FRIBOURG - ILLUSTRÉ La vie musicale
Organe officiel des Fribourgeois «hors les murs» depuis 1957
Depuis le 1er octobre 1975, organe de liaison de:
— Société cantonale des Musiques fribourgeoises
— Société cantonaledes chanteurs fribourgeois
— Céciliennes
— Fédération fribourgeoise du cos¬ tume et des coutumes
— Fédération fribourgeoise des ac¬ cordéonistes
— Association des organistes — Conservatoire de musique. Depuis le 1er janvier 1976:
Organe d'information de la Société fribourgeoise des écrivains.
FRIBOURG-ILLUSTRÉ La vie musicale
Magazine bimensuel paraissant le premier et le troisième mercredi de chaque mois. Edition, impression, administration: Imprimerie Fragnière SA 35, route de la Glâne 1700 Fribourg Tél. 037 24 75 75 Rédaction: Case postale 341 1701 Fribourg Tél. 037 24 75 75 Télex: 36 157
Rédacteur en chef responsable et photographe:
Gérard Bourquenoud Bureau: 037 24 75 75 Privé: 037 46 45 27
Rédacteur «La vie musicale» Pierre Kaelin
Bureau 037 22 16 03 Privé: 037 26 23 69
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«Fribourg-lllustré» et le supplément «La Vie musicale» ne peuvent être vendus séparément.
La reproduction de textes ou d'illus¬ trations ne peut se faire qu'avec l'autorisation de la rédaction. La rédaction n'assume aucune res¬ ponsabilité pour les manuscrits et photos non commandés.
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1700 Fribourg Tél. 037 22 40 60
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1/1 page Fr. 750.— Rabais de répétition et sur abonne¬ ments d'annonces.
SOMMAIRE Tireurs fribourgeois
Pour le plaisir de votre palais Nous les jeunes (lettre d'une jeune fille)
Des fiançailles au mariage Châtonnaye... ou un village musical Sociétés culturelles de Promasens La vie musicale
8e district fribourgeois Programme TV
Complexe scolaire de Bulle Majorettes suisses à Marly Nouvelle industrie du verre à Romont
Accordéonistes romands à Farvagny
Feuilleton FI
Union Instrumentale, Fribourg Concours «Avez-vous de l'œil?» Tirage de la Loterie romande à Neyruz
Les défunts
A nos lecteurs.
Les textes et photos que vous désirez voir paraître dans notre magazine doi¬ vent parvenir à l'adresse suivante: Rédaction de Fribourg-lllustré 35, rte de la Glâne 1701 Fribourg Parution de notre prochain numéro Mercredi 21 avril 1976 Notre couverture
Cette porteuse de pain est marlynoise. Elle s'appelle Marinette et n'a que seize ans.
(Hommage au pain: pages 4 et 5) Photo Fribourg-lllustré
A l'ombre d'un crucifix
G^eat dans cette croixque se- trouvent le réconfort et le salut que, dans l'amour du Christ, on ne peut vivre sans douleur. C'est vers cette croix que les habitants de Sorens se tournent dans leurs épreuves pour y trouver la force de les accepter avec résignation, grâce aux bancs que la Société de développement du Heu a fait installer tout autour de ce crucifix.
ETES-VOUS NOTRE GAGNANT?
La personne dont le visage est entouré d'un cercle, est invitée à se présenter à notre bureau jusqu'au 20 avril 1976 ou de nous faire parvenir une photo récente. Le gagnant touchera un abonnement de trois mois à «Fribourg-lllustré - La vie musicale».
Courrier des lecteurs Monsieur le rédacteur.
Votre revue illustrée est de plus en plus intéressante. Nos compliments à ceux qui s'occupent de la rédaction des articles, des photos, et de la présentation. Une très belle tenue. La rubrique musicale est aussi très appréciée par toute ma famille. Je souhaiterais simplement que vous arrêtiez le récit «Play-back» que je n'aime pas beaucoup. Pour le lecteur qui adore la musique, mais qui ne connaît pas l'art musical, ce genre d'article n'a aucun attrait et il n'est même pas instructif. En étant mensuel, Fribourg-lllustré était pour ma part beaucoup plus attendu et avait un nombre plus élevé de pages. Maintenant, avec la nouvelle formule, il est bien mince. Rien à dire sur le prix de l'abonnement qui est logique.
A.G. Fribourg Une seule précision
Notre lecteur s'étonne du nombre restreint de pages depuis que Fribourg-lllustré est bimensuel. Nous acceptons volontiers sa remarque bien qu'elle ne soit pas justifiée. Pourquoi? Quand notre magazine était mensuel, il comptait généralement 56 pages. Depuis qu'il est bimensuel, chaque édition comprend 32 pages, ce qui fait 64, donc huit pages de plus par mois. Le supplément «La vie musicale» qui se trouve au centre de notre revue représente quatre pages de plus dans chaque édition. Et cela sans augmentation du prix de l'abonnement et de la vente au numéro. Nous osons espérer que cette précision vous donnera satisfaction.
Assemblée des tireurs fribourgeois à
Vuisternens-devant-Romont (Texte et photos G. Bd)
Du district de la Sarine l'an passé, la Société cantonale des tireurs fribour¬ geois s'en est allée cette année dans le district de la Glâne, pour tenir son as¬ semblée ordinaire des délégués, sous la présidence de M. Laurent Butty, con¬ seiller national. Il fallut deux heures et demie pour passer en revue l'activité de l'exercice écoulé et établir le pro¬ gramme qui animera la grande famille des tireurs en 1976. Cette rencontre eut lieu dans la salle quelque peu exigue du Cercle catholique de Vuisternens-de- vant-Romont. Elle fut très fréquentée puisque 215 délégués représentaient nonante-cinq sections totalisant plus de 17 000 tireurs.
Une brochette de personnalités
Le chant d'ouverture fut entonné par M. Alphonse Karth, membre d'honneur. Avant d'entrer dans le vif du sujet, le président adressa une chaude bienve¬ nue à toutes les personnalités qui hono¬ raient cette assemblée par leur pré¬ sence. Nous avons noté MM. Ballif, vice-président du Grand Conseil; René Grandjean, préfet de la Glâne; René Ro- manens, président cantonal des tireurs au petit calibre; Raymond Peyraud et Alphonse Karth, membres d'honneur; Marcel Carrel, officier fédéral de tir; l'ancien commandant de corps Roch de Diesbach; les colonels brigadiers André Dessibourg, Gilles Chavaillaz, et Pierre Glasson; les colonels Henri Butty et Pierre Piller, ainsi que les délégations des associations des cantons voisins. Rapport de gestion
Sur les nombreux points à l'ordre du jour, le rapport de gestion fut celui qui retint particulièrement l'attention des participants. Dans son brillant exposé présidentiel, M. Butty releva que Fri-
bourg était à nouveau l'un des rares cantons à avoir augmenté son pour¬ centage de participation. Il félicita M. Kuno Bertschy, deTavel, qui est un au¬ thentique espoir sur le plan suisse. Il a aussi lancé un appel pour l'organisation d'un nouveau tir cantonal. On entendit ensuite les rapports des membres du comité cantonal. M. Georges Chollet présenta l'activité du tir à 300 mètres qui a vu la participation de 8136 tireurs. Le district de la Singine a battu un nou¬ veau record avec 2533 tireurs. M. Pierre Seydoux, de Bulle, est champion canto¬ nal 1975 avec 90 points. Le challenge du Général Henri Guisan a été attribué à la société tirde Wallenried, quia obtenu la meilleure moyenne avec cent pour cent de participation. M. Richard Deillon précisa que le tir à 50 mètres avait réuni 816 tireurs représentant vingt-cinq sections. Le plus haut résultat individuel a été obtenu par M. Fred Michel, de Guin, avec 105 points. Le challenge des membres d'honneur de la société can¬ tonale a été gagné pour la deuxième fois par la société au pistolet de Chiètres. Les cours de jeunes tireurs ont été fréquentés par 1656 jeunes gens et jeunes filles (ces dernières étant en nette augmentation). Cette partici¬ pation est un témoignage vivant de la jeunesse pour le tir. M. Jacques Ropraz, de Sorens, est champion fribourgeois des jeunes tireurs, avec 328 points. M. Erwin Fasnacht a donné un aperçu du championnat de groupes SSC à 300 mètres. Le canton de Fribourg compte actuellement 400 groupes, ce qui est fort réjouissant.
