ESTIMATION DE LA COMPOSITION DE LA CARCASSE DE JEUNES BOVINS A PARTIR DE LA COMPOSITION
D’UN MORCEAU MONOCOSTAL AU NIVEAU DE LA 11 e CÔTE
Y. GEAY, C. BÉRANGER
N. GRENET G. VILLENEUVE Station de Recherches sur
l’Élevage
des Ruminants,Centre de Recherches
zootechniques
et vétérinaires sur les Ruminants,63 -
Theix, près
Clermont-Ferrand Institut national de la Rechercheagronomique
SOMMAIRE
On a cherché à estimer la
composition
de la carcasse desjeunes
bovins àpartir
de celle d’unmorceau prélevé sur le pan traité au niveau de la IIe côte.
La dissection des carcasses de 47
jeunes
bovins pesant de 278 à 693kg, âgés de moins de 2o moisa
permis
d’établir les relations suivantes :où Y est le pourcentage de dépôts adipeux dans la carcasse, X le pourcentage de dépôts adipeux
dans la 1recôte et Z
le
pourcentage dedépôts adipeux périrénaux
et précruraux dans la carcasse;où Y est le pourcentage de muscles dans la carcasse, X le pourcentage de muscles dans la il côte et Z le rapport
épaisseur
decuisse
.!! !
longueur de cuisse
La relation
( 2 )
permet avec 10 animaux par lot de comparer deux traitements entraînant unécart supérieur à 2 points dans les pourcentages de dépôts adipeux.
INTRODUCTION
De nombreux auteurs ont tenté d’estimer la
composition corporelle
des bovins.Celle-ci est en effet un facteur
primordial
de la valeur commerciale de l’animal de boucherie. Pour untype
deproduction donné,
la carcasse doit fournir un maximum de muscles mais necomporter qu’une quantité optimum
dedépôts adipeux, quantité
d’ailleurs variable suivant les pays. La connaissance des facteurs
qui
déterminentcette
composition (race,
sexe, méthodesd’élevage
etd’alimentation)
est undes pro-
blèmes
majeurs
de laproduction
de viande. Parailleurs,
la mesure desproportions
des différents constituants de la carcasse
permet d’interpréter
les résultats des étudesentreprises
sur la croissance des bovins et notamment sur lacomposition
du croît del’animal.
La seule méthode
précise, actuellement,
pour évaluer lacomposition corporelle,
est encore la dissection
complète.
Mais onpeut
difficilement lagénéraliser
car elleest
longue
et coîtteuse. C’estpourquoi
certains auteurs ontessayé
de relier la compo- sition de la carcasse entière à celle d’une de ses fractions : le morceau tricostal( 9 - 10 -
ir
e
côte) généralement
utilisé aux U. S. A. à la suite des travaux de HopPER(rg l4 ),
HA
NKINS
(ig 4 6),
CROWN et DAMON( 19 6 0 )
ainsiqu’en Allemagne (LETT-&dquo;!ER, io6,5).
Par
analogie,
et HuTCHZSOV(ig6i)
enAfrique
du Sud ont utilisé la ioe côte et MARTIN et TORREELE( I gô 2 )
enBelgique,
le morceautricostal 7 -8- 9 (tabl. r).
Maisles relations établies par ces auteurs ne
peuvent généralement
pas êtreappliquées
aux
types
d’animaux utilisés en France : d’unepart,
elles ont été obtenues àpartir
de races
(A;iglt,!,
Shorthorn ouHur<flor<1)
dont laproportion
dedépôts adipeux
estbeaucoup plus importante
que celle de laplupart
des races de notre pays ; d’autrepart,
ladécoupe française
est différente de cellepratiquée
dans les pavsprécédents ;
elle ne
permet
pas l’obtention du morceau tricostal( 9 - 10 - II c
côte ou7 -8-g C côte),
sans diminution de la valeur commerciale de la carcasse.
