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AUX
REPRÉSENTANS DU PEUPLE COMPOSANT
LE COMITÉ D’INSTRUCTION PUBLIQUE.
/
AUX REPRÉSENTAKS DU PEUPLE
COMPOSANT
LE COMITÉ D’INSTRUCTION PUBLIQUE.
Les Citoyens soussignés
^
membres du
conseil général de la commune de Dole
,au Jura,
Mepresentans du peuple,
La
politique des tyrans leur suggéra toujoursde
tenir les peuples dans l’ignorance et lami-
sère,pour
etre plus assurésde
leur soumission.Les
Xiepresentans d’unpeuple
quia
brisé sest
\
CO
fers et qui a juré
de ne
jamais les reprendre, dévoienten
fonderîegouvernement
sur d’autresmaximes. La Convention
nationale areconnu que
rinsîructioîi étoitun
des principauxrem-
parts
de
la liberté : elle s’estoccupée
d’étendre ledomaine de
l’industrie et des connoissanceshumaines
: riende
ce quipeut
les enrichir iraéchappé
à saprévoyance
: les plans d’éduca- tion nationale et d’éîablissemens d’écolescen-
trales qu’elle a décrétés ,
honorent
autant son génie, qu’ils sont favorables à la liberté et à la prospérité
de
la nation française.Vous
êtes plus spécialement chargés ,Re- présentant DU PEUPLE
, d’en diriger l’exécu- tion, etde
désigner lescommunes où
il vous paroîtra plusconvenable de
placer ces écoles.La commune de Dole
réunit tous les avan- tagesque
l’onpeut
désirerpour un
établissementde
ce genre.Nous venons
avec coiifance le solliciter.Cette
ville, la plus
populeuse de
toutes lescommunes du département du
Jura, est placée sur lepenchant
d’une colline, etagriablement
( 3 )
^
bâtie.
Une
rivière navigableen
baigne les murs.De
bellespromenades
ornent sesdehors.Un
airpur
, deseaux
excellentesy
entretiennent la santé.Un
site admirable, des plaines fertiles qiiarrose
un
canalde
navigation qui doit coin-muniquer du
rhin à l’océan et à la méditer- ranée,
de nombreux
coteauxplantésde
vignes,
un
riche vallon, les plus riantesprairiesembel-
lissentson territoire :nulle partla terre
ne
pré- sente à lœil plusde
pointsde vue d’agrément
et d’utilité, des tableaux plus variés, plus pit- toresques, des objets plus favorables à l’expres- sion de la peinture : nulle part la jeunesse
ne
trouveroit plus
de moyens
de se livrer à l’étude des différents règnesde
la nature,
de
toutes les partiesde
l’économie rurale; plus
de com-
modités pour
la natation,pour
les jeuxde
lagymnastique
,
pour
tous les exercices propres àfortifier le corps
Piacee à la proximité
de
plusieurs rivières,
adjacente à
une
forêtimmense
dans laquelle elle aun
droitdaftouage,
entouréede
villages quiy
apportentchaque
jour leursproductions,
(
4
)cette
commune
estpercée de
toutes partsde
routes quien rendent
l’accèségalement
sûr et facile.Les commestibles
, tous les objetsde
subsistance etde consommation
journalièrey
sont ordinairement abondaiis et à
un
prixmé-
diocre.
La
fertilitédu
soly
maintient le blé àI
un
tauxmodique. Besançon
, etpresque
toutes lescommunes du département du
Jura,Lons-
le-Saunier, Salins, Arbois, Poligny
, viennent
chaque année y
acheter les grains qui leurmanquent.
