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Miscellanées homéopathiques, dégénératives et cannabinoïdes

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REVUE MÉDICALE SUISSE

WWW.REVMED.CH 30 novembre 2016

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EN MARGE

Miscellanées hoMéopathiques, dégénératives et cannabinoïdes

les granules homéopathiques us devront afficher leur inefficacité

Efficace l’homéopathie ? La question est aussi vieille que son créateur, Samuel Hahnemann, mort à Paris en 1843. Deux siècles et demi de polémiques scientifiques, d’effet placebo, de croyance n’affleurant pas à la raison.

Nouvelle étape, aujourd’hui, avec la décision sans précédent de la Federal Trade Commission américaine. Ce puissant orga- nisme est en charge de la régu- lation du commerce aux Etats- Unis. Il vient de demander aux producteurs de produits homéo- pathiques de publier les preuves scientifiques de l’efficacité de leurs granules. Ou, faute de mieux, d’indiquer clairement qu’il n’y a pas de preuve scienti- fique à l’appui des allégations.1 Cette initiative a, en France, été évoquée par le site Atlantico.fr qui cite à cette occasion le Pr François Chast, pharmacien hospitalier (Assistance Publique- Hôpitaux de Paris). « L’homéo- pathie se place en dehors des raisonnements scientifiques dans les différents domaines de la chimie, de la biologie, de la physiologie et de la pharmaco- logie, rappelle le site. Elle échoue à démontrer son effica- cité lorsqu’elle est confrontée aux essais cliniques. Le médica- ment homéopathique est un placebo qui ne dit pas (officiel- lement) son nom. Pratique davantage commerciale que scientifique, l’homéopathie s’appuie sur la crédulité des malades et sur la bienveillance des pouvoirs publics. Ceux-ci y voient une approche peu coû- teuse, même si les médicaments homéopathiques prescrits sont remboursés à 30 % – ce qui n’a

aucun sens, et représente quand même près de 2 % des rembour- sements de médicaments par l’Assurance maladie. » Rembourser à 30 % de « l’eau diluée dans de l’eau » ? Il y a là une source nullement négligeable d’économie solidaire. Aucun ministre français de la Santé n’a jamais osé l’actionner. L’effet placebo, l’homéopathie sont de puissantes étrangetés qui, en France notamment, effraient toujours les responsables politiques mais aussi ceux en charge des deniers publics.

alzheimer : une amorce de décrue ?

Le pire n’est (peut-être) pas écrit. On commence, ici ou là, à engranger les premiers signes laissant espérer que la croissance des taux de démences et de maladies neurodégénératives donne des signes encourageants d’essoufflement. Des signes certes faibles mais convergents et encourageants dont les res- ponsables politiques devraient s’emparer pour intensifier les recherches et amplifier ce phénomène.

Est-ce le début du reflux ? Le dernier symptôme vient d’être publié dans JAMA Internal Medicine.2 Il s’agit d’une étude menée auprès de plus de 21 000 personnes de plus de 65 ans, aux Etats-Unis. Elle établit que la proportion des démences (effondrement des fonctions cognitives avec perte massive d’autonomie) est passée de 11,6 % en 2000 à 8,8 % en 2012.

Des conclusions similaires ont aussi été observées en Europe comme en témoigne une étude publiée l’an dernier, dans The Lancet Neurology.3

« Nos résultats s’ajoutent à un nombre croissant de preuves démontrant que la diminution du risque de démence est un phénomène réel – et que la crois- sance future attendue des taux

démence pourrait ne pas être aussi forte que pronostiquée » explique le Pr Kenneth Langa (Veterans Affairs Center for Clinical Management Research, Ann Arbor, Michigan), respon- sable de l’étude américaine.

C’est là un sujet majeur de santé publique. Et c’est aussi une affaire éminemment politique et économique. Car s’il est clair que les neurosciences peinent à comprendre les causes premières de la maladie d’Alzheimer et des autres maladies neuro- dégénératives, les possibilités de prévention existent. Et leur mise en œuvre est pleinement du ressort des politiques pu- bliques – à commencer par le développement précoce et constant des politiques d’édu- cation et de stimulation des fonctions intellectuelles – ainsi, plus généralement, que celle

« d’hygiène de vie ».

