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To cite this version:
Sébastien Lahaye, Aiwen Lai, Jan Komenda. Contribution à la déterminisation des automates max-
plus. 11ème Colloque sur la Modélisation des Systèmes Réactifs, Nov 2017, Marseille, France. �hal-
02481732�
Contribution ` a la d´eterminisation des automates max-plus
S´ ebastien Lahaye
1, Aiwen Lai
1, and Jan Komenda
2∗1
LARIS, Universit´ e d’Angers, France [email protected]
2
Institute of Mathematics - Brno Branch, Czech Academy of Sciences, Czech Republic [email protected]
Abstract
Tous les automates max-plus ne peuvent pas ˆ etre d´ eterminis´ es, c’est-` a-dire transform´ es en un au- tomate max-plus d´ eterministe ayant le mˆ eme comportement. Une g´ en´ eralisation aux automates max- plus de la proc´ edure classique de s´ equentialisation a malgr´ e tout ´ et´ e intensivement ´ etudi´ ee et celle-ci aboutit pour des sous-classes importantes. Cette proc´ edure utilise une condition sur la normalisation des vecteurs d’´ etat pour d´ etecter et fusionner les ´ etats ` a partir desquels le comportement est semblable.
Dans cette contribution, on identifie une nouvelle condition, moins forte, garantissant cette propri´ et´ e.
Cela permet d’am´ eliorer la proc´ edure de d´ eterminisation, si bien qu’elle termine pour une classe plus large d’automates max-plus.
1 Introduction
Les automates ` a multiplicit´ es (ou automates pond´ er´ es pour traduction litt´ erale de weighted automata) g´ en´ eralisent les automates finis en adjoignant des poids aux transitions. Un tel poids peut par exemple permettre de mod´ eliser une dur´ ee associ´ ee ` a la transition ou encore la probabilit´ e de son occurrence. Ces poids sont souvent consid´ er´ es appartenir ` a un semi- anneau et les automates ` a multiplicit´ es sur un semi-anneau ont ´ et´ e largement ´ etudi´ es depuis une cinquantaine d’ann´ ees [3]. Ils trouvent des applications notamment en reconnaissance de la parole, compression d’images [3, Part IV], syst` emes ` a ´ ev´ enements discrets [5, 10]. Dans cette communication, nous consid´ erons des poids appartenant au semi-anneau ( R ∪{−∞}, max, +) et on parle d’automates max-plus (n´ eanmoins les d´ eveloppements propos´ es peuvent certainement ˆ
etre adapt´ es ` a tout autre semi-anneau).
La plupart des bonnes propri´ et´ es algorithmiques des automates finis ne se v´ erifient pas pour les automates ` a multiplicit´ es. En particulier, l’inclusion de langages correspond ` a l’in´ egalit´ e entre les comportements d’automates pond´ er´ es qui est ind´ ecidable [8]. De nombreux travaux ont de ce fait port´ e sur des sous-classes pour lesquelles ce probl` eme devient d´ ecidable. Cela inclut la classe des automates pond´ er´ es d´ eterministes (aussi parfois qualifi´ es de s´ equentiels) pour lesquels l’automate fini sous-jacent (i.e. en oubliant les pond´ erations) est d´ eterministe. Dans ce contexte, le probl` eme de d´ eterminisation d’un automate pond´ er´ e, c’est-` a-dire sa transformation en un automate d´ eterministe ayant le mˆ eme comportement, trouve une place pr´ epond´ erante.
Il s’av` ere que tous les automates pond´ er´ es ne peuvent pas ˆ etre d´ eterminis´ es (voir par exemple [11]), mais la proc´ edure de d´ eterminisation faisant r´ ef´ erence [5, 12] termine tout de mˆ eme pour des sous-classes notables [7].
Dans la continuit´ e de [9], on propose d’am´ eliorer cette proc´ edure. L’id´ ee directrice est de chercher une condition plus faible pour d´ etecter des ´ etats pouvant ˆ etre fusionn´ es et ainsi ´ elargir la classe d’automates pouvant ˆ etre trait´ es avec succ` es. ` A nos yeux, plusieurs contributions dans ce travail peuvent ˆ etre soulign´ ees :
∗Ce travail a ´et´e soutenu par GA ˇCR projet no. 15-02532S et par RVO 67985840
• on consid` ere ici des automates max-plus sans hypoth` ese restrictive (alors que dans [9] on se restreignait ` a des automates pour lesquels tous les ´ etats ´ etaient consid´ er´ es comme finaux) ;
• on propose une condition pour caract´ eriser les ´ etats fusionnables qui est moins forte que toutes celles propos´ ees pr´ ec´ edemment ;
• on montre que cette condition peut se formuler en un probl` eme de comparaison de com- portements d’automates d´ efinis ”sur mesure”. Cela nous permet d’utiliser un travail de la litt´ erature, qui propose une g´ en´ eralisation du concept de (bi)simulation, pour modi- fier la proc´ edure de d´ eterminisation de sorte qu’elle aboutit pour un plus grand nombre d’automates max-plus.
