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Evolution pluri annuelle des niveaux de nutrition azotée et phosphatée, de prairies permanentes en relation avec les bilans minéraux et le régime hydrique.

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et phosphatée, de prairies permanentes en relation avec les bilans minéraux et le régime hydrique.

Marcel Ciprian Stroia, Claire Jouany

To cite this version:

Marcel Ciprian Stroia, Claire Jouany. Evolution pluri annuelle des niveaux de nutrition azotée et phosphatée, de prairies permanentes en relation avec les bilans minéraux et le régime hydrique..

Symposium international INRA-UMR AGIR (Agrosystèmes et développement territorial) : Outils pour la gestion des prairies permanentes, Jul 2005, Castanet-Tolosan, France. �hal-02751638�

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Les Cahiers d’Orphée – mai 2008      

Evolution pluri annuelle des niveaux de  nutrition azotée et phosphatée, de prairies  permanentes en relation avec les bilans  minéraux et le régime hydrique. 

Ciprian Stroia,  Claire Jouany* 

Introduction  

La gestion raisonnée des fertilisants minéraux est essentielle pour le  développement de systèmes herbagers durables. Pour l’azote (N) et le  phosphore  (P),  cette  question  est  directement  associée  à  des  enjeux  économiques et environnementaux majeurs. Des économies substantielles  peuvent être réalisées en réduisant voire supprimant momentanément les  intrants ;  une  gestion  raisonnée  du  phosphore  limite  les  risques  d’eutrophisation (Ehlert et al, 2003) et favorise la conservation de prairies  riches en espèces (Critchley et al, 2002). Ces objectifs nécessitent de disposer  d’outils de diagnostic fiables et robustes pour évaluer les niveaux de fertilité  et raisonner la fertilisation des prairies en conséquence. 

Parmi les méthodes de diagnostic disponibles, un certain nombre est basé  sur l’analyse de la plante. Les plus simples à mettre en œuvre s’appuient sur  la détermination d’une teneur critique, qui correspond à la teneur minimum  qui permet d’atteindre la croissance maximum du couvert. Ces méthodes  sont d’un intérêt limité car elles ne prennent pas en compte l’évolution de la  teneur avec le temps et la concentration d’autres éléments, en réponse à la  dilution  des  éléments  minéraux  au  cours  de  la  croissance.  D’autres  méthodes basées sur les teneurs relatives ont été développées (Bailey et al,  2001). En France,   la méthode basée sur les indices de nutrition (Thélier‐

Huché et al, 1999) est à l’heure actuelle largement utilisée pour le diagnostic 

   

*Auteur correspondant : [email protected] 

 

(3)

de la fertilité P et K des prairies naturelles (Farruggia et al,  2000). Cette  méthode relie les teneurs en éléments minéraux N, P et K à lʹaccumulation  de la biomasse aérienne ; le diagnostic se fait par le calcul d’un indice de  nutrition qui mesure l’écart au comportement normal donné par une courbe  critique (Duru & Thélier‐ Huché, 1997). Pour P et K, l’indice de nutrition  indique dans quelle mesure l’offre du sol (réserves et / ou engrais) a satisfait  la demande du couvert.   

Les études menées sur les écosystèmes naturels et cultivés confirment  que ces indicateurs basés sur l’analyse de plante sont pertinents pour faire  un diagnostic instantané ou a posteriori (à la récolte) du niveau de nutrition  (Laurent, 1995). Cependant des   questions se posent sur leur capacité à  prédire le niveau des ressources minérales disponibles à moyen et long  terme. Cette question est importante dans le cas où on envisage de réduire,  voire supprimer, les apports de fertilisants. Les suivis réalisés sur des  parcelles expérimentales permettent d’apporter des éléments de réponse à  cette question. Cette étude s’appuie sur deux essais implantés sur prairie  permanente, sur lesquels on teste, après plusieurs années de traitement, les  effets cumulatifs de la fertilisation N et P qui a largement différencié les  bilans minéraux.  