D’autres méthodes ont été
proposées
par divers auteurs utilisant les mensura-tions de l’animal et les
poids
de différents muscles dans le but deprédire
lepoids
total des muscles de la carcasse
(Ex. : I)UI!IONr,
LE GUELTE et Apxoux,io0i).
Préoccupés
avant tout de l’influence des facteurs nutritionnels sur l’état d’en-graissement,
nous avons cherchéplus particulièrement
à estimer laproportion
desdépôts adipeux
et non lepoids
de la musculature de la carcasse. Nous avons établi des relations entre lesproportions
des différents constituants d’un morceauprélevé
sur le pan traité au niveau de la me côte
( 1 ),
et lesproportions correspondantes
deces constituants dans la carcasse d’animaux de nos races
françaises,
etplus préci-
sément des
jeunes
bovins abattus entre 10et 2omois, ayant
unpoids
moyen de car- casse de 290kg.
Le choix de la me côte
s’explique
par le faitqu’elle comprend
del’os,
des muscleset des
dépôts adipeux
sous-cutanés, inter-musculaires et intra-musculaires. Son obtention estfacile, reproductible
et lèse peu la valeur commerciale de la carcassedécoupée ;
cettedécoupe pouvant
êtrepratiquée
à la suited’expérimentations
surun nombre restreint d’animaux.
Pour
compléter
l’information donnée par la r zecôte, nous avons utilisé d’autres critères : laproportion
dedépôts adipeux périrénaux
etprécruraux
dans la carcasse,l’indice de
compacité
de la cuisse(épaisseur/longueur)
et lepoids
des os canons.( 1
) Nous désignerons dans le texte sous le terme de Wcôte la portion de pan traité (os, muscle, dépôts adipeux) correspondante à la Il côte.
MATÉRIEL
ETMÉTHODES
JV I atériel animal
Nous avons utilisé les résultats de la dissection
complète
de 47 demi-carcasses qui était réalisée dans le cadre de deux travaux de recherches :- une étude du caractère « culard » suscitée par la Délégation Générale à la Recherche Scien-
tifique
etTechnique
réunissantplusieurs
laboratoires sous la direction de P. CHARLETetJ.
PoLY.Vingt-quatre
Charolais dont 9 « culards », soumis à la Station à un régime standard à partir de9mois, ont été abattus et
disséqués
à 15ou 20mois ;- une étude de la valeur commerciale
(composition
de la carcasse etqualité
de laviande)
destaurillons des principales races françaises réalisée par le Laboratoire de Recherches sur la Viande.
Vingt-trois
animaux mâles(No y mands,
Frisons,;1.iaine-An j ou, Pie-rouge de l’Est) engraissés
dans des
exploitations privées
ont été abattus etdisséqués
à un âge compris entre 10et 15 mois.Tous ces animaux ont eu une croissance rapide et continue de l’ordre d’un
kg
parjour depuis
leur naissance.
Nous
disposons
donc d’un échantillon d’animaux mâlesâgés
de moins de 20 mois présentantd’assez
larges
variations depoids
et d’étatd’engraissement (comme
nous le montrent les tableaux2 et 3).
Méthode de
prélèvement et de
dissectionLe lendemain de
l’abattage
les deux demi-carcasses, conservées à la température ambiante del’abattoir, ont été traitées séparément.
Sur l’une, le pan traité a été
découpé
suivant la méthode définie par DontoNT( 195 6) :
la limitelatérale du « pan » est tracée
parallèlement
à l’axe vertébral de la carcasse, de lapointe
de l’ilitim à la1
le côte ;
puis
cette limite latérale gagne enligne
droite,à partir
de la me côte, le 5e espace intercostal.Sur ce pan traité, la iie, côte constitue l’extrémité
postérieure
du « milieu de train de côtes n. Pourl’obtenir, on a détaché d’abord le « milieu de train de côtes » du pan traité en tranchant
perpendi-
culairement à l’axe vertébral au milieu du ne espace intercostal (entre la me et la 12e
côte) ;
lai
icôte a été ensuite
séparée
par sectionanalogue,
au milieu du roeespace intercostal, conservée à4
°C et
disséquée
dans lajournée
ou le lendemain de ladécoupe.