Notons qu’un raffinement de la proc´ edure de d´ eterminisation a aussi ´ et´ e propos´ e dans [6]
mais sous un angle diff´ erent. Ajoutons enfin que pour faire face ` a la difficult´ e du probl` eme, des approches de d´ eterminisation ”approch´ ees” ont ´ egalement ´ et´ e propos´ ees. En particulier dans [4], des avanc´ ees importantes sont propos´ ees pour construire un automate d´ eterministe dont le comportement s’´ ecarte au plus d’une valeur dite de regret vis-` a-vis du comportement de l’automate non d´ eterministe consid´ er´ e.
La section suivante contient des rappels sur les notions et outils utilis´ es. La proc´ edure existante de d´ eterminisation des automates max-plus est ensuite pr´ esent´ ee et discut´ ee. Les quatri` eme et cinqui` eme sections sont d´ edi` ees ` a notre contribution. Il s’ensuit une conclusion o` u sont ´ evoqu´ ees les perspectives ouvertes par ce travail.
2 Pr´ eliminaires
On rappelle ici un ensemble de d´ efinitions, notations et r´ esultats bien connus (consulter, par exemple, les r´ ef´ erences [1, 13, 3, 5] pour des pr´ esentations d´ etaill´ ees).
L’ensemble R ∪ {−∞} avec l’op´ eration maximum jouant le rˆ ole d’addition et l’addition usuelle jouant le rˆ ole de multiplication est un semi-anneau idempotent, not´ e R
maxet sou- vent appel´ e alg` ebre max-plus. L’addition ⊕ (resp., la multiplication ⊗) admet un ´ el´ ement nul ε = −∞ (resp., un ´ el´ ement unit´ e e = 0). Pour x ∈ R
maxet x 6= ε, on note x
−1l’inverse de x, c.-` a-d. l’´ el´ ement de R
maxtel que x
−1⊗ x = x ⊗ x
−1= e, ` a savoir x
−1vaut −x. Par la suite, on s’autorisera ` a omettre le symbole multiplicatif quand il n’y a pas d’ambiguit´ e.
L’ensemble des matrices n×n ` a coefficients dans R
max, muni de l’addition et de la multiplication matricielles d´ efinies de fa¸ con conventionnelle ` a partir de ⊕ et ⊗, est ´ egalement un semi-anneau idempotent, not´ e R
n×nmax. L’´ el´ ement nul est la matrice compos´ ee exclusivement de ε (= −∞) et ´ egalement not´ ee ε. On note I
nl’´ el´ ement identit´ e qui est la matrice avec des e (= 0) sur la diagonale et ε (= −∞) partout ailleurs. La puissance k-i` eme d’une matrice max-plus carr´ ee est not´ ee A
k. En toute rigueur, les op´ erations entre matrices non carr´ ees requi` erent de plonger ces matrices dans un semi-anneau de matrices carr´ ees. Par exemple le produit A ⊗ B avec A ∈ R
m×nmax, B ∈ R
n×pmaxet n > m, n > p n´ ecessite de projeter A et B dans R
n×nmaxen ajoutant n − m lignes (resp. n − p colonnes) remplies de ε dans A (resp. dans B). Pour all´ eger la pr´ esentation, cette manipulation sera souvent omise (sans affecter les r´ esultats), en outre les coefficients ´ egaux ` a ε dans les matrices seront remplac´ es par ’·’.
Si Σ est un ensemble fini (alphabet), le mono¨ıde libre sur Σ est d´ efini comme l’ensemble Σ
∗de mots finis form´ es ` a partir de lettres dans Σ. Un mot w ∈ Σ
∗s’´ ecrit comme une s´ equence
w = a
1a
2. . . a
pavec a
1, a
2, . . ., a
p∈ Σ et p un entier naturel (w est la concat´ enation de a
1, a
2,
. . ., a
p). Le mot vide est not´ e . Un mot u est dit ˆ etre un pr´ efixe de w s’il existe un mot v tel
que w = uv. On note < l’ordre hi´ erachique strict sur Σ
∗(aussi appel´ e ordre militaire strict, et
bas´ e sur la longueur des mots ainsi que l’ordre lexicographique ` a longueur ´ egale). Ainsi, on a < a < b < aa < ab < ba < bb < aaa < . . ..
