M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES
B. L ECLERC B. M ONJARDET
Avant-propos
Mathématiques et sciences humaines, tome 98 (1987), p. 5-7
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AVANT-PROPOS
B. LECLERC* et B. MONJARDET**
Ce numéro de
Mathématiques
et Sciences humaines ainsiqu’un
numéro ul-térieur sont consacrés au thème "Combinatoire et
Analyse
des données". Le terme Combinatoire revêtant desacceptions
assez variées est malaisé àdéfi-
nzr. Disons que nous l’entendons ici au sens des
mathématiques
traitant deces
configurations
discrètes que sont parexemple,
les relations binaires (oun-naires),
lesordres,
lesgraphes,
leshypergraphes,
lesplans
enbloc,
les
géométries d’incidence..., lorsqu’elles
sontdéfinies
sur des ensemblesf 2n2s.
Quant àl’analyse
dedonnées,
nous l’entendons bien sûr en un senslarge qui
contient les nombreusestechniques permettant d’explorer, décrire, résumer, visualiser,...
des "données" que leurs nombres et (ou) leur carac- tère multidimensionnel rendent peutransparentes.
Que
Mathématiques
et Sciences humaines consacre des numérosspéciaux
à ce thème n’a rien d’étonnant.
L’analyse
des données -lorsqu’on
n’enfait
pas une
panacée
à l’absence deré f Zexzon - joue
et doitjouer
un rôleimpor-
tant dans les
techniques mathématiques
utilisables en Sciences humaines.D’ailleurs
beaucoup
de méthodesd’analyse
des données et notamment celles utilisant destechniques
combinatoires ont été créées à propos de données et deproblèmes
de ces sciences : c’est parexemple
le cas des méthodes de sé-riation,
d’un certain nombre de méthodestypologiques,
del’analyse
de simi-litude,
del’analyse hiérarchique
(échelles de Guttmn) et booléenne desquestionnaires
...Un article de Guénoche et
Monjardet
dans le second numérospécial
es-saiera de
répertorier
ces méthodes de la "combinatorial dataanalysis"
(Ara-bie) en les classant
d’après
la nature des tableaux de donnéesqu’elles
per- mettent de traiter. Enfait
c’est bien parce que dans les Sciences humainesles données recueillies ont souvent une structure
mathématique "pauvre"
(qualitative, relationnelle, ordinale, ... )
que des méthodesspécifiques,
évi-* C.A.M.S.
** Université Paris 5 et C.A.M.S.
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tant les
problèmes posés
par l’arbitraire d’uncodage numérique,
sont appa-rues. La
contrepartie
est que l’utilisation de telles méthodes pose souvent desproblèmes
de calcul"difficiles"
(en un sens que la théorie récente de lacomplexité permet
depréciser). Toutefois
lesprogrès
actuels ducarrefour mathématiques - informatique
que constituel’algorithmique,
permettent deplus
enplus
decompléter
les études antérieures surtoutthéoriques
de cer-taines
méthodes,
par la réalisation de programmes oulogiciels;
il s’ensuitune
pratique
permettant d’éclairer lesavantages,
lesdésavantages
ou lesquestions posées
parl’emploi
de telles méthodes.C’est ainsi que la
pratique
del’analyse
booléenne dequestionnaires
àl’aide d’un
logiciel approprié
a conduit J. VanBuggenhaut,
dans un des ar-ticles de ce
numéro,
à proposer uneapproche
pour unproblème apparaissant
dans une
étape importante
de cette méthode : le choix du "seuil de dichoto- misation".La
difficulté
de certainsproblèmes
de calcul peut aussi conduire à une recherche axée sur lesalgorithmes
les résolvant.Ciest
ainsi queplusieurs algorithmes
ont maintenant étéproposés
pourapprocher
au mieux une dissimi-larité par une "distance additive d’arbre" (i.e. une distance du
plus
courtchemin dans un arbre dont les sommets
correspondent
auxobjets comparés).
Dans son article A. Guénoche
fait
uneprésentation
détaillée decinq
d’entreeux (certains
originaux)
et conclut par unpremier
essai decomparaison
deleurs
performances.
Il arrive
toutefois
que les choses se passent "bien". Leproblème
del’ r "arbre minimum" (d’un
graphe
valué) est unexemple
célèbre deproblème d’optimisation
combinatoire où l’ondispose d’algorithmes efficaces
de calcul.Il en est de même du
problème plus général
de rechercher s’il existe un arbre minimum "commun àplusieurs données",
2. e. commun auxpréordonnances (pré-
ordres sur les
paires d’objets) canoniquement
associées à ces données. Ceciprovient
de résultatsthéoriques
énoncés dans l’article de B.Leclerc,
ar-ticle
qui
illustre aussi la variété des contextes où un telproblème peut apparaetre.
Nous terminerons la revue des articles de ce numéro par celui de Giakoumakis et
Monjardet ,,-ui
étudientsystématiquement
une notion - élémen-taire - d’ordre entre divers
coefficients
mesurant la similarité depréordres
totaux
afin
de les comparer.7
En
conclusion,
ces numérosspéciaux
deMathématiques
et Sciences hu- maines illustrent bien lefait
que les méthodes combinatoires enanalyse
desdonnées sont en
plein développement.
Dans cedéveloppement,
les études théo-riques s’accompagnent
deplus
enplus d’implémentations
et delogiciels.
Dece
fait,
les utilisations concrètes de ces méthodes tendent à semultiplier;
souhaitons que ces numéros