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(1)

A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE

L OUIS R OY

De la propagation des ondes sur les surfaces élastiques

Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3

e

série, tome 22 (1930), p. 185-247

<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1930_3_22__185_0>

© Université Paul Sabatier, 1930, tous droits réservés.

L’accès aux archives de la revue « Annales de la faculté des sciences de Toulouse » (http://picard.ups-tlse.fr/~annales/) implique l’accord avec les conditions générales d’utilisa- tion (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression sys- tématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fi- chier doit contenir la présente mention de copyright.

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http://www.numdam.org/

(2)

DE

LA

PROPAGATION DES ONDES

SUR LES

SURFACES ÉLASTIQUES

Par M. LOUIS ROY.

INTRODUCTION .

Dans deux

publications

récentes

(’),

nous avons

développé

la théorie de la surface

élastique,

considérée

géométriquement

du

point

de vue de MM. E. et F.

Cosserat, d’après

la méthode

énergétique appliquée

avec tant de succès par Duhem aux fluides et aux corps

élastiques

à trois dimensions. Suivant une distinction

analogue

à celle

que nous avions

déjà

faite dans nos recherches antérieures sur la

ligne élastique (~),

nous avons été conduits à considérer tout d’abord la

surface

à six

paramètres,

en

chaque point

de

laquelle

l’orientation du trièdre mobile est laissée

arbitraire ; puis

la

surface

à trois

paramètres,

en

chaque point

de

laquelle la

connaissance de la sur-

face moyenne détermine

complètement

l’orientation de ce trièdre. Nous nous propo- sons, dans ce

qui suit,

d’étudier les lois de la

propagation

des

ondes,

au sens d’Hu-

goniot,

sur de telles surfaces.

Comme cette étude utilise nécessairement un certain nombre des résultats antérieurement

obtenus,

nous avons cru bon de les

rappeler

dans un

chapitre préli- minaire, qui

a

l’avantage

de fixer en même

temps

les

principales

notations. Vient ensuite l’étude des ondes au

point

de vue

cinématique,

dans

laquelle

nous retrouvons,

(1)

L. Roy, Sur les

équations générales

des

surfaces élastiques (Journal

de

mathématiques

pures et

appliquées,

t. VIII, 1929, p.

g3

à

II4);

Sur les

équations générales

des surfaces élas- tiques à trois

paramètres

(Journal de l’École Polytechnique, 2e série, cahier 27, 1929, p.

159

à

203).

(~)

L. Roy, Sur les

équations générales

des

lignes élastiques

et la

propagation

des ondes (Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse, 3e série, t. XVIII,

1926,

p. 117 à

1 95) .

(3)

I86

comme il était à

prévoir, plusieurs

formules

que.nous

avions autrefois rencontrées dans la

propagation

des ondes sur les membranes flexibles

(’). ~

L’étroite

analogie, que

nous avions

déjà

constatée entre les

équations

de la sur-

face et de la

ligne

à six

paramètres,

se

poursuit

dans la théorie de la

propagation

des ondes. Mais une notable

complication surgit

dans le cas de la

surface,

du fait

qu’il

existe sur une surface une infinité de sens de

propagation possibles,

tandis

que, sur une

ligne,

ce sens est celui de la

ligne

elle-même. Les

équations

relatives à la surface se

compliquent

donc de la

présence

des cosinus directeurs de la normale à

l’image

de

l’onde,

dans le

plan

des coordonnées

curvilignes

d’un

point

de cette

surface.

Les

équations

de

propagation

sur la surface à six

paramètres,

obtenues en suppo-

sant t

indépendantes

les

composantes

du

déplacement

et de la rotation virtuels du trièdre

mobile,

ne

peuvent

pas être

appliquées

sans

précautions

à la surface à trois

paramètres,

pour

laquelle

ces six

composantes

sont liées par trois relations. Il est donc

indispensable

de

reprendre

l’établissement de

l’équation

fondamentale des ondes de choc pour cette seconde classe de surfaces. Mais on se heurte alors à une

difficulté, qui

n’existait pas pour la

ligne élastique

et

qui

tient à ce que les conditions

aux limites n’ont pas la même forme que pour la surface

à

six

paramètres;

cette

circonstance

nécessite,

avec un

changement

de

méthode,

des calculs

plus compliqués.

Le cas d’une surface de contexture

symétrique

ou

isotrope

nous conduit à des résultats

particulièrement

intéressants :

parmi

les vitesses de

propagation possibles

que nous obtenons, se retrouvent celles que mettent en évidence les

équations

des

mouvements

tangentiels

et transversaux des

plaques planes;

nous reconnaissons ainsi que ces formules anciennes restent valables pour des surfaces de forme

quel-

conque.