D´ efinition 1 (Automate max-plus). Un automate max-plus sur l’alphabet Σ est un quadruplet G = (Q, α, µ, β) o` u
• Q est un ensemble fini non vide d’´ etats ;
• α ∈ R
1×|Q|max;
• µ : Σ
∗→ R
|Q|×|Q|maxest un morphisme sp´ ecifi´ e par la familles de matrices µ(a) ∈ R
|Q|×|Q|max, a ∈ Σ, et pour un mot w = a
1a
2. . . a
n, nous avons
µ(w) = µ(a
1a
2. . . a
n) = µ(a
1) ⊗ µ(a
2) ⊗ . . . ⊗ µ(a
n);
• β ∈ R
|Q|×1max.
De fa¸ con ´ equivalente G peut ˆ etre d´ efini par le sextuplet (Q, Q
i, Q
f, σ, t, ρ), dans lequel Q
i(resp.
Q
f) est l’ensemble des ´ etats initiaux (resp. finaux), t : Q × Σ × Q → R
maxest la fonction de transition, σ : Q
i→ R
maxest la fonction de poids initial et ρ : Q
f→ R
maxest la fonction de poids final :
Q
i, {q ∈ Q : α
q6= ε}; Q
f, {q ∈ Q : β
q6= ε};
q
i∈ Q
i, σ(q
i) , α
qi; q, q
0∈ Q, t(q, a, q
0) , µ(a)
qq0; q
f∈ Q
f, ρ(q
f) , β
qf.
On peut donner une repr´ esentation graphique ` a un automate max-plus sous la forme d’un multigraphe valu´ e :
• ` a chaque ´ etat q ∈ Q correspond un sommet ;
• un arc de l’´ etat q ` a l’´ etat q
0existe s’il existe une lettre a ∈ Σ telle que µ(a)
qq06= ε et il est alors ´ etiquet´ e par a/µ(a)
qq0;
• un arc entrant (sans sommet de d´ epart) est utilis´ e pour indiquer un ´ etat q
iinitial (i.e., si α
qi6= ε) et il est ´ etiquet´ e par α
qi;
• un arc sortant (sans sommet d’arriv´ ee) est utilis´ e pour indiquer un ´ etat q
ffinal (i.e., si β
qf6= ε) et il est ´ etiquet´ e par β
qf.
Si [µ(a)]
qq06= ε, on notera aussi (q, a, q
0) la transition dans G. Soit m ≥ 1 et π = (q
0, a
1, q
1) (q
1, a
2, q
2) . . . (q
m−1, a
m, q
m) une s´ equence de transitions. On appelle π un chemin depuis q
0jusqu’` a q
m. On note ω(π) le produit ⊗ des poids (valeurs de la fonction de transition) sur π, c’est-` a-dire
ω(π) = O
i=1,...,m
t(q
i−1, a
i, q
i) = O
i=1,...,m
µ(a
i)
qi−1,qi.
Soient p, q ∈ Q et w ∈ Σ
∗. On note p
wq l’ensemble des chemins depuis p jusqu’` a q et
´
etiquet´ es par le mot w. On a
µ(a
1a
2. . . a
m)
q0qm= M
π∈q0 a1...am
qm
ω(π) . (1)
On utilise souvent par la suite la notation x (pour faire r´ ef´ erence au vecteur d’´ etat de l’automate) d´ efini par
x : Σ
∗→ R
1×Qmaxw 7→ x(w) = αµ(w), (2)
et on note
¯
x(w) = M
q∈Q
x(w)
q, α ¯ = M
q∈Q
α
q. (3)
Il est connu que x est solution du syst` eme d’´ equations suivant : x() = α
x(wa) = x(w)µ(a) . (4)
D´ efinition 2 (Comportement d’un automate max-plus). A un automate max-plus ` G, on as- socie l’application y :
y : Σ
∗→ R
maxw 7→ y(w) = x(w)β . (5)
L’application y est souvent appel´ ee le comportement de G.
On note S(w) (resp. R(w)) l’ensemble des ´ etats gagnants (resp. atteignables) pour w : S(w) , {q ∈ Q|x(w)
q6= ε et x(w)
q⊗ β
q= y(w)}, R(w) , {q ∈ Q|x(w)
q6= ε}. (6) D´ efinition 3 (Automate max-plus ´ equivalent). Deux automates max-plus sont ´ equivalents s’ils admettent le mˆ eme comportement.
D´ efinition 4 (Automate max-plus d´ eterministe). Un automate max-plus est d´ eterministe si
• il a un unique ´ etat initial (Q
iest un singleton, ou de fa¸ con ´ equivalente, il existe un unique q ∈ Q tel que α
q6= ε) ;
• depuis chaque ´ etat, il n’existe pas deux transitions ´ etiquet´ ees par la mˆ eme lettre (pour tout a ∈ A chaque ligne de µ(a) contient au plus un coefficient diff´ erent de ε).