Les premiers symptômes chiffrés pourraient être la traduction des progrès en matière d’éducation accomplis durant les dernières décennies. A l’inverse, ces élé- ments positifs sont menacés par l’augmentation des taux de diabète (de type 2), d’obésité et d’hypertension artérielle – autant de pathologies qui, loin d’être des fatalités individuelles, sont (comme l’éducation ou la lutte contre l’esclavage du tabagisme) également pleinement du ressort des politiques publiques. Il y a là un facteur d’espérance et un levier d’action dont les respon- sables politiques ne semblent pas avoir pris conscience.

cannabis : nouvelles lumières sur les pertes de mémoire

On sait que la consommation de cannabis peut entraîner des pertes de mémoire à court et à long termes. Pourquoi ? Sans doute à cause de la présence de récepteurs spécifiques sur plusieurs types cellulaires céré- braux (des neurones mais aussi

des cellules gliales). Mais encore ? Une équipe réunissant des chercheurs de l’Inserm (Neu ro- centre Magendie, Bordeaux) et de différentes institutions étrangères vient de démontrer que ces effets amnésiants sont liés à la présence de ces mêmes récepteurs sur les mitochon- dries – centrales énergétiques des cellules.

« C’est la première fois que l’implication directe des mito- chondries dans les fonctions supérieures du cerveau, comme l’apprentissage et la mémoire, est montrée » assure-t-on auprès de l’Inserm qui précise que ces travaux viennent d’être publiés dans Nature.4 Ce travail se fonde sur la découverte du fait que le récepteur cannabinoïde CB1 est aussi présent sur les mitochondries du cerveau (mtCB1). Dirigés par Etienne Hebert-Chatelain et Giovanni Marsicano, les auteurs mon trent que le composant actif du cannabis, le THC (delta9-tétra- hydrocannabinol), provoque des amnésies chez la souris en activant les mtCB1 au sein de l’hippocampe.

« La diminution de mémoire induite par le cannabis chez la souris exige l’activation de ces récepteurs mtCB1 hippocam- piques, explique Giovanni Marsicano. A l’inverse, leur suppression génétique empêche cet effet induit par la molécule active du cannabis. Nous pensons donc que les mitochondries développent notre mémoire en apportant de l’énergie aux cellules du cerveau ».

On savait jusqu’à présent que les mitochondries étaient les centrales énergétiques des cellules de l’immense ensemble des eucaryotes. Présentes à l’intérieur des cellules, elles en produisent l’énergie (sous forme d’ATP) nécessaire à tous les processus biochimiques. A cette fin, elles utilisent l’oxygène pour transformer les nutriments en ATP. « Ces fonctions sont évi- demment nécessaires à la survie de l’ensemble des cellules du corps, mais dans le cerveau l’impact des mitochondries va Jean-Yves nau

jeanyves.nau@gmail.com

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ActuAlité

www.revmed.ch

30 novembre 2016

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REvuE dE pREssE

Formation des médecins : 350 nouvelles places d’ici 2021

La décision était attendue. Vendredi à Berne, la Conférence suisse des hautes écoles (CSHE) a annoncé la répartition de la manne fédérale de 100 millions de francs suisses pour former davantage de méde- cins. Près de 350 nouvelles places seront créées d’ici 2021 dans toute la Suisse. A l’avenir, les deux écoles polytechniques fédérales participeront aussi à la formation en médecine humaine. L’Université de Fribourg complétera le bachelor par un master. De nouvelles filières vont s’ouvrir à Saint-Gall, Lucerne et au Tessin. Les universités de Lausanne et de Genève consolide- ront leur projet d’année passerelle entre sciences de la vie et médecine.

Enfin les facultés existantes aug- menteront leurs capacités.

L’objectif du programme fédéral est d’augmenter progressivement le nombre de diplômes en méde- cine humaine pour atteindre 1350 dès 2025, contre un peu plus de 1000 actuellement. Car la pénurie est programmée. Pour l’association Médecins de famille et de l’enfance, il manquera 2000 généralistes dans quatre ans et plus du double en 2025. L’association a calculé que dans les dix prochaines années, plus de 60 % des médecins de famille en exercice prendraient leur retraite. Dépendre de médecins formés à l’étranger, dans des cabi- nets comme dans des hôpitaux, n’est pas une option non plus, surtout depuis l’acceptation de l’initiative

« Contre l’immigration de masse ».

« Les cantons ont déjà fait beau- coup d’efforts depuis 2012, confie la conseillère d’Etat vaudoise Anne- Catherine Lyon. Mais la Confédéra- tion a joué un rôle d’accélérateur ».

La collaboration entre les univer- sités de Genève et Lausanne, ainsi que l’EPFL, permettra à une quarantaine de détenteurs d’un bachelor scientifique de bifurquer en médecine après une année passerelle. La Confédération parti- cipera à ce projet à hauteur de 3,5 millions pour Genève et 14 millions pour Lausanne.

L’initiative visant à combattre la pénurie de personnel qualifié a été lancée en 2011. Et le crédit cadre pour augmenter le nombre d’étudiants en médecine a été ac- cepté en septembre dernier par le Parlement. Restait à constituer la nouvelle carte géographique de cette formation qui est aussi la plus coûteuse. Ce qui n’allait pas de soi.