~

Enfin, les conclusions très

générales auxquelles

nous aboutissons sont les sui- vantes : :

Aucune onde n’est

susceptible

de se propager sur une

surface élastique affectée

de

viscosité,;

Les lois de

propagation

établies pour les ondes

de

choc restent valables pour les ondes d’accélération et lea ondes d’ordre

supérieur.

On voit que ces

propositions

sont

identiques

à celles que nous avons antérieure- ment énoncées au

sujet

des

lignes élastiques.

Comme elles

s’appliquent également

aux corps

élastiques

à trois dimensions, en se limitant toutefois aux déformations infiniment

petites

que nous avons seules

envisagées,

on voit

qu’elles

constituent, au

point

de vue de la

propagation

des ondes, la

propriété

la

plus générale

commune

tous les milieux

élastiques, quel

que soit le nombre de leurs

dimensions.

(i > L. Rov, Sur la

propagation

des ondes dans les membranes flexibles (Journal de mal.hé- matiques pures et appliquées. 6e Série, t. YML I9I2, p. 229 à 329).

(4)

Le

présent

Mémoire a été résumé en

cinq

Notes

publiées

dans les

Comptes

rendus

de

l’Acàdémie

des Sciences :

L’équationfondamentale

des ondes de choc sur les

surfaces élastiques,

séance du

27 janvier I930;

La

propagation

des ondes sur les

surfaces élastiques

cc six

paramètres, séance

du

I,o février

1 930 ;

,

La

propagation

des ondes sur les

surfaces élastiques

ec trois

paramètres,

séance du

II

juin 1930; .

. La

propagation

des ondes sur les

surfaces élastiques isotropes

à trois

paramètres,

séance

du 23 juin 1930;

; ,

La loi

adiabatique dynamique

relative aux

surfaces élastiques,

séance

du 7 juil-

let

1930.

(5)

CHAPITRE!

Généralités.

i. Surface

élastique

à six

paramètres. -

En un

point

M d’une surface

S,

élevons deux demi-normales

égales

et

opposées MNi

et

MN,,

dont la

longueur

totale e = soit très

petite

par

rapport

à ses dimensions transversales et à ses

rayons de courbure

principaux

en chacun de ses

points. Lorsque

M décrit S, la

longueur

e restant constante ou variant avec

continuité,

le

segment

décrit un

certain volume. On

appelle surface élastique

le corps

élastique occupant,

dans son état

primitif,

le volume ainsi défini. La surface

élastique

est donc limitée par ses deux faces

S~,

lieux des

points NI

et par un bord

engendré

par le

segment NtNS’ quand

le

point

M décrit le contour de la

surface

moyenne S. La

longueur

e

est

l’épaisseur

de la surface

élastique

au

point M ; lorsque

cette

épaisseur

est con-

stante, les deux faces

S,; SI

sont

parallèles

à la surface moyenne.

La

configuration géométrique

de la surface

élastique,

à l’instant l,est

regardée

comme suffisamment déterminée par la connaissance d’une suite continue de trièdres

trirectangles Muvw,

dont le lieu des sommets, à l’instant

considéré,

est la

surface S et dont les axes sont définis de la manière suivante : l’un des

plans

de

coordonnées,

uMv par

exemple,

est

tangent

en M à un feuillet matériel arbitrai- rement choisi

passant

par ce

point

et l’un des deux axes, Mu par

exemple,

est tan-

gent

en M à l’une des fibres de ce feuillet. L’orientation par

rapport

à S de

chaque

trièdre Muvw ou, pour

abréger,

de

chaque

trièdre

(M)

étant

arbitraire,

la

configu-

ration

géométrique

de la surface

élastique,

à l’instant t, se trouve

complètement

définie.

analytiquement

par les coordonnées x, y, z de M relatives à un trièdre fixe

trirectangle Oxyz

et trois autres

paramètres

0, ~,

’f’

au moyen

desquels s’expri-

ment les cosinus directeurs des axes

Mu, Mv,

Mw par

rapport

aux axes fixes. Ces six

paramètres

x, y, 2:;

8 , ~ , ’f

doivent être

regardés

comme des fonctions conti-

nues du

temps

t et de deux variables

géométriques.

On

peut prendre

pour celles-ci les arcs

PM = s,

de coordonnées

curvilignes

tracés sur S dans son état

actuel ;

mais il est

plus

avantageux de

prendre

les arcs pm = co, p, m - o~, ,

auxquels

se réduisent les

précédents,

considérés comme des fibres

matérielles, dans

l’état

primitif

de S.

