R EVUE DE STATISTIQUE APPLIQUÉE
G. C ARAUX
Exploration interactive d’une correspondance
Revue de statistique appliquée, tome 37, n
o1 (1989), p. 53-65
<http://www.numdam.org/item?id=RSA_1989__37_1_53_0>
© Société française de statistique, 1989, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Revue de statistique appliquée » (http://www.sfds.asso.fr/publicat/rsa.htm) implique l’accord avec les condi- tions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute uti- lisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une in- fraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
EXPLORATION INTERACTIVE
D’UNE CORRESPONDANCE*
G. CARAUX**
RÉSUMÉ
D’un moyen de calcul
puissant,
l’ordinateur est devenu, pour beaucoup, un outil simulantun environnement de travail familier. La
micro-informatique,
en généralisant les écrans auxpossibilités graphiques
étendues et en introduisant des outils depointage simples,
a contribuéfortement à accentuer ce
phénomène.
Leslogiciels
émanant de cette nouvellegénération
d’outilsinformatiques
ont tirépartie
d’une nouvelle manière de concevoir l’interactivité et la convi- vialité des rapports homme-machine. Ces transformations posent en d’autres termes notre manièred’exploiter l’informatique
dansl’analyse
des faitsstatistiques.
Partant d’uneapproche
essentiellement calculatoire, dans
laquelle
un programme fournit la solutionalgorithmique
d’unmodèle
prédéfini,
ne faut-il pasimaginer
un environnement de travail interactifpropice
àl’exploration
des faitsstatistiques?
L’utilisateur yexplorera
ses données par un certain nombre dejeux scéniques
danslesquels
saperception
intuitive du scénarioproposé
lui permettra de rester maître de lalogique
de sonapplication.
A titre
d’exemple
nous aborderonsl’exploration graphique
et interactive d’une correspon- dancestatistique
entre deux variablesqualitatives.
Mots-clés :
Graphique,
Interactivité,Analyse
exploratoire, Tableau decontingence.
1. Introduction
En
janvier
1987 notre unité de recherches s’est dotée d’une station de travailgraphique. Celle-ci, organisée
autour d’un micro-ordinateurGoupil
G40compatible
IBM
PC-AT, dispose
d’un écrangraphique
couleur haute résolution de 1024x768pixels
muni de sa carte
d’interfaçage
propre. Cette dernièredispose
d’un processeurd’affichage graphique spécifique
et d’une mémoirebitmap
de 1 Moctet.L’exposé proposé
ici va essayer deprésenter
les idéesqui
incitent le travaildéveloppé
sur ce matériel et lespremiers
résultats concretsqui
ontdéjà
été obtenus. Nous examinerons dans unpremier
temps lesperspectives qu’offre l’exploitation
d’outilsgraphiques
interactifs dansl’exploration
de donnéesstatistiques.
Nous illustrerons ensuite notre propos par un
exemple original
degraphisme qui
nous permettra
d’explorer
ladépendance statistique
de deux variablesqualitatives
àtravers un tableau de
contingence.
* Ce texte
reprend
les termes d’unexposé présenté
enjuin
1987 à l’assemblée Générale dudépartement
de Biométrie de l’INRA.** Unité de Biométrie, Ecole Nationale
Supérieure Agronomique,
Place P.Viala, 34060Montpellier
Cédex2. Pour
une approche
interactive del’exploration
de données
statistiques
Les outils de
l’informatique disponibles
dans les années 60 et 70 ontpermis,
dans notre
discipline,
de programmer et de résoudrenumériquement
les modèlesmathématiques
que nous écrivions. Bienadaptée
àl’exploitation
de donnéesnumériques, l’informatique
d’alors apermis
aux statisticiens de trouver les moyens de calculperformants
dont ils avaient besoin. Ceci a fortement contribué audéveloppement
età la
vulgarisation
de nombreusesméthodes,
tantdescriptives qu’inférentielles,
devenusmaintenant
d’usage
courant.La
contre-partie
de cettevulgarisation
est que les programmes, comme leslogiciels,
sont devenus des intermédiaires abstraits entre des données brutes et des résultatsstatistiques parfois
très élaborés. Les programmes ontpris l’aspect
de "boîtes noires" dont lalogique
interne n’estperceptible qu’aux spécialistes.
