Caract&isation, par des mesures physiques, hydriques , et d.!enracinement, de sols de Guyane française B dyna- mique de l'eau superficielle, Par F,-X, HUNBEL P

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Texte intégral

(1)

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1

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2. 173

5!?

ARTICLE

4

RELATIONS ENTRB CARACTERES H'KDRODYNAMIQ-EES ET ORGANISATION DES SYSTEMES DE SOLS DE GUYANE FMNCBISE SEPTENTRIONAlI;E,

IlXE'LUENCE DE L!HISTOIRE DE IA COUI~ERTUR3 PEDOLOGIQUE SUR L

*

OCCURRENCE DE CES SYSTEMES C OIJSEQUEKCES AGRONOMIQUES

.

i;

I '

Cet article est le dernier d'une série de quatre, qui sont complémentaires o

cote P, I70 : Organisation de certains s o l s de Guyane française en systèmes 8. forte différenciation latérale : un nouvel exemple de couvertures pédologiques en déséquilibre.

P a r R, BOULET

P,

171

; Caract&isation, par des mesures physiques, hydriques

,

et d.!enracinement, de sols de Guyane française

B

dyna- mique de l'eau superficielle,

Par F,-X, HUNBEL

P.

ITí!

t DiffGrences entre s o l s de Guyane française et des sols ferrallitiques d'Afrique humide (Cameroun) en ce qui concerne les propriétés physiques et hydriques.

Par F .-X. HUNBEL

2 4 M A I 197%

(2)

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..

2;

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ARTICJB

4

RELATIONS ENTW CARACTERES XYDRODYNAMIQUS El' ORGIINISATION :If\TFLUENCE DE L'HISTOEXB DE LR COUVERTURE E'EDOLOGIQUE SUR

L

*

OCC-NCE DE CES SYSTENES CONSEQUENCES AGRONOMIQUES ,,

DES SYSTEMES DE SOLS DE GVYXNE FRINCAISE SEPTENTRIONAU3

. . R. '%OULET*, J,-M. BRUGIERE*, P,-x, HUMBEL*.

P Pédologues de 1tORSTOM

-

BP 165

-

97301 CA^^ CXDEX

1 P

. Ltktude détaillée de couvertures p6dologi.ques dévelop- pé@sur migmatite, sur schiste, etc., appuyée par les donnees présentées dans trois articles précédents, montre que, en Guyane FranGaise septentrionale :

11 existe sur des interfluves voisins, voire SUT un mgme interfluve, des cha&ement"s' 'd

*

organisation des constituants et de type de drainage qui correspondent à des systèmes de sols très différents (variations dans ltespace)

:

8 ,

'

) 1

b

i

-

Ces systèmes représentent des stades de transformation plus ou moins avancée (variations dans le temps) dtune 1tcouver- ture initialet1 relativement Ùniforme, don% il reste des

témoins et gui se caractérisait -comme les couvertures p6do- kogiques les plus répandues en Afrique hÚmide- par une d p - mique- de lleau verticale et prbfonde, liée au développement d'un spais horizon B micropeds,

: '

I .

R Cette'transformation -et Xes variations dans l'espace ef; le tedps qui en résultent- sont dues 5 une mise en déséquilibre

a couverture pédologique initiale par un ph8nomène de surrection de faible amplitude (quelques mètres). Elle pro- gresse par les axes de drainage principaux, ou en fonction dea niveaux de base locam.

(3)

- 2 -

-

Ces caractères dforganisation et de drainage des sols sont propres à cette partie du bouclier guyanais. Ils n'ont pas été signalés dans les pays voisins, le Surinam septentrional par exemple, c'est-à-dire 1à où la couverture initiale n'est pas placée en position de comandementa

La principale caractéristique. dea s o l s placés en situa- tion de dés&pilibre, relativement à la couverture initiale est w e péjoration du drainage vertical au profit d'une com- posante superficielle et latérale, et une diversification liée au degré dtavancement de la transformation.

Ces tendances communes se traduisent par un mauvais équilibre air/eau et par une h6t6rogénéité des t e r r a i n s , qui imposent certaines contraintes à la mise en valeur. Celle-ci doit évidemment commencer par les systèmes -ou parties de

systèmes- qui sont encore peu ou pas transformés, ce qui-lais- se le temps de chercher d e s pratiques culturales permettant d'utiliser les autres, C'est ce qu'ont préconis6 les pédolo- gues de 1'ORSTOM pour la réussite de l'actuel plan de d8velop- pement agricole des Terres Hautes de Guyane,

I

-

I~RODUCTION .

On a comparé dans un article précédent (article 2) les comportements hydrodynamiques opposés de d e m types de couvertures pédologiques de Guyane septentrionale, Dans l'une, l'eau filtre verticalement après un ralentissement plus ou moins accentué au iliveau dtun horizon compact épais de 10 à 20 cm, et gui se situe entre 10 et 50 cm de profondeur, Dans ltautre, la dynamique de l'eau est superficielle : l'eau e s t

bloquée ou fortement ralentie h faible profondeur

(15

à

60 em) OB elle alimente une nappe perchée discontinue et

a .

écoulement latéral,

(4)

-

- 3 -

(5)

' I

..

\

II

-

ORGANISATIOR SCHEI\HhTIQUE DES COUVERTURES PEDOLOGIQUES 9

A COMPORTEIXENTS EMC~RODYN~MIQUES

EX TREN ES^

ri

A.k o r w

Satie= des couvertmes pédologiques d r a b

m g e vertical (mis avec ralentissement au sommet au profil) sur l a quasi-totalit6 des interfluve&

P

Des s o l s & drainage vertical libre s'observent sur des plateaux mollement s n d a l é s , l M t k s par des ver- sants v-ariabhemmt d&llves', Lersque ces versants sont tr&s pentus (

>

15%) ils portent des sols

mixtes que Item examinera p l u s loin! Dans le cas c

traire, @B sbserve m e couverture p6dologiqu-e le drai- mge vertical est assure sur l'ensemble du model&, sauf tout B fait en bas c9e pente oh il est limit¿ eri saison

#

dpxmiqtze

d e lteau. superficielle, donnant ainsi des systhsles I I

" I

des pluies par la nappe phréatiquek Les horieans de ce-kte couverture g 6 d s h g i q u e sont concordants avec la

1

. ! I

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* <

" i

surface topographique, qumils moulent (cfi, figo 1) t

l

- - - - l

/Cheminement de l'eau

# I O 0

-

m I or izon campac

h o r i z o n à m i c r o p e i s

- - -

- - -

Toit d e l a n

.-.-

i 5

Figure 1 : Organisation scfie'rnatiqu-e et cheminement de drainage vertical avec ralentissement du drzinage au souunet du profilk

(6)