Chaque point

matériel

M(x

y,

z)

de S est ainsi

caractérisé,

à tout

instant,

par un même

système

de valeurs de U~ , c,~1. Comme état

primitif,

nous

conviendrons de

prendre

l’état naturel, c’est-à-dire l’état

d’équilibre

que

prend

la

surface

élastique, quand

elle n’est soumise à aucune force extérieure et

quand

tous

(6)

ses

points

sont

portés

à une même

température

absolue

T~.

Enfin, nous pouvons

toujours

supposer que le réseau

(cj, c,~!)

choisi sur l’état

primitif

est

orthogonal.

Cela

posé,

aux éléments linéaires

MM = ds, MM~, = ds~,

tracés sur l’état actuel,

correspondent

sur l’état

primitif

les éléments

mm’

=

mm~,

= et l’on a

en

posant

conformément à la notation

abrégée

dont nous avons fait un constant usage dans

nos

publications

antérieures sur la

ligne

et la surface

élastiques.

Soient d’autre

part

les deux autres fonctions bien connues. Les déformations

élastiques

au sein de cha-

que tronçon étant

toujours

très

petites,

les fonctions

égales

à l’unité dans l’état

primitif,

en diffèrent très peu dans l’état

actuel;

de même la fonction

F,

nulle dans l’état

primitif,

est très

petite

dans l’état déformé. Il en résulte que la fonction H

se réduit à aux termes du second ordre

près.

Traçons

dans un

plan

deux axes de coordonnées

rectangulaires OÙ)..

A cha-

que

point

matériel M de S

correspond,

dans ce

plan,

un

point

fixe m de coordon- nées ~~ , c,~~ .

Donc,

à la surface moyenne S de contour C

correspond,

dans le

°

plan

une aire fixe

dl

de contour c et l’on trouve pour les cosinus direc-

teurs a,

b, c

de la demi-normale extérieure à la courbe

C,

menée en un

point

M

de cette courbe dans le

plan tangent

en M à

S,

,.

a, b désignant

les cosinus directeurs de la demi-normale extérieure au contour c

menée dans le

plan

au

point (c~~, homologue

de M et

le

rapport

de deux éléments linéaires

homologues dL,

dl de C et de c aux mêmes

points.

°°

°

Enfin, à l’élément

superficiel

de la surface moyenne

primitive correspond

l’élément de la surface moyenne actuelle. Ces deux éléments étant consti-

(7)

tués par les mêmes

points matériels,

les deux tronçons

qui

leur

correspondent, découpés

dans la surface

élastique perpendiculairement

suivant leurs contours, ont la même masse. De

là, l’équation

de continuité

p et po

désignant

les densités

superficielles

de la surface

élastique

au

point

M dans

son état actuel et dans son état

primitif.

2. Les douze fonctions

caractéristiques

de la déformation. - Soient

a , ~ , y ; x~, ~i, y~;