Nos objectifs sont : (i) d’analyser les trajectoires d’évolution des indices  de nutrition en relation avec les bilans minéraux et de vérifier dans quelle  mesure elles sont capables de rendre compte de l’évolution contrastée des  réserves du sol en N et en P en relation avec les bilans cumulés ; (ii)  d’évaluer l’effet de l’alimentation hydrique sur l’évolution interannuelle des  indices de nutrition.  

Matériel et méthodes 

Le dispositif d’Ercé (Ariège) est situé dans les Pyrénées centrales, celui  de Gramond (Aveyron) est implanté dans la petite région du Ségala. Les  dispositifs  ont  été  mis  en  place  en  collaboration  avec  les  chambres  départementales d’agriculture, en 1999 à Ercé, en 1998 à Gramond ; les  prairies n’avaient pas reçu de fertilisation minérale dans les dix années  précédant la mise en place des essais. La parcelle d’Ercé située en fond de  vallée, destinée principalement à la constitution de stocks fourragers pour  l’hiver, recevait régulièrement des engrais de ferme. A Gramond, la parcelle  était régulièrement fertilisée par des engrais de ferme et par des scories dans  le courant des années 70. La teneur en matière organique et le rapport C/N  sont respectivement de 89 mg.g‐1 et 9.8 à Ercé et de 55 mg.g‐1 et 10.9   à 

(4)

Gramond ; le niveau de P biodisponible (Olsen et al, 1954) est de 0.01 mg.g‐1  à Ercé et de 0.046 mg.g‐1 à Gramond (horizon 0‐10 cm). Le bilan hydrique (P‐

ETP)  a  été  calculé  à  partir  des  données  recueillies  par  des  stations  météorologiques situées à proximité (Figure 1).  

(A)

-400 0 400 800 1200 1600

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

année

mm

précipitation ETP bilan

 

(B)

-400 0 400 800 1200 1600

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 année

mm

précipitation ETP bilan

 

Figure 1  Evolution du bilan hydrique sur les sites de Ercé (A) et Gramond (B)   Pour les deux sites, il s’agit d’un dispositif expérimental à deux facteurs  croisés N et P, qui déterminent 4 traitements : N0P0, N0P1, N1P0 et N1P1 ; avec  N0= 0 kg N ha‐1 an‐1; P0= 0 kg P ha‐1an‐1; P1= 50 kg P ha‐1an‐1 (45% P2O5). La  dose d’azote N1 (NH4NO3) est de 60 kg ha–1 en premier et troisième cycle et  de 100 kg ha–1 en deuxième cycle à Ercé, et de 100 kg ha–1 en premier cycle et 

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de 60 kg ha–1 pour les cycles suivants à Gramond ; les apports de N pour les  repousses ne sont pas systématiques ils sont raisonnés en fonction des  disponibilités hydriques (Tableau 1). Les parcelles sont disposées en blocs  aléatoires avec 4 répétitions. Une dose unique de 400 kg de K ha‐1 an‐1 (KCl)  est apportée sur l’ensemble des parcelles. 

       1998  1999  2000  2001  2002  2003  2004 

Ercé        – 

220  (3) 

220  (3) 

220  (3) 

160  (2) 

160  (2) 

160  (2) 

Gramond       280        (4) 

160  (2) 

220  (3) 

160  (2) 

160  (2) 

100  (1) 

160  (2) 

Tableau 1 Apports annuels de N (kg ha–1) et nombre d’apports (entre parenthèses) pour les  traitements N1 

Avant chaque fauche, un prélèvement de biomasse est réalisé à l’aide  d’un cadre (0.25 m * 0.75 m) sur une zone représentative de l’état de la  parcelle afin de mesurer le rendement de matière sèche. Si les fourrages  contiennent des légumineuses, ils sont triés pour séparer les fractions.  

Après séchage (48 H à 80 °C), les échantillons sont broyés à 0,5 mm. Les  teneurs  en  azote  et  phosphore  sont  mesurées  par  les  méthodes  conventionnelles sur l’ensemble de la récolte ou sur les fractions. 