.-

Ti

1,

- 5 -

-

Un horizara humifère b m - n o i r pr6sentan.t on non quel-

"quss taohes ocres e t grises d"dromorphie ;

-

Un h o X i m m Brun-jgxme, relativement oompíct, B POPO- s i t 6 t a b u l a i r e e t vides phmaires inter-agre'gats$,

-

U n épais (plusieurs mktres) horizon rouge-jaune (5 YR 4$5/8)$ poreux, ?laricrapeas i d e taille moyenne 0,2 m, Z$chemerm% assembles en volumes &. forte perositd inters- t i c i e l l d . Ces micropeds s o n t d e p e t i t s a g r é g a t s sans o r g a n i s a t i o n p a r t i e l i l i & r e e t ne re'sistant pas B la

dispersfomz d e Ptanslyse mkcanigue olassique",

I

-

Au-dessous d e c e t horizon, a 6 t 6 observe la d~ an a

-

!pu l t a t t e i n d r e , B l a favelu, dttmtxna *trancature des h o r i - zons snpérieurs, fajsh dewikme horizon

l i t h a r e l i q a i e s f e r m g i n i s & e s , rouge compact,

z

p o r e s i t t j t u b u l a i r & ; Le passage de c e t horizon colmpactf 8' lthori- zon 21 d C r O p & es-& progressif e% steffec-kae mz 30 B

50

cd;

lithareliques f e r m g i n i s é e s disparaisse=%

prfigressivement TeTS l e 1?2CUtJ B la base d e I"hkski%;on

J

(7)

-

f 'slp

B e Organisation aes cotzverttzres p6dslogiques & d p m q u e de ltean superficielle SUT la tetalité des interfluves?

Les couvertures p6dslogiques & dymmique de l'eau su- perficielle gén8ralisée sont le plus souvent aévelopp6es sur des medeles accidentes de type demi-orange, formes convexes h Torte courbure pouvant m&ne présenter dans, Pes tgtes de bas-

sin m e rdincisforr des bas de versants (cf'. figo 2)a

Le trait o~mrnm B teute la couverture pédolsgigue est constitu6 par un ensemble horizon humifère-horizon nodulaire de .!?O*?ì 80 cm qui maule le modelb, amLnci seulement v e m les bas d e pente ( e t p l u s partieulibrenent lorsqu'il y a réinci- sioh aval)? La terre fine d e lu'horizon nodulaire est brun Jaune (LO El. 5/8)'";' Lthori&n sous- jauent change lat6ralemen.t duamont en ava1F;'Vers les hauts de pente ctest,Pun horizon rouge (2,5 YR 4/8), argileux, 8. psrssit6 f a i b l e , tubulaire,

elans l e q u e l sont incluses des LithoPeliques ferruginLs6esY qui consement 1 srientatisn qu' elles avaibnt dans la roche HtèreT

horizon n o d u l a i r e

L_--

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I i t ho re I ique Ø I

'

4

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I

P i g n r e 2 t Organisation schématiqtze et cheminement de Irean.

dans les converbes pédologiques 2~ dynamique de .

r

i

(8)

. ,

- 7 -

Vers 2 ra de profondeur, ces lithoreliques ne sont pas plus dures que leur emballage puis elles s'indurent 16gèremen-L au sommet de l'horizon, On les recormaft encore, mais sous for- me de nodules tr&s indurés et entourés d'une mince cutine dans l'horizon nodulaire, Vers le bas de pente, l'horizon nodulaire passe à sa base directement 2 un horizon de type BC", plus

clair, B structure plus ou moins conservée et comportan-t; égale- ment des lithoreliques ferruginisdes, Celles-ci sont tendres e n profondeur, plus dures au sommet et on reconnaft aussi leur organisation dans les nodules de l'horizon nodulaire sus-jacenti.

On appellera par la suite lrs6quence nodulaire" cet'ce succession d'organisations dérivant les unes des autres et qui conduisent, par étapes et de bas en haut, des lithoreliques meubles aux

nodules durs à structure lithorelictuelle, La figure 2 donne une r epr é senta t ion schématique de c et t e organi sat ion y L t ensem- ble horizon humif ère-horizon nodulaire apparaft comme Ildiscor- dank" sur la sequence vertica1.e d'horizons BC et B lithoreli- ques, On en déduit dans l'article 1, et 2 la lumière de lfexa- men dlautres systèmes

,

que la couverture pédologique foilctibn- nelle est limitée 2 l'ensemble horizon humifère

-

horizon nodu- laire qui se développe aux dépens de la séquence pédologique sous-jacente, Cette dernière apparaSt ainsi comme ce qui reste d *une &c,ouyertm.e p6dlologiy.ue initiale II* étude de la d p m i q u e d e L'eau confime cette constatation (article 2) en montrant que la dynamique saisonnière est limitée pratiquement 2 l'en- semble supérieur, La concentration nodulaire apparaft ainsi comme une concentration relative des lithoreliques ferrugini- sées contenues dans la couverture initiale, concentration qui

1

*

Le passage du B rouge 8. ce BC, accessible & faible profon-

' deur sur les flancs de l'interfluve, reste & Qtudier SUT

l'ensemble du modelé amont, bien q;x'on ltai2; représenté

SUT la fig, 2. Cela nécessitera des puits profonds en haut de pente,

* ' .

(9)

est consécutive i% l'installation de cette dynamique superficielle (et latirale) de 1' eaux et s'accompagne d'un durcissement des lithoreliques et de la forma- tion -d'une cuticule protectrice qui joue vraisembla- blement un rôle déterminant dans leur permanence,

III

-

R~~IuI~TIO'?T BMTRE LES SOLS A DYNAMIQUE DE LtELU TERTICAI8

EI! LES SOLS A DYNAMIQUE: DE L*Ef'LU SUJ?EWICIE)LI;E DAMS

LES C OUVERTIJRES 1NIXTES

,

SUR MIGPUTIITE

L'dtude de bords .de plateaux & s o l s à drainage vertical, entaillés par des versants convexes à pentes fortes et oh apparaissent des s o l s à dynamique de

l'eau superficielle, permet d'6clairer les relations qui lient ces d e m types de s o l s . Un tel passage est représenté sur la figure 3 dlaprès une topos6quence 6tudi.de dans la rdgion de Saut-Sabbat, au NW de la Guyane (il s'agit d'un schéma car il n'est pas possi- ble de représenter de façon claire, & la meme échelle, les horizons et la topographie), Sur cette séquence, on observe en I un sol ?dynamique de l'eau verticale i

comportant m horizon légèremen't , tach6 d t ocre entre O et 20 c m et un horizon cobpact entre 20 et

40

cm.