L’intention
de
laConvention
est,sansdoute
,
que
les enfans des citoyens lesmoins
fortunés participent aussiau
bienfaitde
l’éducation na- tionale. Ilsne
pourronten
profiter, si la dé-pense
qu’elle nécessiteraaux
parens, leur de-
vient trop onéreuse, si les écoles sont établies
dans
des lieuxoù
la rareté des loyers , la di- sette et la cherté des subsistances se feront ressentir.La commune de Dole
n’aaucun de
ces désa- vantages. Aussi son collège , l’un des plusma-
gnifiques
que
les Jésuites aienteu
, et qui est—
( 5 )encore
composé de
dix professeurs, a toujours été très-frëquenté.Toute
îa jeunessedu
Jura, d’unepartiede
laSuisse,de
la ci-devant Alsace, estconstamment venue
suivre ses écoles.Nulle
commune
n’estdonc
plus propre à l’établisse-ment
d’une école centrale.L’intérêt des finances
de
la république con- court aussipour
qu’elley
soit placée.Tous
lesbâtimens
nécessairesàcetteinstitutioiiyexistent.Le
superbe college desjésuites,nommé VArc^
y
a été conservé.Des logemens commodes pour
les professeurs;
de
vastes sallespour
les exer- cices intérieurs;un
terrain considérablepour
la confection d’unjardinde
botanique et d’histoire naturelle,
pour
des expériences d’agriculture;une
salede
bibliothèquepouvant
recevoir quarante millevolumes
, et déjà enrichiede
plusde quinze
mille;un
cabinetde physique
expérimentaleetune
partiedes instrumensqu’il exige; voilà ce qui constitue cebâtiment
et sesdépendances.
Dans
l'intérieurde
la ville,
on remarque
l’an-cien palais des états;
beaucoup
d’autres bâti-( 6 ) ïnens
nationaux non vendus
,
provenant
des ci-devant religieux,
deux beaux
hospices qui,
de meme que
le college, ont ët@ dotes par les citoyens
de
cettecommune.
Dans
le centre s’élèveune
tour d’une belle architecture,attenantà
un grand
etmagnifique
édifice^ ayant trois cent piedsde haut
et cou- verte d’une terrassedont
lediamètre
estde cinquante
pieds : elle avue de
tous côtés, elledécouvre un
horizon parfaitement uni, ettelle-
ment étendu que
l’œilne peut
pasmême
, à l’aide des meilleurs instrumens d’optique, at-
teindre l’extrémité
de
ses rayons.De
quelle utilitéun
telmonument ne
seroit-il paspour
des observationsastronomiques!Que de
millionsne
faiidroit-il paspour
la constructionde sem-
blablesbâtimens
! Ici toutes lesdépenses
sont faites; l’économiene
dicte-t-elle pasde
lesmettre
à profitlSi la ,
Convention
adopte la distribution des ecüles centrales pardépartement,
celuidu Jura ayant
, à
peu de
chose près, la base propor- tionnelle qui a été
déterminée
,
puisque
sa po-( 7 )
puîationest
de deux
centquatre-vingt mille indi- vidus5
en
obtiendra infailliblement une.Lni-
tërêt
de
cette institutionmême,
exige quelle soit fixée à Dole.Les
autrescommunes de ce département
sontd’un accès diiHcile, dansune
situation mal-saine, dans
un
solpeu
fertile, et
ne
sufEsant pasaux
besoins des habitans.Au- cune de
ces villes n’a d’ailleursmn
seulbâtiment
propre à l’une despartiesde
cet établissement.Si la distribution par
département n
est pas observée , les ressources et les avantagesque Dole
réunitlui mériteronttoujours lapréférence surlescommunes
qui voudroient la lui disputer.La Convention
n’imitera pas, sansdoute
, legouvernement
ancien, desvicesduquel
ellenous
a affranchis,
en
concentrant tous les établisse- merispublicsdanslesci-devantcapitales,dansces foyers d’épidémies physiquesetmorales,presque
toujours funestesà l’agriculture et à l’industrie,
aux mœurs,
à la fortune, à la santéde
la jeu- nesse.La France ne
ressemblera plus,comme
au- trefois, à ces paralytiques
dont
la tête et la( 8 )
buste jouissent
en apparence de
la plus bril- lante santé, tandisque
leursjambes
desséchéesne peuvent
plus les supporter ; elle vivifieraégalement
toutes les partiesdu
corps politique,
en
distribuant les établissemens qu’elleforme pour
lebonheur du
peuple.Les Représentans
veilleront, sur-tout, à ceque
les institutions,
de
l’importancede
celles des écoles centrales,
soient
formées
, lemoins
possible , dans lescommunes
d’unegrande
population,où
lajeu- nesse plus difficilement surveillée, pourroit secorrompre
par les principes pernicieux, par lesmauvais exemples
, par les occasions fréquentes et facilesde
se livrerau
libertinage et àladé-
bauche.