Pour une récolte donnée, les exportations sont obtenues en multipliant  la matière sèche par les teneurs. Pour N les calculs sont faits en considérant  uniquement la fraction sans légumineuse, on fait l’hypothèse que l’azote  exporté par les espèces fixatrice ne provient pas des réserves du sol. Pour le  phosphore, on additionne les exportations  des deux fractions  récoltées  (légumineuse et non légumineuse). Pour une année donnée, les exportations  totales sont obtenues en additionnant les quantités exportées par chacune  des coupes successives. Les bilans annuels de N et de P sont calculés par  différence entre les apports par la fumure et les exportations par les récoltes. 

Il s’agit de bilans apparents dans la mesure où les apports atmosphériques et  les pertes par lessivage ne sont pas pris en compte dans le calcul. Pour une 

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année donnée, les bilans cumulés sont obtenus en additionnant les bilans  apparents annuels depuis la mise en route de l’essai. 

Les indices de nutrition azotée (Ni) et phosphatée (Pi) du couvert sont  calculés sur les fourrages récoltés sur le premier cycle de croissance au cours  duquel le risque de stress hydrique est le plus faible (Duru and Thélier–

Huché, 1997), en tenant compte des légumineuses, le cas échéant (Cruz, et al. 

2006 ; Jouany, et al. 2005) ; les dates correspondantes sont données dans le  tableau 2.

  1998  1999  2000  2001  2002  2003  2004  Ercé    28/04  19/04  27/04  14/05  21/05  18/05  Gramond  28/04  03/05  17/04  10/05  28/04  19/05  13/05 

Tableau 2  Date de la première coupe 

Résultat et discussion 

Bilans de N 

Les bilans apparents annuels moyens de N toutes années et traitements  confondus sont  ‐ 185 +/‐ 81kg N ha–1 à Ercé et ‐ 144 +/‐ 84 kg N ha–1 à  Gramond ; ces valeurs sont significativement différentes (P =0.0004) (Figure  2).  

Sur les deux sites, le bilan annuel est toujours négatif même pour les  traitements N1, où les exportations de N sont supérieures aux apports. 

On note une variabilité importante  selon l’année et selon le traitement; 

les bilans (kg N ha–1) sont compris entre un minimum de –306 (N1P1, 2000) et  un maximum de –53 (N1P0, 2002) à Ercé et entre un minimum   de    ‐ 306  (N0P1, 1998) et un maximum de –19 (N1P1, et N1P0 2003) à Gramond.  

(7)

Ercé

-400 -300 -200 -100 0 100

1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg N ha -1

  Gramond

-400 -300 -200 -100 0 100

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg N ha -1

  Figure 2. Evolution du bilan annuel de N ({ N0P0; … N0P1; z N1P0; „ N1P1) sur le site 

d’Ercé et Gramond 

A Ercé, les bilans annuels moyens (kg N ha–1) varient entre un minimum  de –284 (2000) et un maximum de  –118 (2002); à Gramond ils varient entre  un minimum de –230 (1998) et un maximum de –40 (2003). 

L’effet d’un apport de N sur les bilans est plus ou moins significatif et  toujours positif, i.e. il réduit le déficit apparent, quels que soient le site ou  l’année, excepté à Ercé en 2000, 2003 et 2004 (NS) et 2001 (P<0.05) où cet effet  est négatif et à Gramond en 2002 et 2004 (NS): en valeur absolue, les bilans  des traitements N1 sont supérieurs à ceux des traitements N0. Ce résultat  rend compte d’une meilleure exploitation des fournitures du sol lorsqu’il y a  un apport de N; ce résultat est à mettre en relation avec les coefficients  apparents d’utilisation de l’azote (CAUN) qui sont supérieurs à 1. 

(8)

On observe un effet significatif et négatif de P seulement en 2002 pour  Ercé et en 1998 pour Gramond ; l’augmentation des exportations de N est la  conséquence de l’augmentation de la production de biomasse liée à l’apport  de P. 

Sur les deux dispositifs on observe une diminution progressive du bilan  apparent cumulé qui devient de plus en plus négatif avec le temps, quel que  soit le niveau de N (Figure 3) ; un palier s’observe sur les deux dispositifs à  partir de 2002 ; il est plus marqué pour les traitements N1. A Ercé les valeurs  du bilan cumulé (kg N ha–1) en 2004 sont de –1255 (N0P1), –1120 (N0P0), –1090  (N1P1) et –982 (N1P0) ; à Gramond elles sont de –1327 (N0P1), –1189 (N0P0), – 779 (N1P1) et –723 (N1P0). 