Au-dessous, un horizon rouge, argileux, poreux

peds passe vers 3 m progressivement 8. un horizon plus

compact également argileux. 1

I

a Il stagit là d'un mode'de formation d'horizon nodu- laire que nous avons systématiquement constaté dans les sols à dynamique de l'eau superficielle sur mig- matite, On se gardera par contre de g8néraliser ce mécanisme 8. l'ensemble des horizons nodulaires,

superficiels o b s e m d s dans le domaine ferrallitique.

c

(10)

,

- - -

. - I

c_--

P i g m e 3 t Passage des s o l s B dynamique d e l*eau verdieale ayx sols B dynamique de lteau superficielle sus m i g m t i t e , . I dans une cou-v-erture pédolagiqne n i a r ~ ; e " ,

_ _ .L *,s.- 2 .

' -

I

" . . I . *

Vers la-mi-pe~te. (en II), l*ho~izon & micrope8s a -

disparu et'le profil se décompose en un ensemble sup&rienr,

& p a i s d Q l m&tre, & dominance brun-jame, assez poreuxs riche en racines, tach6 d e brun &&%.en surface, e% m ensemble

i n f é r i e u r r o u g e (2,5 YR 5 / 8 ) compact ( p o r o a i t e . ,tubulaire) ,

apparaissent des lithoreliques f e r m g i n i s 6 e s assez pela abondante-&

ssa 20 CIB e m i r G B par interp6nétration des maitkríaru;: rouge

- e t jau.n&,. Cette h-t.x?rp6mrGtration se présente c o m e Pane

"digestion" du mztBríel rouge par l e matériel jaune c a r

le -premies p e r s i s t e B ltétat de pkdose1iqtle.s -jusqua& 25 cm d e la stmface$ Plus en aval, le contraste entre ensemble limite deserrant k b s nette, et prenant Itaspect d t u n f m n t

très pauvre en racinesfo A la base d e ce. dernier (2 m),

f

limite e n t r e les d e m ensembles sP8tabli%

_ '

--_ i

-~. ..". . -- -

supérieur jaune et ensemble inférieur rouge sfaccentue, la I

i

I

" , ..

. &. topographie glossiqr;re*.

i I. t.

(11)

-

10

-

l3n III, les manifestations morphologiques de 12 i i

"digestionn du matériel rouge p a r le matériel jaune devien- nent tres apparentes t pédoreliqnes ronges dans le j a m e , diminuant en norabre et taille vers le haut, les plus pro- ches d u front, qui sinue entre 70 et 100 cm, pouvant etre rattachges & l'ensemble inférieur par an pédoncule, périé- tration tubulaire de jaune dans le rouge, le long des . rares t r o u s de racines'; D a n s ffensemble rouge existent des lithoreliques fermginise'es orientées dans l e sem de la structure de la roche &re, tendres, isolées dans l e matériel rouge, de forme irséguliBre, diminuant en nombre e t taille ae bas en h a u e E l l e s persistent dans l e mt6- r i a u jaune supdrietar jusqugk 20 ca de la surface oh elles subissent une tres U g B r e concentration relative (perçue seulement SUT la face aval de la fosse) en mGme temps qu*elles srindnrent;, &es manifestations dt-hydromorphie se maintiennent dans Ithorizon h m i f h r e i taches rouilles le I

l o n g des racines, plages sis-beige, et ceei m a l g ~ Q l*aug- mentation de la pente qui passe de

17

A 25$*

I

Sur le segment aval (en IV), le front en-bre. hori- zon jaune e t horizon rouge, qrd sinne entre 70 eli;

140

cm, s'enfonce dans 'L'ensemble rouge pr&édent, s i ltoon se r e f e r e A la f o i s & la sequence des lithoreliques ferrugi- nisées e t h la présence de fant8nes de mine'raux altéra- -bled, En effet, en II, l e s premi&res lithoreliques sont

observées vers 2 m de profondeur, elles sont de petite taille-, En III, ces lithoreliques existent SUT lteensemble du profil, elles sont de grande taille & la base et dimf- nuent en-nombre et solume vers le haut tout en restant orientées selon la structure de la roche &re ; alles ne perdent cette orientation qutau niveau de la très l6gBre amorce de concentration nodnlaire', En N, l e s g r o s s e s

lithoreliques atteignent la partie snpérieuie d a profil oh elles passent directement

nodulalre un peu plus important quten III mais restant;

a s s e z superficiel (8

-

17 car)$

En

ce qui concerne les fan- t8mes de mine'ranx alt&&leS, ils apparaissent atz sein de

e '

--

un horizon B concentration

Q

k

(12)

-

I I

-

volumes de matériel non ferruginisé 2x s-tructure conservée Gers

' 2 m én III et seulement entre a37 et 1 , 4 ~ en IV.

_ .

- . J

Le rc$gi.De hydrique de ce type de couverture mixte est connu par des observations h différentes p&iodes, ou déduit de oertains caractères : ainsi, le comportement !'sec au tou- cherff qui caractérise les horizons échappant presque totale- ment & la dynamique saisonnikre (cf. article 2) a ét6 constaté pour l'horizon rouge

4

lithoreliques du versanto D'autre part?

l e passage du matériau r,ouge au matériau ,jaune superficiel correspond soit au niveau de stagnatiorí provisoire de l'eau

(cas des s o l s à dynamique de l'eau verticale avec ralentisse- ment somital) soit & la base de la zone atteinte par lfhumec- tation saisonnière dans les s o l s & dynamique de l'eau superfi- c i e l l e , Le contraste entre rouge et jaune est plus fort dans le second cas que dans le premier.

Dans le profil de l'amont (A), lea divers horizons sont humectés (plastiques) s u r toute l'épaisseur observée, F l u s à l'aTTa1, dès la disparition des horizons & micropeds, on constate une opposition entre l'ensemble jaune, humide et l'ensemble rouge, sec au toucher, avec kvidemment une certaine progressivité au niveau du contact, Ce contraste se maintient

jusqu'en bas de pente4

Enfin, lors des pluies, on observe dans les fosses 20 cm de

i

czeusées en II,

IIf

et IV' un écoulement lat6ral d'eau libre important, i s s u des faces amont seules, vers 10

prof o n d e m (donc nettement au-dessus du front rouge jaune) et qui remplit rapidement les fosses,

A la Lumière de ltensemble des données précédentes, on constate que t

-

Le régime hydrique des s o l s , de vertical et profond & lfanont, devient su-perficiel et latéral s u r le versant.

(13)

-

Le passage rouge jawie correspond sensiblement, dtapres les observations tactif'e's, au' 'front d'humectation, Ce front se situe nettement au-dessous des dcoulements latéraux

constatés l - o r s des pluies, Tout se passe c o m e 81 l e d o m i n e jaune comportait des poches s!accumule l'eau d'infiltra- tion, le tout formant un magasin pour l'eau d'infiltratioh, Gagasin qui déborderait & sa partie supérieure (cf , arti- cle 2).