Le financement fédéral a suscité de nombreuses vocations. L’intérêt des écoles polytechniques pour cette formation a été accueilli avec scepticisme en raison de leur profil purement scientifique. La question de concentrer l’effort sur les facultés existantes ou de créer de nouvelles filières s’est également posée. L’été dernier, le conseiller d’Etat bernois Bernhard Pulver exprimait dans ses colonnes, sa crainte d’une dispersion des moyens, avec des conséquences négatives sur la qualité de l’enseignement.

Toutes ces interrogations ont été balayées par la CSHE. Anne- Catherine Lyon note que les convergences entre la médecine humaine et les technologies sont toujours plus évidentes. La méde- cine entre dans une nouvelle ère.

Bernhard Pulver ajoute que la pénurie frappera de nombreuses disciplines et que le renforcement de la médecine de famille aura ses propres solutions.

La CSHE assume également l’éparpillement géographique des moyens. Cette stratégie permet de

répartir l’effort financier. Car le fond fédéral est limité dans le temps et il ne couvre pas l’entier des dépenses. (…)

Magalie Goumaz

Le Temps du 19 novembre 2016

Ouverture du premier Hôtel des patients de suisse

Les deux bâtiments de couleur taupe, dont le revêtement rappelle le dessin d’une couverture tissée, surplombent le site du CHUV, dessus de la maternité et de l’Hôpital Nestlé. Dernier né dans la cité hospitalière, l’Hôtel des patients a ouvert officiellement jeudi. Etablissement hôtelier doté d’une composante thérapeutique, il accueille des patients suffisam- ment autonomes pour vivre dans une chambre non médicalisée, capables de s’habiller, d’utiliser seuls leur salle de bain, de se rendre par leurs propres moyens au res- taurant du 1er étage, ainsi qu’au centre de soins du rez-de-chaussée.

Quelque 70 % des 114 chambres dans les tons taupes, roses, bleus et verts, sont réservées au CHUV.

Les autres sont destinées à une clientèle sans soucis de santé :

accompagnants d’un malade, con- gressistes, médecins et chercheurs de passage, simples touristes en week-end à Lausanne.

L’objectif de ce concept d’un genre nouveau en Suisse : permettre de désengorger les lits de soins aigus dès qu’un patient va mieux, qu’il a retrouvé une certaine autonomie, mais qu’il doit encore rester hospi- talisé et être suivi (pour des chan- gements de pansements, des per- fusions d’antibiotiques, un suivi post- opératoire ou post-partum, par exemple). Le centre de soins de l’hôtel assure un service infirmier 24h sur 24, les patients sont dotés d’un bracelet d’alarme et de géo- localisation qu’ils peuvent actionner s’ils ont besoin d’aide. « Selon nos prévisions, 50 à 60 lits devraient être libérés dans le bâtiment hospitalier principal, ce qui repré- sentera 5 à 6 % de lits supplémen- taires », explique Philipp Müller, directeur administratif et financier du CHUV. Actuellement, l’hôpital compte 1000 lits de soins aigus qui permettent un accès direct aux soins intensifs et continus, ainsi qu’aux plateaux techniques, un nombre insuffisant selon les périodes pour absorber les besoins. (…) Catherine Dubouloz Le Temps du 17 novembre 2016 au-delà de la simple survie

cellulaire, résume l’Inserm.

Car si le cerveau ne représente que 2 % du poids du corps, il consomme jusqu’à 25 % de son énergie. »

On savait déjà que des altéra- tions chroniques des fonctions mitochondriales peuvent être à

l’origine d’importants symp- tômes neurologiques et neuro- psychiatriques.« Cette étude est importante non seulement parce qu’elle présente un nouveau mécanisme qui sous-tend les effets du cannabis sur la mé- moire, mais aussi parce qu’elle révèle que l’activité mitochon-

driale fait partie intégrante des fonctions du cerveau » conclut l’Inserm. Faut-il être surpris ? Quelles conclusions pratiques ?

1 Ftc issues enforcement policy state- ment regarding Marketing claims for over-the-counter homeopathic drugs.

Federal trade commission 15 novembre 2016.

2 a comparison of the prevalence of dementia in the united states in 2000 and 2012.JaMa intern Med. published online november 21, 2016.

3 dementia in western europe : epide- miological evidence and implications for policy making. doi: http://dx.doi.org/

10.1016/s1474-4422(15)00092-7 4 hebert-chatelain e, et al. a cannabinoid link between mitochondria and memory.

nature, 2016 ;epub ahead of print.

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