprocessus d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste aété introduitpar
ses auteurs comme un modèle très simple d'hydrodynamique relativiste. Il
s'agit d'une tentative de généralisation du processus d'Ornstein-Uhlenbeck
euclidien (dit aussi classique), version idéale du mouvement brownien
phy-sique, quidécrit l'évolutiond'une particulemassivedans un uidevisqueux.
Dans le modèle classique (
d = 3
), si le couple(x
t
, v
t
) = (x
i
t
, v
i
t
)
1≤i≤d
à va-leursdansR
d
×R
d
désignelapositionest lavitesse delaparticulequibaigne
dansleuide,alors
(x
t
, v
t
)
estsolutiondu systèmed'équationsdiérentielles stochastiques
dx
t
= v
t
i
dt,
dv
i
t
=
−v
t
i
dt +
p
2β
−1
dW
i
t
,
(I.3) oùW
= (W
1
, . . . , W
d
)
un mouvement brownien standard de dimension
d
. Dans laseconde équation,le coecient de dérive modélise une force defric-tionlinéaireenlavitesseetlemouvementbrownienmodélisel'agitation
ther-mique du uide. Si
(x
t
, v
t
)
désigne la solution de l'équation (I.3) issue d'un point quelconquedeR
d
,onvérie facilementque lorsque
t
tend vers l'inni, le déplacement moyenE
[
|x
t
|
2
]
asymptotique:
E
[
|x
t
|
2
]
t
−→
2d
β
= 2d
× D.
(I.4) Leprocessus d'Ornstein-Uhlenbeck classique n'est bien entendu pascompa-tible avec la théorie de la relativité restreinte, puisque la vitesse
v
t
n'est pas bornée. Dans [DMR97], les auteurs choisissent de modéliser l'évolutiond'une particule baignant dans un uide relativiste de la façon suivante. Ils
supposent que dans le référentiel dans lequel le uide est au repos, la ligne
d'univers de la particule est une trajectoire du type (I.1). Par ailleurs, ils
supposent que la trajectoire euclidienne associée
(x
t
, p
t
) = (x
i
t
, p
i
t
)
1≤i≤d
est une diusion, solutiondu système d'équations diérentielles stochastiques :
dx
i
t
=
p
i
t
p
1 +
|p
t
|
2
dt,
dp
i
t
=
−
p
i
t
p
1 +
|p
t
|
2
dt +
p
2β
−1
dW
i
t
,
(I.5) oùW
= (W
1
, . . . , W
d
)
est à nouveau un mouvement brownien standard de
dimension
d
. Leprocessus d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste dière donc très peu de son analogue classique : seul le terme de dérive est modié de sortequele moment
p
t
est bien de pseudo-norme égale à−1
.2.2 La diusion de Dunkel et Hänggi
Rappelons àprésent ladénition de ladiusionde DunkeletHänggi,
indro-duitetoutd'aborddans [DH05a]danslecas deladimension
1 + 1
,puisdans [DH05b ] dans le cas de la dimension1 + 3
. Les objectifs et la méthode em-ployés parDunkeletHänggi sonttrès voisins de ceux de [DMR97].Iciaussi,il s'agit de modéliser la trajectoire d'une particule baignant dans un uide
relativiste. Les auteurs considèrent aussi le référentiel privilégié dans lequel
leuideest aurepos.Ànouveau, ilsfontl'hypothèsequedans ceréferentiel,
la trajectoire de la particule est du type (I.1) introduit dans la section
pré-cédente, etil supposent queles composantes spatiales
(x
t
, p
t
)
sont solutions d'un système d'équations diérentielles stochastiques.Dans le cas du processus d'Ornstein-Uhlenbeck relativiste, on a vu que la
seule diérence avec le cas euclidien se trouve dans le terme de dérive dans
l'équation qui régit l'évolution du moment
p
t
. Au contraire dans [DH05a, DH05b ],les auteurschoisissent de modier le coecient de diusion enfac-de diusion n'étant plus constant égal à
2/β
, il importe de préciser la mé-thode d'intégration stochastique choisie : l'intégrale d'Itôi.e.