I

-

Le domaine jaune supérieur qui constituerait donc la par- tie fonctionnelle des s o l s du versant se développe dans d e s

mat6riau;s de moins en moins différenciés pédologiquement 8.

mesure que l'on va vers l'aval : mat6ria.u rouge coinpact (B) sans, puis 8. lithoreliques, et enfin mat6riau & volumes 8.

structure conservde (BC) o C e d0main.e jaune s f enfonce .donc dans une séquence verticale d'horizons qu'il recoupe et qui lui est de ce fait antérieure, Cette séquence dlhorizons est celle d ?une couverture pédologique antérieure ou ini- tiale, qui paraft la plus complete 8. Ilamont,

~

-

La concentration nodulaire superficielle apparaPt liée à .

deux facteurs principaux, En effet :

, D'une part, la concentration nodulaire ne commence que lorsque la séquence de lithoreliques des horizons ini- tiaux atteint la proximité de la susface.dy s o l (10 8.

20 cm)b Ceci constitue une nouvelle confirmation du lien génétique entre les nodules de l'ensemble supérieur et les lithoreliques sous-jacentes,

,, Drautre part, la concentration nodulaire se situe 8. une profondeur moindre que celle du front rouge-jaune, Par contre, elle coïncide sensiblement avec le niveau o Ù

s'effectue ltécoulement latéral de la nappe perchée.

Dans la toposéquence considérée, ltordre des d e a facteurs est tel que la concentration nodulaire appara2-b

(14)

c

Li.

e.

i

"

.-

I . .

nettement plus bas dans la toposéquence (et plus tard dans le temps) que l'établissement du régime hydrique superficiel.

Dans les deux autres exemples du même type dont nous disposons, la même succession a été observée, mais décalée vers l'amont, l'évolution du système y étant plus avancée.

En rgsumd, l'apparition d'une dynamique de l'eau super- ficielle coTncide avec luenfoncement de la topographie et de la couverture pédologique actuelles dans une couverture pédologi- que plus ancienne, Ceci rejoint les conclusions exposées par

- ailleurs

B

propos des systèmes de s o l s

B

forte différencia-- tion latérale de Guyane française septentrionale (article 1).

Mais deux faits nouveaux viennent s'ajouter

B

cette confirma- tion :

a) Les couvertures pédologiques & dynamique de l'eau verticale correspondraient &. des lambeaux de la couverture pédologique initiale qui se serait maintenu intacte ou, du m o i n s , suffisamment peu modifiée pour que la' dynamique de l'eau reste en tous points verticale et profonde, Les couver- tures pédologiques &. drainage v e r t h a l étudiees précédemment nous donnent donc une idée de ce qu'itait cette couverture pedologfque initiale (syskème à faible différenciation laté- rale, dynamique de 1 1 eau verticale généralisée p . model6 peu

accidente?).

q - 3

b) La dynamique de l'eau superficielle apparaft l o r s - que 1)horizon compact de profondeur est suffisamment proche de la surface, La conséquence de ce rapprochement pour l'horizon compact est une augmentation du contraste de son régime hydri- que, de plus en plus soumis au rythme des pluies lorsqu'il se

E rapproche de la surface du s o l . Nous sommes 8. nouveab e n pré- sence dtorganisations pédologiques (celles de l'horizon com- pact) placées dans des conditions hydrodynamiques différentes

(plus contrastées) celles correspondant B l e u formation et

(15)

' - 1 4 -

&. leur entretien, et qui deviennent alors instables, Cette

instabilité se manifeste par leur comportement imperméable, qui détermine ensuite leur destruction. Au contraire, dans la couverture initiale, cet horizon compact est situé sous une couche de matériel microp6dique perméable suffisamment

&paisse pour tamponner le regime hydrique, D e plus, le passa- ge de,l'horizon compact à l'horizon B micropeds est progres- sif', Nos observations montrent qu*alors l'horizon compact a i

, un comportement perméable,

J

'

On a pu vérifier que. la progressivité du passage de l'hori-

zon &. micropeds h l*horizon compact est tout aussi détermi-

nante dans l e comportement perméable de ce dernies que ltépaisseur de la couche perméable sus-jacente. En effet, il existe au MT de la Guyane une formation détritique con- tinentale sablo-argileuse perméable, d*$ge probablement pliocène, appelée Série Détriti,que de Base (SDB), qui peut passer elle aussi & sa base soit & l*horizon & micropeds, soit

B

l*horfzon compact de la coumrture initiale qutelle tronque. Lorsque la SDB repose sur lthorizon à micropeds, que soit l'gpaisseur d-u sédiment ; le contact est presque effacé au niveau des organisations plasmiques et n'est

repérable que grâce au lit de galets de quartz arrondis gui le souligne, Lorsque la SDB repose directement sur l'horison compact, le drainage vertical est bloqué au contact SDB-

socle (qui est toujours planique dans ce cas), meme si le sédiment est épais (épaisseur maximum observée :

4,5

m) et ,devrait de ce fait assurer un r8le tampon efficace dans la dynanziquo de l'eau, S'installe alors, au-dessus du contact, une nappe perchée dont le maga+ est le siège d*uuLe nodu- lation gréso-ferrugineuse très caractéristique,

II la dynamique de l'eau est verticale et profonde, s u e a

.I '

(16)

- - -_ r r

-

I 5

-

IV

-

LES SYSTEIVES DE SOLS S ü 2 SCI-IISTES BONIDORO

S u r schistes Bonidoro, trois types de couvertures pédologiques ont été observés qui voisinent dans les

memes régions. Ces couvertures pédologiques présentent non seulement des variations ordonnées au long des ver-

sants des interfluves élémeiitaires, mais elles storganin sent également les unes par rapport aux autres l'échel- le régionale.

-1

S u r les interfluves les plus élevés,qui affectent la forme de plateaux: perchés, gén6ralemen.t etroits, on observe un système complexe comportant un segment sommi- tal horieontal à dynamique de l'eau verticale, un seg- ment médian & dynamique de l'eau essentiellement superfi- cielle et latérale, un segment aval où se rejoignent les f l u x hydriques superficiels et profonds. Le segment som- mital présente un profil tr6s épais comportant de f a ç o n schématique (LIM et TBACR

-

1977) un ensemble d'horizons argileux, brunMrouge puis rouges, poreux, å micsopeds, épais de 2 à 2 , 5 m9 passant progressivement (sur 50 cm) à un horizon également argileux, rouge, conpact, à poro- sité tubulaire, dans lequel apparaissent, entre