Louis GenouH releva que dans le concours individuel à 300 mètres, l'an¬ née 1975 a vu la participation de 1130 tireurs représentant 122 sections; La discipline à 50 mètres a réuni 364 tireurs de vingt-trois sections.
M. Marius Stempfei eut le plaisir de féli¬ citer 201 matcheurs. Il souligna la per-
Une image de cette assemblée. Sur la scène, le comité cantonal. formance obtenue par M. Kuno Berts¬
chy, de Tavel, champion fribourgeois 1975. Ce dernier a été sélectionné par l'équipe nationale.
M. Simon Bersier, eut la grande joie d'annoncer que 346 tireurs avaient droit à la médaille, soit 54 de plus que le précédent record de 1972.
M. Alphonse Ackermann, trésorier, fit part de la situation financière de la So¬ ciété cantonale dont la fortune est ac¬ tuellement de 47 000francs. L'exercice écoulé se solde par un déficit de 600 francs, ceci malgré une augmentation du subside du Sport-Toto en 1975. La cotisation annuelle a été augmentée de trente centimes par membre en 1976. Nominations
statutaires
M. Erwin Fasnacht, de Montilier, qui avait présenté sa démission, a été nommé membre d'honneur en recon¬ naissance de son travail accompli du¬ rant douze ans au sein du comité canto¬ nal. Pour le remplacer, il a lui-même présenté M. Fritz Wüthrich, quarante- quatre ans, laitier, de Villarepos. Il fut élu par acclamations.
Le toast à la patrie fut porté par l'ancien commandant de corps Roch de Dies¬
bach, qui félicita les tireurs pour leur esprit de patriotisme et de civisme. M. René Grandjean, préfet de la Glâne, fit une brillante allocution. Les tireurs fri¬ bourgeois, dit-il, ont droit à notre plus profond respect. Si le tir demande de la maîtrise personnelle, il doit aussi se pra¬ tiquer dans un esprit de compétition pacifique.
Partie récréative bienvenue
En guise d'apéritif, les délégués eurent le plaisir de déguster les vins d'honneur offert par les communes faisant partie de la paroisse de Vuisternens. Ils furent ensuite conviésà un banquet quieut lieu à l'Hôtel Saint-Jacques. Préparées avec beaucoup de distinction par M. et Mme Gérard Dumas-Menoud, tenan¬ ciers de l'établissement, les spécialités de la borne ont été servies avec délica¬ tesse par un personnel stylé. La fanfare et le choeur mixte ont rehaussé cette partie récréative par leurs excellentes productions du terroir. Félicitations à ces deux sociétés pour leur collabora¬ tion bienvenue à cette rencontre des tireurs. La musique et des chansons ré¬ chauffent agréablement le coeur. Et cela fait toujours plaisir.
MM. Erwin Fasnacht, nouveau membre d'honneur (à gauche) et Fritz Wüthrich, Moniteurs de jeunes tireurs récompensés pour leur travail:
nouveau membre du comité cantonal MM. Jean Gremion, Enney; Paul Lehmann, Saint-Ours; Roland Levrat, Ursy; André Manzoni, Broc; Lucien Roulin, Forel.
de la Croix-Blanche Téléphone 037 33 11 53 1711 TREYVAUX
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HOMMAGE AU PAIN Par M. Henri Grandjean, ancien boulanger, Romont
Il y a des milliers d'années déjà que le pain, chose sacrée, voire divine, était apprécié par des peuplades civilisées. Egyptiens, Grecs, Romains, Juifs, lacustres et troglody¬ tes faisaient une ample consommation de diverses sortes de pain ou galette. Ce sont les Egyptiens qui, les premiers, découvrirent le pain pour le bien-être de l'humanité. Ils le fabriquaient déjà au levain-chef qui ressemblait beaucoup à celui de nos jours. Ils lui donnaient la forme de plantes, d'animaux ou d'instruments de musique. On honorait aussi les artisans fabriquant ces marchandises.
A la cour des Pharaons, des boulangers professionnels confectionnaient de nom¬ breux pains distribués en offrande dans les temples. Croyant à la survie, ils mettaient aussi dans les tombes du pain naturel ou sous une forme symbolique. Da ns l'a ntiquité israélite, des femmes esclaves fabriquaient le pain et plus tard, à Jérusalem, il existait même une rue appelée «Rue des Boulangers». Le lieu de Bethléem nous rappelle le pain aujourd'hui encore, car en allemand ce nom signifiait «Maison du pain». Chez nous, il n'y a que quelques décennies, un pain dit «pain bénit» était encore fabriqué dans certaines paroisses catholiques, dont celle de Romont en particulier. A tour de rôle, les paroissiens passaient commande à leur boulanger d'un pain de farine blanche au mi-blanche et d'un poids de 5 à 6 kg. Composé de deux gros bâtons ronds de poids différents, façonnés par le boulanger et juxtaposés puis orné des attributs de la Passion, soit: la croix, la couronne d'épines, les trois clous de la crucifiction ainsi que des lettres sacramentelles, le tout façonné en pâte, puis doré et cuit à point. A l'office du dimanche, ce pain recouvert d'une fine draperie était porté selon l'an¬ cienne coutume sur la tête par une jeune fille qui, avant l'Offertoire, s'avançait magestueusement par l'Allée principale de la collégiale vers le maître-autel où il était déposé pour être béni en même temps que le pain et le vin du Saint-Sacrement de la Communion. Il était ensuite porté à la sacristie et coupé en morceaux avant d'être
Photo prise au laboratoire de M. Marcel Biolley, boulanger. Le Mouret
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Hans Aebischer, Tavel Jean Chardonnens, Bussy
Laurent Fasel, Fribourg Bernard Jaquillard, Remaufens Joseph Magnin, Prez-vers-Siviriez Marcel Bongard, Arconciel Alphonse Sauterel, Tavel
distribué aux fidèles à l'issue de la messe. Emporté dignement dans les foyers, ce pain avait au repas familial valeur de symbole. La dureté des temps de la dernière guerre, avec ses restrictions, a fait perdre cette coutume évocatrice.
De nos jours, malgré l'énorme développement technique qui s'est opéré, la fabrica¬ tion du pain est restée en principe la même. Certes,le progrès a facilité et simplifié le travail, réduit le temps de fabrication et amélioré la qualité, mais le pain est resté le pain. Actuellement encore, en Suisse, chaque canton ou presque a son pain spécial. Chez nous, en Suisse romande, les sortes les plus connues sont le pain bis, de seigle, mi-blanc et blanc, façonné en formes diverses: ronde, longue, mi-longue, carrée, à tête, en baguette ou flûte, etc., et de divers poids dont les uns obligatoires. En parlant de pain, on ne peut oublier d'évoquer le labeur du boulanger en son fournil, spécialement au moment du pétrissage et du façonnage à la main, du chauffage du four à bois, de l'enfournage et défournage à la pelle par une chaleur quasi «INFER¬ NALE».Non! le fournil n'est p?s un enfer, il suffit de penser à la fierté que ressent le boulanger lorsqu'il sort sa fournée de pains dores et appéiiaoûnts à souhait et dégageant un fumet à nul autre pareil.
Le client consommateur doit reconnaître qu'aucun aliment n'est autant apprécié que le pain sous toutes ses formes. Il fait encore partie de la vie et est le symbole de notre nourriture quotidienne. Il est vrai que l'homme estime le pain de diverses manières. En temps de disette il acquiert une grande valeur, en temps de surabondance il perd de son importance, et pourtant il a résisté à tous les temps depuis des millénaires. Le pain a toujours déterminé la progression ou la décadence des peuples, l'issue d'une guerre dépendait souvent de lui. Les deux conflagrations mondiales de ce siècle en sont une preuve irréfutable. Fasse le Ciel que nous ne connaissions plus de telles catastrophes et sachons le remercier de nous combler encore de bienfaits tels que le pain qui est actuellement à la portée de chacun et de chaque bourse.