x~,

;~s,

~~~ 2 les cosinus directeurs des axes

Mu, Mv,

Mw du tr ièdre

(M)

au

point M(x, y, z)

et à l’instant t. Les cosinus directeurs des axes du trièdre

(M’)

au

point

infiniment voisin + ~x ~03C9 , y + ~y ~03C9

d03C9, z

+ ~z ~03C9d03C9) et au même m-

stant t sont

On sait

qu’on

passe de

(M)

à

(M’)

par une translation et une rotation infiniment

petites,

dont nous

désignerons

par

(;, ( p,

q,

r)d«

les

composantes

sui-

vant les axes mobiles

Muvw ,

soit

Soit de même

(M~.)

le trièdre mobile au

point

y

+ 2014

B

J~ dM~

àw, /

et au même instant ~; on passe de

(M)

à par la translation

(~,~~ ~)~~

et

par la rotation

(Pi’

définies par les formules

analogues

à

(5)

(8)

On reconnaît alors que la déformation de la surface

élastique

dans son état actuel par

rapport

à son état

primitif

est caractérisée par les douze fonctions

de ~~, ~~~; t,

l’indice zéro se

rapportant

à l’état

primitif.

Cela

posé, imprimons

à la surface

élastique

un

déplacement

virtuel et soient

les

composantes

suivant Muvw du

déplacement

virtuel de

M; 1 wv ,

1 mw les

composantes

suivant les mêmes axes de la rotation virtuelle de

(M).

Il en résulte

pour

S, 7j, ~;

p, q, r ;

~4,

... , rt les variations virtuelles

3. Potentiel

thermodynamique

interne et. viscosité. - Le

potentiel

thermo-

dynamique

interne de la surface

élastique

est .

f

étant une fonction donnée des douze déformations

(7),

de la

température absolue T,

de o, W1 et

l’intégration

étant étendue à l’aire

image

de S dans le

plan

la variation virtuelle

isothermique

de + est ainsi . ~

(9)

Le travail virtuel de viscosité est d’autre

part

~, ~,,

...,

A;

étant les actions de

viscosité,

fonctions des

quinze paramètres

dont

dépend déjà

la fonction

f

et des douze dérivées

D’après l’hypothèse

de Lord

Rayleigh,

ces actions dérivent d’une

, fonction

dissi-

pative 3),

forme

quadratique

définie

positive

de ces

dérivées,

telle

qu’on

ait

Si maintenant on pose

il

vient, d’après ( I o) et ( I I ),

ce que nous écrirons pour

abréger

le

signe ~. indiquant

une somme de deux groupes de termes, le second se déduisant du

premier qui

est écrit par

l’adjonction

de l’indice i.

(*)

Pour

abréger,

nous

représenterons

très souvent de cette façon les dérivées par rapport

~ p .. -B3 C

au temps, soit 03BE ==

~t, 03BE

=

20142014 ,

....

(10)

4.

Équations

du mouvement. - On obtient les

équations

du mouvement,

d’après

les

principes

de

l’Énergétique,

en écrivant

qu’on

a dans toute modification virtuelle

désignant

le travail virtuel des forces extérieures et

U

celui des forces d’inertie.

Soient alors

les

composantes

suivant les axes Muvw de la force et du

couple

extérieurs

appliqués

au tronçon

edS;

;

les

composantes analogues

relatives aux forces

d’inertie ;

les composantes

de la force et du

couple

extérieurs

appliqués

à un élément de bord

edL de la

surface,

suivant les axes Muvw issus d’un

point

M de C

appartenant

à cet élément. On a

En

transportant

les

expressions (16)

et

(t4)

dans

l’égalité (1 5)

et en y

remplaçant

les variations

0;, ô ~ , ... , ~ r~

par leurs valeurs

(8),

on

reconnaît, après

des inté-

grations

par

parties, qu’on

doit avoir :

I. En

chaque point

de la surface

élastique,

les six

équations indéfinies

(11)

Il. En

chaque point

de son contour, les six conditions aux limites

La force d’inertie a pour

composantes

et le

couple

d’inertie

(A, B, ... , F) désignant

les moments et

produits

d’inertie du tronçon relatifs

aux axes Muvw

(’),

, soit ~ .

l,

m, n

désignant

les cosinus directeurs d’une demi-normale à

,S

par

rapport

aux

axes mobiles

Muvw,

et

les

composantes

suivant les mêmes axes de la rotation instantanée du tronçon, c’est à dire du trièdre

(M).

5. Relation

supplémentaire. -

La

quantité

de chaleur

dégagée,

dans une modi-

fication réelle élémentaire, par une

portion

arbitraire de la surface

élastique

est

(1)

Il n’y a évidemment aucune confusion à craindre entre les

produits

d’inertie E, F

et les fonctions

déjà désignées

ainsi dès le 1.

(12)

la

quantité

désignant

la

capacité calorifique

de la surface

élastique rapportée