4

et 6 m, des Plots meubles à structure conservée de la roche mère, Dans l'ensemble du profil, on observe des nodules ferru- gineux dans lesquels on distingue une séquence lithorelic- tuelle (nodules 2~ pate rouge et muscovites alignées), des nodules d u r s , organisation complexe et gardant les tra- ces d'une pédogen8se ancienne intense (ferruginisations -

rubannées, illuviation argileuse suivie de gib.bsitisation, etc,) et, au sommet seulement? des blocs de cuirasse iso- lés qui soulignent parfois le rebord du plateau* En haut de versant, ces horizons perméables disparaissent rapide- ment en siamincissant. Dans certains cas (pente très for- te à la limite de lr6bou-lis) $ les horizons à micropeds

(17)

moulent le haut du versant (LINI et TIIhCH

- 1977)

et passent directement au matériau d'altération B structure conservée du schiste sans qu'on sache encore s'il s'agit de micropeds éboulés ou différenciés directement &, partir du matériau d'altération sous-jacent, Le segment médian est constitué de s o l s peu épais (1,s m) comportant .un horizon B rouge compact

' à, porosit6 tu-bulaire, Le segment aval comporte le même hori- zon B rouge mais celui-ci est progressivement transformé 8.

sa base, par redistribution du fer, en un matériel réticulé jaune et rouge (act-ion d-e nappe), tandis ,qur8. son sommet, il est de plus en plus tach6 de rouille le long des pores (pseu- dogley). On a 18 la manifestation morphologique de deux engor- gements, l F u n d-e surfme? Itautre de profondeur, qui tendent à se rejoindre vers l'aval,

I

Sur ?.es interfI-uiTrs s ' - t i ~ C r , FL l:cï~k~':zb,; d c x prdcé- dents et dont le somaat est alors arrondi, on observe le plus souvent en haut d e pente un s o l comportant, sous Ithorizon humif ère un horizon a concentration de nodules f erruginem li-thorelictuels reposant su:r u n horizon B rouge compact qui présente lui-même des lithoreliques ferruginis4es non jointi- ves, aligdes selon la schistosité et peu ou non indur6es.

C e t horizon 13 passe vers 2 m de profondeus & un matériau d*al- tération de schis-Le B structure consesv6ed Vers l'aval, l'ho- rizon B rouge compact s"nincit puis disparatt ainsi que'

l'horizon 8 concentration de nodules et l'on passe & des sols peu épais (0,5 3" 1 m) peu différenciés, plus ou moins liydro- morphes en surface, développés directement & partir du maté- riau dPalt6ration du schiste, Aux abords de l'axe de drainage,

se dd-creloppe un système Bluvial-illuvial complexe ( L I N et THRCH

- 1977,

FRITSCI-I - 8

1977)

sommi-'kal a éte de'crit dans l'article 2 (profil €UR

7).

La dynamique de l'eau est superficielle avec installation d'une nappe perchée, m a i s Ifhorizon youge s'humecte cependant, le drainage vertical restant lent et réduit, Sur les sols peu différenciés du versant, on peuT, ou. non, observer une nappe perchée l o r s des périodes pluvieusce et il semble que les

Le regine hydrique du profil

~

(18)

i

F i g . 4 : Schéma des d i f f é r e n t s types de c o u v e r t u r e s pédologiques observées a c t u e l l e m e n t

. d ' u n e c o u v e r t u r e p e d o l o g i q u e i n i t ' i a l e é p a i s s e .

- -

sur s c h i s t e Bonidoro. R e p r é s e n t a t i o n fondée sur l e u r d i f f é r e n c i a t i o n a p a r t i r

Couver t u r e pkdologique i n i t i a l e ( reconstituée d'aprés I Zobservat ion des c o u v e r t u r e s actuelles d u t y p e I).

T Y P E I TYPE IIa T Y P E I I b

H o r i z o n B poreux ml cro-agrégats

H o r i z o n C a s t r u c t u r e p é t r o g r a p h i q u e conservée.

a

H o r i z o n B peu poreux à pores t u b u l a i r e s

& Cheminement de l ' e a u :

a

d r a i n a g e i n t e r n e l i b r e jusqu'a une nappe phreatique +drainage s u p e r f i c i e l e t l a t é r a l ( a c c é l é r e par l a p e n t e )

<

humectation l e n t e reprise par I 'évapotranspiration Pas OLI peu 0 de d r a i n a g e v e r t i c a l en profondeur.

1

(19)

I

-

17

-

' i

..

caractéristiques du matériau originel induites par la Foche mère jouent alors un rale prépondérant dans la qualit6 du drainage interne, principalement par la taille et llabondance de son squelette quartzeux, lia dynamique de l'eau paraft mal- gré tout rester à dominance superficielle, S u r certains inter- fluves situés plus bas que l e s précédents, l'horizon rouge compact du sommet n'existe pas et l'on observe une couverture pédologique homogène, B pseudogley de surface, développée directement à partir du schiste altéré,

On constate ainsi que, sur schiste, il est également possible, sauf dans le tout dernier cas décrit, de distinguer une séquence d'horizons initiale, plus ou moins complète, recoupée à la fois par la 'topographie et par les horizons supérieurs des s o l s , Cette séquence es?; la p l u s complète dans l e premier type de couverture pédologique décrit et comporte de haut en bas un ensemble d'horizons rouges h. micropeds, un ensemble d'horizons rouges compacts 3 porosité tubulaire, un horizon d'altération, Dans l e second type, on trouve soit la séquence horizons rouges compacts

-

liorizon d'altération type II a p soit lthorizon d*altération seul type II b, D e mgme, la dynamique de l'eau devient superficielle lorsque dis- paraissent les horizons à micropeds de la skquence initiale, Cette relation entre les couvertures pgdologiques actuelles et leur position par rapport B la couverture pédologique initiale est schématis6e s u r la figure

4*

A gauche, on a représenté cette couverture pédologique initiale reconstituée dtapr8s les couvertures de type I j celles-ci prBsentent parfois des pla- teaux sommitam suffisamment étendus (ex. : 250

x

TOO m) pour donner une idée du modelé faiblement ondulé de la couverture pédologique initiale qui, apparaft aussi c o m e un système 8.

faible différenciation latérale et & dynamique verticale,

Notons que, pour la clarté du schéma de la figure

4,

on a fait coïncider les divers types de couverture pédologique avec des interfluves de la couverture initiale, ce qui ntest pas néces- saire ni meme vraisemblable,

(20)

V

-

FLAC3 DE I;il GWATJE F~!NC~lISE~L'U SEIN DU BOUCLIER GUYAHAIS 2

'

ROLE DE LR TEC!I!OXTIQUE DANS L~EVOLUTIOlT DES C O W E R T m S

PEDOLOGIQ,UES o

Dans ce qui précède, nous avons examiné entre autres, un certain nombre de couvertures pédologiques à forte diff6renciation latérale et*prBsentant, sur tout ou partie de leur surface, une dynamique de l'eau superfi- cielle, Dans tous les cas actuellement observés en Guyane, on est amené & conclure que la forte diffBrenciation laté- rale résulte d'une discordance entre des horizons pédolo- giques évoluant actuellement selon d e s mécanismes qui répondent aux conditions pédoclimatiques présentes et une cotiverture p6dologique initiale, de type ferrallitique, parfois fonctionnelle, pl-us souTTent '%.ors circuit" et q u i est transformée en horizons résultant de Z!évo,lution ac-

' tuelle, Cette couverture p6dologique initiale se trouve donc en situation d'instabilité, de déséquilibre, puisque, loin de se construire ou de slentretenir, elle se trans- forme en une autré couverture à organisations différentes.