Or dans le même temps, l’accessibilité aux
bibliothèques
delogiciels
s’est étendueavec la
généralisation
des moyens d’accès àl’informatique.
La facilitéd’usage
de cesbibliothèques
de programmes leur a même donnél’aspect
rassurant deproduits d’usage
courant, sans contrainte d’utilisation.
Dans ce contexte les résultats d’un processus
expérimental
ne sontplus
le résultatd’une rencontre entre la
capacité
d’observation del’expérimentateur
et sa propreperspicacité
intellectuelle dansl’analyse
de faitsexpérimentaux.
L’expérimentateur
s’estreposé, parfois
d’unefaçon aveugle,
sur la crédibilité donnée aux méthodesstatistiques
et à l’utilisation de l’ordinateur. Il a pu s’ensuivreparfois
une démobilisation intellectuelleimportante
dubiologiste
à uneétape pourtant
essentielle du processusexpérimental.
Or n’oublions pas que nos modèles sont construits dans le cadre
d’hypothèse simplificatrices qui
sont le reflet d’une situationsupposée
idéale.L’optimalité
dessolutions que nous proposons est le fruit d’un processus
simplificateur.
Trop
souvent lebiologiste prend
le fruit de nosalgorithmes
comme des oracles et non pas comme le reflet d’une réalitécomplexe,
aléatoire et contradictoirequi
doitalimenter et éclairer ses réflexions
personnelles.
Nos
logiciels
ont crée unegénération
de consommateurs ouplutôt
de spectateurs.Il faut maintenant essayer de leur rendre un rôle d’acteur.
Les moyens, tant matériels que
conceptuels,
que met à notredisposition l’informatique
ontchangé
radicalement. Ceci nouspermet
de poser en d’autres termes lesproblèmes
issus del’exploration
ou del’exploitation
de donnéesstatistiques.
Nombre de nos modèles ont été conçus et
développés
pour des machines dont l’interactivité était nulle. Ledialogue
était unilatéral ets’opérait
sous la forme decommande
dactylographiée
sur un clavieralphanumérique.
Les résultats fournis étaientpubliés
sous une formeséquentielle
sur un support leplus
souvent enpapier.
De même les
langages employés alors,
s’ils sont encore bienadaptés
pour ladescription d’algorithmes numériques,
ne permettent que lamanipulation d’objets
mathématiques
rudimentaires(scalaires,
matricesindicées,...).
On ne peut les utiliserpour décrire des
objets conceptuels
évoluées ou pourdévelopper
l’environnement d’accueil de l’utilisateur final.En
micro-informatique
leslogiciels
de base ont réconcilié les non-informaticiensavec
l’usage
del’informatique.
Les outils du
dialogue
homme-machine ont été révolutionnés par lagénéralisation
d’écrans aux
possibilités graphiques
étendues et par dessystèmes
interactifs depointage
comme la "souris" ou le
"photostyle".
Plus
qu’une
machine à calculer ou àordonner,
l’ordinateur est apparu comme un environnement de travail simulant des tâches et desprocédures
familières à l’utilisateur(KAY [15]).
Les
logiciels apparaissent
alors comme des outils de facilitation et non d’exécution.L’utilisateur de par sa
perception
intuitive de l’environnement où ilévolue,
reste maîtrede son
application
et de lalogique
du traitementqu’il applique.
Dans ce contexte une
partie
de notre travail de statisticien est de concevoir l’univers théâtral danslequel
l’utilisateur pourra sedéplacer
pourexplorer
ses donnéespar
différents jeux scéniques.
Nous ne lui fournirons pas, dans cette
optique,
une solution mécaniste à sonproblème,
mais les moyens deregarder dynamiquement
ses résultats enmonopolisant
sa
perception
desphénomènes.