Pour un automate max-plus d´ eterministe, ∀q, q
0∈ Q, w ∈ Σ
∗, q
wq
0est l’ensemble vide ou un singleton. Pour (q
0, a
1, q
1)(q
1, a
2, q
2) . . . (q
m−1, a
m, q
m) l’unique chemin ´ etiquet´ e par a
1a
2. . . a
mdepuis q
0jusqu’` a q
m, l’´ equation (1) se r´ eduit ` a
µ(a
1a
2. . . a
m)
q0,qm= O
i=1...m
µ(a
i)
qi−1,qi= O
i=1...m
t(q
i−1, a
i, q
i).
On a alors avec q
0l’´ etat initial et q
m∈ Q
fy(a
1a
2. . . a
m) = α
q0⊗
"
O
i=1...m
µ(a
i)
qi−1,qi#
⊗ β
qm= σ
q0⊗
"
O
i=1...m
t(q
i−1, a
i, q
i)
#
⊗ ρ(q
m). (7)
3 Proc´ edure de d´ eterminisation des automates max-plus
On parle de la d´ eterminisation d’un automate max-plus G pour d´ esigner la proc´ edure qui, s’il existe, construit un automate d´ eterministe G
0´ equivalent ` a G. On pr´ esente ici la proc´ edure introduite dans [5, §VIII]. Elle est similaire ` a celle pr´ esent´ ee dans [12], parfois appel´ ee algo- rithme de Mohri dans la litt´ erature. Il s’agit d’une g´ en´ eralisation de la proc´ edure classique de d´ eterminisation des automates finis (non pond´ er´ es).
On d´ efinit la relation binaire ' de R
nmaxvers R
nmaxpar :
x
1' x
2⇐⇒ ∃λ ∈ R
max\ {ε}, x
1= λx
2. (8)
Consid´ erons un automate G = (Q, α, µ, β) et v, w ∈ Σ
∗tels que
x(w) ' x(v), (9)
on a alors ∀u ∈ Σ
∗,
y(wu) = x(wu)β = x(w)µ(u)β = λx(v)µ(u)β = λy(vu). (10) En d’autres termes, si x(w) ' x(v), alors le comportement pour toute ´ evolution possible apr` es w peut ˆ etre d´ eduit du comportement pour la mˆ eme ´ evolution apr` es v et d’un d´ ecalage de λ.
La proc´ edure 1 construit un automate G
0dont les ´ etats sont ´ etiquet´ es par les mots permettant d’atteindre des ´ etats de G. Les deux mots w et v correspondent alors ` a des ´ etats qui peuvent ˆ etre fusionn´ es tout en conduisant ` a un mˆ eme comportement, c’est-` a-dire ` a un automate max-plus
´
equivalent. Cette proc´ edure, si elle se termine, construit un automate G
0= (Q
0, q
i0, Q
0f, σ
0, t
0, ρ
0)
´
equivalent ` a G = (Q, α, µ, β) possiblement non d´ eterministe.
Proc´ edure 1 Proc´ edure de d´ eterminisation des automates max-plus
1:
2:
Q
j← {}, Q
j+1← ∅, q
0i← {}, Q
0← {}, σ
0() = ¯ α . initialisation
3:
if y() 6= ε then . est reconnu par G
4:
Q
0f= {} . l’´ etat est d´ efini comme final
5:
ρ
0() = ¯ x()
−1⊗ y() . d´ efinit le poids final associ´ e ` a
6:
else
7:
Q
0f= ∅
8:
end if
9:
while Q
j6= ∅ do
10:
for all w ∈ Q
j, a ∈ Σ tels que R(wa) 6= ∅ do
11:
if ∃v < w tel que x(wa) ' x(v) then . les comportements ` a la suite de wa et . v sont similaires selon (10)
12:
t
0(w, a, v) = ¯ x(w)
−1⊗ x(wa) ¯ . d´ efinit une transition vers l’´ etat v
13:
else
14:
Q
0← Q
0S {wa} . ajoute l’´ etat wa dans Q
015:
t
0(w, a, wa) = ¯ x(w)
−1⊗ x(wa) ¯ . d´ efinit une transition vers l’´ etat wa
16:
Q
j+1← Q
j+1S
{wa}
17:
if y(wa) 6= ε then . wa est reconnu par G
18:
Q
0f= Q
0f∪ {wa} . l’´ etat wa est d´ efini comme final
19:
ρ
0(wa) = ¯ x(wa)
−1⊗ y(wa) . d´ efinit le poids final associ´ e ` a wa
20:
end if
21:
end if
22:
end for
23:
Q
j← Q
j+1 24:Q
j+1← ∅
25:
end while
Exemple 1
Consid´ erons l’automate max-plus non d´ eterministe G
1de la figure 1 et d´ etaillons comment
la proc´ edure op` ere pour construire l’automate d´ eterministe G
01´ equivalent ` a G
1et repr´ esent´ e
dans la figure 2.
