La réduction du temps de travail

Texte intégral

(1)

Décroissance Suisse – Note de synthèse no 1

La réduction du temps de travail

Assurer une bonne vie pour tou.te.x.s au sein des limites planétaires exige des changements profonds de l'économie et de la société. Les notes de synthèse de Décroissance Suisse proposent des éléments de réflexion au sujet d’interventions politiques spécifiques et de leur potentiel comme levier d’action pour réaliser une transformation socio-écologique.

I. La réduction du temps de travail en bref

Les propositions de réduction du temps de travail (RTT) visent à diminuer le temps que les gens consacrent au travail salarié.

Points essentiels

• Le travail salarié, et le temps que la population y consacre, est un facteur déterminant pour la structure et la taille de l'économie, pour son empreinte écologique, ainsi que pour la vie quotidienne des gens.

• La réduction du temps de travail (RTT) peut améliorer le bien-être des personnes et contribuer à une répartition plus équitable du travail dans la société.

• La RTT peut contribuer à atténuer les pressions sur l'environnement si elle est conçue à cette fin et si elle est associée à des mesures complémentaires. La manière spécifique dont la RTT est mise en œuvre détermine ses effets sociaux, écologiques et économiques.

(2)

II. Pertinence : Le rôle du travail dans l'économie - et sa transformation socio-écologique Le travail est un aspect central de la vie humaine, et sa forme prédominante dans les économies capitalistes est le travail salarié.i Le temps que les gens passent dans un emploi salarié déploie de nombreux effets au niveau économique, social et écologique. Pour réorganiser l'économie de manière à respecter les limites de la planète et à permettre une bonne vie pour tou.te.x.s, il faut donc examiner comment nous travaillons, dans quel but et combien de temps.

III. Réalisation de la RTT : mesures et exemples concrets a. Mise en œuvre

• La RTT peut être mis en œuvre de multiples façons. Le temps de travail peut être réduit à l’échelle temporelle quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, annuelle ou sur la durée de toute une vie.ii Elle peut être introduite au niveau de l'entreprise, du secteur ou de l’économie dans son ensemble. La RTT peut être imposée ou encouragée.iii

• Les mesures politiques spécifiques comprennent :

oImposition d'une limite légale au nombre d’heures de travail hebdomadaire par employé..eiv

oRenforcer les droits des travailleur.euses à exiger une RTT, par exemple sous la forme de congés sabbatiques et de travail à temps partiel.v

oAvantages et crédits d'impôt pour les entreprises et les particulier.ères qui optent pour la RTT.vi

oUne éducation plus longue et une retraite anticipée pour réduire le nombre total d'années qu'une personne passe dans un emploi rémunéré au cours de sa vie.vii

b. Exemples de cas

• Islande : Introduction d’une RTT hebdomadaire avec compensation salariale intégrale et réduction consécutive du temps de travail pour 86 % de la population.viii

• Suède : Réduction temporaire de la durée de travail hebdomadaire à 30 heures par semaine dans une maison de soins infirmiers à Göteborg, financée par des fonds publics.ix

• France : Réduction progressive de la durée légale maximale du temps de travail hebdomadaire de 39 à 35 heures par semaine entre 1998 et 2008.x

(3)

IV. La RTT pour le bien-être et l'égalité : potentiel social et réserves a. Potentiel

• Amélioration du bien-être : Une réduction du temps de travail au niveau individuel est susceptible d'améliorer le bien-être des personnes, par exemple en libérant du temps pour les activités créatives, le sport, le repos ainsi que les relations sociales.xi

• Partage du travail : La réduction du nombre d'heures de travail au niveau individuel peut faciliter une répartition plus équitable du travail, tant au sein de la population active que dans la société en général. Le partage du travail peut agir sur différentes dimensions.