En valeur absolue, les bilans de N des traitements P1 sont supérieurs à  ceux des traitements Psur la durée de l’étude ; l’apport de P augmente de  manière significative les exportations de N.  

Bilans de P 

Les bilans annuels moyens (kg P ha–1) tous traitements  et années  confondus sont de –8 ± 21 à Ercé et de –10 ± 26 kg P ha–1 à Gramond (Figure  4).  

Les bilans sont négatifs pour les traitements P0 ainsi que pour le  traitement N1P1 à Ercé (2000 et 2001) et à Gramond (1998, et de 2000 à 2002). 

Dans le premier cas le phosphore est prélevé exclusivement à partir des  réserves du sol; dans le deuxième cas les quantités extraites sont supérieures  aux  apports  par  l’engrais.  Les  années  où  les  bilans  sont  positifs  correspondent à des situations d’enrichissement où les exportations sont  inférieures aux apports. Tous traitements et années confondus (Figure 4) , les  valeurs moyennes (kg P ha–1) sont comprises entre un minimum de –41   (N1P0, 2000) et un maximum de 30 (N0P1 2004) à Ercé, entre un minimum de – 61 (N1P0, 1998) et un maximum de 37 (N0P1, 2003) à Gramond. 

         

(9)

Ercé

-1800 -1500 -1200 -900 -600 -300 0

1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg N ha-1

  Gramond

-1800 -1500 -1200 -900 -600 -300 0

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg N ha-1

  Figure 3  Evolution du bilan cumulé de N ({ N0P0; … N0P1; z N1P0; „ N1P1) sur le site 

d’Ercé et Gramond  

Tous traitements confondus, les moyennes annuelles (kg P ha–1) varient  entre un minimum de –18 (2000) et un maximum de 5 (2004) à Ercé, entre un  minimum de –28 (1998) et un maximum de 13 (2003) à Gramond. En  moyenne pour les deux sites, le bilan annuel se répartit selon l’ordre suivant: 

N1P0 < N0P0 < N1P1 < N0P1.  

(10)

Ercé

-80 -60 -40 -20 0 20 40 60

1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg P ha -1

  Gramond

-80 -60 -40 -20 0 20 40 60

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg P ha-1

  Figure 4  Evolution du bilan annuel de P({ N0P0; … N0P1; z N1P0; „ N1P1) sur le site 

d’Ercé (A) et Gramond (B) 

Pour les deux sites, un effet positif et très significatif de P se manifeste  tous les ans (P<0.001). L’effet de N sur le bilan de P est significatif en 2000 et  2001 à Ercé (P<0.01) et en 1998 (P<0.001), 2002 (P<0.05) et 2004 (P<0.01) à  Gramond. Cet effet de N est négatif, il rend compte de l’augmentation des  exportations de P liée à l’augmentation de la production en présence de N  (valeurs non présentées). 

Les bilans cumulés des traitements P1 augmentent de manière continue  dans le temps, alors que  ceux des traitements P0 diminuent progressivement  (Figure 5). Ces évolutions observées illustrent l’effet cumulatif des bilans 

(11)

annuels  (Figure  4).  L’épuisement  des  réserves  est  accentué  pour  le  traitement N1Ppar rapport à N0P0. Pour un niveau donné de P donné, cet  écart augmente avec le temps.  

Ercé

-300 -150 0 150

1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg P ha-1

  Gramond

-300 -150 0 150

1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004

kg P ha-1

 

Figure 5  Evolution du bilan cumulé de P ({ N0P0… N0P1z N1P0„ N1P1) sur le site  d’Ercé et Gramond 

En 2004, sur le site d’Ercé les bilans cumulés (kg P ha–1) sont de –172  (N1P0), –138 (N0P0), 21 (N1P1) et 96 (N0P1) ; à Gramond, ils sont de –246 (N1P0)  –191 (N0P0), 47 (N1P1) et 103 (N0P1). 

