Phytothérapie (2012) 10:337-338
© Springer-Verlag France 2012 DOI 10.1007/s10298-012-0746-6
Aromatherapy ou aromathérapie
Ce n’est pas un problème de terme ou de linguistique qui me préoccupe, mais un problème d’administration des huiles essentielles. Ce que je pressentais avant d’aller au 1st International Congress of Aromatherapy à Kyoto s’est vérifié au travers des exposés de nos amis aroma- thérapeutes du monde entier.
C’est à Kita-ku, quartier plus ou moins chinois d’Osaka, dans une longue rue marchande couverte que nous avons été apostrophés : « … Massages (masagi), aromatherapy… » par une jeune personne qui, devant un salon de massage, distribuait des prospectus en japonais pour ce type de traitement.
Cela m’a fait à la fois sourire et grincer des dents. J’ai l’habitude en France égale- ment de voir des devantures pleines de flacons d’huiles essentielles, plus ou
moins frelatées d’ailleurs, et de me poser des questions quant à leur usage. Là, l’aromathérapie semblait totalement détachée de son contexte médical et c’est une crainte à avoir pour l’avenir.
Les intervenants internationaux ont parlé de leur expérience avec les huiles essentielles, mais majoritairement dans le cadre d’application par massage.
Un de nos interlocuteurs, psychiatre japonais, a mis rapidement le doigt sur le sujet sensible : prises par voie orale les huiles essentielles doivent être plus efficaces ! En France, les professionnels de la phytothérapie savent bien que c’est la voie orale la plus importante, malgré la publicité des producteurs d’huiles essentielles qui ne s’aventurent pas à donner des formules pour cette utilisation mais recommandent l’application d’huiles ou de crèmes.
La pénétration par la voie cutanée est assez rapide et l’on observe rapidement dans l’haleine d’un volontaire du cinéol de l’eucalyptus que l’on aura appliqué sur la peau. À tel point d’ailleurs que chez le jeune enfant, l’utilisation de l’euca- lyptus est quasi contre-indiquée même en externe. Cependant, la voie trans- cutanée n’est pas le mode d’application de choix pour les maladies internes. Comme l’écrivent Kaloustian et Hadji-Minaglou1 : « La diffusion de ces molécules dans l’ensemble de l’organisme dépendra de la galénique d’application ; d’une manière
1 Kaloustian J, Hadji-Minaglou F (2012) La connaissance des huiles essentielles : qualitologie et aromathérapie. Entre science et tradition pour une application médicale raisonnée. Springer-Verlag Éditeur, Paris
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générale, si ces molécules sont appliquées avec une composition lipophile (huile végétale, lipogel), la pénétration et la diffusion resteront localisées. Si le véhicule est hydrophile (hydrogel, émulsions H/E), la distribution sera plus systémique via la circulation générale. Si la voie cutanée est utilisée pour une distribution générale dans l’organisme afin d’éviter l’effet de premier passage hépatique, elle est appelée voie transdermique. »
Cependant devant les résultats de nos confrères, nous devons nous pencher sur ce mode thérapeutique. Il est vrai que si l’on parle d’aromathérapie des infections ce sont soit des expériences in vitro ou en laboratoire, soit des prises orales, dont il s’agit.
Et d’ailleurs comment s’intéresser aux infections staphylococciques résistantes à la méthicilline ou au traitement de l’infestation gastrique à Helicobacter pylori, si nous ne passons pas par le tube digestif. Les études prochaines nous le diront : votre revue dans cet objectif s’est rapprochée de diverses revues d’aromathérapie (Japon, Royaume Uni, États-Unis : International Journal of Professional Holistic Aromatherapy ; Brésil : Cadernos de Naturologia e Terapias Complementares) pour encore mieux vous informer.
Dr Paul Goetz Rédacteur en chef
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