oLa RTT pourrait viser la redistribution du travail entre les personnes surmenées et les personnes à la recherche d'un emploi.xii

oUne grande partie des travaux essentiels et liés à la reproduction, notamment les soins apportés aux proches, sont effectués "gratuitement" par les femmes. Une réduction du travail rémunéré libérerait du temps pour ces tâches et permettrait ainsi une répartition plus équitable des tâches reproductives entre les hommes et les femmes.xiii

oLe partage du travail peut également induire une répartition plus équitable des emplois indésirables et pénibles, souvent mal rémunérés et précaires.xiv

b. Réserves

• Réductions de salaire : La RTT accompagnée d'une réduction simultanée des salaires peut avoir des effets négatifs sur le bien-être des ménages à faibles revenus en raison des réductions du pouvoir d'achat. Les hauts revenus peuvent en bénéficier de manière disproportionnée, ce qui accroît les inégalités.xv

• Coordination : Le partage du travail et la répartition plus équitable du travail ne résultent pas « automatiquement » de la RTT. Par exemple, si le choix est volontaire, les femmes peuvent opter plus fréquemment pour la RTT et continuer à effectuer l'essentiel du travail lié à la reproduction dans le ménage.xvi Réaliser une répartition plus équitable du travail peut nécessiter des mesures supplémentaires, comme des mécanismes de coordination spécifiques ou des mesures pour l'éducation et la formation.xvii

(4)

V. La RTT pour sauver le climat ? Potentiel écologique et réserves a. Potentiel

• Réduction d’échelle : La réduction du temps de travail global peut diminuer l'impact environnemental de l’économie dans son ensemble en facilitant la réduction et la stabilisation de la production, ainsi que l'utilisation des ressources et les émissions de gaz à effet de serre qui y sont liées. En réduisant le nombre d'heures par travailleur.euse plutôt que le nombre d'emplois, la RTT peut contrer le chômage qui peut apparaître au cours de la réduction de l'activité économique et de l'élimination progressive de certains secteurs.xviii

• Diminution de la dépendance à la croissance : La RTT peut alléger la contrainte à poursuivre la croissance économique à tout prix comme seul moyen de prévenir le

« chômage technologique », c'est-à-dire le chômage résultant du licenciement de la main-d'œuvre en raison de l'augmentation de la productivité du travail.xix

• Mode de vie durable : Au niveau individuel, le fait de passer moins de temps dans le travail salarié permet d'adopter des modes de vie plus lents et plus durables, par exemple se déplacer à vélo plutôt qu'en voiture, en train plutôt qu'en avion.xx La RTT sans compensation salariale complète réduirait le pouvoir d'achat des personnes, et donc potentiellement l'impact environnemental lié à la consommation.xxi

b. Réserves

• Automatisation : Si la RTT augmente le coût de la main-d'œuvre pour les entreprises, il peut stimuler la substitution de la main-d'œuvre par des machines, de sorte que la production et l'impact environnemental connexe resteront constants ou augmenteront.xxii

• Temps de travail global : La RTT au niveau individuel ne réduit pas automatiquement le temps de travail dans l'économie dans son ensemble. La RTT peut permettre à un plus grand nombre de personnes de travailler, de sorte que le temps de travail global augmente, permettant ainsi une croissance continue de la production.xxiii

• Productivité du travail : La productivité du travail peut augmenter à la suite de la RTT grâce à une augmentation du bien-être et de la santé des travailleur.euses. Cet effet de

(5)

• Effets de rebond temporels : Le temps libre nouvellement acquis peut être utilisé pour une consommation et un mode de vie à forte intensité de carbone et de ressources, comme l'intensification des voyages en avion.xxv Une compensation salariale complète ou élevée peut augmenter une telle probabilité.