Un travail de
conceptualisation d’objets statistiques
nouveaux est àentreprendre
et une
partie
de lastatistique descriptive
est à réinvestir.Les outils
d’affichage graphique
dont nousdisposons
maintenant permettent d’utiliser desgraphismes simples
aupouvoir
évocateurpuissant :
2022 L’intensité d’un
phénomène
estreprésentée
d’unefaçon
naturelle par une certainegraduation
d’intensité de lumière.* Un
phénomène chronologique
peut êtresuggéré
par ledéplacement
d’un spot dansun
graphique approprié,
2022 etc....
Ces
artifices, qui s’apparentent
à uncodage,
sont autant demétaphores qui,
étantprélevées
dans l’univers habituel del’utilisateur,
lui permettent de conserver sonesprit d’initiative,
de libérer sonimagination
et de conserver bon sens etperspicacité.
L’interactivité peut
s’appliquer
à des méthodes connues et banalisées. On connait parexemple
l’intérêt queprésente
la faculté d’observer visuellement et instantanément lesrépercussions
de la modification de l’ordonnée d’unpoint
sur la pente de la droite derégression.
Cette faculté enrichitbeaucoup,
voiresupplante
chez l’utilisateur de lastatistique,
le concept de variance attachée à l’estimateur de la pente d’une droite derégression.
Dans ce domaine des travaux sont menés aux
Etats-Unis, depuis
le début desannées
70,
dans leprolongement
des idées de TUKEY[20]. L’importante bibliographie publiée
récemment par CLEVELAND[8]
est là pour entémoigner.
A titre
d’exemple,
un travailimportant
sur la recherche d’unlangage
de comman-des interactives propres à
l’exploration
des faitsstatistiques
est réalisédepuis plusieurs
années au
Département
deStatistique
de l’Université de Harvard(DONOHO,
HUBERet alt.
[9]).
Parallèlement,
un prototype de station de travail dédié àl’exploration
de donnéesstatistiques
a été élaboré sous le nom d’OrionI,
autour d’un ordinateurPrime,
auDépartement
deStatistique
de l’Université de Stanford(MCDONALD [17]).
On peut noter que l’interactivité dans les
procédures d’analyse
de donnéesexploratoires
estprivilégiée.
Les outilsinformatiques
de l’interfacehomme-machine,
comme
l’organisation
multifenêtre d’un écrangraphique,
sont deplus
enplus employés (Cf :
Plot Windows, STUETZLE[18]
et[19]).
Plus récemment, BECKER et CLEVELAND
[4]
ont montré l’intérêt de l’utilisation d’une "souris" dansl’exploitation
interactive d’un"scatterplot".
Lapertinence
desrésultats trouvés est
probante.
Enfin notons- que certains
logiciels proposent
maintenant des outilsd’exploration
interactive de données
statistiques.
Citons parexemple :
e
MacSpin
unlogiciel
dédié àl’exploration
de données multidimensionnelles([2], [5], [10], [14])
etFIGURE 1
Sources
d’information
descatégories socio-professionnelles
sur les
problèmes
liés à l’environnement et au cadre de vie2022 S environnement
capable
d’accueillir des programmes interactifs(BECKER
etCHAMBERS
[3]).
2022
XploRe
un outild’exploration
d’un modèle derégression
et d’estimation de densités(AERTS
et HOLTSBERG[1]).
2022 ...
Comme nous le voyons le
champ d’investigation
est ici très ouvert etprometteur.
Nous allons maintenant illustrer ces idées
générales
parl’exploration
interactive d’un tableau decontingence.
3.
Exploration
d’unecorrespondance statistique
3.1. Notations
Soit N =
(nij)IJ
un tableau decontingence,
d’élémentgénérique nij,
croisant lesmodalités de deux variables
qualitatives.
I et J seront
respectivement
l’ensemble des modalités de ces deux variables : I= {1,...,n},
J= {1,...,p}.