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Evolution des indices de nutrition en relation avec les bilans minéraux   Les  indices  mesurés  sur  le  fourrage  récolté  au  premier  cycle  de  croissance de l’année (n) sont mis en relation avec le bilan cumulé calculé à  la fin de l’année (n–1). Sur les deux sites, quel que soit le traitement, on  observe que l’indice Ni est systématiquement inférieur à 100 (Figure 6) ; à  Ercé pour un niveau de bilan donné, celui du traitement N0P1 est supérieur à  celui de N0P0. En présence d’azote (N1) on note à Ercé une diminution  continue de Ni avec le bilan au cours des quatre premières années, suivie  d’un ‘sursaut’ en 2004 ; à Gramond, sur la même période, on note une  variabilité importante de Ni, puis une rupture brusque en 2005. Pour les  parcelles N0, l’indice Ni diminue progressivement avec le bilan ; sur les deux  sites on note un ‘rebond’ en 2004.  

L’évolution de l’indice Pi dans le temps est variable selon le régime de  fertilisation et le site (Figure 7). Quel que soit le niveau initial de la fertilité  phosphaté, Pi répond de manière positive aux apports de P, et de manière  négative à l’azote. Pour les traitements P1, qui correspondent à des régimes  d’enrichissement (N0P1) ou d’équilibre (N1P1), Pi est, à trois exceptions près,  supérieur à 100 ; on n’observe pas de relation entre Pi et l’augmentation du  bilan cumulé quel que soit le site. A Ercé, pour les traitements P0 l’indice Pi  est  toujours  inférieur  à  100 ;  il  augmente  au  départ  puis  diminue  progressivement lorsque le bilan diminue. A Gramond, on n’observe pas de  relation entre les deux variables quel que soit le niveau d’azote. Pour des  bilans compris entre 0 et –250  kg de P, l’indice Pi moyen oscille entre 62 et  140, sans montrer de tendance particulière ; pour un niveau de bilan donné,  il est toujours inférieur pour le traitement N1 par rapport à N0

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Ni

20 40 60 80 100 120 140

-1400 -1200 -1000 -800 -600 -400 -200 0 bilan de N (F - E) (kg ha -1)

Ercé

Ni

20 40 60 80 100 120

-1400 -1200 -1000 -800 -600 -400 -200 0 bilan de N (F - E) (kg ha -1)

Gramond

Figure 6  Evolution de Ni (année ‘n’) en relation avec le bilan cultural (F – E)  (année ‘n‐1’)  sur le site d’Ercé et de Gramond ({ N0P0; … N0P1; z N1P0; „ N1P1)   

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Pi

40 60 80 100 120 140 160

-300 -200 -100 0 100 200

bilan de P (F - E) (kg ha -1) Ercé

Pi

40 60 80 100 120 140 160

-300 -200 -100 0 100 200

bilan de P (F - E) (kg ha -1) Gramond

Figure 7  Evolution de Pi (année ‘n’) en relation avec le bilan cultural (F–E) (année ‘n–1’)  sur le site d’Ercé et de Gramond ({ N0P0… N0P1z N1P0„ N1P1).  

Discussion et Conclusion 

Le suivi des bilans et des indices Ni et Pi sur plusieurs années permet de  mettre en évidence les effets direct des bilans sur les niveaux de nutrition,  ainsi que des effets différés liés aux  conditions climatiques particulières. 

La rupture observée pour les bilans de N et dans une moindre mesure  de P entre 2002 et 2003 (Figures 3 et 5) rend compte de la diminution des 

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flux annuels de N et de P ; elle est à mettre en relation avec les conditions  climatiques exceptionnelles de 2003, conjonction d’un stress hydrique et  thermique  sévères en fin  de  printemps,  qui  ont pénalisé fortement  la  croissance de la prairie et limité les exportations de minéraux par rapport  aux années précédentes. 