Lepoids
moyen des W côtes parcatégorie d’animaux est reporté au tableau 2 ; il a été obtenu
juste
avant la dissection. Les os, les muscles et lesdépôts adipeux
ont été séparés avec un couteau ; cette dissection a nécessité une tren- taine de minutes. Chacun des trois constituants a étépesé
séparément, au grammeprès,
et sonpoids
a été rapporté au
poids
de la côte avant dissection. Nous avons donc admis que le gras, l’os et le muscleperdaient
un pourcentage d’eauéquivalent.
Cette perte d’eau,qui
a accompagné la dissec-tion, a été en moyenne de 0,5 à I p. 100du
poids
de la côte avant dissection.L’autre demi-carcasse a été
disséquée après
18 à 24heures de ressuyage à la température ordi-naire. Cette dissection,
pratiquée
dans unepièce
dont la température étaitcomprise
entre 4et 10°,sous
atmosphère
humide, s’est accompagnée d’une perte de 0,5 à i p. 100 du poids de la carcassefroide.
Chaque
muscle, les différentsdépôts adipeux
(sous-cutané, interne,périrénal, précrural,
inter-musculaire)
etchaque
groupe d’os(côtes, vertèbres)
ont été pesés séparément.Par ailleurs, les mensurations de la carcasse ont été
prises
avant dissection, notammentJ’épais-
seur et la longueur de la cuisse. L’épaisseur de la cuisse a été mesurée à l’aide d’une aiguille en un point précis défini par DuMONT (ig6i). La longueur de la cuisse - distance de l’extrémité du
jarret
à la pointe inférieure de la
symphyse —
a été mesurée avec une canne-toise.RÉSULTATS
Les
proportions
des différents éléments de la carcasse et de la me côte ont étéregroupées
au tableau 3. Leuramplitude
de variation estimportante :
les Charolais culards de 15 mois ont en effet uneproportion
très faiblede dépôts adipeux (
3
,86
p. 100 en moyenne dans lacarcasse)
mais unpourcentage
élevé de muscles(8 0 , 3
6
p.100 ) ;
par contre, les Charolais castrés et les Frisons ont uneproportion importante
dedépôts adipeux (r6,m
p.100 )
mais relativement moins de muscles(65,08
p.10 0 ) (fig.
I et2 ).
Estimation des
proportions
desdilférents
constituants de la carcasseà
partir
de celles de la lie côteLe
pourcentage
dedépôts adipeux
de la carcasse est étroitement lié à celui de la côte(r
=0 , 94 8) (tabl. 4 ).
Nous pouvons l’estimer avec uneprécision
suffisantepuisque l’écart-type
résiduel est de r,52 ; cet écart s’abaisse à i,d5 si nous relions laproportion
dedépôts adipeux
de la carcasse à celle desdépôts adipeux
dans la viandedésossée de la côte
(muscle -+- dépôts adipeux),
mais l’amélioration n’est passigilifi-
cative.
1 /
étroitesse
de cette relation estpeut-être
due au fait que nous avons utilisé unlot d’animaux dont l’état
d’engraissement
a uneamplitude
de variationimportante.
Afin de réduire cette
dernière,
nous avons éliminé les animauxayant
un état d’en-graissement
extrême : d’unepart
les Charolais culards de r5 et 20 mois et les Pie-rouge de
l’Estqui
sontmaigres
et d’autrepart
certains Frisons et Charolais castrésqui
sont gras. En ne considérant que les 34 animaux dont lepourcentage
dedépôts adipeux
estcompris
entre 8 et ig p. 100, nous obtenons un coefficient de corrélationlégèrement plus
faible(r
!0 ,8 92 )
maisl’écart-type
résiduel n’est pas modifié(
Sr
=1 ,48 ).