Communément on associe à N la loi de
fréquence fIJ
sur l’ensemble despaires (i,j)
de I x J :On note alors
fI.
etf. J
les deux lois defréquences marginales
définiesrespective-
ment sur 1 et J :
Enfin nous noterons
plus
loin par Pu la loi defréquences conjointes
respectant lapropriété d’indépendance
des loismarginales :
3.2. La
représentation graphique proposée
Nous avons
déjà (CARAUX [7]), exploré
lesproblèmes
liés à lareprésentation
visuelle d’un tableau de données
numériques.
Ces travauxs’inspiraient
alors desgraphismes proposés
par BERTIN[6]
dans ses recherches ensémiologie graphique.
Cer-tains auteurs ont
proposé
des constructionsgraphiques appropriées
àl’exploration
d’untableau de
contingence.
Parexemple
GENEST et GREEN[11] ont repris
récemmentl’idée de construction d’une
"mosaïque" proposée
par HARTIGAN et KLEINER[12]
[13].
Le
graphisme
que nous proposons ici estoriginal.
Comme nous allons le voir les basesthéoriques
de sa construction sont élémentaires et tiennent bien compte de lanature du tableau de
contingence
N.Dessinons un carré de surface unité. Subdvisions deux de ses côtés
orthogonaux
en
respectivement
n et p segments delongueur fi. (i
EI)
etf.j (j
EJ).
Ces subdivisions induisent alors unmaillage
croisé de la surface du carré(figure 2).
Par
construction,
chacune des mailles obtenues a pour surfacepij = fi.fj.
avec(i,j)EIxJ.
Ainsi nous obtenons un
découpage
du carré de surface unité en élémentsqui
dessinent et respectent la loi des
fréquences
croisées sousl’hypothèse d’indépendance.
Dans le même temps cette
figure
nous offre unereprésentation
de la loi desfréquences marginales.
En effet la surface dechaque ligne (respectivement
dechaque colonne)
estégale
à lafréquence
de la margequi
lui est associée.Dans notre construction nous retrouvons la
propriété
fondamentale :Exemple
Pour illustrer notre propos, nous avons
repris
un tableau decontingence
issu d’uneenquête
conduite par le CREDOC sur laqualité
de la vie desFrançais (figure
1, page56).
Ce
tableau, déjà
traité par LEBART et MORINEAU[16],
croise deux variablesqualitatives :
Lapremière
code en douze modalités lacatégorie socio-professionnelle.
La seconde
distingue
suivant huit modalités les sources d’information desparticuliers
sur les
problèmes
touchant à l’environnement et au cadre de vie.On note très
facilement,
à lafigure
2(page 59),
que la télévision et lesjournaux
constituent à eux seuls
plus
de la moitié des sources d’information des personnesinterrogées.
On remarque
également
sur cettefigure
lamarginalité
des industriels et desprofessions
libérales dans l’échantillon étudié(cf lignes
2 et 5 de lafigure 2).
FIGURE 2
Représentation graphique
de PIJ3.3. Etude de l’écart à
l’hypothèse d’indépendance
Nous venons de voir que la
représentation
maillée que nous proposons estreprésentative
de la distribution desfréquences
sousl’hypothèse d’indépendance
desdeux variables
qualitatives
mises enligne
et en colonne.Le
plus
souvent,l’objet
del’analyse
d’un tel tableau est de révéler la na- ture et l’intensité de l’écart de la loi desfréquences
observéesfu,
àl’hypothèse d’indépendance :
Les écarts des
fréquences fij
àl’hypothèse d’indépendance
peuvents’exprimer
par :
Dans cette dernière
équation, pij
est la surface que nous avons affectée à la modalité(i,j)
de 1 x J dans notrereprésentation graphique.
On peut donc considérer ici que le coefficientCij
est l’intensité deeij
par unité de surface.Ainsi,
si sur l’écrangraphique
d’un ordinateur nous affectons une luminescenceproportionnelle
àcij
à tous les"pixels"
élémentaires de la maille associée à(i,j),
nousaurons un bon rendu visuel de
eij.
En effet laquantité
de lumière émise par la maille de surfacepij
seraproportionnelle
à la valeur deeij.