Dans tous ces cas, on a, également constaté que le motem de ce d6séquilihre est un abaissement relatif du niveau de base qui déteYmine UM enfoncement du modelé dans la couver- ture pédologiyue initiale,

I

I l y a deux causes possibles d e cet abaissement

I

relatif du niveau de base, L'une résiderait dans v a abais- sement du niveau marin, l'autre dans un soulèvement du socle, le& d e m pouvant Bvidemment se combiner, .On ne peut trancher qu'en examinant ce qui se passe dans les pays voisins, étant entendu que l'effet drun mouvement euatati-

" que dekrait se faire sentir aussi bien dans ces pays quten

Guyane Française, Nous ne pourrons toutefo,is envisager que le cas du SURINAME, seul pays frontalier avec lequel nous ayons des relations 6irecies dahs le domaine pédo-

logique o i

(21)

-Im.

Une première constatation est que; dans la zone actuel- lement prospectée, c'est-à-dire dans la moitié Nord du pays, les systèmes de s o l s à dynamique de l'eau superficielle sont inconnus des pédologues du SURIITAME. Les s o l s sur migmatites et granite qui nous ont été montrés sont effectivement voisins

; des s o l s à dynamique de lreau verticale de Guyane Française, Par conséquent, il semble bien que sur le socle migmatitique du SITRINAI.!IE septentrional on n! observe pas le meme déséqui- libre d e la coLmerture ferrallitique qu'en Guyane Française.

. Cette absence de parallélisme plaide en fa-reur d'une origine tectonique de lkabaissement du niveau de base eli Guyane Fran- çaise.

En second lieu, il est frappant de constater, pour qui vient de Guyane Française, gu!aurSURIl!2'UE septehtridnal, l e modelé sur socle'migmatitique (les schistes présentent partout mi model6 plus accidenté) ou sur sédiments continen- taux tertiaires (Série Détritique de Base) est nettement moins accidente', avec de longs versants pente faible ou moyenne,

et des axes de drainage assez peu incisés. J3n Guyane Française,

$u contraire, le modelé sur socle migniatitique est, le plus 'souveilt, très accidenté (exception faite des reliques de pla-

%eaux dont il sera question plus loin) et de type convexe"

(demi-orange) dès le contact avec la plaine co^tière, La Série Détritique de Base, a u contact du socle, se présente générale- men% s o u s forme de plateaux k bords tres découpés, ce qui leur confère un aspect de buttes témoins. Et si le modele' du sommet de ces plateaux est analogue au modelé observé sur 'la meme

. formation au SURINAIJE, il apparaft ici sous forme. de reliques perchees sépardes par des modelés accidentés, en demi-orange dont les sommets sont av meme niveau ou plus bas que la sur- face des plateaux, Cette ,apparitipn de deux types de modelés itnbriqués dans la topographie traduit clairement un soulève- ment de la Guyane Française septentrionale par rapport à son

I / I '

(22)

-

2 0 -

voisin surinamien % ,

Lienfoncement relatif du niveau de'base en Guyane Française septentrionale n'est pas en lui-même un fait nou- veau ; il a été perçu par tous les p6dologues qui ont travail- l é dans le département et en particulier par TURENNE, MRRIUS, SOURDAT, DELmmAU, BL4PSCAPXAUX.. &is on lui attribuait un effet classique de rajeunissement du modelé et des s o l s par érosion, Ce qui est neuf et important 8 saisir, c'est que cet enfoncement du niveau de base entrallne, sous végétation natu- relle, non pas une érosion superficielle qui serait un phéno- mène externe au s o l et que l'on pourait coubattre avec des moyens classiques, mais me transformation interne des couver- tures pédologiquea qui s'accompagne d'une modification de la dynamique de l'eau et aboutit, selon les stades oh elle se trouve, à la différenciation des systèmes hydrodynamiques dont nous avons donné quelques exemples,

c-

Si l'on exatnine enfin à une échelle encore plus peti- te, le contexte géologique dans lequel se situe la Guyane Française e n bordure du bouclier guyanais (fig. 5 ) r on cons- tate qu'elle sépare deux bassins sédimentaires fonctionnels, celui de Guyana-Suriname & l!Ouest, celui de 1tAmazone 8 l*Est, Elle apparaft ainsi c o m e -hn m61e de socle entre d e m bassins

subsidents, ce qui expliquerait son soulèvement, Les consé- quences de cette situation débordent sans doute le domaine péaologique. Ainsi, on peut lui attribuer le caractère perché et limité en tonnage'des formations bauxitiques cuirassées

* A noter que l e s plateaux sur migmatite portant une couver- ture pédologique & dynamique de l'eau verticale, passent e n continuit8 B ces plateaux de la Série Détritique de Base.

I l s correspondent &one 8 la meme surface dont ils consti- tuent également des reliques, Les modelés accidentés inci-

sés dans ces plateaux portent au contraire des couvertures pédologiques dynamique de l'eau superficielle,

I l

.- I

I

I

(23)

5

Bass in sédiment ai r e d e l'Amazone

4 l

Bassin sediinentaire Bassin sédimentaire de l'Orénoque Gu ya na -Suriname

Q u a t e r n a i r e

GUYANE F R A N C A I S E

Plaines c o t iéres récente et ancienne

... . T e r t i a i r e Série d é t r i t i q u e de base

[m

T e r r a i n s Sédimentaires plus anciens /

I

I

S o c l e ( Bouclier G u y a n a i s ) S o c l e

E c h e l l e : CL l/l5.000.000

. F i g . 5 : S i t u a t i o n d e la Guyane Francaise par rapport aux bassins sédimentaires

7 q u i bordent le bouclier Guyanaise.

(24)

. ..

. .

. .

situées & l'Est de Cayenne qui s'oppose &. l'extension et à la faible cote des gisements &e même type situés au Suriname

(NIoengo et Suriname occidental)

.