D’autre
part,
il est intéressant de noter la corrélation relativement élevée(r
= 0,942, Sr =2 , 04 )
obtenue entre lepourcentage
de muscles dans la carcasse et celui de la IIe côte. Si nous ne considérons que les animaux dont laproportion
demuscles est
comprise
entre 60et 74p. Ioo,l’écart-type
résiduel est notablement réduit(Sr
=I,85).
En
revanche,
lepourcentage
d’os dans la côte est peureprésentatif
dusquelette (r
=0!735)!
Pour unécart-type
total de2 ,8o
dans le lot de 47animaux, l’écart-type
résiduel est encore de I,32.
Com!araisota
entre la lle côte et d’autresca y actéristiques
de la carcasseNous avons
essayé
d’estimer lacomposition
de la carcasse àpartir
d’autrescritères que la
composition
de la IIecôte(tabl. 4 ).
C’est ainsi que le
pourcentage
dedépôts adipeux
dans la carcasse est en liaisonétroite avec le
pourcentage
dedépôts adipeux périrénal
etprécrural
dans celle-ci(r
=o,c32 3 ) ;
mais laprécision
est moins bonne que celle obtenue àpartir
de la côteet
l’écart-type
résiduel est de1 ,8 7 .
Deplus,
leprélèvement
de cedépôt
sur la carcasseest
plus
difficile ànormaliser,
ses limites de coupe étant moinsprécises
que celles de la me côte.De même, le
pourcentage
de muscles dans la carcasse est lié aurapport épaisseur
de
cuisse;longueur
de cuisse(r
=0 , 7 68),
maisl’écart-type
résiduel est encoreplus important (S r
=3 , 7 6) qu’en
utilisant lepourcentage
de muscles dans la IIe côte.Pour
apprécier
laproportion
d’os dans la carcasse, il doit êtrepréférable
d’uti-liser l’os canon, comme l’ont fait chez
l’Agneau
PALSON(I939-I94o)!
BOCCART, Du-M
orr2 et PEVRON
( I95 8).
Nous obtenons en effet une corrélation de o,g23(S r
=0 , 74 )
meilleure que celle obtenue à
partir
de l’os de la IIe côte.La IIecôte
présente
donc unavantage
sur les autres critèresquant
à laprécision
de l’estimation des
proportions
de muscles etdépôts adipeux
de la carcasse. Deplus,
nous obtenons deux
composants
de cette carcasse àpartir
de la même mesure.Estimation de la
composition
cte la carcasse àpartir
de la lle côteassociée azax atityes
caractéristiques
de la carcassePour estimer avec
plus
deprécision
lacomposition
de la carcasse, nous avonsutilisé l’ensemble des critères
précédents (tabl. 4 ).
C’est ainsi
qu’en
associant lepourcentage
dedépôts adipeux périrénaux
etpré-
cruraux au
pourcentage
dedépôts adipeux
dans la me côte nous estimons le pour-centage
dedépôts adipeux
dans la carcasse avec uneprécision significativement supérieure (P
<0 , 01 ). I,’écart-type
résiduelqui
était de I,52 avec la côte seule n’estplus
que de 1041. Si nous limitons l’étude aux 34 animaux dont lepourcentage
dedépôts adipeux
estcompris
entre 8 et Ig p. 100,l’écart-type
résiduel estégalement
diminué
(Sr
=I,3c!).
De même, nous avons associé le
rapport épaisseur
decuisse/longueur
de cuisseà la
proportion
de muscles dans la côte.L’augmentation
deprécision
ainsi obtenue dans l’estimation dupourcentage
de muscles dans la carcasse parrapport
à l’utilisa- tion de la côte seule estsignificative,
au seuil de 0,01(r
=0 , 9 6 5 ).
Par contre, nous n’obtenons pas d’amélioration de l’estimation de l’os en tenant
compte
à la fois de laproportion
d’os dans la me côte et dupoids
d’os canonrapporté
au
poids
de la carcasse(S r
= 0,744 au lieu de o,747 avec l’os canonseul).