VI. La réduction du temps de travail pour changer le système ? Potentiel et réserves a. Potentiel

• Changement des priorités : La RTT permet de consacrer plus de temps aux activités non marchandes et non monétisées.xxvi Elle pourrait contribuer à déplacer l'accent mis actuellement sur la richesse monétaire et matérielle vers la "richesse en temps", sur la production vers la reproduction et les soins apportés aux proches.xxvii

• Participation : Le temps libéré du travail salarié facilite l'engagement social et politique et peut ainsi contribuer au renforcement des processus démocratiques et participatifs - un aspect important de la transformation socio-écologique.xxviii

• Repenser le travail et l'organisation économique : La RTT pourrait ouvrir un espace et une demande pour une réorganisation plus générale du travail, de la production et de l'approvisionnement en biens et services. xxix

b. Réserves

• Dépendance au profit : Dans une économie concurrentielle où la survie des entreprises dépend du profit, les entreprises sont sous pression pour augmenter la production, la productivité du travail et le temps de travail.xxx La RTT risque donc de se heurter à des résistances. Les entreprises peuvent réagir à la RTT en adoptant des pratiques qui leur permettent de poursuivre leur croissance et de réaliser des bénéfices, mais qui peuvent être indésirables sur le plan social et environnemental, par exemple une pression à la baisse sur les salaires ou l'intensification de l'utilisation de l'énergie et des ressources comme moyen de substitution au travail.xxxi

• Concurrence mondiale et dépendance à la croissance : La concurrence internationale et les dépendances de la croissance à l'intérieur des pays sont des obstacles supplémentaires à l'adoption d’une RTT, car elles exercent une pression sur les entreprises et les gouvernements. xxxii

(6)

• Dépendance salariale : La RTT ne supprime pas la dépendance des personnes à l'égard du travail salarié, qui persiste tant que l'accès aux biens et services essentiels nécessite un paiement monétaire. xxxiii

VII.Principaux défis et voies à suivre

a. Détermination du (temps de) travail nécessaire et souhaitable

La quantité totale de travail nécessaire dans une économie n'est ni fixe ni donnée. Elle dépend de nombreux facteurs, notamment de la technologie, des niveaux souhaitables de production et de travail, ainsi que de leur qualité respective. Par exemple, le fait de privilégier les soins et les pratiques économiques durables peut entraîner une augmentation du temps de travail nécessaire.xxxiv Tout réforme du temps de travail doit être conçu en tenant compte des conditions existantes et des trajectoires de transition envisagées pour l'économie. xxxv

b. Répartition socio-écologique du travail

Aligner la quantité de travail et les types d’emplois dans l'économie sur les objectifs sociaux et écologiques exige une coordination, par exemple une RTT dans l'industrie fossile et une augmentation de la production d'énergie renouvelable. Pour garantir la bonne orientation et le soutien des besoins pour de telles transformations et pour renforcer la démocratie, il convient de faire participer et les citoyens et les travailleurs dans des processus de délibération et de décision, y compris sur le lieu de travail.xxxvi

c. Compensation salariale

Les implications sociales, écologiques et économiques négatives liées à la compensation salariale doivent être abordées de front. Cela peut inclure :

oUne compensation salariale différenciée, c'est-à-dire une compensation salariale complète ou élevée aux niveaux de revenus inférieurs et une compensation salariale nulle ou faible aux niveaux de revenus supérieurs. xxxvii

oLa garantie d’un accès universel aux biens et services essentiels, notamment le logement, l'alimentation et l'électricité, afin de faciliter des modes de vie durables et de garantir la satisfaction des besoins des personnes, indépendamment des salaires et du temps de travail.xxxviii

(7)

d. Usage du temps

Les effets sociaux et écologiques de la RTT varieront en fonction de la manière dont les gens utilisent leur temps nouvellement libéré. L'utilisation durable du temps peut être encouragée et rendue possible à travers :

oUn accès universel aux biens et services essentiels.xxxix

oL'interdiction ou la réglementation de la publicité et des autres outils marketing afin de limiter la stimulation permanente de nouveaux besoins et réduire la consommation excessive. xl

oUne réforme résolue de l'éducation xli

oLa réglementation de la consommation de produits et services de luxe à forte intensité de carbone et de ressources, par exemple une taxe « frequent flyer » individualisée et progressive sur les limiter les voyages aériens excessifs.xlii