à l’unité de surface

primitive

et E

l’équivalent mécanique

de la chaleur.

Soit,

d’autre

part, Fn

le flux de chaleur en un

point

du contour de la

portion

de

surface

élastique

considérée et relatif à la demi-normale extérieure à l’élément de bord edL

correspondant;

on a

aussi,

en

supposant

la surface athermane et dénuée

de sources de chaleur, ,

k étant le double du coefficient de conductibilité

extérieure(’)

que, pour

simplifier,

nous supposons le même pour les deux faces et

Te

la

température

absolue extérieure.

En

égalant

les

expressions (23)

et

(24),

on en

déduit,

en tenant

compte

de la

petitesse

des déformations

élastiques, l’équation

indéfinie de la

température

I (Fa, F..,) désignant

les

composantes

du flux de chaleur suivant

chaque ligne

du

e

réseau ’ ce sont des fonctions linéaires et

homogènes

des dérivées

~T ~(03C9, 03C94)

dont les

coefficients,

fonctions de co,

T,

sont les coefficients de conductibilité

calorifique

de la surface au

point

considéré.

6. Surface

élastique

à trois

paramètres.

- Dans le cas de la surface

élastique

à trois

paramètres,

le feuillet matériel

tangent

en M à l’un des

plans

de coordonnées du trièdre mobile

(M)

est l’élément de la surface moyenne S en ce

point.

L’un des

axes de ce

trièdre,

Ma par.

exemple,

est donc

pris tangent

à l’un des éléments de

fibre de

S,

à ds par

exemple;

le

plan

uMv est ainsi le

plan tangent

en M à cette surface dont la normale est alors l’axe Mw. La seule connaissance de S entraînant maintenant celle de

chaque trièdre,

la surface

élastique

ne

dépend plus

que des trois

paramètres

x, y, z, coordonnées de M fonctions de ~~,, t .

(’)

Il n’y a évidemment ici aucune confusion à craindre entre ce coemcient et le rapport défini par la formule

(3).

(13)

Ainsi,

Mu coïncide avec la

tangente

à la

ligne s

du réseau et Mv fait avec la

tangente

à la

ligne s,

un

angle,

nul dans l’.état

primitif, égal

au

glissement

g de S

en M dans l’état actuel, en ce sens que

l’angle

du réseau dans cet état est

03C0 2 - g.

Soient alors

les dilatations en M des

lignes s, s.

du

réseau;

les trois

premières

formules

(5)

et

(6)

donnent

d’où

puisque

les déformations sont nulles dans l’état

primitif.

Les formules de

Kirchhoff, qui

sont à la base du calcul du

potentiel thermodynamique interne, exigent

en outre

qu’on

ait

d’où

Dix des

égalités (8)

deviennent

alors, d’après (26)

et

(28),

(14)

D’après (27)

et

(29)

les douze fonctions

(7) caractéristiques

de la déformation se

réduisent à

sept,

de sorte que le

potentiel thermodynamique

interne

(g)

devient

et le trav ail vi rtuel de

viscosité (1 1)

L’égalité (i4)

s’écrit ainsi

avec,

d’après ( I 3~.

Il résulte en outre du choix des axes que les

composantes %, ~~e,

sont nulles.

Si alors on pose

l’équation

fondamentale

(r5)

de

l’Énergétique

s’écrit

et, en tenant

compte

des

égalités (30)

et

(3 ~ ),

on reconnaît

qu’on

doit avoir :

(15)

I. En

chaque point

de la surface

élastique, les

six

équations

indéfinies

v, ffi,w,

sont des inconnues

auxiliaires;

II. En

chaque point

de son contour, les

sept

conditions aux limites

sont trois autres inconnues auxiliaires.

Remarquons

que dans le calcul de

ïp d’après

les formules

(20),

on doit

faire,

,

d ’après (2 1 ),

puisqu’on

a ici

(l, m)

= 0, n = i.

Enfin, lorsque

les faces du trièdre mobile

(M)

sont des

plans

de

symétrie

de

contexture, le

potentiel thermodynamique

interne par unité d’aire a pour

expression

(16)

... , étant les coefficients d’élasticité de la

surface,

fonctions de c~,

T;

de sorte que les

égalités (34)

nous

donnent,

dans le cas d’une substance dénuée de

viscosité,

Dans le cas d’une substance

isotrope,

on a

),,

étant les deux coefficients d’élasticité de

Lamé, 03BD

le troisième coefficient d’élas- ticité

qu’introduisent

les variations de

température.

(17)

CHAPITRE II

Les ondes au

point

de vue

cinématique.

7. . Préliminaires. -

Supposons qu’une

onde

persistante,

c’est-à-dire une

ligne

de

discontinuité pour certains éléments du mouvement, se propage sur une surface

élastique

et

soit,

à l’instant t, C cette onde

supposée

