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Submitted on 1 Jan 1946
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Le coefficient de compressibilité des fluides peut-il être
déduit du diagramme de diffusion des rayons X?
J. Yvon
To cite this version:
201
en
‘ ,
qui
provenait
d"uneintégration
effectuée à laCI)
place
d’unesommation,
nepouvait
qu’aplanir
lesirrégularités
réelles.-Tels
quels,
les résultats obtenus nousparaissent
suffisamment
encourageants
pourqu’on
puisse
espérer
rendrecompte,
par une extension de laprésente
théorie,
ducomportement
deplaques
hétérogènes,
à revêtements poreux etanalogues.
C’est ce que nous chercherons à faire dans une
prochaine publication.
Manuscrit reçu le 11 i avril 1916.
LE COEFFICIENT DE
COMPRESSIBILITÉ
DES FLUIDES PEUT-ILÊTRE DÉDUIT
DU DIAGRAMME DE DIFFUSION DES RAYONS X?
PAR M. J. YVON.
Sommaire. 2014
Lorsque l’angle de diffusion est nul, l’intensité des rayons X diffusés par un fluide est liée d’une manière simple au coefficient de compressibilité. La
formule
théorique est vérifiéequalitati-vement, mais les seules évaluations numériques possibles (relatives à l’argon)
sont peu
satisfaisantes.1. Formule fondamentale, - Suivons d’abord les notations de N. S.
Gingrich (~).
Par observation de la diffusion des rayons X dans unliquide
mono-atomique,
l’expérience
donne l’intensité diffusée Idans une certaine direction en valeur
relative,
corrigée
des effetsd’absorption,
depolarisation
etde la diffusion incohérente. En s’aidant des facteurs de structure
l’expérience
permet
de calculer deplus
quelle
serait l’intensité cohérente diffusée par lemilieu,
soitNf2,
si les atomes diffusaientindépen-damment les uns des autres.
L’expression
, t ’ inù 6 , . i
est une fonction de s =
- sin
h étantl’angle
formé par le rayon diiïusé avec le
prolongement
durayon incident et ). la
longueur
d’onde. Les mémoires deGingrich
et des autresspécialistes
donnent lareprésentation graphique
de I et de en fonctionde s.
.
Désignons
maintenant par À le nombre d’atomespar centimètre
cube,
parla
probabilité
de trouver simultanément le centred’un atome
quelconque
dans l’élément de volumed71,
et le centre d’un autre atome
quelconque
dansd72.
r est la distance des deux éléments de volume
envisagés; ’J2a(r)
est ce quej’ai
appelé
ailleurs la(1) N. S. GiNGRICH, lReu. of mod. Physies, ~g43, 15, p. go.
der2siïé moléculaire
simultanée;
a(r)
est un nombresans dimensions
(2), égal
à zéro pour les trèspetites
distances,
dont la valeurasymptotique
est i etqui
caractérise la structure fine duliquide;
autrement dit l’ordre àpetite
distancequi
yrègne.
a(r)
étantconnu,
i(s)
se calcule parl’intégrale
L’inversion de cette
intégrale
de Fourierpermet
d’exprimer a(r)
en fonction dei(s)
Les mémoires de
Gingrich (1),
de Eisenstein etGingrich
(3)
donnent lareprésentation graphique
dePlus
récemment,
Campbell
et Hildebrand(4)
donnentégalement
lareprésentation
graphique
dea(r).
Cesgénéralités
rappelées,
je
désire insister surune
particularité
de la formule(3).
Quand s
tendvers
zéro,
c’est-à-dire pour les faiblesangles
dediffusion,
iprend
la valeur(2) a(r) est désigné par la notation w dans le mémoire
original de Menke.
(3) A. EISENSTEIV et 1~. S. GINGRICH, Phys. Rev., 1942,
62, p. 2 6 1.
(4) J. ~,. CAMPBEI,L et J. A HILDEBRAND, J. of Chemical
Physics, ~g~3, 11, p. 33o et 334.
1’1.
202
étant le coeflicient de
compressibilité
isotherme,
I~ la constante de Boltzmann et T latempérature
absolue,
la formule d’Ornstein et Zernike(e)
conduit au résultat
simple
Cette valeur est nécessairement un maximum ou un
minimum.
