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Girard-Derrida : d’une déconstruction à l’autre

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Academic year: 2022

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Colloque BnF / ARM

Samedi 16 novembre 2013 9H00 à 17H00

« RENE GIRARD - JACQUES DERRIDA »

Participants :

Emanuele Antonelli, Gérard Bucher, Benoît Chantre, Jean-Pierre Dupuy, Eric Gans, Andrew McKenna, Charles Ramond, François-David Sebbah, Stéphane Vinolo.

Bibliothèque nationale de France , Site Richelieu - Salle des Commissions

5, rue Vivienne 75002 PARIS

INSCRIPTION SUR LES SITES BnF ET ARM

www.rene-girard.fr / www.bnf.fr

(2)

Matin : président de séance : Andrew McKenna

9h00 Accueil par Denis Bruckmann et Andrew McKenna

9h15 Benoît Chantre, « Girard-Derrida, une relation à l’origine »

9h45 Stéphane Vinolo, « Derrida [tout] contre Girard : du double à l’origine » 10h15 Pause

10h30 Gérard Bucher, « Derrida-Girard : le double impensé du sens et du sacré »

11h00 Eric Gans, « Anthropologie générative, grammatologie girardienne » 11h30 Débat, animé par Andrew McKenna

12h30 Pause déjeuner

Après-midi : présidence de séance : Charles Ramond

14h00 François-David Sebbah, « D’une différence à l’autre : Girard et Derrida » 14h30 Emanuele Antonelli, « 1972 : Girard, Derrida et la disparition de l'extériorité » 15h00 Pause

15h15 Andrew McKenna, « Achever Derrida »

15h45 Jean-Pierre Dupuy, « Déconstruction de la déconstruction » 16h15-17h00 Débat et table-ronde conclusive animés par Charles Ramond

Bibliothèque nationale de France ,

Site Richelieu - Salle des Commissions 5, rue Vivienne 75002 PARIS

Samedi 16 novembre 2013 9H00 à 17H00

(Colloque organisé par Emanuele Antonelli, Benoît Chantre, Andrew McKenna et François-David Sebbah)

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Il y a entre René Girard et Jacques Derrida des points de rencontres, et d’abord une rencontre.

Parce que, comme on le sait, c’est Girard qui, lors du colloque de 1966 à Balti- more, a ouvert la voie de la notoriété à Derrida, du même mouvement qu’il était, sans le savoir, à l’origine du succès américain de la French Theory Consacrer un col- loque à ces deux auteurs, nous oblige donc à revenir sur ce commencement d’une manière singulière : à partir de deux de ses initiateurs qui ont en commun ceci de n’avoir participé à la French Theory qu’en marquant un écart avec ses mouvements do- minants ; qui, par exemple, ne se rapportent à la psychanalyse ou au structuralisme qu’en prenant quelques vraies distances.

Mais Girard cite peu Derrida et Derrida ne cite pas Girard. Pourtant, les lecteurs sentent des points de frôlement, voire de contact.

Derrida, lecteur subtil du détail, Girard avançant avec moins d’égards vers l’intuition centrale d’un texte ou d’une tradition, partagent néanmoins une même violence inter- prétative : si la « déconstruction » est derridienne, Girard n’aura pas refusé de qualifier ainsi son propre travail.

Tous deux rôdent également dans les parages de l’ambivalence du pharmakon qui peut sauver et/ou tuer ; tous deux tiennent à la différence et se méfient de l’indiffé- rence en sa proximité avec une violence originaire.

Enfin, le déconstructeur de toute onto-théologie aura médité les rapports de la dé- construction avec la « théologie négative » ; il aura, le temps passant (et au contact de Levinas), présenté la déconstruction comme un « dire oui » sans condition, la mise en contact avec un « me voici » abrahamique qui ouvre une temporalité messianique. Dans le même temps de mûrissement, le penseur du désir mimétique, de son côté, aura ac- cordé à la tradition biblique un statut exemplaire et décisif ; puis il aura fait du christia- nisme la seule sortie salutaire hors du temps apocalyptique de la « montée aux ex- trêmes » (selon les mots de Clausewitz).

Les différences entre les deux penseurs certes s’aiguisent ; mais ne témoignent-elles pas aussi qu’ils s’approchent ensemble d’enjeux brûlants que leur confrontation pourrait aider à mettre au jour ?

En menant à bien cette confrontation, sans doute ne faudra-t-il pas sous-estimer la différence entre un geste philosophique, fût-il déconstructeur de la philosophie elle- même, et un geste qui, relevant à un moment et pour une part d’une certaine critique littéraire, s’installe dans le donné de l’anthropologie.

Ce colloque sera donc une injonction à méditer, au sein d’une proximité, ce qui dis- tingue la différence et la différance ; une pensée qui scrute le jeu de l’indifférenciation et de la différence, les liens du désir et de la violence, l’ambivalence du pharmakon au cœur de l’humain et à l’origine de la culture ; et une pensée qui, habitée par des inquiétudes proches, les aborde en se laissant affecter par la déstabilisation de la question de l’Etre, la déconstruction de la métaphysique et/ou de l’onto-théologie.

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