e. Prévenir le dépassement des limites écologique

La RTT ne permettra pas à elle seule de résoudre la crise climatique. Outre les changements au niveau individuel, la mise en place de plafonds absolus pour les émissions et l'utilisation des ressources sont indispensables pour fixer les limites des quantités pouvant être extraites, émises, produites et consommées dans l'économie.xliii

f. Surmonter la dépendance à la croissance et au profit

La pression exercée par la poursuite de la croissance de la production et du profit peut entraver les effets socialement et écologiquement souhaitables de la RTT. La réduction de la dépendance à l'égard de la croissance et du profit nécessite des changements systémiques dans l'organisation de l'économie, y compris des politiques fiscales et monétaires alternatives, ainsi que des formes communes et démocratiques de propriété et de gouvernance des ressources essentielles, des systèmes d'approvisionnement et des organisations.xliv

(8)

iUrsula Huws, Labour in Contemporary Capitalism. What Next? (London: Palgrave Macmillan, 2019).

ii Miklós Antal et al., ‘Is Working Less Really Good for the Environment? A Systematic Review of the Empirical Evidence for Resource Use, Greenhouse Gas Emissions and the Ecological Footprint’, Environmental Research Letters 16, no. 1 (2021), https://doi.org/10.1088/1748- 9326/abceec.

iii Stan De Spiegelaere and Agnieszka Piasna, ‘The Why and How of Working Time Reduction’ (European Trade Union Institute, 2017); Steffen Lange, Macroeconomics Without Growth. Sustainable Economies in Neoclassical, Keynesian and Marxian Theories (Marburg: Metropolis-Verlag, 2018).

iv Timothée Parrique, ‘The Political Economy of Degrowth’ (phdthesis, Université Clermont Auvergne and Stockholms Universitet, 2019), https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02499463.

v Martin Pullinger, ‘Working Time Reduction Policy in a Sustainable Economy: Criteria and Options for Its Design’, Ecological Economics 103 (2014):

11–19, https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2014.04.009.

vi Pullinger.

vii Parrique, ‘The Political Economy of Degrowth’.

viii Gudmundur D. Haraldsson and Jack Kellam, ‘Going Public: Iceland’s Journeyto a Shorter Working Week’ (Alda and Autonomy, 2021).

ix De Spiegelaere and Piasna, ‘The Why and How of Working Time Reduction’.

x De Spiegelaere and Piasna; P. Askenazy, ‘Working Time Regulation in France from 1996 to 2012’, Cambridge Journal of Economics 37, no. 2 (2013): 323–47, https://doi.org/10.1093/cje/bes084.

xi Ryan Gunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies: Or Why the Climate Needs a Renewed Labor Movement’, Journal of Environmental Studies and Sciences 9, no. 1 (2018): 35–44, https://doi.org/10.1007/s13412-018-0507-4; Ola Persson, Jörgen Larsson, and Jonas Nässén, ‘Working Less by Choice: What Are the Benefits and Hardships?’, Sustainability: Science, Practice and Policy 18, no. 1 (2022): 81–96, https://doi.org/10.1080/15487733.2021.2023292; Klara Zwickl, Franziska Disslbacher, and Sigrid Stagl, ‘Work-Sharing for a Sustainable Economy’, Ecological Economics 121 (2016): 246–53, https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2015.06.009; Giorgos Kallis et al., ‘“Friday off”: Reducing Working Hours in Europe’, Sustainability 5, no. 4 (2013): 1545–67.

xii Zwickl, Disslbacher, and Stagl, ‘Work-Sharing for a Sustainable Economy’; David A. Spencer, ‘Fear and Hope in an Age of Mass Automation:

Debating the Future of Work’, New Technology, Work, and Employment 33, no. 1 (2018): 1–12, https://doi.org/10.1111/ntwe.12105.