tracée sur la surface moyenne S.

Elle

partage

cette surface en deux

régions

1 et 2. Soit

alors,

au même instant t, C’ le lieu des

points

de

S, qui

seront atteints par l’onde à

l’instant

ultérieur 1 + dt.

Supposons

que la courbe C’ soit située dans la

région

2 ; on dira que l’onde se pro- page de la

région

i vers la

région

2, ou encore que le mouvement 1 se propage dans le mouvement 2. Dans ces

conditions,

la demi-normale MN menée à l’onde C au

point

M dans le

plan tangent

en fil à la

région 2

et vers cette

région

coupe la courbe C’

en un

point M’2.

Soit = la valeur

algébrique

du

segment comptée positivement

suivant cette

demi-normale;

la

quantité positive

.

~

s’appelle

la vitesse de

propagation

de l’onde se

propageant

de la

région

mers la

région

2 .

Supposons

au contraire la courbe C’ située dans la

région

i ; on dira que l’onde

se propage de la

région

2 vers la

région

i, ou encore que le mouvement 2 se propage

dans,

le mouvement 1. Dans ces

conditions,

la courbe C’ rencontre en un

point M’1

le

prolongement

de la demi-normale menée eu NI à l’onde C dans le

plan tangent

en M à la

région

1 et vers l’extérieur de cette

région.

Soit

dN1

= la valeur

algébrique

du

segment comptée positivement

suivant cette

demi-normale;

la

quantité négative

s’appelle

la vitesse de

propagation

de l’onde se

propageant

de la

région 2

vers la

région

i .

Cela

posé,

nous savons

qu’à

la surface S à l’instant t

correspond,

dans le

plan c~ 0 ~~1,

une aire fixe

,L image

de S. ~ l’onde C

correspond

donc dans ce

plan

son

image

c,

séparative

des

régions

i et 2

correspondant

à celles de S. En m,

image de M,

menons la demi-normale mn à c

dirigée

vers la

région

2 et soit dn = mm’

la valeur

algébrique

du segment mm’

intercepté

par c et

c’, image

de

C’,

sur cette

(18)

demi-normale ou son

prolongement,

suivant que l’onde se propage de la

région

i

vers la

région

2 ou inversement. La

quantité

qui

a le

signe

de

G~~

ou suivant le sens de la

propagation, s’appelle

la vitesse de

propagation

de

l’image

de l’onde.

Nous conviendrons d’affecter de l’indice i ou de l’indice 2 toute

quantité

relative

aux

régions

1 ou 2, et nous

désignerons

par la

caractéristique

ô’ la variation

brusque qu’éprouve

toute

quantité

discontinue A à la traversée de

l’onde,

en

passant

de la

région

1 à la

région

2, soit

8. Ondes de choc sur la surface à six

paramètres. -

Considérons tout d’abord

une onde de

choc,

c’est-à-dire une onde du

premier

ordre par

rapport

aux para-

mètres x,

y, :; «,

p,

y; x,,

f:11,

03B31; Xi’

03B22,

03B32 fixant la

configuration

de la surface

élastique

à

chaque

instant. Chacun d’eux restant continu à la traversée de

l’onde,

on a par

exemple

"

le

long

de

l’image

c de l’onde à

l’instant t,

c’est-à-dire

pour toutes les valeurs de

clco,

telles que

a, b étant les cosinus directeurs de la demi-normale

mn

à la courbe c. On en conclut

qu’il

existe une

quantité

À telle

qu’on

ait

Écrivons

maintenant que

l’égalité (47)

a

lieu,

non seulement au

point m(w, (joj

à l’instant t. mais au

point

+

dw , w~ ~

à l’instant t +

dt;

il vient

(19)

pour

c’est-à-dire

d’où, d’après (45)

et

(48).

En

définitive,

une onde de choc se

propageant

sur une surface

élastique à

six

paramètres

est caractérisée par douze

quantités

telles

qu’on

ait

Les neuf

quantités

a,

b,

..., relatives aux cosinus directeurs se réduisent d’ailleurs à trois

paramètres indépendants,

car les six relations entre les cosinus

dérivées par

rapport

à c~~ ou à c~~ et écrites de

part

et d’autre de l’onde

donnent,

d’après (49),

Les relations

(50)

sont

identiques

à celles que nous avons antérieurement obtenues pour la

ligne élastique(1);

les trois

premières expriment

que

chaque

vecteur dis-

continuité

(a, b, c), (ai, b1, ci), (a~, bJ, cj

est normal à chacun des axes Mu, Mv,

Mw du trièdre mobile

qui

lui

correspond.

(’) L. Roy, Sur les

équations générales

des

lignes élastiques

el la propagation des ondes,

p. i5(), formules

(91).

_ .

(20)

D’après

les

égalités (5), (6)

et

(4g),

l’onde considérée sera en

général

d’ordre zéro par