CAFÉ FRIBOURGEOIS BULLE RESTAURANT RENOMMÉ POUR
son service sur assiette ses spécialités de la borne ses fondues
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Fam. P. VALLELIAN-STUCKI Tél. 029/2 71 39
ouvert tous les jours
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Spécialités: Filet Strogonow à la wodka, Côte de bœuf du Cerf, Emincé «Bombay Style», Spécialités de poissons et de saison.
Salle des Chevaliers pour sociétés et banquets Chambres confortables
Motel avec terrasse
Café Restaurant de la Croix-Blanche rjTTJ ïT - i il' \ 1531 CHATONNAYE Tél. 037/68 11 19 Menu du jour Spécialités: Jambon de campagne Filets Mignons Entrecôte Maison Fondues
Salle pour sociétés et banquets Famille
G. Mettraux-Périsset Fermé le mardi
Dancing: Tous les soirs,
orchestre-attractions-danse
Restaurant: Spécialités à la carte Tournedos aux morilles Fr. 15.— Service compris Scampis à l'Indienne Fr. 15.— Service compris Fondue chinoise ou bourguignonne Fr. 15 — Service compris et toute une gamme d'autres mets.
AUBERGE ST-GEORGES Corminbœuf Tél. 037 / 45 11 05 Famille Baechler-L'Homme 0 Restauration soignée Menu du jour SPÉCIALITÉS: Jambon de campagne Entrecôte Maison Fondues moitié-moitié Sur commande: Filets de Perches
Salles pour banquets et sociétés de 10 à 200 couverts
Nous les jeunes
La main dans ta main pour la vie
A lui de faire le premier pas Lettre d'une jeune fille
Chers amis.
Après avoir lu dans la rubrique Nous les Jeunes «L'amour à dix-sept ans» j'ai réfléchi longuement et j'ai pensé que je pouvais vous écrire.
Je vais avoir 18 ans à la fin de l'année. Je suis la cadette d'une famille de trois enfants. Mon frère en a 26 et ma sœur 25. Mon problème, ce n'est pas l'amour mais l'incompréhension de mes pa¬ rents.
Je sors depuis quelques mois avec un garçon de 23 ans. Il est sérieux, gentil, calme, travailleur. On ne peut rien lui reprocher. Malheureusement, mes pa¬ rents me trouvent trop jeune pour fré¬ quenter. Quand j'ai dit à ma mère que j'avais été au cinéma avec lui, elle s'est fâchée et notre entretien s'est terminé par une dispute. J'avais l'intention dele leur présenter, mais ils n'ont pas voulu. Depuis je ne leur en ai plus parlé et cela fait plus d'un mois. Je sors régulière¬ ment avec lui, chaque week-end et une fois au milieu de la semaine. Je trouve chaque fois une excuse que je suis avec des copines. Mais ce n'est pas une solu¬
tion de mentir, car un beau jour je vais retomber sur mon nez. Dites-moi ce que je dois faire?
C'est malheureux d'avoir des parents aussi égoïstes.
Ils n'ont jamais osé me parler en face de problème de jeune fille telle que la sexualité, rapports entre copains, copi¬ nes, etc... C'est difficile la vie quand on a personne à qui se confier. J'ai bien Eric et une amie Christine, elle a 2 mois de moins que moi, elle habite dans le même quartier que moi, mais une amie ce n'est pas une mère. On a fait les premiers pas ensemble, on a grandi ensemble, on se comprend parfaitement bien, je peux tout lui confier et vice-versa. Elle a de la chance. Ses parents sont de caractère très jeune, surtout sa mère qui est très gentille avec moi. Eric, lui, de son côté n'a pas de problème, ses parents sont aussi très compréhensifs, et de carac¬ tère très jeune. Il est l'aîné d'une famille de 5 enfants. Je sais qu'il tient à moi, moi je tient à lui et je l'aime.
Une fille qui souffre Annie
Une étude sur l'émancipation de la jeu¬ nesse en dit long sur la manière dont les jeunes filles «modernes»ressententau¬ jourd'hui leur sexualité et sur le rôle sou¬ vent négatif que jouent les adultes, en particulier certains parents, dans ce do¬ maine.
Nous vous remercions de votre lettre, Annie. Elle permettra peut-être d'ouvrir les yeux à beaucoup d'autres jeunes fil¬ les. Toutd'abord, que pensez-vous de la paternité légitime? Vous n'avez pas en¬ core dix-huit ans et vous pensez à votre émancipation. C'est très bien. Mais sa- vez-vous que l'émancipation confère à un enfant mineur le gouvernement de sa personne? Etes-vous capable d'assu¬ mer déjà cette responsabilité et de sub¬ venir totalement à vos besoins? Sur le plan sexuel aussi, la fille représente un risque plus grand que pour le garçon. L'atmosphère d'insécurité, dans la¬ quelle ont lieu ses premières expérien¬ ces, la pousse à rechercher auprès de son partenaire un soutien affectif. Elle tente de se prémunir par/'«amour» con¬ tre le mépris de l'opinion et de l'élu. Voilà pourquoi, nous pensons que vos parents ne sont pas égoïstes, mais qu'ils ne cherchent que votre bien. Si votre mère ne vous à jamais parlé de sexualité, c 'est parce que, peut-être, elle n 'estpas habi¬ tuée à tenir une conversation sur ce genre de choses, même avec ses en¬ fants. Il y a aussi des personnes qui se gênent de parler du problème sexuel. Il ne faut pas leur en vouloir. L'évolution que nous vivons, vos parents ne l'ont pas vécue à votre âge.
Votre problème primordial n'est-il pas de pouvoir sortir librement avec votre ami? Puisque vous n 'a vez aucune ambi¬ tion sur le plan de l'amour et que nous vous considérons comme une fille sé¬ rieuse, vos parents ne devraient avoir aucun souci sur votre comportement et vos sorties avec ce garçon qui tient, paraît-H, vraiment à vous. Vous n'avez pas encore parlé de votre problème à votre frère ou à votre sœur? Tous deux pourraient agréablement faire le trait d'union entre vous, votre ami, et vos parents. Mais nous avons une autre suggestion à vous faire pour régler ce différend qui, avec le temps deviendra insupportable pour tous.
Le jeune homme de vingt-trois ans, qui est votre ami, vous aime sincèrement, ne pourrait-H pas vous aidez dans cette situation? S'il n'a rien à se reprocher sur le plan travail et conduite comme vous le dites, H doit être en mesure de prendre contact lui-même avec vos parents et d'avoir une conversation positive ou né¬ gative avec eux. Votre père et votre mère sont des êtres humains. Alors! Nous pensons que c'est la seule solution pour que vous puissiez vivre normale¬ ment et en toute liberté, sans avoir be¬ soin de mentir chaque fois que vous désirez le rencontrer. Quel soulagement pour vous, votre ami, et pour vos pa¬ rents aussi. Il suffit parfois de mieux se connaître et d'un peu de compréhen¬ sion. Il y a nonante pour cent de chances que cela réussisse.
A lui de faire le premier pas, puisque vous êtes mineure.
Nous les jeunes
Le coin
des animaux Une hirondelle
fait-elle le printemps
Cet oiseau est essentiellement aérien. Son cou peu marqué, sa tête arrondie et terminée par un petit bec, ses ailes très longues et pointues, sa queue bien dé¬ veloppée lui confère une forme aérody¬ namique. Le plumage, où dominent le noir et le blanc, est peu fourni et sem¬ blable dans les deux sexes.
En vol, l'hirondelle se caratérise par ses évolutions gracieuses, rapides et va¬
riées, au cours desquelles, elle happe habilement les insectes dont elle se nourrit. Réputée pour ses migrations saisonnières, elle est très familière en Europe, mais elle vit également sur toute la surface du globe, à l'exception des terres polaires.
L'hirondelle de cheminée construit son nid maçonné qu'elle fixe aux murs ou aux poutres des habitations. L'hiron¬ delle de fenêtre niche dans les zones tempérées de l'Eurasie et hiverne en Afrique.
L'hirondelle de rivage fait son nid dans le sable des plages, tandis que l'hiron¬ delle des rochers niche dans les anfrac- tuosités.