Cette conclusion est int$ressante,car elle permet de prévoir des pliénomènes analogues dans des con4extes géologi- ques et climatiques semblables, Ainsi est-il posaible que les s a l s sur socle de la région frontalihre en$re le Y6nézuela et la Guyana présentent des caractkres analogues 8. C&X de la Guyane française. D'autre part, il est probable que la situa- tion que l'on observe en b o r d de mer en Guyane Française existe aussi au Sud du Suriname et de la Guyana, lorsqu'on sréloigne suffisamment du bassin sédimentaire cetier,

D.é.séquilibre d origine eau

8

Le phénomène de déséquilibre de la couverture pédolo- gique mis en évidence ,en Guyane septentrionale est dtorigine tectonique mais dféchelle p d d o a i q u e , l'enfoncement de la

--

I

" I

I1 importe à ce propos de souligner que les mouvements tec- toniques que nous envisageons ici et'qui sont susceptibles d e modifier la pddogenèse en induisant des transformations internes au s o l , sont des mouvements relativement lents, qui nfentrafnent pas une destruction rapide et totalk des couver- turea pédologiques antérieures. A ltinverse, il kst des mou- vements tectoniques plus rapides, qui ont détruit ou yle per- mettent pas la f ormation' de couvertures pédologiques tr6s

évoluées, mais au conkaire favoriserit- un rajeunissement permanent du sol. Ainsi, dans ces régions, a-t-on.plus faci- lement des sols jeunes,, en équilibre aveccle milieu biocli- matique actuel. Aussi, importe-t-il de considérer qu*il existe deux ffmondes pédologiquesff, Le monde des couvertures pédologiques jeunes, développées sur alluvions et matériam volcaniques récents, ou associées aux régions montagneuses, en dquilibre avec le milieu bioclimatique actuel. Le monde des couvertures pédologiques suffisamment anciennes p o u r com- porter un héritage pédologique important susceptible d'être en désaccord avec les conditions actuelles, bioclimatiques ou topographiques (niveau de base)

.

I

(25)

-

22 ld

topographie qu'il suscite n'atteignant qu'exceptionnellement les horizons résistants de profondem (blocs de roche dure), et la topographie s'inscrivant le plus souvent dans l'hori- Eon médian. de la couverture initiale, Il reste d'ailleurs des témoins dispersés des horizons supérieurs micropeds de celle-ci j ce dés6quilibre d'origine tectonique se mani- feste, comme les déséquilibres dtorigine climatique mis en Qvidence en divers points du bauclier africain (BOULET,-

1974, G&?UVBL

-

1977, ZEPRUN

-

1977) non seulement par des discordances entre horizons anciens et actuels, mais aussi par une modification du pédoclimat*,

JA coyverture initiale de Guyane se caractérise par

U'A drainage vertical abondant et profond, lié à la présence d'6pais horizons supérieurs à organisation micropédique..

C'est 1'enlkvemen-b -ou 1~amincissemen-t- de ces horizons poreux: et perméables qui est à l'origine d e la péjoration du drainage vertical, Cette péjoration est maximale au moment

oh

-et 18 o&- la surface topographique s'inscrit dans l'hori- zon médian de la couverture initiale qui était -et devient- plus compact, Avant -et plus haut- le drainage vertical est maintenu tant que ltépaisseur de l'horizon supérieur h micro- peds e&t "suffisante" et que la transition est progressive, AprEs -et plus bas- wn certain drainage vertical peut se rétablir si l'horizon dfaltération de la roche mère contient des mindraux résistants (quartz, muscovite) en nombre, taille et arrangement tfconvenables'l,

.-.

I

- .

'

D t o a le qualificatif de pédoclimatique, ou de pédobioclima- tique pour tenir compte de l'adaptation consécutive du

milieu biologique, que l'on a donné 2~ ces d6sdquilibres d'origines diverses (BOULEP

- 1974).

. , '1

I .

(26)

]his on a signalé aussi (article 2) îxi ralentissement ' d u drainage vertical eli certains endroits des témoins de la

couverture initiale, Ge ralentissement y est discret ( s o u s

. forêt) et il ne limite g u h e la quantité d'eau infiltrée. Il s'agit 18 d'un pliénomène superficiel, limité h la partie

supérieure de l'horizon micropédique, et qui résulte de l'effa- cement d e cette organisation poreuse dans un mince horizon qui devient ainsi un peu plus compact. On ne peut at'cribuer h

lrévidence une cause tectonique B cette transformation super- f icielle= qui s ! expliquerait mieux par un déséquilibre d f o r i - gine climatique.

I1 semble donc qutune caractéristique importante des régions oh la couvertue pkdologiaue ... est en déséquilibre -et quelle que soit l'origine, tectonique ou climatique, du phéno- mène- soit la péjoration du drainage vertical au profit d*écou- lements superficiels et latéraux, Cette péjoration croft avec 1' enfoncement de la topographie actuelle dans l'épaisse cou- verture ancienne, c'est-à-dire avec une accélération des pro-

cessus superficiels (érosion) relativement aux processus atax- te'ra%ion de la roche ou d*approfondissement des horizons. Comme pour ces processus d'épaississement de la couverture pédologi- que, on comprend que. le déséquilibre pédobioclimatique se

déclenche -puis s'accélere- lorsque s'6tabli-t un certain désé-.

quilibre entre les,vitesses relatives des phénomènes superfi- ciels et des phénomènes profondas C e sont l& peut-être 7 % des caractères généraux des mises'en déséquilibre, quleXles soient d'origine tectonique <ou climatique, et qui expliquent lthét6- kogknéit6 gui en résulte a u sein de la couverture pédologique

. l'écoulement latéral réduit les quantités d'eau disponibles

--

_ - - - -- - -I- _- _- - -_ L ~- -

-A--= -=--" - -2

Dans ces sols, la teneur en argile passe par un maximum vers 1,l m de pm- fondeur. D a n s les sols B. dynamique superficielle et latérale 6e m a x i "

existe aussi, m&s moins profond (0,4 ,% 0,9 m) et "calé" sur la partie supé- rieure de l'horimn rouge compact. Cette augmentation d'argile paraît donc être un caractere commun à ces différents sols et pourrdt elle aussi résul- ter de facteurs climatiques généraux (étude en cours).

3!s

(27)

générale des régions affect6es par les dés6quilibres, On ne devra évidemment pas s'attendre & retrou- ver, dans toutes les régions tropicales humides du globe

oh

la couverture pédologique est mise en déséquilibre, des situations comparables & la pr6cddente t touees les combinaisons sont B priori possibles entre les facteurs en cause :

-

Nature et organisation de la couverture initiale (intégrant 1 influence des roches mères).