Notons ici que si nous devions avoir
fjj
= Pu =fi.f.j,
alors l’ensemble des casesdu tableau seraient noires. Dans ce cas l’intensité de lumière serait uniformément nulle
car dans ce cas :
Inversement notons que si et seulement si certains
fij
s’écartent depij
nous auronsalors des cases éclairées.
Remarquons
que le rendu visuel deseij
estpondéré
par les valeurs de pu. Eneffet,
les écarts sont d’autantplus perceptibles
que la surface de la maille estgrande.
Ainsi les valeurs
pij
sont des éléments depondération.
Notons que
eij
peutprendre
des valeursnégatives.
Pour tenir compte de cetteéventualité,
nous avonsprogrammé
unereprésentation graphique
pouvant avoir deux états :2022 Dans le
premier
état seules les cases associées à une valeurpositive
deeij
sontéclairées. Les autres restent éteintes.
Ici
plus
une case est éclairéeplus
est mise en évidence une associationpositive (attraction)
entre les modalités de laligne
et de la colonnecorrespondante.
w
Inversement,
dans le deuxièmeétat,
seules sont éclairées les mailles associées à unevaleur de
eij.
Une case fortement éclairéeindique
une associationnégative (répulsion)
entre la
ligne
et la colonnecorrespondante.
Nous allons voir maintenant que la construction
graphique
que nous venonsd’exhiber est
proche
d’unereprésentation
visuelledécomposant
la valeur du critèredit du
X2 d’indépendance.
En effet le
X2
associé au tableau N s’écrit :.
En reportant dans notre
représentation c2ij
sous forme d’intensitélumineuse,
nous faisonsapparaître
les écarts entrefij
etpij qui
contribuent leplus
à la détermination de la valeur duX2.
Notons que pour une même valeur de
c2ij
l’oeil seraplus
sensible aux valeursdessinées dans des mailles de tailles
importantes.
Signalons également
que sur leplan graphique C2
donne un rendu visuel voisin deIcijl.
Seul le niveau du contraste de lareprésentation
visuelle est modifié. L’oeilperçoit
avec
c2ij
unereprésentation équivalente
maisplus
contrastée.Toujours
enpoursuivant
notrelogique
nous pouvons dessiner leslignes
du tableaupar des
bandes,
nonplus
de hauteursvariables,
mais de hauteurségales.
Nous avonsalors une construction
propice
à lacomparaison
desprofils (distribution
defréquences conditionnelles).
En effet si nous prenons la distance du
x2
comme critère decomparaison
entreprofils,
on peut écrire :Là encore le coefficient
cij joue
le rôle. Il permet de comparer deuxprofils lignes
entreeux. En effet en affectant de nouveau à la maille associée à
(i,j)
une luminescenceproportionnelle
àcij,
onperçoit
alors visuellement les différencespondérées
de lumièrecomme critère de la distance distributionnelle entre deux
profils.
Lesystème
depondération, ici,
n’estplus
Pu maisfj,
la loi desfréquences marginales
des colonnes.En
effet,
la surface des mailles associées à(i,j)
et à(i’,j)
estproportionnelle
àfj.
Par construction cette
perception
visuellerespecte
la nature de la distance duX2.
3.4.
Exploration
interactiveLes
graphismes
que nous venons deprésenter,
s’ils portent en eux les reflets d’une réalité que nous cherchons àappréhender,
sontcependant
desimages statiques.
Les transformations que l’on peut
imprimer dynamiquement
à cesgraphiques,
sont autant de moyens de révéler différents aspects de leur structure.
Pour
disposer
des fonctionnalités permettant de réaliser cesanimations,
nous avonsprogrammé plusieurs
commandesspécifiques. L’usage
de la "souris" pour déclencheret
désigner
ces commandes a été choisi. Ceci apermis
d’atteindre un bon niveau de convivialité dans l’interaction homme-machine. Les commandes de base actuellementdisponibles
sont :2022
Changement
de couleur d’uneligne
ou d’une colonne,2022 Effacement d’une
ligne
ou d’unecolonne,
2022
Déplacement
d’uneligne
ou d’unecolonne,
. Modification du contraste des
couleurs,
2022
Zoom,
2022 Rotation d’un nuage de
points.