la méthode d'intégration rectangle à gauche, l'intégrale de Stratonovichi.e.
la méthode d'intégration du point milieu, ou l'intégrale stochastique backward quicor-respondàlaméthoded'intégrationrectangleàdroite.Nousexprimonsiciles
trois systèmes d'équations diérentielles stochastiques satisfaits par la
tra-jectoire euclidienne
(x
t
, p
t
)
sous la forme d'intégrales d'Itô. Le choix d'une méthode d'intégration dans [DH05a, DH05b] revient donc ici à modier ladérive des processus envisagés. Ainsi,les diusions eucliennes associées à la
diusiondeDunkeletHänggi,lorsque lesintégralesstochastiquessontprises
au sens d'Itô, de Stratonovitch, et au sens backward, sont alors
respective-mentsolutions des systèmes, pour
1
≤ i ≤ d
:
dx
i
t
=
p
i
t
p
1 +
|p
t
|
2
dt,
dp
i
t
=
− p
i
t
dt +
p
2β
−1
dN
i
t
,
(I.6)
dx
i
t
=
p
i
t
p
1 +
|p
t
|
2
dt,
dp
i
t
=
− p
i
t
1
−
d
2β
p
1 +
|p
t
|
2
!
dt +
p
2β
−1
dN
i
t
,
(I.7)
dx
i
t
=
p
i
t
p
1 +
|p
t
|
2
dt,
dp
i
t
=
− p
i
t
1
−
d
β
p
1 +
|p
t
|
2
!
dt +
p
2β
−1
dN
i
t
.
(I.8) Ici,N
:= (N
1
, . . . , N
d
)
est une martingale dont lamatrice de variation
qua-dratique est donnée par :
K
t
ij
:=
d
hN
i
, N
j
i
t
dt
=
1
p
1 +
|p
t
|
2
× δ
ij
+ p
i
t
p
j
t
,
(I.9)2.3 Deux questions naturelles concernant ces diusions
Nousrappelonsmaintenantlesquestionsconcernantleprocessus
d'Ornstein-Uhlenbeck relativisteet ladiusion de Hänggi quiont motivéla
démonstra-tion d'un théorème limite central. Elles concernent d'une part la limite
hy-drodynamiquedes processusainsi quelesrelationsde uctuation-dissipation
asymptotiques du type (I.4)qui leur sont associées.
2.3.1 Limite hydrodynamique
Sans rentrer dans les détails concernant sa signication physique, la limite
hydrodynamique du processus
x
t
qui décrit la position de la particuledansR
d
dans lesmodèles évoqués au paragraphe précédent, est la limite(lorsque que celle-ci existe) du processus(x
at
/
√
t)
a≥0
indéxé para
, lorsque le pama-rètret
tend vers l'inni. Dans [DR98], en se basant sur un développement de Chapman-Enskog,Debbasch et Rivet arment que la limitehydrodyna-miqueduprocessusd'Ornstein-Uhlenbeckrelativistesecomportedemanière
brownienne. Plus précisément,ilsdonnentune démonstrationheuristique du
faitla densité
n(τ, x)
du processus limite satisfait l'équation∂
τ
n = β
−1
∆n,
qui est bien sûr l'équation de la chaleur vériée par la densité d'un
mouve-ment brownien. Les auteurs insistent naturellement sur le fait que leur
dé-monstration n'est qu'heuristique et appellent les bonnes volontés à justier
rigoureusement leur conclusion.
2.3.2 Relation de uctuation-dissipation asymptotique
Dans[DH05a]et[DH05b],lesauteursarmentsansjusticationqueleur
dif-fusionvérieunerelationuctuation-dissipationasymptotiquedutype(I.4).
Àpartir de simulationsnumériques, ils évaluent lecoecientde diusion en
fonction de
β
et conjecturent la convergence suivante, lorsquet
tend vers l'inni:Σ
2
(t) := E
h
|x
t
|
2
/t
i
−→ Σ
2
:=
2d
2d + β
.
Lorsque