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Former des maîtres, entrer dans la profession

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Academic year: 2021

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Former des maîtres, entrer dans la profession

La formation des maîtres doit se construire progressivement de la licence jusqu’aux premières années de titularisation et se poursuive tout au long de la carrière, avec la mise en place de modules de pré- professionnalisation dès la licence, l’ouverture de la formation universitaire des futurs enseignants à l’épistémologie, la didactique… et l’intégration d’une réflexion sur la place de leur discipline dans le système éducatif. La première année de formation professionnelle ne peut en aucun cas se réduire à un stage pratique assorti d’une juxtaposition de modules qui répondraient à une conception étriquée du métier (référentiel de compétences, « Éducation à… »). Elle doit développer les conditions permettant une démarche réflexive dans laquelle s’enrichissent pratiques et gestes professionnels, d’une part, et connaissances scientifiques, d’autre part. L’actuel cahier des charges ne répond en rien à ces attentes avec l’augmentation de la durée de stage sur le terrain, l’attribution aux enseignants de missions spécifiques aux CPE ou aux CO-Psy, la disparition de toute référence explicite à un mémoire, l’initiative laissée aux universités d’un travail écrit de recherche en vue de la validation.

L'INTEGRATION DES IUFM AUX UNIVERSITES

L’amélioration de la formation des maîtres, l’élévation de la qualification des professeurs, auraient dû imposer de lier les dossiers de l’intégration des IUFM aux universités et du cahier des charges des formations. Le gouvernement précédent a choisi de les mener séparément. Ainsi, nos craintes quant à leur mise en œuvre dissociée se sont vues confirmées : à l’heure où les plans de formation sont mis en place dans les IUFM, on observe une grande disparité territoriale. Le SNES s’inquiète par ailleurs que le nouveau découpage ministériel exclut la formation des maîtres des attributions du ministre de l’Éducation nationale.

Ce sujet devrait faire l’objet de compétences partagées entre ce dernier et le ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche.

La réforme des IUFM et de la formation des maîtres a tout à gagner à se dérouler dans un cadre réellement démocratique. Les personnels de l’Éducation nationale doivent y avoir toute leur part. C’est vrai pour la composition des conseils d’école (des IUFM intégrés), mais aussi pour celle de la commission nationale d’évaluation de la formation des maîtres : les représentants des enseignants doivent systématiquement être issus des organisations syndicales représentatives, tel qu’il ressort des élections aux CAP.

Par ailleurs, l’intégration des IUFM aux universités pourrait constituer une chance pour la formation des maîtres si elle permettait un véritable rapprochement entre la recherche scientifique et didactique et la formation des enseignants. Dans sa mise en place actuelle, ce processus a été perverti et se caractérise par une rupture entre contenus et structure de formation, des décisions renvoyées localement à chaque université et une précipitation des procédures d’intégration. Un paradoxe supplémentaire réside dans le fait que l’IUFM dispense une formation qui se défait de la plus grande part de son caractère universitaire et devient la seule composante des universités à ne pas délivrer de diplôme.

Le SNES demande :

l’abrogation du cahier des charges, contre lequel s’est prononcé le CSE ; un moratoire sur l’intégration des IUFM aux universités.

Juin 2007 LES PROPOSITIONS DU

SNES

POUR LE SECOND DEGRE ET SES PERSONNELS

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LES CONCOURS DE RECRUTEMENT

Les concours de recrutement doivent rester nationaux, garantie de la qualité du service public sur tout le territoire et de l’unité de la formation des futurs enseignants. Dans le même temps, la carte des formations universitaires n’étant pas homogène, l’affectation en stage, et à son issue, ne peut que relever d’une procédure nationale.

Le rôle des concours est de certifier l’acquisition d’un haut niveau de connaissances disciplinaires. Dans ce cadre, les concours pourraient, au travers d’épreuve(s), interroger la nouvelle dimension de la formation universitaire que constitue la pré-professionnalisation. Par contre, les modules constitutifs de cette préformation ne doivent ni enfermer dans une voie les étudiants qui en feraient le choix ni être un préalable à l’inscription aux concours.

Le SNES demande la suppression des mentions complémentaires, car elles entérinent un appauvrissement des contenus et savoirs scientifiques de l’enseignant (puisque n’interrogeant que sur une part des programmes des concours) et induisent un enseignement au rabais. Les disciplines artistiques, la documentation, les langues vivantes sont particulièrement menacées par leur création : le SNES y voit les prémices d’une politique qui consisterait à maintenir des CAPES dans les seules disciplines dites « fondamentales ». Ainsi, une haute qualification disciplinaire et une formation de qualité permettent, seules, à l’enseignant d’être concepteur, libre de ses pratiques, et non simple répétiteur d’une pédagogie officielle.

Lié à l’évolution des connaissances scientifiques et des cursus universitaires, le SNES pense que le niveau de recrutement des enseignants et CPE doit être porté au master (Bac +5).

Face à l’allongement de la durée des études qui résulterait de cette élévation du niveau de recrutement, afin de garantir l’égal accès de tous aux métiers de l’enseignement et pour faire face aux besoins liés au renouvellement générationnel, la mise en place de pré-recrutements, accessibles à différentes étapes du cursus universitaire, s’avère impérative.

L'ENTREE DANS LE METIER-LA FORMATION CONTINUE

Aujourd’hui, la titularisation débouche sur une entrée brutale à temps plein dans le métier. Les recherches disciplinaires, le travail collectif, les compléments de formation permettant la prise de recul nécessaire à un exercice serein du métier sont très souvent inaccessibles car consommateurs de temps. Le SNES propose la limitation de la charge de travail des premières années : une prise de fonction à mi-temps, une deuxième année de titulaire à deux tiers temps.

La formation continue doit contribuer, pour les personnels, à l’amélioration des pratiques professionnelles, à la réactualisation des connaissances disciplinaires – qui évoluent régulièrement – à des qualifications en vue de la promotion ainsi qu’à l’enrichissement culturel et à la réalisation de projets, et ce pour toutes les catégories, sans exception. Il faut donc augmenter les crédits affectés à la formation continue et prendre en compte les demandes des personnels. La formation continue doit répondre de façon équilibrée aux exigences institutionnelles et aux aspirations de l’individu.

Références

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