Nous avons, par
ailleurs,
construit un ensemble d’écrans regroupant chacunplusieurs graphiques :
2022 Le
premier (figure 3,
page63) permet
d’étudier la ressemblance des distributionsconditonnelles
(en ligne
et encolonne)
ainsi que ladécomposition
des termes duX2.
Dans cet
écran,
leschangements
de couleurspermettent
de mettre en évidence desstructures
typologiques
sur leslignes
ou les colonnes permet la structuration de la matrice des données.2022 Le deuxième écran
(figure 4,
page63) permet
de mettre en relation les résultatsgraphiques
d’uneanalyse
descorrespondances
avec les deux matrices visualisant chacune les ressemblances entre leslignes
et entre les colonnes. Là encore lapossibilité
de modifier lacouleur,
soit despoints figurant
sur lesgraphiques,
soitdes éléments des
tableaux,
donne unpouvoir
illustratifpuissant
auxreprésentations
factorielles.
On associe
alors,
d’une manière naturelle et trèspédagogique,
les conceptsqui
sous-tendent la double
représentation graphique
despoints (lignes
etcolonnes)
obtenuspar
l’analyse
descorrespondances.
Le concept de distance est évident et celui despondérations
despoints parfaitement perceptible
par la taille donnée auxpoints.
Ce dernier écran
présente
unexemple
d’association d’un modèlemathématique
connu, avec un
système
interactifd’exploration. L’approche
interactive ne faitqu’illustrer
le modèle
théorique
enpermettant
à l’utilisateur depercevoir
par sa propre intuition les éléments constitutifs de la théoriestatistique sous-jacente. Ainsi,
lamanipulation
des foncionnalités
informatiques,
permetd’explorer
parl’image
des scénarios dont lajustification
se trouve dans le modèlethéorique
del’analyse
descorrespondances.
Le travail
informatique sous-jacent
à l’élaboration des fonctionnalités interactivesprésentées
ici est trèsimportant.
L’élaborationd’objets informatiques adaptés
et leniveau d’abstraction que nous avons atteint sont sans nul doute la
partie
laplus
avancéede notre travail.
Chaque graphique
est un élément d’une structure chaînée arborescente. Les"feuilles" de cette arborescence
représentent
les différentsgraphismes
que nous avons étudiésplus
haut. Les noeuds de l’arborescencesymbolisent
les "fenêtres"d’affichage
à différente échelle de
grossissement.
Lareprésentation
interne dechaque graphique
est un
objet informatique
structuré. Les éléments de cette structure sont aussi bien lesparamètres
deposition,
que lespointeurs
sur les tableaux dedonnées,
que lespointeurs
sur les fonctionsgraphiques applicables
suivant les différentes commandes. Si leprésent exposé
n’est pas le lieu pourprésenter
ce travailinformatique
trèstechnique,
il n’en demeure pas moins que la
rapidité
desréponses
obtenues pour l’exécution des commandes et la facilité d’utilisationapportée
par la "souris" montrent que nous sommes sur la bonne voie.Nous pensons
disposer
maintenant d’un environnement dedéveloppement
appro-prié
à la mise aupoint
de programmesd’exploration
interactived’objets
ou de méthodesstatistiques.
FIGURE 3
Représentation du contenu de l’un des écrans de travail
FIGURE 4
Représentation
du contenu de l’un des écrans de travailLes
exemples présentés
ici ne sont passpécifiques.
D’autresgraphismes
etd’autres fonctionnalités peuvent être introduits maintenant dans notre environnement
sans difficulté
majeure.
4. Conclusion
Si la richesse de
l’exploration
interactive ne peut être rendue par une rédactionmanuscrite,
il n’en demeure pas moins que les démonstrations du programme que nousavons
réalisé,
démontrent l’intérêt d’une telleapproche.
Beaucoup
des connaissancesstatistiques
que nous avonsacquises
defaçon
abstraite par
ailleurs,
trouvent ici un support visuel aupouvoir
illustratifpuissant.