C'est avec plaisir que l'on voit arriver l'hirondelle chez nous, car selon un vieux dicton, elle annonce le retour du printemps.
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...au mariage Photos G. Bd-FI
Signification du mariage Le tabou de l'inceste éclaire, en fait, les origines mêmes du mariage: ce fut le premier frein bridant l'impulsion sexuelle. Social et non instinctif, il n'a pu s'imposer que par des rites, des céré¬ monies de caratère sacré. L'extrême bigarrure des traditions matrimoniales à travers le monde a engagé les anthro- logues à ne considérer que les structu¬ res familiales, sans guère tenterde rap¬ prochements avec la vie économique. Pourtant, dans la mesure où les croyan¬ ces communes à une société sont en relation avec son genre de vie, il n'est pas impossible d'esquisser, sinon une classification rigoureuse, du moins quelques grands cadres de classement et de montrer que les règles du mariage font entrer celui-ci dans le système gé¬ néral d'échanges et de communication. C'est ainsi que l'exogamie a vraisem¬ blablement prévalu au Paléolithique su¬ périeur puisqu'on la constate chez la plupart des populations vivant encore de la chasse (chez les Bushmen du Kala¬ hari et chez les indigènes australiens, par exemple, elle a pu favoriser l'en¬ traide nécessaire aux battues collec¬ tives).
Du sud de l'Inde jusqu'en Mélanésie, on trouve de nombreuses sociétés prati¬ quant ou ayant récemment pratiqué le mégalithisme, où le mari est à peine reconnu: les enfants n'ont d'autre fa¬ mille que celle de leur mère (matrili- gnage) et habitent même parfois chez leur oncle maternel. Chez les Minangka- bau de Sumatra, chaque fille pubère reçoit une place dans une maison com¬ mune, symétrique de la «maison des hommes» où dorment les garçons jusqu'à ce qu'ils établissent une liaison avec une fille; celle-ci s'installe alors dans sa maison ancestrale, où son con¬ joint la retrouve de nuit, travaillant le jour dans le domaine de ses propres ancêtres; il n'a de devoirs qu'envers les enfants de ses soeurs et non envers les siens propres. Chez les Nayar caste de guerriers de l'Inde méridionale, les filles sont mariées à onze ans (sans consom¬ mation de noces) à un jeune homme de
L'amour n'a pas d'âge
haute caste, dont elles divorcent au bout de quelques jours, ce partenaire fictif recevant une indemnité pour ne plus reparaître. Aussitôt pubères, ces jeunes divorcées se choisissent des amants parmi les garçons de caste bra- hame, qui ne sont pas autorisés à se marier légalement; ceux-ci n'ont aucun droit sur leurs enfants et n'ont de de¬ voirs qu'envers les enfants de leurs pro¬ pres parents; les enfants ne connais¬ sent que leurs oncles maternels. Il en était de même chez les Gaulois, héritiers du mégalithisme occidental. Cet effa¬ cement de l'élément paternel concorde avec les religions attribuant toute nais¬ sance à la réincarnation d'un esprit. Elle correspond également à une agricul¬ ture par brûlis saisonniers, encore en honneur dans le Sud-Est asiatique comme elle l'était en Europe aux temps du mégalithisme.
Contrairement à ces traditions de ma- trilignage, les populations d'ascen¬ dance pastorale sont fréquemment pa¬ triarcales. L'homme était passé de la chasse aux tâches pastorales, par les¬ quelles il dominait la vie économique: la fonction de berger pratiquant au besoin la castration pripageait les évidences physiologiques de la génération. D'autre part, certaines peuplades vi¬ vent dans des conditions d'environne¬ ment si précaires que le groupe social doit se limiter au couple et à sa progéni¬ ture: c'est le cas des Esquimaux chas¬ seurs et des Indiens du Nord-Ouest de l'Amérique. Une agriculture archaïque, jointe à l'élevage et réclamant une forte main-d'œuvre, a favorisé, notamment au haut Moyen Age européen, la vie des ménages apparentés. Le souci de main¬ tenir l'intégrité du domaine a longtemps interdit le mariage aux cadets, qui ser¬ vaient chez l'aiiné. En de telle «grandes familles». Les comportements indivi¬ duels étaient stritement réglés: les nou¬ veaux mariés prenaient place dans la communauté de travail dirigée par les anciens, où peu de place était laissée à l'initiative des jeunes; en revanche, ceux-ci bénéficiaient d'une sécurité économique rarement assurée dans les premiers temps de nos familles nucléai- res(une aide leur était garantieencas de naissance, maladie ou décès, et leurs enfants étaient entourés d'un impor¬ tant groupequi participaità leurforma- tion pratique).
Ces traditions s'effacent de plus en plus sous l'effet des mutations accélérées de nos genres de vie. Non seulement L'existence communautaire des famil¬ les étendues a dès longtemps disparu, mais la famille nucléaire elle-même est aujourd'hui menacée parla récente pré¬ cocité physiologique de la puberté. L'évolution en cours est donc loin de consolider ce centre familial élémen¬ taire que Goldenweiser définissait en 1930 comme «le point de transmission de la culture, un pont entre les généra¬ tions». Les jeunes couples ont tendance à ne pas attendre le mariage, comme à se marier précocement avec ou sans consentement familial. Il est permis de penser que la jeunesse reflète sponta¬ nément, voire inconsciemment, l'accé¬ lération des mutations industrielles et scientifiques, qui tendent à démonéti¬ ser toute notion de tradition.
Sourire à la vie, c'est aussi espérer...
LA LETTRE D'AMOUR
«Et, vois-tu, si tout va bien, je crois que dans trois semaines, je pourrai passer à ton doigt le petit anneau d'or. Enfin, après tant d'obstacles et de difficultés, notre premier but sera atteint! L'anneau à ton doigt annoncera à tout le monde que nous sommes l'un à l'autre. Puis, dans six mois, j'en ai la certitude, enve¬ loppée de ton voile blanc, et la couronne de myrthe sur tes cheveux, tu m'ac¬ compagneras à l'église, où tu me seras donnée pour toujours, liée à moi par un lien indissoluble. C'est à peine si je peux croire qu'un si grand bonheur soit aussi proche»!
C'est ainsi que les choses se sont pas¬ sées pour Louise.Quand on lui a remis, le matin, la lettre attendue sur laquelle d'une main énergique, était inscrit son nom, elle y a jeté un coup d'œil; puis elle l'a glissée dans son corsage, afin d'at¬ tendre le repos du soir pour s'entretenir avec les lignes chéries, dans la paix sa¬ crée de sa chambrette. Et maintenant, après le travail astreignant de la jour¬ née, voici l'heure si ardemment atten¬ due. Tandis que, devant sa fenêtre, le printemps fleurit, elle laisse pénétrer en elle les paroles et l'amour du bien-aimé de son coeur. A elle aussi, il lui semble que le bonheur qui frappe à sa porte, est presque trop grand pour le laisser en¬ trer.
Mais ce bonheur, le voici! Il passe comme une flèche à travers son âme. Pensive, elle contemple le soir tombant et elle pense: «Comment puis-je ainsi me livrer à la joie, lorsque, tout autour de
nous, ce ne sont que plaintes et larmes, et événements terribles?»
Tu le peux, Louise! Vois comment Dieu place le soleil rayonnant, la beauté des fleurs et le chant des oiseaux au milieu des lamentations de la Terre. Toi aussi tu peux montrer la joie! Mais ouvre ton coeur, et, la joie qui te transporte, com- munique-le plus loin. Fais en sorte que quelque chose de ton bonheur rejaillisse sur les autres, et pleine de reconnais¬ sance, mets-toi à leur service. Ainsi, la grâce particulière qui t'a été accordée retombera en bénédiction tout autour de toi.
(suite page 13) Le bonheur à deux
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Une belle jeunesse musicale avec des notes
de notre temps (Texte et photos G. Bd)
Quelle merveilleuse soirée que celle of¬ ferte à la population de Promasens par la fanfare paroissiale, en collaboration avec le choeur mixte et la société de jeunesse. Dans les joutes les plus paci¬ fiques qui soient, celles de trois socié¬ tés locales unies dans un même idéal: la musique. Ce concert fut réconfortant pour tous ceux qui ont eu le privilège d'entendre les magnifiques prestations des jeunes comme des aînés. Ils en con¬ serveront un souvenir ému.