2. Discussion. -
Qualitativement,
la formule(8)
nous
apprenô
quei(o)
ne d.iflèiepratiquement
pas de -i dans les
liquides
ordinairesqui
sont peucompressibles;
c’est au contraire un nombrepositif
élevé au
voisinage
dupoint critique
et, dans le domained’application approchée
des lois des gazparfaits,
étant donné que les fluides étudiés sont tousplus compressibles
que nel’indique
la loi deMarotte,
c’est unepetite quantité positive.
Les déterminations
expérimentales,
malheureu-sement, ne
permettent
deconnaître
ijo)
que parune
extrapolation
trèsmédiocre;
en effet l’obser-vation estgênée,
auvoisinage
de s = o, par leprolongement
du faisceau incident. C’est ainsi que, à propos du mercure, leplus petit
anneau de diffusion avaitéchappé
auxpremières
détermi-nations(4).
Iln’y
a toutefois aucun doute que laformule
(8)
ne donne unedescription
d’ensemblecorrecte des
phénomènes; i(o)
+ i est donné commenul pour le mercure
liquide
parCampbell
et Hilde-brand. La variationgénérale
dei(o)
est donnée pourl’argon
par Eisenstein etGingrich (3).
Dans le domaine
critique, i(o)
est un maximum absolu dei(s).
A l’étatliquide,
près
dupoint triple,
c’est au contraire un minimum absolu. Le passage
du second cas au
premier,
enparticulier
en suivantla courbe de
vaporisation,
a lieu d’une manièrecaractéristique : i(o)
se manifeste dans cette zonede transition comme un maximum relatif de
i(s)
qui
est voisin d’un minimum accentué situéentre s =
o,5
et s = I ; sur un clichépositif
appa-raîtrait un centre clair bordé d’un anneau sombre de
petit
rayon.(5) Cf. J. YvoN, ictualités scienfi frqttes et indtstrielles, Paris, 3 m 542 et 543, p . ~ o et g g.
Le seul cas où une
extrapolation
quantitative
de soit
possible
correspond
auxgraphiques
publiés
par Eisenstein etGingrich
pourl’argon
liquide
auvoisinage
dupoint triple.
Cetteextra-polation,
toutefois,
doit être assez médiocrepuis-qu’elle
conduit à une valeurplus grande
pour latempérature
de84°,4
K que pour latempérature
deg I ~, 8
K, cequi
necorrespond
ni à la1 igne générale
du
phénomène,
ni auxprévisions
théoriques.
Lesestimations sont les suivantes :
Quoi
qu’il
ensoit,
appliquons
àl’argon
la formule(8)
en vue de calculer son coefficient decompressibilité
isotherme à84°,Q K,
près
dupoint triple.
La densité del’argon
est alors g : et le calcul donnep
= o,12: [82,
I X B4, 4 x(1,4:3(~ ())]==
£80 . I o-6 atn1-1 .Ce résultat
numérique
est notablementsupérieur
à ce
qu’on pouvait prévoir.
L’estimation du coefficientde
compressibilité
del’argon d’après
le réseaud’isotherme dessiné par Rice
(~), assez
incertaine,
conduit toutefois à une évaluation
comprise
entre 5o et 2 00 . atm-1.Dans le cas du xénon
l.iquide,
lesgraphiques
deCampbell
et Hildebrand nepermettent
pas uneextrapolation
aussifine,
les auteurs se sont contentés deprolonger
enpointillé
leurs courbesjusqu’au
minimumi(o)
=- i . Le coefficient decompressibilité
déduit de leurs données relatives aux volumes
spécifiques
vaut à 1830 K : 350. IO-fi atm-1. Cettevaleur,
introduite dans la formule(8),
conduit aurésultat suivant :
i(o)
+ i = o, 1 2.La conclusion de cet examen est,
je
crois,
qu’une
discussion satisfaisante de la formule
(8) dépasse
encore les
possibilités
expérimentales.
Mais il nefaudrait pas
interroger l’expérience
seulement dansun domaine où la théorie est facile alors que les
mesures sont difficiles : les
diagrammes
de diffusiondes rayons X par les
liquides monoatomiques
doivent
déjà
nouspermettre
de déterminer la loides forces
qui
s’exercent entre les atomes, si toutefoiscette notion a un sens
précis.
(s) o. RICE, J. o/ Chemical 1946, 14, p. 327.