-

Nature et amplitude des mouvements tectoniques ou des variations climatiques,

Les comportements agronomiques des couvertures ferrallitiques homogènes h drainage vertical libre aux- quelles appartient la couverture initiale de Guyane sont assez bien connus, car des s o l s de ce type sont mis en valeur en Afrique et au Suriname,

oh

ils cou- m e n t de vastes superficies, Le bon équilibre air-earn qui les caractérise et qui va de pair avec la grande épaisseur concernée par la dynamique saisonnière de l'eau et la progressivit6 des variations verticales e%.

late'rales, reporte les problèmes agronomiques au: plan :

-

de la fragilité mécanique des horizons de surface,

-

de la aiminution du stock organique lors du défriche-

. .

ment (BRUGIERX

-

1954),

-

de la pauvret6 chimique initiale et la faible capa- cité d'échange,

_.

(28)

-

25

-

-

de l'apparition de phénomènes .d.e toxicité (Al; Bin) dus à l'acidification et de carence en certains oligo- éléments (AUBERT et al,

-

1 9 5 5 ) ~

-

du repérage des quelques secteurs o h les caractéristi- ques physiques et hydriques sont moins favorables

(faible 6paisseu.r du volume meuble, horizon caillou- teux très concentré, proche de la surface et &, limite supérieure brutale etc. ) o

Par contre, les comportements agronomiques des couvertures k dynamique superficielle.et latkrale ou seulement &, drainage vertical ralenti s-oiat'. mal c o m u s :

* .

-

Celles o h le drainage vertical est bloqué 8. moyenne profondeur par un épais horizon compact n'ont été mise en évidence que tout récemment en Guyane, et elles

,

n'ont pas encore fait ltobjet de mises en valeur réus-

sies . .

. ,

-

Celles oh le drainage vertical est ralenti par un mince horizon compact superficiel prksentent à priori des contraintes moindkes, Xais les essais de mise en valeur en Guyane sont peu nombreux ou mal renseignés,

On ne pourra donc qu*énoncer d e s caractéristiques d6coulan-t directement de l'organisntion des systèmes de

i

s o l s et de l e m sens d1evolution, 0x1 considérera globale-

_ment les problèmes agronomiques I_ pos& par cette rggion oh la couverture pédologiq$e est en déséquilibre car :

-

Les témoins de la couverture initiale ne sont souvent que des parties de systh", d6jà marqués par une péjo- ration du drainage vertical en subsurface ;

-

I1 existe tous les termes de transition entre couver- ture initiale et système transformé. Or, *si la distri- bution dans le paysage de ces différents systèmes est

(29)

-

2 6

-

._,-

encore mal connue, elle ne paraPt pas aléatoire j J

-

Le déséquilibre crée des caracthres et des conditions ,i

générales telles que beaucoup dtinterventions humai- nes ont des conséquences disproportionnées, affectant l'ensemble du paysage,

Les effets du. dés6quilibre sur le comportement agronomique, des systèmes de s o l s ont été regroupés comme suit x .

A

-

Fréquence et, importance des variations lat6ra-les du

pédoclimat .. . .

.__I

Les paysages d-tudi6s e n Guyane sepkentrionale juxtaposent et associ'ent des échelles i

-

décimétrique {poches d'eau, article 2 ) ,

-

métrique (colonnes! de terre jaune humide dans les horizons rouges secs au toucher, article 2),

-

décamétrique (variations toposéquentielles des sys- tèmes mixtes, article

4),

-

hectométrique (systèmes différant d'un versant à l'autre, article 1, ou d ' u n interfluve à ltautre, article 4 ) ,

,

des volumes de sol ayant des pédoclim&ts i aussi différents que 2

-

milieu engorgé et milieu a é r é , . .

-

milieu liumi.de ressuyé et milieu physiologiquement

. .

sec,

-

bon équilibre (drainage vertical libre) et déséqui-

l i b r e air-eau aux dépens, soit de l'eau (saison-sèche, podzols), soit de l'air (horizon B nappe perch&e),

soit des deux B la fois (liorizoii rouge physiologique- ment sec),

.

(30)

-

27

-

Cette t!ht?térogénéitét! est liée aux caractères particu- liers du phénomène de dés6quilibre dtorigine.tectonique en Guyane oh il est suffisamment ménagé, pour ntaffecter que la couverture pédologique et etre modulé -pour chaque interfluve et meme pour chaque versant- selon l'abaissement relatif du niveau de base et la progression des transformations.internes qu'il suscite, Pour la mise en valeur ; cette, hét6rogénditd implique :

a) La nécessitt?, dans une m%me unité de production, soit d*asso-

I l

..

-

tier les spéculations (polyculture) pour les adapter aux différents pédoclimats, s.oit de rechercher une spéculation suffisamment souple pour supporter des différences de pédo- climat dans le temps (contraste saisonnier)' ou dyns Ilespace,

-

soit d'uniformiser e t ¿I'amélio&er les pédoclimats, dans la mesure oh cela est possible, par des pratiques culturales appropriées,

_ I ,

- t 1.. '

b) La nécessité pour le futur exploitant de participer lui---, I - meme 2~ 1'8tude de ltorganisation des syst&mes de.- so i' auxquels il sera confronfc6 non seulemeiit~ pour allé

travai1,du & i o l o g u e , mais pour connaftre les c o n t r du pedoclimat aihsi 'que' leur r6partition dans 1' e%sp

(31)

B

-

D6vel.oppemen-b dt&e d-miq-ue ae l ~ _ e ~ e r f i c i e l l e et latérale

Il. a été montré (articles 1 et 4.) qu'en Ggyane - septentrioaale, le d6s6quilibre se traduisait par une péjo- ration du drainage vertical qui aboutit, dans les condi- t.i,ons c,limatiques actuelles et selon les possibilitQs d e

drainage externe, soit is, une stagnation, soit is, une cir- OdZation 'oblique de 1 eau dans les horizons supérieurs, Il y a ainsi, par rapport 2~ la couverture initiale, réduc- tion dre"paissew7 du solum, accentuation des contrastes, suroh&ge

basses des toposéquences, développement de processus remonc tants.

-

1

I

es sommets de profils et des parties

t y _ _ _ _ .

* A Ilusage, on a constaté :

."

-

qufund còuissance de ces contraintes a existé dans la population ggyxmaise jusqutà une époque récente : pour preuve, le choix judicieux des ttabattistr ancien

,

le model6

d o m 6 au champ pour améliorer le p&oclimat, le choix dtes- peces cultivées adaptées & chaque type de pédoclimat,

---.

-

que cette connaissance traditionnelle s'est souvent pe;r'd&e, au point que les restes de ce remodelage des champs passent maintenant inaperçus,

, 7 qu'un interlocuteur attentif, surtout Stil est d e tradition paysanne, peut aisément comprendre l'organisation et ltévo- lution des systèmes et en repérer sur le terrain l e s d i f f 6 -

rentes composantes, du moins en saison des pluies, Les

caracteres & observer directement ou 8. l'aide dtune tarière sont : présence d'eau libre, variation de plasticit6 indi- quant la répartition de l'eau, traces de ruissellement, microrelief.,,

Figure

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Références

Sujets connexes :