Sonnez clairons, roulez tambours! La soirée se déroula dans une salle exi- gue de l'Auberge de l'Etoile, où un très nombreux public était venu encourager ceux et celles qui se dévouent à la cause de la musique et animent le village. Pla¬ cée sous la compétente direction de M. Marcel Braillard, jeune chef enthou¬ siaste, la fanfare paroissiale de Proma- sens fit une brillante démonstration de son savoir-faire. Nous parlerons uni¬ quement des partitions qui ont particu¬
lièrement retenu notre attention par la qualité musicale en premier lieu. Ce sont Colibri, une polka pour deux trompet¬ tes (solistes: B. Jaquier et M. Dorthe); Slippery Gentlemen avec trio de trombones (solistes: R. Braillard- J.M. Jaquier - Ph. Dorthe - Ph. Renevey); Red River, prélude pour un western: Amazig-Grace, avec solo de trom¬ pette (solistes: M. Braillard, directeur): Napoli et Tiger Rag. En jouant le mor¬ ceau de Garde, les musiciens eurent de la peine à tenir le rythme. Cet ensemble musical présidé avec beaucoup de dy¬ namisme par M. Augustin Pittet, compte actuellement quarante et un musiciens dont la majorité est très jeune. Pour leur attention disciplinée, soutenue et joyeuse, toute centrée sur une direction calme, posée, sûre et agréable de M. Braillard, les membres de cette société culturelle ont droit à toute notre administration.
La relève de cette fanfare est assurée. Huit élèves suivent les cours de mu¬
te groupe des tambours dirigé par M. PauI Bourquenoud, moniteur (à gauche)
sique instrumentale. Sous la direction de M. Michel Dorthe, ces musiciens no¬ vices ont révélé des talents que nous nous réjouissons déjà d'apprécier sou¬ vent et longtemps encore.
Il était certainement permis et de noto¬ riété, d'augurer de ce concert, une pro¬ duction dans sa meilleure forme et de qualité indéniable. Nous voulons parler du groupe des tambours formé de trois jeunesfilles, dirigé parM. Paul Bourque¬ noud, moniteur. A la mesure de son talent, il nous a offert une brillante pro¬ duction. Et quelle stimulante impres¬ sion pour la jeunesse!
La fanfare paroissiale de Promasens au cours de son concert
Et l'art choral...
De la musique de cuivre à l'art choral il n'y a qu'un pas. Le choeur mixte parois¬ sial dirigé par M. Pierre Demierre, ne nous a pas donné un concert révélateur. Loin de nous l'idée présomptueuse de porter un jugement sur la valeur de l'in¬ terprétation.
Il nous a semblé que les voix féminines dominaient un peu trop les voix mascu¬ lines. Disons tout de même que leurs interprétations plurent beaucoup aux auditeurs.
Un concert qui nous a conquis par une interprétation exaltante et bien équili¬ brée qui nous a été offert dans une exécution claire, franche et d'une élo¬ quence épanouie, c'est bien celui de la société jeunesse. La jolie qualité des voix et leur bonne homogénéité surpre¬ naient agréablement l'auditeur, surtout le negro spiritual «Git on board little children», et «La bonne du curé» où la voix révélatrice de la soliste, Marie- Thérèse Conus, donna le piquant né¬ cessaire à cette chanson qui connut un grand succès. C'était là, la note humo¬ ristique de la soirée. Ces jeunes gens et jeunes filles placés sous la direction de M. Marcel, Dorthe, un chef incontesté, ont inondé la salle de leurs chansons et de leur fraîcheur. Il est donc faux de croire que la jeunesse se désintéresse de l'art choral. Ces jeunes méritent un grand coup de chapeau.
Ce rassemblement de trois sociétés culturelles pour un même concert nous a donné toutes les raisons d'espérer. (suite page 11)
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Promasens (suite et fin)
Pour que musiciens et chanteurs puis¬ sent s'épanouir, il ne reste plus qu'à penser à une nouvelle salle plus grande. Leur activité devraient inciter les autori¬ tés de Promasens à étudier un projet. Un voeu parmi d'autres.
Cette manifestation prit fin par le verre de l'amitié qui a réuni les autorités civi¬ les et religieurses, invités et membres d'honneur. Prirent la parole à cette sympathique réception présidée par M. Augustin Pittet, président de la fanfare, l'abbé Arsène Jorand, curé; MM. Deil- lon, au nom du Giron de la Glâne; Gérard Baudois, président de paroisse; André Jaccoud, syndic; G. Bourquenoud, ré¬ dacteur FI; Baudois, président du choeur mixte; et André Baudois, prési¬
dent de la société de jeunesse. Le chœur-mixte paroissial de Promasens
CHATONNAYE OU... UN VILLAGE MUSICAL! Photos: Jean-Claude Broillet
SAMEDI 13MARS, en la grande salle de Sédeilles aux portes même de Châton- naye, la fanfare «L'Echo des Roches», sa clique de tambours, son Corps de Cadets, le Chœur-mixte paroissial et le chœur d'enfants fondé il y a juste cinq mois, s'étaient groupés pour donner en commun leur concert annuel.
Dans l'assistance fort nombreuse, l'on notait avec plaisir la présence de M. le Curé Pierre Charrière, MM. Jules Schmid, Jean Dayas et Henri Rossier, respectivement syndics de Châton- naye, Sédeilles et Villarsel, M. le député Alexis Gobet de Villariaz, M. Gilbert Dé- vaud et Mme Ida Emmenegger, parrain et marraine de la nouvelle bannière du Corps de musique, ainsi que divers re¬ présentants de sociétés amies. Enguise de lever de rideau, l'on assista à une production des tambours placés sous la responsabilité de M. François Pittet, puis le Chœur d'enfants dirigé par M. Robert Mondoux interprêta «Le Vent» une composition de Carlo Boller, «Nous qui verrons la lune» signé Jean Nohaim et Dona, ainsi qu'un pot-pourri d'airs tessinois.
Le public put ensuite apprécier les pro¬
ductions du corps des Cadets composé de quelques 35 jeunes gens et jeunes filles instruits par M. Benoît Schmid, également excellent trompettiste. En interprêtant quatre pièces variées, no¬ tamment «San Carlo» une marche de 0. Tschuor, ou «Die lustige Wittwe» (la veuve joyeuse) de F. Vrseky, cette jeu¬ nesse a prouvé que l'avenir de «L'Echo des Roches» est pour longtemps en¬ core assuré.
Le programme du Choeur-mixte pa¬ roissial dirigé avec élégance par Mme Florence Rouiller obtint également sa part de succès. Citons une moderne «Pater Noster» d'Igor Strawinski, «Mère, mariez-moi»de A.F. Marescotti, une Ronde du XVe siècle d'auteur in¬ connu, «In dulci jubilo» de Praetorius, accompagné par un groupe de cuivres, ainsi que à 3 voix de dames «Seulette suis, sans mon berger» de Joseph Bo- vet. C'est avec aisance que les chan¬ teurs se jouèrent des réelles difficultés que comportait ce programme varié et exécuté dans une harmonieuse fusion des voix.
«L'Echo des Roches» fanfare parois¬ siale de Châtonnaye qui groupe aussi
L'Echo des Roches dirigé par M. Guy Cotting
Ce choeur-mixte paroissial sous la di¬ rection de Mme Florence Rouiller
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Le choeur d'enfants dirigé par Robert Mondoux les communes de Middes et Torny, compte un effectif de 60 membres ac¬ tifs dont environ 15 jeunes filles. Dirigé par M. Guy Cotting qui a su imposer à ses musiciens les exigences des nuan¬ ces et des rythmes, et présidé avec un rare dynamisme par M. Francis Fra- gnière, cet ensemble de cuivres a mis à son menu «Un salut à Tramelan» de J. Marquis, «OfficierOf the Day March» de R.B. Hall, une «Petite Suite pour Fan¬ fare» de Loulou Schmidt, «Rosablan- che» de Guido Anklin, «Guantanmera» deH;Kolditz,ainsiqu'un«FestivalChar- les Trenet» dans un arrangement de L. Delbecq.