xiii Marco Deriu, ‘Democracies with a Future: Degrowth and the Democratic Tradition’, Futures 44, no. 6 (August 2012): 553–61, https://doi.org/10.1016/j.futures.2012.03.016; Corinna Dengler and Birte Strunk, ‘The Monetized Economy Versus Care and the Environment:

Degrowth Perspectives On Reconciling an Antagonism’, Feminist Economics 24, no. 3 (3 July 2018): 160–83, https://doi.org/10.1080/13545701.2017.1383620.

xiv Parrique, ‘The Political Economy of Degrowth’.

xv Persson, Larsson, and Nässén, ‘Working Less by Choice’.

xvi Persson, Larsson, and Nässén.

xvii “Friday Off”’; Elena Hofferberth, ‘Pathways to an Equitable Post-Growth Economy. Towards an Economics for Social-Ecological Transformation’ (unpublished, Leeds, University of Leeds, 2021); Anna Coote, Jane Franklin, and Andrew Simms, ‘21 Hours. Why a Shorter Working Week Can Help Us All to Flourish in the 21st Century’ (London: New Economics Foundation, 2010).

xviii Tim Jackson and Peter Victor, ‘Productivity and Work in the “Green Economy”: Some Theoretical Reflections and Empirical Tests’,

Environmental Innovation and Societal Transitions 1, no. 1 (2011): 101–8.

xix Jackson and Victor; J. H Spangenberg, ‘The Growth Discourse, Growth Policy and Sustainable Development: Two Thought Experiments’, Journal of Cleaner Production 18, no. 6 (2010): 561–66.

xx Gunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies’; Gerrit von Jorck et al., ‘Sozial- Ökologische Arbeitspolitik’, VÖW Diskussionspapier, 2018; Kallis et al., ‘“Friday Off”’.

xxi Antal et al., ‘Is Working Less Really Good for the Environment?’

(9)

xxv Gunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies’; von Jorck et al., ‘Sozial-Ökologische Arbeitspolitik’.

xxvi Gunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies’.

xxvii Dengler and Strunk, ‘The Monetized Economy Versus Care and the Environment’.

xxviii Kallis et al., ‘“Friday Off”’.

xxix cf. Parrique, ‘The Political Economy of Degrowth’.

xxxGunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies’; Spencer, ‘Fear and Hope in an Age of Mass Automation’; Eric Pineault, ‘Growth and Over-Accumulation in Advanced Capitalism: Some Critical Reflections on the Political Economy and Ecological Economics of Degrowth’, Working Paper Der DFG-Kollegforscher_innengruppe Postwachstumsgesellschaften 5/2016 (2016).

xxxicf. Antal et al., ‘Is Working Less Really Good for the Environment?’; Hofferberth, ‘Pathways to an Equitable Post-Growth Economy. Towards an Economics for Social-Ecological Transformation’; Spencer, ‘Fear and Hope in an Age of Mass Automation’.

xxxii Christine Corlet Walker, Angela Druckman, and Tim Jackson, ‘Welfare Systems without Economic Growth: A Review of the Challenges and

next Steps for the Field’, Ecological Economics 186 (2021): 107066-, https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2021.107066; Positive Money, ‘Escaping Growth Dependency’ (London: Positive Money, 2018); Ann Pettifor, The Case for the Green New Deal (London: Verso, 2019).

xxxiii Hofferberth, ‘Pathways to an Equitable Post-Growth Economy. Towards an Economics for Social-Ecological Transformation’.

xxxiv Miklós Antal and Jeroen C.J.M. van den Bergh, ‘Macroeconomics, Financial Crisis and the Environment: Strategies for a Sustainability Transition’,

Environmental Innovation and Societal Transitions 6 (March 2013): 47–66, https://doi.org/10.1016/j.eist.2013.01.002; Kallis et al., ‘“Friday Off”’.

xxxv Kallis et al., ‘“Friday Off”’; Antal et al., ‘Is Working Less Really Good for the Environment?’; Zwickl, Disslbacher, and Stagl, ‘Work-Sharing for a Sustainable Economy’.