• Puisque x() = 1 0
et y() = 0, l’initialisation (l. 2-8) conduit ` a Q
0= {}, q
i0= {}, σ
0() = 1, Q
0f= {}, ρ
0() = −1 ⊗ 0 = −1.
• A la premi` ` ere ´ evaluation de la condition du while l.9, on a Q
j= {}.
Puisque x() = 1 0
et x(a) = 5 2
, x(b) = · 1
, pour la variable ’wa’ ´ egale
`
a a et b la condition du if l.11 est fausse, et alors
– les ´ etats a et b sont ajout´ es dans Q
0; les transitions t
0(, a, a) = 4 et t
0(, b, b) = 0 sont d´ efinies ;
– puisque y(a) = 2 et y(b) = 1, la condition du if l.17 est vraie, et alors les ´ etats a et b sont ajout´ es dans Q
0favec ρ
0(a) = −3 et ρ
0(b) = 0 comme poids finaux.
• Puisque x(aa) = 9 6
, x(ab) = · 3
, x(ba) = · 3
et x(bb) = · 2 , on a x(aa) ' x(a), x(ab) ' x(b), x(ba) ' x(b) et x(bb) ' x(b) (la condition du if l.11 est vraie pour ces quatre cas), et alors les transitions t
0(a, a, a) = 4, t
0(a, b, b) = −2, t
0(b, a, b) = 2 et t
0(b, b, b) = 1 sont d´ efinies.
• A la troisi` ` eme ´ evaluation de la condition du while l.9, Q
jest vide et la proc´ edure se termine.
Figure 1: Automate max-plus G
1non d´ eterministe.
Figure 2: Automate max-plus G
01d´ eterministe, ´ equivalent ` a G
1, obtenu ` a partir de la proc´ edure 1.
A notre connaissance, la condition dite de clonage introduite dans [7] est la condition qui
caract´ erise le plus explicitement les automates pouvant ˆ etre d´ eterminis´ es ` a l’aide de la proc´ edure
1. Soient u, v ∈ Σ
∗tels que R(uv) = R(u), on note ¯ R(u, v) le sous-ensemble de R(u) contenant les ´ etats dans R(u) ` a partir desquels les circuits reconnaissant v ont le poids maximum, ` a savoir
R(u, v) ¯ , {p ∈ R(u) | µ(v)
pp= M
q∈R(u)
µ(v)
qq}. (11)
D´ efinition 5 (Propri´ et´ e de clonage). Soient u, v ∈ Σ
∗. Un ´ etat q ∈ R(u) est appel´ e un clone pour v si µ(v)
qq6= ε implique qu’il existe p ∈ R(u, v) ¯ tel que µ(v)
pq6= ε. Un automate max-plus G a la propri´ et´ e de clonage si ∀u ∈ Σ
∗, ∀p, q ∈ R(u), p et q sont des clones pour tout v ∈ Σ
∗tel que R(uv) = R(u).
Th´ eor` eme 2 ([7, th. 3.4]). Soit G un automate max-plus ´ emond´ e
1et polynomialement ambigu
2. La proc´ edure 1 termine sur G ssi G satisfait la propri´ et´ e de clonage.
Exemple 3 L’automate max-plus G
1de la figure 1 est polynomialement ambigu
3et satisfait
la propri´ et´ e de clonage.
L’automate G
2repr´ esent´ e sur la figure 3 est polynomialement ambigu mais ne satisfait pas la propri´ et´ e de clonage car l’´ etat 0 n’est pas un clone pour a. En effet, µ(a)
0,06= L
r∈R(a)
µ(a)
rr= 4 = µ(a)
1,1et µ(a)
1,0= ε. Plus encore, il nous semble instructif d’expliciter pourquoi la proc´ edure 1 ne termine pas pour cet exemple. Pour G
2, on a pour k ≥ 1, x(a
k) =
2 × k + 1 4 × k
et x(v)
0= ε pour tout mot v incluant la lettre b. Il est alors clair que pour tout k ≥ 1, il n’existe pas i ≤ k tel que x(a
k) ' x(a
i) et il n’existe pas v < a
ktel que x(a
k) ' x(v). La condition ` a la l.11 de la proc´ edure 1 est alors fausse pour w = a
ket un nouvel ´ etat a
k+1est ajout´ e dans G
0. La proc´ edure va ainsi ind´ efiniment cr´ eer des ´ etats a
k+1dans G
0pour tout k ≥ 1. En d’autres termes, cette condition bas´ ee sur la relation ' indique que les ´ etats a
ket a
k+1ne sont pas fusionnables au sein de G
0dans le sens o` u elle ´ echoue ` a nous assurer qu’il existe un scalaire λ tel que, ∀u ∈ Σ
∗, y(a
k+1u) = λy(a
ku) (la relation ' est seulement une condition suffisante pour cette ´ egalit´ e, cf. (10)). Pourtant, on peut rapidement se convaincre que pour tout k ≥ 1 et u ∈ Σ
∗on a y(a
k+1u) = 4 ⊗ y(a
ku). Cela met en ´ evidence que la relation ' est une condition parfois trop forte pour tester si des ´ etats sont fusionnables dans la proc´ edure 1 de d´ eterminisation. On propose dans ce qui suit une condition plus faible que ' pour d´ etecter les ´ etats fusionnables. Cela nous permet ensuite de modifier la proc´ edure de sorte qu’elle termine pour une classe plus large d’automates max-plus.