En ce qui concerne Ni, on observe sur les deux sites que lorsqu’il n’y a  pas d’apport d’azote (traitements N0), l’évolution continue de l’indice avec le  bilan rend compte de l’épuisement progressif des réserves du sol en azote  facilement minéralisable. Lorsqu’il y a un apport de N (traitements N1),  l’évolution se fait de manière discontinue ; cette variabilité plus grande rend  compte de la fluctuation interannuelle des flux de N (Table 1).   

En ce qui concerne Pi, lorsqu’il n’y a pas d’apport de phosphore  (traitements P0), si le niveau de P biodisponible est faible (Ercé), l’évolution  des  indices  Pi  rend  compte  de  l’épuisement  du  compartiment  du  P  biodisponible. Des résultats semblables sont reportés par Thélier–Huché et  al., (1996). A Gramond, où le niveau de P biodisponible reste élevé même  après 6 ans d’impasse, les réserves du sol sont suffisantes pour alimenter le  couvert  de  manière  satisfaisante,  les  indices  Pi  restent  élevés  et  sont  indépendants des bilans de P. 

Cependant, pour les deux sites, on observe une rupture importante  dans l’évolution des indices entre 2003 et   2004. Ces évolutions sont des  effets différés des conditions climatiques exceptionnelles de 2003 (stress  hydrique et thermique). L’augmentation relative du niveau de nutrition N  en 2004 est liée au fait que en 2003 les exportations de N ont été limitées du  fait d’une production réduite (Figure 3) ; d’autre part, fin 2003 on a observé  une  forte  mortalité  des  talles  qui  a  produit  des  quantités  de  litières  supérieures à celles observées habituellement, qui ont libéré de l’azote  l’année suivante (2004). On fait l’hypothèse que l’effet des stress sur la  biomasse microbienne du sol a eu des conséquences identiques sur le cycle  de N (Wu & Brookes, 2005). Ce comportement particulier de l’indice Ni en  2004 a été rapporté également par les laboratoires d’analyse qui ont mesuré  des Ni particulièrement élevés. 

L’ensemble des résultats présentés dans cette étude nous permet de  préciser les domaines de validité des indices de nutrition Ni et Pi. Sur des  prairies permanentes implantées sur des sols de milieu fertile et exploitées  en fauche, les indices de nutrition sont capables de rendre compte à un  instant donné de l’augmentation de la disponibilité de N ou de P observée 

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suite à un apport de fertilisant ; ils sont de bons indicateurs a posteriori des  conditions d’alimentation minérale du couvert. Le suivi pluri annuel des  indices Ni et Pi permet de mettre en évidence les interactions qui existent  entre  l’alimentation minérale (N et P)  du couvert et les disponibilités  hydriques. Les stress hydriques entraînent une variabilité interannuelle des  indices, d’autant plus importante que le niveau des disponibilités est élevé.  

En absence de fertilisation azotée, Ni mesuré sur le premier cycle rend  compte de la diminution du stock d’azote du sol facilement minéralisable,  quel  que  soit  le  statut  organique  du  sol.  En  absence  de  fertilisation  phosphatée, on n’observe pas de relation systématique entre Pi et le bilan  cultural de P, celle ci est conditionnée par le  niveau initial de fertilité P. 

Ces  résultats  montrent  qu’il y  a  des limites  à utiliser  l’évolution  interannuelle de Pi à des fins de pronostic. En effet, une variation de Pi  mesurée une année ‘n’ donnée, relativement à l’année ‘n–1‘, peut être liée au  changement de disponibilité de P dans le sol, mais elle peut également être  la conséquence d’une variation du niveau de nutrition N. Une diminution de  Pi peut être directement liée à la diminution de la disponibilité de P dans le  sol, mais aussi, la conséquence d’un déficit hydrique sur l’absorption de P. 

Le suivi pluri annuel démontre que les indices Pi sont d’un intérêt  limité lorsqu’il s’agit d’évaluer a priori le niveau de biodisponibilité du P  dans les sols de prairies permanente. A cette fin, l’analyse de sol semble un  outil prometteur ; en effet, les résultats obtenus par Stroia (2007) sur ces  deux dispositifs montrent que le P soluble à l’eau est un indicateur sensible  pour rendre compte de l’évolution des bilans de P, en régime déficitaire,  équilibré ou excédentaire. 

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