La commune de Dole
n’offreaucun de
cesdangers.
Que de
motifsconcourent en
sa faveurIVous
les ferez valoirprèsde
laConven-
tion,
Representans du PEUPLE;
c’estseconder
ses vues
que de
lui proposer l’etablissementa Dole
d’une école centrale,
puisque
lebien-être et la santé des élèves ; puisque l’intérêtdes
' professeurs et des parens;
puisque
l’utiliîépu-
( 9 )
blique ,
réconomie
desdnances
le sollicitentpour
cettecommune.
Signe
^ Odilîe
,
maire
; Baclielet,
Cuynet
,Eve, Bouvier, Breune
,Magdeiaine, Ratey
, Chappiiis , Panier,
Froidevaux
,Margueron
,Hubert
, Brëgaiid
,
Mairet
, Pyot-Breton,
Mi- chaud,
Patouilîot,Aîard, Passier,Jay, Püleron,
Marc
, Miclialet,
Girod
,Georgeon
,
Blandin
, agent national ; Bulle , substitut ; et Prost,
secrétaire.
Et pour
extrait.Prost
, Secrétaire-Greffier.Les
soussignés administrateursdu
directoiredu
districtde Dole,
auxquels l’adresse, d’autre part, a étécommuniquée
, applaudissentaux
motifs d’utilité générale quien
constituent la rédaction,attestentque
les avantages résultant,pour
lachose publiquemême, de
l’établissement àDole d
’une école centrale,
ne
sont point exa- gérés;
que
sous tous les rapports cettecom- mune
paroit spécialement destinéeàlerecevoir]€t
que
l’intérêt, soit des élèves, ^oit
de
leurs( 10 )
pareils, et les plus grandes raisons
d’eccnomie concourent pour
qu’elle l’obtienne.Signée
Bouvier,
président; Vuülier, vice- président; Louvrier,Chavelet
,Gay
,Angrer
,
agent national; et
Lavy
, commis-secrétaire.La Commission
administrativedu
départe-s
ment du Jura
, ayanteu en communication
l’adresse d’autre part
, fait les observations sui- vantes :
Il paroit
convenable de donner au
départe-ment du Jura une
école centrale, attendu
que
sapopulation s’élevant à
deux
centquatre-vingt- cinq mille individus, il est naturel ,
en
déta-chant
desdépartemens
voisinsune
légère por- tionde
territoire,de former un
arrondissementconforme au
principedéterminé
parlaConven-
tion nationale.
Ce
plan est d’autant plus facileà
exécuter,
que
la population desdépartemens de
laCôte-d’Or
etde Saône
etLoire quinous
avoisinent,excède de beaucoup
la base indi-quée
par le décret sur l’organisationde
ces écoles.( ïî )
Dans
le casoù
l’on admettroitpour
le dé-partement du
Juraun
établissementde ce
genre ,il n’est pointde commune
plus propre àle recevoir
que
cellede
Dole. Placée dansun
cercle
de
soixante mille individus^ sousun
cielpur
, dans le sol le plus productif, cettecom- mune
fécondeen
tout genrede
ressources,remarquable
par ladouceur de
sesmœurs
, par
la pureté
de
son langage et par la politessede
ses habitans,
semble
inviterlegénie et les arts à se fixer dans son enceinte.La
vasteétendue
desbâtiniensqu’ellerenferme
et qui sontdépendans
d’un collègefameux
,l’un desplus considérablesque
les Jésuites aient fon- dés, tout paroit concouriraux
vuesde
nos Légis- lateurs , soiten
favorisantl’économiepublique,
soit
en
rapprochantde
la médiocritéhonnête
et vertueuse les bienfaitsdu gouvernement.
Par
toutes ces considérations, le directoire
du département
,rendant hommage aux
vues d’utilité publique qui ont dicté l’adresse d’autre part , et attestant la vérité des faits quiy
sont exposés , estime qu’il convient , sous tous les'i
( 12 )
rapports, d’établir
une
école centrale dans lacommune de
Dole.Dole,
le26
ventôse , l’an troisde
la répu- blique française,