xxxvi Gunderson, ‘Work Time Reduction and Economic Democracy as Climate Change Mitigation Strategies’; Max Koch, Jayeon Lindellee, and

Johanna Alkan Olsson, ‘Beyond the Growth Imperative and Neoliberal Doxa: Expanding Alternative Societal Spaces through Deliberative Citizen Forums on Needs Satisfaction’, Real World Economics Review, no. 96 (2021): 168–83; Spencer, ‘Fear and Hope in an Age of Mass Automation’.

xxxvii Christoph Bader et al., ‘Weniger Ist Mehr – Der Dreifache Gewinn Einer Reduktion Der Erwerbsarbeitszeit. Weniger Arbeiten Als

Transformationsstrategie Für Eine Ökologischere, Gerechtere Und Zufriedenere Gesellschaft - Implikationen Für Die Schweiz’, CDE Working Paper (Bern: Centre for Development and Environment, 2020).

xxxviii Jefim Vogel et al., ‘Socio-Economic Conditions for Satisfying Human Needs at Low Energy Use: An International Analysis of Social

Provisioning’, Global Environmental Change, 29 June 2021, 102287, https://doi.org/10.1016/j.gloenvcha.2021.102287; Milena Büchs, Diana Ivanova, and Sylke V. Schnepf, ‘Fairness, Effectiveness, and Needs Satisfaction: New Options for Designing Climate Policies’, Environmental Research Letters 16, no. 12 (2021): 124026-, https://doi.org/10.1088/1748-9326/ac2cb1.

xxxix Anna Coote, ‘Universal Basic Services and Sustainable Consumption’, Sustainability: Science, Practice and Policy 17, no. 1 (2021): 32–46,

https://doi.org/10.1080/15487733.2020.1843854.

xl Lange, Macroeconomics Without Growth. Sustainable Economies in Neoclassical, Keynesian and Marxian Theories.

xli Nadine Kaufmann, Christoph Sanders, and Julian Wortmann, ‘Building New Foundations: The Future of Education from a Degrowth Perspective’, Sustainability Science, 6 May 2019, 1–11, https://doi.org/10.1007/s11625-019-00699-4.

xlii Yannick Oswald, Anne Owen, and Julia K. Steinberger, ‘Large Inequality in International and Intranational Energy Footprints between Income Groups and across Consumption Categories’, Nature Energy 5, no. 3 (2020): 231–39, https://doi.org/10.1038/s41560-020-0579-8.

xliii Hofferberth, ‘Pathways to an Equitable Post-Growth Economy. Towards an Economics for Social-Ecological Transformation’; Giorgos Kallis

and Joan Martinez-Alier, ‘Caps Yes, but How? A Response to Alcott’, Journal of Cleaner Production 18, no. 15 (1 November 2010): 1570–73, https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2010.06.010.

xliv Johannes Euler, ‘The Commons: A Social Form That Allows for Degrowth and Sustainability’, Capitalism Nature Socialism 30, no. 2 (2019): 1–18, https://doi.org/10.1080/10455752.2018.1449874; Lange, Macroeconomics Without Growth. Sustainable Economies in Neoclassical, Keynesian and Marxian Theories; Spencer, ‘Fear and Hope in an Age of Mass Automation’.

(10)

Publié par

Décroissance Suisse

contact@degrowth-switzerland.ch www.degrowth-switzerland.ch

Autrice

Elena Hofferberth

Remerciements

L'autrice remercie Miklós Antal, Timothée Parrique, David Spencer et les membres de de Décroissance Suisse pour leurs précieux commentaires et suggestions.

Disclaimer

Les opinions exprimées dans les notes de synthèse de Décroissance Suisse sont celles des autrices et auteurs et ne représentent pas nécessairement la position officielle de cette association.

Mise en page Anastasia Linn

Traduction Pierre Kohler

Ce document est publié sous la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0.

9 avril 2022.

Figure

Updating...

Références

Updating...

Sujets connexes :