En intermède, et pour 25 années d'acti¬ vité, la médaille de vétéran a été remise par M. Oscar Moret représentant le co¬ mité de la Société cantonale des mu¬ siques fribourgeoises à M. Marcel Dou- goud, président de paroisse, également
membre actif du Chœur-mixte, à M. Georges Péclat ancien président de la société, à M. Gaston Dougoud qui n'a manqué aucune répétition durant ces cinq dernières années, à M. Louis Rey, également membre actif du Chœur- mixte, et à M. Conrad Mauron, prési¬ dent d'honneur-fondateur à qui nous présentons nos voeux de prompt réta¬ blissement.
Pour terminer cette magnifique soirée musicale, M. Francis Fragnière, prési¬ dent, remit le diplôme de membre d'honneurà Mme Augusta Ottet, à MM, Armand Mauron, Jean Gremaud, Guy Plancherai, François Despont, Emile Ot¬ tet et Marcel Crausaz.
A Châtonnaye, chant et musique ont été à l'honneur, grâce à la compétence des directeurs et au dévouement de tous les membres des sociétés.
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Est-ce que je l'aime?
La question paraît bizarre. Et pourtant bien des jeunes filles se la sont posée pendant des nuits sans sommeil. Il m'est sympathique, je l'aime bien. Mais cela suffit-il pour l'épouser? Ne de- vrais-je pas être débordante d'un amour brûlant, pour pouvoir lui répon¬ dre oui?
Cette jeune fille est un peu jalouse d'une de ses amies. Celle-ci aussi a un ami. Mais elle n'a pas besoin de réfléchir pour savoir si elle l'aime. Tout son être éclate d'amour. Si elle aperçoit seule¬ ment l'initiale de son ami, elle éprouve des battements de cœur. Elle nage en plein ciel.
Cette amie se nomme Ursule. Voulez- vous savoir comment s'est terminé le roman de cette Ursule et de son bien- aimé? Devant le juge, où, après trois ans de mariage seulement, elle et son Léon se sont présentés, les yeux pleins de regards ennemis, et les poings ser¬ rés, afin d'obtenir une sentence de di¬ vorce. Tant de merveilleux amour s'était évanoui aussitôt après le ma¬ riage. Ce qui, au temps des fiançailles, apparaissait un attachement profond, d'une nature unique, bien peu de temps après, ne représentait plus qu'un feu de paille, vite réduit en cendres. Cela nous apprend que la violence de l'amour n'est pas nécessairement en proportion de sa profondeur et de sa sincérité. Et nous en concluons aussi que, avant de consentir à donner sa main à un homme, une jeune fille peut fort bien se deman¬ der: Est-ce que je l'aime?
Comment la transformation d'Ursule a- t-elle été possible? Eh bien, de tout temps, Ursule avait désiré se marier. Elle rêvait d'un homme aimant, elle rê¬ vait d'être aimée et d'aimer; et surtout elle aspirait à donner libre cours à son instinct maternel. Personne, certes, ne l'en blâmera! Ce qu'elle ressentait, c'est ce qu'à travers tous les âges, un coeur vif et sain de jeune fille a toujours res¬ senti.
Et voici que Léon entra dans sa vie, lui offrant son coeur, et l'étourdissant de paroles délicieuses. Alors, en elle, la passion se leva, alimentée par les ten¬ dres désirs qui, jusqu'alors s'étaient ca¬ chés dans son coeur. Elle se sentit en¬ vahie parune volupté indicible. L'amour montait en elle en hautes flammes dé¬ vorantes. Et Ursule se jeta sur le coeur de celui auquel devait un pareil bonheur: O bien aimé Léon, mon adoré! Dans son enthousiasme, la jeune fille ne remarqua pas qu'elle était victime d'une grande illusion. Elle croyait que ses dé¬ sirs et son tumultueux amour étaient inspirés par Léon. En vérité, il s'agissait simplement d'un homme. Non pas de la personne, de la manière d'être, du ca¬ ractère de Léon, mais bien de l'homme dans son essence même. Ce n'était pas l'amour de Léon qui s'était emparé d'elle, mais le dur et merveilleux désir, difficile à dompter qui, selon la volonté du Créateur, pousse la jeune fille vers le jeune homme et le jeune homme vers la jeune fille. Dans l'éclat de sa jeunesse masculine, Léon parut devant Ursule. Et cet éclat troubla tellement la bonne fille, Un peu jeunes pour se marier, mais déjà très sérieux.
Le sourire de ce couple n'est-il pas le reflet de leur bonheur? qu'elle ne vit point les misères et les
défauts de celui qui faisait le centre de cet amour. Hélas, quand, après le ma¬ riage, cette lumière rayonnante se mit à pâlir, et que l'aveuglement disparut, la jeune femme commença à voir, tel qu'il était, l'homme dont elle avait été si éblouie. Et elle eut peur...
Est-ce que je l'aime? Oui, c'est le mo¬ ment de vous éprouver, d'examiner si vous êtes bien certaine que c'est à lui que va toute votre admiration .Gardez- vous de l'aveuglement, afin de ne pas être victime de désillusions pareilles à celles d'Ursule. Examinez si ce n'est pas seulement comme rep.'-ssentant de l'autre sexe que votre ami émeut votre corps et votre âme, mais bien par toute sa personnalité. Est-ce vraiment son caractère individuel, son originalité per¬ sonnelle, sa manière d'être, qui vous attirent? Pensez-vous vraiment à cet homme-ci et non à un simple fantoche? Analysez-vous. Il est déjà arrivé beau¬ coup de mal dans le monde à cause de ce manque de connaissance de soi. Mais comment faire, si la jeune fille re¬ connaît qu'il s'agit d'un caractère sé¬ rieux, d'un homme respectable en tout point, et que, malgré cela, elle n'a pour lui que de la sympathie et pas d'amour? Comment faire, quand la raison vous dit qu'auprès de cet homme vous seriez vraiment heureuse, mais que vous en êtes toujours encore à cette question: «Est-ce que je l'aime vraiment?» Ici, chère Mademoiselle, il faudra que vous trouviez seule votre voie. Personne ne peut prendre la décision pour vous, et, en dernier ressort, c'est vous seule qui avez à la prendre. Disons cependant que nous avons fait l'expérience sui¬ vante: plusieurs jeunes filles qui se trou¬
vaient dans cette situation et ont fini par dire oui, ne l'ont regretté plus tard. Plus tôt qu'elles ne le croyaient, l'amour se développa enelles, d'abord doucement et timidement, puis toujours plus fort et plus profond, jusqu'à ce que les deux coeurs se mirent à battre ensemble. Remarque: un amour éclos au sein de l'estime qu'inspire à une jeune fille le grand amour d'un de ses admirateurs est souvent capable de tenir devant les tempêtes de la vie, avec autant de fer¬ meté, sinon davantage, qu'un amour primitif, épanoui dans le cœur tumul¬ tueux d'une jeune enfant.
(suite page 14) La joie de vivre ensemble...
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Son amour est-il sincère?
Une jeune fille devrait pouvoir répondre à cette question dès qu'un homme lui fait des ouvertures sérieuses. Elle a des raisons particulières de la poser si, cet homme franchit les limites des conve¬ nances et du tact pour se permettre des sollicitations et des familiarités auxquelles une jeune fille honorable ne doit pas se prêter. Comment avoir con¬ fiance en un «prétendant» de cette es¬ pèce? Qui sait s'il n'a pas d'autre des¬ sein en tête que le mariage? Qui sait si ce ne sont pas précisément les choses qui, selon l'ordre sacré, sont permises seu¬ lement dans le mariage, qu'il cherche à obtenir, en se faisant passer pour un prétendant ou même pour un fiancé, et si, une fois qu'il les aura obtenues sans autre, il ne se désistera pas? Une des meilleures preuves qu'une jeune fille peut avoir de la sincérité de son préten¬ dant, c'est justement qu'il respecte les limites qu'elle ne veut absolument pas franchir, et qu'il prend sur lui de se do¬ miner.