4 Nouvelle relation pour d´ etecter des ´ etats fusionnables
Soit v, w ∈ Σ
∗. Pour λ ∈ R
max\ {ε}, on note
Q
λ= {q ∈ R(w) ∩ R(v) | x(w)
q= λx(v)
q} (12)
1On dit queq∈Qestaccessibles’il existew∈Σ∗tel queq∈R(w). Un ´etatqest ditco-accessibles’il existe w∈Σ∗etqf∈Qf tels que|q wqf| ≥1. Si tout ´etat est accessible et co-accessible, alorsGest dit´emond´e.
2Soit P : N→ Nune fonction polynomiale. Si pour tout w ∈ Σ∗, il y a au plus P(|w|) chemins dans Qi
w Qf, alorsGest ditpolynomialement ambigu.
3Un automate max-plus est polynomialement ambigussi pour toutq∈Qet toutw∈Σ∗, il y a au plus un chemin dansq wq(voir [7]).
Figure 3: Automate max-plus G
2non d´ eterministe.
et on d´ efinit la relation binaire ∼
λde R
nmaxvers R
nmaxpar x(w) ∼
λx(v)
⇐⇒
∀u ∈ Σ
∗,
∀q ∈ S(vu), ∃p ∈ Q
λ: y(vu) = x(v)
p⊗ µ(u)
pq⊗ β
q, (13)
∀q ∈ S(wu), ∃p ∈ Q
λ: y(wu) = x(w)
p⊗ µ(u)
pq⊗ β
q. (14)
Remarque 4
a) La notation Q
λest abusive car cet ensemble d´ epend ` a la fois de λ, v et w. On opte pour cette notation, plutˆ ot que par exemple Q(λ, v, w), pour all´ eger les notations ci-apr` es.
b) Puisque les vecteurs x(w) et x(v) sont de dimension finie, il existe un nombre fini de candidats λ pour d´ efinir Q
λ.
c) Si v est un pr´ efixe de w, alors la condition (14) n’est pas requise puisque dans ce cas (13)
= ⇒ (14).
Lemme 1. On a : x(w) ∼
λx(v) = ⇒ y(wu) = λy(vu), ∀u ∈ Σ
∗. Proof. Supposons que x(w) ∼
λx(v).
Notons pour u ∈ Σ
∗q
v∈ S(vu) et p
v∈ Q
λtels que y(vu) = x(v)
pvµ(u)
pvqvβ
qv(15) q
w∈ S (wu) et p
w∈ Q
λtels que y(wu) = x(w)
pwµ(u)
pwqwβ
qw. (16) Puisque q
v∈ S(vu) (resp. q
w∈ S(wu)) soulignons que
x(v)
pvµ(u)
pvqvβ
qv≥ x(v)
pµ(u)
pqβ
q, ∀p, q ∈ Q (17)
et x(w)
pwµ(u)
pwqwβ
qw≥ x(w)
pµ(u)
pqβ
q, ∀p, q ∈ Q. (18)
On a
y(wu) = x(w)
pwµ(u)
pwqwβ
qw≥ x(w)
pµ(u)
pqβ
q, ∀p ∈ Q
λ, ∀q ∈ Q (selon (18))
= λx(v)
pµ(u)
pqβ
q, ∀p ∈ Q
λ, ∀q ∈ Q (par d´ efinition de Q
λselon (12))
= ⇒ y(wu) ≥ λx(v)
pvµ(u)
pvqvβ
qv= λy(vu) (selon (15))
(19) Un raisonnement analogue permet de montrer que y(vu) ≥ λ
−1y(wu) et on peut en conclure que y(wu) = λy(vu).
Lemme 2. On a : x(w) ' x(v) = ⇒ ∃λ ∈ R
max\ {ε} tel que x(w) ∼
λx(v).
Proof. Supposons que x(w) ' x(v). Puisqu’alors il existe λ ∈ R
max\ {ε} tel que x(w) = λx(v), on a pour ce mˆ eme λ : Q
λ= R(w) = R(v). Comme ∀u ∈ Σ
∗,
∃q ∈ S(vu), ∃p ∈ R(v) : y(vu) = x(v)
pµ(u)
pqβ
qet ∃q ∈ S(wu), ∃p ∈ R(w) : y(wu) = x(w)
pµ(u)
pqβ
qles conditions (13-14) sont v´ erifi´ ees (i.e. x(w) ∼
λx(v)) si x(w) ' x(v).