rapport à ~ , ~,

... , R et nous aurons

Inversement,

les

égalités (50)

et

(51 ) permettent d’exprimer

les douze

quantités X,

pL, v ; a,

b,

..., , c~, en fonction des six discontinuités

~’(~,

, ... r) ou

ô’(~~,

r~, ...,

r~),

ce

qui

donne par un calcul facile .

égalités

où l’on

peut remplacer

aux

premiers

membres a par b et, aux

seconds,

;, r,, ... , r par Çs, ~~, ... , r, .

~ .

De

même,

l’onde considérée est en

général

d’ordre zéro par

rapport

à

E, F, H,

p ;

mais le

produit pH

reste continu à la traversée de

l’onde, d’après l’équation

de conti-

Enfin,

la formule

(47)

et les deux autres

analogues expriment

la

continuité,

à la traversée de

l’onde,

des

composantes

d’un élément dL

parallèle

à

l’onde ;

il

en

est

donc de même du

rapport

k

d’après (3),

les cosinus directeurs a, b étant alors ceux

de la demi-normale à l’onde.

g. Vitesses de

propagation.

- Cherchons la relatlon entre la vitesse de propaga- tion de l’onde et celle de son

image

dans le

plan

nous allons voir

qu’elle dépend

du sens de

propagation.

,

Supposons

tout d’abord que l’onde se propage de la

région

1 vers la

région

2

et soient

l’équation

de son

image

c dans le

plan o~ 0 c,~~ ,

(21)

les

composantes

du

segment

mm’

envisagé

au Le

point m’(w

+ d~~, +

se trouvant sur

l’image

c’ de

l’onde

à l’instant t +

dt,

on a

c’est-à-dire

d’où, d’après (45)

et

(53),

Soient d’autre

part

a~.

b~,

ct les cosinus directeurs de la demi-normale menée à l’onde C au

point

M dans le

plan tangent

en M à la

région 2

et vers cette

région;

x +

dx,

y +

dy, z

+ dz les coordonnées du

point

M’ d’intersection de la courbe C’

avec cette

demi-normale ;

on a

d’où,

d’après (4l~),

M +

dco,

~~, +

dm,

étant les coordonnées de

l’image

de M’. Cette

image

n’étant pas le

point m’,

parce que la demi-normale MN à l’onde C n.’a pas pour

image

la demi-

normale mn à

l’image

c de cette

onde,

les accroissements

dc~~,

n’ont

plus

la

même

signification

que dans les formules

(53)

et

(54).

Mais comme

l’i mage

de M

est

également

si tuée sur c’, ces accroissements satisfont encore à la relation

(54).

Or,

on a

d’après (55),

de sorte que

l’égalité (54)

s’écrit encore

(22)

Cette formule montre que les nouveaux accroissements

peuvent

être substitués aux anciens dans le calcul

de ev

et cette circonstance tient à ce que

l’image

de MN fait un

angle

infiniment

petit

avec mn . .

Cela

posé, l’égalité (56)

et les deux autres

analogues

nous donnent

et comme, d’une manière

générale,

les cosinus directeurs

abc

d’une demi-nor- male MN à une courbe

C,

tracée sur la surface moyenne S et

menée

en un

point

M

de cette courbe dans le

plan tangent

en M à S, sont donnés par les formules

(2),

a, b

désignant

les

cosinus,directeurs

de la demi-normale à

l’image

c de C au

point homologue

de M et dans le sens

correspondant

’à MN, il vient dans le cas actuel

L’égalité (58)

devient ainsi

d’après (57)

Lorsque

la

propagation

de l’onde s’effectue en sens

contraire,

on trouve de même

en mettant

~’

à la

place

de

y,

ces deux vitesses étant de

signes

contraires. Si donc

on a

les égalités (59)

et

(60) multipliées respectivement

par 03C12 et p, ,

puis ajoutées

membre

à membre nous

donnent, puisque

le

produit pH

est

continu,

Cette relation a été obtenue pour la

première

fois par

Riemannl’)

dans la propa-

gation

des ondes

planes

en

Hydrodynamique;

elle a été étendue

plus

tard par M. Jou-

guet(’)

au cas des ondes de choc

quelconques

dans les fluides. Comme nous avons

antérieurement reconnu

qu’elle s’applique également

au fil

flexible,

à la membrane flexible et à la

ligne élastique(3),

nous voyons

qu’elle

s’étend à la

propagation

des

ondes de choc sur toutes les

catégories

de corps minces.

(1)

RIEMANNS WERKE, p.

(2)

E. JOUGUET, Sur la

propagation

des discontinuités dans les

fluides (Comptes

rendus,

t. 132, 18 mars

Ig01).

(3)

L. RoY, Recherches sur la

dynamique

du

fil flexible (Annales scientifiques

de

l’École

Normale

supérieure,

3e série, t. ~g, Ig12, p.

384).

- Sar la

propagation

des ondes dans les membranes

flexibles.

p.

2;fi.

- Sur les