Le
champ d’investigation qui
s’ouvre à nous est trèslarge
et prometteur. Il peut, à terme, poser en d’autres termesl’approche
d’unjeu
de donnéesstatistiques.
Réferences
[1] M. AERTS, and A. HOLTSBERG,
(1987). - XploRe
acomputing
Environmentfor
Ex-ploratory Regression
andDensity
Estimation Methods, Rheinische Friedrich Wilhelms Uni- versitât Bonn, Bonn, WestGermany.
[2] N. BARBARY, et J.L. CHANDRY, (1987). - "Essais
Logiciels : MacSpin.
(Tourneznuages !)",
L’Ordinateur Individuel, 94, 79-81.[3] R.A. BECKER, and J.M. CHAMBERS,(1984). - S : An Interactive Environment for Data
Analysis
andGraphics, Monterey,
CA : Wadsworth/Brooks Cole.[4] R.A. BECKER, and W.S. CLEVELAND, (1987). -
"Brushing Scatterplots",
Technometrics, 29, 127-142.[5] K. BERK, and D.R. COOK, (1987). - "Statistical
Computing
Software Reviews -MacSpin
(Release 1.1)", The American Statisician, Vol.41, N° 3, 233-236.[6] J. BERTIN, (1967). -
Sémiologie graphique,
Mouton-Gautier Villars, Paris.[7] G. CAVAUX, (1984). -
"Réorganisation
etreprésentation
visuelle d’une matrice de donnéesnumériques :
Unalgorithme
itératif", Revue deStatistique Appliquée,
vol XXXII, N° 4, 5-23.[8] W.S. CLEVELAND, (1987). - "Research in Statistical
Graphics",
Journalof the
AmericanStatistical Association, Vol. 82, N° 398, 419-423.
[9] D.L., DONOHO, P.J., HUBER, E., RAMOS, and H.M. THOMA, (1986). - "The Man-
Machine-Graphics
Interface for Statistical DataAnalysis",
in Statistical imageProcessing
and
Graphics,
eds. E.J.Weqman
and D.J. DePriest, Statistics : Textbooks andMonogrphs,
Vol 72, Marcel-Dekker Inc, New-York.
[10] A.W., DONOHO, M. DONOHO, and
M.
GASKO, (1985),"MACSPIN~", Graphical
Data
Analysis Software,
Austin, Texas :D2
Software.[11] C. GENEST, and P.E.J. GREEN, (1987). - "A
graphical display
of association in two-waycontingency
tables", The Statistician, N° 36, 371-380.[12] J.A., HARTIGAN, and B. KLEINER, (1981). - "Mosaics for
contingency
tables", inComputer
Science and Statistics :Proceedings of
the 13thSymposium
on theInterface,
eds. William,
F.Eddy, Springer Verlag,
New-York.[13]
J.A., HARTIGAN, and B. KLEINER,(1984). -
"A mosaic of televisionratings",
TheAmerican Statistician, Vol 38, 32-35.
[14] J. HINDE, (1988). - "Statistical Software Reviews
(MacSpin. Graphical
Data Software : Version 1.1, 1986)",Applied
Statistics, Vol 37, N° 1, 124-126.[15] A. KAY, (1984). - "Les
logiciels",
Pour la Science, N° 85, 14-22.[16] L. LEBART, et A. MORINEAU, (1981), "Statistical
significance
criteria inmultiple-choice
data reduction and visualisation", Psychometic Society Meeting CHAPEL HILL, Rapport technique du CEPREMAP, N° 8127, Paris.
[17] J.A. MCDONALD, (1982). - "Orion I : Interactive
Computer Graphics
in Statistics", technical report, StanfordUniversity, Dept.
of Statistics.[ 18] W. STUETZLE, (1986). -
"Design
andImplementation
of Plot Windows", in Proceedings ofthe Statistical
Computing
Section, American Statistical Association, 32-40. Addison-WesleyPublishing Compagny.
[ 19] W. STUETZLE, (1987). - "Plot Windows", Journal of the American Statistical Association, Vol. 82, N° 398, 419-423.
[20] J.W. TUKEY, (1977). -