Une premi` ere approche dans [9] a conduit ` a introduire une autre relation not´ ee ∼ pour d´ etecter des ´ etats fusionnables. Rappelons que ∼ est la relation binaire de R
nmaxvers R
nmaxd´ efinie par
x(w) ∼ x(v)
⇐⇒
S(w) = S(v), (20)
∀u ∈ Σ
∗, ∀q ∈ S(vu), ∃p ∈ S(v) : x(vu)
q= x(v)
p⊗ µ(u)
pq, (21)
∀u ∈ Σ
∗, ∀q ∈ S(wu), ∃p ∈ S(w) : x(wu)
q= x(w)
p⊗ µ(u)
pq. (22) Lemme 3. On a : x(w) ∼ x(v) = ⇒ ∃λ ∈ R
max\ {ε} tel que x(w) ∼
λx(v).
Proof. Supposons que x(w) ∼ x(v) et d´ efinissons λ ∈ R
max\{ε} par y(w) = λy(v). Consid´ erons p ∈ S(w), qui appartient aussi ` a S(v), et alors x(w)
pβ
p= y(w) = λy(v) = λx(v)
pβ
p, d’o` u x(w)
p= λx(v)
pet p ∈ Q
λ. En d’autres termes on a S(w) ⊂ Q
λet S(v) ⊂ Q
λ. Il vient alors directement que (21) = ⇒ (13) et (22) = ⇒ (14).
Le lemme 1 montre que la relation ∼
λpermet de caract´ eriser des ´ etats fusionnables. Les lemmes 2 et 3 mettent en relief que cette condition est moins forte que celles propos´ ees pr´ ec´ edemment dans la litt´ erature. L’exemple suivant illustre que la relation ∼
λn’est toute- fois pas n´ ecessaire pour des ´ etats fusionnables.
Exemple 5 Consid´ erons l’automate max-plus G
3de la figure 4. On a pour tout k ≥ 0 y(ac
k) = 0, y(bc
k) = 0 et y(au) = 0⊗y(bu), ∀u ∈ Σ
∗, ce qui nous indique que les vecteurs x(a) et x(b) peuvent ˆ etre fusionn´ es lors de la d´ eterminisation. Malheureusement, x(a) = · 0 · ·
, x(b) = · · · 0
ce qui signifie que pour w = b, v = a on a Q
0= ∅, et il vient que
Figure 4: Automate max-plus G
3non d´ eterministe.
x(w) ∼
0x(v) n’est pas v´ erifi´ ee. Plus g´ en´ eralement, il n’existe pas de λ tel que x(b) ∼
λx(a) et on
´
echoue ` a d´ etecter la possible fusion des ´ etats correspondants.
En pratique, la relation ∼
λne peut pas ˆ etre test´ ee puisque cela requiert de v´ erifier les con- ditions (13) et (14) pour un nombre infini de mots u ∈ Σ
∗. On sp´ ecifie dans ce qui suit une condition effective suffisante pour la relation ∼
λ. Cette condition est ensuite utilis´ ee dans la proc´ edure 1 de d´ eterminisation afin d’´ elargir la classe d’automates max-plus pour lesquels celle-ci aboutit.
5 Apports pour la d´ eterminisation des automates max- plus
5.1 Condition effective pour la fusion
Les lemmes 2 et 3 montrent que la condition ∼
λest moins forte que ' et ∼ , et on peut en d´ eduire que toute condition effective pour ' et ∼ peut aussi ˆ etre utilis´ ee pour ∼
λ. Dans [9], on a en particulier d´ efini une relation ≈ qui pourrait ˆ etre utilis´ ee ici. On pr´ ef` ere ici mettre en relief que ∼
λest ´ equivalent ` a comparer les comportements d’automates d´ efinis ”sur mesure”, et ainsi utiliser d’autres r´ esultats de la litt´ erature pour obtenir une condition effective moins forte.
Notation 6 : Soit G = (Q, α, µ, β) un automate max-plus, x(v) son vecteur d’´ etat pour v ∈ Σ
∗et Q
λ⊆ Q. On note x
λ(v) (resp. x
¯λ(v)) d´ efini par
x
λ(v)
p=
x(v)
psi p ∈ Q
λ,
ε sinon,
resp. x
λ¯(v)
p=
x(v)
psi p ∈ R(v) \ Q
λ,
ε sinon,
(23) le vecteur x(v) ”restreint” aux ´ etats dans Q
λ(resp. R(v) \ Q
λ). On note G
λ,v(resp. G
λ,v¯) l’automate d´ efini ` a partir de G par
G
λ,v= (Q, x
λ(v), µ, β), resp. G
λ,v¯= (Q, x
¯λ(v), µ, β)
(24)
et y
λ,v(resp. y
λ,v¯) son comportement.