équations’ générales

des

lignes élastiques

et la propaga- tion des ondes, p. 156.

(23)

10. Ondes d’accélération et d’ordre

supérieur

sur la surface à six

paramètres. - Supposons

maintenant l’onde du second ordre par

rapport à x, y, z; 03B1, 03B2, ..., 03B32 (onde d’accélération);

nous aurons par

exemple

le

long

de c à l’instant t, c’est-à-dire

pour toutes les valeurs de

t telles que

On conclut des deux

premières (62) qu’il existe

une

quantité

A telle

qu’on

ait

Écrivons

maintenant que les

égalités (61)

ont lieu

également

au

point

+

dw ,

d(t)l)

de c’ à l’instant t +

dl ;

il vient

pour

Les deux

premières

donnent

d’après (63)

.

(24)

et

la

troisième

(62)

est ainsi

satisfaite ;

la dernière donne -

En

résumé,

une onde du second ordre par

rapport à x, y, z; 03B1, 03B2, ..., 03B32 est

caractérisée par douze

quantités À, po, v; a, b, ... ,

c~, telles

qu’on

ait

pour

p + q + r = 2 .

Plus

généralement,

on reconnaît

qu’une

onde d’ordre n par

rapporta

x, y, z;

ce ,

~3, ... ,

y$ est caractérisée par douze

quantités

1.., ~., v ; a,

b,

... , c, , telles

qu’on

ait

pour p

+ q

+ r = n et les six relations entre les cosinus directeurs dérivées n fois par

rapport

à c~, ~~~, ou t conduisent encore aux

égalités (50).

D’autre

part,

l’onde est en

général

d’ordre n - i par

rapport à ~, ~,

..., r, ;

P, Q, R ;

de sorte que les

égalités (5)

et

(6

dérivées n - 1 fois nous

donnent

d’après (64)

.

(25)

pour

p + ~ ~ r = n -1 (’).

On en

déduit, d’après (5o),

les

égalités

analogues

aux

égalités (52).

Enfin, par suite de la continuité de

H,

la vitesse de

propagation

de l’onde a pour valeur,

d’après (59)

et

(60),

Comme d’ailleurs H et k diffèrent très peu de

l’unité,

par suite de la

petitesse

des déformations

élastiques

au sein de

chaque

tronçon, on voit que cette vitesse

diffère très peu de la vitesse de

propagation ~*)

de

l’image

de l’onde.

i 1 . Ondes sur la surface à trois

paramètres. -

Nous allons rechercher ce que deviennent les formules

générales

et

(65),

du fait des

égalités (26) et (28) qui

caractérisent la surface à trois

paramètres.

Tout

d’abord, quel

que soit l’ordre de la

discontinnité,

les deuxième et troisième groupes

(51)

et

(65)

montrent

qu’on

a,

d’après (26),

Le vecteur

(X, v)

est donc

dirigé

suivant

Mu,

de sorte que, A étant sa valeur

algébrique

suivant cet axe, on a

D’autre

part,

le dernier groupe

(51)

et

(65)

montre

qu’on

a,

d’après (28),

Il résulte alors des

première,

deuxième et

quatrième

formules

(50)

que les vec- teurs

(a,

b,

c)

et

(a,, b~, cj

sont

dirigés

suivant de sorte

que A

et

~1

étant

leurs valeurs

algébriques

suivant cet axe, on a

(t)

Il n’y a évidemment aucune confusion possible entre ces nombres p, q, r et les composantes de la rotation par unité de longueur

désignées

par les mêmes lettres.

(26)

Les deux dernières

(50)

s’écrivent

ainsi

jointes

à la troisième

(50),

elles donnent

Le vecteur

(a, , b’l. cj

a donc pour valeur

B/A’

+ il est contenu dans le

plan

uMv et. ses

projections

sur Mu et Mu sont

respectivement

-^ ~ et

_A .

.. , En

définitive,

une onde se propageant sur une surface

élastique.à trois paramètres

est caractérisée par trois vecteurs

indépendants,

l’un il

dirigé

suivant

Mu,

les deux

autres A,

~~ dirigés

suivant Mw et par un

quatrième

veeteur

~~1Q

+

p1

contenu

dans le

plan

uMv et

complètement

déterminé par les deux

précédents.

Nous dirons que les discontinuités A,

V d,!

+

di

sont

tangentielles et.que

les

deux

autres

,

sont normales. Les

égalités (5 r)

relatives aux ondes de choc se réduisent ainsi à

et les

égalités (65)

relatives aux ondes d’accélération et d’ordre

supérieur

à

Soient enfin

a’, b’,

c’ les cosinus directeurs de la

tangente

à

l’onde;

on a

(27)

dL

désignant l’élément

linéaire de l’onde

auquel correspond,

dans le

plan c~ 0 0~, , l’élément

dl de

composantes

d’où

Mais on en

négligeant

les déformations

élastiques,

c’est-à-dire des termes du

premier

ordre de

petitesse,

de sorte

qu’il vient,

à ce

degré d’approximation

J

On en

déduit, d’après (70),

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