Influcnce
du modc deprélèvement
de la lie côtesur la
précision
de l’estimationLes relations
(tabl. 4 ) permettant
d’estimer lesproportions
des différents cons-tituants de la carcasse à
partir
de celles de la uscôte ont été établies àpartir
de côtesdécoupées
defaçon
aussi normalisée quepossible (cf.
méthode deprélèvement).
Lescôtes
ayant
étéprélevées
sur des panstraités,
leurlongueur
estégale
à lalargeur
dupan à cet endroit. Cette
largeur
est fonction de la conformation del’animal,
maisdépend
aussi del’opérateur qui pratique
la coupe.Nous avons étudié
l’importance
quepouvaient
avoir ces variations de la coupesur les relations obtenues à
partir
de la me côte.Pour cela on a traité
séparément
les deux demi-carcasses de 22jeunes
bovins :e sur
l’une,
le pan a étécoupé
leplus large possible (les 6/ 5
environ de sa valeur normale - limite extrême pour que le «plat
de côtes » soitcommercialisé).
On aainsi
prélevé
une mecôte dite« longue
» delongueur
I,.e sur
l’autre,
le pan a étécoupé
defaçon
normale(cf.
méthode deprélèvement)
et a
permis
d’obtenir une côte delongueur
1.En sectionnant la côte a
longue
» à une distance de l’axe vertébralégale
à1-(L -1),
nous avons obtenu une côte cc courte »correspondant
à un pan traité très étroit(fig. 3).
Ces pans
larges
et étroits constituent des limites maximales entrelesquelles peuvent
varier les coupes effectuées dans des conditions de commercialisation. Nousavons
disséqué
la côte courte, la côte normale et le reste de la côtelongue ;
ce reste,joint
à la côte courte, nous apermis
d’obtenir lacomposition
de la côtelongue.
Nousn’avons pas obtenu de différence
significative
entre lesproportions
des tissus corres-pondants
de ces 3 côtes(tabl. 5).
A l’aide de ces 22 trios de
valeurs,
nous avons calculé l’incidence desvariations,
dues à ladécoupe,
sur les coefficients de corrélation liant lesproportions
des diffé-rents constituants de la côte à celles de la carcasse. Nous avons utilisé pour cela la relation de
Spearman (G PAYBIRL , ig6i) qui
tientcompte,
pourchaque constituant,
à la fois des variations entre côtes à l’intérieur d’une même classe et des variations intra-côtes dues au mode de
prélèvement.
Nous avons obtenu les corrélations rassem-blées au tableau 6.
Ce calcul fait
apparaître
une diminution de laprécision lorsque
la coupe du pan n’est pasparallèle
à l’axe vertébral.Cependant,
les coefficients de corrélation entre lesproportions
dedépôts adipeux
et de muscles de la le côte et les valeurs corres-pondantes
dans la carcasse restent encore élevéesquelles
que soient les dimensions des côtes.DISCUSSION
Les différentes relations obtenues à
partir
de la dissection de la mecôte et des autrescaractéristiques
de la carcasse sont d’uneprécision
trèscomparable
à celledes relations calculées par les auteurs
étrangers (tabl. i).
Nous pouvons donc estimer lacomposition
de la carcasse avec autant deprécision qu’en
utilisant le morceautricostal,
mais d’une manièreplus simple
etplus économique.
Nous avons, comme la
plupart
des auteurs,exprimé
nos résultats en pourcen-tage
dupoids
de la carcasse ou de la côte avant dissection. Nous n’avons pascomparé
le
poids
de tel ou tel constituant de la côte à celui du constituantcorrespondant
de lacarcasse. En
effet,
lepoids
des différents éléments de la côte est fonction dutemps
écoulé entre leprélèvement
de cette dernière et sa dissection et aussi des conditions de conservation. Lespoids
varient dans letemps
alors que lacomposition
de la côteest constante, si l’on admet que
l’os,
le muscle et ledépôt adipeux perdent
un pour-centage
d’eauéquivalent.
La relation Y = 0,45 +
0 ,556
X -i-1 ,8 12
Z(tabl. 4 ) permet
de mettre en évidenceune différence minimum de 4 p. 100entre les
proportions
dedépôts adipeux
de deuxanimaux
(test t).