Remarque 7 La construction de G
λ,vet G
¯λ,vfait ´ echo ` a la d´ efinition d’automates sur le quotient d’un langage (voir par ex. [13, Chap. I, sec. 3.3.a]).
Lemme 4. On a : x(w) ∼
λx(v) ⇐⇒ ∀u ∈ Σ
∗, y
λ,v¯(u) ≤ y
λ,v(u) et y
λ,w¯(u) ≤ y
λ,w(u).
Proof. On a ∀u ∈ Σ
∗,
y(vu) = y
λ,v(u) ⊕ y
¯λ,v(u), et donc
y
¯λ,v(u) ≤ y
λ,v(u) ⇐⇒ y(vu) = y
λ,v(u) ⇐⇒ ∀q ∈ S(vu), ∃p ∈ Q
λ: y(vu) = x(v)
pµ(u)
pqβ
q, c’est-` a-dire y
λ,v¯(u) ≤ y
λ,v(u) ⇐⇒ (13).
De fa¸ con similaire, il vient y
¯λ,w(u) ≤ y
λ,w(u) ⇐⇒ (14).
Le lemme 4 nous indique que x(w) ∼
λx(v) si, et seulement si, le comportement de l’automate construit ` a partir de G en rempla¸ cant le vecteur de poids initiaux α par x
λ(v) (resp. x
λ(w)) est sup´ erieur ` a celui de l’automate obtenu avec x
¯λ(v) (resp. x
¯λ(w)) comme vecteur de poids initiaux. Il est bien connu que ce probl` eme de comparaison de comportements d’automates
`
a multiplicit´ es dans un semi-anneau idempotent est ind´ ecidable [8]. Pour autant, dans la riche litt´ erature sur le sujet, on met l’accent sur une contribution r´ ecente [2] qui propose une g´ en´ eralisation ` a ces automates pond´ er´ es du concept de (bi)simulation et qui fournit une r´ eponse partielle au probl` eme de comparaison de comportements. On rappelle ci-dessous tr` es bri` evement cette contribution en l’adaptant ` a notre contexte.
D´ efinition 6. Soit G
1= (Q, α
1, µ, β) et G
2= (Q, α
2, µ, β) deux automates max-plus (qui diff` erent seulement par leurs vecteurs de poids initiaux) de comportements not´ es y
1et y
2. Une matrice bool´ eenne B ∈ {e, ε}
|Q|×|Q|est appel´ ee une simulation entre G
1et G
2si
α
1≤ α
2⊗ B (25)
B ⊗ µ(a) ≤ µ(a) ⊗ B, ∀a ∈ Σ (26)
B ⊗ β ≤ β (27)
On note G
1∼
BG
2si il existe une simulation entre G
1et G
2.
L’existence d’une simulation entre G
1et G
2garantit que pour tout chemin (q
10, a
1, q
11) (q
11, a
2, q
21) . . . (q
m−11, a
m, q
m1), m ≥ 1, dans G
1, il existe un chemin (q
02, a
1, q
12) (q
21, a
2, q
22) . . . (q
2m−1, a
m, q
2m) dans G
2tel que [α
1]
q10
≤ [α
2]
q20
, [µ(a)]
q1i−1,q1i
≤ [µ(a)]
q2i−1,q2i
pour i = 1, . . . , m, et [β ]
qm1≤ [β]
q2m. Autrement dit, pour tout mot u reconnu par G
1, il existe dans G
2un chemin
´
etiquet´ e par u o` u les poids successifs sur les arcs sont tous sup´ erieurs aux poids correspondant dans G
1. On devine alors que le comportement de G
1est inf´ erieur ` a celui de G
2, et le th´ eor` eme 8 vient rapidement ` a partir de la d´ efinition de B (cf [2, Th.4.1]).
Th´ eor` eme 8. Si G
1∼
BG
2, alors y
1(u) ≤ y
2(u), ∀u ∈ Σ
∗.
Soulignons que les auteurs fournissent dans [2] un algorithme de complexit´ e polynomiale permettant de v´ erifier l’existence d’une simulation entre G
1et G
2et de calculer la plus grande matrice B (voir Th. 5.4 et Alg. 5.5 dans [2]). Du lemme 4 d´ ecoule alors une condition effective pour savoir si x(w) et x(v) sont fusionnables.
Corollaire 1. Si G
λ,v¯ B∼ G
λ,vet G
¯λ,w B∼ G
λ,w, alors x(w) ∼
λx(v).
5.2 Am´ elioration de la proc´ edure de d´ eterminisation
Le corollaire 1 et le lemme 1 montrent que la condition n G
λ,v¯B