Il est évident que la maîtrise de soi et la capacité de faire des sacrifices sont les meilleurs cautions qu'un amour est vé¬ ritable et de bonne qualité. C'est pour¬ quoi il est bonde vous rendre compte si votre soupirant est ponctuel aux heures de vos rencontres, s'il tient la parole donnée, s'il s'efforce de vous faire plai¬ sir, et prend en considération les désirs exprimés par vous, alors que, peut-être, il lui en coûte. Si c'est un grand fumeur, est-il capable, quand vous lui en exprimez le souhait, de se
Viendra-t-H au rendez-vous?
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modérer un peu? Peut-il, parce que vous l'en priez, retenir l'emploi d'un ju¬ ron ou d'un vilain mot qui lui est habi¬ tuel?
Et qu'en est-il de votre correspon¬ dance, lorsque l'un de vous est absent? Je pense que s'il se borne à vous en¬ voyer une carte postale toutes les deux ou trois semaines ou, occasionnelle¬ ment, un petit billet de deux pages, son amour ne va pas bien loin. Et si les mes¬ sages s'espacent jusqu'à un silence de six semaines,puis qu'ensuite votre ami invoque l'excuse d'une infection qu'il aurait eueà la main droite, l'obligeant de porter son bras enécharpe; sans crainte de vous tromper, vous pouvez le remer¬ cier. S'il vous aimait vraiment, n'au¬ rait-il pas trouvé le moyen de tracer à grand'peine quelques lignes, fût-ce de la main gauche?
Prêtez attention à la manière dont il s'entretient avec vous. Trouve-t-il quelque joie à discuter avec vous un sujet qui vous intéresse? A-t-ildu plaisir à échanger des réflexions avec vous au sujet d'un livre que, tous deux, vous avez lu? Lui est-il doux de goûter en votre compagnie les beautés de la na¬ ture ou de l'art, et de sentir vos deux coeurs unis en une admiration heu¬ reuse?
Ou bien dit-il toujours la même chose; s'en tient-il, jour après jour, à la même préoccupation d'effeuiller des margue¬ rites?...Oui, sans doute, effeuiller des marguerites a aussi son temps, et ce serait un couple étonnant que celui qui n'aurait rien à se dire des douceurs du
Un baiser fait toujours plaisir à tout âge baiser et du charme des caresses? Mais lorsqu'un homme n'a pasd'autres soins que de cultiver sa flamme, qu'il ne mon¬ tre pas le moindre goût pour entrepren¬ dre quoi que ce soit en commun, et qu'il reste des heures sur un canapé à cares¬ ser la main de son amie, on peut se demander: est-ce bien de l'amour mur ou seulement le désir d'être auprès d'une femme?
Son amour est-il sincère? Ouvrez les yeux. Ecouter la voix de votre cœur; laissez aussi parler votre raison en des heures de méditation tranquille. Implo¬ rez la direction de Dieu. Et selon toute probabilité, l'attitude infime de votre prétendant ne vous restera pas cachée. Sommes-nous faits l'un pour l'au¬ tre?
On pourrait écrire sur ce thème un gros livre. Mais je doute fort que, ce fisant, on rende service à l'humanité. Car elle ne se laisse imposer aucune règle au sujet des conditions qui rendent possi¬ ble une entente entre deux personnes. Parexemple, onentenddire: les tempé¬ raments flegmatiques et les sanguins vont très bien ensemble, car les pôles contraires s'attirent. En réalité, il y a beaucoup de cas où la tranquillité du flegmatique s'harmonise très heureu¬ sement avec le tempérament vif et bouillonnant du sanguin. On voit aussi
des cas où un colérique, qui monte comme une soupe au lait à chaque oc¬ casion, est complété admirablement par le voisinage d'une femme au tem¬ pérament tranquille, ne sortant jamais des gonds.
D'autre part, il y a aussi des cas où des natures contraires ne s'accordent pas. Disons, un époux tranquille, de sens rassis, et une jeune femme pleine de tempér3ment, quasi romanesque. Comment s'entendront-ils? Fort mal. (suite page 16) Acceptez-vous de m'épouser?
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...au mariage (suite et fin)
Pas trace entre eux de cette entente qui devrait se produire par l'attrait des pôles opposés. L'époux, intellectuel et de peu d'imagination, n'offre rien qui puisse servir à compléter le monde scintillant et romanesque où vit la jeune épouse; au contraire, elle ne peut que «l'envoyerpromener». Et lui, voyantson dépit, n'y comprend rien et dit: «Ne commence pas à pleurer, tu sais que les larmes agissent péniblement sur mes nerfs.»
Il arrive aussi que l'union de deux per¬ sonnes de même tempéramment mar¬ che à merveille. Mais c'est une règle qui a de nombreuses exceptions. Voici deux colériques qui mènent côte à côte une vie tout à fait agréable, car, après les premiers éclats, ils ont appris à se modérer et à respecter la manière de voir de leur conjoint.
Il n'existe donc aucune règle psycholo¬ gique infaillible qui puisse nous guider sur la question de s'entendre. Et il n'existeaucun tableau qui catalogue les
caractères en 50 ou en 200 types, et nous dise que les numéros 16 et 47, ou que les schéma no 19 et 168, soient destinés à former une union particuliè¬ rement harmonieuse.
Le principe fondamental de l'infinie di¬ versité ne règne-t-il pas sur toute la Création? Les humains n'échappent pas à ce principe merveilleux, en sorte que, dans le monde, il n'y a pas deux personnes ayant tout à fait la même physionomie ou le même caractère. C'est ainsi que les possibilités d'union pouvant donner d'heureux résultats sont infiniment nombreuses et diver¬ ses. Jamais il ne sera possible de les cataloguer selon des cadres rigides et d'en déduire des lois absolues. Il faut donc se méfier de la psychologie courante, quand il s'agit du choix d'un époux. Ses principes tronqués et pau¬ vres ne sont jamais à la hauteur de la plénitude de vie qui se manifeste dans un tel domaine. Cependant les ques¬ tions que nous posions au début de cette partie de notre ouvrage restent
Cet enfant tant attendu
capitales: A-t-il une bonne santé, un caractère sérieux, une existence assu¬ rée? Sommes-nous sur le même pied social? Est-ce que nous nous aimons? Plus loin, en parlant des difficultés du mariage, nous reviendrons sur cette question de la bonne entente. Il faut cependant remarquer ici que le nombre des personnes qui de nature, sont faites pour s'entendre—qui semblent créées l'une pour l'autre — est excessivement
restreint. Dans toutes les unions, il y a des occasions de frottement et de mé¬ sintelligence. Aussi, ce qui importe avant tout, c'est d'apprendre à tenir compte de son conjoint et de ses goûts, de savoir renoncer s'il le faut à un désir que l'on a, et de faire réciproquement l'effort de se comprendre. Dans les cas où l'on s'y applique vraiment avec bonne volonté, l'entente ne manquera pas de se faire.
j mariage
□ naissance
□ budget familial □ début de scolarité
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LA VIE MUSICALE SUPPLÉMENT BIMENSUEL DE FRIBOURG-ILLUSTRÉ 7 avril 1976
Editorial
Deux concerts exceptionnels
LA «VIE MUSICALE» remercie chaleureusement M. JEAN-MICHEL HAYOZ directeur de notre Conservatoire, de bien vouloir les présenter à nos lecteurs:
LA HUITIÈME SYMPHONIE DE MAHLER À BERNE, avec la participation de chœurs fribourgeois
La Huitième symphonie de Mahler a vite mérité le sous-titre de sympho¬ nie des Mille à cause du gigantesque appareil orchestral et choral et du nombre des solistes qu'elle requiert. Parce qu'on ne peut pas l'exécuter dans les conditions habituelles offer¬ tes à nos orchestres et à nos organi¬ sateurs de concerts, elle figure évi¬ demment très peu souvent à l'affiche. Arnold Schönberg faillit la monter à Zurich en 1918. Le projet échoua. Volkmar Andreae dirigea la première suisse de l'ouvrage autour des années 1925, avec l'Orchestre de la Tonhalle. Les Zurichois attendirent 1962 pour tenter la deuxième expérience, sous la direction d'Erich Schmid, puis les Fêtes de juin de 1975 pour inscrire la symphonie des Mille au programme, cette dernière fois sous la direction de Vaclav Neumann et avec le choeur philharmonique de Prague.