Mais l’intérêt de cette relation est surtout de nouspermettre
d’évaluer l’étatd’engraissement
de lots d’animaux soumis à des traitements diffé- rents. La mise en évidence d’une différencesignificative
d’étatd’engraissement
entreles moyennes de deux
lots,
sera d’autantplus
aisée que le nombre d’animaux par lotsera
plus important.
En effet, avec 10 animaux par
lot,
nous pouvons mettre en évidence une diffé-rence de
proportions
dedépôts adipeux
due à deuxtraitements,
si cette différenceest
supérieure
à1 , 2 6.
Si l’on s’écarte de ladécoupe standard,
laprécision
diminuemais nous pouvons
cependant,
en utilisant le même nombred’animaux, séparer
deux
régimes
entraînant des différences d’étatd’engraissement égales
ousupérieures
à 2 p. ioo. Cette
limite, correspondant
à 6kg
dedépôts adipeux
sur une carcasse de 300kg,
est suffisante pour laplupart
desexpériences d’élevage
ou degénétique.
Ellenous
permet
d’éviter la dissectioncomplète
de la demi-carcasse dont le coîit est très élevépuisqu’elle
nécessite r5à 18 heures de main-d’oeuvre et se traduit par une déva- luation de la carcasse de 50p. 100environ. La dissection de la mecôte ne nécessite que 30 minutes environ et sonprélèvement
sur le milieu de train de côtes ne dévalo- rise pas la carcasse commercialiséedécoupée.
Lorsque
lesexpériences portent
sur un nombre restreint d’animaux( 10
ài 5 ),
ilest
préférable
d’utiliser laproportion
dedépôts adipeux
dans la mecôte associéeà celle des
dépôts adipeux périrénaux
etprécruraux
dans la carcasse. Cette associa- tion améliore l’estimation de l’étatd’engraissement.
Cette dernièrepeut
êtreégale-
ment faite à
partir
de la seuleproportion
dedépôts adipeux périrénaux
etprécruraux
si le nombre d’animaux abattus est deux fois
plus important ( 20
à30 ).
Cette mesureest d’une
précision
suffisante pour mettre en évidence des différences deprécocité
ou de méthode
d’élevage.
Ces différentes
équations
derégression
nepeuvent
êtreappliquées qu’à
despopulations
dejeunes
bovins semblables à celles que nous avons utilisées.Cependant,
la
composition
de la mecôte doit être un critère intéressant pourapprécier
la compo-sition des carcasses d’autres
types d’animaux,
commel’indiquent
les résultats obtenus dans le cas de vaches de réforme.Reçu pour
publication
en octobre i968.SUMMARY
ESTIMATION OF CARCASS COMPOSITION OF STEERS FROM IITII RIB CUT
The value of an Ilth rib cut for
estimating
carcasscomposition
was studied on 10-20 monthsold steers
weighing
278-693kg.
47 half-carcasses were dissected for bone, muscle and fat
(tables
2 and3 ).
Theequations
deter-mined for bone, muscle and fat percentages between the Ilth rib and the total carcass were the
following :
H ! - -- , Iwith :
I’ = percentage of carcass fat,
X = percentage of IIth rib fat,
Z = percentage of
perirenal
andprecrural
fatdepots
in the carcass.with :
Y = percentage of carcass muscle, X = percentage of mth rib muscle,
G
-
thigh
thickness thigh lengthEquation ( 2 )
for 10steers per batch allowed topoint
out a difference in fatdepot
percentagessuperior
to 2points.
REMERCIEMENTS
Nous tenons a remercier MM. R. BOCCARDet B.-L. DUMONT
qui
nous ontpermis
deprélever
lame côte et fourni les résultats concernant la
composition
des carcasses des taurillonsqu’ils
ont étu- diées ; ainsi que M. R. ROUVIERpour l’aidequ’il
nous aapportée
dansl’interprétation mathématique
des résultats.
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