LES 8 et 9 AVRIL, à BERNE, c'est donc à la quatrième audition en Suisse de la Huitième de MAHLER que les audi¬ teurs sont conviés. L'événement est d'importance, et les Fribourgeois ont la chance d'y être associés de très près, grâce à la participation du
CHOEUR SYMPHONIQUE DE LA CA¬ THÉDRALE, préparé par l'ABBÉ KAE- LIN et renforcé par le FRAUENCHOR DE GUIN (Dir. Mlle Schmutz) ainsi que par une trentaine d'excellentes voix d'hommes venant de tout le canton. A ce premier choeur se joindront un deuxième chœur formé par le LIEDER¬ TAFEL et l'ORATORIENCHOR de BERNE, avec un grand CHOEUR D'EN¬ FANTS.
Ajoutez à ces choristes, DEUX OR¬ CHESTRES: BERNE et BIENNE, 4 SO¬ LISTES femmes, 3 SOLISTES hom¬ mes. En tout PLUS DE 600 EXÉCU¬ TANTS SOUS LA RESPONSABILITÉ DE CHARLES DUTOIT.
Je n'aurais pas la prétention, en ce modeste article, de faire tomber tous les préjugés qui entourent encore la musique de Mahler, particulièrement dans les pays latins. Que le mélomane francophone se prévalant de posséder l'esprit de finesse, le bon goût, la supériorité culturelle, se méfie pour¬ tant Le jour où il aura mordu dans les fruits doux-amers de Mahler, en aura exprimé le suc tour à tour acre et puissante, suave et chaud, y prendra goût d'abord avec un reste de mé-
Gustave Mahler (1861 -1911 )
fiance, puis avec une curiosité éton¬ née, enfin avec une attirance de plus en plus passionnée, alors il saura reconnaître dans le dernier géant de la symphonie non pas le tenant d'une époque, d'une nation, d'une race ou d'une culture, mais un génie de l'Occi¬ dent, capable de parler un langage universel.
(suite au verso)
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Parmi les obstacles mis artificielle¬ ment entre l'auditeur et la musique de Mahler, il y a notamment le disparate, la longueur, le colossal, la démesure des moyens exigés, le côté parfois volontairement populacier de certains épisodes.
Mahler est disparate, mais il l'est à la manière du peintre expressionniste juxtaposant sur sa toile des objets apparemment inconciliables, parfois banals, sinon laids - pris tout seuls - et qui pourtant se mettent en valeur les uns les autres et tirent leur beauté de leur confrontation. La durée des symphonies de Mahler est énorme, mais elle colle à la réalité de senti¬ ments longuement éprouvés; elle est conforme à une aventure vécue inté¬ rieurement et poursuivie jusque dans les lointains confins de l'âme humaine. Colossales, les symphonies de Mahler le sont comme l'ont été les grandes
épopées romanesques, celle de la «Comédie humaine» de Balzac par exemple et le temps y est mesuré avec la même patience que dans «A la recherche du temps perdu» de Proust. C'est d'ailleurs bien le même homme en butte à toutes les passions imagi¬ nables, des plus sublimes au plus sordides, l'homme tour à tour heureux et douloureux, que Mahler nous fait revivre, nous montre non pas comme un spectacle observé de l'extérieur, mais comme dans une vision intros¬ pective.
Quant à la «démesure» des moyens mis en oeuvre, disons qu'elle ne frappe que ceux que l'art ne doit pas déranger. Sans doute est-il permis de préférer le dépouillement et la simpli¬ cité. Est-ce une raison suffisante pour excommunier les artistes qui travail¬ lent sur de grandes toiles avec une
sompteuse palette de couleurs à la main?
Il y a un aspect «cataclysme sonore» dans la Huitième de Mahler, particu¬ lièrement dans la première partie intitulée «Veni, Creator spiritus» qui est moins une prière religieuse au sens ecclésiastique du mot qu'un appel au secours pressant et exalté vers Celui qui, créateur d'un gigantesque cos¬ mos périssable, est à la fois source de vie, d'amour, de lumière et de paix. Dans la deuxième partie, Mahler a mis en musique la scène finale du Second Faust de Goethe. Par de lentes grada¬ tions, la musique comme le texte mènent à une sorte d'apothéose d'une sérénité toute céleste, symbole de l'état de béatitude où se trouvera l'âme humaine lorsque les promesses de vie éternelle seront remplies.
Jean-Michel Hayoz
- NOS MUSIQUES LA SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE CHEVRILLES
A &
f972:1a société de musique de Chevrilles fête son 75e anniversaire. C'est en 1897 que M. Martin Vonlan-
then fondait la société de musique de Chevrilles (Giffers) en cumulant les fonctions de président et de directeur. Ainsi, l'an prochain, le corps de musique fêtera son 80e anniversaire en n'ayant eu à sa barre que cinq chefs, à savoir: 1897 - 1900 M. Martin Vonlanthen 1900 - 1925 M. Bernard Vonlanthen 1925 - 1954 M. Joseph Kolly 1954 - 1957 M. Moritz Schmutz et dès 1957 M. Erwin Neuhaus, égale¬ ment Sgt-Major trompette militaire et directeur du corps de musique de la ville de Bulle.
Aujourd'hui la société est présidée par
M. Ferdinand Zosso, succédant dès 1976 à M. Max Cotting. Son effectif comprend: 1 flûte, 7 clarinettes, 1 saxo¬ phone, 8 bugles, 9 trompettes, 4 altos, 8 barythons et tubas, 5 trombones, 3 basses, batterie et tambours, soit un total de 52 membres actifs.La première bannière fut inaugurée le 1er juin 1924. Le drapeau actuel, officiellement porté par M. Tobias Zbinden, date du 7 sep¬ tembre 1958, parrainé par Mme M.-L. Corpataux-Blanchard, M. Aloys Von¬ lanthen, ainsi que par la société de mu¬ sique de Dirlaret et la Cécilienne de Che¬ vrilles.
Les uniformes actuels de couleur noire à parements argentés ont été inaugurés le dimanche de Pâques 1965.
La société de musique de Chevrilles est membre des Associations fédérale et cantonale de musiques. Elle a participé à différents concours, fêtes régionales, cantonales ou fédérales en y rempor¬ tant partout les plus hautes distinc¬ tions, notamment en première catégo¬ rie lors des fêtes cantonales de Guin en 1970 et de Romont en 1975. Chaque année, la société organise un concert annuel, participe aux diverses manifes¬ tations paroissiales et communales ou accepte des invitations en provenance de l'extérieur de la localité. C'est ainsi quelle projette un voyage musical en Allemagne fédérale, au cours du prin¬ temps prochain.
VM
= AU GROUPE FOLKLORIQUE «MON PAYS» DE FRIBOURG
L'ADIEU
L'heure avance et bientôt, je vais quitter ce lieu. Il est temps «Mon Pays» que je te dise adieu. Mais, le cher souvenir de ces belles années, De ce travail intense et des fleurs glanées
Se groupant en bouquet pour mieux te faire honneur. En moi reste gravé comme un temps de bonheur. De sa main souple et ferme, un Directeur unique A fait grandir en toi le sens de la musique, Le charme nuancé des plus belles chansons Qui font que de l'amour nous tirons des leçons Attentif, j'étais là, tout yeux et tout oreille. Comme un petit enfant qui de tout s'émerveille: Admirant les couleurs des costumes anciens Que portaient autrefois de nombreux gens de bien.
Il faut tout observer, éloigner les obstacles, De la scène au public, engager le spectacle. Mais, au fond de moi- même, il faut bien l'avouer. Ce que je désirais, c'est un rôle à jouer;
Car je revois au loin l'esprit de ma jeunesse Poussé vers un plateau face à quelque déesse. Que de prestations, que de déplacements M'ont permis de passer de lumineux moments. Rêve ou réalité, certitude ou mirage.
J'étais comme intégré dans les gens du voyage. Même si l'âge est là, si j'ai parlé d'adieu, Je sens confusément que dans ce cher milieu. Sans parler de l'honneur qu'un titre me confère. Cet adieu ne sera qu'un au revoir mes frères!